DANS LA GUEULE DE L’OURS de James McLaughlin.


Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie. Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu’il a trahi. Mais la découverte de la carcasse d’un ours abattu vient chambouler son quotidien : s’agit-il d’un acte isolé ou d’un braconnage organisé ?
L’affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts. Alors que la police ouvre une enquête, Rice décide de faire équipe avec Sara Birkeland, une scientifique qui a occupé le poste de garde forestier avant lui. Ensemble, ils mettent au point un plan pour piéger les coupables. Un plan qui risque bien d’exposer le passé de Rice. James McLaughlin signe avec Dans la gueule de l’ours un premier roman époustouflant. Au-delà d’une intrigue qui vous hantera longtemps, l’auteur se confronte à des questions essentielles : comment la nature et l’homme se transforment-ils mutuellement ? Quelle est la part d’animalité en chaque être humain ? Un retour à la vie sauvage est-il possible pour l’homme occidental ?Dans la gueule de l’ours a été classé par le New York Times comme l’un des dix meilleurs «.Crime Fiction.» de l’année 2018 et a reçu le prix Edgar Allan Poe 2019 du premier roman.

 
Un thriller impulsif et immersif, au cœur d’une nature aussi effrayante que subjuguante. Une lecture à demi teinte pour moi car, là, n’est pas ce que j’attends d’un thriller.
Rice Moore n’est pas l’homme que vous croyez. Si il a fricoté avec les cartels mexicains de la drogue, Rice n’est qu’un biologiste passionné par la faune et la flore. Tout souriait au scientifique jusqu’au moment où il se retrouve dans une situation inconfortable et qui le pousse à enfreindre les lois. De livraisons en livraisons, l’étau se resserre et le fait basculer du côté obscure. Emprisonné au Mexique pendant une longue année et pris sous l’aile d’un homme louche, il apprend les ficelles des cartels. Et puis un jour la liberté, la vengeance et la fuite. Une fuite qui le porte en Virginie dans une réserve des Appalaches. Un nouvelle vie, un nouveau job. Être gardien lui procure finalement un sentiment de paix. Éloigné de tout, il se sent reprendre vie. Un paix éphémère car la propriété est le théâtre de braconnage d’ours. Passé ou bandits, Rice Moore se doit de prendre des précautions.

 

DANS LA GUEULE D’UN OURS a tout pour vous surprendre. Son originalité se trouve dans ce duo nature-writing et thriller. De grandes envolées lyriques où la nature et une certaine spiritualité ont une place cruciale au cœur de l’intrigue. De grandes descriptions doucereuses et langoureuses contrecarrent l’esprit du thriller. Elles permettent d’une manière assez efficace de révéler le personnage principal. Cette nature puissante et silencieusement active joue cet intermédiaire dans l’évolution de Rice Moore. Elle prend peu à peu possession de l’homme pour en faire surgir le pire comme le meilleur. La frontière entre le bien et le mal est latente, questionnant sur la nature profonde de l’homme et des ses limites. Ce thriller m’aurait davantage emportée si la part de nature-writing était moins omniprésente. C’est un genre que je lis trop rarement pour pouvoir savourer pleinement touts ces petits détails et m’en imprégner. Un premier thriller qui a pourtant eu le mérite de retenir mon attention. Une audace que j’apprécie. Ce premier thriller de James A. McLaughlin révèle un auteur américain à suivre dans les années à venir.

