UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE de M.T. Edvardsson


 
Faites connaissance avec la famille Sandell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s’apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est.
C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sandell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s’agir que d’une erreur judiciaire.
Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. C’est d’abord Adam qui s’exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s’échappe. La seule évidence qui s’impose très vite, c’est qu’il n’existe aucune famille  » normale « .
Plus qu’un thriller, une découverte exceptionnelle.

Thriller aussi énigmatique qu’accaparant, UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est au cœur d’une intrigue loin d’être évidente et qui délivre tour à tour une parcelle de vérité. Et encore, nous sommes loin des surprises. Seul le pont final délivrera le lecteur.
Effectivement il faut faudra attendra le point final pour que la lumière se fasse sur cet imbroglio d’énigmes. M.T. Edvarsson sait tenir en haleine son lectorat. Quelle idée magnifique de nous faire découvrir l’envers du décor en donnant la voix à ses personnages principaux. Trois parties de l’intrigue, trois points de vue et trois meilleures manières de titiller ma curiosité.

 

Adam Sandell, le papa et pasteur, se transforme en enquêteur de terrain afin de disculper sa fille Stella. Porte-parole de sa famille, il tente le tout pour le tout. Adam a toujours été un papa attentionné et un mari aux petits oignons. Tout au long de sa pseudo enquête, il se remémore son passé. Son adolescence, sa révélation pour Dieu, sa rencontre avec sa future femme Ulrika, ses doutes, ses craintes, son optimiste, sa paternité, son rôle de papa. Cette rétrospective a pour but d’établir le profil de ce papa qui peu à peu devient intransigeant, surtout envers sa fille. Un homme maladroit qui ne la comprend plus et qui malgré ses efforts se trouve face un mur. Souvent abattu face à la perte de contrôle sur l’avenir de sa fille à la forte personnalité, Adam se voit attribuer le rôle du méchant parent. Il ne trouve plus ce lien qui autrefois rendait leur relation magnifique.
Au fil de ses pérégrinations, Adam doute de plus en plus. Ses questions n’ont pas de réponses. Un flou artistique qui ne prend sens qu’à la fin.

 

Stella fille unique a toujours était la petite princesse à son papa. Elle l’admirait avec force. Elle a eu une enfance dorée et douce. Pourtant en grandissant, Stella ne se sent pas à sa place. Elle s’interroge sur son identité au sein de la société et elle s’aperçoit rapidement qu’elle ne rentre dans aucun modèle. La perception de la vie en générale et de sa vie en particulier ne tournent pas selon un axe préétabli. Stella est un électron libre. Émotive, elle gère très mal son impulsivité. Elle aime contrôler sa vie au risque de se mettre dans des situations compliquées. Stella n’a pas de limite et assume complétement.

 

Ulrika la maman est une femme prise par ses remords. Très peu présente dans la vie de sa fille depuis toute petite à cause de son travail d’avocate, Ulrika s’interroge beaucoup sur l’évolution de sa fille et son rôle dans celui-ci. Pourtant dans les dernières péripéties, elle fait preuve de repenti.

 

UN FAMILLE PRESQUE NORMALE est un thriller assez surprenant notamment sur la construction du récit. Les trois voix apportent chacune leurs pierres à l’édifice pour un résultat sensationnel. D’un côté l’intrigue principale qui est à savoir « est ce que Stella est coupable » et de l’autre l’auteur qui dissèque la famille et ses secrets. Ces deux parties sont complémentaires car elles permettent d’établir la personnalité de chacun des protagonistes. Il est bon de savoir que l’auteur n’use pas de redondance. Sans l’une et l’autre partie, ce thriller n’aurait aucun intérêt et serait grandement ennuyeux. Là aussi, l’alternance entre le passé et le présent qui est parfaitement maîtrisé, met à jour leurs secrets.

 

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est un excellent thriller. J’ai pris du plaisir à le lire mais il m’a manqué indéniablement de l’originalité et cette petite chose qui me scotche et qui me laisse sans voix. Ce thriller est le premier traduit en France de cet auteur et je me laisserai volontiers séduire par son prochain roman.

 

Une chronique de #Esméralda.

GIRL de Edna O’Brien.


