LE MARQUIS GUILLOTINÉ de Roger Judenne.

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[ROMAN HISTORIQUE – Nouveauté 2018]
Éditions Marivole – Collection Romans Marivole
Format numérique (368 pages) : 7.99€
Broché : 20.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 


 

Le résumé :

 

1794, l’époque révolutionnaire bat son plein et la guillotine fonctionne à tout-va. A Paris, le marquis de Guéau vient d’être guillotiné. Le fils navigue sur les océans, à l’abri des vagues, tandis que sa femme, Madame de Bonvoust, se réfugie avec sa fille nouveau-née au domaine de Reverseaux, propriété du marquis dans la région de Chartres. Elle part rapidement se réfugier en Angleterre, laissant sa fillette à une nourrice dans le plus grand secret. Les petites gens continuent à vivre autour du château du marquis guillotiné comme si de rien n’était. La Révolution a fait peu de vagues, et leur travail permet de les faire vivre. Un régisseur honnête surveille tout ce petit monde, ce qui permet au domaine de Reverseaux de survivre aux spéculateurs qui achètent successivement le domaine sans jamais y mettre les pieds.

 


 

Mon avis :

 

5 ans après la prise de la Bastille (14 juillet 1789), la révolution résonne toujours tambour battant dans les rues de Paris. La monarchie s’éteint peu à peu et les têtes des nobles proches de l’oligarque tombent. La Ier république (21/09/1792 à 18/05/1804) faisant suite à la révolution est ballottée. Son instabilité fait craindre des heures sombres à la France et au petit peuple :  le premier gouvernement (Convention Nationale) est la référence historique de ce roman et plus particulièrement la période appelée La Terreur. La République Française n’a jamais été aussi instable qu’en cette fin de XVIIIe siècle, les hommes politiques tel que Robespierre n’arrivent pas à stabiliser le pays et finissent guillotinés.

 

Roger Judenne plonge son lecteur au sein d’un domaine seigneuriale dirigé par le Marquis de Guéau : le château de Reverseaux. Cette acquisition remonte à plusieurs génération au temps du roi Henri IV où ses ancêtres étaient proches du roi et en remerciement ce domaine leur fût céder.
1794, le marquis fût guillotiné et tous ses biens furent confisqués et mis sous la tutelle de la République. La vie du Château est alors menacé, tout comme la famille du Marquis, recherchée par les soldats de la République. Certains proches vont trouver refuge notamment en Angleterre. L’histoire ne se concentre aucunement sur la fuite de ces nobles, mais au contraire, elle porte un œil intéressant sur la vie des petites mains qui font vivre le château. Une fenêtre sur un monde oublié à l’heure actuelle où la mondialisation numérique est prépondérante, cet aparté sur ce paysage est tout aussi savoureux que mémorable.
Roger Judenne ne tarit pas de descriptions quant à ce petit peuple fourmillant sur les terres du Marquis. Le maître boulanger, le meunier, le charbonnier, la laitière, le tuilier, le fermier, le gardien, le régisseur, la gouvernante, les servantes, l’avocat, le curé, le colporteur, le coché… Un monde où fourmillent tant de personnes qu’il apparaît telle une bulle hors du temps. Une bulle qui est  passée au travers des mailles de la Révolution sans trop de casses malgré de belles frayeurs. Chaque personnages ont une place importante, un maillon solide d’une chaîne solidaire. Le lecteur suit donc toutes les péripéties de ces petits gens. Ces derniers sont vaillants, autant les hommes que les femmes, ingénieux, bienveillants et respectueux. De nombreuses qualités qui tendent à faire défauts aujourd’hui. L’entraide est omniprésente, d’ailleurs nécessaire au bon déroulement de toutes les tâches. Personne ne rechigne, sauf le benêt du village qui sous son caractère niais met une belle pagaille au sein de la communauté. Malgré le vent de changement qui souffle sur le pays, Reverseaux fait figure d’un calme olympien. Il faut dire que le régisseur tient avec rigueur et respect tout ce petit monde et surtout n’hésite pas à relever les manches pour quelques travaux et affronter les ventes successives du château et de ses communs.
Une vie de labeur où moult soucis sont récompensées par des petits bonheurs simples.

