Vous n’aurez pas ma haine d’Antoine Leiris

vous n'aurez pas ma haine

 

Témoignage – édition poche parue le 4 janvier 2017

Le livre de poche

Lecture personnelle

 

Résumé : Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.

À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.

C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre.

Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. « Vous n’aurez pas ma haine » est son premier livre.

 

Mon avis : En ces jours de souvenirs, je me suis plongée dans un des nombreux témoignages parus suite aux attentats du 13 novembre 2015. Pour moi, citoyenne française ne connaissant personne parmi les victimes, j’ai vécu une soirée et une nuit d’angoisse, choquée par l’horreur de ce qui se passait dans notre belle capitale. Alors essayer d’imaginer ce qu’ont vécu les proches de victimes, c’est tout simplement une sorte d’hommage à leurs courages. Car oui, après avoir perdu une épouse, un compagnon ou un enfant dans ces attaques, il faut beaucoup de courage pour se relever.

                Ici, nous avons le récit d’Antoine Leiris dont l’épouse est morte au Bataclan. On revit à ses côtés l’angoisse de la soirée, quand il apprend ce qui se passe dans la salle de spectacle, l’espoir que son épouse soit toujours là, la difficulté de dire au-revoir à un proche perdu dans de telles circonstances et l’obligation de se reconstruire et de réapprendre à vivre vite pour son fils. A peine trois jours après cette tuerie, il va publier sur Facebook cette lettre ouverte aux terroristes intitulée « vous n’aurez pas ma haine ». Même deux ans après, j’ai eu les larmes aux yeux en relisant cette lettre. Car quelle force de caractère que de ne pas tomber dans la colère et la haine mais porter un message d’espoir et positif !

                Ce témoignage s’étale sur 12 jours : du 13 au 25 novembre et il a été écrit dans les jours qui ont suivi la lettre ouverte. On est donc aux côtés Antoine Leiris dans les jours d’après, ces jours où tout le monde tente de vous aider alors qu’on n’en a pas forcément envie. J’ai été amusée et touchée de voir la chaine de solidarité qui s’est montée à la crèche afin d’aider ce papa dans son quotidien afin de palier, au moins dans les premiers temps, à l’absence de son épouse.

                Il ne faut pas se mentir, ce livre, même s’il fait remonter beaucoup d’émotions chez le lecteur, est un vrai beau témoignage. J’admire ce papa qui a continué d’avancer pour son fils et qui voulait surtout que nous ne tombions pas dans cette haine et cette colère que cherchent à nous faire ressentir ceux qui ont fait ça. Je n’irai pas plus loin dans ma chronique, car je ne veux pas non plus tout vous raconter. Je peux juste vous dire que ce témoignage est poignant mais aussi une ode à la vie. Car il ne faut pas qu’on oublie qu’elle continue.

 

Lettre ouverte adressée par Antoine Leiris :

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de douze ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

liens-utiles

Retrouvez « vous n’aurez pas ma haine » sur le site des éditions le Livre de Poche

Retrouvez aussi ce témoignage sur Amazon

Publicités

Adieu chère angoisse ! de Adeline Grais-Cernea.

https://lire.amazon.fr/kp/card?asin=B075F8NCW1&preview=inline&linkCode=kpe&ref_=cm_sw_r_kb_dp_g1m6zbB99T2E8

[TEMOIGNAGE – Nouveauté 2017 ]

Editions Payot

Lecture personnelle

 

 


 

Résumé :

Adieu Chère angoisse ! est le récit intime, dans une langue contemporaine et vibrante, d’une traversée – de la naissance d’une crise au retour de la respiration. Voici dix ans d’une cohabitation d’un corps avec l’angoisse. Au fait, c’est quoi, exactement, une crise d’angoisse ? Un petit tracas, une anxiété ? Absolument pas, au menu : palpitations, bouffées de chaleur, transpiration excessive et surtout : sensation d’une fin certaine. L’auteur a tout essayé pour la vaincre (acupuncture, sophrologie, relaxation, psychiatrie, etc.) et nous livre son expérience et ses propres méthodes.

 


 

Mon avis :

Je ne suis absolument pas adepte de ce genre de lecture. C’est une lecture à dix milles lieu de mes habitudes. Ce livre s’est retrouvé entre mes mains suite à un concours. Je me devais de le lire tout de même.

La couverture ne laisse rien paraître. Un titre accrocheur et un synopsis super entrainant. C’est donc sans à priori que je me suis lancée. Voici ce que j’en retiens.

