JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE de Isabelle Desesquelles.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018]
Rentrée littéraire septembre 2018 – Sortie le 16 Aout
Éditions Belfond – Collection Pointillés
Format numérique (200 pages) : 12.99€
Broché : 18.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

 » Tout l’art de conjuguer l’amour et l’absence. Poignant.  » MARCUS MALTE
 » Leur mensonge préféré aux parents, ils viennent le soir vous dire au revoir, on est à moitié endormis et eux vous murmurent « Je serai toujours là, mon délice, mon ange de la joie douce, merveille de l’amour enchanté’, ils caressent votre front, que ça rentre bien dans votre tête. Ce doit être pour cela que ça fait si mal le jour où ce n’est plus vrai, où la main d’un père ou d’une mère ne se posera plus sur le front d’un enfant que l’on n’est plus depuis longtemps. Et si cela arrive vraiment trop tôt, on est fauché net. On peut mourir et vivre longtemps. « 
Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n’a pas la voix d’une petite fille et ses mots sont ceux d’un mystère cruel. Que s’est-il passé pour que l’innocence se borde ainsi de noir ?
Plongée vertigineuse et poétique dans l’univers de l’enfance,
Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre trouble et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches.
Et la redoutable force du souvenir.

 


 

Mon avis :

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Elle me serre comme si j’allais m’envoler mais je n’ai pas d’ailes. Pourtant je voudrais bien aller faire un tour au bout du ciel, et je reviendrais, pleine de merveilleux, je pourrais rester une enfant autant que maman. En attendant, je regarde le noir, les yeux à hauteur des siens, et c’est vrai qu’elle a l’air d’être tout l’univers avec ses hanches mouvantes, son bassin frémissant, ses jambes infatigables qui n’abandonnent rien, elle tend son front à l’obscurité, tant d’ombre nous avale. Je voudrais que la nuit me prenne moi aussi. Et je m’endors dans ses bras qui m’enserrent où je vais grandir jusqu’au matin. Tous les matins de ma vie.

 

 

La vie. La mort. La vie dans la mort. La mort dans la vie. Une ritournelle silencieuse et unie. Une harmonie sinistre et émerveillée par la beauté de l’être. Celui qui reste. Celui qui part. Un nom. Un âge. Des rires. Des pleurs. Des exclamations de joie. Des cris euphoriques. Des si et des peut être. Des questions. Des étoiles. Des étoiles pleins les yeux pour un infini indéfinissable. Qui je serai ? Qui suis je ? Qui j’étais. Une multitude de tout et de tout de rien. Un soupir. Un souvenir éternel se mouvant dans l’inextricable. Un souvenir aussi douloureux que savoureux. Un souvenir malléable et tellement beau, pur et simple. Un souvenir aussi tranchant qu’un poignard aiguisé à la pierre.

 

Clémence est tout ça.

 

L’innocence d’une fillette volée qui résiste au temps dans le creux des bras accueillants de ses parents. Elle est cette touche de liberté infantile habillée par l’insouciance. Elle respire, mange et dort du bonheur du simple. Elle est ce souffle du vent qui peu à peu s’épuise. Elle est la pluie douce qui surprend. Elle est le feu de la cheminée qui réchauffe. Elle voyage dans les rêves. Vie une multitudes de vies. Elle est l’amoureuse. Elle est grande finalement Clémence.

 

Clémence détient tous les secrets et tous les mensonges. Elle est le témoin du beau, de l’amour inconditionnel de ses parents. Elle foule de ces petits petons, les marches de l’éternel souvenir. La musique, la lecture, les poèmes, l’air mouillé des fougères, sont une mélodie à laquelle elle est reliée indéfiniment. Tel ce 8, grand et fort de ces 8 ans, symbole de l’infini émouvant.

 

JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE est percutant, douloureux, infiniment touchant. Poétique insatiable d’un souvenir où la vie était belle. Un combat titanesque pour défaire les souvenirs envahissants et meurtrissants afin de laisser libre la mort. Jeux pernicieux du passé, du présent et du futur.

 

Impossible de décrire les émotions vives qui m’ont traversée. Une claque magistrale qui m’a mise à terre dès les premiers chapitres. Une blessure silencieuse et fatale cicatrisant par l’espoir et les souvenirs.

