SI ON DANSAIT … de Rachel Joyce.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018 ]
XO Éditions
Traduction : Rémi Bonnard
Masse Critique Privilégiée Babelio

 

Format numérique (374 pages) : 12.99€
Broché : 19.90€
Ma note : ♥♥♥♥♥ mention « à découvrir »

 

 

Je remercie Babelio et les éditions XO pour leur confiance.

 


 

 

Le résume :

 

À Londres, au bout d’une impasse délabrée, Frank n’est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.
Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d’un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin…
C’est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s’être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l’aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l’excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.
Lui qui ne croit plus en l’amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s’écroule, il disparaît.
C’est sans compter, pourtant, sur l’extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n’est jamais trop tard pour faire renaître l’espoir et réapprendre à danser…

 


 

Mon avis :

 

-La musique, c’est une histoire de silence, lui dit-elle dans la maison blanche près de la mer. […]
-La musique sort du silence et elle y retourne toujours. C’est un voyage. Tu comprends ?

 

 

« Si on dansait … » est le quatrième roman de l’anglaise Rachel Joyce. Je découvre son univers dans ce roman tout aussi agréable qu’une balade musicale.

 

« Si on dansait… » a ce quelque chose d’extraordinaire, envoutant et harmonieux. Ce voyage auprès de cet homme, Franck élevé par une femme atypique et créatrice au doux son des vinyles d’où émanent ces silences et ces notes, est merveilleux. Comprendre les gens, les écouter, les voir tout simplement et savoir quelle chanson les guérira de leurs maux passagers ou ancrés. Franck aux premiers abords semble être un homme sauvage mais si tu t’en approches et tu oses lui poser la bonne question alors tu découvres un homme doux, attentionné, pédagogue, tout simplement humain. Le vinyle entre ses mains est un trésor authentique. Heureux celui qui en prend soin et qui sait tendre l’oreille pour écouter. Heureux celui qui se laisse envouter par la mélodie. Le vinyle n’a pas de frontière, l’âme et le corps unis pour une découverte sensorielle, sensitive et délicieuse. The Pistols, Aretha Franklin, Bob Marley, Alléluia, Bach, Beethoven, Vivaldi…

 

« Si on dansait… » raconte l’histoire de Franck, sa vie, son enfance, sa crainte, ses amours interdits. Tu te rends compte que sa vie est une mélodie atypique, lente et rapide, transie et passionnée, des anicroches, des silences. Une musique à l’image de l’enfant qu’il a été et de l’homme qui l’est devenu. C’est passionnel, touchant, chaotique, déchirant, transcendant. Franck est un farouche défenseur à la protection et à la survie du vinyle.
« Si on dansait… » raconte l’histoire de Franck dans son magasin situé dans cette rue multi ethnique. Une rue, Unity Street, mouvementée et où la vie résonne de maintes manières. Il y a Maud, la tatoueuse acariâtre et jalouse. Le Père Anthony vendeur de bibelots religieux mais qui n’est plus curé. Kit, l’employé, l’éternel maladroit et gaffeur, qui veut devenir un quelqu’un. Les jumeaux, gérants des pompes funèbres. Le boulanger polonais. La vieille Madame Roussos et son petit chien. Le bar et ses habitués. La solidarité les lie tous pour le meilleur et le pire.
« Si on dansait… » raconte l’histoire de Franck et de cette femme au manteau vert, à l’écharpe, portant toujours des gants et arborant une coiffure coiffée-décoiffée. Elle c’est Lisa Brauchmann, ressortissante allemande, venue tenter sa chance à Londres. Une femme mystérieuses aux doigts d’or. Une femme merveilleuse, attachante, douce. Une femme qui fait battre le cœur de pierre de Franck. Petit à petit leur attachement mutuel se renforce. La musique les enveloppe dans cette bulle silencieuse. D’eux deux émane quelque chose de puissant et d’immuable. C’est véritable. Mais les secrets et les non dits font mettre à mal Franck.

 

Ce roman est une très très belle découverte. Il va trotter longtemps dans un coin de ma mémoire. La plume de Rachel Joyce est sublime et déconcertante. Elle narre avec beaucoup d’honnêteté ses personnages et leurs vies. Et puis j’adore cette touche d’humour à l’anglaise qui s’imbrique dans le scénario. C’est drôle, c’est touchant ! La musique virevolte de pages en pages. C’est juste fantastique ! Il y a également ce côté combatif pour le vinyle certes mais aussi pour ce quartier désœuvré et puis pour l’amour. Le caractère social est très présent. Une touche romantique vient fleurir les scènes intimistes. Cette histoire recèle en elle des petits bijoux.