 

Il s’appuya contre le tronc du pin pour se relever. Quand il tira sur une côte, la colonne vertébrale et la cage thoracique de l’ourse se soulevèrent tout d’une pièce au-dessus des feuilles mortes, étonnamment légères et dégageant un relent de pourriture. Il considéra les autres os grisant sur le sol en pensant qu’il devrait en choisir un pour le rapporter au chalet, l’ajouter à sa collection dans le bureau. Le crâne aurait été l’idéal, mais le braconnier avait emporté la tête de l’animal avec la peau. Il se promena un moment alentour en donnant des coups de pied dans les feuilles te les aiguilles de pin, cherchant un fémur ou quelques gros os jusqu’à ce qu’il sente un malaise l’envahir. Il pensa soudain que le pillage d’os d’ours n’était sans doute pas approprié. Il se demanda pourquoi, ne trouva aucune réponse, mais son malaise persistait. Maintenant qu’il en comprenait l’origine, ce sentiment de culpabilité ne refluait pas, mais lui hérissait les poils des bras. Il regarda les fourrés autour de lui, en s’attendant presque à voir un ours noir le surveiller. Il se dit pour la centième fois qu’il ne devenait pas tant superstitieux que victime d’un brouillage indéniable des contours de la prétendue réalité.
 
Une chronique de #Esméralda

LA MACHINE A BROUILLARD de Tito Desforges.


 
Mac Murphy est un soldat d’élite. Mac Murphy est fort. Mac Murphy est dur. Mac Murphy est fou. Mac Murphy trimbale dans sa tête une épouvantable machine à brouillard qui engloutit ses souvenirs, sa raison et l’essentiel de son âme, morceau après morceau.
Quand les habitants de Grosvenore-Mine, ce village perdu dans les profondeurs de l’Australie, se hasardent à enlever la fille de Mac Murphy, ils ne savent pas à quel point c’est une mauvaise idée.
Une époustouflante plongée dans l’amour d’un père pour sa fille et dans les tréfonds de la démence d’un homme. Inlâchable. Attention : cauchemar.

Rocambolesquement fou, LA MACHINE A BROUILLARD joue avec les limites de l’irréel et de la réalité. Perdu dans les méandres de ses souvenirs, le soldat Mac Murphy plonge dans les abysses de ses tourments. Un thriller unique en tout point de vue. Conseil : gardez bien votre tête sur vos épaules !
Mac Murphy est un pur produit de l’armée australienne. Engagé à ses 16 ans, il vadrouille dans le monde pour des missions à hauts risques. Reconnu par sa hiérarchie comme étant un bon élément, il passe sa carrière dans les rangs de l’armée.

 

Prenant du bon temps avec sa fille Louise, ils parcourent les routes désertes de l’Australie et se retrouvent dans une de ces bourgades où le néant semble avoir pris possession de ces maisons inertes et de ces habitants. Halte oblige, ils se dirigent vers le snack miteux et graisseux pour prendre leur repas. Mac Murphy est heureux de partager ces moments avec sa fille. Le sourire s’affiche sur son visage strict. Alors qu’il s’absente un moment, il attend sa fille criée. Elle vient de se faire enlever. Mac Murphy met toute sa hargne pour la récupérer et sème sur son passage un chaos infernal.

 

Tito Desforges a l’art et la manière de mettre en scène l’impensable, le morbide et la réalité floutée pas tout un tas d’éléments sordides et hallucinants. Une plume particulière à laquelle il faut s’habituer qui nous entraîne sur une route où il fait bon de regarder où poser le pied. Un univers surprenant et glauque qui nous oblige sans cesse à tout reconsidérer. Une plongée habile et sans concession dans l’obscurité oppressante d’une âme tourmentée. Un pas après l’autre, l’intrigue se dessine portant vers un final tonitruant.

 

Une lecture explosive au rythme affolant. Un personnage qui en jette et qui file les frissons. Tito Desforges signe un incroyable thriller qui va vous mettre en dessus-dessous. Prenez garde au brouillard 😉 et à Mac Murphy !