 

C’est juste époustouflant me laissant sans voix, sans mots.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Rien ne nous séparera. Juste avant leur premier baiser il y a eu ce serment muet entre Alexandre et Rosalie Sauvage, ils se le répétaient à voix haute que je l’entende moi aussi, d’où je venais, où on allait, où on irait. Et quand je n’ai plus été là ils se sont accrochés à ce rien de leur serment, qui vaut tant. Il nous a sauvés je crois. Son infaillibilité. Ne pas en faire un mensonge à mesure que l’on vieillit, si loin de soi, de celle ou celui que l’on aurait voulu être ; que l’on a cru.

 

 


 

 

Je remercie Babelio qui lors de sa masse critique m’a permis de découvrir cet étonnant ouvrage.

 

 

 

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La dernière des Stanfield de Marc Levy

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Littérature française – sortie en format poche le 18 mai 2018

Editions Pocket

Lecture personnelle

 

Résumé : Eleanor-Rigby est journaliste au magazine National Geographic, elle vit à Londres.
Un matin, en rentrant de voyage, elle reçoit une lettre anonyme lui apprenant que sa mère a eu un passé criminel.

George-Harrison est ébéniste, il vit dans les Cantons-de-l’Est au Québec.

Lui aussi reçoit un message accusant sa mère des mêmes faits.

Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas.

L’auteur des lettres leur donne rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore.

Quel est le lien qui les unit ?

Quel crime leurs mères ont-elles commis ?

Qui est le corbeau et quelles sont ses intentions ?

Au cœur d’un mystère qui hante trois générations, La Dernière des Stanfield nous entraîne de la France occupée de l’été 1944, à Baltimore dans la liberté des années 1980, jusqu’à Londres et Montréal de nos jours.

 

Mon avis : Je suis Marc Levy quasiment depuis ses débuts. J’attends toujours avec impatience la sortie en format poche de ses romans mais aussi avec une pointe d’appréhension car parfois, je n’arrive pas à accrocher. « La dernière des Stanfield » est le parfait exemple de tout ce que j’aime mais aussi tout ce que je reproche à l’auteur.

Elanor-Rigby vit en Angleterre. Elle a perdu sa mère et reçoit un courrier lui affirmant que sa mère n’a pas le passé qu’elle lui a toujours décrit. Au Canada, Georges-Harrison reçoit lui aussi un courrier parlant des secrets de sa mère. Tous les deux se retrouvent à Philadelphie alors qu’ils ne se connaissent pas. Ils vont vivre une aventure intense, à la recherche du passé de leurs mères et en apprendre plus sur leurs origines.

Eleanor-Rigby est une jeune femme solitaire. Reporter spécialisée dans les voyages, elle a peu d’attaches et voit peu sa famille : son père, veuf, sa sœur Maggie et son frère Michel. Après cette lecture, je peux affirmer qu’Eleanor-Rigby est une femme qui sait ce qu’elle veut et qui ne baisse pas les bras face aux difficultés. Lors de la réception de la lettre accusant sa mère, elle va douter mais elle va aller jusqu’au bout de sa quête pour en savoir plus sur son passé et pour comprendre. J’ai beaucoup aimé ce personnage car c’est une femme forte, déterminée et tenace. De son côté, Georges-Harrison est un jeune homme qui a grandi au Canada avec sa mère. N’ayant jamais connu son père, il a souffert de cette absence et du regard que tout le monde portait sur sa mère. Pourtant, il a toujours été entouré d’amour et il a toujours entretenu une relation particulière avec sa mère. Lors de la réception du courrier, il va être désarmé mais il va quand même se lancer dans cette recherche. Avec Eleanor-Rigby, leur relation va connaitre les montagnes russes mais ils vont se compléter et s’appuyer l’un sur l’autre pour arriver à trouver la vérité.

A la fin de cette lecture, je suis embêtée. En effet, je dois avouer que je me suis profondément ennuyée pendant la moitié du roman. En revanche, j’ai été, encore une fois, happée par la suite qui m’a littéralement envoutée et embarquée dans un périple fou. Ce qui m’a gêné, c’est la longueur de la mise en place de l’intrigue. En effet, l’auteur a fait le choix d’un roman à plusieurs voix et à plusieurs époques. On se retrouve donc submergé par un grand nombre de personnages, qui évoluent à des époques différentes et en plus, Marc Levy alterne le point de vue interne et le narrateur externe, en fonction des chapitres. Ces alternances ont eu tendance à me perdre et j’ai eu du mal à accrocher avec la trame de l’histoire. Pourtant, une fois que les pièces du puzzle commencent à s’assembler, l’histoire est folle et vraiment bien menée. Le dénouement est prévisible par certains aspects mais encore une fois, l’auteur a su me surprendre avec deux ou trois petits rebondissements dont il a le secret.