 

C’est juste une magnifique et belle histoire !

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Il lui raconta donc l’histoire de Beethoven et de son élève, Julia, tout comme Peg l’avait fait avant lui.
-Quand j’écoute le Clair de lune, je le vois assis près d’elle au piano. Il lui joue une lettre d’amour et il attend qu’elle lui montre qu’elle a compris. La musique démarre lentement, doucement. Il a l’âge d’être son père, il vit toujours des amours impossibles, mais cette femme est si belle et hors de sa portée. La musique monte en puissance puis redescend, mais elle ne fuit jamais, elle attends. Les notes les plus aiguës vont plus haut, toujours plus haut, pendant que les graves répètent le même motif, en disant : « oui, oui… » On dirait deux voix qui se demandent l’une à l’autre si elles ressentent la même chose, sans utiliser de mots. Mais, soudain, Beethoven renverse les rôles. Les notes aiguës mènent la danse, comme s’il était devenu Julia et que Julia ait pris sa place. Ce qu’il fait est tellement intime qu’on croirait qu’il est en train de faire l’amours avec sa belle élève.
-Faire l’amour ? dit-elle en changeant d’expression. Beethoven ?
-Ou, en tout cas, des préliminaires assez poussés.
Faire l’amour ? Des préliminaires ? Qu’il ait pu prononcer ces mots le glaça. Il prit sa tasse de thé et en but une deuxième gorgée, glacée elle aussi.

 

 

 

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Rachel Joyce vit en Angleterre, dans une ferme du Gloucestershire, avec sa famille. Elle a été pendant plus de vingt ans scénariste pour la radio, le théâtre et la télévision, et comédienne de théâtre, récompensée par de nombreux prix.

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi… est son premier roman.

 

 

 

 

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GOODBYE, LORETTA de Shawn Vestal.

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[LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Nouveauté 2018]
Albin Michel – Collection Terres d’Amérique
dirigée par Francis Geffard
Traduction : Olivier Colette

 

Format numérique (352 pages) : 15€99
Broché : 23.00€
ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 

 

Je remercie l’équipe de la collection Terres d’Amérique pour leur confiance.

 


 

Le résumé :

 

Short Creek, Arizona, 1974. Loretta, quinze ans, vit au sein d’une communauté de mormons fondamentalistes et polygames. Le jour, elle se plie à l’austérité des siens, la nuit, elle fait le mur et retrouve son petit ami. Pour mettre un terme à ses escapades nocturnes, ses parents la marient de force à Dean Harder, qui a trente ans de plus qu’elle, une première femme et déjà sept enfants…
Loretta se glisse tant bien que mal dans son rôle d’ « épouse-soeur », mais continue à rêver d’une autre vie, qu’elle ne connaît qu’à travers les magazines. La chance se présente finalement sous les traits de Jason, le neveu de Dean, fan de Led Zeppelin et du Seigneur des anneaux, qui voue un culte au cascadeur Evel Kneievel. C’est le début d’une aventure mémorable aux allures de road trip vers la liberté qui va vite se heurter à la réalité…
Un superbe roman, profond et drôle à la fois, qui nous plonge au coeur de la mythologie de l’Ouest américain, tant sacrée que profane.

 


Mon avis :

 

Goodbye, Loretta est le premier roman de Shawn Vestal. Et quel roman ! Je ne peux que souligner le travail minutieux de l’auteur. Et cette passion que l’on ressent à travers ses mots, ce voyage inouï dans cette communauté très fermée. J’ai toujours été intriguée par cette communauté me demandant comment est-il possible de vivre de cette manière dans notre monde, comment est-il possible d’occulter le confort amener par la modernité ? Les mormons sont-ils à l’image même d’un modélisme sectaire ? Ce qui est fabuleux dans ce roman, est le fait que l’auteur apporte de nombreux points de vue pour répondre à tout un tas de questions. Sans jugement, laissant le lecteur se faire sa propre idée de cet univers intransigeant.

