TED de Yves Terrancle.


Ohio, 1905. Ce bougre de journaliste était venu voir le plus ancien détenu des États-Unis pour relater sa vie. Il aura finalement écrit celle de William, Humana… et obtenu ma libération. La liberté, si chère à mon regretté William… Aujourd’hui, après une vie entière à attendre que l’administration pénitentiaire se décide à m’exécuter, il ne me reste de cette chimère que l’indicible peur de l’affronter.

« Je m’appelle Ted Forman, j’étais un citoyen des Etats-Unis d’Amérique, et je mourrai libre de vous avoir trouvé … »
Yves Terrancle frappe à nouveau fort et bien. Un récit prenant et incontestablement bouleversant qui ne peut laisser indifférent.

 

TED est l’histoire d’une quête, d’hommes et de combats.
Ted a passé une grande partie de sa vie en prison pour un crime dont sa seule valeur a été de défendre l’honneur d’un homme. Ted a grandi loin de sa terre natale, le Cameroun. Il a connu ce temps qu’il est préférable de taire enfin d’éviter le démon de sortir de sa boîte. Son chemin est parsemé de nombreus croisements qu’il le porteront tour à tour vers de nouveaux horizons sombres ou bienveillants. William (voir Humana), Monsieur de Rochefort, la bonté incarnée, Louis qui a connu le pire de ce l’homme peut faire endurer, Elsa, l’incarnation de l’innocence et de la pureté bafouée. Sans oublier Harold Burton, journaliste, qui incarne l’esprit de la justice. Ted n’a jamais été un héros. Seules ses propres motivations le font avancer. Un homme humble et juste avec un regard tantôt acéré tantôt naïf sur cette société où la bienveillance est chère.

 

Si la vie lui a offert une chance inestimable à la veille d’une mort certaine, il mettra à profit son temps pour une quête honorable. Ceci sans penser que la cruauté se rappellerait à son bon souvenir.

 

Yves Terrancle nous offre un roman d’une beauté sans égale. 40 ans après l’abolition de l’esclavage, les Etats-Unis restent le terrain favorable à tout débordement racial. L’histoire évolue au cœur d’une atmosphère tendue qui s’intensifie au fil des pages. Le côté historique est peu exploité (en comparaison avec Humana). L’auteur a pris le parti d’un récit rythmé par de nombreux rebondissements lui conférant ainsi des allures de western. D’un côté le groupe des gentils, de l’autre celui des méchants et au milieu l’argent. Une très belle surprise pour ma part car cet aspect inattendu confère au roman un certain grain de folie l’ancrant davantage dans une réalité palpable. Au delà de cette frénésie de tirs croisés, de sangs et de cris, Yves Terrancle apporte à ses personnages une aura immuable, un charisme lumineux où les valeurs essentielles et primordiales rayonnent au creux des ténèbres. La liberté est ainsi magnifiée par la plume sensible d’un auteur que je vous invite à découvrir vivement !

 

William m’a dit un jour que la liberté est de se trouver là où l’on souhaite. Il avait raison.
J’ajouterai qu’elle est aussi celle de transmettre sans voile, sans ménagement ni retenue, afin que chacun se serve des horreurs du passé pour forger un avenir meilleur.
 
Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle

… le site des éditions Academia.

… Mon avis sur HUMANA (clique sur l’image pour le lire).

Quand la pâtisserie s’en mêle de Marylin Masson

Feel-good book – livre sorti le 27 juin 2019

Les nouveaux auteurs

Service presse

Ma note : 3,5/5

 

Avant de commencer, je tiens à remercier « les nouveaux auteurs » pour la découverte de ce roman.

Résumé : Eva se morfond profondément dans son job et se verrait bien devenir pâtissière, l’un des plus beaux métiers du monde. Elliott, pâtissier averti, guette lui aussi un changement de vie. Nos deux héros vont voir leur vie chamboulée, grâce à leur passion commune pour le langage des papilles. Sauront-ils surmonter leurs peurs et croire en leurs rêves ? À déguster sans modération.

 

L’avis de #Lilie : Amatrice de « feel-good book », je suis toujours curieuse de découvrir de nouveaux noms de ce genre littéraire. J’aime l’effet « doudou » que me procurent ces romans et celui-ci n’a pas failli à sa mission.

Nous faisons ici connaissance avec Eva, une jeune femme qui a envie de remettre en question son quotidien, et Elliott, un chef pâtissier marqué par la vie. Tous les deux sont à un tournant de leurs vies mais seront-ils prêts à tenir compte des signaux que le destin leur envoie ? Et si leur vie sentimentale était, elle aussi, sur le point de basculer ?

