LA MÈRE LAPIPE DANS SON BISTROT de Pierrick Bourgault.


 
La vie d’un bistrot à l’ancienne, authentique, lieu de rencontre et de mixité sociale, comme en en fait plus beaucoup…
Au Café du coin, Jeannine fume la pipe en discutant avec ses copains du quartier.
Réputée pour son franc-parler, cette arrière-grand-mère de caractère, appelée « la Mère Lapipe’, sait aussi écouter. Les conversations évoquent ce quartier ouvrier qu’elle a vu changer. Les générations s’y retrouvent et on y croise une fabuleuse galerie de personnages.
Sur le formica de son comptoir, on tchine au « petpet’ entre étudiants, retraités, forains, brocanteurs et policiers, avec un fakir, un ministre et même avec le Père Noël !
La vie d’un bistrot, ce lieu rare de parole et d’écoute qui disparaît aujourd’hui. Un bistrot qui ferme, c’est un théâtre qui brûle.

 
Bienvenue dans un monde oublié. Un monde qui perd de sa splendeur qui se meurt de jour en jour. Avez-vous déjà poussé la porte d’un de ces bistrots ?
Pierrick Bourgault nous ouvre les portes de ce petit coin de paradis. Il ne vous sera point demandé de porter le costume. Au contraire vous êtes les bienvenus tel que vous êtes. Mais avant de franchir le seuil, sachez que la Mère Lapipe n’est pas une tendre avec les gens ne respectant pas quelques règles. Ouvrez grand les yeux et lisez : personne ne doit contredire la tenancière, être converti au dialecte du pays, ne pas trop se prendre au sérieux, délier ses pensées, les bonnes comme les mauvaises, faire attention au chien, ne pas être effrayé pas la décoration vintage, aimer rigoler autour d’un verre de vin ou d’un café.

 

Le bistrot de la Mère Lapipe est un sacré phénomène. Un lieu sacré où il fait bon de se retrouver, de se parler et de se confier. Un lieu de mémoire où les temps anciens se rappellent au bon souvenir et où l’avenir se décrit avec un certain mépris et une grande peur. Le bistrot de la Mère Lapipe est un sanctuaire où les rires fusionnent, les pleurs coulent sans malaise et où les confidences s’éternisent. Des rencontres d’un jour, des rencontres de toujours, une communauté porté par le même envol, celui de l’entraide, de l’écoute. Le premier pas est le plus difficile :vous vous croyez tomber chez les fous. Mais à y regarder de plus près, vous y trouverez la jovialité, la bonne humeur. Et puis au second pas vous tomberez amoureux de cet endroit.

 

Pierrick Bourgault de son œil aguerri et de sa plus belle plume dépeint un de ses endroits unique en voie de disparition. Un lieu oublié qui s’étiole dans les ambres de la société qui n’a plus le temps et exige tant. Loin de ces bars impersonnelles, la Mère Lapipe connaît tout le monde, les petits surnoms surgissent ici et là, les petites phrases qui font du bien virevoltent au grès des enflammés gutturaux. Un coin de paradis où les âmes s’apaisent.

 

Pierrick Bourgault délivre ici un magnifique hommage. Un récit émouvant qui vous donne envie de découvrir cet endroit merveilleux et chaleureux. Un témoignage crucial où la nostalgie ne devrait pas y figurer !

 

A notre époque de répression hygiéniste et normative, où l’intelligence est forcément « artificielle » et la communication « numérique » et « interactive », il est bon de témoigner de tout ce qu’un simple café apporte à son quartier, des personnalités attachantes qu’on a la chance d’y croiser, des leçons de vie qu’elles nous transmettent avec générosité. Et du plaisir d’y passer du temps, au beau milieu des éclats de voix et de rire, tandis que pètent les bouteilles de vin mousseux bien frais.
Une chronique de #Esméralda

ELLE SENTAIT LA POMME ET LE PAIN CHAUD de Heather Harpham.

[ RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Brigitte Hébert
PRESSES DE LA CITE
368 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable »
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Le résumé :
Une famille exceptionnelle, et un long chemin vers le bonheur.
Heather est aussi globe-trotteuse que Brian, écrivain new-yorkais, est casanier, mais leur histoire d’amour ressemble à un conte de fées. Jusqu’au jour où Heather tombe enceinte… Si Brian est sûr de son amour pour Heather, il est également convaincu qu’il ne veut pas d’enfants. De retour dans sa Californie natale, Heather accouche donc seule. Seulement, quelques heures après la naissance de Gracie, le couperet tombe : le bébé est gravement malade. Alors qu’empire la condition de la petite – seule une greffe de moelle osseuse compatible pourrait la sauver –, Brian décide de revenir aux côtés d’Heather. Et c’est ensemble qu’ils vont réfléchir à ce qu’ils sont prêts à faire pour garantir l’avenir de leur petite fille…
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Raconter son enfer, celui de sa fille, celui de sa famille et celui d’autre est un acte de bonté. Raconter en toute humilité les souffrances, les désillusions, le désespoir et l’abattement est un acte audacieux. L’apitoiement n’est point recherché, au contraire ce récit autobiographique déborde de générosité et d’ondes positives.

 

Être confronté à l’inconnu, à la maladie, s’est entré dans un monde dangereux où le moindre mot est analysé, où le moindre acte est contemplé où la moindre parcelle de page vierge est source d’inquiétude. Le monde médical est un vaste empire que nous tous redoutons. Alors que faire quand à la naissance de son enfant, son premier, est annoncé l’improbable, la maladie et que ce petit bout de chou va devoir combattre pour vivre et que ses parents vont devoir accepter l’inacceptable et prendre les décisions qui leur incombent.

 

Elle sentait la pomme et le pain chaud est une ode à l’amour indéfectible, à l’amour puissant et  porteur. Un récit tendre et objectif sur le combat et la maladie. Un récit émouvant où ce petit bout de chou comprend l’imprononçable. Un récit où les mots de cette petite fille touchent. Un récit où les doutes et les silences veulent tout dire, où les regards sont emprunts d’un détonnant mélange, la tristesse et la combativité. Un récit où les petits moments de bonheur côtoient la souffrance. Un récit humain. Un récit prenant. Un récit douloureux. Un récit révélateur : un système de santé américain qui favorise la prise en charge que d’une certaine population, mais au delà de ce constat, l’élan de générosité de milliers d’inconnus qui grâce à leur don, quel qui soit, sauvent des enfants qui ne demandent qu’à vivre, courir et rire.

 

Heather Harpham m’a touchée en plein cœur. Sa plume simple et sa manière de narrer cette épopée m’a conquise. Elle transmet la juste vérité, celle de parents prêts à tout, celle d’une enfance tragique, celle d’un quotidien scruté à la loupe, celle de l’attente, celle du doute et du désespoir. Un récit où tout est bienveillance, où la générosité contre balance l’horreur, où l’amour transcende.

 

A lire absolument !
Narrateur et auditeur ont un devoir commun : croire. Aussi tragique que soit l’histoire. Croire. Croire et se souvenir ; se souvenir et croire. Parce que mémoire et acceptation sont tout ce que nous avons à donner. Parce qu’on n’a pas d’autre choix.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… sur le site Lisez.com !

… le site de Heather Harpham.

CARNETS D'UNE VOYAGEUSE : Mon tour du monde en solo de Noellie Givry.

[ RÉCIT DE VOYAGES – Nouveauté 2019 ]
243 pages
Ma note : 3,5/5
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Le résumé :
N’avez-vous jamais eu envie de tout quitter pour partir vivre au bout du monde ? Et si tout cela prenait vie, quelles seraient les étapes, les galères et les richesses d’un tel voyage ? Voici mon expérience toute personnelle après 11 mois à sillonner le monde en solitaire, de l’Ouest vers l’Est. Durant un congé sabbatique, j’ai parcouru 4 continents (l’Amérique du Nord, l’Asie, l’Océanie ainsi que l’Europe), au travers d’une vingtaine de villes toutes plus variées les unes que les autres. Bouclez votre ceinture, je vous emporte dans ma valise pour ce voyage, à la fois en quête de moi-même mais surtout des autres…
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Je fais partie de ces gens qui veulent voyager mais qui ont trop peur pour entreprendre quoique ce soit ! Je ne sais pas si je peux qualifier cet état de lâcheté ou bien peut être que cela porte un autre qualificatif. Quoiqu’il en soit voyager m’a toujours fait rêver et encore à l’heure actuelle. J’admire ces gens qui osent et qui font cette démarche de globe-trotter. Partir à la découverte d’autres choses, d’autres gens, d’autres cultures, d’autres paysages … confère un étrange sentiment de liberté et un accomplissement personnel assez satisfaisant. Enfin tout cela je l’ai découvert au travers les mots de Noellie Givry.