 

Frontière floue entre fiction, documentaire et témoignage, Vestal nous plonge dans L’Amérique des années 70, fermée, isolée. Un empire avec ses propres lois. Loretta est l’emblème d’une vie déchue, ses parents mormons se tournent vers le fondamentalisme. Elle connaît le confort apporté la modernité. Mais elle se retrouve à Short Creek et son monde s’écroule. Plus de télévision, plus de céréales, plus de rien. Rien que les prières, l’école, le travail et les prières. Une ritournelle ensorcelante, macabre, destructrice. Elle n’est plus que l’ombre d’elle même, trouvant un certain réconfort lorsqu’elle fait le mur pour retrouver le monde extérieur, l’alcool et les garçons. Loretta est une jeune femme extrêmement remarquable qui prend son mariage forcé avec une certaine philosophie. Son statut « épouse-sœur » a quelque chose de terrifiant, une place sans en être une. Les tâches insoutenables, la nourriture fade, l’inconfort et un mari aux airs vicelards. Mais son espoir de liberté est toujours là, enfoui. Elle patiente, elle réfléchit, imagine des scénario, elle cherche, elle croit, elle manipule… Elle y arrivera, elle en est certaine. Même si l’extérieur reste un mystère, même si elle est terrifiée, elle a eu tout le temps nécessaire pour apprendre à utiliser les mots à bon escient.

 

Goodbye, Loretta est un corps à corps époustouflant. Un duel permanent entre les cultures, Dieu, le Bon, le Mauvais. La violence de l’espoir, de la peur, des croyances, des regards, du désert. Un souffle contenu qui n’attend que d’être libéré. Une vieille voiture, de la musique, des hamburgers, de la bière, Evel Knievel, un tee-shirt, un chéquier, les cheveux dans le vent et un sourire flamboyant. Loretta sera heureuse comme cette fille aux lèvres écarlates posant sur une décapotable du magasine.

 

Ce roman est une ode à la vie, à se défaire des liens, à voyager, à essayer, porté par une héroïne qui ne vous laissera pas indifférent, vous charmera, vous suppliera, vous envoutera. Vous succomberez sans aucun doute !

 

 

 

A propos de l’auteur :

Shawn Vestal s’est fait connaître par ses nouvelles, d’abord publiées dans de célèbres revues littéraires puis réunies dans un recueil intitulé Godforsaken Idaho (non traduit en français), qui a été récompensé par le PEN/Robert W. Bingham Prize. Il est par ailleurs éditorialiste pour The Spokesman-Review. Goodbye, Loretta est son premier roman.

 

 

 

 

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MY ABSOLUTE DARLING de Gabriel Tallent.

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[LITTERATURE NORD AMERICAINE – Nouveauté 2018]
Editions Gallmeister
Traduction : Laura Derajinski
Service presse en partenariat avec le #PicaboRiverBookClub

 

Format numérique (453 pages) : 16€99
Broché : 24€40
Ma note : 5/5 avec mention pépite !

 

 

Je remercie les éditions Gallmeister et Léa, administratrice du groupe Picabo RiverBook Club pour ce service presse !

 


 

Le résumé :

 

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie. My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis. Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

 


 

Mon avis :

 

EXTRAIT
Elle pense, Ca n’est jamais allé, chez nous et ça n’ira jamais. Elle pense, Je ne sais même pas à quoi ça ressemble, d’aller bien. Je ne sais pas ce que ça signifie. Quand il est au meilleur de sa forme, on va mieux que bien. Quand il est au meilleur de sa forme, il s’élève largement au-dessus de la masse et il est plus incroyable que tout le reste. Mais il y a quelque chose en lui. Un défaut qui empoissonne tout. Que va-t-il advenir de nous…

 

Pour comprendre ce livre, le plus simple est de le découvrir soi même, se laisser porter par la plume extraordinaire de Tallent et se perdre dans cette verbe si exceptionnelle.
Un monde bouleversant et cruel. Un monde où la moindre faiblesse n’est pas tolérée. MY ABSOLUTE DARLING a cette aura dérangeante. On accroche ou on déteste. Il n’y pas de juste mesure. Soit on se perd dans cet univers et on s’y noie. Soit on décide de le fermer pour toujours. Rien n’est facile dans cette lecture dans la mesure où Tallent parle de sévices. Il parle d’un père qui ne voit le monde qu’au travers de sa fille. Trop protecteur, cruel, intransigeant, fou, possédé, illuminé, désaxé, fourbe. Abuse de sa fille. Pénétrer dans son cerveau relève d’une aventure fantasque. C’est voir l’horreur, la perdition humaine dans ce cercle vicieux d’amour et de désir toxique. C’est essayer de comprendre le pourquoi de la chose. C’est essayer de trouver de bonnes excuses pour son comportement. Héritage familial, peut être ? C’est se poser continuellement des questions. C’est le détester et vouloir l’anéantir.

