ICI N’EST PLUS ICI de Tommy Orange.

[ LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Rentrée littéraire 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Roques
Éditions ALBIN MICHEL – Collection Terres d’Amérique
352 pages
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.
Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, en cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. Ici n’est plus a été consacré « Meilleur roman de l’année » par l’ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award.

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Cela fait depuis quelques temps que je pense à me lancer dans les chroniques vidéos. Et aujourd’hui je saute dans le vide. Je ne le ferrais pas tous les jours, mais je me donne comme objectif une fois par mois (je vais rester raisonnable). Je tenais toutefois à laisser mes doigts courir le clavier et en quelques lignes décrire mon ressenti. Vous pouvez néanmoins regarder la vidéo (support IGTV) à vos risques et périls, je ne suis pas certaine d’être compréhensible et je vous l’accorde je suis loin d’être à l’aise.

 

ICI N’EST PLUS ICI laisse pantois. Difficile de mettre les mots adéquats sur ce roman choral, le premier de Tommy Orange. Un roman choral particulièrement prenant où les mots fusent telles des balles accaparant le lecteur dans une tornade infernale. ICI N’EST PLUS ICI n’a rien de merveilleux. Portrait d’une communauté désenchantée, engloutie par l’égoïsme et l’arrogance de l’homme blanc. Les désillusions ont pris possession de ces femmes et de ces hommes arrachés à leur croyance, à leur vies et à leurs espérances depuis des décennies. Massacre consensuel et voulu, tout en silence, d’un art de vivre en adéquation avec la nature et les esprits.

 

12 personnages, 12 vies intrinsèques qui portent aux nues le désarroi incommensurable de tout un peuple. Alcool, violence, abandon, dépression, tout autant de maux qui trouvent leurs sources dans cet héritage arraché. Pourtant l’espoir perce dans ces petits trucs de rien du tout : un enfant qui enfile un costume et qui ne cesse de danser, un tambour qui résonne, des chants, un homme et sa caméra qui capturent ses instants dérisoires et le grand pow-wow, rassemblement de souvenirs. Un héritage qui persiste et dure, un héritage nécessaire quand les mots disparaissent d’une génération à l’autre ou quand cet héritage est bien trop lourd à porter.

 

Un roman puissant porter par les mots poétiques et judicieux d’un auteur hors norme.

 

Nous sommes l’ensemble des souvenirs que nous avons oubliés, qui vivent en nous, que nous sentons, qui nous font chanter et danser et prier comme nous le faisons, des sentiments tirés de souvenirs qui se réveillent ou éclosent sans crier gare dans nos vies, comme une tache de sang imbibe la couverture à cause d’une blessure faite par une balle qu’un homme nous tire dans le dos pour récupérer nos cheveux, notre tête, une prime ou simplement pour se débarrasser de nous. […]
Être indien en Amérique n’a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. […]
Mais pour les Autochtones de ce pays, partout aux Amériques, se sont développés sur une terre ancestrale enfouie le verre, le béton, le fer et l’acier, une mémoire ensevelie et irrécupérable. Il n’y a pas de là, là : ici n’est plus ici.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Albin Michel (vidéo et extraits).

… le Picabo River Book Club.

 

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Un grand merci à Léa et au Picabo River Book Club.

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Mon désir le plus ardent de Pete Fromm

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Littérature Nord-Américaine – Sortie format Totem le 2 mai 2019

Editions Gallmeister

Lecture personnelle

Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2019 »

 

Résumé : Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Et puis elle rencontre Dalt, et plus rien ne compte. À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour absolue et explosive. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, ils vivent leur passion à cent à l’heure et partent créer leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Très vite, ils décident de fonder une famille. Mais l’enfant qu’ils désirent de tout leur cœur tarde à venir. Un jour, alors que Dalt est en expédition en Mongolie, Maddy apprend une nouvelle qui bouleverse son existence.

 

L’avis de #Lilie : Je remercie Léa du Picabo River Book Club pour avoir proposé ce livre en « poche du mois » car elle m’a, une nouvelle fois, permis d’explorer un nouvel univers littéraire et de découvrir un roman rempli d’amour et d’émotions.

