La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Littérature anglaise – livre sorti en avril 2017

Editions Préludes

Service Presse

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »

 

Je remercie les éditions Préludes qui, via la plateforme NetGalley, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?
Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant.

 

L’avis de #Lilie : Voilà un roman qui présente tout ce qu’il faut pour me faire passer un bon moment : un secret de famille, une partie de l’intrigue pendant la seconde guerre mondiale… ce roman s’annonçait très prometteur !

Nous faisons ici connaissance avec Lucy. Trompée par son mari, elle ne se sent plus à sa place à Londres. Elle décide donc de retourner dans les Cornouailles pour être auprès de sa grand-mère et de sa mère. Arrivée là-bas, elle va se rendre compte que cet endroit cache de nombreux secrets et que les apparences ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Lucy est une jeune femme combative qui, contrairement à ce que l’on peut craindre au départ, ne va pas se laisser abattre et mener les combats qui s’imposent. Elle a de nombreux points communs avec sa grand-mère Maggie, que l’on suit pendant son adolescence, dans les années 40. Indépendante, fière, croquant la vie à pleine dent, Maggie va vivre une adolescence passionnée et rythmée par ses coups de cœur et ses envies. Pourtant, à cette époque, la condition des jeunes femmes n’est pas celle de maintenant et Maggie, qui rêve de grandes choses, va l’apprendre à ses dépens…. Le troisième personnage important de cette histoire est Alice. Réfugiée dans la ferme de la famille de Maggie, Alice sort tout juste de l’enfance et voue une admiration pour cette ainée à qui tout semble réussir. Pourtant, entre les deux filles, rien ne sera simple et cette relation particulière va nous tenir en haleine.

Ce roman est une belle fresque familiale. Au fil des chapitres, nous faisons des vas-et-viens entre passé et présent, ce qui est très prenant et, en même temps, très frustrant. La plume de l’autrice est vive, très visuelle et elle m’a transportée au cœur des Cornouailles et de la campagne anglaise. Je me suis attachée à tous les protagonistes et je trouve que l’autrice fait une place de choix à ses héroïnes, en leur donnant du caractère et en les dépeignant comme des battantes, attachées à leurs valeurs et en même temps tellement modernes. Ce livre est aussi l’occasion de mettre en lumière les difficultés que connaissent les agriculteurs de nos jours et les efforts qu’ils sont obligés de fournir afin de se renouveler et de sauver leurs exploitations.

Pour conclure, je me suis régalée lors de la lecture de « la ferme du bout du monde ». Ce roman est une bouffée d’oxygène qui vous emportera sur les côtes anglaises et vous vous laisserez, sans nul doute, séduire par cette jolie famille qui cache, sous son apparent sourire, de nombreux secrets.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Préludes
Retrouvez également ce roman sur le site des éditions « le livre de poche »

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DANS LES PAS DE VALERIA de Elisabet Benavent.

[ COMÉDIE ROMANTIQUE – Nouveauté 2019]
Tome 1/4
Traduit de l’espagnol par Martine Desoille
Éditions L’ARCHIPEL
432 pages
Ma note : 4,5/5 mention « à croquer »
Lien Kindle
 
Le résumé :
Quand Bridget Jones s’invite dans Sex and the City
 
Valeria aime les belles histoires d’amour.
  *
Valeria est romancière.
  *
  Valeria a trois amies  :
Lola, Carmen et Nera
  *
Valeria et ses amies partagent tout.
  *
  Valeria est mariée à Adrian,
Mais elle rencontre Victor…
*
  Valeria aime la sincérité.
*
  Valeria est unique.
*
  Comme toi  !
Complices et inséparables, Valeria et ses amies se racontent tout. Vraiment tout. Surtout leurs histoires de cœur…
Valeria commence à s’ennuyer dans les bras d’Adrian.
Lola s’éclate avec ses amants, qu’elle collectionne.
Carmen et son collègue de bureau se tournent autour.
Nerea, elle, vient enfin de rencontrer quelqu’un !
Valeria, c’est drôle, c’est vif. Ça pétille et ça passe aussi vite qu’une soirée entre filles.
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Histoire touchante et drôlissime, DANS LES PAS DE VALERIA, est le livre à croquer pour faire passer la déprime de la reprise.

