LE COURAGE DES AUTRES de Hugo Boris.


Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karaté lorsqu’il fait face à une altercation dans le RER. Sidéré, incapable d’intervenir, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. L’épisode révèle une peur profonde, mélange d’impuissance et de timidité au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficulté universelle à affronter l’autre en société ? Ce manque de courage l’obsède. Sa femme lui suggère de « se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes » pour l’exorciser.
Mais Hugo Boris est écrivain, alors, pendant quinze ans, il consigne sur le vif ces situations d’effroi dans les transports en commun. Il peint aussi le ravissement d’une rencontre, l’humanité d’un dialogue, l’humour d’un échange imprévu. À travers ces miscellanées heureuses ou tragiques, il décrypte une mythologie contemporaine, celle du métro et du RER, et cherche à appréhender ses craintes, à la maîtriser par la distance, la littérature ou… la lecture de Dragon Magazine  !
Il tente aussi de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes, profondément admiratif de tous ceux qui parviennent à intervenir lorsqu’une situation les interpelle, les sollicite, exige une prise de parole, un geste. Il dessine un hommage à tous ceux qu’il a vu avoir, sous ses yeux, le cran qui lui manquait. Et se demande si le courage est contagieux.
Totalement original, sincère, d’une actualité, d’une précision d’écriture et d’observation remarquables, ce recueil de textes brefs touche au plus juste. En se mettant à nu, Hugo Boris parle de chacun de nous, de nos lâchetés et de nos malaises quotidiens, de nos éblouissements et, parfois, de nos héroïsmes.

 
Remarquable par sa sensibilité, LE COURAGE DES AUTRES, dépeint ces mini scènes quotidiennes. Scènes de théâtre où la mise en scène est à la fois cruelle, chaleureuse ou inconcevable. 
Hugo Boris retrace avec beaucoup d’humilité sa conception propre du courage. Sa conception lâche ou utopique où la fuite, l’évitement, le semblant rythment son quotidien. Une manière sensible, humaine et héroïque de mettre des mots sur ces maux d’une société malsaine et en perdition d’un côté. Il explore les facettes du courage avec parcimonie et suffisance insufflant une belle leçon. La peur, la colère, l’affliction sont au rendez-vous et servent de trampoline pour se poser de nombreuses questions sur soi et sur le monde qui nous entoure.

 

J’ai beaucoup aimé la manière dont Hugo Boris s’approprie d’un sujet qui nous touche tous. Son expérience au travers de ces petites brèves accumulées pendant quinze années montrent ce long cheminement où réflexion et action se combinent pour un final que tout à chacun peut écrire. Ces fresques citadines ont peu à peu façonner l’homme et surtout son courage. Peut-être faut-il être témoin de ces scènes de courage des autres pour définir le sien et d’en réclamer ainsi sa paternité ou maternité. Les admirées et en garder le meilleur.

 

Je suis vraiment conquise par ce témoignage poignant et intéressant. Dans cette simplicité humaine j’y est retrouvée ce que je suis et ce que je ne serais certainement jamais.

 

J’ai menti, je ne l’ai pas prononcé. Je n’ai pas eu le cran de dire « moi aussi », je ne l’ai même pas murmuré. Pourquoi ? Pourquoi j’y vais pas ? Parce que je ne suis pas homosexuel. Voilà, c’est ça, quand ils sont venus chercher les homosexuels, je n’ai rien dit, je n’étais pas homosexuel.
 
Une chronique de #Esméralda

JOUIR. En quête de l’orgasme féminin de Sarah Barmak.


Libérée, la sexualité des femmes d’aujourd’hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d’entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d’un manque de désir ou de difficultés à atteindre l’orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu’elles n’ont rien d’anormal et que ce n’est pas à la pharmacie qu’il faut aller chercher la solution.
Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l’orgasme féminin. On y apprend ainsi qu’une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu’au festival Burning Man, où l’orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d’une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l’aide de massages sensuels.

