REFRAIN de Mathilde Roux.

[ LITTÉRATURE BLANCHE – Nouveauté 2019 ]
Éditions EDISTART
188 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
A la mort de son grand-père, Camille retourne vivre dans le château familial, cerné par les forêts épineuses de la montagne Noire. Avec sa mère, Roxane, et son petit garçon, Jack. Un bien curieux trio que cette famille-là. Conteuse un peu lunaire, la jeune femme se sent comme une princesse inutile dans un monde trop cohérent. Elle décide pourtant d’affronter les démons de son enfance. Pour s’inventer une nouvelle vie. Nouvelle vie ou nouvelle mort ? Récit aux notes allégoriques, Refrain questionne l’amour maternel, la quête d’émancipation et la parentalité. Il oscille entre humour et gravité, servi par une nouvelle plume, nerveuse et mordante. Le roman d’un amour obsessionnel, comme la trame d’un conte, le souffle du vent, le refrain d’une chanson.

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Balade nocturne sur une mélodie sans fausse note, REFRAIN dénote par les thèmes abordés. Des thèmes forts et poignants qui interrogent silencieusement sur notre identité face à ce monde cynique et noir. Des thèmes percutants sur l’indésirable, sur le bonheur, sur le malheur et sur la perte qui a de nombreux visages à la fois mélancolique, narcissique et heureux.

 

Roxanne, Camille et Jack : un trio qui danse sur une musique loin d’être accordée. Roxane, un brin autoritaire et protectrice. Camille, bohème et douce rêveuse. Et Jack éternel petit garçon au rôle évocateur et primordial. Trois mondes éclectiques cohabitant pour le mieux.

 

Un château et ses mystères enflent les douces mélopées émanant de la forêt noire. Entre légendes et rumeurs, la vie s’écoule dans un autre espace temporel. Château charismatique pour un grand-père exceptionnel. Des pièces imposantes et des murs silencieux témoins de tant de choses dont l’amour et la folie. Une dernière pièce de théâtre doit s’y jouer et si le final semble jouer d’avance, l’imprévu l’ébranlera.

 

Mathilde Roux signe un premier roman déstabilisant. Un roman emplit de douceur, de bienveillance et de candeur au sein d’une atmosphère malsaine. Ces demi-mots et ces demi-prières frappent cette fatalité apprivoisée mais qui tend à redevenir sauvage. Conte espiègle où l’identité est au cœur d’une libération trop longtemps cherchée.

 

Plume poétique, verbe enjôleuse, un roman auquel il est difficile de résister. Accaparée par ce trio informe, l’histoire se forme et se déforme pour en créer une autre épique et fusionnelle. Si la redondance du passé semble réconfortant, l’avenir est précieux à celui qui va le chercher et brise ainsi ce cercle vicieux.

 

Une lecture formidable que je vous invite à découvrir.

 

Chaque semaine, la même route. Mais qui aujourd’hui ne se ressemblait pas. Le récit était différent. Les maisons jaugeaient es intrus qui passaient sur la route et leur voulaient du mal. Des phares au loin allaient vous croiser, vous éblouir, peut-être vous percuter, peut-être volontairement. On pouvait aussi être seuls dehors. Les arbres alors nous menaceraient, le vent hurlerait. Fouet obsédant. Le jour, c’est la vie des êtres et la nuit, c’est la vie des choses, avait raconté certain conte. C’était un monde qu’il ne fallait donc déranger sous aucun prétexte. Mickaël s’abandonnait ainsi à son imagination. Le petit garçon devait ressentir ses incertitudes. Et c’était flou. Et c’était large comme l’océan.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Edistart.

… l’univers de Mathilde Roux.

DES HOMMES JUSTES. Du patriarcat aux nouvelles masculinités de Ivan Jablonka.

