IL EST ENCORE TEMPS ! de Jean-Philippe Blondel.


Pourquoi rester assise à étudier dans une classe alors que dehors le monde court à sa perte ? À quoi bon parler d’écologie et de développement durable si l’on ne fait rien ? Cette prise de conscience du péril climatique plonge Lou dans une grande anxiété, un désespoir qui lui ôte le goût de vivre.
Heureusement un déclic va se produire : la lycéenne découvre l’activisme de la militante suédoise Greta Thunberg. On peut agir ! Avec deux camarades, Lou se lance un défi : alerter les esprits autour d’elle, mobiliser les jeunes comme les plus vieux, et organiser dans sa ville une grande manifestation pour le climat. Un récit engagé, mordant, rempli d’optimisme et de foi dans la jeunesse. Le portrait touchant d’une pasionaria du quotidien.

Un roman, sans aucun doute dans l’ère du temps. Révélateur de la conscience collective face à un enjeu majeur. La préservation de la planète, de la vie dans toute sa diversité, Jean-Philippe Blondel pose cartes sur table à vous de vous en saisir pleinement. Loin du discours moralisateur, J-P Blondel au travers de son héroïne déclare avec ardeur l’urgence.
Lou est une lycéenne lambda. Loin d’être populaire et looseuse, elle vivote tant bien que mal parmi la foule de jeunes adultes. Son mal a débuté lors de sa dernière année au collège. Là, foudroyant, paralysant, angoissant.  La fenêtre ouverte sur une réalité omnisciente et pressante, l’avenir. Malaise catatonique d’un mal-être puissant et destructeur. Un parcours du combattant pour se raccrocher à une évidence feinte et illusoire. Que deviendra notre génération ? Les mots bloqués, les mots-épées qui épinglent un avenir apocalyptique. Pourtant Lou ne s’avoue pas vaincue, cherche, se questionne, s’intéresse. C’est lors d’une rencontre hasardeuse que l’éclaircie s’opère. Une vidéo de Greta Thunberg, jeune femme activiste, fondatrice d’un mouvement auquel la jeunesse s’accroche. Une révélation pour Lou, un apaisement, elle n’est pas seule. Point de départ d’une aventure hasardeuse et pourfendeuse de nouvelles amitiés. Un projet à la hauteur de son espérance de voir enfin le peuple scandé la triste réalité et de réunir.

 

Le nouveau roman de Jean-Philippe Blondel est sans contexte une bombe ! J’invite tout le monde à le découvrir et à se questionner sur nous, sur nos gestes au quotidien, sur l’avenir des générations suivantes. Au travers de son héroïne attachante, cette quête de la vérité, la découverte de soi au travers du prisme indéformable de la société, il pointe du doigt les aberrations d’une société qui va droit au casse-pipe. Cette jeunesse envieuse d’un monde meilleur se détache des valeurs transmissent par les générations de parents issus de l’ère consommatrice de l’après-guerre. Sans être alarmiste mais avec une honnêteté piquante, IL EST ENCORE TEMPS ! est un roman sensationnel à mettre dans toutes les mains.

 

-Je mate une vidéo sur la gamine, là.
La phrase reste en suspens quelques secondes entre nous et pendant ce court laps de temps, j’imagine le pire – une vidéo d’une gamine victime de harcèlement, d’une gamine battue par ses parents, d’une gamine ridiculisée par ses vieux qui lui font croire qu’ils vont lui offrir un cadeau alors que non, d’une gamine qui se défenestre, d’une gamine atteinte d’une maladie incurable qui nous fixe avec ses grands yeux creux et murmure : « Pourquoi ? » YouTube et les réseaux sociaux nus ont habitués à tout ça. Devant les images, nous nous effarons, nous crions, nous pleurnichons, nous sourions, nous lançons de grands éclats de rire, bref, nous réagissons, mais superficiellement, parce que deux minutes après, nous passons à autre chose. Notre existence est de venue un grand zapping de milliers d’instants que nous dirigeons vers la corbeille de la mémoire en un clic de souris.

 

Une chronique de #Esméralda

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MON ÉTOILE DANS LA NUIT de Agneta G.


« Avait-il essayé de me dire quelque chose, ou bien était-ce juste une phrase parmi d’autres ?
Je m’étais fait une raison, nous ne serions jamais rien l’un pour l’autre, simplement car il ne le voulait pas, et j’avais accepté cet état de fait. Du moins je le croyais. Mais le fait d’apprendre qu’il quittait le lycée me plongeait dans un profond désarroi. Trop de questions se bousculaient dans ma tête. Il me fallait des réponses.
Je ne pouvais pas le laisser partir sans lui dire au moins au revoir. L’angoisse était maintenant là, pesante, impérieuse, me poussant à marcher de plus en plus vite, puis à bifurquer et enfin à courir vers la maison d’Ethan. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Je savais que c’était sans doute trop tard, qu’il était sûrement parti, mais je ne me contrôlais plus. L’urgence, voilà ce que je ressentais sans avoir su la nommer quelques instants plus tôt. L’urgence de le voir une dernière fois, l’urgence de savoir, de comprendre peut-être. L’urgence de lui dire ce que je ressentais pour lui. Il m’avait plusieurs fois montré qu’il tenait à moi, mais j’avais fait semblant de ne rien comprendre. »