 

Quand ma Louise chérie et moi on arriva à Grosvenore-Mine, sur les coups de midi, on ne prêta pas attention au décor, tant il était semblable à celui de tous les « Trouduc-ville » qui s’échelonnaient le long de la Donahue Highway. Un patelin paumé du bush australien dans toute sa triste splendeur. Main Street, la rue principale, une bande d’asphalte noir rendu flasque par le soleil au zénith, cessait de s’appeler Donahue Highway à l’entrée du bled et reprenait son nom cinq cents mètres plus loin. À mi-section, Cross Street, la rue transversale, formait le carrefour habituel où se regroupaient le pub/restaurant/motel, le supermarché / location de DVD, la station essence / magasin de matériel et l’agence postale/bancaire. Tout autour de ces vénérables bâtiments, une centaine de bungalows préfabriqués et de mobilhomes maculés de traînées de sable roussâtre et hérissés de boîtiers de climatiseurs. Des poteaux électriques dont un sur trois penchait comme une tour de cette ville d’Italie (ou d’Espagne ou je ne sais plus) et que personne ne songeait à redresser. Par-ci par-là, des parterres de fleurs aux couleurs étouffées par la poussière, dans de pauvres enceintes de cailloux alignés, tentatives désespérées de ménagères crevant d’ennui et d’insatisfaction sexuelle pour égayer leur paysage.

 

Une chronique de #Esméralda

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE de M.T. Edvardsson


 
Faites connaissance avec la famille Sandell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s’apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est.
C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sandell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s’agir que d’une erreur judiciaire.
Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. C’est d’abord Adam qui s’exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s’échappe. La seule évidence qui s’impose très vite, c’est qu’il n’existe aucune famille  » normale « .
Plus qu’un thriller, une découverte exceptionnelle.

Thriller aussi énigmatique qu’accaparant, UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est au cœur d’une intrigue loin d’être évidente et qui délivre tour à tour une parcelle de vérité. Et encore, nous sommes loin des surprises. Seul le pont final délivrera le lecteur.
Effectivement il faut faudra attendra le point final pour que la lumière se fasse sur cet imbroglio d’énigmes. M.T. Edvarsson sait tenir en haleine son lectorat. Quelle idée magnifique de nous faire découvrir l’envers du décor en donnant la voix à ses personnages principaux. Trois parties de l’intrigue, trois points de vue et trois meilleures manières de titiller ma curiosité.

 

Adam Sandell, le papa et pasteur, se transforme en enquêteur de terrain afin de disculper sa fille Stella. Porte-parole de sa famille, il tente le tout pour le tout. Adam a toujours été un papa attentionné et un mari aux petits oignons. Tout au long de sa pseudo enquête, il se remémore son passé. Son adolescence, sa révélation pour Dieu, sa rencontre avec sa future femme Ulrika, ses doutes, ses craintes, son optimiste, sa paternité, son rôle de papa. Cette rétrospective a pour but d’établir le profil de ce papa qui peu à peu devient intransigeant, surtout envers sa fille. Un homme maladroit qui ne la comprend plus et qui malgré ses efforts se trouve face un mur. Souvent abattu face à la perte de contrôle sur l’avenir de sa fille à la forte personnalité, Adam se voit attribuer le rôle du méchant parent. Il ne trouve plus ce lien qui autrefois rendait leur relation magnifique.
Au fil de ses pérégrinations, Adam doute de plus en plus. Ses questions n’ont pas de réponses. Un flou artistique qui ne prend sens qu’à la fin.

 

Stella fille unique a toujours était la petite princesse à son papa. Elle l’admirait avec force. Elle a eu une enfance dorée et douce. Pourtant en grandissant, Stella ne se sent pas à sa place. Elle s’interroge sur son identité au sein de la société et elle s’aperçoit rapidement qu’elle ne rentre dans aucun modèle. La perception de la vie en générale et de sa vie en particulier ne tournent pas selon un axe préétabli. Stella est un électron libre. Émotive, elle gère très mal son impulsivité. Elle aime contrôler sa vie au risque de se mettre dans des situations compliquées. Stella n’a pas de limite et assume complétement.

 

Ulrika la maman est une femme prise par ses remords. Très peu présente dans la vie de sa fille depuis toute petite à cause de son travail d’avocate, Ulrika s’interroge beaucoup sur l’évolution de sa fille et son rôle dans celui-ci. Pourtant dans les dernières péripéties, elle fait preuve de repenti.