 

Valeria a tout pour être heureuse : un métier qui ne l’oblige pas à se lever aux aurores, un mari sexy et des drôles de copines. Des copines avec lesquelles elle partage tout : les histoires de cœur, de garde robe, du temps qui passe, des ragots bon-enfants, de colère et sans compter celles qui se passent sous la couette. Un quatuor excellent auquel je me suis rapidement attachée. Quatre nanas bien dans leurs souliers et tout aussi différentes les unes des autres. Lola, l’exubérante, croque la vie et les hommes avec envie. Carmen, la talentueuse, a la tête sur les épaules et est de bon conseil. Nerea, la sentimentale et l’éternelle romantique, beauté fatale, représente la candeur et la pureté. Et, Valeria, la femme casée qui s’encroûte sur son canapé.

 

Quatre femmes, quatre histoire qui s’entrechoquent et offrent des moments tout aussi délirants et délurés que tendres.

 

A l’aube de sa presque trentaine, Valeria déjante. Son mari ne la touche plus et leur conversation se limite au stricte syndical et, en plus, son nouveau projet est au point mort. Valeria reste cloîtrée chez elle, cogite encore et encore. En bref, elle est au fond du trou. Et devinez quoi ? C’est trois meilleures copines arrivent à la rescousse !

 

Ce premier tome est juste excellentissime ! Au travers des confidences faites à Valeria, nous découvrons la vie fantastique de ces quatre fanfaronnes. Plusieurs points de vue et une seule narratrice pour un effet de style addictif. C’est à la fois drôle et triste et comme dans toutes ces amitiés fortes souvent ça part au clash, ça crie, ça pleure, ça saute de joie, ça se câline et, surtout, ça s’entraide. Une amitié à toute épreuve prête à surmonter tous les coups bas et à fêter les plus belles victoires. Ce premier tome est avant tout l’histoire en dent de scie de Valeria qui se met à douter de sa vie, de son amour pour son mari, de son ambition et d’elle même. Nous la suivons lorsqu’elle sombre et nous revenons à la vie lorsqu’elle trouve un nouveau but à son existence.

 

DANS LES PAS DE VALERIA est une magnifique comédie romantique où nous sommes embarquées dans une virée entre filles qui défie l’existence et ses valeurs. C’est drôle, frais, pimenté et déjanté. Tout un cocktail multicolore et toute une panoplie sentimentale qui vous feront sourire !

 

J’avais été secouée par mon rêve érotique, et la perspective de devoir dîner le soir même avec les filles n’arrangeait rien. Car il était vident que je n’allais pas pouvoir passer sous silence le fait que j’avais eu un rêve torride avec un mec qui n’était en principe qu’un « ami ».
A priori, je n’avais rien fait de mal, mais la conversation que lui et moi avions eue la veille et les verres qui avaient suivi dans la boîte de jazz constituaient des circonstances aggravantes. En même temps, l’idée de pouvoir partager mon terrible secret avec quelqu’un m’apaisait. N’étant pas douée pour l’introspection, j’éprouvais le besoin de me confesser fréquemment. Le plus souvent, c’étaient des petites choses sans importance que je racontais à ma sœur ou ma mère. Le reste, je le réservais aux filles qui me livraient généralement trois points de vues différents, voire discordants. Mais lorsque toutes tombaient d’accord, je savais qu’elles avaient raison. C’était une thérapie de groupe efficace et un rituel si ancien, entre nous, qu’il était impossible d’y déroger. C’est pourquoi j’avais décidé de passer aux aveux.
Vous aurez sans doute remarqué que je n’ai pas cité Adrian parmi mes confidents. Une fois, j’avais essayé de vider ce que j’avais sur le cœur, mais la conversation s’était aussitôt recentré sur ses problèmes à lui.
(page 191)
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions L’ARCHIPEL.