Girl est un roman sidérant, qui se lit d’un souffle et laisse pantois. Écrivant à la première personne, Edna O’Brien se met littéralement dans la peau d’une adolescente enlevée par Boko Haram. Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle son rapt, en compagnie de ses camarades de classe ; la traversée de la jungle en camion, sans autre échappatoire que la mort pour qui veut tenter de sauter à terre ; l’arrivée dans le camp, avec obligation de revêtir uniforme et hijab.
La faim, la terreur, le désarroi et la perte des repères sont le lot quotidien de ces très jeunes filles qui, face aux imprécations de leurs ravisseurs, finissent par oublier jusqu’au son de leurs propres prières. Mais le plus difficile commence quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eu d’un de ses bourreaux. Après des jours de marche, un parcours administratif harassant lors de son arrivée en ville, celle qui a enfin pu rejoindre son village et les siens se retrouve en butte à leur suspicion ¿ et à l’hostilité de sa propre mère. Victime, elle est devenue coupable d’avoir introduit dans leur descendance un être au sang souillé par celui de l’ennemi. Écrit dans l’urgence et la fièvre, Girl bouleverse par son rythme et sa fureur à dire, une fois encore, le destin des femmes bafouées. Dans son obstination à survivre et son inaltérable confiance en la possible rédemption du cœur humain, l’héroïne de ce très grand roman s’inscrit dans la lignée des figures féminines nourries par l’expérience de la jeune Edna O’Brien, mise au ban de son pays alors qu’elle avait à peine trente ans. Devenue un des plus grands écrivains de ce siècle, elle nous offre un livre d’une sombre splendeur avec, malgré tout, au bout du tunnel, la tendresse et la beauté pour viatiques.

 
Percutant, destructeur, d’un réalisme époustouflant, où terreur et espoir se partagent une histoire hors norme, Girl nous plonge dans le chaos insoutenable d’une vie détruite au nom de la barbarie.
J’avais beaucoup entendu parler de ce roman à sa sortie. Je ne m’étais pas plongé dans la lecture des nombreuses chroniques qui fleurissaient sur la blogosphère. Girl avait retenu mon attention et j’ai été très enthousiaste de pouvoir le lire.

 

Edna O’Brien dépeint dans cette fiction une histoire foudroyante. Cela n’est pas sans me rappeler ce terrible événement en avril 2014 au Nigeria, l’enlèvement de plus de deux cent lycéennes par Boko Haram. Edna O’Brien prend le partie d’écrire son histoire à la première personne donnant cette immersion déplaisante dans le sens où les émotions de l’héroïne sont davantage percutantes. De cette façon, Edna O’Brien frappe fort et marque les esprits. Une immersion glaçante, suffocante, sanglante, insoutenable, pétrifiante où il se dégage, tout de même, au fil des pages une once d’espoir. L’état d’esprit de la captive se dégrade, mêlant le conscient et l’inconscient dans ce ballet morbide où la survie devient une nécessité. Réalité et irréalité se confrontent également perdant le lecteur dans les abysses de l’insaisissable.

 

Le parcours de cette femme est un véritable enfer du début à la fin. Sur fond de religion et de superstition, pas à pas la fureur s’invite dans ce silence imposant où le cœur de la victime ne cesse de hurler son désarroi. Le mutisme et l’absolution cohabitent malgré le déchaînement de ses pensées, de sa folie équivoque. Alors que ses pas la portent vers une certaine liberté, des rencontres vont bouleverser ce quotidien morne. Des rencontres libératrices et révélatrices qui la mènent vers une terre où le simple bonheur semble se laisser conquérir.

 

Une lecture bouleversante portée par une verbe acérée, Edna O’Brien ne laisse aucun répit. Dramatique est le seul mot pour vous décrire ce que j’ai ressenti. Un mot pourtant si faible et si loin de décrire l’ensemble du roman. Une œuvre qui me semble intemporelle et inévitable temps que des régions du monde seront aux prises de la folie. Une œuvre pour ne pas oublier leurs souffrances et leurs cris aux prises d’une société à deux vitesses. Une œuvre marquée par la splendeur glaçante de l’abominable.

 

Un incontournable pour cette année 2020 que je vous invite à découvrir.

 

Chacune cherchait un coin où s’isoler, car même si on était des salopes pour eux, et qu’on se trouvait répugnantes, on s’accrochait aux derniers lambeaux de dignité. Chaque fille cherchait un coin à soi, puis une flaque ou un ruisseau pour se laver. Et chacune de nous priait que les prochaines règles viennent. Des filles mangeaient des racines ou de feuilles pour une pas être enceintes. L’éclat cramoisi du sang sur ces grands brins d’herbe était notre unique délivrance. Je regardais le mien et rendais grâce. Je pensais à ma mère, si j’étais à la maison, comment elle serait aux petits soins pour moi, avec de l’eau chaude et une serviette m’expliquant que c’était le cours de la nature.

 

Une chronique de #Esméralda.

JOUIR. En quête de l’orgasme féminin de Sarah Barmak.


