Le coeur battant de nos mères de Brit Bennett

Littérature Nord-Américaine – Livre paru le 22 aout 2018

Editions J’ai Lu

Lecture personnelle

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »

 

Même si c’est une lecture personnelle, je tiens à remercier Léa et les membres du Picabo River Book Club qui m’ont permis de découvrir ce roman grâce à leurs critiques et leurs conseils.

 

Résumé : Quand Nadia, 17 ans, perd sa mère et avorte en cachette, sa vie est bouleversée. Elle choisit alors de quitter la communauté noire et religieuse qui l’a vue grandir et laisse derrière elle Luke, son amant aux rêves brisés, et Aubrey, sa meilleure amie. Boursière dans une grande université, Nadia fréquente désormais l’élite.
Durant une décennie marquée des affres de la vie, les trajectoires des trois jeunes gens vont se croiser puis diverger, tendues à l’extrême par le poids du secret.

 

L’avis de #Lilie : Le moins que je puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai découvert en ouvrant ce livre. Entraînant, intriguant, il l’est. Par contre, je ne voyais pas du tout la trame de l’histoire comme cela… loin d’être déçue, j’ai été surprise au cours de cette lecture et je dois avouer que de temps en temps, ça fait du bien de l’être !

A la lecture du quatrième de couverture, je pensais qu’on allait vite entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire suivre Nadia, une jeune femme de 17 ans qui quitte sa petite ville de Californie pour aller faire des études dans une université prestigieuse. Finalement, l’autrice prend le temps d’installer les personnages, de nous les faire découvrir avant de « faire partir » Nadia. En effet, on la suit pendant les semaines qui précèdent son départ, les épreuves auxquelles elle est soumise et qui vont, quelque part, faciliter ce départ. C’est d’ailleurs l’occasion de découvrir Aubrey, qui est la meilleure amie de Nadia, et Luke, son amant. Aubrey est puritaine et elle n’a pas connu un début de vie facile. Quant à Luke, être le fils du pasteur n’est pas forcément un poids facile à porter. Pas forcément gaté par la vie, Luke est un jeune homme qui ne sait plus trop où il en est.

Au fil des années, ces trois personnages vont se croiser, interagir, s’éloigner, se retrouver…. Bref, on suit trois tranches de vie et on prend plaisir à les voir évoluer, douter, changer de trajectoire… Car oui, comme dans la « vraie » vie, ces trois protagonistes sont perfectibles, ils font des choix, qu’ils assument ensuite… ou pas ! Ce que j’ai trouvé admirable, c’est que le narrateur omniscient ne porte pas de jugement sur leurs choix; il nous les expose, tout simplement, et c’est à nous, lecteur d’en tirer, ou pas, les conclusions qui s’imposent. Même si Nadia est un peu plus mise en avant au départ, finalement, on passe autant de temps avec les uns qu’avec les autres. Tous les trois ont un rapport particulier avec leur mère et tous les trois vont se construire grâce, ou à cause, de cela.

Le gros point positif de ce livre est, pour moi, la plume de l’autrice. Fluide, entraînante, elle nous plonge au cœur de cette communauté et on est en totale immersion. J’ai apprécié que ce roman nous expose la vie de ces personnages sans tomber dans le cliché « les afro-américains vs les blancs ». En effet, Brit Bennett décrit la vie des différents membres d’Oceanside mais je n’ai pas eu l’impression d’être dans un roman qui dénonce. Non, on est juste dans une histoire exposant les destins croisés de trois adolescents devenant adulte, qui font des choix, des erreurs et qui évoluent comme ils peuvent.

Pour conclure, « Le cœur battant de nos mères » est une très belle découverte pour moi. Cette histoire, même si elle ne m’a pas emmenée là où je pensais, m’a beaucoup plu et m’a procuré un large panel d’émotions. L’autrice est clairement à suivre tant son style est percutant et entraînant. 

 

Retrouvez ce roman sur le site des Editions « J’ai lu »

ELLE SENTAIT LA POMME ET LE PAIN CHAUD de Heather Harpham.