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UN MARIAGE AMÉRICAIN de Tayari Jones.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE NORD AMÉRICAINE – Nouveauté 2019]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère
Éditions PLON – Collection Feux Croisés
432 pages
Ma note : 18/20
Lien Kindle
 
Le résumé :
Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain… à ceci près qu’ils sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner.
Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de la vie qu’on lui a dérobée…
Avec ce portrait de la classe moyenne noire du sud des États-Unis, Tayari Jones radiographie le couple et signe une histoire d’amour tragique et contemporaine qui explore les thèmes de la famille, de la loyauté, du racisme. Caustique et rigoureuse observatrice de son temps, cette auteure reconnue outre-Atlantique s’attaque en femme de lettres aux maux qui rongent la société américaine, et parvient à donner à ce texte fulgurant et âpre tous les atours d’un grand roman.
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Être noir dans un pays de blanc, c’est tout un challenge. A l’heure où les champs de coton ne sont plus d’actualité et ou l’émancipation de la communauté noire reste un enjeu crucial, Celestial et Roy ont grandi avec un certain héritage.

 

Celestial a vu le jour dans une famille aisée. Fille unique et enfant chérie, elle devient une jeune femme déterminée, farouche et surtout elle respire la liberté. Une liberté animée par la créativité. Une liberté qu’elle retrouve dans la simplicité du quotidien. Une liberté qu’elle cultive et surtout aime. Celestial n’a rien d’une bourgeoise endimanchée. Elle est elle même juge de ce qui est bénéfique ou non pour sa propre vie.

 

Celestial et Roy, c’est l’improbable. C’est un conte, un rêve de gosse à l’image de La Princesse et la grenouille.

 

Roy a grandit dans une famille qui s’est battu pour lui offrir un avenir meilleur. Chaque centime était économisé.Chaque sacrifice était sacralisé. Roy est devenu un de ces play boy qui se la racontent. Séducteur mais avec des principes, il devient un homme éperdument amoureux lorsqu’il croise Celestial. Un coup de foudre (pas sur Nothing Hill), mais une rencontre fracassante une de celle qui reste gravée à tout jamais dans chaque cellule.

 

Celestial et Roy ont tout pour s’aimer : de l’ambition, des projets, de l’argent, du soutien et de l’inventivité. Seule ombre au tableau parfait : ils sont noirs et Dieu seul sait qu’en une seconde leur vie peut basculer en enfer. Roy victime de l’injustice et du temps, voit sa vie partir en lambeaux auxquels il se raccroche désespérément. Des années défilent et l’espoir perdure comme une étoile scintillant au dessus de cette cellule grivoise, témoin d’une longue et douloureuse agonie.

 

Portrait intimiste d’un couple bravant d’éprouvants aléas, UN MARIAGE AMÉRICAIN m’a séduite. Entre passé, présent et futur, Tayari Jones met sa plume au service d’une cause judicieuse et nécessaire. Racisme et injustice se confrontent à l’amour, la passion et au temps. Ce temps qui s’effiloche emportant ces graines semées le jour de la cérémonie de mariage. Ce temps qui s’inscrit dans chaque ride, témoin de cette décrépitude. Le respect et la famille sont au cœur d’un déchirement profond.

 

Pamphlet d’une histoire mélodramatique ravageant les liens puissants d’une famille, d’amis et d’une femme. Ce sentiment d’impuissance et d’inutilité face aux mépris, à l’abandon et la à résignation. Ce sentiment éprouvant que les mots frappent, endurent, crient toute la rage, le désespoir et l’espoir dans un souffle brûlant. 

 

Si les branches de cet arbre (sur la couverture) représentent une multitude d’avenir, le tronc, lui, le mariage, les racines, eux, le passé et la coupure le présent. (Comment résister à cette symbolique ?).