 

Julia, Croquette, Turtle est cette petite fille, orpheline de sa mère. Elle est à l’image de la jeune fille que son père à confectionner. Craintive, misogyne, solitaire, haineuse et extrêmement douée avec la cachette et les couteaux. Sauvage, elle communie parfaitement avec la nature. Elle a cette simplicité complexe qui rebute plus d’un et au contraire en attire d’autre. Turtle ne connaît que la vie, celle soumise par son père. Scolarisée mais peu impliquée dans ses études, elle ne désire par apprendre ce que la vie est à l’extérieur. Jusqu’au jour où leur quotidien va être bouleverser par des rencontres. Prendra t-elle conscience des ignominies qu’elle subi ?

 

 

Fort de sa plume charismatique, Tallent nous offre un premier roman toute en splendeur. Tallent m’a plongée dans une ritournelle macabre. Usant de répétitions, il crée une atmosphère suffocante : le nettoyage de l’arme de Julia, le petit déjeuner, prendre le car scolaire, les planches qui grincent lorsqu’il monte la rejoindre dans sa chambre… Il crée ce cercle infernal d’un quotidien jugé banal et normal par les protagonistes. Jusqu’au jour où tout par en cacahouète ! La mort de son grand-père, l’abandon de son père, la rencontre de Jacob. Elle découvre une autre vie, celle où la contrainte et la violence ne sont pas synonyme de bonheur. Elle se remet en question, les incertitudes sont peu à peu balayer, pour laisser place à une certaine maturité. Un nouveau quotidien plus sain se met en route où elle se découvre. Le cercle infernal est abolit et voit sa vie avec plus de sérénité. Mais comme Tallent ne fait pas dans la demi-mesure, son père revient accompagné d’une gamine de dix ans, Cayenne. On replonge dans l’enfer, mais avec une Turlte plus combative que jamais et déterminée. Même si elle flanche quelque fois, elle ne s’arrêtera plus.

 

Il est impossible de mettre une étiquette sur MY ABSOLUTE DARLING, car tout simplement aucune ne convient à décrire cet ovni de la littérature. Une lecture intense, forte de symbolisme. Même si la lueur d’espoir est tenue, je m’y suis accrochée jusqu’à la fin exceptionnelle du roman. C’est une lecture à la fois bouleversante et grisante. Une lecture foudroyante !

 

EXTRAIT
Turtle patiente à côté d’elle dans la petite cuisine en séquoia, toutes les deux assises par terre, Anna avec son vin, Turtle avec son bol de quinoa, et aucune ne se lève. Elles attendent simplement, s’observent et prennent la mesure de l’autre.

 

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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE de Norman Maclean.

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[AUTOBIOGRAPHIE – 2017 – Littérature Nord-Américaine ]

Editions Rivages

Traduction : Marie-Claire Pasquier

Préface : Robert Redford

 

Réédition  – Broché (173 pages) : 19€00

  • – Numérique : 12€99

Version poche sous le titre  » La rivière du sixième jour »

 

 

 

 

Le résumé :
« Et au milieu coule une rivière « est plus qu’un roman autobiographique, c’est un récit imprégné d’une lumineuse nostalgie, un livre qui défend une philosophie inspirante. Norman Maclean y raconte son enfance dans les Rocheuses, au sein de paysages magnifiques dont chaque relief influence en profondeur ceux qui y vivent. Comme dans les romans de Pete Fromm, la pêche n’est pas qu’un simple loisir, c’est un art de vivre, une discipline, une chanson de geste qui apprend tout et qui poursuivra Norman dans toutes les étapes importantes de son existence. Préface de Robert Redford, metteur en scène du célèbre film inspiré du récit de Maclean.

 


 

 

Mon avis :

 

Une nouvelle lecture émouvante que je dois de nouveau au groupe Picabo River Book Club spécialement dédié à la littérature Nord-Américaine.

 

Je suis sortie de mes sentier battus pour mon plus grand plaisir. En effet le genre autobiographique est de très loin un de mes favoris. Délaissé depuis le lycée, je n’en ai plus lu depuis.

 

C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai débuté cette lecture. Petit temps d’adaptation, assez rapide toutefois. Me voici plongée dans un décor surréaliste où la nature à tous les pouvoirs. Une nature dure, verdoyante, apaisante. Début du XXe siècle, non loin des rocheuses, une famille presbytérienne voit leur vie s’écoulée aux fils des rituels : la pêche et les prières et prêches. Norman Maclean relate son enfance à l’âge adulte. Ses virées avec son frère, leurs caractères, leurs espoirs, leurs avenirs, leurs désaccords. Le récit est tellement prenant que j’ai vite oublié ce côté présomptueux de l’autobiographie. Il y est relaté les problèmes de la société, l’alcool, les mœurs. « Et au milieu coule une rivière », tel le symbole d’unification, de renouveau et de sérénité. Source de recueil, de retrouvaille, de lâcher prise. Rivière : berceau d’abondance, de pureté, de vie. Elle est à l’image de cette famille tumultueuse : colérique, calme, accueillante.