 
Sujet hautement dérangeant mais terriblement essentiel. Oui Mesdames, jouir n’est pas aussi simple que cela. Une complexité que décomplexe Sarah Barmack.
Avoir ce document entre les mains est un grand moment de gêne. Le titre est sans équivoque. Ouvrir ce livre dans une salle d’attente ou dans les transports en commun est inenvisageable. Calfeutrée dans sa chambre sous la couette est le meilleur endroit sans subir des remarques loquaces et surtout déplacées.

 

Avoir ce document dans ses mains c’est un de mes plus grands moments de solitude. Autant perplexe que mal à l’aise, abordée cette lecture est un grand saut dans le vide.
1.2.3 Allez-vous sauter avec moi ?!

 

Premiers paragraphes et Sarah Barmak sait attiser la curiosité du lecteur ou plutôt de la lectrice. D’ailleurs est ce que ces messieurs seraient séduits par ce genre de lecture ? Sarah Barmak développe son argumentaire autour de cinq axes.
Le premier : l’aperçu généralisé du sexe dans notre société occidentale consommatrice effrénée de sexe. Tout au long de ce développement elle met en évidence la culture du silence sur le plaisir féminin. De nombreuses femmes ne jouissent pas pour de nombreuses raisons et tout aussi variées. Le plaisir n’est pas aussi synonyme de jouissance. La finalité prévaut largement sur la qualité. Quelles femmes n’ont jamais entendu la question fataliste « t’as joui combien de fois ». Quelles femmes ne se sont jamais senties blasées et de devoir répondre quelques chose qui ne reflète pas la vérité pour être tranquille. Dans cette première partie, l’auteure pointe du doigt cet effet de résultat primordial et nécessaire qui au bout du compte n’a rien de sexy.
Dans la seconde partie Sarah Barmak explore la genèse du plaisir féminin. Pour cela elle s’appuie sur des documents anciens qui présentent l’orgasme féminin comme étant un acte essentiel à tout équilibre. Une partie très intéressante qui fait ressortir au final la dégradation du féminin au fil des siècles. Elle s’attaque à l’anatomie de l’organe du plaisir féminin. Le clitoris est l’iceberg d’un système complexe qui à l’heure d’aujourd’hui n’est pas entièrement décodé. Expérience, conférence, le sujet passionne tout autant qu’il divise. Mais le fait est là, le plaisir féminin dépend d’une multitude d’éléments qui bout à bout déclenchent ce phénomène extraordinaire.
Dans la troisième partie, l’auteure tente de donner une définition exacte de l’orgasme féminin.
Dans la quatrième partie, l’auteure explore les différentes manières d’atteindre ce point d’orgue. Le tantrisme, la méditation orgasmique (One taste), les expériences individuelles ou à l’aide de coach sexuel. Tout un univers aussi fantastique que décalé auxquelles de nombreuses femmes y trouvent des réponses.
Une cinquième partie dédiée à l’importance que chacune d’entre nous accordons au plaisir féminin et à ce qu’il nous renvoie au sens propre comme au sens figuré.

 

Dans l’ensemble cet essai  une bombe atomique. Le seul point négatif à mes yeux est qu’il est orienté uniquement sur notre société occidentale. Un essai complet qui survole tous les points attraits au sujet. Les développements et arguments sont sérieux et très pertinents. J’aime beaucoup le ton de Sarah Barmak qui tout en étant sérieux et simple se fait comprendre avec aisance. Nous sommes loin de l’essai universitaire et donc en cela très accessible à un lectorat large et varié. Sarah Barmak abat les barrières forgées par notre société patriarcale avec malice et convoitise. Elle désacralise le masculin et réinvente le plaisir féminin. Après tout, nous aussi nous avons droit à notre foutu orgasme.

 

Carnet de voyage aux confins de la jouissance – dans tous ses frémissements et toute sa flamboyance -, ce livre envisage la sexualité féminine moins science pure et dure que comme une forme d’artisanat. C’est une plongée dans l’étrange, dans le merveilleux, et dans le farfelu aussi, parfois.

 

Une chronique de #Esméralda.