Libérée, la sexualité des femmes d’aujourd’hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d’entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d’un manque de désir ou de difficultés à atteindre l’orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu’elles n’ont rien d’anormal et que ce n’est pas à la pharmacie qu’il faut aller chercher la solution.
Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l’orgasme féminin. On y apprend ainsi qu’une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu’au festival Burning Man, où l’orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d’une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l’aide de massages sensuels.

 
Sujet hautement dérangeant mais terriblement essentiel. Oui Mesdames, jouir n’est pas aussi simple que cela. Une complexité que décomplexe Sarah Barmack.
Avoir ce document entre les mains est un grand moment de gêne. Le titre est sans équivoque. Ouvrir ce livre dans une salle d’attente ou dans les transports en commun est inenvisageable. Calfeutrée dans sa chambre sous la couette est le meilleur endroit sans subir des remarques loquaces et surtout déplacées.

 

Avoir ce document dans ses mains c’est un de mes plus grands moments de solitude. Autant perplexe que mal à l’aise, abordée cette lecture est un grand saut dans le vide.
1.2.3 Allez-vous sauter avec moi ?!

 

Premiers paragraphes et Sarah Barmak sait attiser la curiosité du lecteur ou plutôt de la lectrice. D’ailleurs est ce que ces messieurs seraient séduits par ce genre de lecture ? Sarah Barmak développe son argumentaire autour de cinq axes.
Le premier : l’aperçu généralisé du sexe dans notre société occidentale consommatrice effrénée de sexe. Tout au long de ce développement elle met en évidence la culture du silence sur le plaisir féminin. De nombreuses femmes ne jouissent pas pour de nombreuses raisons et tout aussi variées. Le plaisir n’est pas aussi synonyme de jouissance. La finalité prévaut largement sur la qualité. Quelles femmes n’ont jamais entendu la question fataliste « t’as joui combien de fois ». Quelles femmes ne se sont jamais senties blasées et de devoir répondre quelques chose qui ne reflète pas la vérité pour être tranquille. Dans cette première partie, l’auteure pointe du doigt cet effet de résultat primordial et nécessaire qui au bout du compte n’a rien de sexy.
Dans la seconde partie Sarah Barmak explore la genèse du plaisir féminin. Pour cela elle s’appuie sur des documents anciens qui présentent l’orgasme féminin comme étant un acte essentiel à tout équilibre. Une partie très intéressante qui fait ressortir au final la dégradation du féminin au fil des siècles. Elle s’attaque à l’anatomie de l’organe du plaisir féminin. Le clitoris est l’iceberg d’un système complexe qui à l’heure d’aujourd’hui n’est pas entièrement décodé. Expérience, conférence, le sujet passionne tout autant qu’il divise. Mais le fait est là, le plaisir féminin dépend d’une multitude d’éléments qui bout à bout déclenchent ce phénomène extraordinaire.
Dans la troisième partie, l’auteure tente de donner une définition exacte de l’orgasme féminin.
Dans la quatrième partie, l’auteure explore les différentes manières d’atteindre ce point d’orgue. Le tantrisme, la méditation orgasmique (One taste), les expériences individuelles ou à l’aide de coach sexuel. Tout un univers aussi fantastique que décalé auxquelles de nombreuses femmes y trouvent des réponses.
Une cinquième partie dédiée à l’importance que chacune d’entre nous accordons au plaisir féminin et à ce qu’il nous renvoie au sens propre comme au sens figuré.

 

Dans l’ensemble cet essai  une bombe atomique. Le seul point négatif à mes yeux est qu’il est orienté uniquement sur notre société occidentale. Un essai complet qui survole tous les points attraits au sujet. Les développements et arguments sont sérieux et très pertinents. J’aime beaucoup le ton de Sarah Barmak qui tout en étant sérieux et simple se fait comprendre avec aisance. Nous sommes loin de l’essai universitaire et donc en cela très accessible à un lectorat large et varié. Sarah Barmak abat les barrières forgées par notre société patriarcale avec malice et convoitise. Elle désacralise le masculin et réinvente le plaisir féminin. Après tout, nous aussi nous avons droit à notre foutu orgasme.

 

Carnet de voyage aux confins de la jouissance – dans tous ses frémissements et toute sa flamboyance -, ce livre envisage la sexualité féminine moins science pure et dure que comme une forme d’artisanat. C’est une plongée dans l’étrange, dans le merveilleux, et dans le farfelu aussi, parfois.

 

Une chronique de #Esméralda.

LE GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE – Acte V.

 

 

Bonjour tout le monde,

 

Ayant un délai supplémentaire pour rendre mes commentaires sur les livres sélectionnés par mes collègues du jury de janvier, cet article arrive un poil en retard.

 

De ce pas je vous présente les 7 livres lus par mes collègues du jury et découvrez par la suite les 3 livres qu’elles ont sélectionné et que je vais devoir lire.

