LA GITANE AUX YEUX BLEUS de Mamen Sanchez.


L’inspecteur Manchego approcha le smartphone dernière génération de son oreille, en retenant sa respiration. Il entendit une voix nasale, sur un bruit de fond rythmique, une sorte de lamentation ou de prière, et les accords d’une guitare. Il ne comprit pas un traître mot de ce que disait l’interlocuteur – c’était en anglais –, mais il devina qu’il ne s’agissait pas d’un appel au secours, on n’y sentait aucune peur.
— Qu’est-ce qu’il dit? demanda-t-il.
— Textuellement : ‘Papa, laisse-moi faire. Je maîtrise la situation.’
En bon Espagnol, l’inspecteur Manchego a tout de suite identifié d’où provenait le message : d’une boîte de flamenco. Pas de quoi s’alarmer, donc, quand un riche éditeur londonien, flanqué d’un interprète, vient, très inquiet, lui annoncer que son fils, la trentaine, bien sous tous rapports, a disparu à Madrid depuis plusieurs semaines, après ce dernier fameux appel.
Enlevé? Séquestré? Blessé? Tué? Mais non, il y a forcément une femme là-dessous.
En fait, surtout une exquise gitane aux yeux bleus – ça c’est curieux – et face à une tribu de Grenade au grand complet, le jeune Atticus a-t-il la moindre chance? Non, bien sûr… comme on va le voir au fil de ses irrésistibles aventures.
Traduit de l’espagnol par Judith Vernant.

LA GITANE AUX YEUX BLEUS est une très belle surprise. Une de celles qui fait sourire et dont on garde un très bon souvenir.
Mamen Sanchez narre avec un certain humour, une histoire peu commune.
A la lecture de la quatrième de couverture, je m’attendais vraiment à un polar. Certes l’intrigue policière est présente au menu, mais ce que j’en retiens est la fresque humaine que dépeint Mamen Sanchez. Nous sommes loin de la parodie humaine exacerbée, au contraire, l’auteur tire le portrait de femmes et d’hommes dans leur simplicité, leurs défauts et leurs espoirs, créant ainsi un un paysage rocambolesque mais tellement vrai. J’aime beaucoup la manière dont Mamen Sanchez s’approprie les codes sociétaux. Il les modèle et les casse pour finalement arrivé à ce sublime spectacle, théâtre de la vie.

 

Machengo est à l’image même de notre Columbo. Petites manies, un brin prétentieux, un autre arrogant, un air de malice, pas très farouche non plus. Machengo est ce petit flic qui rêve de gravir les échelons mais qui finalement se trouve très bien à sa place. Un peu naïf, un certain humour, impulsif et intransigeant, Machengo a la parfaite panoplie du flic qui rêve de s’épanouir. Alors quand il doit se charger de retrouver ce bourgeois d’anglais, dossier transmis directement par Scotland Yard, il pense être sur la bonne voie de la célébrité, mais ce qu’il l’attend est tout autre !

 

Atticus Craftsman est ce que l’on peut qualifier de digne héritier de sa famille bourgeoise anglaise. Lui qui ne jurait que par le sport, l’aviron, sa destinée s’en trouve bouleversée quand une blessure l’oblige à rester aliter pendant de nombreuses semaines. Lui qui ne prêtait aucune attention au métier de son père éditeur, par la grâce divine ou autre, découvre un monde littéraire fascinant. Guindé, bien éduqué, la parole lourde et des valeur d’un autre temps, Atticus évolue avec aise dans le monde de l’édition. Accro au Earl Grey de chez Twinnings dont il ne sépare jamais, la vie de et homme est régenté selon quelques concepts frôlant la manie : il ne se sépare jamais de ses livres rouges, de sa gabardine et de son coussin qui porte son nom. Notre Atticus semble bel et bien présenter des signes de rigidité avancé. Un voyage en Espagne et tout change pour le pire et le meilleur.

 

Monsieur et Madame Craftsman sont à l’image de ces couples bourgeois régis par les mondanités et fonctions en tout genre. Un mari taciturne qui ne parle que pour les sujets cruciaux. Une épouse frigide, recluse derrière un verni de bienséance.

 

Berta doit sa sagesse à des années d’observation. Son calme olympien et sa gentillesse font d’elle une patronne exemplaire à l’écoute et attentive au moindre maux de son équipe. Berta fait figure d’autorité mais également de maman. Elle est la personne sur qui l’on peut compter en toute circonstance. Sa famille sont les quatre autres femmes qui compose l’équipe du Librarte, journal littéraire détenu par les Crafstman.

 

La pétillante Solea apporte le dynamise à l’équipe. Ses idées et sa fougue font d’elle une femme accomplie et volontaire. Originaire de Grenade, elle a quitté sa famille pour vivre son rêve, écrire un livre. Son attachement à sa famille va au delà du raisonnable. Malgré son éloignement, elle tient à respecter les règles qui régissent sa famille. Solea est l’incarnation du péché de la tentation.

 

Maria est la comptable du journal. D’une précision sans faille et d’une efficacité à toute épreuve, Maria est une jeune maman débordée. Rare sont les jours où elle ne débarque pas sans sa petite fille au bureau. La patience et la générosité de toute l’équipe va rapidement adopter ce petit bout de chou.