 

Noellie Givry à l’âme aventureuse. Elle galope déjà beaucoup en France et vers nos compatriotes européens. A-t-elle cela dans le sang peut être ? Arrivé à un tournant décisif de sa vie, elle prend les rênes et décide de partir à la conquête du monde. Elle prépare son voyage des mois avants entre les papiers administratifs et se préparer un minimum de planning entre découvertes dans chaque ville traversée et autre. Son objectif principal est d’améliorer son anglais. Les visites et les rencontres font parties de l’aventure. A terme, au bout de son voyage, elle souhaite s’établir en Australie. Noellie Givry décrit avec précision et enthousiasme son parcours. Son ressenti, ce qu’elle a adoré et ce qu’elle a détesté. Elle se pose aussi de nombreuses questions sur l’accueil des différentes villes où elle s’établit et sur la manière de se déplacer (transport en commun). Elle décrit ses rencontres (bonnes et mauvaises), des anecdotes et ses impressions (atmosphère chaleureuse ou non, contact avec les autochtones). Il est également question de recherche d’emplois et elle se trouve face à des déboires et des échecs. Elle précise que les diplômes français ne sont pas reconnus à l’extérieur du territoire, les métiers manuels sont en général appréciés mais finalement adressés aux hommes. Ce que je retiens à ce niveau-là, il faut mieux se faire muter par son entreprise vers un autre pays quand cela est possible ou sinon avoir de sacrées économies pour monter sa propre boîte.

 

J’ai beaucoup apprécié suivre cette épopée donnant l’impression que Noellie Givry est devenue ma meilleure pote. Son enthousiasme et sa joie de vivre sont communicatifs. J’ai appris plein d’astuces. Et finalement elle m’a donnée envie de sauter le pas avec mes trois hommes et pourquoi pas commencer par la France. Ça serait génial ! Voyager en sol et en famille n’est pas tout à fait la même chose, mes ses conseils peuvent être plus ou moins applicables ou adaptables.

 

C’est une belle invitation à voyager, à découvrir et à se laisser porter par l’inconnu.

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site de voyage de Noellie Givry

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HONORE ET MOI de Titiou Lecoq.

[ BIOGRAPHIE – Nouveauté 2019]
Éditions de L’ICONOCLASTE
304 pages
Sélection du jury de février
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Le résumé :
‘Parce qu’il était fauché, parce qu’il a couru après l’amour et l’argent, parce qu’il finissait toujours par craquer et s’acheter le beau manteau de ses rêves, parce qu’il refusait d’accepter que certains aient une vie facile et pas lui, parce que, avec La Comédie humaine, il a parlé de nous, j’aime passionnément Balzac.’
Tout le monde connaît Balzac, mais bien souvent son nom reste associé aux bancs de l’école. Avec la drôlerie qu’on lui connaît, Titiou Lecoq décape le personnage. Elle en fait un homme d’aujourd’hui, obsédé par l’argent, le succès, l’amour, dans un monde où le paraître l’emporte sur le reste. Sous sa plume, ce géant de la littérature devient plus vivant que jamais.
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Balzac grand nom de la littérature classique. Grand nom d’un temps révolu. Certains d’entre vous l’ont lu et dévoré, d’autres l’ont ignoré, d’autres l’ont dénigré, d’autre non rien compris. Balzac est un condenseur d’avis allégoriques ou négatifs.

 

Mais connais-tu ce Balzac ? Tu as peux être lu tout un tas de biographies, ou carrément pas ? En même temps il faut vouloir le connaître. Pour ma part Balzac est un nom qui me fait peur. D’une part, il me renvoi à mes années collège et lycée, où j’ai peut être lu un extrait de ses œuvres pour études et compagnies. Et si cela s’avère juste, je n’ai absolument aucun souvenir. Non pas par ce que, ce que j’ai certainement lu était mauvais, mais plutôt par ce que j’étais l’élève assise au fond de la classe et qui ne pipait à aucune explication que le vaillant professeur essayait de nous inculquer. Et d’autre part, Balzac est pour moi synonyme de vieillerie surannée qui parle d’un monde que je n’ai pas connu et qui ne m’intéresse pas plus que ça.