 

Belle découverte ! Et n’hésitez pas à cliquer sur la couverture pour en savoir davantage sur le livre !

 

#Esméralda

Dans la catégorie ROMAN :

Retrouvez mon avis en cliquant sur la couverture

Dans la catégorie DOCUMENT :

Dans la catégorie POLICIER :

Et les trois finalistes de se cette sélection sont :

A bientôt pour l’acte VI.

SOUS LES EAUX NOIRES de Lori Roy.

[ THRILLER – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Bourgeois
Éditions LE MASQUE
320 pages
Lien Kindle

 

Le résumé :
Lorsque, à la fin du lycée, Lane Fielding a fui Waddell, sa ville natale au fin fond de la Floride, pour l’anonymat de New York, elle s’est juré de ne jamais y revenir. Pourtant, vingt ans plus tard, fraîchement divorcée et mère de deux filles, elle se retrouve contrainte de retourner vivre chez ses parents, sur la plantation historique de la famille. Un lieu hanté par le passé et les crimes sinistres de son père, ancien directeur d’une maison de correction.
La disparition de sa fille aînée vient confirmer la malédiction qui pèse sur cette ville. D’autant que dix jours plus tard, une étudiante se volatilise à son tour. Lane, désespérée, entreprend alors de faire tomber les masques autour d’elle pour découvrir si quelqu’un n’a pas enlevé sa fille afin de se venger des crimes de son père.
Sous les eaux noires questionne la solidité des liens familiaux et le danger des sombres rumeurs qui peuvent courir dans une petite ville de province… tout en montrant qu’il n’y a parfois pas de pire endroit que le foyer parental.
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Lane Fielding a tout fait pour partir de Wadell. Les souvenirs, son père et cette ville où la moindre rumeur met à mal l’intimité. La chaleur étouffante, les insectes et les regards soupçonneux l’étouffaient. Lane a fui pour son bien. Elle a fui les mensonges et les vérités étouffées, les cris et l’humiliation. Les années passent et la revoici sur ces terres hostiles accompagnée de ces deux filles Annalee et Taley. De retour au domicile familiale, Lane est de nouveau confrontée à son passé. Pourtant, elle n’aurait jamais cru qu’à ce jour qu’elle paye les conséquences de son mensonge.

 

Ce roman choral n’a pas su me séduire. Cinq voix qui tour à tour prennent la parole et qui m’ont plongée dans le passé (court ou long terme) afin d’élucider les derniers rebondissements qui hantent cette vieille ville inhospitalière et enlisée dans la caricature de la ville moyenne d’un état du sud (Floride du nord) où l’intolérance et les vieilles querelles prédominent. Une intrigue familiale qui se dénoue et qui malheureusement ne casse pas des briques. J’ai trouvé que chacun faisait sa route de son côté et que de temps en temps elle se joignait pour former un semblant de quelque chose. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Taley qui en a sous le chapeau et qui du haut de ses 13 ans est arrivée à me captiver. Son intelligence et son raisonnement sont les seuls qui ont eu un certain intérêt. Les personnages d’Annalee (fille aînée), Lane (la maman) et Erma (la grand-mère) ne m’ont pas convaincu. L’aspect psychologique est à mon sens trop survolé alors qu’il y a matière à explorer. Je ne vous parle pas du cinquième personnage car à mon sens il n’est pas exploité à sa juste valeur. J’aurais aimé beaucoup plus de mystère autour de lui. La redondance des détails est fatigante. Chaque chapitre se finit par un mini cliffhanger ce qui donne le côté addictif. Pourtant cela m’a essoufflée. Je me suis enlisée dans ce thriller sans trouver le twist qui allait me donner un second souffle pour avancer.

 

Sous les eaux noires n’a pas tenu ses promesses. Un thriller qui met en scène les femmes d’une famille anéanties par les mensonges du passé et qui tentent des années plus tard de trouver un semblant de justification à leurs actes.

 

Je suis passée totalement à côté de cette lecture. Trop de points m’ont déplu. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Le Masque.

RIEN N’EST NOIR de Claire Berest.

[ ROMAN – 2019 ]
Éditions STOCK – Collection La Bleue
250 pages
Ma note : « incontournable 2020 »
Lien Kindle

 

 

Le résumé :
« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.»
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Coup de cœur ! Choc ! Ébahie ! Ce roman claque !