L’AVENIR DE LA PLANÈTE COMMENCE DANS NOTRE ASSIETTE de Jonathan Safran Foer.

[ DOCUMENT – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville
Éditions de L’Olivier
304 pages
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Le résumé :
 » Des millions de gens vont mourir à cause du réchauffement climatique. Des centaines de millions de gens vont devenir des réfugiés climatiques. Ces chiffres comptent, parce que ce ne sont pas seulement des chiffres – il s’agit d’individus, avec chacun une famille, des habitudes, des phobies, des allergies, des aliments préférés, des rêves récurrents, une chanson qui lui est restée dans la tête, des empreintes uniques et un rire particulier. […] Il est difficile de prendre en charge des millions de vies. Mais il est impossible de ne pas prendre soin d’une seule. Cependant, peut-être n’avons-nous pas besoin de nous soucier de ces millions de gens. Il nous suffit de les sauver. « 
Après l’immense succès de Faut-il manger les animaux ?, Jonathan Safran Foer revient à la charge : l’élevage intensif des animaux est responsable du dérèglement climatique. L’extinction de la planète aura lieu parce que nous mangeons trop de viande. Avec empathie, avec humour, l’auteur analyse les défis auxquels nous devons faire face. Parce qu’il n’est pas trop tard pour inverser la tendance. Et que l’avenir de la planète commence maintenant, dans notre assiette.
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Peut-être aurais-je du sortir mes assiettes en porcelaine, l’argenterie et les verres en cristal pour vous parler de ce livre. Faire tinter la cuillère sur la coupe de champagne, se lever pour faire un discours. Oui cela aurait été la meilleure façon pour introduire le dernier document de Jonathan Safran Foer. Faire dans le grandiose pour parler d’un sujet davantage grandiose.

 

Avec humilité et tacticité emprunte d’une humour masqué, Jonathan Safran Foer parle de nous tous, de lui et de l’avenir, eux, nos enfants. Parle avec un enthousiasme énergique d’un thème auquel nous faisons (la plupart d’entre nous) la sourde oreille. Le dérèglement climatique. Nous avons tous notre point de vue : un que nous nous sommes fabriqués, un que nous avons déduit en regardant moult reportagse et un qu’on nous a inculqué à force de coups de marteaux en non confirmant que tout allait bien. Alors quel part des chose devons-nous faire ? Et si seulement nous ouvrons notre âme et notre bon sens et écoutons et regardons les signes avant coureur. Il n’est plus l’heure d’être aveugle et de se dire que cela de nous concerne pas et que nous avons le temps. Justement le temps est l’inconnue dans cette prise de conscience majeure. Le temps nous ne l’avons plus et il est maintenant notre pire ennemi. Que faire ? Que faire pour nos enfants ? Que faire pour les futures générations ? Les gouvernements quels qui soient n’ont guerre la main dans les affaires gérées par les lobbys. L’argent appelle l’argent au détriment du bon sens. Que faire, nous citoyens, du monde pour tenter de sauver ce vaste monde qui nous accueille ? Et si nos actes individuels servaient une cause communautaire ?

 

Jonathan Safran Foer sous le couvert d’une jugement omniscient et de son jugement personnel parle, discute, argumente et explore le monde de l’impossible. Conscient que les engagements personnels (même les siens) sont une cruelle bataille. Conscient que les choix radicaux et les changements de vie sont un acte barbare et qu’il est bien plus confortable de vivre dans un quotidien cotonneux. Conscient que le prix à payer est bien trop conséquent face aux choix à prendre. Conscient qu’il ne faut rien à attendre en retour, pas de médailles, pas de félicitations et pas de haies d’honneur. Au sein d’une société individualiste, l’individu a pourtant des atouts bénéfiques pour faire changer la donne.

