LA MORT SELON TURNER de Tim Willocks.

 
[ POLAR – 2018]
Editions SONATINE
Traduit de l’anglais par Benjamin Legrand
PRIX LE POINT DU POLAR EUROPEEN 2019
378 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
Lien Kindle

 
Le résumé :

Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.
Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir :  » Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. « 

 

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Il y a de ces polars qui vous fout les chocotte rien qu’en apercevant la couverture. Résultat : aussi interloquée et curieuse que craintive. Et puis il y a eu cette occasion à ma médiathèque, il était là, bien en vue sur son rayon à m’attendre. Vous comprenez, il m’est impossible de résister à ces signes là.  Et j’ai bien fait de succomber !

 

 

Tim Willocks, auteur anglais, inconnu au bataillon (oh quelle honte !), une plume atypique de chez atypique et qui surtout ne fait pas dans la dentelle. Vous voulez du polar bien sombre, bien corsé qui dégomme tout : ce polar est fait pour vous.

 

 

Direction l’Afrique du Sud, au Cap et sa région au nord (Cap-Nord). Turner est flic par conviction et honneur. Les rues sans dessus dessous, cache-misère, il les connaît. Il côtoie ce monde à part, le respire, le vit. Ce pays bouffé par la corruption et la discrimination, il le combat d’une manière aussi radicale que douce. Cette jeune femme allongée les tripes à l’air est comme une promesse silencieuse. Celle qu’il signifie que la pauvreté ne doit pas flancher devant la richesse et les blancs. Que la justice ne peut pas être un combat vaincu d’avance. Turner, anti héros d’un monde moderne déchu, lunette visée sur le nez, panoplie du parfait guerrier, part mener sa guerre, celle qui honore et qu’il respecte. Terres arides, paysage de désolation, soleil meurtrier, îlots de survie, mirage sans foi ni loi qui ne fait qu’une bouchée de celui qui ose braver. En ces terres reculées, les lois tangibles et malléables gouvernent un monde qui dicte la peur.

 

 

Une confrontation sans pareil, ni foi ni loi, la mort ne recule devant rien, la justice est assoiffé de sang.

 

 

-Son affaire est trop avancée maintenant. Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais il a déjà tué. Littéralement. Je doute que vous compreniez ce que ça signifie. Disons juste que cela en fait une affaire personnelle, plus que personnelle, pour n’importe quel flic. Et il n’est pas n’importe quel flic. C’est le flic de vos cauchemars.

 

 

Le premier coup de feu a retenti, l’heure n’est plus à tricoter. La terre a soif de sang et Turner se fait l’honneur d’être l’ange de la mort, vengeur jusqu’au dernier souffle.

 

 

Crépuscule au paradis. Coucher de soleil en enfer.
Turner resta un moment. Pour savoir qu’il était là. C’était là que sa vie l’avait mené. c’était là qu’il s’était amené lui-même, en quelque sorte. Même s’il avait été conduit jusqu’ici par la force, c’étaient ses propres choix – de nombreux choix – qui étaient à l’origine de tout cela. C’était sa place, maintenant, la sienne seule. Il intégra cette vérité c’était dur, c’était amer, mais s’il ne faisait pas sienne cette dureté, il ne survivrait pas.
Turner pas le sac à dos sur ses épaules, resserra les brides et attacha la ceinture de hanches. Il s’éloigna de tout ça et avança sur la plaque de sel sans un regard en arrière.
 

 

Que vous dire de ce polar : il aussi extraordinaire que sanguinaire, aussi sombre que lumineux, aussi effroyable que honnête, aussi magistrale qu’inclassable. Une sacrée claque qui laisse chaos, pantois, bouleversé, ébahit et interloqué. Une puissante force se dégage de la plume de l’auteur. Elle agrémente les actions et les descriptions. J’ai lu la totalité en apnée. C’est prenant. C’est contrariant. C’est sanguinaire. C’est explosif. C’est intransigeant. C’est magistral.

 

 

Vous voulez découvrir ce qui se cache derrière ces lunettes de soleil, allez-y, foncez-y, mais faites gaffe de ne pas être dans le visueur de Turner, pour sur, vous allez passer un mauvais quart d’heure !

 

 

C’était la seule chose à faire. La décision la plus juste. La meilleure.

 

 

 

#Esméralda

 


 

 

 

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