[ ESSAI / Sciences Humaines – Nouveauté 2019 ]
Éditions du Seuil – Collection les Livres du Nouveau Monde

448 pages
Ma note : 15/20
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Le résumé :
Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un  » mec bien  » ? Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes.
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Être féministe, c’est bien ; combattre le patriarcat, c’est mieux. Par là, on s’interdit de dominer les sexes et les genres, notamment les femmes dont la féminité est jugée conforme et les hommes dont la masculinité est jugée non conforme. Fracturé en masculinités, le masculin devient une expérience comme les autres. Qu’est qu’un homme juste ? Quelqu’un qui se solidarise avec les femmes, tout en se désolidarisant du patriarcat. Quelqu’un qui respecte l’égalité entre les femmes et les hommes, mais aussi entre le féminin et le masculin, ainsi qu’entre les différentes masculinités. Un homme qui reconnaît la liberté des autres. Toute la liberté de tous les autres.
 
Je n’aurais jamais eu l’idée de découvrir cet essai et encore moins de l’ouvrir. Le féminisme est un sujet qui ne semblait pas me concerner. Je pense que je m’accorde avec ce que je suis. Mais est-ce que dans mon quotidien certains événements ou batailles relèvent du féminisme ? Certainement ! Une cause en mon sens silencieuse et vouée, à l’heure actuelle, à l’échec. Pourquoi ? Car simplement le Monde dans lequel nous évoluons, féminins et/ou masculins et en tout genre sommes pris dans cet étau puissant qui a tendance à se refermer.

 

Ivan Jablonka soulève un sujet essentiel et pertinent. Si dans un premier temps, il étaye les origines et les causes de l’imposition d’une société mondiale patriarcale, dans un second temps, il met en évidence le combat du féminin dans ce mouvement politique féministe qui nait à la fin du XVIIe siècle. Ce diaporama met en évidence ce combat magistral et nécessaire à l’évolution de la condition féminine mondiale de ces deux derniers siècles. Ces prémices ont contribué aux conditions que nous connaissons actuellement. Il pointe du doigt les inhérences et les injustices de ce monde gouverné par le masculin. Si cette opposition des sexes est prépondérante, il souligne également ces hommes minoritaires dans l’ombre qui initient et encouragent le mouvement féministe.
Après cet exposé, s’ouvre alors ce débat utopique sur ces nouvelles masculinités qui engendreraient l’égalité des sexes et des genres.

 

Alors que la France connaît une vague de féminicides et que les appels sur la plateforme 3919 explosent, il est temps de soulever ces nombreuses questions. Le modèle de l’homme contemporain doit-il être remis en cause ? Quel poids la société contemporaine impose t-elle à ces hommes ? Quel rôle la femme doit-elle jouer dans ces prérogatives ? Comment associer le féminin et le masculin pour une harmonie qui tendrait vers le parfait ? Sommes nous conditionnés par cet héritage qui nous suit depuis plus de cinq millénaires ? Une nouvelle définition du masculin, mais laquelle semblerait être la plus juste ?

 

Avec justesse et réalisme, Ivan Jablonka tente de répondre à ces questions et émet un raisonnement judicieux. Cette dernière partie et comme il le souligne dans une interview réalisée sur France 5 dans l’émission LA GRANDE LIBRAIRIE, relève de l’utopie. Utopie ou non, je pense qu’il est nécessaire que ce grand projet soit intimement lié avec trois grands principes : le respect, la tolérance et la liberté. Mais cela est inintelligent si le dialogue entre les deux sexes n’est pas ouvert et entendu.

 

En bref, Ivan Jablonka s’est assis à une table de poker tentant de gagner une partie qui se joue depuis plus de 5 000 ans. Je n’ai pu que remarquer son engouement, sa force et sa motivation tout au long de ces 448 pages. Même si ce récit reste très académique et qui ne touchera certainement pas un grand public, je suis admirative du travail fourni par l’auteur.

 

Fascinant et primordial, DES HOMMES JUSTES, interroge sur notre société. Et il est nécessaire de rappeler que nous sommes TOUS concernés, du moins les personnes qui aspirent à ces changements (et pourquoi pas convaincre les autres ?).

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions du Seuil.

