Focus sur Frédéric Bellec.

 

 

Je remercie Frédéric Bellec qui s’est prêté au jeu de mes questions. En espérant que ces réponses vous donnerons envie de découvrir son univers.

Bonne découverte !

1/ Quelle est la genèse de cette saga ?

 

À l’origine, Exilium n’était pas destiné à devenir une histoire qui se prolongerait sur plusieurs volumes, mais un livre unique, aujourd’hui devenu  Exilium – Livre 1 : L’Internat. Son titre aurait dû être L’Internat, tout simplement, le terme Exilium ne serait intervenu qu’en filigrane.

L’idée est partie alors que j’officiais comme surveillant d’internat dans le lycée où je travaille toujours. La nuit, le bâtiment craque sans explications. La faute à sa vétusté dit-on. Mais tous les ans, les filles affirment que leur dortoir est hanté. Des collègues ont par ailleurs été témoins de phénomènes bruyants sans explication rationnelle. Tout cela mélangé avec l’étiquette tenace de région de la sorcellerie qui s’accroche au Berry, et l’idée de trouver une explication, bien entendu fantastique, à toutes ces manifestations, à conduit à l’écriture d’Exilium. Le but était de divertir, sans plus.

Je voulais par la même occasion davantage intéresser les lycéen-ne-s à la lecture avec une histoire qui se déroulerait dans leur propre établissement, ce qui explique le chapitre sur l’abbaye de Noirlac (chapitre historiquement exact malgré son intégration dans un contexte fantastique) à dessein d’apporter une touche pédagogique. Les personnages tels qu’ils apparaissent dans le Livre 1 auraient été les mêmes, mais l’histoire raccourcie, avec pour finalité une invitation à davantage ouvrir son esprit pour accélerer son évolution dans la société. Il s’avère qu’au fur et à mesure de l’écriture, le simple fait d’en parler autour de moi a développé une sorte de petite passion qui a conduit au développement de l’intrigue et des relations entre les personnages. Par exemple, s’il n’était pas question d’intégrer des amourettes entre certains, une collègue m’a — judicieusement — invité à le faire, argumentant que les jeunes adorent ça. C’est donc ce que j’ai fait, à la fois en intégrant la diversité et en faisait en sorte que ces relations servent l’histoire au lieu de la surcharger par du remplissage inutile.

 

2/ Tout au long de votre histoire vous vous appuyez sur des légendes. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Tout comme la Bretagne, le Berry est riche en légendes. Personnages hors-norme et créatures inoffensives ou hostiles peuplent les contes de cette région du Centre France. J’ai donc exploité les peurs ancestrales pour les transposer dans notre monde. Certaines créatures existeraient donc bien, mais elles ne sont pas ce que les anciens imaginaient, jadis influencés par la terreur que des manifestations extraordinaires pouvaient leur insuffler. Ainsi, l’existence des meneurs de loups, chers à George Sand, trouvent dans Exilium leur explication. Et — petite révélation — une variante des dragons aura aussi sa part d’explication dans le Livre 3. Mais chut, j’en dis déjà trop !

 

3/ Cela vous tenait- t-il à cœur de citer ces références ?

Oui, pourquoi me priver de ce petit plaisir 🙂 ? Contrairement à la science-fiction qui cherche à intégrer le réel dans des circonstances et des environnements imaginaires, le fantastique fonctionne en sens inverse : il va chercher des éléments de fiction pour les incruster dans le réel. La plupart des mythes et légendes tirent leur origine de portions de la réalité. Leur caractère onirique vient de l’interprétation qui était faite d’apparitions que le peuple ne comprenait pas, et en raison de leur formatage religieux plaçait sur le compte de la diablerie. Par exemple, combien de fois le Diable a-t-il eu les oreilles qui sifflent avant qu’on ne comprenne que ce sont les yeux des chats qui brillent la nuit ? On peut ainsi extrapoler sur beaucoup de créatures menaçantes ou supposées comme telles. Et si tout était vrai, mais mal rapporté ? Trouver une explication aux vieilles peurs, voilà un exercice qui m’a beaucoup amusé. Et c’est aussi pour cette raison que j’ai choisi de rester local et garder Saint-Amand-Montrond comme lieu de l’action.

 

4/ « Oubliez tout, réapprenez tout », slogan qui résume je pense l’idée générale de cette saga. Mais pourquoi ?

Comme souligné au début de notre discussion, il s’agit d’une invitation à se débarrasser de ses certitudes, et à s’ouvrir l’esprit pour dans un premier accepter l’idée qu’il puisse exister d’autres modèles de pensée, et dans un second temps se faire violence pour dépoussiérer ses vieux schémas mentaux. Il n’y a rien de pire que crouler sous le poids de ses vieilles croyances quand le sage est constamment dans le doute. C’est la porte ouverte à l’intolérance et à la violence, et c’est le moyen le plus rapide pour freiner l’évolution de la société. Grandir, ce n’est pas que prendre des poils, du bide ou des rides, c’est aussi — et surtout — nourrir son esprit pour le faire grandir, le renouveler, et adhérer davantage à des valeurs humanistes sans lesquelles la cohabitation avec l’humain est impossible. Et, très important, se sentir responsable de la nature plutôt qu’à vouloir la dominer et la piller. Dans Exilium, le personnage du surveillant est invité à se débarrasser de ses craintes irrationnelles, transmises par l’éducation et le formatage imposé par la société occidentale. Une assignation à sortir de sa zone de confort, à oublier son mode de pensée rigide pour réapprendre la vie et ainsi accepter sans trop de frayeurs la face cachée de la nature que les jeunes héros sont sur le point de lui faire découvrir. Un cheminement rendu possible par l’amour, car, pour reprendre une maxime qui aura son importance dans le Livre 1, l’amour bannit la crainte.