 

UN FAMILLE PRESQUE NORMALE est un thriller assez surprenant notamment sur la construction du récit. Les trois voix apportent chacune leurs pierres à l’édifice pour un résultat sensationnel. D’un côté l’intrigue principale qui est à savoir « est ce que Stella est coupable » et de l’autre l’auteur qui dissèque la famille et ses secrets. Ces deux parties sont complémentaires car elles permettent d’établir la personnalité de chacun des protagonistes. Il est bon de savoir que l’auteur n’use pas de redondance. Sans l’une et l’autre partie, ce thriller n’aurait aucun intérêt et serait grandement ennuyeux. Là aussi, l’alternance entre le passé et le présent qui est parfaitement maîtrisé, met à jour leurs secrets.

 

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est un excellent thriller. J’ai pris du plaisir à le lire mais il m’a manqué indéniablement de l’originalité et cette petite chose qui me scotche et qui me laisse sans voix. Ce thriller est le premier traduit en France de cet auteur et je me laisserai volontiers séduire par son prochain roman.

 

Une chronique de #Esméralda.

SOUS LES EAUX NOIRES de Lori Roy.

[ THRILLER – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Bourgeois
Éditions LE MASQUE
320 pages
Lien Kindle

 

Le résumé :
Lorsque, à la fin du lycée, Lane Fielding a fui Waddell, sa ville natale au fin fond de la Floride, pour l’anonymat de New York, elle s’est juré de ne jamais y revenir. Pourtant, vingt ans plus tard, fraîchement divorcée et mère de deux filles, elle se retrouve contrainte de retourner vivre chez ses parents, sur la plantation historique de la famille. Un lieu hanté par le passé et les crimes sinistres de son père, ancien directeur d’une maison de correction.
La disparition de sa fille aînée vient confirmer la malédiction qui pèse sur cette ville. D’autant que dix jours plus tard, une étudiante se volatilise à son tour. Lane, désespérée, entreprend alors de faire tomber les masques autour d’elle pour découvrir si quelqu’un n’a pas enlevé sa fille afin de se venger des crimes de son père.
Sous les eaux noires questionne la solidité des liens familiaux et le danger des sombres rumeurs qui peuvent courir dans une petite ville de province… tout en montrant qu’il n’y a parfois pas de pire endroit que le foyer parental.
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Lane Fielding a tout fait pour partir de Wadell. Les souvenirs, son père et cette ville où la moindre rumeur met à mal l’intimité. La chaleur étouffante, les insectes et les regards soupçonneux l’étouffaient. Lane a fui pour son bien. Elle a fui les mensonges et les vérités étouffées, les cris et l’humiliation. Les années passent et la revoici sur ces terres hostiles accompagnée de ces deux filles Annalee et Taley. De retour au domicile familiale, Lane est de nouveau confrontée à son passé. Pourtant, elle n’aurait jamais cru qu’à ce jour qu’elle paye les conséquences de son mensonge.

 

Ce roman choral n’a pas su me séduire. Cinq voix qui tour à tour prennent la parole et qui m’ont plongée dans le passé (court ou long terme) afin d’élucider les derniers rebondissements qui hantent cette vieille ville inhospitalière et enlisée dans la caricature de la ville moyenne d’un état du sud (Floride du nord) où l’intolérance et les vieilles querelles prédominent. Une intrigue familiale qui se dénoue et qui malheureusement ne casse pas des briques. J’ai trouvé que chacun faisait sa route de son côté et que de temps en temps elle se joignait pour former un semblant de quelque chose. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Taley qui en a sous le chapeau et qui du haut de ses 13 ans est arrivée à me captiver. Son intelligence et son raisonnement sont les seuls qui ont eu un certain intérêt. Les personnages d’Annalee (fille aînée), Lane (la maman) et Erma (la grand-mère) ne m’ont pas convaincu. L’aspect psychologique est à mon sens trop survolé alors qu’il y a matière à explorer. Je ne vous parle pas du cinquième personnage car à mon sens il n’est pas exploité à sa juste valeur. J’aurais aimé beaucoup plus de mystère autour de lui. La redondance des détails est fatigante. Chaque chapitre se finit par un mini cliffhanger ce qui donne le côté addictif. Pourtant cela m’a essoufflée. Je me suis enlisée dans ce thriller sans trouver le twist qui allait me donner un second souffle pour avancer.