 

Mais cela, c’était avant que j’ouvre la dernière biographie de Titiou Lecoq, féministe et essayiste, et accro à Balzac en l’occurrence.

 

Titiou Lecoq n’est pas tombée dans la marmite balzacienne dès son plus jeune âge, enfin, dès le moment où elle découvre les œuvres de ce cher Balzac, l’alchimie opérée ne trépasse pas. Dans un moment de faiblesse, elle part à la découverte du musée de Balzac à Paris et là c’est la révélation divine. Coup de foudre et maniaquerie la propulsent dans le monde gargantuesque de ce cher Honoré.

 

Me voici donc en possession de cette biographie tonitruante que je n’aurais, au grand jamais, ouvert si ma candidature au prix n’avait pas été retenue.

 

Découvrir Balzac, c’est entreprendre une grande traversée du désert, avec comme seul compagnon la solitude et les rêves. Balzac le maudit, Balzac le génie, deux entités réunis dans un corps qui suscite les moqueries. Balzac est un homme né avec une ambition démesurée.
A l’appui des différents témoignages et de sa correspondance personnelle, Titiou Lecoq dépeint l’homme extravagant qu’il fût. Un homme fougueux qui ne mesure son talent qu’à l’argent qu’il dépense. Un homme acharné et travailleur qui tente par tout les moyens de devenir un Homme dont on se souviendra. Un homme peu malin mais qui vit à fond, avec la passion du condamné, sans se soucier des conséquences. Un homme exubérant. Un homme qui vit à mille à l’heure. Un homme qui se cherche dans l’amour et qui contre tout attente écrit ses aspirations dans ses romans tout en décrivant la société hypocrite dans lequel il évolue.

 

Titiou Lecoq de sa plume taquine et malicieuse tire le portrait d’un homme fabuleux avec tous les travers et les défauts en sa possession. Je ne peux pas dire qu’elle le valorise et pourtant je me suis attachée à lui. Ses états d’âmes et sa manière de vivre, un peu je m’en foutiste, font de lui un homme accessible et un homme passionnant.

 

Titiou Lecoq m’a ouvert les yeux sur un homme qui n’a rien d’un Dieu. Un homme simple embrigadé dans les mauvais tours que la vie lui a joué.

 

Maintenant que je connais l’homme public, j’ai envie de découvrir l’homme écrivain qu’il était. Titiou Lecoq a fait un travail formidable et pour me faire changer d’avis je ne peux dire que Merci !

 

∞EXTRAIT∞
Ce n’est pas faire insulte à sa mémoire de raconter ses déboires financiers, comme ce n’est pas faire insulte à la littérature de rapporter sa soif d’argent. C’est au contraire comprendre pourquoi son œuvre est toujours voire de plus en plus actuelle. C’est apprendre sur nous et notre société. Balzac a su évoquer la terrible frustration que produisent le manque d’argent, l’envie que l’on peut éprouver devant la vie des riches et quel compromis moral on est prêt à faire pour y goûter. Comment vivre dans un système où l’argent semble être la condition nécessaire au bonheur ? Balzac fut un génie et un loser magnifique, il aurait pu nous enseigner une manière balzacienne de mener nos vies en nous émancipant. Et pour une société comme la nôtre, obsédée par l’idée de réussite totale, c’est un flamboyant contre-exemple.
 
Une chronique de #Esméralda
 

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… le site des éditions L’Iconoclaste.

… la présentation du document par Titiou Lecoq.

LE ROMAN DES GOSCINNY de Catel.

