FACE DE LUNE de Hervane Blanc.

Face de Lune par [BLANC, HERVANE]

 

 

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018]

LIBRINOVA

 

Format numérique (133 pages) : 2.99€

Broché : 12.90€

Ma note : 5/5 mention « coup de coeur »

 

 

 

 


 

Le résumé :

 

Depuis le décès de sa mère, Face de Lune a perdu goût à la vie. Cette petite fille à l’existence jusque-là tranquille, ne veut plus dormir, de peur de se réveiller le lendemain et de découvrir que ceux qu’elle aime ne sont plus là…Nous suivons alors les destins de femmes ayant vécu la perte, le chagrin et la désillusion. D’abord Elena, orpheline depuis son plus jeune âge, puis Claire, dont la vie a basculé du jour au lendemain.Et qui est cette mystérieuse psychologue dont la voix se fait tendre et rassurante pour nous guider vers le chemin de la reconstruction ? Avec ses mots, elle nous aide à comprendre les pensées négatives qui parfois nous font perdre pied.Découvrez un roman sensible et émouvant, une ode à la résilience et au bonheur retrouvé !

 


 

Mon avis :

 

Il y a de ces livres qui indescriptiblement viennent te couper le souffle. FACE DE LUNE fait parti de ces merveilles qui te bouleverse. Un roman sensible et touchant.

 

FACE DE LUNE retrace le portrait de trois personnes. Mathilde, Claire et Elena ont toutes trois un combat à mener. Surmonter des angoisses, faire le deuil de l’inacceptable et aller de l’avant sont le branle bas de combat de leur quotidien.

 

Le roman s’ouvre sur des scènes douloureuses et déchirantes. Mathilde, surnommée Face de lune, doit faire face au décès de sa maman emportée par la maladie. Elle n’a pas pu lui dire au revoir et s’attend toujours à ce qu’elle revienne. Mathilde sombre peu à peu dans un mutisme très profond. Elle ne comprend plus le monde autour d’elle. Elle n’y porte plus aucun intérêt. Elle est là et attend. Présenté sous forme de chapitres très court, l’auteur délivre un récit poignant et percutant. C’est si dur à avaler, mais je ne peux que faire le parallèle que dans le monde autour de moi, des enfants souffrent énormément.

 

Puis le roman, prend une nouvelle tournure. Nouveau ton, nouvel agencement du récit, l’auteur m’a transportée auprès d’adultes. Quelque peu perturbée par ce changement, et beaucoup perdue ne sachant pas où l’auteur voulait pousser ma réflexion. Je fais donc, la connaissance de Elena, libraire, Elisabeth, professeur d’anglais, Claire, femme au foyer. Elles habitent toute trois la (ma) belle ville toulousaine. Claire est l’élément liant ces trois personnages, alors qu’Elisabeth va être l’élément inspirant un nouveau départ.

 

Elena est une jeune femme introvertie qui ne s’autorise pas le bonheur et ne veut surtout pas s’attacher à l’amour. Elle refuse tout lien quelconque dans le but d’éliminer toute souffrance qui serait occasionnée par la perte. Claire est orpheline : ses parents sont décédés dans un accident de voiture. Recueillie par la suite par sa grand mère, elle doit faire face au rejet de sa tante. Sa vie d’adulte s’est construite sur une seule image négative. Il est temps pourtant pour elle de laisser le passé au passé. Arrivera t-elle à surmonter ses plus grandes craintes ?

 

Claire est une femme au foyer exemplaire. Maman de trois enfants, elle fait toute les taches qui lui incombent. Claire s’est oubliée peu à peu, mettant de côté ses aspirations professionnelles. Le bonheur de sa famille lui importe davantage. Les œillères ont parfois du bon, jusqu’au moment où elles explosent et tout s’ouvre sur la désillusion. Cet échec cuisant va l’anéantir mais elle trouvera les solutions pour repartir du bon pieds.