 

Sous les eaux noires n’a pas tenu ses promesses. Un thriller qui met en scène les femmes d’une famille anéanties par les mensonges du passé et qui tentent des années plus tard de trouver un semblant de justification à leurs actes.

 

Je suis passée totalement à côté de cette lecture. Trop de points m’ont déplu. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Le Masque.

TEMPÊTES de Andrée A. Michaud.

[ THRILLER FANTASTIQUE – A paraître le 8 janvier ]
Éditions RIVAGES – Collection Rivages Noir
300 pages
Lien Kindle
 
Le résumé :
Marie Saintonge emménage dans une maison léguée par son oncle, récemment suicidé, située dans le Massif bleu, une montagne québécoise. Confinée à l’intérieur à cause d’une tempête de neige, elle y vit des phénomènes à l’apparence paranormale et finit par perdre pied…
Ric Dubois est resté le prête-plume de l’écrivain Chris Julian jusqu’à sa mort par suicide. Délivré de ses obligations à son égard mais déterminé à terminer le manuscrit  pour se prouver sa propre valeur, Ric se rend au camping du Massif bleu, afin d’y travailler sur le roman. Plusieurs meurtres ont lieu au camping ; bien que soupçonné par beaucoup de locaux à cause de son statut d’étranger, Ric s’efforce de mettre la main sur le véritable coupable. 
Deux versants de la montagne, deux destins tragiques qui vont se rejoindre. 
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Quelle étrange lecture !

 

Andrée A. Michaud plonge son lecteur dans un enfer impersonnel. Un huis clos dans un grand espace, le résultat est plutôt satisfaisant à mes yeux. Atmosphère lugubre, phénomène inexpliqués et étranges, ambiance noire, où les peur et les angoisses surgissent comme des mauvais fléaux. Frontière floue entre réalité et illusion, je me suis vite sentie perdue entre tous ces éléments portés par Andrée A. Michaud. Les personnages sont  tiraillés entre le concret et le non concret. Suppositions, extrapolations, pertes des sens, l’envers de la réalité sont un concept si abstrait que faire la part des choses devient un sacré parcours du combattant.

 

J’ai beaucoup apprécié cette lecture notamment l’ambiance et le cheminement de la pensée constructive des héros (essentiellement celle de Ric, auteur malgré lui). Je suis néanmoins mitigée par le final où il manque en mon sens une certaine explication. J’adhère en principe au final exhaustif, laissant aux lecteurs la possibilité de se construire sa propre réflexion finale, mais là …. Il m’a manqué ce quelque chose qui aurait rendu l’histoire plus tangible. Un thriller fantastique totalement captivant par ces huis clos infernaux mais déçue par le côté « tout ça pour ça ! ». Malgré mon avis mitigé, j’ai apprécié la construction narrative et je plongerais volontiers dans la lecture de ses précédents romans.

 

Un thriller fantastique qui porte très bien son nom. Il représente à merveille les tourments des âmes pris dans le tumulte des peurs, des doutes et de l’étrange.

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Rivages.