LA NAISSANCE D’UN GAULOIS
[ BIOGRAPHIE GRAPHIQUE – Nouveauté 2019 ]
Avec la participation d’Anne Goscinny
Éditions GRASSET
344 pages
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Le résumé :
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.
Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce « Roman des Goscinny » – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l’écriture.
Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l’histoire, entre l’Amérique et l’Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le « paresseux contrarié », une partie de la famille meurt dans les camps d’extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d’Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud.
C’est aux portes du « célèbre village gaulois » que s’arrête le premier tome du « Roman des Goscinny » : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de « René » ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie – donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
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En règle général, je ne suis pas une grande fan des biographies et lorsque j’en lis il est toujours difficile de mettre mes mots sur l’ensemble du livre. En ouvrant le dernier album de Catel, j’étais de me douter que j’allais tout simplement adorer.

 

Cette biographie graphique est tout simplement fabuleuse. Le format et la manière dont Catel s’empare de la vie de cet homme quasi mystique est tout aussi humble qu’accaparant. Quand je lisais les bandes dessinées, il y a quelques années en arrière, je ne me suis jamais intéressée à leurs auteurs. Et pour tout vous dire je pensais que R. Goscinny était le dessinateur ( oui c’est bon j’entends vous ohhhhhhh !) en même temps cela aurait pu être le cas. Très jeune René Goscinny dessine. Il est fasciné par les Walt Disney dans un premier temps et ensuite se tourne vers la caricature. Mais son talent ne convainc personne. En parallèle le jeune Goscinny s’adonne à une autre passion faire rire le monde. Il adore manier les mots et interloquer son public et surtout le voir rire aux éclats. C’est tout naturellement qu’il se dirige vers des études de Lettres et devient bien des années plus tard scénariste. Métier grandement boudé à l’époque par les éditeurs et qui rechigne à le valoriser.

 

Catel convaincue par Anne Goscinny, fille de R. Goscinny, rend un hommage vibrant à l’homme. Grâce aux archives familiales (interview, croquis, photos…) et aux souvenirs d’Anne, Catel retrace les grands moments de sa vie. Les meilleurs tout comme les plus désastreux, ces moments capitaux qui ont fait l’homme qu’il est devenu : généreux, souriant, éclatant, courageux, fantastique, un pur génie.

 

Le format d’album limite finalement le développement de certains états de faits, mais rien de m’empêche de partir à la pêche aux infos ailleurs.

 

J’ai été charmée par la manière dont Catel s’approprie le destin de cet homme hors du commun. Quelques traits d’humour fleurissent ici et là. Les dessins sont à la fois tendres et bouleversants.

 

J’ai passé un super moment de lecture. La biographie graphique est un moyen génial d’apprendre sans le côté « lourd » que l’on retrouve dans la biographie traditionnelle !

 

Parfois, j’applique au texte, au film ou au spectacle un filtre qui le contient, lui, tout entier.
Heureuse alors de cette complicité imaginaire mais partagée, je commence un autre livre.
Celui-ci par exemple, et c’est avec lui, je le sais, que je tournerai les pages de cette biographie graphique.
J’ai tout lu de mon père, mais jamais je n’avais lu mon père. Pour la première fois, l’auteur va s’effacer devant le personnage qu’il est devenu.
Grâce au travail de Catel, j’ai réussi à réconcilier mon père et René Goscinny, un constat qui réjouira le psychanalyste inspiré qui m’aide à retrouver l’homme intime derrière l’auteur.
Sous le pinceau élégant et juste de Catel, je l’ai vu babiller, jouer, sourire, dessiner, écrire, espérer. c’est bien sa voix, là. Et c’est son rire aussi.
Qui a jamais eu la chance de voir ainsi naître son propre père ?
Anne Goscinny
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Grasset.

… l’univers de Catel !

LULU, FILLE DE MARIN de Alissa Wenz.