Pour conclure, je recommande donc ce roman à tous ceux qui connaissent la plume de l’auteur et à tous ceux qui aiment les histoires de famille. Cette histoire n’est pas la plus légère ni la plus simple écrite par l’auteur donc si vous ne connaissez pas sa plume, ne commencez pas par celui-là. Néanmoins, c’est un roman intéressant si on prend le temps d’entrer dans l’histoire.

 

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LE CHANT CLAIR DES SIRÈNES de René Pagis.

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[LITTÉRATURE FRANÇAISE – Nouveauté 2018]
Éditions Marivole – Collection Romans Marivole
Service presse

 

Format numérique (261 pages) : 7.99€
Broché : 19.00€
Ma note : 3,5/5 mention « à découvrir »

 

 

 

Je remercie les éditions Marivole pour leur confiance.

 


 

Le résumé :

 

 

Jacques a toujours dit qu’un jour il partirait « Tout droit devant », conscient qu’il ne le ferait jamais. Pourtant, un jour différent des autres, incapable de supporter plus longtemps une vie conjugale impossible, il part sous la pluie en direction du sud. A bout de force, il se réfugie dans une grande maison, chez Mathilde, une dame mystérieuse qui l’envoute et le prive progressivement de toutes ses défenses… Un homme, malade, dont il a remarqué la présence est finalement étouffé dans son lit. Jacques inconscient se réveille, dans une chambre auprès de Mathilde sans le moindre souvenir. Elle l’accuse du meurtre de son mari. « Il a basculé dans un autre monde délicatement irréel, abandonnant toute forme de raison, aujourd’hui, il en est convaincu, il a cédé sans pouvoir résister à une tentation fatale »… A-t-il été victime du seul pouvoir de séduction de Mathilde à la manière du chant clair des sirènes attirant les marins ou d’une substance discrètement administrée par son hôtesse ? Jacques reprend sa fuite mais tombe rapidement dans les mailles de la Justice et comme si cela ne suffisait pas, il apprend qu’il est atteint d’une maladie grave qui risque de l’emporter très vite… Laquelle de ces deux fatalités l’emportera ? Et si en attendant il réapprenait à vivre et à aimer ?

 


 

Mon avis :

 

Il est vrai que je m’attendais à un roman avec un peu plus d’actions dans le style polar. Comme quoi il ne faut pas s’arrêter à la première apparence.

 

« Le chant clair des sirènes » est avant tout l’histoire d’un homme, Jacques. Jacques est à présent à la retraite, ne semble jamais avoir vécu une vie trépidante. Marié, père de deux enfants, il a toujours été d’une droiture irréprochable. Certes pas un père attentionné ou un mari surprotecteur. Mais il a toujours été présent. Les années se sont écoulées rapidement s’enlisant dans un quotidien banal. Dodo, boulot, dodo. Une vie d’un rien extraordinaire. Bafoué par les remontrances et les humiliation de sa femme, Jacques fulmine intérieurement. Lorsque le vase déborde, enfin, il prend ses clics et ses clacs et part vers l’inconnu. La liberté à portée de main, c’est tout joyeux qu’il se laisse guider par sa voiture le portant sur ces routes salvatrices. Les souvenirs heureux rejaillissent anéantissant peu à peu cette douleur silencieuse. Un pèlerinage nécessaire afin que cet homme se retrouve en tête à tête avec ses valeurs, ses principes, ses rancoeurs, et ses doutes. Son périple se termine dans un petit village des Pyrénées du Languedoc-Roussillon, non loin de la frontière avec l’Espagne et tout proche de Perpignan. Il s’installe dans une maison d’hôte où la gérante, Mathilde, pas très bavarde et mystérieuse va peu à peu le contraindre et l’enfermer dans une bulle protectrice et salvatrice. L’apaisement est le sentiment le plus puissant qui l’étreint. Une sorte de bonheur intense l’envahit peu à peu. En totale communion avec son environnement, il s’adonne à son plus grand plaisir, l’écriture. Mais ce répit est de courte durée. Le piège se referme petit à petit et le dénouement est dramatique. Voici que Mathilde l’accuse d’avoir donner la mort à son mari gravement malade. Bouleversé et apeuré, la fuite semble la seule échappatoire. Sa peur le conduit à traverser la frontière où malheureusement la garde civile espagnole finit par lui mettre la main dessus. La chute en enfer est amorcée. Une dérive spectaculaire qui le plonge dans un procès surréaliste. A cela s’ajoute la découverte d’une maladie grave du cœur et d’un cancer. Paul, le médecin de campagne, et son ami l’avocat vont lui apporter un soutien indéfectible et précieux. Ils lui transmettent le courage nécessaire à affronter les terribles épreuves.
Cette fuite qui débute sous de bonnes augures se termine par un terrible chemin de croix. Jacques affaibli et tourmenté se bat pour donner un sens à ses erreurs passées et pour en retirer une leçon.