 

Asuncion fraîchement divorcée, mère de deux garçons qui s’en foutent royalement et en surpoids à cause de la ménopause, a toujours le mot qu’il faut pour plomber l’ambiance. Elle arrive toujours avec des petites douceurs pour entamer la journée de travail.

 

Gaby est l’éternelle romantique légèrement névrosée. Son envie d’enfant en devient pathologique au point de risquer les ennuis avec son amoureux.

 

Leurs vies sont sur le point d’exploser quand Atticus débarque de Londres dans l’optique de fermer l’agence, mais ce que personne n’avait prévu, c’est que l’Amour se pointe dans toute sa splendeur.

 

LA GITANE AUX YEUX est sans contexte un roman à découvrir. J’ai aimé la manière dont Mamen Sanchez s’approprie des personnages olé olé et fait ressortir d’eux le meilleur et parfois le pire. Une plume vive et pétillante qui éblouit sans cesse. Un roman enivrant et fantasque. Caricatural sans tomber dans le graveleux. La légèreté est de mise. Une très belle surprise envoûtante aux tonalités enjouées et rythmées par des airs de guitare !

 

-Tu savais pas, bien sûr. Des fois, la première concernée est la dernière à comprendre. Par contre, Tico, il l’a su dès le premier instant. Il serait pas venu à Grenade avec toi s’il l’avait pas su, il aurait pas passé ses journées dans cette maison, à peler des fèves, il aurait pas appris à jouer de la guitare, il serait pas revenu à pied de la plage – trois jours et deux nuits, ça lui a pris, il me l’a dit – juste pour te voir. Lui, il le sait, Solea, mais il est anglais, et il comprend pas qu’ici, on fait les choses autrement.
 
Une chronique de #Esméralda.

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R. J. Ellory

Uchronie/thriller – Livre sorti le 4 juin 2020

Editions Sonatine

Service Presse

Ma note : 4/5

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier les éditions Sonatine qui, via la plateforme Netgalley, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : La vérité est plus forte que tout.
C’est l’une des histoires les plus connues au monde – et l’une des plus obscures. Le 22 novembre 1963, le cortège présidentiel de John F. Kennedy traverse Dealey Plaza. Lui et son épouse Jackie saluent la foule, quand soudain…
Quand soudain, rien : le président ne mourra pas ce jour-là. En revanche, peu après, le photojournaliste Mitch Newman apprend le suicide de son ex-fiancée, dans des circonstances inexpliquées. Le souvenir de cet amour chevillé au corps, Mitch tente de comprendre ce qui s’est passé. Découvrant que Jean enquêtait sur la famille Kennedy, il s’aventure peu à peu dans un monde aussi dangereux que complexe : le cœur sombre de la politique américaine.
Sexe et manipulations, mensonges et assassinats… Dans cette histoire alternative, à mi-chemin entre 22/11/63 de Stephen King et les thrillers paranoïaques des années 1970, JFK semble avoir échappé à son destin. Mais pour combien de temps ?

 

L’avis de #Lilie : J’ai eu la chance de rencontre R.J. Ellory à l’automne dernier. A cette occasion, il avait évoqué son nouveau roman qui venait de sortir en version originale et il avait expliqué aux lecteurs présents qu’il avait voulu parler de Kennedy car, selon lui, les européens ont une image un peu biaisée de lui. Il voulait donc, dans son nouveau roman, apporter un nouvel éclairage sur la personnalité de l’ancien Président et il avait voulu imaginer ce qui aurait pu se passer s’il n’avait pas été assassiné en novembre 1963.

Ce roman est donc une uchronie, c’est à dire une réécriture de l’histoire en modifiant un événement du passé. On découvre que Kennedy est toujours en vie en juillet 1964. Il prépare la convention des démocrates pendant laquelle il espère obtenir la possibilité de briguer un second mandat. Pourtant, cette possibilité n’est pas une évidence. Pourquoi ? Qui est l’homme derrière l’image du Président ? Est-il celui qu’il semble être ?

En parallèle, le lecteur fait connaissance avec Mitch Newman. Photographe free-lance, il vivote et n’a pas de véritable objectif dans sa vie. Un jour, il apprend que son ex petite-amie, Jean, s’est suicidée. Intrigué, il se rend chez elle et comprend très vite que ce suicide n’en est peut-être pas un. Que va découvrir Mitch ? Quelle était la dernière « enquête » de Jean  ? Qu’est-ce qui pourrait expliquer son geste ?

Mitch a tout du reporter paumé. Pourtant, quand on lui annonce la mort de Jean, il prend les choses en main et replonge, la tête la première, dans le frisson de l’investigation. Il est persévérant, débrouillard, un peu tête brûlée mais aussi un homme sensible, avec des valeurs qui souhaite, plus que tout, que la vérité éclate. Au fil de ses investigations, qui l’entraîneront de Washington à Dallas, il va mettre le doigt sur des choses qui le dépassent mais il ne lâchera rien tant qu’il n’aura pas toutes les réponses à ses questions. L’autre protagoniste majeur du roman, c’est John Fitzgerald Kennedy. On découvre ici un autre aspect du président qui a, il faut bien l’avouer, une image de « Golden boy ».  Derrière son grand sourire, on découvre un homme avec une vie pas si parfaite, ponctuée par ses infidélités et de nombreux problèmes de santé. Il est également fragilisé politiquement car sa réélection est loin d’être acquise et on entraperçoit tous les rouages qui se mettent en marche pour essayer de l’emmener vers la victoire.