77 ASSASSINS de Henri Duboc.

[ THRILLER FANTASTIQUE – Nouveauté 2019 ]
Editions BETA PUBLISHER
343 pages
Ma note : 4.5/5 mention « carrément dingo ! »
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Le résumé :
Je m’appelle Damien Hachett : 34 ans, légiste et, à peine sorti de ses diplômes, catapulté médecin chef à l’Institut Médico-Judiciaire.
Tard le soir, entre deux macchabées carbonisés ou livrés coupés en morceux dans un joli paquet cadeau, j’écris aussi des bouquins.
Jusqu’à ce qu’une nuit, mon plus vieux lecteur, à qui j’ai dédicacé le 77ème exemplaire de mon premier roman, m’attende sagement sur ma table d’autopsie.
Bien…et maintenant, que les ennuis commencent !
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En voilà une lecture complètement dingo !! Henri Duboc a une imagination qui au premier abords peut paraître totalement dérangeante voire loufoque et au pire on se pose des questions sur sa santé mentale ! Il faut dire que Henri Duboc met le paquet et il ne se prive à aucun moment de titiller son lecteur. Il instille avec une aisance sans faille une dose d’humour qui bien évidemment ne s’arrête pas au premier degré.

 

Thriller et rire, en voilà un mélange détonnant dans un paysage littéraire borné ! Et voici les raisons pour lesquelles vous allez craquer :
1
Henri Duboc ne connaît aucune limite. Une plume aussi dérangeante que totalement sensationnelle qui déroge à toutes les règles induites par la littérature dite classique. Henri Duboc balaie d’un coup de baguette magique les codes et se les approprie d’une manière hallucinante ! De l’ironie en pagaille, de l’humour noir à vous chauffer les zygomatiques, et un personnage …. non …. mais attendez… j’ai beau cherché (et pour tant j’en ai lu des bouquins) … un personnage hors du commun et encore s’est bien faible pour le décrire ! Pour en revenir à Henri Duboc et son formidable et admirable thriller hors compétition, si je devais vous le comparer c’est une dose de glauque dans le style de Sire Cédric et pour le reste …. ce n’est que du pur et dur Henri Duboc !

 

2
Damien Hachett (on prononce Ha(t)chett) est un drôle de trublion. Médecin légiste et auteur à ses heures perdues, Damien est un personnage qui vous désarçonne à la première rencontre. Mais quel est donc cet énergumène ? On est loin du médecin légiste caricaturé par une silhouette lasse, sans un cheveux sur le crâne et un chapeau par la même occasion, et des yeux habillés de lunettes hyper immondes, sans oublier cette blouse totalement ridicule qui vous repousse dès vos yeux posés dessus. Non, Damien c’est une lumière dans les ténèbres de la morgue. C’est de la joie dans la douleur. Adepte des répliques bien senties, il n’en manque pas une, pour glisser des piques à mourir de rire. Il est juste mortel (sans jeu de mots !). Un anti héros totalement attachant, j’en voudrais bien un pour mes jours déprime ! Damien Hachett voit sa vie basculée dans une catastrophe apocalyptique et monstrueusement merdique « Nom d’un prout liquide ! » quand les morts s’agglutinent.

 

3
Une intrique aussi bien ficelée que du saucisson ! Henri Duboc vous entraîne dans une folle aventure où les cadavres remplis par une bouillie blanche s’alignent dans les couloirs des morgues. Où des humains totalement déments et zombifiés mettent un chaos sans pareil. Et un vilain méchant insoupçonnable ! Pourtant Damien est le dénominateur commun a tout ce bazar, et c’est sans cape et sans collant qu’il va devoir affronter un redoutable adversaire.

 

4
Des scènes hilarantes, des scènes qui font flipper, des scènes cauchemardesques, des scènes où il faut accrocher son cœur et des rebondissements qui m’ont entraînée dans un thriller indéfinissable. Il fout autant les jetons qu’il fait rire.

 

5
Il dérange, il turlupine et il fait peur ! 77 ASSASSINS est clairement un Objet Littéraire Non Identifié et je rajouterais même un sacré PAGE TURNER !
 