 

Ce roman est particulièrement tourné sur le personnage de Jacques. L’auteur approfondi ses traits psychologiques et nous décrit un homme blessé et meurtri. Ce voyage inespéré lui ouvre de nouvelles portes sur sa personnalité et il se découvre un autre Jacques. René Pagis, fort de son talent, nous plonge dans ce processus de reconnaissance et d’estime de soi. C’est une excursion bouleversante et très poignante dans l’humilité de cet homme. L’auteur traite d’un sujet sensible : la maladie et son appropriation.

 

C’est un roman à découvrir sans aucun doute. Une belle découverte hors de mes sentiers battus.

 

 

 

 

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BOOM de Julien Dufresne-Lamy.

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[LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2018]
Éditions ACTES SUD Junior – Collection d’Une seule voix.
Lecture personnelle

 

Format numérique (110 pages) : 7.49€
Broché : 9.80€
Ma note : 5/5 mentions « à découvrir » et « coup de cœur »

 

 

 

Le résumé :
« Si vite, tu es devenu mon meilleur ami. Mon meilleur pote, à la vie à la mort. Indécent de dire ça. Pendant trois ans, tu m’apprends mille trucs. T’es Robinson, MacGyver, Dora l’exploratrice combinés. Tu me montres comment rafistoler un grille-pain, allumer un feu, faire des noeuds marins. Tu m’apprends même à conduire. Trois ans de confidences, de joie, de gueule de bois. Trois ans de gueule de joie, c’est ça. » Timothée était le gentil, le bien éduqué. Etienne le fêtard, l’incorrigible. Une amitié fusionnelle, jusqu’à ce voyage scolaire à Londres. Jusqu’à ce que Timothée soit fauché par un fou de Dieu sur le pont de Westminster. Depuis, Etienne cherche les mots. Ceux du vide, de l’absence. Etienne parle à son ami disparu en ressassant les souvenirs, les éclats de rire.

 


 

Mon avis :

 

Certes je ne fais pas parti du public visé par le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, mais peu importe je voulais absolument l’avoir. Même mon fils, de presque 9 ans, a voulu le lire, mais je ne l’ai pas autorisé à le prendre. Dans quelques années je lui donnerai et on parlera de ce roman génial.
Ce n’est pas à proprement parlé d’un roman épistolaire, mais je l’ai perçu comme tel. Une lettre ouverte, un témoignage éprouvant, un mea culpa déchirant. Etienne décrit cette amitié forte et immuable. Celle qui s’est bâtie pendant trois années. Trois années de fou rire, de délires, de soirées, de questions. Ils sont devenus de jeunes adultes, ensemble. Des projets communs, de l’ambition. Etienne est désinhibé alors que Timothée a la tête sur les épaules. L’un réfréne l’autre. L’autre le pousse. Deux identités complémentaires mais aux antipodes.
Ce laïus fait suite au décès de Timothée « fauché par un fou de Dieu ». Etienne se remémore et nous narre cette amitié insensée. Les remords, la peine, la douleur entrecoupés par l’euphorie et la douce folie de l’adolescence, tiennent une place primordiale.
Loin du monde d’être frustrée par la longueur de ce magnifique roman, j’ai vécu cette lecture comme un voyage bouleversant et intense. La plume de Dufresne-Lamy est efficace, poignante et chargée en émotions. Dufresne-Lamy narre un des fléau actuel avec beaucoup humilité. En mettant en scène ces deux adolescents pleins de vie, il touche irrémédiablement le lecteur qui soit ado, jeune adulte, adulte, parents et grands-parents.