C’est la première fois que je lis un roman de RJ Ellory. Ainsi, je ne peux pas comparer celui-ci avec ses romans plus noirs mais je dois dire que j’ai passé un excellent moment de lecture. Tout d’abord, il nous livre ici une uchronie sur fond de thriller politique qui est palpitante. En effet, on en apprend plus sur l’entourage du Président et sur tous les services qui ont pu l’aider dans sa fonction. L’enquête menée par Mitch est intéressante, pleine de rebondissements et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.  Ensuite, j’ai été captivée par la plume de l’auteur. Très documentée, en prenant appui sur des personnes ayant existé, il livre ici une autre réalité et aussi un nouveau regard sur JFK. Les chapitres s’enchaînent, passent de protagonistes en protagonistes et loin de nous perdre, cette technique nous embarque dans une course folle dont la conclusion est surprenante. 

Je recommande donc « le jour où Kennedy n’est pas mort » à tous les amateurs d’uchronie et de thrillers politiques. Ce roman est une belle réussite qui vous tiendra, sans nul doute, en haleine jusqu’à la fin même s’il écorne, sans aucun doute, l’image quasi-parfaite que l’on pouvait avoir de JFK.

 

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Sonatine

 

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PASSIONNÉMENT VALERIA de Elisabet Benavent.


Tome 4/4
Quatrième et dernier volet de la saga ValeriaBien qu’ayant désormais une relation avec Bruno, un écrivain plus âgé qui lui apporte stabilité et confort, Valeria ne cesse de penser à Victor. D’autant que ce dernier fait le forcing pour la reconquérir !Par chance, ses amies sont toujours là, à qui elle peut se confier, au téléphone ou autour d’un verre.
Mais chacune est bien occupée.À commencer par Carmen, qui va devenir maman et qui angoisse, un peu, beaucoup… Nerea, elle, est archiprise par son nouveau boulot… et son nouvel amant. Quant à Lola, elle s’est casée et ne jure plus que par Rai. Au point de ne pas tenter d’attirer son nouveau boss dans son lit ?Bref tout change… et rien ne change. Les quatre inséparables se retrouvent toujours pour évoquer les problèmes existentiels, où les hommes occupent une large place. Que ferait-on sans eux ?
Traduit de l’espagnol par Martine Desoille.

Quatrième et dernier tome de la saga phénomène Valeria que vous pouvez trouver dès à présent adapté au petit écran et en avant première sur Netflix.
Valeria est sans contexte une des meilleures saga de comédie romantique à la sauce olé olé.
Après les déboires de Valeria et ses prises de têtes existentielles, elle semble pour une fois sur le bon chemin. La rencontre de Bruno l’a apaisée et son cœur bat la chamade pour le beau et sensible écrivain. Mais le bel apollon va trop vite à son goût : rencontrer la fille de ce dernier, quitter définitivement Madrid pour sa maison de campagne. S’établir dans une véritable relation de couple et familiale lui met littéralement les jetons. Elle sait pourtant que c’est la bonne et unique solution qu’il lui apportera la stabilité qu’elle cherche tant. Tout semble si évident, si un certain Victor, irrésistible comme toujours, ne rôdait toujours pas dans ses parages. Après tout, peut être qu’elle peut lui donner son amitié, en tout bien tout honneur, et puis cela brisera, peut-être, son attirance envers lui.

 

Sans oublier les copine de toujours, les mousquetaires présentes dans les bons comme les mauvais moments.

 

Carmen voit sa vie changer du tout au tout. Sa vie avec Barto est plus que mouvementée et surtout elle est passée à la vitesse supérieure.

 

Lola, l’éternelle croqueuse d’hommes, est confrontée à ses pires démons.

 

Nerea papillonne pour le plus grand bonheur de ses copines.

 

L’heure des choix a sonné pour le pire et le meilleure.

 

Quel délice de suivre ces incroyables filles. C’est un peu nous toutes conjugués au pluriel. Les pires des qualités et les meilleurs défauts forment cette osmose magique qui nous fait rire et pleurer. Sensible, parfois maladroit, euphorie, épicé, interrogatoire, la saga Valeria c’est tout ça et bien plus. Une fenêtre ouverte sur la féminité qui se décline de nombreuses façons. Les sentiments libérateurs ou oppressants, l’amitié sont la genèse d’une histoire sans fausse note. Suivre les différentes aventures de Valeria et de ses copines m’ont enchantée, leurs évolutions m’ont ravie et leurs différents déboires m’ont peinée. Un magnifique condensé dans lequel les émotions chamboulent.

 

Les « netflexiennes » peuvent retrouver ces incroyables aventures sur le petit écran. Je suis curieuse de savoir si elles sont fidèles aux romans.

 

Une saga à découvrir et à dévorer.

 

Une chronique de #Esméralda.

… Lien Kindle

… le site des éditions L’Archipel

… mes avis sur les 3 premiers tomes (clique sur les photos pour les lire).

Ceux qu’on aime de Victoria Hislop

Littérature anglaise – Livre sorti le 10 octobre 2019

Editions Les Escales

Service Presse

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »

 

Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions « Les Escales » qui, via la plateforme NetGalley, m’ont permis de découvrir le roman de Victoria Hislop.