 

FACE DE LUNE est une extraordinaire découverte. Celle qui a meurtri mon petit cœur. L’auteur scande à merveille que nous sommes l’unique moteur de nos vies. Que l’anéantissement émotionnel quel qu’il soit, n’est pas une finalité, une fatalité et qu’il a encore des choses magnifiques sur terre qui méritent le combat. Un pas après l’autre avec la volonté farouche de dire « stop », la vie peut être encore merveilleuse. Malgré le fait que le livre traite d’un sujet très douloureux sur la perte, Hervane Blanc insuffle une dose d’optimisme. J’ai été suspendue aux mots de l’auteur tout au long de son roman. Finissant sur une claque magistrale, l’histoire prend alors un tournant insoupçonné. C’est le sourire aux lèvres que j’ai refermé ce roman. Apaisée et soulagée : que la vie peut être belle !

 

 

 


 

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OUBLIE QUE JE PARS ET DIS-TOI QUE JE REVIENDRAI de Maxime Sayer.

 

 

 

[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE / EPISTOLAIRE – 2017]

EDILIVRE

 

Format broché (170 pages) : 14.50€

Numérique : 1.99€

Ma note : 3,5/5

 

 

 

 


 

 

Le résumé :
Deux adolescents, Valentin et Éléonore, Val et Éole. Deux vies croisées et différentes. Mais une seule correspondance. Un seul amour. Une seule occupation : fuir les diktats de la hiérarchie du monde et tendre vers leur seule liberté possible : la passion. À travers des dizaines de lettres naît une histoire d’amour entre ces deux êtres qui ne se connaissaient pas. Mais les mots ont-ils le pouvoir de dire la vérité ?

 


 

Mon avis :

 

Maxime Sayer, jeune auteur, signe ici son premier roman. Malgré des anicroches et quelques soucis au niveau de la structure de son récit, Sayer a de belles idées et beaucoup de choses à raconter.

 

La première partie est consacrée au récit épistolaire où deux jeunes gens font délier leurs pensées et épancher leurs émotions. Une sorte d’apprentissage sentimental qui renforce l’amour au fil de cette correspondance. La colère et le désespoir s’emparent de ces moments d’intimité. Valentin et Eole refont le monde dans une ambiance mélodramatique. Une relation fictive aux allures de Roméo et Juliette. Puis arrive ce moment inattendu où la réalité rattrape la fiction. Tel un château de cartes, le bonheur s’effondre dans un tracas dramatique et déchirant. Préface à une seconde partie où la solitude prend le pouvoir sur la déperdition humaine. Valentin usant de son journal intime confie, alors, ses intimes et désolées pensées.

 

La psychologie des personnages est le moteur essentiel à cette histoire bouleversante. Telle une passerelle entre l’adolescence et le monde adulte, les questions fourmillent et paralysent Valentin et Eole. Tout est finement analysé et disséqué : l’amour, la fidélité, la solitude, la peur de l’inconnu, la trahison, l’attente, l’abandon, le désespoir, la crainte, la folie, la jalousie, l’espoir… Une flopée d’émotions, de sentiments et de questions accaparent nos jeunes héros face au monde, à la société rigidifiée dans une panoplie de codes intraitables.

 

Je dois avouer que je suis épatée par la plume de Maxime Sayer. Aussi honnête soit-elle, la sensibilité qui en émane m’a chamboulée. Il fait preuve d’une très grande maturité. Il a beaucoup de choses à dire. Et c’est ici que je m’exclame haut et fort : auteur à suivre absolument ! Malgré la faiblesse indue, peut être, à ses débuts, le talent est là. J’encourage fortement l’auteur à persévérer.

 

Si tu ne prêtes pas cas, à ces quelques erreurs, tu découvriras une magnifique histoire.

 

 


 

Je remercie Maxime Sayer pour sa confiance et surtout sa patience.

 

 

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UENO PARK de Antoine Dole.

 

 

[YOUNG ADULT – Rentrée littéraire 2018]

ACTES SUD Junior

 

 

Format numérique (128 pages) : 9.99€

Broché : 13.50€

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 

 

 

 


 

Le résumé :

 

Huit adolescents. Huit voix. Ils ne se connaissent pas mais ont en commun de rejeter les codes traditionnels de la société japonaise. Tous laissent entrevoir un furieux besoin d’imposer leur trace dans ce monde. A Ueno Park, ils vont se trouver réunis pour Hanami, le spectacle de l’éclosion des cerisiers.