Eva travaille dans une grande entreprise de cosmétique. Elle s’ennuie dans ce métier où mesquineries et coups bas sont permis. Passionnée de pâtisserie, elle hésite à sauter le pas. Elle n’a pas du tout confiance en elle ni en ses capacités. On sait très peu de choses sur son passé mais on sent de nombreuses fêlures et un perfectionnisme exacerbé. Lorsque son ami Vincent lui offre des cours de pâtisserie, elle espère tenir là le signal pour changer de vie. Là-bas, elle rencontre Elliott, un pâtissier marqué par un drame et qui essaie, tant bien que mal, de continuer à avancer. C’est un homme têtu, passionné mais qui survit plutôt qu’il ne vit. Eva et Elliott présentent des similitudes de caractère et ont une touche d’originalité, comme tous les grands pâtissiers. A noter l’importance de Vincent, le meilleur ami d’Eva, et d’Adam, le frère d’Elliott qui viennent mettre, de temps en temps, leur grain de sel mais aussi jouer les Jiminy Cricket pour nos deux protagonistes. 

J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman. Au fil des pages, j’ai souri, j’ai ri, j’ai aussi été émue mais surtout, j’ai refermé le livre avec un grand sourire et une bouffée d’optimisme. Néanmoins, malgré la légèreté apparente, l’autrice met en lumière la difficulté à vivre après un deuil et les doutes liés à un changement de vie. La plume de l’autrice est efficace, entraînante et on ne repose cet ouvrage qu’une fois qu’on l’a terminé. La double narration est aussi un bel atout qui nous permet de suivre le cheminement des deux protagonistes. Pourtant, je mettrai deux petits bémols. Tout d’abord, on sait l’essentiel sur Eva et Elliott mais il m’a manqué du feed-back sur eux, leurs passés, des anecdotes pour qu’ils aient un peu plus de profondeur. Ensuite, j’ai trouvé le rythme un peu irrégulier. En effet, l’histoire s’emballe puis à quelques chapitres de la fin, tout s’écroule… Une fois le dénouement arrivé, j’ai été un peu frustrée de la rapidité de la conclusion, un petit épilogue n’aurait pas été de trop.

Pour conclure, « Quand la pâtisserie s’en mêle » est un roman feel-good qui relève parfaitement sa mission de détente et que l’on referme avec le sourire aux lèvres et une envie de gourmandises !

 

Retrouvez ce roman sur le site des Nouveaux Auteurs

Ghost in love de Marc Levy

Littérature française – Edition poche sortie le 6 février 2020

Editions Pocket

Lecture personnelle

Ma note : 3/5

 

Résumé : Ils ont trois jours à San Francisco. Trois jours pour écrire leur histoire.
Que feriez-vous si un fantôme débarquait dans votre vie et vous demandait de l’aider à réaliser son vœu le plus cher ?
Seriez-vous prêt à partir avec lui en avion à l’autre bout du monde ? Au risque de passer pour un fou ?
Et si ce fantôme était celui de votre père ?
Thomas, pianiste virtuose, est entraîné dans une aventure fabuleuse : une promesse, un voyage pour rattraper le temps perdu, et une rencontre inattendue…
Digne des plus belles histoires de Capra et de Billy Wilder, Ghost in love donne envie de croire au merveilleux.

 

L’avis de #Lilie : Inconditionnelle de Marc Levy pendant des années, j’ai un peu perdu le rythme au fil du temps. En effet, un peu déçue par certaines de ses parutions et prise aussi dans le tourbillon de la vie, je ne suis plus aussi assidue pour le lire. Néanmoins, au moment du déconfinement, je n’ai pas hésité sur le premier livre à acheter en librairie : le dernier roman de M.Levy sorti en poche ! Et encore une fois, malheureusement, je ressors mitigée de ma lecture….

Nous faisons ici connaissance avec Thomas, un pianiste virtuose qui, un soir, voit le fantôme de son père. Croyant rêver, il va se coucher mais se retrouve, le lendemain, de nouveau en sa compagnie. Ce dernier est venu pour lui demander d’aller à San Francisco, afin de lier ses cendres avec une personne venant de décéder, et aussi pour lui faire des révélations sur son passé. Thomas pourra-t-il relever la mission que son père lui confie ? Que va-t-il découvrir au fil de ce voyage incroyable ?