Résumé :Une odyssée familiale puissante et passionnante.
Le grand retour de Victoria Hislop à la saga historique.

Athènes, milieu des années 1940. Récemment libérée de l’occupation allemande, la Grèce fait face à de violentes tensions internes. Confrontée aux injustices qui touchent ses proches, la jeune Themis décide de s’engager auprès des communistes et se révèle prête à tout, même à donner sa vie, au nom de la liberté. Arrêtée et envoyée sur l’île de Makronissos, véritable prison à ciel ouvert, Themis rencontre une autre femme, militante tout comme elle, avec qui elle noue une étroite amitié. Lorsque cette dernière est condamnée à mort, Themis prend une décision qui la hantera pendant des années.
Au crépuscule de sa vie, elle lève enfin le voile sur ce passé tourmenté,
consciente qu’il faut parfois rouvrir certaines blessures pour guérir.

 

L’avis de #Lilie : J’ai connu Victoria Hislop lors de mon voyage en Crète, en 2013. Elle venait de sortir son premier livre, « l’île des oubliés », qui évoquait l’île de Spinalonga que je venais de visiter. De retour en France, je me suis précipitée en librairie pour acquérir ce roman que j’ai dévoré en un rien de temps. Depuis, j’attends toujours avec impatience la sortie de ses nouveaux romans.

Ce roman se déroule à Athènes entre 1930 et nos jours. On découvre la vie de Thémis, une grand-mère grecque qui décide, suite à une réception chez elle, de raconter ce qu’elle a vécu à ses petits-enfants. Grand-mère aimante et taiseuse, Thémis cache en elle le poids des souffrances vécues sous l’occupation, le feu de son engagement auprès des communistes et les sacrifices qu’elle a dû accepter de faire par amour pour ses enfants.  Avec, en toile de fond, la vie politique grecque, Thémis raconte tout pour que la mémoire de ses combats perdure après elle.

Au début du roman, Thémis est une petite fille. Très vite, elle a appris à se taire face aux disputes de ses deux grands frères, Panos et Thanasis, et les persécutions de sa grande sœur Margarita. En grandissant, elle se forge des idées assez nettes, en opposition avec « la barbarie » de l’extrême droite et elle s’enrôle dans l’armée communiste. Là-bas, au nom de ses idéaux, elle va découvrir la face cachée de cette idéologie et faire des rencontres qui vont changer son destin. Elle va vivre avec le poids de ses expériences tout au long de sa vie et gardera tout cela pour elle. Thémis est une femme forte, de valeur, idéaliste et qui essaie de faire passer sa famille avant tout le reste. Son grand frère Panos est un homme de conviction, en perpétuelle opposition avec Thanasis qui a fait le choix d’adhérer à la pensée collective. Ce dernier va connaitre un destin assez tragique et son évolution est intéressante. Contrairement à ce que je pensais au début, je me suis attachée à lui car malgré son apparente dureté, il est très attaché à sa famille et ne supporte pas les injustices. 

Ce que j’aime chez Victoria Hislop, c’est qu’elle ancre toujours ses histoires dans un contexte historique réel. Ici, on suit en trame de fond les rebondissements et les révolutions qui ont secoué la Grèce de 1940 à 1981. Comme toujours, on apprend beaucoup de choses tout en se passionnant pour le destin des différents protagonistes qu’elle met en scène. J’adore découvrir des pans de l’Histoire qui me sont inconnus et ainsi mieux comprendre, parfois, ce qui se joue de nos jours. La plume de l’autrice est très visuelle et émotionnellement forte. En effet, on est en totale immersion, en plein cœur de la Grèce que l’on prend plaisir à découvrir au fil des pages. Les personnages ont du caractère, mais sans jamais tomber dans la caricature, on s’attache à eux, et j’ai tremblé, souri au côté de Thémis. 

Pour conclure, si vous aimez les histoires qui se passe dans un contexte historique réel, je ne peux que vous recommander les romans de Victoria Hislop. « Ceux qu’on aime » nous entraîne à la découverte du destin de Thémis, une petite fille qui deviendra une femme pleine de convictions et de secrets, pour le bien de sa famille. Un destin touchant et une lecture entraînante qui ne vous laisseront sûrement pas de marbre.

 

 

Retrouvez ce roman sur le site « Lisez »

 

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L’OMBRE DE LA MENACE de Rachel Caine.


L’un des thrillers les plus commentés sur les réseaux sociaux américains La vie sans histoire de Gina vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial. Le mari de Gina est condamné à mort. Elle est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était complice de son mari, du moins qu’elle couvrait sa folie meurtrière.
Victime de harcèlement, elle décide de fuir avec ses enfants. Mais, où qu’elle aille, quelqu’un dans l’ombre l’épie, l’obligeant sans cesse à changer d’identité et de vie. Quatre ans ont passé. Gina vit à Stillhouse Lake, où elle commence enfin à baisser la garde. Jusqu’à ce qu’un cadavre de femme soit repêché du lac…
Traduit dans seize pays, n°1 sur la liste des meilleures ventes de USA Today, ce thriller a été finaliste du Goodreads Choice Award et de l’International Thriller Writers Award.
Traduit de l’américain part Sebastian Danchin.