 


 

Mon avis :

 

J’aime beaucoup les romans qui paraissent chez ACTES SUD Junior. Des romans courts et surtout percutants et pertinents.

 

Antoine Dole emmène son lecteur au cœur d’Ueno Park, figure emblématique de Tokyo pour ces cerisiers en fleur. Hanani, fête traditionnelle et symbole éphémère du renouveau et du souvenir.

 

Tokyo, centre névralgique du Japon où modernisme et tradition se côtoient sans cesse. Vie rigoureuse et rigoriste, les cadres, petites mains, ouvriers, enfants et adolescents sont confrontés au résultat et à l’excellence. Il n’y a aucune pitié pour les plus faibles qui deviennent très vite des laissés pour compte.

 

Antoine Dole, grand observateur, narre avec justesse la vie de ses adolescents et adolescentes qui ne veulent pas être gangrénés par cette société misogyne et intraitable.

 

Au travers de 8 portraits, Dole prend le rôle de porte parole. De sa merveilleuse plume, il honore avec force le combat de ceux qui condamnent et aspirent à une vie meilleure.

 

Ayumi est une hikikomori. Un fantôme vivant entre deux mondes. La réalité ne dépasse pas l’écran de son ordinateur. Ses parents sont dans le déni de son mal être profond, de sa déprime. Pour sa famille, elle n’existe plus. Elle l’a déshonorée. Ce second Hanani sera peut être pour elle, la fenêtre tant attendue ouvrant sur de nouveaux espoirs et aspirations ?

 

Sora est un garçon pas comme les autres. C’est une sweet lolitas. Il se maquille, s’habille comme une fille. Ils sont nombreux à Tokyo et s’afficher est un affront à la société. Trouvera t-il à ce nouveau Hanani, l’apaisement qu’il cherche tant ?

 

Fuko est atteinte d’une leucémie. Son espérance de vie se compte maintenant en jour. En ce jour d’Hanani, il lui a été autorisée de sortir de l’hôpital et de profiter d’Ueno Park. Une liberté éphémère et salvatrice. Si elle est en paix avec la mort, l’inquiétude la ronge quant à sa jeune sœur, Kazué. Cette escapade sera t-elle un aussi bon souvenir ?

 

Natsuki est une jeune fille aux mœurs bien différentes inculquées aux jeunes filles. Elle pratique le Enjo Kosai. Une sorte d’escorte girl mais destinée à recevoir les pleurs, les lamentations des clients. Elle est mise face à toutes les émotions que le Tokyote cache par honte. L’argent ne fait pas le bonheur, elle rêve d’un monde où pleurer ne sera pas une preuve de faiblesse.

 

Haruto est le survivant d’une de ces catastrophes naturelles qui touchent tant le Japon. Avec sa mère, ils ont emménagé à Tokyo, loin du danger éminent. Ce jour terrible et tragique où il a perdu son père médecin, il s’est fait une promesse de suivre les traces de son père. Les années ont passé et il n’aspire plus à cette carrière. Hanuni permettra t-il enfin de révéler cette passion grandissante et incomprise à sa mère ?

 

Daisuke est fier de subvenir aux besoins de sa famille. faire des pancakes tout au long de la journée dans une misérable échoppe aux abords d’Ueno Park, n’a rien de dégradant. Si simplement les gens pouvaient le voir.

 

Aïri ne rêve que de rencontrer son idole, son amoureux. Elle l’attend dans le parc, sous la statue de bronze. Ses rêves seront-ils plus fors que les désillusions ?

 

Nozomu est parti de chez sa mère car elle n’arrêtait pas de travailler pour assurer un avenir meilleur à ses enfants. Il a fuit sans un mot, sans un au revoir, se promettant de trouver un travail honorable afin de l’aider. Seulement la rue l’a mangé sans préambule. Il erre, dépouillé de son humanité dans ce parc bien trop clinquant pour lui. Il observe ce monde grouillant uniforme. Quelques couleurs tapissent ce semblant de mascarade et l’unité est ainsi ballottée. Qui sait peut être qu’en un regard la vie peut basculer ?