[ RÉCIT AUTOBIOGRAPHIQUE – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Brigitte Hébert
PRESSES DE LA CITE
368 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable »
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Le résumé :
Une famille exceptionnelle, et un long chemin vers le bonheur.
Heather est aussi globe-trotteuse que Brian, écrivain new-yorkais, est casanier, mais leur histoire d’amour ressemble à un conte de fées. Jusqu’au jour où Heather tombe enceinte… Si Brian est sûr de son amour pour Heather, il est également convaincu qu’il ne veut pas d’enfants. De retour dans sa Californie natale, Heather accouche donc seule. Seulement, quelques heures après la naissance de Gracie, le couperet tombe : le bébé est gravement malade. Alors qu’empire la condition de la petite – seule une greffe de moelle osseuse compatible pourrait la sauver –, Brian décide de revenir aux côtés d’Heather. Et c’est ensemble qu’ils vont réfléchir à ce qu’ils sont prêts à faire pour garantir l’avenir de leur petite fille…
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Raconter son enfer, celui de sa fille, celui de sa famille et celui d’autre est un acte de bonté. Raconter en toute humilité les souffrances, les désillusions, le désespoir et l’abattement est un acte audacieux. L’apitoiement n’est point recherché, au contraire ce récit autobiographique déborde de générosité et d’ondes positives.

 

Être confronté à l’inconnu, à la maladie, s’est entré dans un monde dangereux où le moindre mot est analysé, où le moindre acte est contemplé où la moindre parcelle de page vierge est source d’inquiétude. Le monde médical est un vaste empire que nous tous redoutons. Alors que faire quand à la naissance de son enfant, son premier, est annoncé l’improbable, la maladie et que ce petit bout de chou va devoir combattre pour vivre et que ses parents vont devoir accepter l’inacceptable et prendre les décisions qui leur incombent.

 

Elle sentait la pomme et le pain chaud est une ode à l’amour indéfectible, à l’amour puissant et  porteur. Un récit tendre et objectif sur le combat et la maladie. Un récit émouvant où ce petit bout de chou comprend l’imprononçable. Un récit où les mots de cette petite fille touchent. Un récit où les doutes et les silences veulent tout dire, où les regards sont emprunts d’un détonnant mélange, la tristesse et la combativité. Un récit où les petits moments de bonheur côtoient la souffrance. Un récit humain. Un récit prenant. Un récit douloureux. Un récit révélateur : un système de santé américain qui favorise la prise en charge que d’une certaine population, mais au delà de ce constat, l’élan de générosité de milliers d’inconnus qui grâce à leur don, quel qui soit, sauvent des enfants qui ne demandent qu’à vivre, courir et rire.

 

Heather Harpham m’a touchée en plein cœur. Sa plume simple et sa manière de narrer cette épopée m’a conquise. Elle transmet la juste vérité, celle de parents prêts à tout, celle d’une enfance tragique, celle d’un quotidien scruté à la loupe, celle de l’attente, celle du doute et du désespoir. Un récit où tout est bienveillance, où la générosité contre balance l’horreur, où l’amour transcende.

 

A lire absolument !
Narrateur et auditeur ont un devoir commun : croire. Aussi tragique que soit l’histoire. Croire. Croire et se souvenir ; se souvenir et croire. Parce que mémoire et acceptation sont tout ce que nous avons à donner. Parce qu’on n’a pas d’autre choix.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… sur le site Lisez.com !

… le site de Heather Harpham.

CHASSEURS DE LUMIÈRE de Tyler Knott Gregson.

POÈMES DE LA MACHINE A ÉCRIRE
Nouveauté 2019
Traduction de l’anglais (États-Unis) par Clémentine Beauvais
Éditions PRESSES DE LA CITE
152 pages
Ma note : 5/5 mention « wouahhhh et incontournable 2019 »
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Le résumé :
Un jour, en flânant dans une brocante, Tyler Knott Gregson tombe sur une vieille Remington. Là, debout, sur une page arrachée d’un livre, il tape sans réfléchir. Sous ses doigts naît le tout premier poème de la série de la machine à écrire. Il est aussitôt séduit par cette singulière incapacité à effacer, à retravailler. Par le reflet de son esprit sur cette page, imparfait et sincère. Dans un monde numérique, tenir dans sa main des mots analogiques, c’est pour lui comme une respiration. Quelques années et près d’un millier de poèmes plus tard, publiés sur Instagram et rassemblant toujours plus de Followers, l’auteur a réuni les plus pertinents dans ce recueil devenu depuis un best-seller dans plusieurs pays.
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La poésie est loin d’être mon genre de prédilection. Depuis la création du blog, il me semble que c’est le troisième recueil de poèmes que je met en avant.