 

Cela peut paraître aberrant et totalement fantasque, mais j’adhère aux raisonnements de Jonathan Safran Foer. Pourquoi manger moins de viandes ? Son schéma explicatif est essentiellement tourné vers les Etats-Unis mais il peut largement s’appliquer ici. Aux Etats-Unis et selon deux études (plus ou moins sérieux selon les points de vues et égo), l’élevage industriel (surtout de vaches) seraient responsables de 18% à 51% d’émissions (mondiales) de gaz à effet de serres. Abattage de forêts, productions de céréales pour nourrir ces mêmes bêtes ( production qui pourrait contribuer – voire la faire disparaître –  à la diminution de la famine dans le monde), transformations, exportations et les bêtes (elles-mêmes) seraient responsables d’une grande partie de nos malheurs et nous, individus, pouvons, par nos actes et nos décisions, intervenir sur ce phénomène. Ce n’est pas la solution radicale mais cela contribuerait à ralentir le processus du dérèglement climatique. D’autres données appuient son argumentation et j’ai été terrifiée.

 

Jonathan Safran Foer s’interroge et nous interroge. Il veut lever le voile sur l’urgence de maintenant, c’est ici et maintenant. Il veut lever le voile sur notre non-conscience d’un problème qui ne peut pas être uniquement régler par les hautes instances de tous les pays. Il veut lever le voile sur un avenir sinistre et irréversible que nous allons voir et vivre et que nous enfants devront affronter. L’anthropocène est en marche depuis de nombreuses années et à terme l’humanité sera la sixième et dernière extinction de masses. Un mot barbare, un mot cruel pour définir notre plus grande perte, notre planète.

 

Et vous, qu’êtes-vous prêts à faire ?

 

Ce n’est pas seulement avec le recul qu’une histoire devient bonne. Les bonnes histoires font l’Histoire avec un grand H. Pour ce qui concerne le sort de notre planète – qui est aussi celui de notre espèce -, il y a là un problème sérieux. Comme l’a exprimè le spécialiste de biologie marine et réalisateur Randy Olson : « Le climat est sans doute le sujet le plus ennuyeux que le monde scientifique ait jamais eu à présenter au public. » La majorité des tentatives pour faire de cette crise un récit sont soit de la science-fiction, soit déconsidérées comme telle. Il y a très peu de versions de l’histoire du dérèglement climatique que les enfants d’une école maternelle pourraient recréer, et il n’en est aucune qui puisse émouvoir leurs parents jusqu’aux larmes. Il semble fondamentalement impossible de faire pénétrer la catastrophe telle que nous la voyons se profiler à distance dans l’ici et le maintenant du ressenti. Comme l’écrivain Amitav Ghosh l’a exprimé dans son livre The Great Derangement : « La crise du climat est aussi une crise culturelle, et donc de l’imagination. » Je dirais pour ma part que c’est une crise de croyance.

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions de L’Olivier.

LES FAIRE TAIRE de Ronan Farrow.

[ DOCUMENT  – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Perrine Chambon et Elsa Maggion.
Editions CALMANN-LEVY
446 pages
Lien Kindle
 
Le résumé :
En 2017, une simple enquête pour la chaîne de télévision NBC mène Ronan Farrow à une histoire dont on n’ose parler qu’à voix basse : un des producteurs les plus puissants de Hollywood serait un prédateur sexuel, protégé car il règne par la terreur et l’argent. Ainsi démarre l’affaire Harvey Weinstein.
Alors que Ronan Farrow se rapproche de la vérité, des hommes de l’ombre issus de prestigieux cabinets d’avocats et de cellules d’espions montent une campagne d’intimidation, menacent sa carrière, le traquent sans relâche et instrumentalisent son passé familial. Au même moment, il est confronté au sein de sa chaîne à un degré de résistance incroyable, mais il a enclenché le mouvement : partout dans le monde des femmes se lèvent pour témoigner.
Les faire taire c’est la voix de ces femmes qui ont tout risqué pour dire la vérité. Impressionnant travail d’investigation se lisant comme un thriller, Les faire taire nous invite dans les coulisses d’une enquête qui secoue notre époque.
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Octobre 2017 , Ronan Farrow révèle aux Etats-Unis une des plus grandes histoires qui marquent nos temps modernes. Des témoignages de femmes actrices ou professionnelles du cinéma, livrent leurs émois lors d’interviews. Leurs vécus, leurs calvaires, leurs humiliations, leurs blessures, leurs perditions ne sont dus qu’à une seule personne Harvey Weinstein. Mais pas que ! Ronan Farrow lève le voile sur une machination dépassant l’entendement et le bon sens. Une machination macabre où les femmes, victimes, sont au cœur d’un réseau aussi puissant et destructeur qui met tout en œuvre pour étouffer quelconque élucubration mettant à mal ce pouvoir. 