 

J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. Des portrait saisissants. J’ai adoré découvrir ces huit personnes uniques qui s’imposent dans ce monde fade.

 

UENO PARK invite à la découverte d’un monde qui ne tend qu’à être révéler. Il invite au voyage et au débat.

 

Ce Young Adult est à découvrir sans aucun doute !

 

 

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UENO PARK

 

 


 

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LE TEMPS D’UNE ILE de Thierry Clech.

 

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Rentrée littéraire 2018]
Ateliers Henry Dougier
Collection : Littérature

 

Format broché (136 pages) : 14.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

Face à cette île, les années passent, les personnages défilent. Thierry Clech a imaginé des fragments de vies, de l’âge de pierre jusqu’au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l’humanité avec pour seul point commun ce paysage foulé.
 » Je devinais dans la nuit la forme triangulaire d’une île, au centre de la baie, dont la masse obscure se détachait à peine des lueurs astrales du ciel. Cette île m’intriguait… « 
Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l’horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d’un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ?
Des hommes s’y sont entretués et des couples s’y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D’autres ont pu y infléchir leur destin.

 


 

 

∞∞ LES PREMIÈRES LIGNES ∞∞

 

 

Longtemps, enfant, adolescent, puis adulte, je suis venu ici, devant les flots immuables, sous les ciels versatiles, à contempler une île, non loin d’où j’habitais, et à me sentir en la regardant, année après année, à me demander si ceux qui l’avaient vue avant moi s’étaient posé pareilles questions, en des siècles lointains, à propose de leur vie, face à cette baie, la même, que découvriront aussi d’autres hommes, dans dix ans ou dans mille ans, à l’aurore, au couchant, sous un soleil de solstice, d’équinoxe, dans l’air glaçant, la tiédeur, la fournaise, ou par des nuits piquetés d’étoiles que bercera le bruit des vagues.

 

Le ciel change sans cesse mais ses teintes reviennent. Céruléen, safran, cobalt ou ébène. L’eau des océans glisse et reflue sur le sable, jamais  ne disparaît. Chaque jour le soleil s’élève et décline. L’horizon ni ne s’approche ni ne s’éloigne. Les reliefs s’érodent lentement.
Il n’y a pas d’autre ciel, pas d’autre mer, aucune autre terre, un seul soleil.
Où qu’ils soient, partout dans cette lumière, cette ombre, depuis la nuit des temps, des hommes naissent, vivent et meurent, seconde après seconde.

 

Mon avis :
Thierry Clech nous invite au travers de son premier roman à un voyage intime au confins de l’humanité. Diapositive d’un monde sans cesse bouleversé par l’évolution. De la préhistoire au futur envisagé, en passant par les vikings, le moyen âge, la révolution française et la guerre mondiale, Thierry Clech narre l’histoire intergénérationnelle de ces hommes et femmes dans leur quotidien.

 

Impitoyable, invincible, roc solitaire, terre accueillante, cette île fière, telle une pyramide régnant sur son océan, est le témoin silencieux des époques qui se succèdent dans un soupir du temps. La dimension temporelle n’a alors plus aucune notion. Tel un film en accéléré, les pauses n’interviennent qu’en de rares occasions. Synonymes de réflexions métaphasiques ou philosophiques sur la place de l’homme dans un tout. Qui suis je ? Quelle trace vais je laisser dans ce monde où finalement un seul souffle efface le moindre souvenir ? Qui suis je pour bouleverser cet infiniment grand ?

 

Grain de sable éphémère, né de l’eau et du carbone, façonné par les millénaires, transporté par le vent et anéanti par la simple condition de la vie, l’homme, cellule vivante, par sa définition cherche son prolongement dans la transmission de soi via les outils adaptés de son époque. Le souvenir empreint dans la mémoire collective, familiale ou dans la roche, n’est qu’une clef désuète face à l’espace temps. L’île est le gardien de ses souvenirs, de ces hommes, de ces femmes et de leurs idées, questions, tourments, espoirs et secrets. Elle est immuable et éternelle, ce que l’Homme ne pourra jamais être. Elle est à la fois un musée de l’humanité et une source d’inspiration.