Nous faisons ici connaissance avec Maddy. Passionnée de nature, elle ne s’intéresse pas aux garçons de son âge, jusqu’à sa rencontre avec Dalton. A partir de là, leurs vies vont être bouleversées et ils vont tout faire à deux. Pourtant, l’enfant désiré tarde à venir et Maddy se sent, au fil des jours, de plus en plus diminuée. Que va-t-il lui arriver ? Leur vie de couple surmontera-t-elle les épreuves que la vie va leur imposer ?

Le personnage de Maddy est un peu atypique. Ce n’est pas une héroïne « classique » dans la mesure où sa passion, c’est la nature. Son amour pour Dalton va la transformer mais elle ne perdra jamais ni son franc-parler ni sa fierté. J’ai trouvé qu’elle était très attachante malgré une apparence un peu rude car c’est une femme qui veut s’assumer et qui a du mal à admettre quand ça ne va pas. Forte tête, elle peut paraître excessive mais personnellement, j’étais assez admirative de sa force de caractère. Quand à Dalton, on le découvre au fil des pages. Lui aussi passionné de nature, il ferait tout pour sa famille. Éperdument amoureux, il a parfois du mal à communiquer avec son épouse. Pourtant, on le sent entier, intègre, travailleur et cherchant toujours à faire au mieux pour ses proches. J’ai été touchée par ce personnage et par ce couple, dont l’amour transparait au fil des pages.

Avec ce roman, je suis passée à deux doigts du coup de cœur à cause de la narration, un peu particulière. En effet, c’est une narration qui part souvent dans des digressions, ou dans des phrases très longues, et qui, parfois, fait perdre le fil de l’histoire. Après un petit temps d’adaptation, je me suis néanmoins régalée et j’ai eu beaucoup de mal à poser le livre. Les personnages sont touchants et l’émotion transparaît entre les lignes. Leur parler vrai est également un point fort, qui peut être dérangeant pour certains, mais pour ma part, cela donnait une dose de sincérité supplémentaire à l’histoire. J’ai également trouvé l’écriture très visuelle car je me suis retrouvée en plein cœur des États-Unis, le long des rivières. Enfin, je dois dire que ce roman est une belle histoire d’amour, loin des clichés, juste un bel amour, vrai, entre deux personnes avec un tempérament de feu.

Pour conclure, « Mon désir le plus ardent » est un roman nord-américain que je recommande à tous les amateurs de romans d’amour et d’histoires bouleversantes. Ici, vous serez propulsés en plein cœur du Wyoming avec deux protagonistes sincères, touchants et haut en couleur. De mon côté, j’ajoute Pete Fromm à la liste des auteurs à suivre car cette première lecture m’a largement convaincue !

 

liens utiles

 

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Gallmeister
Retrouvez-le également sur Amazon

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STUDIO 6 de Lisa Marklund

[ THRILLER SUÉDOIS – Réédition 2019]
Une enquête de Annika Bengtzon
Éditions HLAB
444 pages
Ma note : 4/5
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Le résumé :
Annika Bengtzon est chargée de répondre aux appels de la Hot Line de La Presse du soir, quotidien suédois à sensation où elle est stagiaire. Un jour, un anonyme lui livre un scoop : le corps nu d’une jeune fille a été découvert dans un cimetière de Stockholm. Elle a visiblement été étranglée. C’est le meurtre de l’été ! Le rédacteur en chef met Annika sur le coup. La victime s’appelait Josefin, elle n’avait que dix-neuf ans et travaillait au Studio Sex, une boîte de nuit porno. Contre toute attente, son enquête la conduit à un ministre.
Comment s’est-il retrouvé impliqué dans cette affaire sulfureuse ? Quels secrets cache-t-il ? Pour devenir journaliste, Annika va devoir le découvrir. Mais à quel prix ?

« Recommandez Marklund aux fans de Jussi Adler-Olsen et Camilla Lackberg »  Booklist 

« Bengtzon fait preuve d’une éthique irréprochable et son sens de la justice en fait une figure phare dans les rangs des enquêteurs scandinaves » New York Times

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Après quelques expériences désastreuses de lecture de thriller scandinaves, je me replonge doucement dans ce genre et cette lecture a été une vraie bouffée d’air.

 

Annika Bengtzon, journaliste de son état, fait ses armes pendant quelques semaines dans les locaux du prestigieux La presse du soir. Intérimaire stagiaire, elle est chargée de répondre à la Hot Line du journal. Rien de glorieux entre les illuminés, les monomaniaques, et les hystériques, les appels n’offrent rien de particulier et surtout d’intéressant. Mal an bon an, elle est tout de même très fière d’être ici à la capitale. Un seul coup de téléphone va changer la donne et la plongée au cœur d’une enquête qui se révèle ardue et dangereuse.