 

J’ai succombé à la plume de Tayari Jones. Toute à la fois délicate et éprouvante, elle m’a touchée en plein cœur. J’ai dévoré chaque mot, chaque ligne, chaque paragraphe, chaque chapitre. Un livre où il est difficile d’être insensible. Un thème puissant porté par cette volonté de magnifier le bouleversant en lumineux.

 

Il y a trop de mystères qui nécessitent des explications. c’est en substance ce qui me dit Big Roy en me coupant les cheveux, ce lundi après-midi. N’ayant pas de tondeuse, il employait la méthode traditionnelle : peigne et ciseaux. Le claquement des lames résonnait dans mes oreilles, me rappelait le temps où j’ignorais qu’un garçon pouvait avoir plus d’un père. Un temps où les noms sur la page de garde de notre bible racontaient toute l’histoire, un temps où  nous formions une famille de trois personnes
Roy (page 254)

 

 

J’avais trouvé un moyen pour ne pas sentir la douleur : je pensais à Celestial et moi. Nous nous étions crus capables de surmonter cette calamité. Nous avions cru pouvoir nous en sortir par la discussion, par le raisonnement. Mais, de même que Roy avait payé pour ce qui était arrivé à cette femme, quelqu’un allait devoir payer pour ce qui était arrivé à Roy. Il y a toujours quelqu’un qui passe à la caisse. On dit qu’une balle ne porte pas de nom de sa victime. Eh bien, je pense qu’on peut en dire autant de la vengeance. Et peut-être de l’amour. C’est une tornade mortelle qui frappe au hasard.
Andre (page 377).
 
Une chronique de #Esméralda
 

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… sur le site Lisez.com.

Les patriotes de Sara Krasikov

Littérature Nord-Américaine – livre sorti le 21 aout 2019

Editions Albin Michel – Collection Terres d’Amérique

Service presse

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

Je remercie les éditions Albin Michel et Léa, du Picabo River Book Club, pour m’avoir permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire en avant-première et pour me l’avoir confié en service presse.

 

Résumé : Alors que les États-Unis sont frappés par la Grande Dépression, Florence Fein, à seulement 24 ans, quitte Brooklyn pour une ville industrielle de l’Oural, dans la toute jeune URSS. Elle n’y trouvera pas ce qu’elle espérait : un idéal d’indépendance et de liberté. Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis. Des années plus tard, en apprenant l’ouverture des archives du KGB, il revient en Russie et découvre les zones d’ombre de la vie de sa mère.
Entremêlant époques et lieux, ce premier roman magistral de Sana Krasikov nous plonge au cœur de l’affrontement Est-Ouest en explorant, à travers le destin de trois générations d’une famille juive, l’histoire méconnue de milliers d’Américains abandonnés par leur pays en pleine terreur stalinienne, et les conséquences de nos choix individuels sur la vie de nos enfants. 

 

Mon avis : D’habitude, je me laisse peu tentée par les titres de la rentrée littéraire. Pourtant, ce titre a attiré mon attention par l’originalité de l’intrigue. Suivre une saga familiale entre URSS et USA, au fil du XXème et du XXIème siècle, voilà un thème qui entre pleinement dans mes centres d’intérêt… et je n’ai pas été déçue !

Dans ce roman, nous suivons donc Florence, Julian et Lenny, trois générations d’Américains, d’origines russes, qui vivent avec un pied entre deux continents, deux cultures, deux manières d’envisager la vie. A chaque fois, leur cœur balance car les deux Etats, qui sont les meilleurs ennemis, offrent chacun leur lot d’espérance et de désillusions. Florence décide de quitter les Etats-Unis pour aller sur la trace de ses ancêtres, pour voir le socialisme en action et aussi pour y retrouver un homme. Arrivée là-bas, rien ne se passera comme elle l’espérait et elle va découvrir une société russe pauvre, méfiante et inquiète. Même si elle va tenter de s’intégrer, la vie de Florence ne sera peut-être pas à la hauteur de ce qu’elle attendait. Julian, pour sa part, décide de quitter la Russie dès qu’il en a la possibilité pour vivre son rêve américain. Néanmoins, il reste attaché à ses racines et va tout faire pour essayer d’apporter un éclairage sur les zones d’ombre du passé de sa mère. Enfin, Lenny a quitté les USA pour s’installer en Russie. Même si sa vie n’est pas parfaite, il semble nécessaire, pour lui, de vivre sur la terre de ses ancêtres. Entre chaque génération, un balancier entre les deux pays, des parallèle s’établissent et à chaque fois, des problématiques d’identité à régler pour chacun d’eux.