 

Je suis tombée amoureuse du roman de Thierry Clech dés les premières phrases. La prose de Clech n’a rien a envié aux plus grands. Un voyage inédit et transgénérationnel. Un roman ouvert sur la réflexion.

 

Les amoureux de la langue française ne pourront qu’apprécier ce roman aux connotations fortes et au dessein de cette mystérieuse île.

 

 

 

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L’auteur s’est inspiré du Val-André et du rocher du Verdelet.

 

 

 

Focus sur Thierry Clech :

 

Journaliste, critique aux Cahiers du cinéma puis scénariste, Thierry Clech est également photographe. Ses images, issues de ses voyages, ont été exposées en France et à l’étranger. Il a publié plusieurs livres, notamment en collaboration avec les romanciers Philippe Jaenada (Déjà vu, éditions Philippe Chauveau) et Bernard Chambaz (Imprimer le Monde, éditions du Tigre). Le temps d’une île est son premier roman.

 

 


 

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DE JOIE COULENT MES LARMES de Lena Walker.

 

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018]

Éditions Michel Lafon

 

Format numérique (302 pages) : 4.99€

Broché : 17.95€

Ma note : 4/5

 

 

 

 


 

Le résumé :

 

Un roman gourmand et plein de surprises.
Juriste sans entrain dans un cabinet d’avocats, Romy Bavarois rêve depuis sa plus tendre enfance de présenter le journal télévisé de la plus grande chaîne de France. Au décès de son grand-père, elle décide sans regret de tout quitter et de s’installer chez sa grand-mère à Saint-Tropez. Acceptant un emploi saisonnier de vendeuse de soufflés tropéziens, Romy se laisse vivre jusqu’au jour où elle rencontre Jean-Luc, le médium des stars. Lui fera-t-il des révélations décisives sur son avenir ? Aura-t-elle enfin l’électrochoc qu’il lui fallait pour sortir de sa douce léthargie et prendre son destin en main ?

 


 

Mon avis :

 

Romy a toujours vécue dans la ville des stars, Saint-Tropez. Son grand père, sa grand mère et elle même font partie intégrante de ce village. Les petites mains au service d’une ville aux mille et une couleurs et célébrités intransigeantes. Romy a grandit dans ce village qui lui tient à cœur. Une communauté soudée dans les meilleurs et pires moments qui régissent leur quotidien. Un esprit convivial, sympathique règne dans ces ruelles étroites où il fait bon vivre. Romy a toujours cru aux belles histoires : un amoureux pour toujours, une famille à aimer et surtout son plus grand rêve devenir quelqu’un, une personnalité admirée de tous. Et quoi de mieux qu’aspirer à devenir une grande présentatrice du journal télévisé.

 

Romy rêve, mais n’a jamais franchi aucune marche vers l’ascension. Sa vie est aussi douce que les soufflés tropéziens qu’elle vend. Pas d’aspérité, pas de troubles faites, rien qui ne laisse supposer qu’un ouragan va bouleverser sa vie. De déconvenues en déconvenues, elle sombre désespérément dans une déprime. Son meilleur ami lui propose alors de monter à la capitale pour réaliser son rêve.

 

Ce n’est qu’alors qu’elle se reconstruira, ouvrira les yeux sur l’essentiel, sur l’aboutissement de soi.

 

Romy est un personnage très attachant. Mais elle m’a également totalement exaspérée. Souvent j’ai voulu le donner un bon coup de pied aux fesses pour qu’elle avance et surtout qu’elle ne doute plus d’elle. Suivre sa propre voie n’est pas facile surtout quand on tombe sur des personnes malintentionnées. De rencontre en rencontre, Romy évolue dans un monde qui lui plait mais où elle ne sent pas entièrement à sa place. Elle doute beaucoup d’elle, se questionne sur l’essentiel. Sa vie est chaotique. La vie parisienne est suffocante, stressante et empiète sur sa quête du bonheur.

 

Ce feel good book est assurément délicieux. Avec délicatesse et finesse, il m’a emmenée sur le chemin difficile des choix, des espoirs qu’offre la vie. La tristesse est omniprésente soit silencieusement soit dans des moments d’effondrements. Elle bouleverse. La joie prend place au fil des chapitres, mais parfois elle cache d’autres tourments. Cette quête initiatique métamorphose Romy.

