GOODBYE, LORETTA de Shawn Vestal.

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[LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Nouveauté 2018]
Albin Michel – Collection Terres d’Amérique
dirigée par Francis Geffard
Traduction : Olivier Colette

 

Format numérique (352 pages) : 15€99
Broché : 23.00€
ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 

 

Je remercie l’équipe de la collection Terres d’Amérique pour leur confiance.

 


 

Le résumé :

 

Short Creek, Arizona, 1974. Loretta, quinze ans, vit au sein d’une communauté de mormons fondamentalistes et polygames. Le jour, elle se plie à l’austérité des siens, la nuit, elle fait le mur et retrouve son petit ami. Pour mettre un terme à ses escapades nocturnes, ses parents la marient de force à Dean Harder, qui a trente ans de plus qu’elle, une première femme et déjà sept enfants…
Loretta se glisse tant bien que mal dans son rôle d’ « épouse-soeur », mais continue à rêver d’une autre vie, qu’elle ne connaît qu’à travers les magazines. La chance se présente finalement sous les traits de Jason, le neveu de Dean, fan de Led Zeppelin et du Seigneur des anneaux, qui voue un culte au cascadeur Evel Kneievel. C’est le début d’une aventure mémorable aux allures de road trip vers la liberté qui va vite se heurter à la réalité…
Un superbe roman, profond et drôle à la fois, qui nous plonge au coeur de la mythologie de l’Ouest américain, tant sacrée que profane.

 


Mon avis :

 

Goodbye, Loretta est le premier roman de Shawn Vestal. Et quel roman ! Je ne peux que souligner le travail minutieux de l’auteur. Et cette passion que l’on ressent à travers ses mots, ce voyage inouï dans cette communauté très fermée. J’ai toujours été intriguée par cette communauté me demandant comment est-il possible de vivre de cette manière dans notre monde, comment est-il possible d’occulter le confort amener par la modernité ? Les mormons sont-ils à l’image même d’un modélisme sectaire ? Ce qui est fabuleux dans ce roman, est le fait que l’auteur apporte de nombreux points de vue pour répondre à tout un tas de questions. Sans jugement, laissant le lecteur se faire sa propre idée de cet univers intransigeant.

 

Frontière floue entre fiction, documentaire et témoignage, Vestal nous plonge dans L’Amérique des années 70, fermée, isolée. Un empire avec ses propres lois. Loretta est l’emblème d’une vie déchue, ses parents mormons se tournent vers le fondamentalisme. Elle connaît le confort apporté la modernité. Mais elle se retrouve à Short Creek et son monde s’écroule. Plus de télévision, plus de céréales, plus de rien. Rien que les prières, l’école, le travail et les prières. Une ritournelle ensorcelante, macabre, destructrice. Elle n’est plus que l’ombre d’elle même, trouvant un certain réconfort lorsqu’elle fait le mur pour retrouver le monde extérieur, l’alcool et les garçons. Loretta est une jeune femme extrêmement remarquable qui prend son mariage forcé avec une certaine philosophie. Son statut « épouse-sœur » a quelque chose de terrifiant, une place sans en être une. Les tâches insoutenables, la nourriture fade, l’inconfort et un mari aux airs vicelards. Mais son espoir de liberté est toujours là, enfoui. Elle patiente, elle réfléchit, imagine des scénario, elle cherche, elle croit, elle manipule… Elle y arrivera, elle en est certaine. Même si l’extérieur reste un mystère, même si elle est terrifiée, elle a eu tout le temps nécessaire pour apprendre à utiliser les mots à bon escient.

 

Goodbye, Loretta est un corps à corps époustouflant. Un duel permanent entre les cultures, Dieu, le Bon, le Mauvais. La violence de l’espoir, de la peur, des croyances, des regards, du désert. Un souffle contenu qui n’attend que d’être libéré. Une vieille voiture, de la musique, des hamburgers, de la bière, Evel Knievel, un tee-shirt, un chéquier, les cheveux dans le vent et un sourire flamboyant. Loretta sera heureuse comme cette fille aux lèvres écarlates posant sur une décapotable du magasine.

 

Ce roman est une ode à la vie, à se défaire des liens, à voyager, à essayer, porté par une héroïne qui ne vous laissera pas indifférent, vous charmera, vous suppliera, vous envoutera. Vous succomberez sans aucun doute !

 

 

 

A propos de l’auteur :

Shawn Vestal s’est fait connaître par ses nouvelles, d’abord publiées dans de célèbres revues littéraires puis réunies dans un recueil intitulé Godforsaken Idaho (non traduit en français), qui a été récompensé par le PEN/Robert W. Bingham Prize. Il est par ailleurs éditorialiste pour The Spokesman-Review. Goodbye, Loretta est son premier roman.

 

 

 

 

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Lien Amazon !

Vers le site des éditions Albin Michel, pour tout savoir !

Vers le site officiel de Shawn Vestal !

Vous aimez la littérature Nord-Américaine ou vous êtes curieux, n’hésitez pas à rejoindre le PICABO RIVER BOOK CLUB !

 

 

 

 

 

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