OLYA de Michel Louyot.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019]
ATELIERS HENRY DOUGIER – Collection Littérature
221 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
Une quête entre Orient et Occident
 » À elle seule, elle est la revenante, l’initiatrice, le rêve, le cauchemar, la trame de l’histoire, l’Eurasie, Éros et Agapé réconciliés. « 
Yoshi san est en révolte contre son père, un haut dignitaire japonais. Alors qu’il sombre dans la marginalité, il se perd dans les quartiers de plaisir d’une grande ville du sud-ouest du Japon où il rencontre une hôtesse de bar, Olya. D’origine russe, cette jeune femme à la fois sensuelle et énigmatique va bouleverser sa vie et l’entraîner dans une quête haletante des origines entre la Corée, la Chine, la Russie et la France.
Un roman initiatique, une méditation politique sur les rapports passionnels entre l’Orient et l’Occident
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Blanches les chevilles, je ne vois qu’elles, souples, déliées, quand elle danse seule et quasi nue dans le bar, deux ailes de papillon qui flottent et volent devant moi comme pour me guider, m’entraîner vers la chambre.

 

Marqué au fer rouge, par un père indifférent et une mère partie bien trop tôt, Yoshi san grandit dans un monde où sa présence est manifestement qu’une erreur. Un père bien trop stricte qui l’oblige à suivre une ligne de conduite toute autant rigoureuse et une grand-mère qui lui apprend à s’écouter à travers le monde qu’il l’entoure. Yoshi san rêve et est attiré par un monde aux antipodes de son éducation. La Russie et le communisme, deux mots à bannir de ses ambitions. Yoshi san, homme dénaturé, voguant sur les affres d’un mal-être grandissant et accaparant cette volonté qui fait marcher tout un peuple à la baguette. Sombrant davantage dans un monde décrépi, fade, où ses chimères l’emprisonnent et l’empoissonnent. Vie hachée et désordonnée, Yoshi san se cherche, se trouve et se perd. Pourtant, un soir, un mystérieux papillon se prénommant Olya va le prendre sous son aile.

 

Sublime voyage désordonné, Yoshi san m’a transportée dans cette vie qui se joue sur de nombreux tableaux : le Japon, la Corée, la Russie et Paris. Cette quête toute aussi initiatique que révélatrice pousse les confins d’un homme perdu. Mirages, chimères ou rêves, ternis par de sombres pensées. Esclave des non-dits et des secrets et emmuré dans ce silence morbide, Yoshi san se révèle aux côtés de cette beauté énigmatique.

 

Si j’ai été impressionnée par la force que dégage la plume de Michel Louyot, j’ai cependant été perturbée par les premiers chapitres. En effet, les changements de lieux et de temps sont nombreux et nécessite une concentration que je n’avais malheureusement pas. Je suis passée à côté de nombreux points cruciaux et je n’ai pas réussi à m’imprégner de l’atmosphère que dégage le roman dans sa première partie. Pourtant la littérature blanche est un genre que j’affectionne particulièrement pour les envolées lyriques, métaphores et bien autres effets de style.

 

OLYA est une ode puissante et ténébreuse où les femmes ont un rôle mystique. Un homme fragile qui suit les pas d’un passé révolu mais ouvert sur son futur dont il aura la force de s’octroyer.

 

Une chronique de #Esméralda

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… les site des Ateliers Henry Dougier.

LA MORT DES GAULES de Patrizio Fiorilli.

[ UCHRONIE – Nouveauté 2019]
Éditions ACADEMIA – Collection Littératures
154 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
Je suis Artévorus de la tribu des Termes, fils du chef Artévos et de la princesse Alya, je possède deux chevaux et j’ai vu mourir la Gaule. Il ne reste plus grand-chose de notre tribu : la plupart des hommes sont morts à la guerre, la plupart des femmes et des enfants ont péri après Alésia. Il ne reste plus que nous, une dizaine d’hommes en armes et deux chevaux affamés, fuyant toujours plus profondément dans les forêts d’Irlande. Ce qui suit constitue le récit d’un rêve. Le rêve d’une Gaule unie et libre, le rêve de mon Père et de ce qui constituait tout un peuple : les Gaulois. Ce rêve a eu un début et une fin. Comme à tous les rêves, lui a succédé le réveil. Le plus douloureux des réveils. Et pourtant, il s’en est fallu de peu qu’il se réalise. De très peu. Il s’en est fallu d’un homme. Vercingétorix.
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Patrizio Fiorilli réinvente avec ingéniosité et brio l’Histoire de la France. Cette Histoire qui sans équivoque, n’est pas remise en question mais qui offre une vaste possibilité de scenarii cohérents dans ce flou artistique laissant l’imagination prendre possession d’un passé oublié.