[ TÉMOIGNAGE – Nouveauté 2019]
Ateliers HENRY DOUGIER – Collection Une Vie, Une Voix.
107 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
La vie d’une Bretonne, à la fois ordinaire et extraordinaire
 » Papa partait à Terre-Neuve au mois de mars. Il revenait vers le mois de septembre, parfois octobre. Quand je voyais son coffre, à l’entrée de ma chambre, ah ça sentait pas bon, ça voulait dire qu’il allait partir. Ma sœur Simone lui avait dit une fois : « J’veux pas que tu partes. » Mais il avait dit : « Ben faut bien que je parte, faut bien que j’aille gagner notre pain. » « Oh mais on mangera des craquelins », qu’elle lui avait dit… « 
Alissa Wenz retrace l’histoire de sa grand-mère Lucienne, fille de marin et femme d’aviateur, née en 1928 à Plouër-sur-Rance, entre Dinan et Saint-Malo. À travers les souvenirs de celle que l’on surnomme  » Lulu « , elle nous plonge dans la vie d’un village de Bretagne au 20e siècle. La trajectoire de Lulu se fait le miroir des préoccupations rurales des années 1930, de la vie des femmes et filles de Terre-Neuvas, des inquiétudes de la Seconde Guerre mondiale en zone occupée, de l’après-guerre et de ses difficultés économiques.
Le récit nous invite à suivre un parcours profondément ancré dans son époque, cette époque qui destinait les jeunes filles à devenir des épouses et des mères. Un parcours modeste, mais emblématique d’une génération de femmes. Un parcours ordinaire et extraordinaire à la fois.
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Lulu est une arrière grand-mère curieuse et heureuse, une grand-mère attentive et douce,  une maman épanouie et consciencieuse et une femme qui à travers son époque a connu l’horreur et les grands changements menant à notre société moderne.

 

Lulu a traversé les âges et elle se souvient de ce temps, de cet autre temps, où les femmes attendaient leurs hommes revenir du bout du monde, où les tempêtes les mettaient à genoux, où les comptines s’écoutaient au son du vent. Lulu est née dans une famille de pêcheur. Son papa est un capitaine respecté qui part plus de six mois à Terre-Neuve et revient les cales pleines et avec de quoi nourrir sa famille. A terre, les femmes élèvent seules leurs enfants et dirigent de main de maître leurs bambins et leurs foyers. Les jours et les nuits s’écoulent lentement parmi lesquels la peur de ne jamais revoir leurs hommes les hantent. Lulu grandit. Cette jeune fille malicieuse et curieuse est un condensé de jovialité. Elle a connu la mort de sa grande sœur et les non dits qui s’ensuivent. Sur son vélo, elle pédale, vit et découvre. Elle devient une femme qui aime vivre, qui aime aller aux bals, qui va travailler et qui va aimer. Elle va épouser un aviateur, un homme qu’elle ne connaît pas tant que ça, mais tant pis. Elle devient à son tour mère et épouse qui attend son mari.

 

Lulu est cette femme extraordinaire qui traverse le temps avec conviction, passion et envie. Mère au foyer est une condition qu’elle va apprivoiser mais cela ne l’empêche pas de rêver. De rêver à des paysages exotiques et de voyages. Rêver à autre chose.

 

Alissa Wenz recueille avec tendresse le témoignage de sa grand-mère. Avec douceur et parfois espièglerie, Alissa Wenz nous transmet l’histoire de celles et ceux qui ont façonné le paysage culturel et sociétal d’une France rurale qui s’oublie. Non sans pudeur, Lulu ouvre les vannes de ses souvenirs et de son histoire familiale. Un récit bouleversant et émouvant.

 

Ce témoignage a su profondément me toucher. Un jour où l’autre on a tous eu cette envie de connaître la vie de nos grands-parents. Certains racontent et beaucoup taisent, comme si c’était des histoires inavouables et que les taire empêchent les démons de sortir. Rencontrer Lulu a été comme parler avec mes grand-mères. Il y a ce côté affectif et apaisant et celui ébahi face à ce flots de mots que l’on ingurgite et que l’on savoure.

 

Merci Lulu !

 

1932. La tempête. La nuit. Un village en Bretagne, Plouër-sur-Rance, entre Dinan et Saint-Malo. Une petite maison, au port. Une chambre. Une femme et sa fille pleurent, serrées l’une contre l’autre. La pluie tambourine aux fenêtres, le vent s’époumone, les bourrasques sont terribles. La femme à vingt-neuf ans, sa filles six ans et demi. Elle pleurent , encore et encore, les larmes ne s’arrêtent pas plus que l’eau du ciel. C’est qu’elles pensent à l’absent, le père, le marin, le capitaine, qui part pêcher la morue à Terre-Neuve et s’éloigne six ou sept mois par an. Ce soir, il est en mer, il revient de Bordeaux à Saint-Malo. Par un temps pareil, on sait qu’il risque le pire. La tempête est affolante, un bateau n’y résisterait pas.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des Ateliers Henry Dougier.