 

Depuis ma découverte du recueil de poèmes de Rupi Kaur « lait et miel », je suis à l’affût. Et en voici un nouveau qui a attiré mon attention et j’ai bien fait de suivre mon pressentiment.

 

Tyler Knott Gregson, globe-trotter, photographe et amoureux des mots, propose ici une partie de ses créations que nous pouvons suivre sur son compte instagram.

 

La poésie est en générale assez mystérieuse pour moi. Son interprétation peut être floutée par l’incompréhension imagée, par le sens et les tournures des mots et je pense, vraiment que le ressenti personnel rentre en compte, bien plus que dans la littérature générale.

 

Ce que j’aime avant tout dans la poésie, c’est la manière intrinsèque et intimiste qui va animer mon cœur au rythme des mots. Il y a ce quelque chose de totalement naïf, d’accaparant et d’humilité qui brise les chaînes que nous nous imposons.

 

Tyler Knott Gregson a su faire pleurer mon cœur. Pleurer de douceur et de beauté. Pleurer d’amour et de passion. Pleurer de tristesse et de déchirement. Pleurer de douleur et de joie.

 

Porté par une plume subtile, mélancolique et naturelle, Tyler Knott Gresgon emporte ses lecteurs aux doux sons d’une musique apaisante et singulière où la nature, le simple et le merveilleux ne forment qu’un pour célébrer un amour vibrant, libre et sincère. Il trace ce chemin qui nous conduit vers une lumière où seul l’importance du simple rayonne. Il capte et capture ces instants précieux et éphémères traduisant la simple beauté éternelle.

 

Un recueil de poèmes contemporains et modernes pouvant enchanter les plus récalcitrants à l’exercice métaphysique qu’il impose. Une mise en page attrayante où le moindre détail a une particularité. La traduction par Clémentine Beauvais est sublime.

 

Un voyage inoubliable pour ma part. Un de ceux qui grignote l’âme pour y graver des lettres d’or.

 

Une chronique de #Esméralda.
 

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… sur le site de Lisez.com.

… l’univers de Tyler Knott Gregson.

DANS LE MIROIR DE VALERIA de Elisabet Benavent.

[ COMÉDIE ROMANTIQUE – Nouveauté 2019]
Tome 2/4
Traduit de l’espagnol par Catherine Delaruelle
Éditions L’ARCHIPEL
414 pages
Ma note : 4/5 mention « à croquer »
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Le résumé :
La suite trépidante des aventures de Valeria et de sa bande d’amies
Valeria, qui s’est séparée d’Adrian, est tombée dans les bras de Victor. Mais, après un début de relation enflammée, elle commence à s’interroger… A-t-elle fait le bon choix  ?
Heureusement, ses amies de toujours sont là, à qui elle peut se confier. Et réciproquement. Car Lola, elle aussi, se pose des questions. Est-elle encore amoureuse de Sergio, l’homme qui a plaqué sa fiancée pour elle, avant qu’elle le rejette ? Carmen, de son côté, semble heureuse d’avoir enfin franchi le pas avec Barto, même si elle pressent que la mère de ce dernier va se montrer envahissante… Seule Nerea semble garder le cap et la tête froide. Mais les apparences sont souvent trompeuses…
Valeria a aussi une autre source d’inquiétude. Elle vient enfin de terminer son deuxième roman. Elle en est satisfaite et son éditeur est enthousiaste. Mais comment ses amies réagiront-elles quand elles découvriront leurs histoires de cœur et leurs ébats intimes étalés au grand jour ? En attendant, les quatre amies sont de nouveau réunies et s’apprêtent à sortir faire la fête.
C’est drôle, c’est vif, ça pétille et ça passe aussi vite qu’une soirée entre filles. On s’est à peine embrassées qu’il est déjà l’heure de se quitter.
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Deuxième opus des aventures pittoresques de Valeria et de ses amies et une nouvelle raison de s’enfermer à double tour dans sa chambre pour en profiter pleinement !!
 
