LE DERNIER CHANT DU ROSSIGNOL de Nathalie Thomas-Verney.

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[ LITTÉRATURE – Nouveauté 2018]

Éditions Le Lys Bleu

Format numérique (488 pages) : bientôt disponible

Broché : 25.60€

Ma note : 4.5/5 mention « petit coup de cœur »

 

 


 

Le résumé :

 

Nous sommes en 1915. Alors que beaucoup pensent que la guerre sera bientôt terminée, Annabelle fait un triomphe à l’opéra de Paris avec l’œuvre de Debussy « Pelléas et Mélisande ». La voix de la jeune soprano ne passe pas inaperçue et elle se fait remarquer par le Tout-Paris.
Tandis qu’Annabelle est dans la lumière, son frère aîné, Thomas, reste dans l’ombre. Talentueux accordeur de pianos, il travaille depuis leur arrivée à Paris pour l’atelier Toruski, un facteur installé rue d’Antin, qui compte parmi ses célèbres clients Claude Debussy en personne.
Nés d’un père italien et d’une mère japonaise, les deux jeunes gens ont hérité d’un physique oriental à la fois troublant et androgyne. Leur ressemblance est frappante, mais, derrière la beauté de leurs traits, ils cachent un terrible secret.
A la fin du mois de juin, la comtesse de Rohan-Chabot se prépare à célébrer l’anniversaire de son époux, Louis Charles. Cette manifestation, qu’elle veut inoubliable, se tiendra dans leur château de La Motte Tilly. Grand admirateur d’opéra, le comte ne sait pas que son épouse lui a préparé une surprise : l’œuvre de Schubert l’« Ave Maria », interprétée dans le grand salon.
La jolie Annabelle Moriuchi, accompagnée de son frère Thomas, arrive donc un beau matin au château. La beauté androgyne du frère et de la sœur trouble beaucoup la comtesse qui ne connaît pas encore la fin tragique de sa soirée qui marquera ce lieu à jamais et changera le destin de tous

 


 

Mon avis :

 

A l’ouverture de ce roman, j’étais loin de me douter un tel déferlement d’émotions. Une lecture qui m’a fait couler ma petite larme. La rencontre avec l’univers de Nathalie Thomas-Verney est un véritable délice. Ma madeleine de Proust, si je puis dire, un univers où les notes de piano sont au diapason avec le chant. Un des chants les plus purs et mélodieux, ceux des opéras.

 

Comme pour son personnage principal, Thomas Mariuchi, le piano a tenu une grande place dans mes jeunes années. Cette légèreté qui te prend quand tu fermes les yeux et que tu t’envoles au son des notes, je comprend parfaitement. Cette sensation de n’être qu’un avec son piano, je comprends. Cette bulle, isolée du monde, où tu te noies jusqu’à atteindre la perfection, je comprends. Cette hargne a vouloir que tout soit somptueux, je comprends. Caresser les touches blanches et noires comme si c’était la plus belle et délicate chose  au monde, je comprends….

 

Alors oui, j’ai été submergée par tout un tas d’émotions. Comprendre Thomas dans son dévouement. Mener sa jeune sœur sur les plus hautes marches de l’opéra de Paris, est un acte de noblesse. Porter à bout de bras le talent de sa sœur Annabelle et se battre pour obtenir sa réussite sont les plus belles preuves d’amour. Annabelle est une jeune soprano de 19 ans. Elle a obtenu le rôle de Mélisande de l’œuvre de Claude Debussy. Ce rôle la porte au sommet de sa gloire. Sa beauté, son don, sa gentillesse et sa douceur en font une chanteuse lyrique d’une renommée grandissante. Elle traverse les épreuves dues à la jalousie et à la moquerie. Sa simplicité touchante n’en fait pas une jeune femme imbue de sa personne. Elles est accessible, avenante et prévenante. Le lien qui l’unit à son grand frère est bien plus que fraternel. Ce lien énigmatique représente la sincérité et l’exclusivité. Un véritable lien prêt à affronter n’importe quelle épreuve. Un lien qui perdure bien au delà de toute frontière. Annabelle est une jeune femme de ce nouveau monde qui tend à s’étendre. Paris est encore loin de la guerre. Les canons ne résonnent pas. L’auteur écarte tout ce malheur de cette bulle dédiée à l’insouciance et au talent. Annabelle aime la liberté. Elle aime les belles choses. Elle aime secouer timidement les codes de la société notamment par son apparence : cheveux cour à la garçonne, robe laissant entrevoir les chevilles. Elle est à l’aise avec son corps. Annabelle est loin d’être féministe, elle n’hésite pas à bouleverser les consciences. Thomas est devenu un accordeur de talent. Fidèle à son poste au sein des ateliers Toruski, il est souvent confronté à des situations de grandes envergures. Dépasser ses limites, approfondir ses connaissance, ne lui font guère peur. Il se donne corps et âme dans son travail. Son véritable tablent est de jouer au piano. Il dompte les touches avec fermeté, douceur et habileté.