Gina avait la vie qu’elle eut rêvé : deux enfants, un mari attentionné, une belle maison dont elle s’occupait tous les jours. Ni travail, ni stress, une vie idyllique. Gina était le genre de femme à se contenter de ce qu’elle avait et surtout à ne pas faire trop de vague. La famille américaine dans toute sa splendeur.
Mais quand le verni bien appliqué se désagrégea d’un seul coup, la vie idyllique s’évapora.
Un après midi normal vire au cauchemar en un claquement de doigt. Une voiture vient de percuter le garage, antre du mari, et dévoile un corps de femme pendu.

 

Les portes de l’enfer s’ouvrent engloutissant tout. Débute ainsi un combat acharné que devra mener à bout de bras la pauvre Gina dont on l’accuse de tous les maux. Sa vie détruite, ses enfants traumatisés, la fuite devient la seule évidence suite à son acquittement. La foule se déchaîne, leurs mots sont des couteaux acérés, la préservation et la survie devient son unique préoccupation. Survivaliste malgré elle, elle déborde d’imagination pour les préserver de cette malveillance : changement d’identité, multiple déménagement, suivi de courrier, alarme, interdiction d’aller sur les réseaux sociaux. Obnubilée par tous ces aspects pour leur bien, elle est tout le temps sur le qui-vive.

 

Leur dernière fuite les a portés aux abords de ce lac paisible, une petite ville perdue où elle commence à prendre ses aises. Ses enfants malgré leur parcours chaotique s’y sentent bien. Gina fait quelques rencontres mais sa prudence est toujours de mise. Ce nouveau départ semblait durer mais le corps d’une femme retrouvée dans le lac remet tout en cause. La police s’en mêle, les soupçons fleurissent et le passé la rattrape. 

 

Une course effrénée commence pour découvrir la vérité et cette dernière se révélera cruelle.

 

Je découvre pour la première fois cette auteure américaine et ce fut un réel plaisir. La plume de Rachel Caine est rythmée et les rebondissements s’enchaînent rapidement. Un thriller psychologique qui prend le temps de s’installer avant de s’emballer. Une lecture haletante, prenante et folle. Le cyber harcèlement est au cœur de cette histoire dramatique qui bafoue les libertés individuelles. Un acharnement glauque qui prend à la gorge et qui s’intensifie au fil des pages. Rachel Caine sait faire durer le suspense jusqu’au point final où, frustrée, j’espère qu’il y aurait une suite à se dénouement particulier. Un thriller psychologique intense comme je les aime sans aucun temps mort. A découvrir.

 

La lettre pote la marque d’El Dorado, la prison où Mel attend son exécution. Il se trouve depuis longtemps dans le couloir de la mort, les avocats m’ont expliqué qu’il en avait pour dix ans au moins avant d’avoir épuisé tous ses recours. Le Kansas n’a pas exécuté un seul condamné depuis deux bonnes décennies, alors qui sait quand la sentence sera appliquée ? En attendant, il passe ses journées assis et il réfléchit. Essentiellement à moi.
Et il m’écrit. Comme il obéit à un rituel que j’ai fini par décoder, je suis incapable de toucher cette lettre pour le moment.
Je reste hypnotisée par l’enveloppe un bon moment, et sursaute lorsque s’ouvre la porte d’entrée et que l’alarme émet un bip. J’entends les doigts de Lanny voler sur le clavier.
Je n’esquisse pas un geste, comme si l’enveloppe était capable de me mordre si je la lâchais des yeux.
 
Une chronique de #Esméralda

LE CHANT DE CORBEAU de Lee Maracle.


L’épidémie de grippe asiatique des années 1950 atteint la Colombie-Britannique et ravage la communauté. Les Autochtones sont livrés à eux-mêmes et les médecins blancs négligent de les soigner. La jeune Stacey, sa mère et les autres femmes du clan de Loup se serrent les coudes, enterrent leurs morts, à l’ombre de la prophétie de Corbeau : « Les grandes tempêtes façonnent la terre, font éclore la vie, débarrassent le monde de tout ce qui est vieux pour faire place au neuf. Les humains appellent ça des catastrophes.
Ce sont juste des naissances. »
Traduit de l’anglais par Joanie Demers

Un roman immersif et terriblement captivant. Un voyage inouï au confins d’une communauté stigmatisée, décharnée, abandonnée, parquée, déshumanisée. Bien plus qu’un combat Lee Maracle raconte la vie absolue au travers des yeux d’une jeune femme tiraillée entre l’avenir, du blanc, et le passé, des siens.
Stacey vit de l’autre côté du pont. Frontière, malgré lui, de deux mondes, celui des blancs et du clan des Loups. Stacey le franchit tous les jours pour se rendre à l’école des blancs où elle tente de se fondre dans la masse et surtout comprendre leur monde, leurs lois, leurs coutumes. Au grès des années qui défilent, des discussions avec son amie, des repas pris à ses côtés, Stacey s’interroge toujours autant. Elle admire leur confort, leur technologie et leur médecine. Alors quand l’épidémie éclate au sein de sa communauté, sa confiance envers eux est malmenée. Personne n’a passé le pont pour leur en venir en aide.

