TED de Yves Terrancle.


Ohio, 1905. Ce bougre de journaliste était venu voir le plus ancien détenu des États-Unis pour relater sa vie. Il aura finalement écrit celle de William, Humana… et obtenu ma libération. La liberté, si chère à mon regretté William… Aujourd’hui, après une vie entière à attendre que l’administration pénitentiaire se décide à m’exécuter, il ne me reste de cette chimère que l’indicible peur de l’affronter.

« Je m’appelle Ted Forman, j’étais un citoyen des Etats-Unis d’Amérique, et je mourrai libre de vous avoir trouvé … »
Yves Terrancle frappe à nouveau fort et bien. Un récit prenant et incontestablement bouleversant qui ne peut laisser indifférent.

 

TED est l’histoire d’une quête, d’hommes et de combats.
Ted a passé une grande partie de sa vie en prison pour un crime dont sa seule valeur a été de défendre l’honneur d’un homme. Ted a grandi loin de sa terre natale, le Cameroun. Il a connu ce temps qu’il est préférable de taire enfin d’éviter le démon de sortir de sa boîte. Son chemin est parsemé de nombreus croisements qu’il le porteront tour à tour vers de nouveaux horizons sombres ou bienveillants. William (voir Humana), Monsieur de Rochefort, la bonté incarnée, Louis qui a connu le pire de ce l’homme peut faire endurer, Elsa, l’incarnation de l’innocence et de la pureté bafouée. Sans oublier Harold Burton, journaliste, qui incarne l’esprit de la justice. Ted n’a jamais été un héros. Seules ses propres motivations le font avancer. Un homme humble et juste avec un regard tantôt acéré tantôt naïf sur cette société où la bienveillance est chère.

 

Si la vie lui a offert une chance inestimable à la veille d’une mort certaine, il mettra à profit son temps pour une quête honorable. Ceci sans penser que la cruauté se rappellerait à son bon souvenir.

 

Yves Terrancle nous offre un roman d’une beauté sans égale. 40 ans après l’abolition de l’esclavage, les Etats-Unis restent le terrain favorable à tout débordement racial. L’histoire évolue au cœur d’une atmosphère tendue qui s’intensifie au fil des pages. Le côté historique est peu exploité (en comparaison avec Humana). L’auteur a pris le parti d’un récit rythmé par de nombreux rebondissements lui conférant ainsi des allures de western. D’un côté le groupe des gentils, de l’autre celui des méchants et au milieu l’argent. Une très belle surprise pour ma part car cet aspect inattendu confère au roman un certain grain de folie l’ancrant davantage dans une réalité palpable. Au delà de cette frénésie de tirs croisés, de sangs et de cris, Yves Terrancle apporte à ses personnages une aura immuable, un charisme lumineux où les valeurs essentielles et primordiales rayonnent au creux des ténèbres. La liberté est ainsi magnifiée par la plume sensible d’un auteur que je vous invite à découvrir vivement !

 

William m’a dit un jour que la liberté est de se trouver là où l’on souhaite. Il avait raison.
J’ajouterai qu’elle est aussi celle de transmettre sans voile, sans ménagement ni retenue, afin que chacun se serve des horreurs du passé pour forger un avenir meilleur.
 
Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle

… le site des éditions Academia.

… Mon avis sur HUMANA (clique sur l’image pour le lire).

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