 

Le corps d’une jeune femme dénuée est retrouvé dans un cimetière de la capitale. Les hématomes marquent son corps, un de ses doigts a été sectionné, les yeux grands ouverts sur un ciel appesanti par la chaleur et des marques de strangulation. Annika assiste a sa première scène de crime et dire qu’elle est choquée est un euphémisme. Pourtant, elle a enregistré le moindre détail qu’il lui est apparu. Remise de ses émotions, elle plonge dans cette enquête avec une énergie effroyable. Telle une obsédée, elle va à la pêche aux informations, appelant différent protagonistes ou témoins, recoupant toutes les informations. Elle fait un travail formidable, peut-être trop même, et les retombées sont destructrices pour ce petit bout de femme.

 

Lisa Marklund m’a plongée dans l’univers du journalisme avec ces petits détails et ces personnages secondaires qui ont tous l’air de requins affamés. Une ambiance très suffocante et méprisante où les tensions augmentent au fil du temps. Une enquête avec de nombreux éléments à prendre en compte et qui prend une tournure plutôt inattendue. D’une intrigue initiale s’en rajoute une autre en parallèle qui celle ci s’oriente vers les grandes sphères de la politique suédoise. Lisa Marklund maîtrise avec une perfection innée tout ce petit monde. J’ai été très vite embarquée dans enquête. Elle a su me surprendre à de nombreux points mais surtout j’ai été subjuguée par la personnalité d’Annika Bengtzon. Une jeune femme qui a de la suite dans ses idées et qui est têtue, revêche, fonceuse et caractérielle. Mais sous cette apparence impressionnante, se cache une femme meurtrie et on ne le comprend qu’à la fin. J’ai beaucoup apprécié l’interaction entre l’inspecteur Q et Annika : une complicité évidente qui j’espère se prolonge par la suite.

 

J’ai vraiment été transportée par cette lecture : des intrigues, une atmosphère inquiétante, un personnage principal étonnant et une plume qui m’a accaparé dès le départ. Beaucoup de détails mais ils n’alourdissent pas le texte, bien au contraire. Je suis vraiment heureuse de mettre lancée dans cette lecture et un soulagement d’avoir pu la mener jusqu’au point final. MEURTRE EN PRIME TIME, une autre enquête d’Annika Bengtzon, a rejoint ma tablette, j’ai hâte d’avoir le temps de le lire et de voir ce qu’Annika nous réserve.

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions HLAB.

…l’univers de Lisa Marklund

J’AI VENDU MON ÂME EN BITCOINS de Jake Adelstein.

[ ESSAI – Nouveauté 2019]

En collaboration avec Nathalie Stucky

Traduit de l’anglais par Cyril Gay.

Éditions MARCHIALY

250 pages

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »

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Le résumé :
En 2014, Jake Adelstein découvre les monnaies virtuelles en même temps que l’effondrement de Mt. Gox, la plus grande plateforme d’échange de bitcoins au monde, basée à Tokyo. Celle-ci annonce la disparition de 850 000 bitcoins, l’équivalent de 500 millions de dollars. Contre toute attente, c’est son créateur et dirigeant qui est le principal suspect de la police japonaise : Mark Karpelès, un jeune Français qui n’a pas encore 30 ans. Mark devient alors le centre de la plus grande affaire criminelle de l’ère numérique. Tout le monde veut sa peau : la police japonaise, le FBI et les milliers de particuliers qui ont perdu leurs économies. Au cours de son enquête, Jake Adelstein rencontre les pionniers du Bitcoin : idéalistes, geeks, libertariens, profiteurs ou spéculateurs, et tente de répondre à ces deux questions : qui a fait le coup ? Et où sont passés les bitcoins ?
 

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Bitcoins … connaissez vous ce terme ? Vous l’avez certainement entendu ici où là, il y a quelques années alors que le plus gros scandale planétaire éclatait sur l’île du Soleil Levant. Cet or numérique méconnu du grand public a pourtant fait vibrer la toile pendant des semaines. Journalistes affamés, paparazzis, rumeurs en tout genre ont affolé les plumes. Jake Adelstein et Nathalie Stucky sont partis à la quête de la vérité en retournant dans le passé. Comprendre un monde inaccessible et ses enjeux est une mission à haut risque, car complots et manipulations fleurissent là où on ne les attend pas.