 

Alésia, Vercingétorix et César … Trois noms pour une bataille épique qui signe la fin de tout un peuple. Trois noms inscrits dans la pierre mettant l’honneur et la bravoure sur un piédestal. L’hégémonie débutante d’une figure qui perdurera dans les temps immémoriaux.

 

54 avant Jésus Christ, la Gaule est attaquée et pillée de toutes parts. Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Artévos réunit tout autant qu’elle divise. Porté par un courage exemplaire et l’idée d’une Gaule libre, il parcourt avec son fils et des combattants sa terre. Réunir une Gaule déchirée par les clans est une tâche ardue, pourtant lorsque sonne le début des hostilités, la Gaule hurle d’un même cri. Ralliée sous les ordres du premier Rix, sa prestance illumine les troupes. Pourtant dans l’ombre se joue des complots et des manipulations. Bienvenue dans ce monde insoupçonné, un monde où la pitié n’existe pas mais où le respect se mérite à coup d’armes.

 

Cette lecture m’a complètement subjuguée. En règle général, j’adore tout ce qui a attrait à l’Histoire de France (et du bassin méditerranéen), riche et en perpétuelle mouvance, elle m’a toujours fascinée. Patrizio Fiorilli met les deux pieds dedans avec une certaine énergie débordante de détails tout aussi minutieux que précieux. Il narre avec conviction une histoire prenante et bouleversante. Politique, ingénierie militaire et coalition vont tambour battant, rythmant les pas de centaines de milliers d’hommes prêts à vaincre.  J’ai été captivée par cette espoir communicatif. Séduite par la manière dont l’auteur aborde cette fiction avec tact et humanité. Le point de vue du narrateur est judicieux. Observateur silencieux, il prend part malgré lui aux rencontres et coulisses de cette guerre. Il n’hésite pas à partager ses remarques configurant ainsi au texte une multitude d’émotions. Nous sommes loin du texte rigide et froid qui retranscrit pas à pas tous les événements.

 

Captivant et subjuguant, Patrizio Fiorilli signe un premier roman de grande qualité. Une fiction au cœur de la Grande Histoire de France que je recommande vivement. Amateur ou novice, cette épopée vous fera vivre de l’intérieur une des plus grandes aventures du monde.

 

Êtes-vous prêts ?

 

-Artévorus, tu dors ?
Il faisait nuit noire dans la pièce qui nous servait de chambre quelques heures à peine après le couronnement de Vercingétorix, mon Père avait le visage penché sur moi.
-Non, pourquoi ?
-C’est amusant, non ? Au triumvirat de Rome, nous opposons maintenant le triumvirat de Bibracte : un prince arverne sans cervelle, un druide sans scrupules et un chef de tribu sans pouvoirs… Si notre but est de tuer César, nous sommes sur la bonne voie : il doit mourir de rire en ce moment.
(page 62)
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le sites des éditions ACADEMIA.

Le cœur battant du monde de Sébastien Spitzer

Littérature française – livre sorti le 21 aout 2019

Editions Albin Michel

Service presse

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

Je remercie les éditions Albin Michel et le Cultura Balma pour m’avoir permis de lire ce roman en avant-première.

Résumé : Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l’insurrection et l’opium. Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance.

L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx. Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.

Après Ces rêve qu’on piétine, un premier roman très remarqué et traduit dans plusieurs pays, qui dévoilait l’étonnante histoire de Magda Goebbels, Sébastien Spitzer prend le pouls d’une époque où la toute-puissance de l’argent brise les hommes, l’amitié et l’espoir de jours meilleurs.

L’avis de #Lilie : J’avais entendu parler de Sébastien Spitzer à l’occasion de la sortie de son premier roman mais je n’avais pas pris le temps de le découvrir. Quelle erreur !! J’aurais dû me lancer plus tôt !