 

5/ Fantastique, genre de prédilection car vous êtes tombé tout petit dedans ou vous a séduit au fil des années ?

Difficile de répondre avec justesse. J’ai toujours aimé m’évader par l’esprit, je crois que ça ne se commande pas. J’ai constamment besoin de sortir du quotidien, de mon existence de terrien. Je me sens trop à l’étroit sur cette planète. Une bonne partie de Tomb Raider peut me suffire pour partir ailleurs, mais dans mon lit, les yeux fermés, je développe l’intrigue d’Exilium pour aller aussi loin que le caractère plausible de la situation le permet. Je puise aussi souvent mes idées dans les rêves.

 

6/ Vous nous tenez en haleine tout au long des 3 premiers livres parus, mais combien y en aura t-il au juste ?

Le Livre 3 : In Silva, est en cours d’écriture au moment où j’écris ces lignes (17 décembre 2017). Ce tome devrait être assez gros et sera probablement aussi divisé en deux parties, comme le Livre 2 : les legs noirs. Ce livre 3 ne clôturera pas l’histoire, mais le livre 4, oui. Il sera d’ailleurs plus court. Il présentera la morale d’Exilium, une finalité que j’ai toujours voulue depuis les débuts de l’écriture d’Exilium. Mais qui peut prévoir que toute fin est définitive ? Car la vie doit sa richesse à ses surprises !

 

7/ Frédéric, héros atypique, pourrait-il être un super héros des temps modernes ?

Frédéric n’est en rien un héros. Ou alors, pour reprendre les termes de la question, il est effectivement atypique. Frédéric est un citoyen lambda, transparent pour ses contemporains, qui a la faiblesse de croire qu’un jour tout le monde sera gentil. Il aime les gens, parce que derrière chaque personne il voit une âme qui fait son chemin. Mais c’est sa simplicité et sa grandeur d’âme qui en ont fait un candidat idéal pour pénétrer un univers improbable, et pourtant si réel. Il est devenu meneur parce que comme le lui notifie un des jeunes héros : « un bon chef n’aime ni ne recherche le pouvoir, il ne l’exerce que par nécessité ». Un héros sans trompette ni confettis, un anti-héros ! Juste une marque sur la joue droite (voir le Livre 2).

 

8/ Pour les impatients, comme moi, la suite est prévue pour quand et surtout que pouvez nous dire sur ce que vous nous réservez ?

Sauf pluie de météorites sur Saint-Amand-Montrond, la sortie du Livre 3 : In Silva est planifiée pour 2018 (au moins la première partie en cas de division). Grosso modo, je prévois de sortir un livre par un. C’est une bonne moyenne, car je participe en parallèle à des activités à caractère informatique. Puis accessoirement je dois aussi bosser pour payer le loyer 🙂 !

En termes de contenu, la tension va monter. Le Livre 3 sera plus oppressant que les précédents, l’action plus violente et plus sanglante aussi, car quelque chose d’effroyable se prépare, qui s’étendra bien au-delà du territoire saint-amandois. Disséminé dans les scènes de haute tension, l’humour sera toujours présent pour souffler entre deux flux d’adrénaline. Les amours évolueront également, avec peut-être un cran supplémentaire dans la sensualité. Enfin, un personnage nouveau et hautement percutant va faire son apparition.

 

9/ L’autoédition, ce choix était-il évident ?

À défaut d’être le plus évident, c’est le plus rapide pour partager son bébé littéraire. J’aime conserver ma liberté : liberté du texte, liberté dans l’infographie, liberté dans la fréquence de publication. En cela, l’auto-publication est un media idéal. Mais cela implique plus d’investissement personnel, à la fois pour la technique et la promotion.

Je ne suis pas pressé de voir paraître Exilium chez un grand éditeur, si tant est qu’un seul s’y intéresse (et je n’en ai sollicité aucun), mais je ne suis pas fermé aux propositions. Comme tout auteur, le Graal serait une adaptation cinématographie ou en séries. Quand je vous disais que j’aimais rêver 🙂 !

 

10/ Quel est le livre dont vous ne vous séparerez jamais ?

Dans l’impossibilité de choisir, je préfère garder ma tablette pour emmener toute ma bibliothèque !

 

11/ Champ libre : mots à vos et futurs lecteurs.

Pourquoi la dernière question est elle toujours la plus difficile ? Et comment encourager mes lecteurs sans faire une incise dans la thématique littéraire ? J’émets simplement le souhait qu’au travers d’Exilium, les lecteurs remarqueront son filigrane et comprendront qu’il faut nous armer d’humilité pour avancer et évoluer sans nous blesser. Il faudra parfois nous résoudre à changer de temps et accepter le conditionnel au lieu de vouloir imposer l’impératif à son entourage, nous forcer à prendre en considération le futur pour prendre de meilleures décisions dès le présent. Ne soyons pas dupes : le plus-que-parfait est un leurre, seul l’imparfait est une réalité, et c’est la prise de conscience de son existence qui nous grandit. Mais débarrassons-nous du subjonctif, c’est trop complexe à conjuguer ! Surtout s’il est imparfait !

 

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Retrouvez l’univers d’Exilium sur le site officiel !

Mon avis sur le livre 1 : »L’internat » !

Mon avis sur le livre  2 – partie 1 : « Les legs noirs » !

Mon avis sur le livre 2 – partie 2 : « Les legs noirs  » !

 

 

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4 réflexions sur “Focus sur Frédéric Bellec.

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