 

La plume de Lena Walker est juste magnifique. Elle transpose à merveille toutes les émotions de ses personnages. Quelques traits d’humour parfaits une héroïne malmenée. Avec subtilité, elle confronte Romy à ses angoisses, la menant ainsi à donner une autre vision à ses échecs et en faire une force.

 

DE JOIE COULENT MES LARMES est une très belle découverte. Une lecture douce, agréable et idéale pour attaquer cette nouvelle rentrée et continuer ainsi les vacances déjà bien loin.

 

 

 


 

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LE MARQUIS GUILLOTINÉ de Roger Judenne.

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[ROMAN HISTORIQUE – Nouveauté 2018]
Éditions Marivole – Collection Romans Marivole
Format numérique (368 pages) : 7.99€
Broché : 20.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 


 

Le résumé :

 

1794, l’époque révolutionnaire bat son plein et la guillotine fonctionne à tout-va. A Paris, le marquis de Guéau vient d’être guillotiné. Le fils navigue sur les océans, à l’abri des vagues, tandis que sa femme, Madame de Bonvoust, se réfugie avec sa fille nouveau-née au domaine de Reverseaux, propriété du marquis dans la région de Chartres. Elle part rapidement se réfugier en Angleterre, laissant sa fillette à une nourrice dans le plus grand secret. Les petites gens continuent à vivre autour du château du marquis guillotiné comme si de rien n’était. La Révolution a fait peu de vagues, et leur travail permet de les faire vivre. Un régisseur honnête surveille tout ce petit monde, ce qui permet au domaine de Reverseaux de survivre aux spéculateurs qui achètent successivement le domaine sans jamais y mettre les pieds.

 


 

Mon avis :

 

5 ans après la prise de la Bastille (14 juillet 1789), la révolution résonne toujours tambour battant dans les rues de Paris. La monarchie s’éteint peu à peu et les têtes des nobles proches de l’oligarque tombent. La Ier république (21/09/1792 à 18/05/1804) faisant suite à la révolution est ballottée. Son instabilité fait craindre des heures sombres à la France et au petit peuple :  le premier gouvernement (Convention Nationale) est la référence historique de ce roman et plus particulièrement la période appelée La Terreur. La République Française n’a jamais été aussi instable qu’en cette fin de XVIIIe siècle, les hommes politiques tel que Robespierre n’arrivent pas à stabiliser le pays et finissent guillotinés.

 

Roger Judenne plonge son lecteur au sein d’un domaine seigneuriale dirigé par le Marquis de Guéau : le château de Reverseaux. Cette acquisition remonte à plusieurs génération au temps du roi Henri IV où ses ancêtres étaient proches du roi et en remerciement ce domaine leur fût céder.
1794, le marquis fût guillotiné et tous ses biens furent confisqués et mis sous la tutelle de la République. La vie du Château est alors menacé, tout comme la famille du Marquis, recherchée par les soldats de la République. Certains proches vont trouver refuge notamment en Angleterre. L’histoire ne se concentre aucunement sur la fuite de ces nobles, mais au contraire, elle porte un œil intéressant sur la vie des petites mains qui font vivre le château. Une fenêtre sur un monde oublié à l’heure actuelle où la mondialisation numérique est prépondérante, cet aparté sur ce paysage est tout aussi savoureux que mémorable.
Roger Judenne ne tarit pas de descriptions quant à ce petit peuple fourmillant sur les terres du Marquis. Le maître boulanger, le meunier, le charbonnier, la laitière, le tuilier, le fermier, le gardien, le régisseur, la gouvernante, les servantes, l’avocat, le curé, le colporteur, le coché… Un monde où fourmillent tant de personnes qu’il apparaît telle une bulle hors du temps. Une bulle qui est  passée au travers des mailles de la Révolution sans trop de casses malgré de belles frayeurs. Chaque personnages ont une place importante, un maillon solide d’une chaîne solidaire. Le lecteur suit donc toutes les péripéties de ces petits gens. Ces derniers sont vaillants, autant les hommes que les femmes, ingénieux, bienveillants et respectueux. De nombreuses qualités qui tendent à faire défauts aujourd’hui. L’entraide est omniprésente, d’ailleurs nécessaire au bon déroulement de toutes les tâches. Personne ne rechigne, sauf le benêt du village qui sous son caractère niais met une belle pagaille au sein de la communauté. Malgré le vent de changement qui souffle sur le pays, Reverseaux fait figure d’un calme olympien. Il faut dire que le régisseur tient avec rigueur et respect tout ce petit monde et surtout n’hésite pas à relever les manches pour quelques travaux et affronter les ventes successives du château et de ses communs.
Une vie de labeur où moult soucis sont récompensées par des petits bonheurs simples.