Je dois avouer que j’ai eu beaucoup de mal à entrer de ce roman. Tout d’abord, c’est un pavé, de près de 600 pages, avec une mise en page très dense et des chapitres parfois très brefs, parfois très longs. A chaque fois, nous avons un va et vient entre les époques et les personnages et au départ, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. Néanmoins, on trouve assez rapidement son rythme de croisière et cette alternance est finalement plaisante car elle donne du rythme et est enthousiasmante pour le lecteur. La question des origines est, ici, centrale et l’autrice nous montre à quel point, d’une génération à l’autre, les priorités et les représentations sont différentes selon les individus.

Pour conclure, pour un premier roman, Sara Krasikov frappe très fort en nous proposant un roman dense, une fresque familiale passionnante, intrigante et intense car elle entraine les protagonistes des Etats-Unis à l’URSS (puis la Russie) et, à chaque génération, se repose les mêmes questionnements et les mêmes interrogations. Plongez-vous sans attendre dans cette histoire palpitante et incroyable.

Retrouvez ce roman sur le site des Editions Albin Michel

LE COUTEAU de Jo Nesbo.

[ POLICIER – Nouveauté 2019 ]
Traduit du Norvégien par Céline Romand-Monnier – Tome 12 
Éditions GALLIMARD – Collection Série Noire
608 pages
Ma note : 16/20
Lien Kindle
 
Le résumé :
Harry Hole a réintégré la police criminelle d’Oslo, mais il doit se contenter des cold cases alors qu’il rêve de remettre sous les verrous Svein Finne, ce violeur en série qu’il avait arrêté il y a une dizaine d’années et qui vient d’être libéré.
Outrepassant les ordres de sa supérieure hiérarchique, Harry traque cet homme qui l’obsède. Mais un matin, après une soirée bien trop arrosée, Harry se réveille sans le moindre souvenir de la veille, les mains couvertes du sang d’un autre.
C’est le début d’une interminable descente aux enfers : il reste toujours quelque chose à perdre, même quand on croit avoir tout perdu.
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Direction Oslo pour une virée aux côtés de l’intrigant et insaisissable inspecteur Harry Hole. Roublard et génie des scènes de crime, je découvre également un homme portant mille et une blessures. Un homme qui a du affronter tout un tas de situations, façonnant l’homme taciturne qu’il est devenu. Il dégage une certaine prestance mais à laquelle il est difficile d’y accordé sa confiance. Pourtant derrière son côté abrupt, il est animé par une certaine empathie et une foi en la vérité et la justice.

 

Soûlard et nerveux, la vie d’Harry Hole n’est pas un grand terrain de jeu. Les derniers événements l’ont percuté d’une telle force que la seule solution évidente à tous ses maux et l’auto destruction. Bagarre et alcool pleuvent pour le plus grand des malheurs de son entourage. Et quand le chaos survient, c’est la descente en enfer assurée. Les cris silencieux, les larmes qui ne coulent pas et les cauchemars récurrents sont ses derniers motifs pour cette dernière balade qui le portera aux confins de la douleur. Alors que la vérité se révèle, le glas a sonné. Justice doit être faite et il sera sa main vengeresse.