 

Claire Berest s’arme de sa palette de couleurs. Couleurs primaires, bleu, rouge, jaune, pour une multitude de nuances. Couleurs primaires pour relater une vie, une femme haute en couleurs. Un panel de couleurs pour décrire les émotions, les turpitudes, la réalité, la solitude, la souffrance, le déchirement, le splendide, le désarroi, la perte, la douleur, l’amour, la passion, la perte dans l’autre, la vie, la mort. Frida Kahlo est l’explosion de tout cela. Frida Kahlo aime jouer, déteste perdre, aime se perdre, aime se retrouver, aime la vérité et déteste la découvrir, aime l’exubérance et déteste les mondanités, aime se peindre et se déteste. Frida Kahlo est tout. Entière, dévouée et passionnée dans une souffrance qui ne s’endort jamais et qui la pousse dans les confins de sa conscience, de son âme.

 

Au fil des pages, les tableaux de la célèbre artiste deviennent le fil conducteur. Claire Berest peint une toile gigantesque et lui donne un sens, un sens fictionnel, mais un sens emprunt d’une profonde humanité. Claire Berest parle de la femme passionnelle qu’elle fut. Au cœur de cet amour toxique et fusionnel, Frida et Diego, deviennent les héros d’une romance contemporaine. Héros nantis, ils s’aiment tout autant qu’ils se haïssent.

 

Roman aussi splendide et aussi troublant, mon cœur bat encore le tempo de cette histoire intemporelle. Roman éprouvant, roman éblouissant rythmé par une plume nerveuse et doucereuse, RIEN N’EST NOIR m’a plongée au cœur du grandiose, de l’incommensurable, du bouleversant, d’une fresque où la fatalité fait rage et où l’impromptu illumine.

 

Il s’aperçoit qu’il ne lui a jamais dit que son amour pour elle était la meilleure partie de sa vie et que, maintenant, c’est trop tard. Et il se souvient qu’elle, Frida Kahlo, disait souvent ce genre de phrases avec cet air inimitable de Frida Kahlo – La mort n’est qu’un processus pour exister panzón, no ? OU encore – Nous mourrons à chaque seconde, mi hijo, alors ça ne vaut pas le coup de quitter ce monde sans être un peu amusé, si ? Et surtout – Si on aime de fol amour, alors il faut le dire très très vite, parce qu’après on meurt, non ?
Et il voit les yeux de Frida.
Ce noir plein de lumière.

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Stock.

L’AVENIR DE LA PLANÈTE COMMENCE DANS NOTRE ASSIETTE de Jonathan Safran Foer.

[ DOCUMENT – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville
Éditions de L’Olivier
304 pages
Lien Kindle

 

Le résumé :
 » Des millions de gens vont mourir à cause du réchauffement climatique. Des centaines de millions de gens vont devenir des réfugiés climatiques. Ces chiffres comptent, parce que ce ne sont pas seulement des chiffres – il s’agit d’individus, avec chacun une famille, des habitudes, des phobies, des allergies, des aliments préférés, des rêves récurrents, une chanson qui lui est restée dans la tête, des empreintes uniques et un rire particulier. […] Il est difficile de prendre en charge des millions de vies. Mais il est impossible de ne pas prendre soin d’une seule. Cependant, peut-être n’avons-nous pas besoin de nous soucier de ces millions de gens. Il nous suffit de les sauver. « 
Après l’immense succès de Faut-il manger les animaux ?, Jonathan Safran Foer revient à la charge : l’élevage intensif des animaux est responsable du dérèglement climatique. L’extinction de la planète aura lieu parce que nous mangeons trop de viande. Avec empathie, avec humour, l’auteur analyse les défis auxquels nous devons faire face. Parce qu’il n’est pas trop tard pour inverser la tendance. Et que l’avenir de la planète commence maintenant, dans notre assiette.
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Peut-être aurais-je du sortir mes assiettes en porcelaine, l’argenterie et les verres en cristal pour vous parler de ce livre. Faire tinter la cuillère sur la coupe de champagne, se lever pour faire un discours. Oui cela aurait été la meilleure façon pour introduire le dernier document de Jonathan Safran Foer. Faire dans le grandiose pour parler d’un sujet davantage grandiose.

 

Avec humilité et tacticité emprunte d’une humour masqué, Jonathan Safran Foer parle de nous tous, de lui et de l’avenir, eux, nos enfants. Parle avec un enthousiasme énergique d’un thème auquel nous faisons (la plupart d’entre nous) la sourde oreille. Le dérèglement climatique. Nous avons tous notre point de vue : un que nous nous sommes fabriqués, un que nous avons déduit en regardant moult reportagse et un qu’on nous a inculqué à force de coups de marteaux en non confirmant que tout allait bien. Alors quel part des chose devons-nous faire ? Et si seulement nous ouvrons notre âme et notre bon sens et écoutons et regardons les signes avant coureur. Il n’est plus l’heure d’être aveugle et de se dire que cela de nous concerne pas et que nous avons le temps. Justement le temps est l’inconnue dans cette prise de conscience majeure. Le temps nous ne l’avons plus et il est maintenant notre pire ennemi. Que faire ? Que faire pour nos enfants ? Que faire pour les futures générations ? Les gouvernements quels qui soient n’ont guerre la main dans les affaires gérées par les lobbys. L’argent appelle l’argent au détriment du bon sens. Que faire, nous citoyens, du monde pour tenter de sauver ce vaste monde qui nous accueille ? Et si nos actes individuels servaient une cause communautaire ?