 

Une sensibilité à toute épreuve qui te prend littéralement aux tripes.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Dans l’appartement, tu me laisses entrer le premier alors que tu portes les sacs de course. Tu me reparles de tes analyses spectrales-je-sais-pas-quoi et de ton exposé barbant sur les ondes. J’avance jusqu’au couloir. Tu es derrière moi. Tu pousses une gueulante par ce que ta mère a fermé les volets en partant ce matin. On est dans le noir complet. J’appuie sur l’interrupteur du salon et tout le lycée est là devant moi, à hurler SURPRISE;
J’ai l’air idiot.
Ils sont tous là, même les figurants à qui on ne dit pas un mot. Face aux troupes, je ris nerveusement. Je bafouille des mercis grotesques et tu m’agrippes chaleureusement par la nuque en me criant, Joyeux anniversaire, bichon. Dans mon dos, tu as tout préparé. Le buffet. Les banderoles suspendues aux tringles. L’éclairage, le set de latines et la petite famille de bouteilles pour trinquer. Tu n’es pas allé en cours cet après-midi. Tu m’as menti et tu t’en excuses parce que tu n’as jamais mentir. Tu n’as pas suivi les trois heures de TP physique-chimie dont tu me rebattais les oreilles. Tu as préparé la soirée dans le plus grand secret et on l’a fêté comme il se doit, cet anniversaire, tous les deux, jusqu’au bout du jour, avec la voix éraillée et la chemise blanche trempée de sueur. Mon dernier anniversaire avec toi.

 

 

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Retrouve mon avis sur un autre roman de Julien Dufresne-Lamy :  » Deux cigarettes dans le noir ».

 

 

 

 

 

ROUGE DE SOI de Babouillec.

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[LITTÉRATURE FRANÇAISE – Nouveauté 2018 
Éditions Rivages
Préface Julie Bertucelli
Format numérique (142 pages) : 11.99€
Broché : 15.00€

 

 

Le résumé :
Je m’appelle Eloïse Othello. Je cours contre l’idée de la perte de l’identité individuelle au bénéfice de l’identité collective. En clair, être soi-même et non une identité manufacturée dans la chaîne de l’identité sociale.

 


 

Mon avis :

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Eloïse est allongée les pieds en éventail sur le sofa mauve et le souvenir de Moshé brouille un instant sa joie. Elle se ressaisit en apercevant l’image de Tonio, le monde de Tonio. Elle laisse échapper un soupir, Bordel, c’est compliqué la vie.
Les belles illusions de la Belle au bois dormant s’endorment. Tout devient comme le guet-apens de la Belle endormie aux abois. Je vous raconte une vie sans histoire, sortie des fables sans fontaines pour éponger la soif des assoiffés d’histoires des comptes affables.
L’histoire de Miss Othello.
Eloïse nous raconte l’histoire interdite des êtres communicants, enfermés dans l’œuvre du monde écrite par les hommes méritants selon l’œuvre du mérite. Cultiver l’alternatif permet d’apercevoir les racines oubliées, laissées pour compte. Le nombril en expédition, fabriqué made in culture géométrie de l’intérieur fermé. L’origami certifié conforme.On
On libère des joies mystérieuses nécrosées dans le voyage apocalyptique de l’évidence.

 

Comment parler d’un livre qui est inqualifiable ? Comment mettre ses propres mots sur « Rouge de soi » ? Exercice compliqué tant les mots me manquent et dont je ne maîtrise pas. Comment rendre à sa juste valeur, un roman qui bouleverse, transcende ?

 

 

Ma première rencontre avec « Rouge de soi » s’est faite sur les réseaux sociaux (béni les dieux (pour une fois) qui ont su insufflés aux hommes la création des réseaux sociaux). Cette vidéo qui a attiré mon regard et là j’ai vu et j’ai regardé. Babouillec en pleine création ! Cette joie de vivre en communiquant avec ces lettres. Ce regard, loin d’être éteint mais au contraire plein de malice. La fascination m’a de suite frappée. Et j’ai voulu absolument connaître l’immensité de Babouillec. Celle contenue dans cette bulle qui ne demande qu’à être explorée.
Et puis j’ai voulu ouvrir ce roman par ce que je suis maman d’un petit garçon (qui sera un adulte un jour) qui présente des troubles du spectre autistique. Un combat de tous les jours sans relâche.