Ce livre s’oriente donc vers un témoignage. Le récit est ponctué par des bribes de vécus, et de remise en questions. Il s’inscrit dans un espace temporel vaste, puisqu’il se déroule entre présent et passé de la narratrice. Par ailleurs Adeline Grais-Cernea a l’intelligence de ne pas personnaliser sa narratrice (même si on sait parfaitement qu’elle parle de sa vie) et pour le coup on s’identifie très vite et facilement. L’auteur ne rentre pas dans le morbide, au contraire elle joue avec l’humour afin de relativiser. Une plume joyeuse qui avec honnêteté, relate un état du corps et d’esprit très courant et trop souvent banalisé comme sait très bien le décrire Adeline Grais-Cernea. L’auteur ne donne pas de solutions propres à cet état. Elle glisse toutefois des suggestions mais je pense qu’elle insiste vraiment sur le fait que souvent les réponses sont enfouies en nous même. C’est un travail très intime et personnel même si elle ne rejette absolument pas l’aide extérieure !

Le style du récit est vraiment saisissant car elle personnalise cette angoisse. Elle en fait une entité à part entière avec tout ce qui caractérise l’être humain. C’est très déroutant au début puis on comprend assez rapidement pourquoi l’auteur agit de cette manière. L’humour est très agréable sans tomber dans l’incongrue ou l’exagération.

Ce témoignage narre un véritable combat où beaucoup de personnes se reconnaitront. Il n’apporte pas vraiment de solution au sujet, donc il ne faut pas s’attendre à y trouver des solutions comme ceux qu’on pourrait rencontrer dans les livres de développement personnel. Il agit plutôt tel qu’une thérapie de groupe où l’on peut échanger ses doutes, ses craintes et ses angoisses.

« Adieu chère angoisse » est très intéressant par le sujet évoqué mais également par le style emprunté.

 

liens-utiles

 

Vers le site des éditions Payot !

 

 

Les mousquetaires du Président d’Alain Le Caro, avec Gilles Halais

GSPR

 

Témoignage – Sortie le 17 mai 2017

Editions Fayard

Service Presse

 

Je remercie les éditions Fayard via la plateforme Netgalley de m’avoir confié ce livre en service presse.

Résumé : Costumes sombres, oreillettes discrètes, valises en Kevlar et armes de poing à portée. Préparés au pire, formés comme aucun autre, ce sont eux qui rôdent autour de nos présidents, prêts à donner leur vie pour sauver la leur. Ce groupe, c’est le GSPR ; une soixantaine d’hommes, assujettis au devoir de réserve, perdus dans les « secrets des Dieux ».

Alain Le Caro, qui a fondé cette unité, revient ici sur sa première mission : François Mitterrand. Du groupe, il a dessiné les contours, formé secrètement les membres, autour d’une seule et même ligne : préserver la vie du président et celle de ses proches.

Une mission qui les a conduits à devenir peu à peu les ombres de François Mitterrand, les confidents de ses enfants, les coursiers des affaires de la République.

De révélation en révélation, Alain Le Caro nous entraîne au cœur de la sécurité présidentielle, de l’intimité des gouvernants aux secrets d’État. Un récit passionnant dans les coulisses de la « mitterrandie ».

 

Mon avis : J’apprécie les témoignages sur les coulisses du pouvoir. J’ai l’impression pendant de cours instants d’être une privilégiée, de découvrir tout ce qui nous est normalement « caché ». Ici, nous faisons la connaissance d’Alain le Caro, qui a fondé, sur la demande de François Mitterrand, alors Président de la République, le GSPR (groupe de sécurité du Président de la République). M.Mitterrand ne souhaitait pas que sa sécurité soit confiée aux policiers car il n’avait pas confiance en eux et, menant une double-vie, il souhaitait un groupe de personnes de confiance autour de lui.

Nous suivons donc les premiers pas, compliqués, des membres du GSPR car de nombreuses personnes vont leur mettre des bâtons dans les roues. De plus, leur proximité avec le Président va susciter des jalousies. Au fil des pages, nous entrons dans l’intimité de M. Mitterrand. En effet, j’ai ainsi appris que quand il s’affichait avec Danielle Mitterrand, ce n’était que pour préserver les apparences. Depuis longtemps, il était amoureux d’Anne Pingeon et passait une grande majorité de ses soirées et de son temps libre avec elle et Mazarine. Leurs sécurités va donc devenir une affaire d’Etat, confiée aux hommes du GSPR, qui vont tout faire pour s’assurer qu’elles restent anonymes et qu’elles ne sont pas découvertes.

J’ai apprécié ce moment de lecture passé au côté des hommes du GSPR. J’ai ainsi découvert comment un voyage présidentiel était organisé, que ce soit des visites officielles ou des vacances. J’ai été fascinée par le dévouement de ces hommes qui ont mis leurs vies au service du Président. Je suis admirative des gendarmes et plus largement, de tous les soldats ou membres des forces de l’ordre. Je pense qu’il faut une sacrée force de caractère pour se dévouer corps et âmes pour son pays.

Dans ce livre, j’ai aussi découvert la vie de notre ancien Président, d’un côté plus personnel et j’ai découvert un homme de cœur. Avec du recul, je le trouve courageux d’avoir réussi à cacher cette double vie pendant autant de temps (l’existence de Mazarine ne sera rendue publique qu’en 1994, soit un an avant la fin de son deuxième septennat) mais aussi à cacher sa maladie, pourtant présente depuis un moment.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce témoignage. Je ressors enthousiaste de cette lecture et je recommande cette lecture à toutes les personnes curieuses du fonctionnement de la présidence de la République ou à  tous les amateurs de secrets d’Etat.