 

Jonathan Safran Foer sous le couvert d’une jugement omniscient et de son jugement personnel parle, discute, argumente et explore le monde de l’impossible. Conscient que les engagements personnels (même les siens) sont une cruelle bataille. Conscient que les choix radicaux et les changements de vie sont un acte barbare et qu’il est bien plus confortable de vivre dans un quotidien cotonneux. Conscient que le prix à payer est bien trop conséquent face aux choix à prendre. Conscient qu’il ne faut rien à attendre en retour, pas de médailles, pas de félicitations et pas de haies d’honneur. Au sein d’une société individualiste, l’individu a pourtant des atouts bénéfiques pour faire changer la donne.

 

Cela peut paraître aberrant et totalement fantasque, mais j’adhère aux raisonnements de Jonathan Safran Foer. Pourquoi manger moins de viandes ? Son schéma explicatif est essentiellement tourné vers les Etats-Unis mais il peut largement s’appliquer ici. Aux Etats-Unis et selon deux études (plus ou moins sérieux selon les points de vues et égo), l’élevage industriel (surtout de vaches) seraient responsables de 18% à 51% d’émissions (mondiales) de gaz à effet de serres. Abattage de forêts, productions de céréales pour nourrir ces mêmes bêtes ( production qui pourrait contribuer – voire la faire disparaître –  à la diminution de la famine dans le monde), transformations, exportations et les bêtes (elles-mêmes) seraient responsables d’une grande partie de nos malheurs et nous, individus, pouvons, par nos actes et nos décisions, intervenir sur ce phénomène. Ce n’est pas la solution radicale mais cela contribuerait à ralentir le processus du dérèglement climatique. D’autres données appuient son argumentation et j’ai été terrifiée.

 

Jonathan Safran Foer s’interroge et nous interroge. Il veut lever le voile sur l’urgence de maintenant, c’est ici et maintenant. Il veut lever le voile sur notre non-conscience d’un problème qui ne peut pas être uniquement régler par les hautes instances de tous les pays. Il veut lever le voile sur un avenir sinistre et irréversible que nous allons voir et vivre et que nous enfants devront affronter. L’anthropocène est en marche depuis de nombreuses années et à terme l’humanité sera la sixième et dernière extinction de masses. Un mot barbare, un mot cruel pour définir notre plus grande perte, notre planète.

 

Et vous, qu’êtes-vous prêts à faire ?

 

Ce n’est pas seulement avec le recul qu’une histoire devient bonne. Les bonnes histoires font l’Histoire avec un grand H. Pour ce qui concerne le sort de notre planète – qui est aussi celui de notre espèce -, il y a là un problème sérieux. Comme l’a exprimè le spécialiste de biologie marine et réalisateur Randy Olson : « Le climat est sans doute le sujet le plus ennuyeux que le monde scientifique ait jamais eu à présenter au public. » La majorité des tentatives pour faire de cette crise un récit sont soit de la science-fiction, soit déconsidérées comme telle. Il y a très peu de versions de l’histoire du dérèglement climatique que les enfants d’une école maternelle pourraient recréer, et il n’en est aucune qui puisse émouvoir leurs parents jusqu’aux larmes. Il semble fondamentalement impossible de faire pénétrer la catastrophe telle que nous la voyons se profiler à distance dans l’ici et le maintenant du ressenti. Comme l’écrivain Amitav Ghosh l’a exprimé dans son livre The Great Derangement : « La crise du climat est aussi une crise culturelle, et donc de l’imagination. » Je dirais pour ma part que c’est une crise de croyance.

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions de L’Olivier.

ET TOUJOURS LES FORETS de Sandrine Colette.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – A paraître le 2 janvier 2020 ]
Éditions JC LATTES – Collection Littérature Française
368 pages
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Le résumé :
Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.
À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.
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Apocalyptique !!
 
Sandrine Collette fidèle à elle-même, dépeint avec emphase et réalité ombrageuse la survie d’un homme et d’une femme. Une immersion sans limite dans l’obscurantisme névrotique qui court après une vie anéantie.