Valeria s’inquiète. Après des vacances largement méritées où elle a pu mettre ses idées au clair, le retour à la réalité à l’air de ressembler à une mauvaise blague. Son roman vient de sortir et elle tremble d’impatience. Il faut dire que mettre à nu ses aventures sentimentales et celles de ses amies, elle doit s’attendre à de graves représailles. Un sacré coup de stress ! Et si sa vie ne ressemblait qu’à cette attente, c’est se mettre un doigt dans l’œil. Bien sûr ses sentiments pour Victor sont toujours aussi présents et elle doit même se contenir pour ne pas courir de sitôt, comme une jouvencelle en manque, vers son beau éphèbe. Elle s’est tout de même donnée une seconde de réflexion avant d’y courir pour des retrouvailles caliente. Valeria trouvera t-elle enfin le bonheur dans les bras de Victor ? La réponse semble évidente, enfin cela pourrait l’être si Valeria ne se trouvait pas dans une période de sa vie mouvementée où l’indécision prend les rênes.

 

Et ses amies …. !?
Toujours aussi présentes dans la vie de Valeria mais cette fois avec les deux pieds dans le plat. Plat d’emmerdes ! Lola se remet en question et part totalement en vrille. Elle attend le grand Amour avec impatience et ne prend pas du tout le bon chemin pour y parvenir. Carmen vit le grand amour avec son Barto, trop chouchou. Ensemble ils sautent le grand pas avec la présentation officielle à la belle-maman. Une rencontre olé olé où Carmen a décidé que belle-maman n’aurait jamais le dernier mot et que son fils lui appartient désormais. Carmen sort les bazookas pour une mission kamikaze à hauts risques ! Nerea n’y croit pas une seule seconde, ses malaises le matin sont de plus en plus intenses et elle craint le pire. Loin de se douter ce que lui annoncerait le docteur, Nerea va devoir prendre une décision. Une décision vitale et capitale. Une décision qui aura une emprise sur sa vie. Une épreuve qui ouvrira les yeux à la belle Nerea.

 

DANS LE MIROIR DE VALERIA, il y a un sacré bordel ! Une Valeria qui ne sait plus où donner de la tête, qui tergiverse sans cesse, qui doute d’elle et de son amour. L’indécision est omniprésente et pressante ! Ce second tome est nettement plus dramatique que le premier. Les émotions de nos quatre héroïnes sont malmenées. Elisabet Benavent met en avant leurs côtés sombres sans oublier tout de même les scènes caliente et les scènes où l’amitié est au centre de leurs mondes.

 

C’est méchamment drôle et frais. Je les adore pour ce qu’elles sont : des femmes qui se battent bec et ongle pour ce qui leur tiennent à cœur. Je les adore pour leur audace et leurs craquages. Je les adore pour leurs rires et leurs larmes. Je les adore tout simplement ! Et je déteste … Victor ! (Et pour de très très bonnes raisons).

 

Nous, les femmes de ma génération, nous nous sentons libérées. Nous avons un boulot, des préoccupations intellectuelles et, dans une certaine mesure, des ambitions professionnelles. Si le rôle de mère nous tente, nous planifions nos maternités. Nous avons fait des études et sommes bien préparées pour le monde du travail. Nous parlons de sexe sans complexe, et nous ne dépendons de personne. Mais dans la plupart des cas, tout cela n’est que de la poudre aux yeux. En réalité, sur le plan des sentiments, nous continuons de dépendre maladivement des hommes, presque toujours. Lola, elle, est sans aucun doute un exemple de femme émancipée.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions l’Archipel…

… Mon avis sur le tome 1 et le book-trailer !

Les Amazones de Jim Fergus

Littérature Nord-Américaine – Livre sorti le 19 septembre 2019

Editions du Cherche-Midi

Service Presse

Ma note : 4,5/5

 

Je remercie les éditions du Cherche-Midi ainsi que le Picabo River Book Club qui m’ont permis de découvrir ce roman en service presse.

 

Résumé : Mille femmes blanches : L’héritage

1875 : Un chef cheyenne propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches, afin de les marier à ses guerriers. Celles-ci, « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays, intègrent peu à peu le mode de vie des Indiens, au moment où commencent les grands massacres des tribus.

1876 : Après la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre cette prétendue « civilisation » qui vole aux Indiens leurs terres, leur mode de vie, leur culture et leur histoire. Cette tribu fantôme de femmes rebelles va bientôt passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération.