 

Entre légendes, prophéties, visions, Lee Maracle nous entraîne dans une fiction dont le réel ne peut que nous surprendre. Minutieusement, elle nous imprègne de ce monde inconnu, de cette simplicité auto suffisante à vivre l’instant présent, de ses douleurs fulgurantes où cris et larmes fusent et de ses bonheurs infinis. Stacey croit infiniment que le monde des blancs peut apporter quelque chose à leur communauté, notamment l’enseignement dont elle prend le parti. Et à contrario que ce monde là est bien loin de ses valeurs et préceptes, de sa nature. Ce duel perdure tout au long du roman menant vers cette finalité loin des rêves.

 

Si les premières pages m’ont apeurée, les suivantes m’ont captivée. Un magnétisme puissant se dégage des mots de Lee Maracle mettant au centre de son histoire cette dualité cruelle. Si je me suis accrochée à tous ces moments de bonheur, la tristesse est, malgré tout, le sentiment qui m’a accompagnée en fermant LE CHANT DE CORBEAU. Une histoire poignante où les petites détails en font une grande, où l’Homme devient son pire ennemi.

 

Un roman à découvrir sans aucun doute, les adeptes de la Littérature des Premières Nations, je pense, seront conquis. De mon côté, je continue mon exploration de ce monde hypnotique.

 

Une chronique de #Esméralda.

L’irrésistible histoire du Café Myrtille de Mary Simses

Littérature Nord-Américaine/Feel-good book – Mai 2019

Editions Pocket

Lecture personnelle

Ma note : 3,5/5

 

Résumé : Ellen Branford, jeune et brillante avocate, mène une vie affairée à New York. Pour exaucer les dernières volontés de sa grand-mère, elle se rend à Beacon, minuscule ville côtière du Maine. Elle doit y retrouver l’amour de jeunesse de son aïeule et lui remettre une lettre. L’affaire d’une journée, pense-t-elle…
Mais rien ne va se passer comme prévu: à peine arrivée, Ellen tombe d’un ponton et manque de se noyer. La photo de son sauvetage par un certain Roy fait la une du journal local. Le destinataire de la lettre reste introuvable. Et le passé de sa grand-mère recèle ce qu’Ellen n’aurait jamais pu imaginer. Alors que son séjour se prolonge, la jeune femme se met à douter des choix qu’elle a faits jusqu’ici et qui lui semblaient si solides. A-t-elle vraiment la vie dont elle rêvait ?

 

L’avis de #Lilie : J’ai découvert ce livre complètement par hasard, grâce à un groupe de livres voyageurs. Je dois avouer que j’ai d’abord été attirée par la couverture et en lisant le résumé, je me suis laissée tenter et je ne regrette pas cette parenthèse livresque.

Ellen vient de perdre sa grand-mère. Avant de mourir, elle lui a fait promettre de remettre une lettre à Chet Cummings, son amour de jeunesse, qui vit à Beacon, une petite ville du Maine. Ellen prend cette « mission » très à coeur et quitte donc New-York pour le Maine. Mais une fois là-bas, rien ne se passera comme prévu et la jeune femme pourrait bien trouver bien plus que ce qu’elle espérait… Et si de nouvelles perspectives s’ouvraient à elle ? Est-elle vraiment faite pour une vie d’avocate New-Yorkaise ?

Ellen est, au premier abord, le stéréotype de l’avocate new-yorkaise : toujours pressée, carriériste, soucieuse des apparences…. Son début de séjour à Beacon va mettre à mal ses habitudes et son sauvetage de la noyade par Roy va faire d’elle la star de la ville. Mal à l’aise avec cet échec, elle va pourtant, peu à peu, fendre l’armure et révéler sa vraie personnalité. Elle profite également de ce séjour pour aller sur les traces de sa grand-mère et découvrir ses secrets de jeunesse. Tout cela va l’entraîner de surprises en surprises et l’obliger à voir beaucoup de choses sous un nouvel angle. Roy, son « sauveteur », est charpentier, amoureux de sa ville et de sa tranquillité. Attaché à sa famille, il a tout de l’homme parfait ! Au fil des rencontres avec Ellen, une complicité va naître entre eux… mais la belle est fiancée à Hayden, un avocat new-yorkais ambitieux, qui vise une place en politique. Alors, entre ces deux homme si différents, Ellen fera-t-elle le choix de la passion ou de la raison ?

Ce roman m’a fait un bon moment. La plume de l’autrice est fluide, très visuelle et m’a permis de voyager dans cette petite cité balnéaire des Etats-Unis. Les personnages sont intéressants même si Ellen est un peu caricaturale au départ. Néanmoins, j’ai aimé la voir évoluer et se questionner au fil des pages. L’intrigue n’est pas très originale mais elle m’a permis de penser à autre chose et elle m’a transportée au cœur du Maine, donc la mission principale du roman est remplie ! Je mettrai un petit bémol sur la fin, qui est un peu rapide pour moi. Ce livre est l’occasion aussi de s’interroger sur le sens de nos vies, le sens qu’on lui donne et les priorités que l’on décide de choisir. En effet, on perd souvent de vue qu’il faut prendre son temps, profiter de toutes les petites choses de la vie en faisant passer en premier notre vie professionnelle et toutes ses exigences. 

Pour conclure, j’ai passé un bon moment de lecture avec « l’irrésistible histoire du café Myrtille ». Amateurs de lecture feel-good, n’hésitez pas à vous tourner vers cette histoire légère qui permet de s’évader le temps de sa lecture.