 

Une histoire en noir et blanc où l’âme humaine se perd dans les confins de la recherche haletante et obsessionnelle d’une lumière vaine. Une histoire débordante d’énergie où les sentiments deviennent quelque chose de dérisoire. Une histoire où l’image même de l’homme est cloisonnée à celle d’un objet programmé pour effectuer les tâches. Se lever, couper du bois, regarder la désolation du monde, manger, effectuer quelques menus travaux, se réchauffer, regarder la désolation du monde, imaginer, rêver, se souvenir et faire des enfants. Un quotidien robotisé, dénué d’un certain plaisir et confort. Faire avant de disparaître, dompter la mort, dompter le silence, dompter le néant, dompter le rien du tout pour se sentir vivre, pour se sentir survivre et ne pas oublier que quelque part l’espoir puisse exister, pour ne pas oublier que la vie ne doit pas être abstraite. Que peut-il sortir du néant ?

 

Dévastateur !!

 

Ambiance et atmosphère noires. Écriture sans fioriture où le sombre et le mauvais se côtoient dans une splendeur désuète. Personnage livide, personnage angoissé, personnage rêveur, personnage bouleversant. Qui sommes-nous ? Que devenons-nous ? Cris silencieux, colère sourde sur  cette incompréhension, hargne désespérée, sont les moteurs de cette vie fantomatique.

 

Sandrine Collette signe un nouveau roman explosif ! Un roman intransigeant qui met inévitablement le lecteur mal à l’aise. Un roman sombre, noir et nauséabond où le néant règne. Balade cruelle sur les terres noires, tableau machiavélique où chaque respiration rappelle la perte totale. Chaque page avalée fait souffrir. Chaque ligne lue sème un peu d’espoir. Chaque chapitre catapulte dans un autre monde.

 

Une lecture difficile dans le sens où le thème touche tout le monde. Un sujet duquel il est impossible de se défiler. Une histoire fortement impressionnante. Une lecture à la limite de la folie. Une lecture où l’intérêt morbide me pousse à tourner les pages. Sandrine Collette frappe fort et bien !

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions JC Lattès.

… mon avis sur le roman « Il reste la poussière » (clique sur la photo).

LE MONDE N’EXISTE PAS de Fabrice Humbert.

[ LITTERATURE BLANCHE – A paraître  le 3 janvier 2020 ]
Éditions GALLIMARD – Collection Blanche
256 pages
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Le résumé :
« Autrefois, j’avais un ami. Je l’ai rencontré il y a bien longtemps, par un jour d’hiver, sautant de sa voiture et grimpant quatre à quatre les marches du lycée Franklin. C’est le souvenir le plus vivace que j’aie de lui, une impression inégalable d’éclat et de beauté. Figé sur les marches, rempli d’admiration et de honte, j’étais égaré dans ma condition de « nouveau », égaré en moi-même. Il m’a sauvé – des autres, de ma propre jeunesse. Des années plus tard, alors que cet homme était devenu une image détestée, j’ai tenté de le sauver. J’aurais aimé qu’on sache qui il était vraiment ». Lorsque Adam Vollmann, journaliste au New Yorker, voit s’afficher un soir sur les écrans de Times Square le portrait d’un homme recherché de tous, il le reconnaît aussitôt : il s’agit d’Ethan Shaw. Le bel Ethan, qui vingt ans auparavant était la star du lycée et son seul ami, est accusé d’avoir violé et tué une jeune Mexicaine. Refusant de croire à sa culpabilité, Adam retourne à Drysden, où ils se sont connus, pour mener l’enquête. Mais à mesure qu’il se confronte au passé, toutes ses certitudes vacillent… Roman haletant et réflexion virtuose sur la puissance du récit, Le monde n’existe pas interroge jusqu’au vertige une société aveuglée par le mensonge, où réalité et fiction ne font qu’un.
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Plonger dans le passé tout en s’agrippant au présent. Plonger dans la douloureuse tempête des souvenirs, des coups et des mots qui blessent. Puis se rappeler cette lumière qui lui a un tant soit peu sauvé. Une lumière aussi insaisissable et intrigante. Une lumière vive qui camouflait les ombres de l’âme égaré. Ethan Shaw est un Dieu. Celui qui exige, celui qui prend, celui qui jette. Le monde à ses pieds, les filles, les garçons, les femmes et les hommes, il règne par sa froideur et son aura. Adam Vollmann ne l’a jamais oublié. Une présence fantôme, une ancre solide, celle qui relie le passé cauchemardesque à son présent choisi. Adam est devenu journaliste par dépit, première étape avant de devenir un écrivain célèbre dit-il. Une routine banale où morosité et absence d’ enthousiasme se taillent la part du beefsteak. Et puis ce jour fatidique, il apparaît sur tous les écrans. Là, présence figée où les mots volcaniques l’assassinent. Partant à la quête de la vérité, Adam plonge dans le tourbillon de l’apparence. Réalité ou illusion ? Le combat est engagé.
 