 

Je regrette souvent de ne pas avoir le temps de lire davantage de roman historique, surtout que c’est un genre qui me plait énormément pour tous les détails, menus ou grands, sur les coutumes, sur l’aspect historique, sur ces métiers d’autrefois et sur ce mode de vie d’une autre époque. Ces romans sont un gage de la perpétuation du souvenir. A l’heure actuel où tout s’oublie, il plus qu’important de mettre des mots et des images sur les événements qui nous ont permis de connaître cette liberté. 1794 est l’année de tout les changements : la séparation de l’Etat et de l’Eglise, l’abolition des privilèges ; la première émancipation qui en engendra bien d’autre.

 

Roger Judenne avec sa verbe honnête et méticuleuse m’a fait vivre une histoire riche en redécouverte. Ce roman est sacré, précieux. Il est également basé sur des faits biens réels, ce qui apportent une toute autre notion et vision à la trame. A découvrir sans modération !

 

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Dés le lendemain, le maire convoque la population à son de tambour. Tous les citoyens doivent être témoins de la disparition des titres qui ont permis aux tyrans de les opprimer. Le dimanche suivant à midi, on allume un grand brasier. Des hommes désignés par le maire ouvrent les caisses les unes après les autres et jettent dans les flammes les quatre mille cinq cent soixante-dix actes. Tout part en fumée.
La quasi-totalité des habitants du village assiste au brûlement. Comme le maire n’a pas adressé une invitation mais une convocation, les gens de Reverseaux ont venus. Le caractère obligatoire de cette présence a posé problème à certains. […] En raison de ses difficultés à marcher, le notaire Archambaudière s’en est aussi exonéré. Le régisseur a bien compris que la perspective des flammes dévorant sa raison de vivre lui serait insupportable, alors il s’est abstenu de lui proposer une place dans la carriole et il a accepté.
– Pour lui, confie Montalbert à l’oreille de sa femme, c’est toute sa vie qu’on brûle.
– La guillotine pour les uns, le bûcher pour les autres, répond la gouvernante. On comprend qu’il ne veuille pas assister à sa propre exécution. […]
Ils forment un groupe à part et les habitants du village, qui interviennent tous à un moment ou à un autre de l’année sur le domaine, les regardent avec compassion, comme si ces archives avaient impacté leur vie davantage que celle du reste de la population. […]
Au milieu du cercle des gens, les flammes dévorent les papiers. Curieusement, alors qu’à Paris ce spectacle révolutionnaire déchaîne l’allégresse populaire, à Rouvray, il n’y aucun cri de victoire, aucun chant patriotique, aucun geste manifestant la joie d’un peuple opprimé libéré du joug du tyran. Le crépitement du feu s’impose et le craquement des sceaux de cire emplit la place. Les visages sont graves et laissent transparaître l’inquiétude liée à l’incertitude qui pèse sur l’avenir. « On sait ce qu’on perd ; on ne sait pas ce qu’on gagne ».
– C’est triste d’en arriver là, dit Wilhem, mais c’est nécessaire pour abolir définitivement les privilèges dont les français ont tant souffert.
– A Reverseaux,nous, on ne souffrait pas, répond naïvement Louise. Pourtant, on dépendait tous du marquis
– Vous n’aviez pas les mêmes droits que lui…
– Ah…
-C’est terrible, regrette Wilhem en balançant la tête, mais sans guillotine et le brûlement de ces papiers, la noblesse n’aurait jamais renoncé au plus insignifiant de ses droits. Avec un peu d’intelligence et d’humanité, on aurait probablement éviter tout ce gâchis.
(pages 206-207)