 

 

« Rouge de soi » c’est l’histoire de nous, de vous, d’eux, d’elle et de Miss Othello. C’est l’histoire dans l’histoire ! Une place dans la place de la société. C’est l’identité individuelle dans l’identité collective. Un monde, une bulle dans l’anarchie organisée de notre société. C’est tout un tas de questions, de remises en questions, de vagabondages dans les multitudes, des prises de consciences, des insouciances, des rêveries, des réalités, des créations. C’est ultime, renversant. C’est une bulle d’où tu explores chaque recoin qui n’existe pas mais qui fait parti d’une réalité tragique incompréhensible. C’est l’acceptation de la différence mais qui n’est pas en même temps une différence. C’est comprendre cette différence. Miss Othello t’ouvre son monde, sa bulle, sans en être vraiment une. T’enfiles avec elle, ta tenue de scaphandrier et tu plonges dans le tumultueux de l’océan. Tu découvres des trésors enfouis et quand tu lèves la tête de cette profondeur, tu rencontres l’immensité noire des étoiles, de la vie. C’est cosmique ! C’est le bing bang !

 

Babouillec ne gribouille pas. Elle narre, elle philosophie, elle raconte son immensité, elle ouvre les esprits étriqués. Elle joue avec les mots parfois avec beaucoup d’humour, elle s’amuse. Elle te parle.

 

 

Je termine mon petit billet modeste par les mots de Julie Bertucelli :

 

« Plus je lis Babouillec, plus je suis émue et pense profondément qu’elle est l’une des plus grandes poétesses-écrivaines-autrices du XXIème siècle avec sa fulgurante écriture, ses questions intarissables surgissant des profondeurs, sa soif d’élucidation enthousiasmante, ses paroles inouïes, ses histoires uniques et de plus en plus concrètes, toujours différentes, ses dialogues ciselés, son humour renversant et sa pensée qui voyage et nous transporte si loin. Elle nous ouvre la vie en grandissime, en multidimensionnel, en ultrasensible, en surpassionnant, en infiniméthaphysique, en extrapoétique… Je ne la remercierai jamais assez d’être ce qu’elle est et d’être venue sur terre pour nous rencontrer ! »

 

 

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En aparté :

Hélène Nicolas, dite « Babouillec autiste sans paroles », est une jeune femme de trente ans, autiste diagnostiquée très déficitaire.

Jamais scolarisée, elle n’a, selon ses propres mots, « pas appris à lire, à écrire, à parler ». Elle n’a pas accès à la parole; son habilité motrice est insuffisante pour écrire. elle réussit pourtant, après vingt ans de silence, à écrire à l’aide de lettres en carton disposés sur une page blanche, des œuvres d’une grande force poétique.

« Algorithme éponyme et autres textes » recueillent ses principaux ouvrages, dont deux font l’objet de multiples représentations théâtrales, notamment au festival d’Avignon, et bientôt au théâtre de la Ville (février 2017).

 

 

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TROIS COEURS EN VRAC de Lysiane Gardino.

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[LITTERATURE FRANCAISE – Nouveauté 2018 ]

La Compagnie Littéraire – Auto édition

Service presse

 

Format numérique (360 pages) : 5.99€

Broché : 18.00€

Ma note : 3/5 mention « à découvrir »

 

 

 

 

 

 

Je remercie Kevin pour sa confiance.

 

 


 

 

Le résumé :
Le récit de trois destins qui se rencontrent, pour le meilleur et pour le pire…

Un soir à Paris, par une nuit glaciale d’hiver, Mathilde et Stéphanie, deux femmes d’âge mûr, croisent le chemin de Laura à un moment-clé de leur existence, et leur vie bascule. Guidées par l’amitié et l’espoir pour un avenir meilleur, elles vont se livrer sans pudeur ni retenue et faire sauter tous leurs verrous. Mais leur passé douloureux ne risque-t-il pas de ressurgir à tout moment ? Se sont-elles vraiment tout dit ?

Quelles forces sont à l’œuvre pour un tel revirement du destin ?

 


 

 

Mon avis :

 

Il n’y a aucun doute, ce roman est bouleversant du départ à la fin. Un roman choc, portrait des maux de la société actuelle. Un roman coup de poing !