19 FEMMES de Samar Yazbek.

LES SYRIENNES RACONTENT
[ TÉMOIGNAGE – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’arabe (Syrie) par Emma Aubin-Boltanski et Nibras Chehayed
Éditions STOCK – Collection LA COSMOPOLITE
300 pages
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Le résumé :
19 femmes est le fruit d’une série d’entretiens que j’ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d’asile, ainsi qu’à l’intérieur du territoire syrien. À chacune j’ai demandé de me raconter ‘‘leur’’ révolution et ‘‘leur’’ guerre. Toutes m’ont
décrit le terrible calvaire qu’elles ont vécu.
Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s’emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s’appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. »
SAMAR YAZBEK
Avec ce document unique, capital, sur le rôle des femmes dans la révolution, Samar Yazbek rend leur voix aux Syriennes, la voix de la résistance, la voix de l’espoir.
Postface de Catherine Coquio
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Samar Yazbek a parcouru le monde pour interroger des femmes syriennes. Ces femmes qui au delà de leurs vies ont combattu dans leurs villes, dans leurs quartiers et dans leurs rues pour une liberté de droits et pour un pays juste. Samar Yazbek, témoin de ces cris et de ces pleurs et de l’absence de quelconques considérations, prend la mesure que ces témoignages peuvent porter à la face du monde. Celui qui se cache dans l’indifférence, celui qui se cache derrière une non considération, celui qui bafoue la vie humaine. Parmi tous ces témoignages, Samar Yazbek en a choisi 19.

 

19 femmes pour 19 vies, 19 voix, 19 paroles, 19 enfers, 19 espoirs et des milliers de morts.

 

Témoignages poignants et nécessaires, ces 19 portraits, ces 19 guerres, ces 19 révolutions ouvrent les portes d’un monde inconnu. Il est impensable de croire qu’encore ce genre de guerre soit en cours. Alors que la Syrie est à nouveau sur le devant de la scène alors que la Turquie décide impunément de réduire une communauté qui a joué un rôle essentiel dans le combat contre l’islamisme radical qui a pris le contrôle après le soulèvement de la population. Sans rentrer dans la complexité de cette guerre, ces 19 voix m’ont ouvert les yeux sur l’envergure de cette guerre. Je ne suis pas une adepte des journaux télévisés pour la simple et bonne raison que les informations sont contrôlées et ne disent que des demi-vérités et beaucoup de mensonges.

 

Ces 19 femmes parlent sans filtres de ce qu’elles ont vécu, de leurs espoirs et de leur engagements. L’amour pour leur pays est souvent frappant au milieu de ces bombes, de ces morts et des cris. Affamées et terrorisées, à leurs petites échelles, elles ont contribué auprès des plus démunis.

 

J’ai détesté aimé ce document. J’ai détesté me sentir impuissante. Impuissante et si triste. Si triste et démunie face à ce déferlement d’horreur, de sang et si inhumaine d’être là, confortablement installée.

 

Pourquoi tant d’horreur ? Pourquoi tuer, torturer tant d’hommes et de femmes alors qu’ils demandaient davantage de liberté et de droits ?

 

Ce document est au delà d’être nécessaire, ouvre les portent sur un pays, un monde, des hommes et des femmes, des enfants, des tribus …. bafoués et anéantis.

 

La vérité à du bon même si elle doit être insoutenable !

 

Pendant le siège, les bombardements ont changé de nature. Les bombes provoquaient des ondes de choc comme un tremblement de terre. Le sol vibrait autour de nous, même lorsque nous étions éloignés du point d’impact. Dans les bombes-barils qu’ils larguaient sur nous, ils ont ajouté du chlore. Le nombre des blessés a augmenté. Lorsque je respirais les émanations de chlore, mes yeux se mettaient à pleurer et à rougir, ma peau également. Après chaque bombardement, je me grattais pendant plusieurs jours. Au début, la prise d’oxygène permettait de se rétablir, mais nous n’en avons plus eu ensuite. Quant à la nourriture, elle a disparu. Il restait un peu de boulgour et de lentilles, mais nous n’avions plus de gaz ni de mazout pour le cuisiner. Les gens brûlaient leurs habits pour cuire du boulgour.
Zayn, 20 ans – Alep.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions STOCK.