 

Retrouvez ce roman sur le site des Editions Pocket

SHUNI de Naomi Fontaine.


Naomi Fontaine écrit une longue lettre à son amie Shuni, une jeune Québécoise venue dans sa communauté pour aider les Innus. Elle convoque l’histoire. Surgissent les visages de la mère, du père, de la grand-mère. Elle en profite pour s’adresser à Petit ours, son fils. Les paysages de Uashat défilent, fragmentés, radieux. Elle raconte le doute qui mine le cœur des colonisés, l’impossible combat d’être soi.
Shuni • Ce que tu dois savoir, Julie, cette lettre fragile et tendre, dit la force d’inventer l’avenir, la lumière de la vérité. La vie est un cercle où tout recommence.

Il y a de ces mots, de ces phrases, de ces récits qui vous captivent en un instant. Vous avez l’impression de tenir entre vos mains, un objet précieux et bien plus encore. Un objet immuable qui vous marque dans votre chair et qui vous laisse ce doux souvenir d’avoir fait une rencontre exquise. Voilà ce que me dit mon cœur.
SHUNI fait indéniablement parti de ces récits qui vous tourneboulent aussitôt. Le ton est donné dès les première lignes. Naomi Fontaine se livre, se délivre, se confie du plus profond de son cœur à cette vielle connaissance, Julie. Leur monde est séparé par tout un tas de connaissances, de beaucoup de préjugés, de méchancetés. Des différences qui terrifient et qui cloisonnent les esprits. Pourtant Naomi Fontaine n’en a pas peur, elle les a apprivoisées au fil du temps.

 

Je voulais que tu le saches. Je pourrais parler très fort, parler très bien. Dire des mots que personne n’a jamais prononcés avant moi. Je pourrais étudier l’histoire dans ses moindres failles, la réécrire. Je pourrais passer ma vie entière à me battre contre tous les préjugés qui nous écrasent. Je pourrais t’écrire des milliers de lettres. Mais je crois sincèrement que c’est l’amour qui changera le monde.
Entre nous et vous.
Entre toi et moi.

 

Naomi fontaine décrit sa vie et celles de sa communauté. Les images défilent au rythme de souvenirs tendres. Les mots s’invitent dans cette balade hypnotisante. Le sourire radieux naissant sur les visages reconnaissants.

 

Naomi Fontaine loin des préjugés partage. Mais elle ne veut pas de notre peine, de notre regard hagard, de notre compréhension généreuse. Elle veut juste notre amour sincère.

 

Au grès de ses paroles, de ses confidences à son petit ours, de ses interpellations, de ses recommandations, de ses questions, des ses doutes, Naomi Fontaine nous transmet les paroles tues d’un peuple qui ne doit pas s’effacer.

 

Au travers de mots doucereux et mélodieux règnent parfois une cruelle douleur dont elle en tire, pourtant, une certaine magnificence.

 

J’ai été subjuguée, envoûtée. Ses mots essentiels, ses mots cruciaux, son regard judicieux et honnête dépeignent avec maestro, douceur et sensibilité, la beauté du monde dans leurs yeux.

 

Une lecture essentielle, indispensable, incontournable, unique et magique !

 

Il y a ces gestes que je n’ai pas appris à faire quand j’étais petite. Je n’ai pas appris à cogner à une porte avant d’entrer dans une maison. Je n’ai pas appris l’importance d’arriver à l’heure à un rendez-vous. Ma mère ne m’a pas appris à gérer convenablement mes finances.
Et toi Julie, sais-tu reconnaître les pistes du lièvre ? Sais-tu lire le temps qu’il fera sur les feuilles des arbres ? Sais-tu entendre, au-delà de la souffrance qui est visibles, le pouls d’un cœur qui s’accélère pour continuer à battre ?

 

Une chronique de #Esméralda

Avant toi de Jojo Moyes

Littérature anglaise/drame – Livre sorti le 10 juin 2016

Editions Milady

Lecture personnelle

Ma note : 5/5 mention « coup de cœur »

 

Résumé : Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

 

L’avis de #Lilie : Ce roman a fait grand bruit au moment de sa sortie. Très vite, j’ai été intriguée et je me suis plongée dans cette histoire qui, sous ses airs de romance, aborde de nombreux thèmes difficiles. C’est une lecture qui m’a beaucoup marquée et dans laquelle j’aime me replonger régulièrement.

Nous faisons ici connaissance avec Lou. Elle vit dans un petit village en Angleterre avec sa famille, ses parents, sa sœur et son neveu. Lorsqu’elle perd son emploi, elle est prête à tout pour pouvoir aider financièrement les siens et elle accepte un travail de garde-malade auprès de Will, un jeune homme tétraplégique. Avec son mauvais caractère et ses désillusions, Will n’a plus le goût à rien. Lou va alors tout faire pour essayer de lui faire vivre de nouvelles sensations, lui donner de nouveaux souvenirs et essayer de lui redonner le sourire. Arrivera-t-elle à le faire changer d’avis ?