 

Le véritable succès d’Annabelle lui ouvre les portes du château de Motte-Tilly où réside la Comtesse Rohan-Chabot. Une passionnée de l’art, de la culture. Une érudite dans la matière. Mécène avant tout, elle partage ses découvertes avec grand nombre de connaissances. Sous le charme de la jeune femme, elle l’invite à se produire au château à l’occasion de l’anniversaire de son mari. Un récital de toute beauté laissant ébahi les invités. Un récital grandiose et majestueux. Mais la jalousie rôde toujours autour d’Annabelle. Survivra t-elle à ce monde si éloigné du sien ? Ces maux seront-ils amoindris par les larmes versées ?

 

Je dois dire que ce roman est extrêmement bouleversant, touchant, émouvant, fantastique. La plume douce de l’auteure m’a totalement fascinée. Je retrouve le respect de l’époque au travers de ce mots. La bienséance, la bonté, la mansuétude, l’honneur tout autant d’aspects qui régentent cette histoire. L’auteur n’hésite pas a exposé l’univers de l’accordeur avec de nombreux détails tout aussi fascinant qu’intéressant.

 

J’ai pris énormément de plaisir à découvrir ce roman aussi intense que délicieux. J’aime beaucoup tout le côté historique avec ces grands personnages de l’époque et ce moment où paris s’éveille avec émerveillement à l’art.

 

Une lecture très marquante !

 

Le roman en image

 

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Le château Motte-Tilly

 

 

 

 

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Claude Debussy

 

 

 

 

 

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Grand escalier de l’Opéra de Paris

 

 

 

 

 

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Gabriel Fauré

 

 

 

 

 

 

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Piano Steinway

 

 

 

 

 

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Opéra « Pelléas et Mélisande »

 

 

 

 

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Soudain, le jeune garçon s’arrêta. Annabelle l’imita. Ils restèrent silencieux. Non loin d’eux, un chant s’éleva depuis un buisson. Invisible, le rossignol manifestait sa présence.
– Ah ! dit Pierre à voix basse, te voilà.
Il s’approcha d’Annabelle et lui souffla à l’oreille.
– Mademoiselle, je vous présente le rossignol philomèle.
– Philomèle ? Qui aime la musique ?
– Écoutez, ce genre de crescendo flûté est typique du rossignol. Entendez-vous son énergie, sa vigueur, sa puissance ? savez-vous que l’on peut entendre son chant à plus d’un kilomètre ? mais, nous, nous sommes tout proches, je dirais une dizaine de mètres.
Annabelle ouvrait de grands yeux, cherchant tout autour d’eux. Pierre lui fit un non de la tête.
– Le rossignol est quasiment invisible, il se cache dans les taillis ou les ronciers, ne perdez pas votre temps, écoutez.
Annabelle suivit ses conseils et elle ferma les yeux. Le chant était extrêmement varié et comportait de merveilleux aigus. Soudain, un autre rossignol, plus loin, répondit au chant du premier. celui-ci était plus nerveux, plus vif, plus brillant. la mélodie était assez imprévisible et surtout inimitable, alors la jeune soprano comprit combien l’œuvre de Camille de Saint-Saëns était loin de la réalité.
– Ils chantent tellement bien, murmura-t-elle.
-C’est vrai, Mademoiselle, mais là où l’on peut le mieux apprécier son chant, c’est la nuit. Au mois de mai, il peut chanter toute la nuit. Actuellement, on l’entend moins et bientôt, on ne l’entendra plus du tout, il sera occupé à élever sa progéniture.
– Je suis donc venue au bon moment, juste avant qu’il ne se taise.
– Oui, on peut que vous êtes venue pour le dernier chant du rossignol.
– Pierre, merci beaucoup, vous m’avez fait découvrir une chose que je n’oublierai jamais.
– J’en suis heureux.
Un léger mouvement se fit sentir dans le taillis à leur gauche. Annabelle se pencha pour apercevoir le petit oiseau, qui se plaisait à se cacher de son regard. Son étole se noua alors autour d’une de ces branches basses d’un arbuste. Pierre se précipita pour la lui décrocher.
– Il aurait été dommage que vous l’abîmiez, elle est très belle.
Annabelle la fit glisser de ses épaules et la lui tendit.
– Tenez, prenez-la. je vous l’offre afin de vous remercier de m’avoir amenée ici.
– Mademoiselle, je ne peux pas. cette étole doit coûter cher, je…
– Pierre, prenez-la, je vous en prie.
Lorsque ses mains touchèrent l’étoffe de soir, elles tremblaient. Jamais personne n’avait fait un tel cadeau au jeune jardinier.

 


 

Je remercie Nathalie Thomas-Verney pour sa confiance et surtout pour sa patience.

 

 

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Vers le site des éditions Le Lys Bleu, pour en savoir plus !

 

 

 

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