Fabrice Humbert explore avec agilité les méandres du paraître. Fake ou pas, le contrôle des médias, le contrôle du psychique, le contrôle de tout, plongent le narrateur sur un territoire où le vrai et le faux s’associent. Un couple diabolique qui ne laisse aucun répit. Il n’y a aucune indulgence. La peur, la colère, la haine, le mensonge, la vérité forment une entité à part entière qui noie sans aucun remord un héros qui perd pied. Fabrice Humbert interroge subtilement sur cette croyance omniprésente, sur les conséquences qu’elle engendre, sur le comportement de tout en chacun. Croyance morale ou immorale, l’Homme la façonne à son image et à son égoïsme. Métaphore sournoise, salie, illusoire, ce kaléidoscope accapare la perte des sens. Rien n’est vrai. Tout est faux. Où est la vérité ?

 

Ce que j’ai apprécié dans cette lecture, c’est la manière dont l’auteur se saisi de son sujet et pousse dans les retranchements un homme qui n’est ni fou ni sage. Un homme qui part à la quête d’une vérité qui le pousse sur un chemin ardu et révélateur. La part noire de l’homme est mise en exergue d’une façon subtile. Elle peut être, tour à tour, dérangeante ou attachante. Francis Humbert aime jouer avec le ressenti du lecteur. Je n’ai pas su sur quel pieds dansé. Il m’a obligée à me remettre en cause. J’ai perdu pied car l’auteur le souhaitait. LE MONDE N’EXISTE PAS est à mes yeux un très bon roman. Un roman qui interpelle. Un roman qui secoue. Un roman où l’illusion fomente une intrigue captivante. Et si le monde n’était qu’un scénario et, nous, les marionnettes ?

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Gallimard.

ET TOUJOURS EN ÉTÉ de Julie Wolkenstein.

[ LITTERATURE BLANCHE – Disponible dés le 3 janvier]
Éditions P.O.L – Collection Fiction
224 pages
Lien Kindle
 
Le résumé :
« Un escape game, c’est comme la vie. Surtout lorsque cette vie (la mienne) est d’abord un lieu, une maison aux multiples pièces, toutes encombrées de souvenirs et peuplées de fantômes. Dans chacune de ces pièces, les traces vous racontent une histoire, les objets vous soumettent des énigmes, les morts vous confient des missions ».
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A la lecture du résumé j’étais loin de me douter de ce que pourrait renfermer ce roman. Un escape game en voilà un curieux projet à concrétiser. Et, ma foi, le résultat, autant déroutant et audacieux qu’il est, est magnifiquement réussi.

 

Souvenez vous, ces moments d’enfance, d’adolescence. Ces moments volés, ces moment euphoriques où le monde était refait de milles manières. Ces moments où la complicité, les regards, les soupirs, les mots voulaient tout dire.

 

En ouvrant ce roman j’ai été convié à suivre une balade au grès d’un jeu de piste particulier où l’observation aiguisée me porte de souvenirs en souvenirs, des vieux ou des plus récents. Un regard intimiste sur une vie, sur des vies. Un maison qui recèle de nombreux petits trésors. Des trésors qui ont marqué ou déchiré, des trésors qui ont façonnés les habitants, des trésors qu’il fait bon d’amasser et de ranger dans un placard et qui au grès des jours, des mois, des années s’oublient et réapparaissent tel un enchantement. Pèlerinage de souvenirs, fil rouge d’histoires parmi d’autres histoires, diaporama du passé, la narratrice m’a charmée.

 

Une lecture-jeu qui peut faire écho à nos propres souvenirs. Si la nostalgie est de mise, la plume de Julie Wolkenstein reste toujours enjouée. Une balade onirique, une balade enchantée, ET TOUJOURS EN ÉTÉ est une fenêtre que j’ai appréciée ouvrir. Un bol d’air frais qui revigore. Souvenirs personnels, souvenirs de toujours, pourtant chaque pièce est le théâtre de tous ce que nous avons voulu laisser en héritage.

 

Une très belle découverte !

 

Ouvrir successivement les pièces de ma maison, franchir un à un ses seuils et libérer chaque fois un pan de sa mémoire, relier ces fragments d’histoire entre eux, pour moi, c’est un escape game. Sans doute parce que j’écris ce livre pour me sortir d’une autre sorte de cage, de prison où m’enfermait la crainte de ne plus aimer écrire, ni cette maison.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions P.O.L.