 

Ronan Farrow retrace dans « Les faire taire », son travail d’investigation. Il dépeint avec une justesse cruelle ce monde imaginable où un chef tout puissant a tissé sa toile et dirige ainsi d’une main de maître son royaume et peut placer ses pions à sa guise. C’est hallucinant ! Et j’ai même envie de dire : mais on ne voit que ça dans les films. Et bien non ! La perversité, la prédation, l’humiliation sont monnaie courante dans notre vieille société patriarcale. Ronan Farrow devient alors le porte parole de ses femmes bafouées. Il devient le symbole libérateur de l’oppression masculine au sein de n’importe quelles sphères de notre société. Il est le précurseur du symbolique #MeToo relayé par les femmes du monde entier qui osent enfin crier et hurler leurs blessures. Et c’est apocalyptique !

 

Tout au long de son document, le journaliste d’investigation détaille avec pertinence et loyauté son enquête. Il ne s’arrête pas uniquement aux faits et fait acte de tous les processus qui vont venir contraindre son enquête et par ailleurs ternir son image. Les coulisses sont effrayantes. Les forces de l’ombre sont oppressantes et les dérives bien trop impressionnantes.

 

La lecture en elle même a été très difficile. Tout d’abord le sujet traité est bouleversant et douloureux. Ensuite le nombre de renseignements qui gravitent autours du sujet, notamment les noms, est conséquent. Je n’ai pas pu mettre un visage sur tous les noms évoqués. Cela m’a freiné quelque peu dans la compréhension schématisé des liens entre les différents protagonistes. Certains reviennent fréquemment et il est plus aisé de les situer dans la globalité du document. Pour finir je me suis rendue compte que je ne suis pas du tout à l’aise avec le genre journalistique pur et dur. N’étant pas une adepte de ce dernier, il m’a été difficile de m’imprégner dans la globalité la teneur du travail de Ronan Farrow. J’ai eu l’impression d’avoir survolée et cela m’attriste.

 

Je suis certaine que LES FAIRE TAIRE trouvera son public et donnera un second souffle au mouvement deux ans après ces grandes révélations !

 

Une chronique de #Esméralda

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… sur le site des éditions Calmann-Lévy.

HONORE ET MOI de Titiou Lecoq.

[ BIOGRAPHIE – Nouveauté 2019]
Éditions de L’ICONOCLASTE
304 pages
Sélection du jury de février
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Le résumé :
‘Parce qu’il était fauché, parce qu’il a couru après l’amour et l’argent, parce qu’il finissait toujours par craquer et s’acheter le beau manteau de ses rêves, parce qu’il refusait d’accepter que certains aient une vie facile et pas lui, parce que, avec La Comédie humaine, il a parlé de nous, j’aime passionnément Balzac.’
Tout le monde connaît Balzac, mais bien souvent son nom reste associé aux bancs de l’école. Avec la drôlerie qu’on lui connaît, Titiou Lecoq décape le personnage. Elle en fait un homme d’aujourd’hui, obsédé par l’argent, le succès, l’amour, dans un monde où le paraître l’emporte sur le reste. Sous sa plume, ce géant de la littérature devient plus vivant que jamais.
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Balzac grand nom de la littérature classique. Grand nom d’un temps révolu. Certains d’entre vous l’ont lu et dévoré, d’autres l’ont ignoré, d’autres l’ont dénigré, d’autre non rien compris. Balzac est un condenseur d’avis allégoriques ou négatifs.