Thomas est un jeune homme assez solitaire. Vivant toujours entre deux concerts, il ne prend pas le temps de nouer de relations avec une femme ou même avec des amis. Solitaire dans l’âme, il a été échaudé par le divorce de ses parents et ne sait pas vraiment faire confiance. Pourtant, quand il croise Manon, le contact s’établit facilement. Manon vient de perdre sa mère et elle a comme une impression de déjà-vu, quand elle rencontre Thomas. Passionnée par son métier de libraire, elle est intègre et a envie de toujours faire de son mieux. Enfin, il y a Raymond, le père de Thomas. Ancien chirurgien, il semble avoir beaucoup de regrets et n’avoir pas profité de la vie, comme il l’aurait fallu. Sa relation avec son fils est en même temps touchante et amusante car on sent qu’il y a eu beaucoup de non-dits entre eux.

En refermant ce livre, je suis mitigée. En effet, je ne peux pas dire que je n’ai pas passé un bon moment de lecture… Comme toujours, la plume de Marc Levy est vive, efficace, visuelle et quand vous commencez son roman, il est rare de le lâcher avant de l’avoir terminé. Mais, car il y a un mais, je ne me suis pas régalée pendant ma lecture. Les protagonistes sont, pour moi, trop lisses. Je n’ai pas réussi à m’attacher à eux et malgré les confidences échangées entre Thomas et son père, Raymond, je n’ai pas été touchée outre-mesure par cette relation. En plus, j’ai eu une impression de déjà-vu, étant donné que l’auteur avait proposé, comme premier roman, une histoire de fantôme. L’intrigue est bien ficelée et jusqu’au bout, je me suis demandée comme elle allait se terminer.

Pour conclure, je ressors de cette lecture avec une pointe de déception. Je n’ai pas été sensible aux personnages et, malgré la facilité à tourner les pages, je ne pense pas garder un grand souvenir de ce roman. C’est dommage car Marc Levy a, pendant longtemps, fait parti de mes auteurs fétiches mais là, je trouve que ses écrits perdent peu à peu de leur magie….

 

Retrouvez l’univers de Marc Levy ici
Retrouvez ce roman sur le site des Editions Pocket
 

 

SOIE ET MÉTAL de Tuyêt-Nga Nguyên.


Sur un apparent coup de tête, une femme quitte sa famille. Clara, sa fille de seize ans ne l’accepte pas et la renie : quand on aime, on ne quitte pas! Huit ans plus tard, un inconnu lui envoie un carnet portant le nom de sa mère et l’exhorte à le lire. Le passé justifie-t-il toujours tout?

 
Huit années se sont écoulées et Clara n’a toujours pas fait le deuil de cette famille qui s’est délitée brusquement, dans la douleur, l’incompréhension et au final dans la haine. A-t-elle seulement écouter les explications ?
Clara a souffert, a touché le fond et avec force et courage et pour son père, elle a repris sa vie en main. Aujourd’hui, étudiante en médecine, elle se consacre à ses études et son amoureux. Mais son cœur a ses blessures qui n’ont jamais cicatrisé. Dans l’euphorie du retour de ses vacances, elle ne prête pas gare à l’enveloppe qu’elle ouvre. Alors que son contenu s’étale sur sa table, le passé surgit comme un vilain clown dans sa boîte. Sentiments ambigus, elle prend part de la lettre. Intrigante mais trop blessante pour qu’elle y accorde toute son attention. Poussée par la rage, elle veut juste renvoyer le colis à son destinataire. Mais le destin s’en mêle, les déconvenues et une petite part de curiosité la poussent dans des souvenirs douloureux.

 

Journal intime, récit romanesque, l’histoire de sa mère se tient dans ce carnet. Son auteur, inconnu, relate la vie de deux hommes et d’une femme et d’un pays en guerre. T-N.N invite son lecteur dans une aventure tortueuse et dangereuse au cœur d’un pays divisé et détruit par la folie humaine et préservé, tant soit peu, par des hommes et des femmes d’honneur. T-N.N explore avec magnanimité l’Histoire du Vietnam. Une immersion dans le passé douloureux où héritage, désespoir, espérance, fuite, abandon, destruction sont détenus dans une boîte de pandore. Un fois ouverte, les émotions et les sentiments contradictoire déferlent tel un tsunami. Une destinée houleuse mais merveilleuse. Une histoire touchante. Un voyage menant à l’amour.