 

Mathilde, Stéphanie et Laura. Trois vies différentes, meurtries par les épreuves de la vie, vont se retrouver par un heureux (ou malheureux) hasard sur ce pont, spectateur passif des joies et des blessures de ces passants. La neige et le désespoir accompagnent Mathilde et Stéphanie se tenant la main pour le grand plongeon lorsque Laura surgit pour leur venir à l’aide. Une main tendue, une oreille attentive, de l’empathie, mais de la pitié, un café et un chocolat plus tard, les voici réunies dans le salon de Laura pour une nouvelle aventure. Une seconde chance ? Une nouveau souffle ?

 

Trois portraits saisissants et de réalisme. Gardino te dépeint les blessures de l’âme, celles insidieuses et silencieuses, celles qui laissent un marque profonde. La rue, l’abandon, le désœuvrement, la perdition, la folie tout autant d’éléments déchirants. Ces trois femmes vont créer, au fil des aveux et d’histoires, un lien amical très puissant. Cette entraide va leur permettre de construire une nouvelle vie sans crainte et où l’espoir et l’amour trouveront une place d’honneur. Mais il arrive un moment où tout part en vrille, la vie a le bon sens de rappeler que le passé fait ce que l’on est maintenant et qu’il te rattrape où que tu sois !

 

C’est une histoire déchirante, émouvante où les profondeurs de l’âmes sont décortiqués. L’auteur, non sans peine, décrit des êtres, femmes et hommes, blessés qui n’aspirent qu’à l’annihilation. Des erreurs, des mensonges, des pardons et des conquêtes s’enchainent sans discontinuer vers un final plutôt inattendu et davantage choquant. En toute honnêteté, j’aurais souhaité (pour une fois) une autre fin. Oui vraiment. C’est un tel crève-cœur ! Et puis c’est tellement incompréhensible ! Je crois avoir hurlée silencieusement, mais néanmoins très fort, un grand NON !
La plume de Lysiane Gardino est en accord avec l’atmosphère qu’elle a créee. Une plume rude, stricte et intransigeante. Personnellement, j’ai eu du mal à être transporter : le thème étant assez dur en lui même, j’aurai aimé retrouver une certaine volupté et douceur au travers des mots. La linéarité m’a semblé un peu bancale au fil des paragraphes.

 

Trois cœurs en vrac sera te faire chavirer, sans aucun doute !

 

 

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SOEURS DE LAIT de Frédérique-Sophie Braize.

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[LITTERATURE REGIONALE – Nouveauté 2018]
Editions de Borée
Service presse
Format numérique ( 288 pages) : 9.90€ 
Broché : 19.90€
Ma note : 4.5/5 mention « à découvrir »

 

 

Je remercie les éditions de Borée pour leur confiance.

 

 


 

Le résumé :
Nées de mères différentes, les soeurs Baud ne partagent pas un lien fraternel profond. L’aînée, Ferdinande, veuve de guerre, est entrée en condition à Paris. Zoé et Anthelmette, si dissemblables et malgré tout jumelles, accompagnent leurs époux qui innovent pour participer à la grande aventure de l’or blanc. Coqueline, la cadette, est fascinée par la haute société venue en villégiature dans la station, mais elle ne veut pas la servir, elle veut en être. Séduite par Côme, un jeune voyageur qui vante les vertus médicales du radium, elle fonce dans les écueils de l’existence avant de découvrir que des intrigues sournoises sont menées au détriment de son entourage. Les quatre soeurs seront-elles capables de s’unir pour piéger ceux que rien n’arrête ?

 


 

Mon avis :

 

Avec ce roman-ci je sors vraiment de ma zone de confort, mais c’est en même temps une extraordinaire aventure. Je découvre également une auteur au talent exceptionnel d’oratrice. J’avoue avoir eu beaucoup de mal avec la verbe et la plume de l’auteur, tout simplement car je n’ai absolument pas l’habitude avec l’utilisation de mots désuets ou expressions qui ne sont pas courantes mais qui au contraire doivent l’être en Haute-Savoie.

 

Je plante le décor !