 

Les essais sont un genre qui m’effraient souvent. J’ai toujours peur de ne rien comprendre ou de ne pas accrocher. De piètres excuses me diriez-vous mais j’ai toujours cette appréhension à me lancer. Les thèmes abordés ici par Jake Adelstein m’ont de suite mise à l’aise et en confiance : les bitcoins (sujet que je connais même si je n’ai jamais osé contribué à ce système), le Japon (île qui me subjugue) et une enquête rondement menée. Et je n’ai plus qu’à dire : à l’abordage !

 

Jake Adelstein (en collaboration avec Nathalie Stucky) nous livre une enquête au cœur du plus gros scandale qui a défrayé la chronique. Journaliste américain et grand connaisseur de la société nippone, il ne pouvait que mordre à l’hameçon et partir à la conquête du bitcoin. Avec aisance, curiosité et envie, il retrace depuis les débuts, la naissance du bitcoin, de ses dérives et de sa chute. Tout en laissant au centre de cette investigation un français, Mark Karpeles, petit génie et geek, créateur de la plateforme Mt.Gox et malheureusement protagoniste volontaire ou non, de ce cataclysme.

 

Jake Adelstein fait part de son raisonnement tout en étayant ses objections et suppositions. Un document très bien détaillé et accessible. J’ai navigué entre la France, le Japon et les États-Unis et également plongé dans le deep web. J’ai beaucoup appris et là est l’essentiel sans toutefois émettre un positionnement ferme sur mon avis quant à cette affaire.

 

J’AI VENDU MON ÂME EN BITCOINS se lit comme un thriller et c’est en ce point que c’est sensationnel. Une plume fluide et captivante qui expose les faits, les argumente et les développe tout en ne nuisant à personne. Des hypothèses ici et là germent tout en laissant le libre arbitre au lecteur et sans que cela soit imposé.

 

Une super lecture sur un sujet hors norme. J’ai été juste conquise ! Un incontournable 2019 à découvrir sans aucun doute.

 

Personnellement, à partir du moment où Nathalie et moi avions commencé à travailler sur le mile des bitcoins, j’avais toujours eu le sentiment que nous étions une version inversée de Dana Scully et Fox Mulder, elle la scientifique, lui le rêveur éthéré.
Dans notre cas, c’est Nathalie qui croyait que la vérité était ailleurs, que les bitcoins représentaient une monnaie forte et viable et que Mark était innocent. Moi, j’étais septique, je trouvais que les bitcoins étaient une idée tordue et que la vérité était criante. Mark avait paumé ou fauché les bitcoins. Aucun autre coupable à l’horizon, le seul à qui on pouvait s’en prendre était Mark. (page204)
#Esméralda

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… le site des éditions MARCHIALY.

Jake Adelstein se livre sur son livre à la Librairie Mollat.

Et si je ne vous ai pas convaincu Augustin Trapenard, le fera mieux que moi !

TEXTO de Dmitry Glukhovsky

 
[ ROMAN NOIR – Nouveauté 2019]
Traduit du russe par Denis E. Savine
Titre original : Tekcm, 2017
Éditions L’ATALANTE – Collections NOIR ET POLICIER
395 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Il est des gens qui laissent une trace derrière eux, et il y a ceux dont il ne reste rien. Le smartphone sait tout de nous : notre quotidien, nos vices, nos amours, nos espoirs, nos secrets inavouables. Mon smartphone est moi. Si quelqu’un s’en empare, il devient moi aux yeux de tous. Le temps que l’imposture soit découverte, il est trop tard. Pour tout le monde. Haletant, sombre, émouvant et engagé, le nouveau roman d’un des prodiges de la nouvelle génération d’écrivains russes.
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Direction Moscou le clinquant et sa banlieue des oubliés. Corruption, manipulation, complot, sexe, drogue, argent, un monde où les non initiés ne peuvent guère survivre, un monde où la tolérance 0 n’existe pas, un monde impitoyable, cruel où l’être humain semble s’y être perdu. Le grand méchant loup est prêt à dévorer et à faire un sacré carnage.