Dans cet ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus mêle avec une rare maestria la lutte des femmes et des Indiens face à l’oppression, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Avec un sens toujours aussi fabuleux de l’épopée romanesque, il dresse des portraits de femmes aussi fortes qu’inoubliables.

 

Mon avis : Les deux premiers volets de cette trilogie avaient été éprouvants émotionnellement. Je me demandais si ce dernier roman allait, lui aussi, me transporter au côté des Amérindiens et me faire revivre des émotions fortes… Autant le dire tout de suite, Jim Fergus a réussi son pari et même s’il est un peu différent des précédents, ce dernier tome conclut parfaitement cette saga.

Nous retrouvons ici Molly Mc Gill, que nous avions découvert dans « La vengeance des mères », May Dodd, découverte dans « Mille femmes blanches » et Molly Standing Bear, une indienne vivant à notre époque, découverte également dans « La vengeance des mères ». Au fil des chapitres, les trois narratrices se succèdent, les deux premières pour continuer de nous décrire leurs quotidiens, la troisième pour nous éclairer sur certains points ou nous expliquer comment ces cahiers sont arrivés jusqu’à nous. Ce troisième volet ne peut pas se lire, ni même être pleinement apprécié, si on n’a pas lu les deux premiers volets. En effet, il répond à des questions laissées en suspens et l’immersion au sein de la tribu est beaucoup plus rapide que dans les romans précédents. En plus, cette histoire est d’avantage orientée vers les croyances indiennes et certains phénomènes paranormaux et termine de nous immerger dans cette culture si différente de la nôtre. Pour ma part, j’ai beaucoup appris lors de ces lectures et j’ai un regard nouveau sur les Indiens d’Amérique.

Au niveau de la construction, on est toujours sur la même structure que dans le deuxième ; en effet, on alterne entre les journaux de May et ceux de Molly Mc Gill. La seule différence réside dans l’intervention de Molly Standing Bear qui vient donner des éclaircissements sur les conditions de vie des Amérindiens de nos jours et la difficulté de leur vie aux Etats-Unis, de nos jours. La plume de l’auteur est toujours aussi visuelle, efficace et j’ai de nouveau ressenti de nombreuses émotions lors de cette lecture. J’ai repoussé le moment où j’allais terminer cette trilogie car j’ai ressenti un vrai pincement au cœur à l’idée de laisser ces protagonistes.

Pour conclure, si vous êtes intéressés par la culture amérindienne, n’hésitez pas à vous plonger dans la saga des « Mille femmes blanches ». Cette histoire incroyable est certes une pure fiction mais elle apporte un nouvel éclairage sur la relation Américains/Indiens et elle permet de faire connaitre les difficultés auxquelles les autochtones sont toujours confrontés.

 

Retrouvez ici mon avis sur « Mille femmes blanches »
Retrouvez ici mon avis sur « La vengeance des mères »
Retrouvez ce roman sur le site des édition du Cherche-Midi

 

NOTRE PART DE CRUAUTE de Araminta Hall.

[ THRILLER PSYCHOLOGIQUE – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Paul Benita
Éditions PRELUDES
439 pages
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Le résumé :
Leur histoire d’amour est terminée.
Le jeu ne fait que commencer.
Traumatisé par une enfance difficile, Mike Hayes menait une existence paisible, bien que solitaire, jusqu’au jour où il a fait la connaissance de Verity Metcalf. Verity lui a tout appris de l’amour et, en échange, Mike a consacré sa vie à la rendre heureuse. Il lui a trouvé sa maison, son travail, et il s’est sculpté le physique que Verity considère comme idéal. Il sait qu’ensemble ils connaîtront le bonheur.
Peu importe si elle ne répond pas à ses e-mails ou à ses appels.
Peu importe qu’elle soit mariée à Angus.
Cela fait partie du jeu secret auquel ils avaient l’habitude de jouer.
Le suspense psychologique pervers sur le désir, l’obsession, les histoires qu’on se raconte et celles qui nous font basculer.
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Il y a des romans parfois, où, et bien la sauce ne prends pas du tout, du tout !

NOTRE PART DE CRUAUTÉ a tout pour être un thriller psychologique de tonnerre. D’ailleurs certains lecteurs le clament. 