 

liens-utiles

 

Retrouvez ici les Mousquetaires du Président sur le site des Editions Fayard

 

pro_reader_120

Sissi, Impératrice d’Autriche de Jean des Cars

Biographie – Sortie le 21 avril 2005

Editions Perrin – Collection Tempus

Lecture personnelle

Résumé : En 1898, Sissi était assassinée à Genève par un anarchiste italien. Depuis, l’impératrice d’Autriche et reine de Hongrie est devenue un mythe. Souveraine à la beauté légendaire, fantasque et solitaire, elle a inspiré peintres, poètes, psychanalystes, cinéastes. Voici la Sissi historique, cette princesse bavaroise qui, en 1854, épouse l’empereur François-Joseph. A Vienne, on la critique; à Budapest, sous le prénom d’Erszébet, on la vénère, car elle défend le nationalisme magyar contre l’emprise autrichienne. Voyageuse acharnée, Sissi se réfugie aux frontières du non-conformisme, plus lucide que bien des diplomates sur les déchirements balkaniques. Pendant cinq ans, l’enquête de Jean des Cars l’a conduit dans l’ancien empire des Habsbourg à la rencontre des descendants de Sissi, et à la recherche des archives et de souvenirs inédits.

Mon avis: depuis ma plus tendre enfance, je suis admirative du personnage de Sissi. Comme beaucoup de petites filles, j’ai regardé avec admiration les films avec Romy Schneider. En grandissant, j’ai eu la curiosité et la volonté d’en savoir plus sur cette impératrice qui fait encore, de nos jours, tellement parler. Pour mes 30 ans, une très bonne amie m’a offert la biographie de Sissi écrite par Jean des Cars. Pour tous les spécialistes, elle est considérée comme la référence en la matière. Par manque de temps, elle est restée pendant longtemps dans ma PAL. Mais il y a un mois, à l’occasion de mon voyage à Vienne, je me suis décidée : c’était le moment ou jamais de lire cette biographie!!

Et bien, je n’ai pas été déçue!! Jean des Cars a une plume remarquable qui redonne vie à l’impératrice et à tous ses proches. Mes visites viennoises aidant, j’ai voyagé grâce à cet ouvrage de la Hofburg jusqu’à Schonbrunn sans oublier la Bavière natale de Sissi.

Jean des Cars a écrit une biographie très complète et très détaillée sur la vie de l’impératrice et il nous permet de mieux comprendre ce personnage qui reste encore tellement mystérieux. Certains la disaient folles, d’autres pensent qu’elle avait la bougeotte… je pense surtout que c’est une femme qui n’était pas en phase avec son temps et qui a mal vécu le carcan dans lequel elle s’est retrouvée enfermée à l’âge de 16 ans, après son mariage avec François-Joseph, l’empereur d’Autriche. Certes, son rôle l’obligeait à beaucoup travailler et à « délaisser » son épouse mais pourtant, il l’a aimé jusqu’à la fin de sa vie en 1916. L’assassinat de Sissi en 1898 sera la plus grande épreuve de sa vie… certains diront qu’il ne s’en remettra jamais complètement.

Sissi était une jeune femme éprise de liberté. Arrivée à Vienne, on essaie de la contraindre à un protocole strict…. Mais très vite, elle va s’en affranchir, pas à pas, au prix d’une lutte sans relâche. Suite à une maladie, elle va devoir s’exiler au soleil. Cet épisode entrainera chez elle un amour des voyages qui ne la quittera plus. Mais n’oublions pas que Sissi a aussi été une ambassadrice de charme pour la Hongrie. Au début de son règne, les Hongrois sont malheureux, sous l’emprise de l’Autriche. Dès son premier voyage là-bas, Sissi tombera amoureuse de ce pays et oeuvrera pour que ce pays ait un statut à part dans l’empire….ce qui ne sera pas sans conséquence par la suite. Néanmoins, Sissi reste, même de nos jours, la reine adorée des Hongrois.

Longtemps détestée par les Autrichiens, son assassinat la portera au rang d’icône. Depuis, on ne peut se balader dans Vienne sans croiser un souvenir à son effigie. Sissi reste dans l’histoire une femme obsédée par son image mais qui agissait par instinct. Les malheurs, qui n’ont cessé de la poursuivre, émailleront sa vie et participent à cette image de femme incomprise.

Vous l’avez compris, j’ai adoré cette biographie. Les amateurs d’histoire peuvent y aller les yeux fermés, cet ouvrage vous ravira. A noter le chapitre qui parle du drame de Mayerling. Il est étonnant et ouvre de nouvelles perspectives sur cet épisode qui a tant blessé l’impératrice.

Retrouvez la biographie sur le site des Editions Perrin