Dans ce roman, nous plongeons au cœur du 19ème siècle et au cœur du prolétariat en Angleterre. Nous faisons ainsi connaissance avec Charlotte, une immigrée irlandaise qui a bien du mal à joindre les deux bouts. Le jour où elle perd son enfant, un docteur vient la voir et lui propose de prendre en charge un petit garçon qu’il va falloir cacher. En parallèle, on suit Engels, un patron d’une usine de textiles, d’origine allemande et ami avec le « Maure », Karl Marx. Ensemble, ils vont réfléchir et poser les bases de ce qu’on appellera, dans le futur, le marxisme.

Charlotte est une jeune femme qui a tout perdu : son enfant, son conjoint, son travail… elle est au plus mal quand on lui propose de s’occuper de Freddy. Elle va prendre cette tâche très à cœur et elle fera tout pour lui rendre la vie plus facile. Ce dernier est un enfant puis un jeune homme très dégourdi, enthousiaste, curieux et volontaire. Il aime profondément sa mère et se lance à cœur perdu dans tout ce qu’il entreprend.

De l’autre côté, on a Engels. Ami avec Karl Marx, il n’aura de cesse de défendre les valeurs de l’Internationale, notamment dans son usine et il croit à ce qu’il défend. Il parait beaucoup plus lucide et dans la réalité que son mentor qui lui n’a de cesse de vivre au-dessus de ses moyens et dans son « monde idéal ». J’ai été surprise par la compagne d’Engels, Lydia, d’origine irlandaise, qui n’est pas forcément celle que l’on croit.

J’ai passé un bon moment avec ce roman. J’ai beaucoup aimé les personnages, que j’ai trouvé très travaillés et intéressants. En revanche, le quatrième de couverture m’a un peu induit en erreur dans la mesure où on s’attend à suivre principalement Freddy, le fils caché de Marx, alors que ce roman est l’occasion de mettre en lumière de nombreux personnages avec des destins incroyables. J’ai cependant constaté que cette lecture était exigeante dans la mesure où le narrateur met en lumière, à tour de rôle, des protagonistes différents et fait également des sauts dans le temps. La plume de l’auteur est intéressante mais très pointue et précise ; en effet, ce livre demande de la concentration pour se plonger dedans. Néanmoins, le pari est réussi car il nous entraine au cœur du 19ème siècle en Angleterre, avec la naissance du prolétariat, les difficultés qu’ont connues les Irlandais et cela permet de mettre en lumière une période que l’on connaît un peu vaguement.

Pour conclure, ce roman est une belle découverte et Sébastien Spitzer fait, pour moi, parti des auteurs à suivre. Amoureux de romans historiques, n’hésitez pas à vous tourner vers cette histoire passionnante qui vous emportera de Londres à Manchester, en plein cœur du prolétariat et de la misère du 19ème siècle.

https://lesmots.co/ecrivain/sebastien-spitzer

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/le-coeur-battant-du-monde-9782226441621

UNPUR de Isabelle Desesquelles.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019 ]
Rentrée littéraire 2019 – Sortie le 22 Août
Éditions BELFOND – Collection Pointillés
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
224 pages
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Le résumé :
Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ?
Garder ce qui disparaît, c’est l’œuvre d’une vie. C’est notre enfance.
Benjaminquejetaime et Julienquejetaime, c’est ainsi que leur mère les appelle. Tous les trois forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Le destin en décide autrement quand un inconnu pose les yeux sur les jumeaux, se demandant lequel il va choisir.
Quarante ans plus tard s’ouvre le procès du ravisseur, il n’est pas sur le banc des accusés, et c’est sa victime que l’on juge.
Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ?
De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán et ses rites maya ancestraux se déploie ici l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’au bout s’il a commis l’impardonnable.
À sa manière frontale et poétique, Isabelle Desesquelles joue avec la frontière mouvante entre la fiction et le réel, et éclaire l’indicible.
Roman de l’inavouable, UnPur bouscule, envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.