 

Tandis que les mirages de chaleur dansaient et s’entremêlaient sous mes yeux, je voyais des motifs empruntés à ma propre existence s’unir entre eux. C’est là, en attendant mon frère, que j’ai commencé à me raconter cette histoire. Pourtant, à l’époque, j’ignorais encore que les histoires vécues ressemblent plus souvent à des rivières qu’à des livres. Je savais une chose, c’est qu’une histoire avait commencé, il était une fois, dans la rumeur de l’eau. Et je pressentais qu’en continuant à avancer j’allais rencontrer quelque chose qui résisterait à l’érosion, créant ainsi un coude, des cercles concentriques, des alluvions, et le calme enfin.

 

Un ballet de mots à l’unisson, au son de cette rivière domptée par ces frères et ce père. Un ballet émouvant à l’image de cette ligne d’eau et de ces furtives mouches. Une harmonie parfaite frappée par une tragédie.
Captivée et éblouie sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit pour décrire « et au milieu coule une rivière ».

 

 

Bien sûr, à mon âge, je ne vaux plus grand chose comme pêcheur, et bien sûr, le plus souvent, je pêche seul dans les grandes rivières, malgré mes mais qui trouvent que ce n’est guère raisonnable. Souvent, comme beaucoup de pêcheurs à la mouche de l’ouest du Montana, où les jours d’été sont d’une longueur presque boréale, j’attends la fraîcheur du soir pour commencer à pêcher. Alors, dans le demi-jour boréal du canyon, tout ce qui existe au monde s’estompe, et il n’y a plus que mon âme, mes souvenirs, les voix mêlées de la Blackfoot River, le rythme à quatre temps et l’espoir de voir un poisson venir à la surface.
A la fin, toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu coule une rivière. La rivière a creusé son lit au moment du grand déluge, elle recouvre les rochers d’un élan surgi de l’origine des temps. Sur certains des rochers, il y a la trace laissée par les gouttes d’une pluie immémoriale. Sous les rochers, il y a les paroles, parfois les paroles sont l’émanation des rochers eux-mêmes.
Je suis hanté par les eaux.

 

 

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LaRose de Louise Erdrich.

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[LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – 2018]
Traduction : Isabelle Reinharez
Albin Michel – Collection Terre d’Amériques dirigée par Francis Geffard
Service presse en partenariat avec le Picabo River Book Club.

 

 

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Je remercie les éditions Albin Michel et Léa du groupe Picabo River Book Club pour m’avoir permis de découvrir mon premier roman de Louis Erdrich.

 

 


 

 

Le résumé :

 

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d un gris acier, recouvre les champs nus d un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c est la chasse au cerf qui annonce l entrée dans l automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans.
Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L auteur continue d y explorer le poids du passé, de l héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences.

 


 

 

Mon avis :

 