 

Mais connais-tu ce Balzac ? Tu as peux être lu tout un tas de biographies, ou carrément pas ? En même temps il faut vouloir le connaître. Pour ma part Balzac est un nom qui me fait peur. D’une part, il me renvoi à mes années collège et lycée, où j’ai peut être lu un extrait de ses œuvres pour études et compagnies. Et si cela s’avère juste, je n’ai absolument aucun souvenir. Non pas par ce que, ce que j’ai certainement lu était mauvais, mais plutôt par ce que j’étais l’élève assise au fond de la classe et qui ne pipait à aucune explication que le vaillant professeur essayait de nous inculquer. Et d’autre part, Balzac est pour moi synonyme de vieillerie surannée qui parle d’un monde que je n’ai pas connu et qui ne m’intéresse pas plus que ça.

 

Mais cela, c’était avant que j’ouvre la dernière biographie de Titiou Lecoq, féministe et essayiste, et accro à Balzac en l’occurrence.

 

Titiou Lecoq n’est pas tombée dans la marmite balzacienne dès son plus jeune âge, enfin, dès le moment où elle découvre les œuvres de ce cher Balzac, l’alchimie opérée ne trépasse pas. Dans un moment de faiblesse, elle part à la découverte du musée de Balzac à Paris et là c’est la révélation divine. Coup de foudre et maniaquerie la propulsent dans le monde gargantuesque de ce cher Honoré.

 

Me voici donc en possession de cette biographie tonitruante que je n’aurais, au grand jamais, ouvert si ma candidature au prix n’avait pas été retenue.

 

Découvrir Balzac, c’est entreprendre une grande traversée du désert, avec comme seul compagnon la solitude et les rêves. Balzac le maudit, Balzac le génie, deux entités réunis dans un corps qui suscite les moqueries. Balzac est un homme né avec une ambition démesurée.
A l’appui des différents témoignages et de sa correspondance personnelle, Titiou Lecoq dépeint l’homme extravagant qu’il fût. Un homme fougueux qui ne mesure son talent qu’à l’argent qu’il dépense. Un homme acharné et travailleur qui tente par tout les moyens de devenir un Homme dont on se souviendra. Un homme peu malin mais qui vit à fond, avec la passion du condamné, sans se soucier des conséquences. Un homme exubérant. Un homme qui vit à mille à l’heure. Un homme qui se cherche dans l’amour et qui contre tout attente écrit ses aspirations dans ses romans tout en décrivant la société hypocrite dans lequel il évolue.

 

Titiou Lecoq de sa plume taquine et malicieuse tire le portrait d’un homme fabuleux avec tous les travers et les défauts en sa possession. Je ne peux pas dire qu’elle le valorise et pourtant je me suis attachée à lui. Ses états d’âmes et sa manière de vivre, un peu je m’en foutiste, font de lui un homme accessible et un homme passionnant.

 

Titiou Lecoq m’a ouvert les yeux sur un homme qui n’a rien d’un Dieu. Un homme simple embrigadé dans les mauvais tours que la vie lui a joué.

 

Maintenant que je connais l’homme public, j’ai envie de découvrir l’homme écrivain qu’il était. Titiou Lecoq a fait un travail formidable et pour me faire changer d’avis je ne peux dire que Merci !

 

∞EXTRAIT∞
Ce n’est pas faire insulte à sa mémoire de raconter ses déboires financiers, comme ce n’est pas faire insulte à la littérature de rapporter sa soif d’argent. C’est au contraire comprendre pourquoi son œuvre est toujours voire de plus en plus actuelle. C’est apprendre sur nous et notre société. Balzac a su évoquer la terrible frustration que produisent le manque d’argent, l’envie que l’on peut éprouver devant la vie des riches et quel compromis moral on est prêt à faire pour y goûter. Comment vivre dans un système où l’argent semble être la condition nécessaire au bonheur ? Balzac fut un génie et un loser magnifique, il aurait pu nous enseigner une manière balzacienne de mener nos vies en nous émancipant. Et pour une société comme la nôtre, obsédée par l’idée de réussite totale, c’est un flamboyant contre-exemple.
 