 

Une nouvelle la collection Evasion nous fait découvrir une incroyable histoire. Le mot exotique ne me convient pas pour décrire ce roman. Existe t-il un mot pour décrire l’immensité qui se trouve au sein de ces pages ? SOIE ET MÉTAL, porté par la très belle plume de T-N.N, est sans contexte une très belle découverte alliant avec sensibilité des histoires d’hommes et de femmes portés par l’amour dans toute ses déclinaisons.

 

Une chronique de #Esméralda

ET LA VIE REPRIT SON COURS de Catherine Bardon.


LA SAGA LES DERACINES
Après Les Déracinés et L’Américaine, découvrez le troisième tome de la superbe fresque historique imaginée par Catherine Bardon. Au cœur des Caraïbes, en République dominicaine, la famille Rosenheck ouvre un nouveau chapitre de son histoire.
Jour après jour, Ruth se félicite d’avoir écouté sa petite voix intérieure : c’est en effet en République dominicaine, chez elle, qu’il lui fallait poser ses valises.
Il lui suffit de regarder Gaya, sa fille. À la voir faire ses premiers pas et grandir aux côtés de ses cousines, elle se sent sereine, apaisée. En retrouvant la terre de son enfance, elle retrouve aussi Almah, sa mère, l’héroïne des Déracinés. Petit à petit, la vie reprend son cours et Ruth – tout comme Arturo et Nathan – sème les graines de sa nouvelle vie. Jusqu’au jour où Lizzie, son amie d’enfance, retrouve le chemin de Sosúa dans des conditions douloureuses.
Roman des amours et de l’amitié, Et la vie reprit son cours raconte les chemins de traverse qu’emprunte la vie, de défaites en victoires, de retrouvailles en abandons.
Guerre des Six-Jours, assassinat de Martin Luther King, chute de Salvador Allende… Catherine Bardon entrelace petite et grande histoire et nous fait traverser les années 1960 et 1970. Après Les Déracinés, salué par de nombreux prix, et le succès de L’Américaine, elle poursuit sa formidable fresque romanesque.

Saga familiale intense et émouvante, Catherine Bardon nous entraîne au cœur d’une famille généreuse malgré les souffrances traversées.
Ruth a décidé de rentrer au pays. La République Dominicaine, havre de paix et de souvenirs merveilleux et parfois douloureux. Et sa vie s’en trouvera changée à tout jamais.
Ce roman se lit comme un journal intime qui s’étoffe au fil des événements politiques, des guerres, des aléas de la vie, des joies et des peines. Un condensé de souvenirs, le passé lié au présent, où le futur s’écrit au fil des pages silencieusement. Une généreuse catharsis, touchante et révélatrice d’un temps qui s’efface. Une héroïne attendrissante qui prend la mesure de son héritage familiale et crée ainsi le sien.

 

L’amour, l’amitié, la famille sont le moteur essentiel de cette histoire captivante et émouvante.

 

Catherine Bardon écrit la vie. Celle qui fut, celle qui est, celle qui sera. Avec vivacité, attention et courage, elle nous emporte au cœur d’un univers aux mille couleurs.

 

Ruth, Gaya, Lizzie, Almah, Arturo, Nathan, Domingo… vous les aimerez tous. Pour leur simplicité, leur manière de croquer la vie, de s’interroger, de poser un regard différent sur leur entourage et sur leur manière de braver les impromptus de la vie et de ce qu’elle peut offrir de plus sombre.

 

Une fresque familiale à découvrir et tant qu’à faire en lisant Les Déracinés et L’Américaine disponible au format poche.

 

Son absence devint pour moi une matière malléable qui prenait moult significations au gré de mes humeurs, car ce que le destin a fait nôtre ne peut être perdu.
Et, peu à peu, la vie reprit son cours.
 
Une chronique de #Esméralda

CLAIRE OBSCURE de Sylvie Mouchon.


Depuis la fin de son adolescence, Claire souffre de narcolepsie. Dans le bus, dans la rue, au travail, elle s’endort n’importe où, n’importe quand, au point de ne plus distinguer la réalité du rêve. Comment construire sa vie quand les contours du réel sont si flous ?
Infirmière en cardiologie dans une clinique parisienne, elle n’a pas le droit à l’erreur. Le jour où un patient décède pendant sa garde, elle est mise à pied et sombre dans la dépression.
Face à cette épreuve, ses proches se mobilisent. Son père, un homme bienveillant, sa tante, une excentrique espagnole, et Ali, le joyeux oiseau de nuit du bar voisin, devront faire preuve d’acharnement pour lui prouver que le bonheur est possible.
Un premier roman, entre rire et larmes, qui parle de notre époque, tiraillée entre activité frénétique et désir d’authentique.