Ce qu’elle apprit
Avant de mourir, la première LaRose enseigna à sa fille comment trouver les esprits protecteurs dans chaque endroit qu’elles parcouraient à pied, comment guérir les malades avec des chants, des plantes, quels lichens manger en cas de faim dévorante, comment poser des pièges, attraper des poissons au filet, allumer un feu à l’aide de brindilles et de copeaux de bouleau. comment coudre, comment faire bouillir les aliments en se servant de pierres chaudes, comment tresser des nattes de roseaux et fabriquer des récipients en écorce de bouleau. Elle lui enseigna comment empoisonner le poisson au moyen de certaines plantes, comment fabriquer un arc en flèches, comment tirer au fusil, s’aider du vent lorsqu’elle chassait, comment fabriquer un bâton pour creuser, déterrer des racines, sculpter une flûte, en jouer, broder de perles un sac à bandoulière. Elle lui enseigna comment savoir d’après les cris des oiseaux quel animal venait d’entrer dans les bois, comment savoir d’après les mêmes cris des oiseaux d’où arrivait arrivait le mauvais temps et de quel genre de mauvais temps il s’agissait, comment savoir toujours d’après les cris des oiseaux si vous alliez mourir ou si un ennemi était sur vos traces. Elle lui apprit comment empêcher un nouveau-né de pleurer, comment amuser un enfant plus âgé, comment nourrir les enfants de tous âges, comment attraper un aigle pour lui arracher une plume, faire choir une perdrix d’un arbre. Comment tailler un fourneau de pipe, brûler le cœur d’une branche de sumac pour confectionner le tuyau, comment confectionner du tabac, du pemmican, comment récolter le riz sauvage, danser, le vanner, le faire sécher et le stocker, et fabriquer du tabac pour sa pipe. Comment percer les troncs d’arbre, tailler des chalumeaux pour collecter l’eau d’érable, comment fabriquer du sirop, du sucre, comment faire tremper une peau, la racler, comment la graisser et la préparer en utilisant la cervelle de l’animal, comment la rendre souple et satinée, comment la fumer, quels ingrédients utiliser. Elle lui enseigna comment fabriquer des moufles, des jambières, des makazinan, une robe, un tambour, un manteau, un sac avec l’estomac d’un élan, d’un caribou, d’un bison des bois. Elle lui enseigna comment laisser son corps derrière elle lorsqu’elle était à moitié éveille, ou bien endormie, et voler de-ci de-là pour chercher à savoir ce qui se passait sur la terre. Elle lui enseigna comment rêver, comment sortir d’un rêve, transformer le rêve, ou demeurer à l’intérieur pour avoir la vie sauve.

 

Je voulais absolument débuter par cet extrait qui à mes yeux recèle toute la profondeur de ce roman : entre tradition et modernité, le poids de l’héritage dans ce monde qui a détruit et malmène, encore, de nos jours la communauté amérindienne. Roman sociétal de toute beauté, LaRose retrace l’histoire d’un peuple, à l’occurrence, ici, le peuple Ojibwé.

 

Je découvre pour la toute première fois la plume talentueuse de Louise Erdrich. Je me dois tout de même de souligner le travail remarquable de la traductrice, Isabelle Reinharez. J’ai entendu dire que découvrir l’univers de Erdrich avec ce roman, n’est pas forcément l’idéal ou judicieux. J’avoue que les premières pages furent très difficiles. Difficulté de m’imprégner de ce monde, de ces personnages, des enjeux et de cette syntaxe si particulière à Erdrich. Je suis du genre obstinée. Et ma patience fut récompensée !

 

LaRose est le cinquième du nom. Attribué aux jeunes filles, ce petit garçon va porter sur ses épaules un lourd fardeau. Prénom portant une certain malédiction, il va réussir malgré lui à concilier l’ancien temps des traditions à celui contemporain. Confié aux Ravich, lorsque le petit Dusty fut tué par son père, Landreaux Iron, il va avoir la lourde tâche de combler cette perte. Ce petit garçon est  juste remarquable. Prenant conscience très vite des enjeux, son courage et sa présence d’esprit vont faire de ce petit indien un grand héros.

 

Erdrich dépeint aux travers de portraits hétérogènes les affres de vies. Naviguant entre présent et passé, le dépaysement est total : traditions et enseignement, déracinement, Fort Totten, perte de l’identité, alcool, drogue, réserve… Tableau percutant, horrible, dérangeant et sinistre. Mais au milieu de cette description atterrante (mais bien réelle), la lumière brille et fait vaciller toute cette noirceur : dans l’unité, le soutien, la transmission orale des légendes et histoires, dans la quête de vérité (je pense aux victimes qui n’ont jamais été remis aux familles), le prolongement des traditions et rites, anecdotes…

 

Ce roman est un véritable coup de cœur, celui qui transperce l’âme. Il m’a emporté sur un terrain que je ne connaissais que trop peu. Gardien de la mémoire d’un peule et annonceur d’un certain renouveau. Le tableau final ne pouvait que refléter à la perfection l’état d’esprit d’Erdrich et de son message : le lien entre la tradition et la modernité, entre les esprits et le vivant. Un monde où les préjugés raciaux n’ont pas leur place. Un monde où la tolérance et le respect peuvent se côtoyer. Un monde où les combats pour l’identité ne devrait pas exister.

 

LaRose est juste sublime, émouvant, envoutant. Un livre qui devrait trôner dans de nombreuses bibliothèques.

 

Connaisseurs et curieux, ce roman est fait pour vous ! Le doute n’est plus permis !