Lou est une jeune fille à la fois banale et unique en son genre. En effet, elle n’a jamais quitté son petit village et a pour seul but de faire au mieux pour sa famille. Elle se met en retrait par rapport à sa grande sœur et a peu d’ambitions pour le futur. A côté de ça, Lou est pétillante, pleine de vie,  optimiste et elle essaie toujours de voir la vie du bon côté. Ses premiers contacts avec Will seront difficiles mais elle ne va rien lâcher pour tenter de percer la carapace qu’il s’est forgé. En effet,  suite à son accident qui l’a cloué sur un fauteuil roulant et privé de l’usage de ses membres, Will n’a plus le goût de vivre. Auparavant, il était un grand sportif, un peu casse-cou, et toujours prêt à relever de nouveau défi. Le fauteuil est pour lui comme une prison de laquelle il ne pourra jamais sortir. Très méfiant envers Lou, il va peu à peu s’ouvrir et se découvrir des points communs avec elle. Il va aussi l’aider à évoluer et à voir plus loin. C’est un des points forts du roman car leur relation sera belle à voir évoluer.

Ce roman est un gros coup de cœur. Attention, j’ai tout de même deux recommandations à vous faire avant que vous vous lanciez. Tout d’abord, prévoyez du temps lorsque vous l’attaquez car il est très difficile de reposer le livre, une fois commencé. En effet, les événements s’enchaînent, sans aller trop vite, mais on se laisse prendre par la relation qui se noue entre nos deux protagonistes. Ensuite, il ne faut pas lire ce roman si vous n’avez pas le moral. La thématique de l’histoire n’est pas gaie et même si les facéties de Lou vous feront forcément sourire, il y a de nombreux passages triste et qui, pour ma part, m’ont fait pleurer. En abordant le thème du handicap, l’autrice montre la difficulté dans laquelle se retrouve les personnes qui, du jour au lendemain, se retrouvent dans un fauteuil roulant. Il y a beaucoup d’informations sur le quotidien de ces personnes et les contraintes auxquelles ils sont soumis. Enfin, elle aborde aussi la question du suicide médicalement assisté qui est autorisé dans certains pays. Là encore, elle expose des faits et ne prends pas partie, nous laissant libre de nous faire une opinion. C’est une très belle histoire qui ne peut laisser insensible le lecteur car elle vous remuera sûrement.

Pour conclure, je ne peux que vous recommander la lecture d' »Avant toi » qui est une merveilleuse histoire d’amour, remplie d’émotions. Il a été adapté, il y a maintenant quelques années, en film. C’est une merveilleuse adaptation, très fidèle au livre, avec un casting de premier choix qui vous fera passer un bon moment, même si je recommande d’avoir, à proximité, une boite de mouchoirs…  

 

Retrouvez ce roman sur Amazon

TURBULENCES de David Szalay


Douze vols, douze voyageurs en transit à travers la planète, douze destins individuels liés les uns aux autres. Après Ce qu’est l’homme, finaliste du Man Booker Prize, l’écrivain britannique David Szalay nous emmène aux quatre coins du monde, explorant ce lieu de passage par excellence qu’est l’aéroport. De Londres à Madrid, de Dakar à São Paolo, à Toronto et à Doha, ce sont des fragments d’existence qui tissent le récit pour finalement se rejoindre.
Avec une impressionnante économie de moyens et une grande subtilité, Szalay en saisit l’essence, captant chez chacun de ces êtres, en suspens à des milliers de mètres d’altitude, les zones de turbulences auxquelles la vie les expose.
En offrant une vision panoramique en perpétuel mouvement, Turbulences esquisse un portrait de l’humanité en temps de crise, et nous interroge sur notre place et notre rapport aux autres dans ce vaste réseau interconnecté qu’est le monde d’aujourd’hui.
Traduit de l’anglais par Etienne Gomez.

 
TURBULENCES est à mes yeux un de ces romans que je range dans la catégorie hors du commun. Il vous scotche sans que vous vous en rendiez compte. Sa compagnie se révèle autant de l’éphémère qu’il vous laisse cet étrange sentiment qu’il a touché une partie de vous.

Tout commence à Londres et tout se termine à Londres. 12 vies, 12 hommes et femmes liés par ce lien invisible où rencontres inopinés, discussions succinctes, regards forment les chaînons d’un grand ensemble.

David Szalay se contente d’exprimer l’essentiel, ne rentrant pas dans des descriptions qui pourraient alourdir le rythme. Justement le rythme est important, miroir de ces relations passagères, introduisant rapidement une nouvelle situation, dans un nouveau aéroport, un nouveau pays avec ces coutumes et ces us. L’essentiel au delà des mots, se trouvent dans les gestes, les attitudes, les réactions innées qui peuvent être violentes, doucereuses.

TURBULENCES est comme un diaporama de ces instants volés, riches, croisés, intenses. Des clichés, des photos instantanées qui pourraient couvrir un mur entier. Il y ce quelque chose de majestueux, d’impénétrable et de merveilleux.

Une boucle bouclée qui ne devait se jouer qu’une seule fois. Aussi vaste le monde soit-il, ces liens ont su transcender l’espace et se l’approprier. Il y a ce quelque chose de magique dans le roman de David Szalay, ce quelque chose qui est lié à l’infinité de possibilités de communions intrinsèques. Je me suis sentie moins seule. Un vaste champs où l’avion serait le moteur improbable d’histoires exceptionnelles.

Amour, amitié, reconnaissance, fraternité, colère, tout autant de turbulences qui dans le désordre le plus total forme une histoire magnifique.
 
A découvrir absolument !

Une chronique de #Esméralda