 

 

 

 


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LE CHÂTEAU DE REVERSEAUX

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LE CHÂTEAU ET SES COMMUNS

 

 

 

 

 

 

 

LE PIGEONNIER DU CHÂTEAU

 

 

 

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CHÂTEAU DE REVERSEAUX

 

 

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 FOUR A CHARBON

 

 

 

 

 


 

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ILLUSIONS PARALLÈLES de Florence Duquesne.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – 2016 ]
Auto-édition
Format numérique (154 pages) : 2.99€
Broché : 6.11€
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 


 

Le résumé :
Égérie « grunge » ou mère « parfaite » selon l’espace dans lequel elle évolue, Valérie glisse de miroir en miroir et de génération en génération. Mais quelle image d’elle-même laissera-t-elle à sa fille pour se construire?
Sur fond de réussite sociale et d’arrivisme acharné, de vie de couple ratée et de sexualité assistée, ce roman explore le non-dit et le caché mais aussi le non-vécu et le fantasmé.

 


 

Mon avis :

 

Quel étrange roman ! Univers psychédélique ou réel ? Univers terrifiant, intransigeant, mordant. Univers menant à la réflexion torturée des âmes égarées, effarées, en peine. Univers chaleureux, sensuel, métaphorique, trépidant de concessions et de rêves fantasmagoriques. Univers malléable, froid, usé, décharné. Univers déstabilisant, explosif, profond.

 

As-tu déjà rêver à une autre vie ? Plus reluisante ? Plus satisfaisante ? Question délicate n’est ce pas ?

 

Florence Duquesne explore un monde en deux par le biais de son extravagant personnage Valérie Domenech. Valérie femme accomplie en tant que maîtresse de maison. Soucieuse de son apparence, manipulatrice charmeuse Valérie détonne par ses qualités. Maman exemplaire, amante rafraichissante et innovante, elle a la main mise sur tout, amplifiant ce sentiment d’étouffement vis à vis de son mari et sa fille. Elle contrôle la moindre parcelle d’elle même et de son entourage. Valérie est belle, grande telle une impératrice joueuse, maniaque.

 

Valérie n’est qu’une continuation d’un inconscient insouciant et boulimique rêveur. Valérie est le prolongement de la vie chaotique de Maud Lyne, chanteuse rock populaire grunge. Elles ne font qu’une, passerelle entre deux mondes parallèles. Deux mondes ouverts sur le bouleversement, sur l’inquiétude du parfait, sur la propension à se projeter, sur l’avenir inquiétant et bienheureux, sur la tranquillité illusionnée, sur le devenir d’une mère et d’une femme, sur l’acceptation de l’être.

 

Florence Duquesne a l’art et la manière de mettre en évidence les tourments des femmes. Fine psychologue, elle a crée un récit intense, tumultueux et sans fausse note. Cette création littéraire esquisse un tableau parfait sans filtre de la femme face aux changements naturels et biologiques induits par la grossesse. Elle y expose les doutes, les craintes et les enjeux. Un socle stable qui petit à petit, au fil des ans, s’effrite car les espérances en cet avenir ne sont qu’illusions. La notion temporelle est floutée. Et cette manière subjective de chronologie n’y est plus rendant l’atmosphère totalement irréelle.

 

Je ne peux que conclure que ce roman est une sacré découverte que sauront apprécier les amateurs de jolis mots.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Il n’est point de futur qui gomme le passé sans laisser de trace. La feuille légèrement froissée aux lignes partiellement effacées s’envole et franchit la muraille qui la sépare de l’avenir. De l’autre côté elle voyage et semble s’égarer. Un matin, on la retrouve tachée de terre et de sang. On pleure sur elle, mais il n’est plus temps. L’avenir est devenu le passé. Il est l’heure de se retourner. Alors la muraille s’écroule et les points se précipitent de l’autre côté qui disparaît pour se fondre à l’avant, à l’après, qui ne forment plus qu’un désormais.
page 89

 


 

Je remercie Laure Rebois pour l’envoi et sa confiance.

 

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