La vie de Claire est un sacré casse tête. La narcolepsie rend son quotidien dangereux. Elle peut s’endormir à tout moment pendant plusieurs minutes sans s’en rendre compte. Ces minutes d’égarement la plongent dans un monde où la réalité côtoie les songes, laissant sur son passage un goût amer, de situations cocasses et d’effrois.
Claire est une battante et ne veut pas se laisser abattre et dépérir. Armée de son portable, elle gère le temps à coup d’alarme. Dans son boulot elle s’impose des mesures drastiques. Alors quand un de ses patients perd la vie au cours de sa garde, le doute pernicieux s’invite dans sa vie. Le remord, les doutes, les questions la poursuivent inlassablement, la plongeant dans un marasme sans fin. Son père, sa tante, son voisin déjanté l’aident pour le mieux. Mais le mal est là et envahit son être.

 

Un combat silencieux, ponctué de rire et d’espérance. L’amitié, le cocon familial sont des moteurs essentiels à son rétablissement. Et si la vérité sur sa maladie se trouvait ailleurs ? Et si son passé recelait un secret immense et abject ? Est ce que la vie de Claire serait aussi obscure ?

 

Avec tact, honnêteté, Sylvie Mouchon nous propose une histoire touchante et merveilleusement intense. Des personnages profondément attachants dont leurs parcours ne peuvent que nous émouvoir. Une héroïne blessée, combative et souvent abattue. Un récit plein d’espoir, chaloupé par de nombreux rebondissements. Le sujet de la maladie et de ces conséquences sont le moteur de cette histoire, mais il me semble qu’il est important de vous signifier le parcours chaotique vers la résilience qu’emprunte Claire. Souvent douloureux, parfois salvateur, ce chemin est important et va la porter vers cette femme qu’elle rêve d’être.

 

Un premier roman prometteur qui laisse présager de nombreux autres tout aussi savoureux.

 

Une chronique de #Esméralda

A la lumière du petit matin d’Agnès Martin-Lugand

Littérature française/feel-good – Livre sorti le 29 mars 2018

Editions Michel Lafon

Lecture personnelle

Ma note : 4/5

 

Résumé : À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter. Jusqu’au jour où le destin la fait trébucher… Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?

 

L’avis de #Lilie : Agnès Martin-Lugand fait partie de ces autrices que j’adore lire et dont j’essaie d’avoir toujours un roman à portée de mains. Rarement déçue, je me suis pourtant lancée dans cette lecture en espérant retrouver la pointe d’optimisme qui fait le charme de ses romans et qui m’avait manqué lors de son précédent.

Nous faisons ici connaissance avec Hortense. Professeure et passionnée de danse, elle a une vie assez routinière, dénuée de passion et d’imprévue. Lorsqu’elle se blesse gravement à la cheville, elle a l’impression d’étouffer dans sa vie parisienne et décide d’aller s’installer à la Bastide, en Provence, dans sa maison familiale, le temps d’y voir plus clair. Cette blessure ne serait-elle pas un signe du destin ? 

Hortense est une héroïne comme je les aime. Rêveuse, passionnée, elle s’est laissée, pendant trop longtemps, enfermer dans une routine dans laquelle elle se complaisait. Folle amoureuse d’Aymeric, elle accepte de n’être que la seconde, la femme de l’ombre et souffre en silence de le voir rejoindre sa famille après chacune de leurs entrevues. Sa blessure va être l’occasion de faire le point sur sa vie, ses envies et la direction qu’elle souhaite donner à son futur. Aymeric, son amoureux, est un homme sûr de lui, de son charme, qui semble profondément amoureux d’Hortense mais qui ne quittera sûrement jamais sa femme. Il est parfois ambivalent et c’est un personnage que j’ai pris plaisir à détester. Notre héroïne est également entourée par ses amis danseurs, Bertille et Sandro, ainsi que Cathie et Mathieu, ses amis du Sud. Tous seront une aide et un point d’ancrage pour Hortense, de véritables phares dans cette période un peu sombre. Enfin, je ne peux terminer ce tour des personnages sans mentionner Elias, un résidant de la Bastille, bien mystérieux et qui semble cacher de grandes fêlures sous son masque de tristesse.