Une chronique de #Esméralda
 

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… le site des éditions L’Iconoclaste.

… la présentation du document par Titiou Lecoq.

LE ROMAN DES GOSCINNY de Catel.

LA NAISSANCE D’UN GAULOIS
[ BIOGRAPHIE GRAPHIQUE – Nouveauté 2019 ]
Avec la participation d’Anne Goscinny
Éditions GRASSET
344 pages
Lien Kindle

Le résumé :
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.
Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce « Roman des Goscinny » – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l’écriture.
Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l’histoire, entre l’Amérique et l’Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le « paresseux contrarié », une partie de la famille meurt dans les camps d’extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d’Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud.
C’est aux portes du « célèbre village gaulois » que s’arrête le premier tome du « Roman des Goscinny » : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de « René » ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie – donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
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En règle général, je ne suis pas une grande fan des biographies et lorsque j’en lis il est toujours difficile de mettre mes mots sur l’ensemble du livre. En ouvrant le dernier album de Catel, j’étais de me douter que j’allais tout simplement adorer.

 

Cette biographie graphique est tout simplement fabuleuse. Le format et la manière dont Catel s’empare de la vie de cet homme quasi mystique est tout aussi humble qu’accaparant. Quand je lisais les bandes dessinées, il y a quelques années en arrière, je ne me suis jamais intéressée à leurs auteurs. Et pour tout vous dire je pensais que R. Goscinny était le dessinateur ( oui c’est bon j’entends vous ohhhhhhh !) en même temps cela aurait pu être le cas. Très jeune René Goscinny dessine. Il est fasciné par les Walt Disney dans un premier temps et ensuite se tourne vers la caricature. Mais son talent ne convainc personne. En parallèle le jeune Goscinny s’adonne à une autre passion faire rire le monde. Il adore manier les mots et interloquer son public et surtout le voir rire aux éclats. C’est tout naturellement qu’il se dirige vers des études de Lettres et devient bien des années plus tard scénariste. Métier grandement boudé à l’époque par les éditeurs et qui rechigne à le valoriser.

 

Catel convaincue par Anne Goscinny, fille de R. Goscinny, rend un hommage vibrant à l’homme. Grâce aux archives familiales (interview, croquis, photos…) et aux souvenirs d’Anne, Catel retrace les grands moments de sa vie. Les meilleurs tout comme les plus désastreux, ces moments capitaux qui ont fait l’homme qu’il est devenu : généreux, souriant, éclatant, courageux, fantastique, un pur génie.

 

Le format d’album limite finalement le développement de certains états de faits, mais rien de m’empêche de partir à la pêche aux infos ailleurs.

 

J’ai été charmée par la manière dont Catel s’approprie le destin de cet homme hors du commun. Quelques traits d’humour fleurissent ici et là. Les dessins sont à la fois tendres et bouleversants.

 

J’ai passé un super moment de lecture. La biographie graphique est un moyen génial d’apprendre sans le côté « lourd » que l’on retrouve dans la biographie traditionnelle !

 

Parfois, j’applique au texte, au film ou au spectacle un filtre qui le contient, lui, tout entier.
Heureuse alors de cette complicité imaginaire mais partagée, je commence un autre livre.
Celui-ci par exemple, et c’est avec lui, je le sais, que je tournerai les pages de cette biographie graphique.
J’ai tout lu de mon père, mais jamais je n’avais lu mon père. Pour la première fois, l’auteur va s’effacer devant le personnage qu’il est devenu.
Grâce au travail de Catel, j’ai réussi à réconcilier mon père et René Goscinny, un constat qui réjouira le psychanalyste inspiré qui m’aide à retrouver l’homme intime derrière l’auteur.
Sous le pinceau élégant et juste de Catel, je l’ai vu babiller, jouer, sourire, dessiner, écrire, espérer. c’est bien sa voix, là. Et c’est son rire aussi.
Qui a jamais eu la chance de voir ainsi naître son propre père ?
Anne Goscinny
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Grasset.

… l’univers de Catel !