 

Début du XXe siècle, 1922, la première guerre mondiale résonne encore dans les têtes et les cœurs des braves gens. Période de grands bouleversements tant sociétales que découvertes en tout genre. Fracture visible entre les grandes villes qui bénéficient des progrès et les villages éloignés et isolés où les sabots battent encore sur les chemins de terre. Un petit village de Savoie niché sur les pentes abruptes des Alpes : une église, des cahutes, des étables, un cheval de trait, des vaches et leurs cloches, des chemins pentus, un curé intransigeant, une soigneuse aux mains de fée, une famille, Baud, qui a déjà vécu mille et une péripéties et qui n’est pas au bout de leur surprise. Une malédiction de bessons (comprendre jumeaux), quatre sœurs de lait ( Anthelmette, Zoé, Coqueline et Ferdinande) des époux atypiques, une mère tyrannique, un père objectif, des enfants, un jeune homme du nouveau monde (Côme), un médecin douteux et un vétérinaire un peu trop soucieux. Une découverte miraculeuse, le radium (Marie Curie) et sa commercialisation sous toute forme plus ou moins farfelue (eau, crème de corps, compresses, laine, bain …) mais aux propriétés exceptionnelles.
Ce petit village et ses habitants vont être les témoins de changements radicaux : les années folles s’invitent dans un décor blanc et où les chants patriotiques résonnent toujours.

 

En bref !

 

Ce roman est une mine d’informations, de souvenirs, d’us et coutumes oubliées. Les descriptions minutieuses te plongent dans un décor surréaliste mais qui fut pourtant bien existant. L’auteur dépeint avec beaucoup de véracité, ces familles isolées où la religion reste souveraine, où les coutumes rythment le fil des ans, où l’honneur reste fière, où les hommes façonnent de leur mains les matériaux nobles, où les femmes élèvent les enfants, tiennent la maison et aident leurs maris. Le sens de la famille est omniprésent dans les bons comme dans les mauvais moments. Cette unité indestructible toutefois ballottée par de nombreuses péripéties. D’un autre côté également, tu découvres un Paris où les plus fortunés s’adonnent à l’excentricité et où les petites mains survivent tant bien que mal. Et puis tu es mis face à l’un des péchés capitaux : l’avarice. Le gain, la manipulation, l’enrichissement, la renommée et les mensonges vont sournoisement s’infiltrer au grès des apparitions de Côme. Le radium y est exposé comme étant l’eau de jouvence et protecteur de maux. Un scandale pharmaceutique de grande ampleur qui sera précurseur quelques années plus tard du principe de précaution et amplifiera les contrôles pharmaceutiques.

 

Ce roman se base sur des faits véritables. Le travail de recherches est minutieux et ne laisse rien outrepasser. C’est cette véracité dans cette histoire qui la rend exceptionnelle. Un voyage insoupçonné mais qui trouve encore écho aujourd’hui dans des affaires toutes aussi sordides les unes des autres.

 

SOEURS DE LAIT est une magnifique découverte, malgré mes petits tracas du départ, ils se sont vite effacés pour laisser place à une histoire bouleversante et prenante dans un monde qui s’est peu à peu oublié.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Coqueline reconnaissait tout ignorer du monde des affaires, tandis que Côme voyait ses œuvres de bienfaisance louangées par beaucoup. Comment ne pas être en admiration devant quelqu’un capable sinon de soigner tous les siens, en tout cas d’améliorer leur quotidien ? Comment ne pas être en extase devant un homme propre ) faire de vous une princesse en un claquement de doigts ? Elle décida que, s’il revenait, elle agirait différemment. Coqueline, plus hardie dans ses pensées que dans la vie, le deviendrait aussi dans ses manières. De cette façon, il ne pourrait plus faire autrement que de s’engager. Ce n’était pas qu’elle attendait le bonheur. Non. Elle n’était pas naïve à ce point. Elle cherchait juste un moyen d’échapper à sa condition de femme captive d’une société ancrée dans le passé.

 

 

 

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 Aparté sur Frédérique-Sophie Braize

 

De son enfance en Haute-Savoie, Frédérique-Sophie Braize a retenu les coutumes et traditions d’une région dont elle connaît tous les reliefs et paysages. Elle y a côtoyé des hommes et de des femmes aux prises avec les malheurs de l’histoire et les tourments du cœur. Ils ont raconté leur quotidien, effrois et bonheurs mêlés, qu’elle restitue sous une forme romanesque. Des récits justes, à l’émotion intacte. Elle est l’auteur de recueils de nouvelles remarqués par la critique, pour lesquels elle a reçu les prix Vedarias 2012 et Gaston Welter 2013. Elle publie ici son troisième roman.

 

 

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