Ilya avait la jeunesse, la vie devant lui. Ilya rêvait des filles, de son avenir, de l’argent et des soirées trop arrosées. Ilya n’avait que vingt ans quand sa vie a basculé. Sa liberté lui a été retirée alors qu’il a été piégé par un flic véreux en quête de sensation, de pouvoir et de promotion. Ilya a du partir, embarqué de force dans ce train qui le mène à des milliers de kilomètres de sa mère. Ilya ne peut rien faire contre le système alors il va devoir s’adapter. Il apprend à survivre en prison au milieu de types hyper dangereux. La discipline, le respect, le contrôle de soi, la prison fait de lui un autre homme mais il n’a pas oublié celui qui l’a envoyé ici et la rancœur s’épanouit librement pendant sept longues années.

Le retour aurait du être un moment joyeux. Il attendait avec impatience les retrouvailles avec sa mère dont il imaginait dans sa cuisine, cœur vaillant à l’ouvrage, lui préparant des petits plats. La dure réalité le rattrape bien trop vite. Un pied de nez sadique qui lui ouvre les portes de l’enfer. Tristesse, mélancolie, colère, haine, un ultime shoot qui lui fait perdre pied et le pousse à perpétrer un geste désespéré. Son ultime échappatoire, le temps de prévoir une issue de secours, faire croire que le propriétaire de ce téléphone maudit est toujours vivant. Ilya s’accapare une vie, la décortique à tout va, via ce smartphone, une ouverture propice, un prolongement d’un homme qui gît six pied sous terre. Ilya est pris dans une frénésie utopique où la rédemption est salutaire. La réalité n’hésite pas à toquer à sa porte : sa mère et son avenir l’attendent patiemment. Seulement entre l’immoralité et le respect, le choix n’a rien d’une sinécure.

TEXTO est le genre de roman que j’adore découvrir. Un monde à deux vitesses où le riche complote tandis que le pauvre essaye tant bien que mal de survivre. D.G. a cette plume subversive qui ne fait pas cas de la brutalité des situations, des contextes et des personnages. D.G. adore interpeller, choquer et remuer les tripes. Car oui TEXTO est un de ces romans qui vous accapare dès le départ pour ne plus vous lâcher jusqu’au point final. Il dépeint sans contexte un monde « brouillon » où l’égocentrisme et le profit ont pris le pouvoir sur les valeurs moraux. L’objet que détient Ilya est le témoin de tous ces déboires. La vie d’un homme dans une machine, un instrument puissant qui détient touts ses secrets. Quelle ironie ! Une superbe découverte que j’ai pris le temps de savourer. Entre actions et réflexions plus longues, cette  aventure a une saveur amère et acide qui parfois s’adoucit. C’est un voyage effroyable et éreintant au son des bips des notifications qu’ils décomptent jusqu’à l’heure fatidique. Je ne m’étais jamais intéressée à la littérature russe par peur d’une certaine rudesse qui aurait pu m’effrayer. Voilà que j’ai révisé mon point de vue, ma pile à lire va être contente.

TEXTO est brutal et sanglant mais qui dépeint avec une réalité surprenante un monde en noir et blanc.

#Esméralda

 
Je remercie les éditions L’Atalante pour leur confiance et patience.

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… le site des éditions L’Atalante

… la biographie de Dimitry Glukhovsky.