 

Première rencontre avec Harry Hole et je suis heureuse que la magie est aussi bien opérée. Dire le contraire serait vous mentir mais je ne peux que maintenir le fait que découvrir un personnage aussi emblématique qu’au bout du douzième tome à un petit goût amer. Vous le savez déjà j’aime connaître toutes les aspérités de la psychologie d’un personnage surtout de l’envergure d’Harry Hole.

 

Je ne vais pas vous cacher également, que j’ai du prendre les rames et ramer longtemps avant d’être emportée par les flots puissants. La plume de Jo Nesbo a ce quelque chose de captivant, d’éblouissant et surtout elle vous emporte dans un scenario (ou piège) totalement diabolique. Construit comme un roman choral (mais qui n’en est pas un), Jo Nesbo adore nous faire emprunter tout un tas de chemins tourmentés pour nous mener vers un final tonitruant et déchirant. Abasourdie et médusée, voilà dans l’état où j’étais quand l’intrigue explose. Alors oui, il y a des passages longs et pas forcément nécessaires faisant traînés en longueur et en langueur si je puis dire. En effet, ils le sont (à mes yeux) pour renforcer la psychologie de notre cher Harry Hole. Il y a cet aspect qui crescendo renforce l’anéantissement et la culpabilité de notre héros et en contre partie on a vraiment l’impression que l’atmosphère s’appesantit et s’étiole vers cette oppression destructrice.

 

Ce n’est pas le meilleur thriller que j’ai pu lire mais je reconnais que Jo Nesbo sait y faire en matière de scénario totalement dingue et captivant. Je n’ai malheureusement pas été embarqué dès les premières pages et surtout je regrette (encore une fois) de découvrir ce personnage charismatique au bout du douzième tome. Même si je conviens que les tomes peuvent se lire indépendamment des uns des autres, il m’a manqué cette intimité nécessaire à comprendre ses petits clins d’œils et autres qui lient tous les personnages.

 

Il bougea le verre vide qui était entre eux. « Tu peux tromper la douleur pendant un temps, mais ensuite elle te retrouve. Quand tu baisses la garde, quand ta tête dépasse à peine du bord de la tranchée. En attendant, on a le droit de ne pas trop ressentir.
-Engourdi, déclara Oleg. Je suis juste engourdi. Tout à l’heure, je me suis rendu compte que je n’avais rien mangé de la journée, alors je me suis acheté un hot-dog au chili. Je l’ai noyé sous la moutarde la plus forte juste pour sentir quelque chose. Et tu sais quoi ?
-Oui. Je sais. Rien.
-Rien, répéta Oleg en clignant des yeux pour chasser une poussière.
-La douleur viendra. Tu n’as pas besoin de chercher. Elle te trouvera. Toi et tous les trous de ta cuirasse.
-Et toi, elle t’a trouvé ?
-Je dors. j’essaie de ne pas me réveiller.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Gallimard.

… le site officiel de Jo Nesbo.

HONKY TONK SAMOURAÏS de Joe R. Lansdale.

[ POLICIER – 2018 ]
Une enquête de Hap Collins et Léonard Pine – Tome 9/12
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Brument
Éditions DENOËL – Collection Sueur Froide
414 pages
Ma note : 3.5/5
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Le résumé :
Hap, ancien activiste hippie et rebelle plouc autoproclamé, et Leonard, vétéran du Vietnam dur à cuire, noir, gay, républicain et addict au Dr Pepper, sont sur un banal contrat de surveillance dans l’est du Texas. Alors que la planque sans intérêt touche à sa fin, ils aperçoivent un homme qui maltraite son chien. Leonard règle l’affaire à coups de poing. Résultat : l’agresseur de chien, salement amoché, veut porter plainte. Une semaine plus tard, une certaine Lilly Buckner débarque dans leur nouvelle agence de détectives privés pour leur faire une proposition : soit ils acceptent de retrouver sa petite-fille, soit elle livre à la police une vidéo de Leonard tabassant l’agresseur de chien. Le duo accepte de rouvrir ce vieux dossier et découvre que le concessionnaire d’occasion où travaillait Lilly cache de sombres secrets.