 

 


 

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Aparté sur Louise Erdrich :

 

Considérée comme l’un des grands écrivains américains contemporains, Louise Erdrich est l’auteur d’une œuvre majeure, forte et singulière, avec des romans comme La Chorale des maîtres bouchers, Ce qui a dévoré nos cœurs ou Love Medicine, tous publiés aux Éditions Albin Michel. Récompensée par de nombreux prix littéraires, elle a été distinguée en 2012 par le prestigieux National Book Award et, en 2015 par le Library of Congress Award.

 

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Retrouver ici un autre avis : celui de Léa Touch Book !

 

 

Le joueur de billes de Cecelia Ahern

le joueur de billes

Littérature étrangère – Sortie le 17 novembre 2017

Bragelonne Milady Romans

Service Presse

 

Je remercie les éditions Milady via la plateforme NetGalley pour m’avoir confié ce roman en service presse.

Résumé : « Qui était mon père ? Qui est-il ? Cet homme avec qui j’ai grandi et dont tout le monde a une image différente. Les paroles de Regina me hantent : c’est un menteur. Aussi simple que ça. Je suis en colère, et le pire, c’est que je ne peux même débarquer à l’hôpital pour lui demander des comptes. L’homme qu’il est devenu a oublié. Comme c’est commode. »

Et si n’aviez qu’une journée pour découvrir qui vous êtes vraiment ?

Lorsque Sabrina Boggs tombe par hasard sur une mystérieuse collection de billes ayant appartenu à son père, elle réalise soudain qu’elle ne sait rien de l’homme avec qui elle a grandi. Et cet homme dont la mémoire part à la dérive ne peut pas l’aider : il a lui-même oublié qui il était.

Sabrina ne dispose que de vingt-quatre heures pour déterrer les secrets de l’homme qu’elle croyait connaître. Une journée à exhumer des souvenirs, des histoires et des gens dont elle ignorait l’existence. Une journée qui va la changer, elle et les siens, à jamais.

 

Mon avis : J’ai connu Cecelia Ahern, comme beaucoup de personnes, grâce à son best-seller adapté au cinéma « PS : I love you ».  C’est une auteure dont j’aime beaucoup l’écriture et qui raconte des histoires qui touchent, à chaque fois, au cœur.

Ici, nous faisons connaissance avec Sabrina, une jeune maitre-nageuse dans une maison de retraite. Elle a une vie familiale plutôt monotone et a son papa qui, ayant subi un AVC, est en maison de convalescence. Un matin, elle découvre une collection de billes dans des cartons qui viennent d’être livrés à son père. Elle se rend alors compte qu’elle ignore beaucoup de choses sur la vie de son père. Cette collection de billes va l’entrainer dans une journée riche en découvertes !

Ce roman est écrit de manière originale. Au fil des chapitres, nous suivons Fergus, le papa de Sabrina dans sa vie passée ou dans sa vie actuelle, ou Sabrina. Au début, j’ai eu un peu de mal avec cette alternance. Mais au fil des chapitres, cela amène un vrai rythme et j’ai apprécié de naviguer entre passé et présent mais aussi entre les deux protagonistes.

Sabrina a une vie routinière : mariée avec deux enfants, elle partage son temps entre sa famille, son travail, où il ne se passe jamais rien, et son papa. Suite à son AVC, ce dernier a eu des séquelles physiques mais aussi mentales et, étant divorcé de la mère de Sabrina, cette dernière l’a placé dans un centre spécialisé. Il a perdu une partie de sa mémoire et a beaucoup de mal à s’exprimer. Sabrina est restée proche de lui et passe beaucoup de temps avec lui. Lorsqu’elle découvre les cartons, elle se rend compte que certains d’entre eux lui sont inconnus. En trouvant la collection de billes de son père, elle va découvrir tout un pan de sa vie qu’elle ignore…. En effet, son père, quand il était jeune, était un champion de billes. Il y jouait en permanence avec ses frères et avait une grande collection. Cependant, il a gardé cela pour lui car sa belle-famille ne tolérait pas une passion si…enfantine !

J’ai adoré plonger dans cette histoire de famille. Au cours de sa quête, Sabrina va découvrir un nouveau visage de son père qu’elle ne soupçonnait même pas. Du coup, on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur pour lui, en comprenant à quel point il a dû souffrir de cacher autant de choses à ses proches. On en apprend également énormément sur les billes (oui, oui, on apprend les différents types de billes, des noms de jeux auxquels on peut jouer avec des billes et un nombre incalculables de détails que je ne soupçonnais même pas) et c’est assez émouvant de constater à quel point les billes ont été, pendant longtemps, un vrai trésor.

