COMME UN SEUL HOMME de Daniel Magariel.

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[LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Rentrée littéraire 2018]
Éditions Fayard – Littérature étrangère
Traduit (anglais États-Unis) par Nicolas Richard
Titre original : ONE OF THE BOYS, 2017

 

Format broché (192 pages) : 19.00€
Numérique : 13.99€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 


 

Le résumé :
Le combat fut âpre. Mais, ensemble, le narrateur, un garçon de douze ans, son frère aîné et leur père ont gagné la guerre – c’est ainsi que le père désigne la procédure de divorce et la lutte féroce pour la garde de ses fils. Ensemble, ils prennent la route, quittant le Kansas pour Albuquerque, et un nouveau départ. Unis, libres, conquérants, filant vers le Nouveau-Mexique, terre promise, ils dessinent les contours de leur vie à trois.
Les garçons vont à l’école, jouent dans l’équipe de basket, se font des amis, tandis que leur père vaque à ses affaires dans leur appartement de la banlieue d’Albuquerque.  Et fume, de plus en plus  – des cigares bon marché, pour couvrir d’autres odeurs. Bientôt, ce sont les nuits sans sommeil, les apparitions spectrales d’un père brumeux, les visites nocturnes de types louches. Les garçons observent la métamorphose de leur père, au comportement chaque jour plus erratique et violent. Livrés à eux-mêmes, ils n’ont d’autre choix que d’endosser de lourdes responsabilités   pour contrer la défection de leurs parents, et de faire front face à ce père autrefois adulé désormais méconnaissable, et terriblement dangereux.
Daniel Magariel livre un récit déchirant, éblouissant de justesse et de délicatesse sur deux frères unis dans la pire des adversités, brutalement arrachés à l’âge tendre. Deux frères qui doivent apprendre à survivre et à se construire auprès d’un père extraordinairement toxique, au milieu des décombres d’une famille brisée.

 


 

Mon avis :

 

Epoustouflant !

 

Epoustouflant est le premier mot que j’ai prononcé en refermant ce livre.

 

Daniel Magariel offre dans son tout premier roman une histoire bouleversante, choquante. Un tableau noir d’une famille qui sombre dans l’inacceptable, dans l’inavouable. Une spirale infernale détruisant sans remord des liens uniques et indéfectibles. Addiction destructrice d’un rêve merveilleux formaté dès les premiers jours de vie. Image noire, sombre, cauchemardesque dans un monde où la lumière ne frappe plus aux fenêtres où la lumière devient un mirage, une source d’espoir.

 

Lui, eux, n’ont pas de nom. Difficile de s’attacher à des inconnus, des personnages que l’on ne peut pas s’imaginer. Pourtant Magariel face à ces inconnus, donne une dimension suprême de l’être humain méprisable, ou attachant.

 

Eux, sont deux frères. Lui c’est le père : être abominable, manipulateur narcissique héroïnomane, paranoïaque, calculateur avec une certaine dose d’intelligence. Crever. Crever, j’ai eu tellement envie qu’il crève dans son immondice de mille supplices. Lui, roi de son vaste monde, d’un cloaque de misère, anéantit, eux, ses sujets. Ces deux frères unis pour la vie par les liens du sang. Ils s’aiment, se détestent, se chamaillent, se battent, se soutiennent, s’enfoncent, se détruisent, se cherchent, se protègent. Des frères unis dans l’adversité manipulatrice d’un homme qui se détruit.

 

J’ai détesté aimer ce livre. Magariel appuie là où ça fait le plus mal. Il y est met les mots forts, cruels donnant aux scènes une atrocité sans nom. Il émiette à la perfection dans son huis clos, le comportement de ses personnages. Comme s’ils étaient soumis à un test de laboratoire. Magariel frappe, matraque. Magariel façonne. Magariel parle de ce qu’il fait mal.

 

J’ai aimé détester ce livre. Magariel a su capter dès le départ mon attention. Sa plume extraordinaire m’a invitée dans un voyage où l’on ne peut pas en ressortir indemne. Il embarque son lecteur dans une aventure dangereuse et morbide où l’attention est attendue à chaque instant dans les petits détails. Ces derniers ne prennent pas sens dans l’instantanéité mais s’empilent pour l’apothéose. La pression augmente au fil des chapitres jusqu’à l’insoutenable.

 

L’épilogue a un effet puissant et surtout déstabilisant, visant essentiellement le lecteur sur sa perception. Est-ce un rêve ? Est-ce la réalité ? Est-il encore temps de changer le court de l’histoire ? Le jugement final en revient au lecteur.

 

COMME UN SEUL HOMME est une sacrée découverte !

 

 


 

Je remercie Léa du PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions Fayard de m’avoir permis de découvrir cet étonnant roman.

 

 

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Lien Amazon !

Vers le site des éditions Fayard, pour tout savoir !

Vers le site de Daniel Magariel, pour suivre son actualité !

 

 

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