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Connaissez vous ce duo improbable ? Et bien pour ma part je viens de faire leur connaissance, et évidemment je débute leur aventure par le tome 9. Sacre bleu ! Heureusement, ils peuvent se lire indépendamment, mais je trouve qu’il manque ce petit quelque chose pour apprécier cette lecture à sa juste valeur, et je me demande si c’est le fait d’avoir zapper les 8 premiers tomes. Il m’a manqué ce lien indéfectible que l’on peut vouer à des personnages et puis surtout j’ai eu cette impression de ne pas faire partie de la bande, vu que tout le monde se connaît. Je râle intérieurement et me maudit de ne pas avoir pris le temps de faire quelque recherche pour savoir ce qu’il en était. Après ce bref aparté, qui ne vous apporte pas grand chose, a part  connaître la râleuse que je suis, passons aux choses sérieuses.

 

Hap et Leonard se connaissent depuis un bail. Deux doigts de la main inséparables qui aiment se chahuter, se taquiner et philosopher sur la vie. Duo atypique un mélange de Starsky et Hutch et des 4 personnages de L’Agence tout risque. Bon dieu qu’est-ce-que ça dépote ! Un duo kitch. Un baba cool amoureux transi et un gay Afro-Américain dans des rôles faits sur mesure. Et bien sûr il n’y a pas un pour relever l’autre. Hap et Leo c’est incongru et original. On adore leur répondant, leur divagation et leur bizarrerie. Leur manière de s’approprier une situation dangereuse et d’en ressortir indemne. On les croirait presque intelligent. Les voici donc touts les deux engagés dans une mission périlleuse : retrouver la petite fille de Lilly, ancienne prostituée mythomane. Direction un concessionnaire de voiture d’occasion chic, en vue de fouiner et d’acquérir quelques informations. La belle plante plantureuse de l’accueil leur sort tous ses atouts et voilà que cette enquête prend une tournure rocambolesque. Hap et Leo se retrouvent mêler à une affaire très louche où les poings et les balles fusent sans distinction.

 

La trame de ce policier est vraiment original sans être spectaculaire. Une intrigue bien ficelée qui rend chèvre au fil des chapitres. De rebondissements en rebondissements, les éléments se révèlent cocasses. Des personnages secondaires se rajoutent rendant ce périple davantage extravagant. Entre désinvolture et sérieux, il ne suffit que d’une seconde pour basculer. Une plume enjouée qui n’a pas peur du ridicule et qui m’a entraînée dans cette folie. Je ne regrette qu’une seule chose : ne pas avoir lu les 8 premiers tomes ne serait ce que pour voir l’évolution des personnages et mieux apprécier les clins d’œil qui sont présents tout au long de l’histoire.

 

Une très belle lecture déjantée !

 

Ce genre de type bosse comme les voyants. Ils ouvrent grand leurs oreilles, déterminent ce qui nous intéresse et nous le ressortent. Il peut très bien avoir tiré des indices de sa première discussion avec Cason. Cason a beau être malin, un type comme la Belette, c’est son métier de manipuler les gens. Il analyse à froid, retourne ça un moment dans sa tête, et le temps de venir nous voir il a tiré asse d’éléments de Cason pour broder une histoire qui colle avec ce qu’il veut. C’est comme convaincre quelqu’un de l’existence des soucoupes volantes. On retourne l’esprit d’une personne, en lui expliquant combien il serait prétentieux de croire que nous sommes les seuls êtres doués de pensée dans l’univers – comme si on pensait tant que ça … Les soucoupes volantes sont un simple saut logique. Nous sommes trop prétentieux, donc une vie extra-terrestre est plus que probable, donc des aliens ont débarqué sur Terre en soucoupes volantes. Mais si c’était logique, pourquoi atterrissent-ils toujours dans des endroits bizarres avec pour seul témoin un ignare édenté assis sur une souche d’arbre avec sa bite dans le cul d’une vache ? Les aliens coupent les mamelles de la vache, embarquent l’édenté je en sais où dans l’espace, lui écartent le cul avec des cuillers à soupe, s’amusent un peu avec sa bistouquette et le renvoient à la maison. Pour quoi faire ? Ca n’a aucun sens. Il y a tellement d’endroits plus pratiques, bordel, pourquoi n’informent-ils pas tout le monde qu’ils sont là, en tenant une conférence à la Maison-Blanche ? Il existe peut-être bien des gars là-haut qui débarqueront un de ces jours, mais jusqu’ici ce n’est pas vraiment le cas, et je ne les attends pas de sitôt. Mais il suffit de savoir bien tourner ces foutaises pour que des gens y croient.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions DENOËL