Dès le départ la psychologie de Mike Hayes est une évidence (enfin pour moi). Un homme engrené dans la machine infernale qu’est l’amour obsessionnel. L’amour malsain celui qui fait perdre la tête. L’amour toxique qui empêche l’épanouissement de deux êtres qui se portent un amour conditionnel. Cette évidence a finalement était le couperet qui signe la fin avant le début. Un thriller qui est à mon sens très platonique (dans mon ressenti) et qui ne simule en rien la finalité.

Ce thriller se lit comme un journal intime. La voix de Mike Hayes et ses mots répercutent ce cheminement fatal. Les diatribes sont épuisantes et inconfortables. Être immergée au milieu de ces pensées malsaines et incohérentes est une véritable torture. La violence prend peu à peu place jusqu’au point final. L’engrenage n’offre pas à proprement parler de développement et de rebondissements.

L’atmosphère est suffocante et inextricable. Un malaise persistant s’installe pour ne plus te laisser respirer.

J’ai été absolument prise au dépourvu par les propos tenus. Je suis restée de marbre face aux insinuations du personnage de Mike et ses déblatérations qui enlisent le fil conducteur du thriller. Le seul point positif, si je puis dire, est l’audace prise par l’autrice d’exploiter uniquement le point de vue de Mike. Un risque qui pour ma part n’est pas exploité de manière judicieuse.

Une lecture ratée et c’est bien dommage. Je n’ai pas réussi à prendre le bateau à temps. Une lecture très longue qui manque sérieusement de souffle. Je n’ai pas vu ce que Araminta Hall a voulu insuffler au travers de ses mots.

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Préludes.

DÉVORER LE CIEL de Paolo Giordano.

[ LITTERATURE CONTEMPORAINE ITALIENNE – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
Éditions DU SEUIL – Collection Cadre Vert
442 pages
Lien Kindle

 
Le résumé :
Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont  » ceux de la ferme  » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs. Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois  » frères  » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années 90, tiraillée entre le besoin de transgression et le désir d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel.
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« Dévorer le ciel » promesse éloquente d’un avenir espéré et désiré. Promesse criée à la lueur de la lune et aux Dieux d’un monde à deux vitesses. Ceux qui courent et ceux qui marchent en regardant le ciel, en écoutant le vent, la pluie et la nature s’épanouir.

 

« Dévorer le ciel » raconte la vie de ceux qui ont choisi leur combat. Tout débute alors que Teresa espionne depuis la fenêtre de sa chambre, ses trois garçons qui se sont infiltrés sur la propriété de sa grand mère pour profiter de leur piscine. Les étés défilent, les amitiés naissent et se tissent, et l’amour déploie ses ailes. L’adolescence s’enfuit pour laisser place à l’âge adulte. Les initiatives deviennent un combat quotidien prouvant que touts actes sont légitimes et porteurs inattendus de résultats.

 

Sous un air de spiritualité et de doctrine non conventionnelle, Teresa est fascinée et trouve dans tout cela un écho où son bien-être, sa propre vision du monde et ses valeurs sont valorisés. Teresa est envoûtée par son nouveau mode de vie et par Bern qu’elle idolâtre depuis leur première rencontre. Bern est un monde à lui tout seul fait de mystère, de silence et d’envolés lyriques où les mots subjuguent. Bern est devenu son repère et son phare. Il est son tout. Mais dans ce coin des Pouilles en Italie le bonheur s’associe avec le malheur.

 

Paolo Giordano narre avec douceur les inhérences de la vie. Ces aspérités qui souvent conduisent au chaos des sentiments et détruisent les femmes et les hommes. Ces aspérités qui façonnent l’âme humaine l’enjolivant ou l’enlaidissant. Ces tourbillons qui bousculent et détruisent un semblant de paix. Ces trombes d’eaux qui noient le plus fin des nageurs l’emportant dans les flots dangereux ne laissant aucun répit. Paolo Giordano dépeint avec humilité les tempêtes d’une vie, des vies.

 

Il est difficile de te décrire les émotions qui m’ont traversée pendant cette lecture. Stupeur, ébahissement, douleur, espoir, doute, crainte … et certainement bien d’autre que je n’arrive pas à préciser et identifier. Mes craintes de départ ont très vite disparu au profit d’une lecture-balade comme je les aime. Une première découverte qui ne m’a pas totalement subjuguée car, peut-être, j’attendais l’élément époustouflant pour m’éblouir davantage.

 

Je le recommande fortement à tous les amoureuses et amoureux d’envolées littéraires.

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Du Seuil.