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La mer des Caraïbes ne fait de vagues. Le soir tombait, je restais en elle bras écartés, visage renversé vers un ciel sur le point d’être enténébré. Il était mon ciel du Yucatán toutes les routes menant nulle part. Le corail remué au fond évoquait un sablier qui s’écoule, il me berçait. Au procès, Julien, tu as décrit ta collection de bouteilles pleines de sable, elles te bercent, toi aussi ? A Tulum, je découvre les bains de nocturne, je me couche dans la dans la mer, immanquablement les poissons finissaient par me mordiller, drôles de chatouilles. Je guette les étoiles qui s’enfuient, elles ne me déçoivent pas, il y en a toujours une pour griller le ciel. Quand l’haleine du vent me perce, nous sommes pris la mer et moi d’un même frisson, il me souffle « Il est l’heure maintenant ». La quiétude que maman trouvait à s’éloigner dans la mer, je l’éprouve à y rester, mais vient le moment où il faut en sortir.
Bataille de polochons, rires fugaces éternellement éclatant, jalousie passagère, regard malicieux et sourire en coin, chatouilles chatouilleurs, câlins rassurant, bras réconfortant, complicité hors norme, Benjaminquejetaime et Julienquejetaime, deux étoiles suprêmes dans un univers unique. Des rêves de grandeur dans cette vie brisée.

 

Chaos instantané, froid engourdissant, bruit récurrent, odeur démoniaque, ombre sinistre d’un avenir sordide. Un traître de ceinturon, un tapis moelleux engloutissant toute dignité, une chambre satyre et une vie décharnée. Un super héros désillusionné qui ne compte plus rien. L’espoir a fui, le soleil s’est terni, les abysses sont son nouveau terrain de jeu.

 

Le temps s’écoule. L’enfant grandi, objet abjecte d’un néant destructeur, façonné par une main experte, détruisant peu à peu une imparfaite pureté. Les souvenirs vacillent, l’espoir s’est fait la malle laissant la peur bien droite dans ses bottes. Pourtant un jour, la fuite vient toquer à sa porte. Voyages insondables vers une fuite, la rédemption à l’autre bout du monde. Des rencontres, des secrets inavoués et tordus, un homme brisé qui tente encore d’échapper à l’enfant volé et souillé qu’il est devenu.

 

Isabelle Desesquelles, plume fine où la subtilité poétique parachute dans un monde désœuvré, décharné et dépourvu de bonté. Mots cachant l’insoutenable dans un souffle peinant et encombrant de tant de vérités à jamais tus. Mots fous et perturbés dans une illusion qui n’a plus de limite. Mots crachés, venimeux, haranguant la colère contenue. Mots espérés et choyés d’un pardon bien trop irrévocable.

 

Isabelle Desesquelles aime bousculer, aime déranger dans cet étrange ballet où les paradoxes et l’âme humaine mettent sur table leurs plus beaux atouts comme leurs plus redoutables. Amourachée et éberluée devant une histoire qui ne peut que questionner sur un impossible dont il est inenvisageable de penser. Foudroyée par cette osmose aussi magique que destructrice délivrant ce message de douleur, de recueil, de reconstruction, de rédemption et de pardon. Secouée par la vivacité de cette plume intransigeante qui percute sans aucune concession. Abasourdie par ce cycle macabre sonnant le glas de tout espoir.

 

Isabelle Desesquelles signe un nouveau roman bouleversant et émouvant.

 

Une chronique de #Esméralda

 

L’avis de #Lilie :
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J’ai eu la chance, moi aussi, d’obtenir ce roman en service presse. J’en profite pour remercier les éditions Belfond et l’autrice pour leur confiance et pour m’avoir confié ce roman en avant-première.
 
Ce roman, c’est l’histoire de Benjamin, arraché à sa mère et à son jumeau Julien lors d’un séjour à Venise. Ce roman, ce sont les épreuves qu’il a subit, auxquelles il a survécu, la manière dont il a essayé de se reconstruire. Ce roman, c’est un coup en plein cœur, une écriture qui vous prend aux tripes, une noirceur qui fait frémir et un rythme haletant.
 
On suit Benjamin dans son enfance, son adolescence puis sa vie d’adulte. Tout est dit à demi-mot, suggéré, laissant au lecteur le choix d’imaginer ou de comprendre ce qui a pu lui arriver. Honnêtement, je ne connaissais pas du tout la plume d’Isabelle Desesquelles et je dois dire que j’ai été totalement emportée par sa manière d’écrire et de nous plonger au cœur de cette histoire bouleversante. De Bari au Mexique, on le voit grandir et essayer de surmonter mais pourra-t-il y arriver ? Tout est l’enjeu de ce magnifique roman qui ne passera pas inaperçu. Avant de terminer, je voudrais souligner le jeu de mot autour du titre, « UnPur » en un mot, ce qui laisse, là aussi, la place à l’interprétation de chacun.
 