Encore une fois, la plume de Cecelia Ahern m’a transportée. Ce voyage au fil du temps est à la fois instructif, touchant et intriguant. J’ai apprécié les protagonistes, que ce soit Fergus et tous ses secrets ou Sabrina, cette mère de famille qui décide de bousculer son quotidien pour comprendre et retrouver une partie du passé de son papa. Ce roman est une lecture agréable et je n’ai aucun doute que vous passerez un bon moment si vous êtes sensibles aux histoires de famille.

 

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A un fil de Rainbow Rowell.

 

 

[LITTÉRATURE SENTIMENTALE – réédition 2017]

Éditions Milady

Traduction : Benjamin Mallais

Masse critique Babelio

 

 


 

Résumé :

Georgie est au trente-sixième dessous : cela faisait des années que son mariage battait de l’aile, mais cette fois, c’est la fin. Alors que son mari est parti passer Noël avec ses enfants dans le Nebraska, elle reste seule à Los Angeles, car elle a pris la fâcheuse habitude de faire passer sa carrière avant sa famille. C’est alors qu’elle tombe sur un vieux téléphone jaune à cadran rotatif. Contre toute attente, cette antiquité va lui permettre de faire un bond de quinze ans en arrière et de communiquer avec Neal dans le passé. N’est-ce pas l’occasion rêvée pour résoudre leurs désaccords et retomber amoureux comme au premier jour ?

 


 

Mon avis :

Le thème du livre a tout pour plaire : une working girl surmenée qui laisse filer entre ses doigts le bonheur de sa famille et un téléphone fixe qui la projette dans une conversation 15 ans auparavant qui n’a jamais eu lieu à part maintenant.

Malheureusement je n’ai pas accroché vis à vis de cette lecture. Plusieurs points m’ont gênée. Tout d’abord les personnages : Georgie est une femme un peu fofolle qui s’oublie dans le travail. Je n’ai pas accroché avec son rôle de mère qui à mes yeux délaisse totalement ses deux filles au profit de soirée brainstorming. Et surtout j’ai détesté le comportement face à son mari qui tout de même se dévoue entièrement à sa famille. Georgie est un personnage que j’ai détesté par sa façon d’aborder les problèmes et d’agir face aux conséquences qui vont lui tomber sur le nez. Elle m’a insupportée du début à la fin par cette attitude désastreuse. Neal est à son opposé : introverti, peu bavard même pas du tout. Il a extrêmement du mal à parler de ses émotions et de ses envies. Il les transmet par des petites mimiques. Pour le coup c’est un homme très effacé qui pour se faire comprendre agit souvent en prenant la fuite. Alors il a beau être hyper sympa dans le rôle de papa moderne et d’homme à tout faire, mais qu’est ce que j’ai eu envie de le secouer comme un cocotier pour qu’enfin il exprime clairement le fond de sa pensée ! Et puis le meilleur ami de Georgie, Seth. C’est un homme hyper prétentieux qui cherche à tout prix à séduire Georgie et la mettre dans des situations impossibles. Son rôle n’est pas franc et beaucoup trop ambiguë.

Ensuite comme vous l’avez compris dans le résumé, Georgie découvre un téléphone magique qui va lui permettre de parler à Neal 15 ans auparavant. Si l’idée est séduisante, je trouve qu’elle est mal exploitée. J’aurai voulu plus de rebondissements, plus de peps, plus d’imprévus ! J’ai juste était confrontée à un dialogue où Georgie essaye d’influer leur futur en minimisant les risques.

Et pour finir, ce qui m’a fait grincer les dents : c’est le passage incessant entre passé et présent où Georgie nous plonge dans des réflexions existentielles. Souvent j’ai du reprendre le paragraphe pour arriver à me situer dans l’espace temps. Ce n’est pas du tout agréable de toujours se poser la question » j’en suis où là ? ».

Tous ces petits points négatifs entachent le fil de la lecture qui portant aurait pu être sensationnelle. Le fond de l’histoire est pourtant intéressant puisque l’auteur soulève des problématiques modernes : la femme dans un milieu professionnel exclusivement masculin, le rôle de la mère working girl au sein de la famille, la place du mari dans la famille, le couple et son épuisement, l’évolution de l’amour et de quelle manière il s’exprime. La plume de l’auteur a du potentiel dont je n’ai pas pu apprécier ni la teneur et ni la profondeur !

Il est rare que je mette des avis de la sorte. Mais on ne peut pas tout aimer ! Malheureusement ! Si vous l’avez lu j’en serais heureuse d’en débattre avec vous ! Alors n’hésitez pas à laisser un commentaire si c’est le cas !

 

 

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