LA DERNIÈRE CHANCE DE ROWAN PETTY de Richard Lange.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ÉTRANGÈRE – Nouveauté 2019 ]
Éditions ALBIN MICHEL – Collections TERRES D’AMERIQUE
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Patricia Barbe-Girault
416 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
Rowan Petty est un escroc à bout de souffle. Quand il n’arnaque pas des veuves esseulées, il triche au poker. Sa femme l’a quitté pour un autre escroc, sa fille ne lui parle plus depuis sept ans, et même sa voiture l’a planté… Jusqu’au jour où une vieille connaissance lui propose une dernière chance : filer à L.A. où des soldats en poste en Afghanistan auraient planqué deux millions dollars détournés. En compagnie de Tinafey, une sublime prostituée lasse de tapiner et avide d’aventures, il file en direction du Sud. Un jeu dangereux commence auquel vont se retrouver mêlés un vétéran blessé, un acteur fini, et la fille de Petty. Pour le gagnant : une fortune. Pour le perdant : une balle dans la tête.
On retrouve l’univers à la fois sombre, jubilatoire et attachant de l’auteur de Dead Boy et Angel Baby. Un hommage au roman noir, aussi efficace que maîtrisé.
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Dans la vie Rowan Petty a toujours joué avec la corde raide et survivre dans un monde où le bien et le mal n’est pas franchement défini et encore tout dépend du point de vue. Rowan a la débrouille dans le sang. Petits coups montés à la sauvette pour se faire quelques billets rapidement, d’autres bien plus élaborés et puis y a le jackpot. Le coup d’une vie qui ne se présente qu’une seule fois. Rowan a le cuir dur, de ceux qui ont roulé leur bosse et qui connaissent toutes les ficelles du métier, car s’en est bien un. Rowan a connu le temps où il était le roi des magouilles en tout genre et les poches remplies d’oseilles. Il a côtoyé la chance qui se fait la malle une fois sur deux, mais ce sont là les risques du métier. Rowan est un gars bien sympathique dont il faut tout de même se méfier, il a la verbe des manipulateurs qui seraient capable de vous vendre un bout de papier en vous confirmant que vous allez devenir riche. Rowan a connu son temps où la malchance lui collait aux baskets et les coups durs, comme le jour où sa femme le quitte pour son meilleur pote se retrouvant ainsi avec leur gamine sur les bras. Sam est son rayon de soleil et il se rappelle tout de cette petite bouille qu’il a du laissé à sa mère. Un choix dur mais œuvré dans le but de protéger son unique trésor. Rowan est ni un looser ni un lâcheur. Quelques soient les défaites ou les déroutes, il trouve toujours un moyen de rebondir. La débrouillardise et la témérité sont des atouts précieux dans un monde de chacals prêts à dévorer les restes. Rowan Petty est au antipode d’une super héros, il mérite pourtant votre attention.

 

Direction la Californie pour le coup du siècle. Motel miteux, banlieue craignos, filature, une petite Sam qui a bien grandi, une prostituée Tinafey extraordinaire, un acteur qui a perdu de son prestige, un vétéran estropié, une ex femme et son nouveau mari et deux millions de dollars. Résultat : une sacrée course contre la montre où les balles fuseront dans un certain chaos.

 

Je découvre pour la première fois la plume énergique de Richard Lange et son univers. Une ambiance glauque où le glamour a très peu de place. Des endroits miteux, des gens dingues et peu fréquentables, de la folie, de la douleur, du sang, de complots, des mensonges, tout autant d’ingrédients qu’aime mettre en valeur Richard Lange. Le underground américain où le rêve s’est fait la malle depuis belle lurette. Cette lecture ne m’a pas subjugué. Pourtant j’ai aimé découvrir ce Rowan Petty auquel j’ai fini par m’attacher. Il n’y a pas de véritables surprises tout au long de la lecture. Certaines longueurs redondantes apparaissent ici et là. La psychologie des personnages est soignée et éclectique et est, à mon sens, la force de ce roman.

 

Ni enflammée ni déçue, LA DERNIÈRE CHANCE DE ROWAN PETTY m’a permis de découvrir un auteur et par l’occasion de rallonger ma pile à lire avec DEAD BOYS (nouvelles) et ANGEL BABY.

 

#Esméralda

 
Je remercie Monsieur Geffard pour sa confiance.

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… le site des éditions Albin Michel

… le site officiel de Richard Lange.

TOUTE UNE VIE ET UN SOIR de Anna Griffin.

 

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE IRLANDAISE – Nouveauté 2019 ]
Traduction de l’anglais (Irlande) par Claire Desserrey
DELCOURT LITTÉRATURE
272 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s’installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours – sauf que, ce soir, rien n’est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir – de tout ce qu’il a été et de tout ce qu’il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à l’innocente Noreen, sa belle-soeur un peu timbrée, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux États-Unis, et enfin à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c’est toute une vie qui se révèle dans sa vérité franche et poignante…
Un roman plein de pudeur et de grâce qui contient toute l’âme de l’Irlande.