 

Je vous recommande et je vous recommande et surtout n’ayez pas peur de pousser vos limites 😉

 

Pour le grand bonheur des téléspectateurs et l’immense joie d’Anabelle Zebutte, Agathe Somefingtoussay se retrouve instantanément tartinée de bouillie blanchâtre de la tête aux pieds qui jaillit de la bouche du bonhomme prison comme un geyser de lave d’un volcan explosif. Elle reste debout, incrédule,immobile avec son micro, alors qu’on distingue à peine les contours de son visage derrière le vomi.
Ensuite, le corps de la jeune journaliste, tout de blanc visqueux recouvert, se met à trembler bizarrement. Frénétiquement. Rapport au coup de taser électrique que le bonhomme prison est en train de lui infliger à pleine puissance. […]
Ensuite, lentement, apparaissent deux pieds nus. Puis des jambes. Arrivée du bonhomme prison. Les jambes se plient, les genoux se posent.
Il se met à terre et plaque la joue au sol, pile en face de la caméra. Ses yeux sont noirs comme la mort. Sur sa tempe, lentement, viens se poser un tube métallique sombre. Les amateurs reconnaîtront le canon d’un fusil à pompe Benelli M90.
Juste avant que sa tête ne soit volatilisée dans une mare de sang, on l’entend clairement dire :
JE VAIS VENIR … DAMIEN…
 
Une chronique de #Esméralda
 

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… le site des éditions Beta Publisher !!

NOTRE PART DE CRUAUTE de Araminta Hall.

[ THRILLER PSYCHOLOGIQUE – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Paul Benita
Éditions PRELUDES
439 pages
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Le résumé :
Leur histoire d’amour est terminée.
Le jeu ne fait que commencer.
Traumatisé par une enfance difficile, Mike Hayes menait une existence paisible, bien que solitaire, jusqu’au jour où il a fait la connaissance de Verity Metcalf. Verity lui a tout appris de l’amour et, en échange, Mike a consacré sa vie à la rendre heureuse. Il lui a trouvé sa maison, son travail, et il s’est sculpté le physique que Verity considère comme idéal. Il sait qu’ensemble ils connaîtront le bonheur.
Peu importe si elle ne répond pas à ses e-mails ou à ses appels.
Peu importe qu’elle soit mariée à Angus.
Cela fait partie du jeu secret auquel ils avaient l’habitude de jouer.
Le suspense psychologique pervers sur le désir, l’obsession, les histoires qu’on se raconte et celles qui nous font basculer.
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Il y a des romans parfois, où, et bien la sauce ne prends pas du tout, du tout !

NOTRE PART DE CRUAUTÉ a tout pour être un thriller psychologique de tonnerre. D’ailleurs certains lecteurs le clament. 

Dès le départ la psychologie de Mike Hayes est une évidence (enfin pour moi). Un homme engrené dans la machine infernale qu’est l’amour obsessionnel. L’amour malsain celui qui fait perdre la tête. L’amour toxique qui empêche l’épanouissement de deux êtres qui se portent un amour conditionnel. Cette évidence a finalement était le couperet qui signe la fin avant le début. Un thriller qui est à mon sens très platonique (dans mon ressenti) et qui ne simule en rien la finalité.

Ce thriller se lit comme un journal intime. La voix de Mike Hayes et ses mots répercutent ce cheminement fatal. Les diatribes sont épuisantes et inconfortables. Être immergée au milieu de ces pensées malsaines et incohérentes est une véritable torture. La violence prend peu à peu place jusqu’au point final. L’engrenage n’offre pas à proprement parler de développement et de rebondissements.

L’atmosphère est suffocante et inextricable. Un malaise persistant s’installe pour ne plus te laisser respirer.

J’ai été absolument prise au dépourvu par les propos tenus. Je suis restée de marbre face aux insinuations du personnage de Mike et ses déblatérations qui enlisent le fil conducteur du thriller. Le seul point positif, si je puis dire, est l’audace prise par l’autrice d’exploiter uniquement le point de vue de Mike. Un risque qui pour ma part n’est pas exploité de manière judicieuse.

Une lecture ratée et c’est bien dommage. Je n’ai pas réussi à prendre le bateau à temps. Une lecture très longue qui manque sérieusement de souffle. Je n’ai pas vu ce que Araminta Hall a voulu insuffler au travers de ses mots.

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Préludes.