Je retrouve là tout ce qui me plaît dans les romans d’Agnès Martin-Lugand. Tout d’abord, j’ai aimé tous les personnages, même Aymeric. Ils avaient tous quelque chose d’attachant et une ressemblance avec quelqu’un qu’on connaît ou qu’on côtoie. Ainsi, on peut se projeter certaines situations, avec une impression de moments déjà vécus ou déjà-vus. Ensuite, ce que j’apprécie, c’est de ressentir, au travers de ma lecture, des ondes positives. En effet, l’héroïne passe par des moments difficiles, et ce n’est pas la seule, mais on ressort de cette lecture avec le sourire car après chaque épreuve, quelque chose de positif finit par arriver. Certains diront que l’histoire est niaise, j’ai envie de leur répondre qu’on a le droit d’aimer les romans qui font juste du bien au moral et qui permettent de ne pas se faire des nœuds au cerveau. Un petit bémol, car je suis perfectionniste, sur la fin….. J’aurais aimé en savoir plus, ça finit un peu brutalement pour moi. La porte ouverte sur une suite, peut-être ?

Pour conclure, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman d’Agnès Martin-Lugand. Amateurs de lecture qui donnent le sourire, laissez-vous séduire par l’histoire d’Hortense, une danseuse dont la blessure va lui permettre de faire un point sur sa vie et de la reprendre en main.

 

Retrouvez ce roman sur le site d’Agnès Martin-Lugand

LES ÉTOILES D’ORION : Cluny, 1095 de Brice Nadin.


En 1095, en Bourgogne, à la veille de la première croisade, l’Occident chrétien est porté par une vague de foi sans précédent. Joachim de Saint Ange est un jeune moine copiste du prieuré de Beaulieu dépendant de la puissante abbaye de Cluny.
Alors qu’il rêve de parcourir le monde et d’accompagner son maître Odon à la recherche de manuscrits anciens, ses origines nobles le destinent – contre sa volonté – à une carrière ecclésiastique au service du pape Urbain II.
De la plus grande abbaye du monde chrétien aux sordides geôles de Mâcon, pris en étau entre son amour pour la fille d’un seigneur et l’opération armée la plus importante de son temps, Joachim va tenter d’échapper à sa destinée. Y parviendra-t-il ?

 
Direction la fin du XIe siècle pour cette aventure hors du commun au cœur du plus grand ordre bénédictin. Chant monial, silence du scriptorium et décisions d’envergure, bienvenue dans un monde flamboyant et intransigeant.
La destinée de Joachim de Saint-Ange est toute tracée. Suite à la mort de son père et dès que son âge lui permet, il est envoyé à l’Abbaye de Cluny pour devenir, plus tard, moine. Une épreuve terrible pour le jeune garçon. Sans être toutefois indiscipliné, Joachim est curieux de tout et a parfois certains avis tranchés. Il rêve de découverte, d’évasion et de voyage. Joachim est un jeune homme plein d’entrain, son enthousiasme non feint lui vaut parfois quelques récriminations, mais peu importe Joachim est devenu un jeune homme avide d’apprendre. Initié à devenir moine copiste, il maîtrise plusieurs techniques. Pris en charge par le maître Odon au sein de l’abbaye de Beaulieu, Joachim s’épanouit malgré tout.

 

Appelés d’urgence par l’abbaye de Cluny, ils se rendent en ces lieux. Loin de se douter du piège dans lequel ils sont tombés, ils devront faire preuve de sagesse.

 

Les étoiles d’Orion est une magnifique histoire qui met en exergue un monde totalement oublié. Une grande partie de ce roman met en lumière minutieusement le monde ecclésiastique et leurs règles qui le régissaient. Un véritable plongeon au Moyen-Age où le clergé dominait en matière de décisions. Une période également charnière et cruciale qui précède les grandes croisades. Brice Nadin fait preuve d’une grande précision dans ces détails donnant à son roman une dimension documentaire non négligeable. Il faudra attendre la seconde partie du roman pour rentrer véritablement dans l’action. Une touche de fantastique s’invite conférant ainsi une nouvelle dimension. Le personnage principal est touchant par son ardeur et sa curiosité. Très vite je me suis rendu compte que j’arrivais facilement à visionner les lieux où se déroulent les différentes actions. Dépaysant et envoutant sont tout autant de mots qui définissent cette lecture. C’est une lecture où la précipitation n’a aucun sens. J’ai pris le temps de faire quelques recherches quand cela s’avérait nécessaire et de savourer cet univers riche. L’aspect historique est vraiment mis en avant et c’est cela que j’affectionne, pour la passionnée d’histoire que je suis c’est un pur bonheur.