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Aujourd’hui, les gens adorent parler. Dire ce qu’ils ont sur le cœur. Comme si c’était facile. Les hommes, en particulier, se font beaucoup reprocher de pas faire leur part dans ce domaine. Pour ce qui est des Irlandais… Crois-moi sur parole, ça s’arrange pas avec l’âge. C’est comme si on s’enfouissait toujours plus loin dans notre solitude. Pour régler nos problèmes nous-mêmes. Tous ces hommes assis seuls au comptoir, remâchant en boucle les mêmes pensées. Si t’étais à côté, fiston, tu entendrais rien de tout ça. Je saurais pas par où commencer. Dans mon cerveau, tout est clair, mais le clamer devant tout le monde, à quelqu’un d’autre ? On n’a pas été élevés comme ça. On nous l’a pas appris à l’école. Ni prêché depuis la chaire. Après on s’étonne qu’à 30, 40 ou 80 ans, on soit pas capable de s’y mettre.

 

Il est l’heure pour Maurice Hannigan de lever cinq fois le coude aux personnes qui ont fait de sa vie un long parcours paisible. Cinq toasts à cinq personnes qui lui sont le plus chères. Hannigan du haut de ses 80 piges, délivre tout au long de cette soirée mémorable, un long message touchant et poignant sur sa vie. En bon irlandais qu’il est, dévoilé ses sentiments, ses états d’âme, ses pensée les plus intimes, ses doutes, ses craintes et ses fous rires, est un sacré challenge.
 

 

Accoudé au bar qui a connu tant d’hommes esseulés, ivres, joyeux et en colère, Hannigan se lance dans le récit d’une vie conditionnée par la rudesse de la terre irlandaise. Puisant le courage au fond de ses tripes et poussé par ce besoin irrépressible de confidence, Hannigan déverse un flot de souvenirs, des bons comme des mauvais, une effluve douce, captivante et généreuse qui est agréable de suivre.

 

Je me suis installée à son côté, regardée dans les yeux cet homme humble prêt à un dernier voyage extraordinaire. Je l’ai écouté religieusement, comme si cet aparté entre nous était un moment sacré et unique. Et j’ai vu sur les traits de son visage et à ses mains battant le bois et triturant ses poches, que ses mots emprunts d’une honnêteté sans faille me bouleverseraient et me passionneraient. Être témoin de cet instant est magique et naturel, comme si c’était le bon moment.

 

Notre balade débute avec une bouteille de Stout, levée en l’honneur d’un frère parti bien trop tôt. « Contre le reste du monde », était leur mantra préféré, bravant ainsi la rudesse de la vie et de la terre et des patrons tyranniques. Avec son frère tout était possible, rien était impossible.
Suivie d’un verre de Bushmills, levé à sa petite fille qui n’a jamais pu connaitre. Un verre amer rempli de reproche, d’amertume et de déception. Une petite fille qui continuera de vivre dans son cœur meurtri et qui deviendra une confidente silencieuse et actrice lors de ses prises de décision.
C’est à nouveau avec une bouteille de Stout, que Hannigan porte son troisième toast dédié à sa belle-sœur. La sœur cadette de sa femme est un rayon de soleil de simplicité et de bonheur.
Suivi de l’incontournable Jefferson’s Presidential Select dédié à son fils sur lequel il s’épanche sur son rôle de père qui n’a pas été à la hauteur.
Et pour finir un Whiskey Midleton au souvenir de sa tendre femme.

 

Anna Griffin signe un premier roman aussi charmant que nostalgique. Une virée inoubliable au côté d’un homme qui se confie. Une nuit pour relater toute une vie remplie de joie, de bonheur, d’austérité, de malheur. Une vie simple où le courage, le labeur l’ont dirigé un long moment, où les mots finissent par avoir une signification, un exutoire, un lâcher prise qui prend alors toute son importance. Une histoire émouvante et captivante dont j’ai pris plaisir à la découvrir. Une lecture intense qui est loin de me laisser indifférente. Il est étranger d’être témoin de ses confessions. Elles reflètent l’âme d’un homme et de son pays, de ces temps d’autrefois et d’aujourd’hui et de cet amour fusionnel et unique longtemps gardé dans ce cœur façonné par l’inutilité de dire simplement les choses importantes.

 

La plume d’Anne Griffin est d’une subtilité attendrissante et d’une honnêteté à tout épreuve. Une harmonie communicative qui transcende et émerveille autant qu’elle interroge. La traductrice a fait un travail fantastique.

 

TOUTE UNE VIE ET UN SOIR est une très belle découverte. Un premier roman magnifique qui peint un portrait saisissant d’un homme qui saura vous toucher en plein cœur.

 

#Esméralda

 


 

 

Je remercie les éditions Delcourt Littérature pour leur confiance.

 

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