Pour conclure, ce livre est une belle découverte. Plein de sensibilité et de poésie, cette histoire est d’une noirceur incroyable et elle vous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine. Véritable claque pour moi, je m’ajoute le nom d’Isabelle Desesquelles dans la liste des autrices à suivre.

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… Ils en parlent sur Lisez.com.

… mon avis sur le précédent roman de Isabelle Desesquelles. (Clique sur la photo).

TROIS PETITS TOURS de Hélène Machelon.

 
[ AUTO FICTION – Nouveauté 2019]
Librinova
140 pages
Ma note : 5/5 mention « à découvrir »
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Lu dans le cadre du RDV #MonMarathonIndé de Juillet
 
Le résumé :
« Saviez-vous que les petites filles naissent pour faire tourner leur jupon de princesse jusqu’à s’étourdir, pour massacrer les bâtons de rouge à lèvres en se tordant les chevilles sur les escarpins de leur mère, pour sauter sur les lits et s’admirer dans le grand miroir de l’entrée en récitant des poèmes ? La mienne aussi. Enfin, c’est ce que je croyais ». Au cours des heures suivant l’arrêt des soins qui maintiennent Rose en vie, ses parents croisent les héros de l’ombre qui les entourent. Leurs vies se racontent dans des portraits (la mère, la pédiatre ou le clown) qui embarquent le lecteur dans un monde d’émotions que généralement on tait. Il se glisse dans les conversations et partage les pensées de chacun pour mieux comprendre l’intensité inouïe du moment.Une histoire d’amour avec un regard original sur l’inacceptable : la perte d’un enfant.Un livre percutant et juste au style délicat, porteur d’espoir et de lumière.
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L’éphémère de la vie dans un regard transperçant, dans une main câline, dans un sourire cristallin, dans les mots susurrées au creux de l’oreille, dans ces ritournelles candides. L’éphémère qui se compte, auquel on s’accroche, contre lequel on se bat. Les cris silencieux de douleur et l’espérance qui fait battre chaque cellule d’un corps qui s’use. Le déchirement insupportable. L’impuissance. L’abnégation. Le refus. La solitude. Le désespoir. L’effondrement. Des coulées de larmes qui noient toutes notions et enflent le courant de la haine. Et ses regards de ces hommes et de ces femmes qui continuent leur danse funèbre au rythme d’un pas stoïque. Figures de marbre dans un lieu aseptisé où les vivants font la guerre aux morts. Mais qui sont-ils ? Comment survivre dans un lieu qui ne prend plus qu’il ne donne ?

 

Dans ce ballet chargé d’espoir et de désillusion s’affronte la dure réalité de la vie. Une infirmière, un clown, une copine éphémère, une secrétaire, un curé, un croque-mort, une femme se livrent à tour de rôle. Mettant le cœur sur la table et l’âme à découvert, leur portrait est saisissant, effroyable et déstabilisant. Rentrer dans leur vie est comme un cadeau qui peut se révéler empoissonné ou au contraire merveilleux.

 

Dans cet endroit où la douleur règne en reine, elle percute différemment ces hommes et ces femmes. Alors que l’on voudrait qu’elle soit partagée pour mieux la supporter, certains se renferment, courent après le temps, font un timide sourire d’autres l’acceptent et la magnifient.

 

Cette immersion dans ces intimités chamboulent. Elles éclatent les petites bulles de bonheur personnelles pour en créer une merveilleuse où l’espoir transparaît, façonnées avez un zeste de douleur.

 

Une plume efficace et fluide mettant en scène des mots comme de véritables perles. Je pense être passée par tout un tas d’émotions, de la plus destructrice à la plus paisible. Bouleversant, déchirant et déstabilisant, il est vraiment impossible d’être insensible à cette vague émotionnelle. L’humilité côtoie l’honnêteté et la perte. Une histoire tout simplement magnifique.

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site de Librinova.

… l’interview de Hélène Machelon.

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