 

Je regrette souvent de ne pas avoir le temps de lire davantage de roman historique, surtout que c’est un genre qui me plait énormément pour tous les détails, menus ou grands, sur les coutumes, sur l’aspect historique, sur ces métiers d’autrefois et sur ce mode de vie d’une autre époque. Ces romans sont un gage de la perpétuation du souvenir. A l’heure actuel où tout s’oublie, il plus qu’important de mettre des mots et des images sur les événements qui nous ont permis de connaître cette liberté. 1794 est l’année de tout les changements : la séparation de l’Etat et de l’Eglise, l’abolition des privilèges ; la première émancipation qui en engendra bien d’autre.

 

Roger Judenne avec sa verbe honnête et méticuleuse m’a fait vivre une histoire riche en redécouverte. Ce roman est sacré, précieux. Il est également basé sur des faits biens réels, ce qui apportent une toute autre notion et vision à la trame. A découvrir sans modération !

 

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Dés le lendemain, le maire convoque la population à son de tambour. Tous les citoyens doivent être témoins de la disparition des titres qui ont permis aux tyrans de les opprimer. Le dimanche suivant à midi, on allume un grand brasier. Des hommes désignés par le maire ouvrent les caisses les unes après les autres et jettent dans les flammes les quatre mille cinq cent soixante-dix actes. Tout part en fumée.
La quasi-totalité des habitants du village assiste au brûlement. Comme le maire n’a pas adressé une invitation mais une convocation, les gens de Reverseaux ont venus. Le caractère obligatoire de cette présence a posé problème à certains. […] En raison de ses difficultés à marcher, le notaire Archambaudière s’en est aussi exonéré. Le régisseur a bien compris que la perspective des flammes dévorant sa raison de vivre lui serait insupportable, alors il s’est abstenu de lui proposer une place dans la carriole et il a accepté.
– Pour lui, confie Montalbert à l’oreille de sa femme, c’est toute sa vie qu’on brûle.
– La guillotine pour les uns, le bûcher pour les autres, répond la gouvernante. On comprend qu’il ne veuille pas assister à sa propre exécution. […]
Ils forment un groupe à part et les habitants du village, qui interviennent tous à un moment ou à un autre de l’année sur le domaine, les regardent avec compassion, comme si ces archives avaient impacté leur vie davantage que celle du reste de la population. […]
Au milieu du cercle des gens, les flammes dévorent les papiers. Curieusement, alors qu’à Paris ce spectacle révolutionnaire déchaîne l’allégresse populaire, à Rouvray, il n’y aucun cri de victoire, aucun chant patriotique, aucun geste manifestant la joie d’un peuple opprimé libéré du joug du tyran. Le crépitement du feu s’impose et le craquement des sceaux de cire emplit la place. Les visages sont graves et laissent transparaître l’inquiétude liée à l’incertitude qui pèse sur l’avenir. « On sait ce qu’on perd ; on ne sait pas ce qu’on gagne ».
– C’est triste d’en arriver là, dit Wilhem, mais c’est nécessaire pour abolir définitivement les privilèges dont les français ont tant souffert.
– A Reverseaux,nous, on ne souffrait pas, répond naïvement Louise. Pourtant, on dépendait tous du marquis
– Vous n’aviez pas les mêmes droits que lui…
– Ah…
-C’est terrible, regrette Wilhem en balançant la tête, mais sans guillotine et le brûlement de ces papiers, la noblesse n’aurait jamais renoncé au plus insignifiant de ses droits. Avec un peu d’intelligence et d’humanité, on aurait probablement éviter tout ce gâchis.
(pages 206-207)

 

 

 

 


Le roman en image

 

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LE CHÂTEAU DE REVERSEAUX

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LE CHÂTEAU ET SES COMMUNS

 

 

 

 

 

 

 

LE PIGEONNIER DU CHÂTEAU

 

 

 

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CHÂTEAU DE REVERSEAUX

 

 

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 FOUR A CHARBON

 

 

 

 

 


 

Je remercie les éditions Marivole pour leur confiance et leur patience.

 

 

 

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Vers le site des éditions Marivole, pour tout savoir !

 

 

 

 

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