TROIS FOIS LA FIN DU MONDE de Sophie Divry.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – 2018]
Éditions Noir Sur Blanc – Collection NOTABILIA
240 pages
Ma note : 4/5 mentions « à découvrir » et « pépite »
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Le résumé :

 

Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine.
Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu’à la folie dans son îlot mental. L’écriture d’une force poétique remarquable, une tension permanente et une justesse psychologique saisissante rendent ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise.
« Au bout d’un temps infini, le greffier dit que c’est bon, tout est en règle, que la fouille est terminée. Il ôte ses gants et les jette avec répugnance dans une corbeille. Je peux enfin cacher ma nudité. Mais je ne rhabille plus le même homme qu’une heure auparavant. »
Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier et vit actuellement à Lyon. Elle a publié cinq romans – La cote 400 ; Journal d’un recommencement ; La Condition pavillonnaire ; Quand le diable sortit de la salle de bain et Trois fois la fin du monde ainsi qu’un essai, Rouvrir le roman.

 

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Comment réagirez-vous à la fin du monde au sens propre comme au sens figuré ? Accepteriez-vous ce que cela implique psychologiquement et physiquement ? 
A quoi seriez-vous prêts ?

 

TROIS FOIS LA FIN DU MONDE est une fiction spectaculaire ! Aussi éprouvante que contraignante, ce roman m’a plongée dans un état aussi sceptique que mystique. Un voyage au bout de soi, au bout du monde, un exil forcé, magique.

 

Joseph Kamal n’a jamais été destiné à être un voyou. Au mauvais moment au mauvais endroit, sa vie bascule dans l’horreur lorsqu’il se trouve menotté et endeuillé par la mort tragique de son frère exécuté froidement, Tonio. C’est un gentil garçon, serviable et brave, vivotant de boulot en boulot et d’intérim en intérim. Il n’a jamais rien demandé à la vie. Il s’en est contenté tout simplement. Tonio était le vilain garçon qu’il l’a embarqué dans ce mauvais tour de passe-passe. Au mauvais endroit au mauvais moment, il échoue dans ce monde inconnu, la prison. Îlot exclusif de privation de libertés. Dégradant, humiliant, il se sent tel ces déchets qui pourrissent dans ce tas d’immondices au milieu de la cour. Il devient un rat, un nuisible. Il s’adapte tant bien que mal à coup de coups de poings et de pieds. Il n’est plus rien, un reflet parmi tant d’autre d’une vie qui s’est échappée en quelques secondes. Il tient bon à coup de pompes et de routine. La fin de sa vie d’homme libre n’aura pas sa peau.

 

Puis un jour l’Homme a du déserté ces terres pourris par l’avarice et la convoitise humaine. Boummmm ! Plus rien ! Plus de femmes, d’hommes, d’enfants ! Le chaos instantané ! Joseph est un survivant de cette fin prématurée. Il court loin, s’enfuit. Il se réfugie sur ces terres arides faites de cailloux qui semblent narguer le moindre vivant. Il est là. Il respire. Il vie. Mais il doit tout réapprendre. Un nouveau né dans un monde qui ne voulait plus de lui. Il crapahute. Il visite ces propriétés privées, privaient de vie. Il vie la nuit. Il vit le jour. Construire devient alors sa branche de salut. Il reconstruit une vie simple rythmée de calculs, de musique, du soleil et de la lune. Un mouton, une chatte, des compagnons providentiels témoins de la renaissance d’un homme savourant la solitude et le simplisme.

 

Comme un renouveau barbare, la fin approche. Que reste t-il à Joseph ? Des traits blancs dans le ciel bleu.

 

J’apprécie de plus en plus ce genre de lecture axée sur la création littéraire où les émotions, les personnages atypiques et la profondeur des sens s’unissent et se complaisent dans un texte poétique. C’est aussi envoutant qu’intriguant. La force des mots, des gestes du personnage, de ses pensées, de ses doutes, de ses craintes prennent une dimension spéciale et précise. C’est un drôle de tête à tête, entre moi-même, l’auteur et son personnage. Je me suis interrogée. J’ai également questionné ce personnage étrange et improbable. C’est un voyage extravagant entre l’irréel et le réel. C’est drôle, touchant, mais aussi horrible et poisseux.

 

TROIS FOIS LA FIN DU MONDE est audacieux et pertinent !

 

#Esméralda

 

Je remercie les éditions Noir sur Blanc pour leur confiance via la plateforme NetGalley.

 

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… le site des éditions Noir sur Blanc.

 

Vidéo : Sophie Divry présente son roman Trois fois la fin du monde

 

 

Screenshot_2018-09-04 Personnalisez LE TEMPS D_UNE ILE de Thierry Clech

3 réflexions sur “TROIS FOIS LA FIN DU MONDE de Sophie Divry.

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