 

A découvrir sans aucun doute !

 

Une chronique de #Esméralda

JACKPOT ! de Stéphane Boudy.


Un obscur petit fonctionnaire, sur les conseils d’un curieux marchand de biens franco-chinois, se lance dans l’achat et la rénovation d’appartements. Au fil de ses acquisitions, surfant sur la bulle immobilière de la capitale, accompagné d’un fidèle homme à tout faire qui réhabilite à la perfection ses logements, le jeune homme se retrouve rapidement à la tête d’une véritable fortune.
Gérer un tel jackpot va s’avérer délicat… D’autant que la mort accidentelle d’une ex-employée envoie les deux hommes à la prison de la Santé. Depuis leur cellule, qu’ils retapent de fond en comble, le duo entreprend de déradicaliser les détenus. Le succès de cette dernière entreprise remonte jusqu’à l’Élysée. Le gouvernement engage alors ces drôles de missionnaires à exporter leur méthode explosive jusqu’en Indonésie…
Une fresque insolente et iconoclaste sur le monde actuel et ses contradictions. Mondialisation, islamisation, manipulation sont les maîtres-mots de cette fantaisie littéraire politiquement très incorrecte.

 
Jackopt ! est aussi surprenant que déstabilisant. Drôlement désopilant. Un conte moderne où humour et drame poussent le lecteur à prendre tout au second degré.
Loïc Nicolas est en somme un homme tout simple. Premier de sa famille à atteindre les hautes sphères de la fonction publique, issu d’une famille communiste, suit son chemin tel qu’il se dessine. Une vie banale où le moindre coup de folie serait d’office inquiétant. Métro, boulot, dodo, voilà à quoi se résume la vie de Loïc Nicolas. La vie parisienne n’a rien d’exaltant. La vie d’ouvrier de ses parents étaient paramétrés suivant des gestes conditionnés mais la sienne n’est guère revalorisante. Et puis un jour, tel un coup de baguette magique de la bonne fée, un coup de téléphone résonne tel le vacarme venant de l’enfer. Son banquier qui lui propose un prêt enfin d’investir dans l’immobilier. D’abord hésitant, Loïc Nicolas, se rend finalement à ce rendez-vous. Suivant les conseils de son banquier, il s’empresse de trouver le logement de ces rêves. Un chambre de bonne fera l’affaire. Monsieur Ping, bonimenteur excellentissime le prend sous son aile et lui enseigne l’art et la manière de devenir riche. Une rencontre plus tard avec l’homme à tout faire, voici qu’il revêt le costume de l’apprenti investisseur. Adieu le petit fonctionnaire, bonjour l’homme qui achète, rénove et vend des appartements.

 

De fil en aiguille, son affaire prospère et les ennuis se cumulent. Impayés, secrets et magouilles en tout genre avec les banques et un meurtre plus tard, sa vie devient un véritable charivari. Le temps court et lui avec, accompagné pas son compagnon d’infortune. Jusqu’au moment où le passé les rattrape et les envoie directement à la case prison où l’irraisonnable devient le moteur de leurs vies.

 

Conte moderne ou pamphlet de notre société, avec humour et déraison Stéphane Boudy dépeint les incongruités burlesques de ses dérives. Rien n’échappe à l’œil et à la plume acérés de Stéphane Boudy qui avec emphase et une verve dramatiquement incorrecte font de cette histoire, un livre impitoyable. Œil de sphinx qui décortique avec mordant une société à deux vitesses qui s’enlisent dans les idéaux capitalistes et religieux.

 

Une lecture étrangement déstabilisante au ton parfois moqueur et sérieux. Rien n’est à prendre à la légère mais tout est essentiel. Une lecture vive et déconcertante.

 

A découvrir absolument !

 

Les première lignes.
C’est au lendemain du 11 septembre 2001 que la vie de Loïc Nicolas changea. Trente-deux ans, employé de bureau à l’hôtel de ville de Paris depuis six ans, le quotidien de Loïc Nicolas passait. Il n’avait jamais été un jeune homme plein d’ambition. Fils d’un cheminot et d’une femme de ménage de Rennes, le goût de l’ambition n’avait jamais été élu dans sa famille où l’on préférait se réjouis du goût de la nourriture quand elle se trouvait là, rarement abondante.
Un lièvre aux raisins et olives noires faisait la joie de cette famille communiste qui ne jurait que par le Parti et les bons moments de convivialité qu’elle pouvait parfois trouver le dimanche quand les assiette étaient pleines. Le jeune Loïc Nicolas, fils unique, peu rompu aux mathématique, avait obtenu son baccalauréat, série littéraire. Ce succès avait tout de même illuminé les cœurs d’une famille sont la plus haute distinction n’avait jamais été que le certificat d’études du père, Lucien Nicolas.
 
Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle

… le site des éditions Lajouanie

… mon avis sur autre roman de Stéphane Boudy (clique sur la couverture pour le lire).

LA SOUSTRACTION DES POSSIBLES de Joseph Incardona.


À Genève, en 1989, Svetlana, une ambitieuse cadre bancaire, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment mais veulent plus, plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Alors qu’ils préparent minutieusement le casse qui devrait changer leur vie, ils n’imaginent pas être les marionnettes de plus gros, plus malins, plus féroces qu’eux.
On ne joue pas impunément avec l’argent des puissants. Et pour les requins de la finance internationale, l’amour n’est pas une valeur refuge. Aldo et Svetlana n’avaient aucune chance.
Joseph Incardona signe ici son livre le plus ambitieux. Vaste comédie humaine tout à la fois roman noir et grand roman d’amour. Une prouesse.
Joseph Incardona : 50 ans, Suisse d’origine italienne, auteur d’une douzaine romans, scénariste de BD & de films, vient de réaliser son premier long-métrage.
Ses derniers livres, « Derrière les panneaux, il y a des hommes » (finitude 2015), Grand Prix de littérature policière, et « Chaleur » (finitude 2017) ont connu un beau succès, tant critique que public.

 
Il m’a bien fallu 15 jours pour arriver au terme de cette lecture. Cela est peut-être dû au contexte actuel que nous traversons tous, mais cette lecture a été un véritable calvaire pour moi. Je vous explique pourquoi.
Je découvre pour la première fois l’univers extravagant et très atypique de Joseph Incardona. Une écriture assez fluide dans l’ensemble et de nombreux changements de points de vue qui sont structurés par le nombre incroyable de chapitres. Là où cela commence à me déranger c’est quand l’auteur introduit ses réflexions personnelles quant à l’évolution de son roman. Alors oui c’est extravagant, c’est atypique, c’est peut être grandiose, mais cela m’a donné l’impression de ne plus savoir où donner de la tête. Ces mini cassures changent le rythme et ne donnent pas à mon sens une dimension de l’intrigue perfectionnée. Si certains et certaines ont adoré, moi je suis passée complétement à côté.

 

Une ambiance à la Scorsese comme dans le Loup de Wall Street. Si il est claire que j’adore Leornado Di Caprio dans son rôle ici j’ai beaucoup moins apprécié celui de l’apprenti riche. Ce prof de tennis, Aldo, qui veut à tout prix rentrer dans le monde des magouilles et Cie en charmant les dames de ces riches messieurs. Devenir le gigolo pour parvenir à ses fins et un peu surfait. Et comme tout le monde le sait l’univers de la finance se résume à celui qui pissera le plus loin pour mieux t’entuber et à celui ou celle qui aura le plus de conquêtes. Bref un monde d’apparence où  la désolation se cache derrière les coups fourrés, les coupes de champagnes et les antidépresseurs.

 

Le thème de ce roman est intéressant mais ne m’a pas du tout convaincu, du tout, du tout ! J’ai eu du mal à percevoir où voulait en venir l’auteur. A mes yeux il dépeint uniquement ce monde inaccessible au commun des mortels. La pseudo scène coup de foudre et bonheur qui s’ensuit dans un romantisme dégoulinant de guimauve détonnent franchement dans ce milieu où  les émotions ne doivent pas exister.

 

La grande majorité du roman ne sert qu’à dépeindre le contexte dans lequel tente d’évoluer nos apprentis héros qui ne rêvent que d’avoir les poches pleines. Peut-être que le bonheur ne se résume pas qu’à seulement ça et là où l’auteur veut amener notre réflexion.

 

Ni thriller, ni roman noir, ni romance LA SOUSTRACTION DES POSSIBLES est un grand flop pour moi. Joseph Incardona m’a plutôt effrayée avec ces longueurs interminables et cette manière de tourner en rond. Je n’ai pas du tout su trouver ce point d’attache qui me donne envie d’avancer dans une lecture. Une première expérience loin d’être enthousiaste et je ne pense même pas lire autre chose de cet auteur.

 

Et vous, l’avez-vous lu ? Avez-vous aimé ?

 

Une chronique de #Esméralda