ICI N’EST PLUS ICI de Tommy Orange.

[ LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Rentrée littéraire 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Roques
Éditions ALBIN MICHEL – Collection Terres d’Amérique
352 pages
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.
Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, en cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. Ici n’est plus a été consacré « Meilleur roman de l’année » par l’ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award.

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Cela fait depuis quelques temps que je pense à me lancer dans les chroniques vidéos. Et aujourd’hui je saute dans le vide. Je ne le ferrais pas tous les jours, mais je me donne comme objectif une fois par mois (je vais rester raisonnable). Je tenais toutefois à laisser mes doigts courir le clavier et en quelques lignes décrire mon ressenti. Vous pouvez néanmoins regarder la vidéo (support IGTV) à vos risques et périls, je ne suis pas certaine d’être compréhensible et je vous l’accorde je suis loin d’être à l’aise.

 

ICI N’EST PLUS ICI laisse pantois. Difficile de mettre les mots adéquats sur ce roman choral, le premier de Tommy Orange. Un roman choral particulièrement prenant où les mots fusent telles des balles accaparant le lecteur dans une tornade infernale. ICI N’EST PLUS ICI n’a rien de merveilleux. Portrait d’une communauté désenchantée, engloutie par l’égoïsme et l’arrogance de l’homme blanc. Les désillusions ont pris possession de ces femmes et de ces hommes arrachés à leur croyance, à leur vies et à leurs espérances depuis des décennies. Massacre consensuel et voulu, tout en silence, d’un art de vivre en adéquation avec la nature et les esprits.

 

12 personnages, 12 vies intrinsèques qui portent aux nues le désarroi incommensurable de tout un peuple. Alcool, violence, abandon, dépression, tout autant de maux qui trouvent leurs sources dans cet héritage arraché. Pourtant l’espoir perce dans ces petits trucs de rien du tout : un enfant qui enfile un costume et qui ne cesse de danser, un tambour qui résonne, des chants, un homme et sa caméra qui capturent ses instants dérisoires et le grand pow-wow, rassemblement de souvenirs. Un héritage qui persiste et dure, un héritage nécessaire quand les mots disparaissent d’une génération à l’autre ou quand cet héritage est bien trop lourd à porter.

 

Un roman puissant porter par les mots poétiques et judicieux d’un auteur hors norme.

 

Nous sommes l’ensemble des souvenirs que nous avons oubliés, qui vivent en nous, que nous sentons, qui nous font chanter et danser et prier comme nous le faisons, des sentiments tirés de souvenirs qui se réveillent ou éclosent sans crier gare dans nos vies, comme une tache de sang imbibe la couverture à cause d’une blessure faite par une balle qu’un homme nous tire dans le dos pour récupérer nos cheveux, notre tête, une prime ou simplement pour se débarrasser de nous. […]
Être indien en Amérique n’a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. […]
Mais pour les Autochtones de ce pays, partout aux Amériques, se sont développés sur une terre ancestrale enfouie le verre, le béton, le fer et l’acier, une mémoire ensevelie et irrécupérable. Il n’y a pas de là, là : ici n’est plus ici.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Albin Michel (vidéo et extraits).

… le Picabo River Book Club.

 

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Un grand merci à Léa et au Picabo River Book Club.