Annabelle est une jeune fille qui a déjà connu le pire dans sa vie, perdre sa maman à cause de la maladie. De longues années ont été nécessaires afin de surmonter ce deuil et encore aujourd’hui cela est souvent difficile de vivre avec.
Habituée à la vie fabuleuse qu’offre San Francisco, Annabelle est fort démunie face à Fairbanks. Ce déménagement fait suite à la mutation de son père, mais si elle aurait pu choisir, elle ne serait pas ici. Cette ville lui semble morose, son quartier et triste voire sinistre. Elle ne se sent pas à sa place. Annabelle est timide et souvent angoissée. Cette nouvelle rentrée lui apparaît comme un moment délicat. Il y a très peu de jeunes de son âge et surtout qui lui semblent accessible. Ils sont tous grandis ensemble et être la petite nouvelle n’est vraiment pas l’idéal. Son seul contact, ce garçon muet qui l’a aidée à porter ses cartons de déménagement.

 

Ne se laissant pas abattre et prête à tenter le tout pour le tout, Annabelle s’arme de tout son courage pour ce premier jour de rentrée. Elle sympathise rapidement avec deux filles qui vont lui faire découvrir les coulisses du lycée. Les jours passent mais rapidement elle est prise à parti par une autre fille de sa classe. Le harcèlement prend forme et s’envenime. En parallèle Annabelle rencontre Ethan, le fameux qui l’a aidée pour ses cartons. Peu bavard, il se confie rarement. La seule chose qui lui répète est de ne pas s’attacher à lui. Mais Annabelle se sent attirer par lui pour des raisons encore inconnues. Alors quand elle sait qu’il ne reviendra plus au lycée, elle court le rejoindre. Acceptera-t-elle d’entendre la cruelle vérité.

 

Agneta G met au cœur de son roman le harcèlement scolaire, l’amitié, la maladie et les prémices de l’amour. Pas tout à fait adulte et plus tout à fait adolescent, cette période charnière est celle où les questions fleurissent au grès des événements du quotidien. L’auteure les met en évidence avec subtilité et fait vivre à ses personnages de plein fouet ce chemin chaotique. Un condensé d’émotions. Je ne suis pas totalement convaincue par cette histoire tout simplement car je pense que l’auteure a le potentiel d’offrir à ses lecteurs quelque chose de meilleur. Certains passages sont redondants comme les états d’âmes des personnages alors que d’autres méritent davantage de développement. C’est une histoire qui a beaucoup de potentiel et où j’ai pris plaisir à la découvrir. Il y ce quelque chose de fort et de percutant voire même de douloureux à suivre cette aventure. Mais il y a aussi ce quelque chose de tendre qui demande à s’épanouir.

 

Un roman young adult qui pourra vous charmer. Pour ma part il m’a manqué ce plus.

 

Une chronique de #Esméralda

A TIRE D’ELLE – 1973 de Pascal Ruter.


Septembre 1973. Solweig fait sa rentrée en seconde. La vie reprend son cours, même si cette année s’annonce différente des précédentes : son petit ami Valentin n’est pas dans son lycée mais apprenti mécanicien, ses parents ont divorcé, et sa meilleure amie Julie est obsédée par le sexe. Solweig, elle, ne se sent pas encore prête. Entre les répétitions du groupe de rock de Valentin, les boums, les visites chez un discret professeur d’histoire, une virée en Angleterre, Solweig s’éveille avec lucidité aux réalités du monde et cherche sa voie. Chronique touchante d’une époque – celle des vinyles, des VHS et des cabines téléphoniques – mais l’adolescence est éternelle…

On dit qu’à seize ou dix-sept ans, c’est le moment où les choses commencent mais en fait c’est totalement faux. C’est simplement la période où plein de choses se terminent.
 
Pascal Ruter avec cette honnêteté intransigeante, parle d’un temps révolu qui résonne comme une chanson éternelle celle qui fut écoutée ou qui le sera bientôt.
Il n’y pas d’année qui tienne. Ce ressenti existentiel, cette période charnière où les rêves s’évaporent et les réalités se concrétisent, est la même pour tout en chacun avec des réflexions propres en son temps. Seul le contexte, les lieux, la société évoluent en mieux ou pas.

 

Solweig fait partie de cette génération où les mots cachent la triste réalité et où les secrets, la vie ne doivent pas être révéler. Solweig fait partie de cette génération où la famille n’a presque plus de sens et n’a pas encore eu le temps d’évoluer. Le vélo, la mob, les centres commerciaux qui sortent de terre où la surconsommation s’installe dans le foyers, et où le paraître semble tellement plus cool. Solweig ne trouve aucune beauté dans la ville où elle vit. Elle marche tête baissée pour fuir tout ce qui l’entoure. Sa meilleure amie qui dérape, son oncle qui ne reviendra plus, sa mère et son silence, sa future belle-mère qui n’est pas ce qu’elle dit être et un père qui tente à tout prix de retrouver sa jeunesse perdue. Solweig déteste cet individualisme, cette solitude forcée.

 

J’ai pensé à maman qui n’allait sûrement pas tarder à rentrer, à papa qui préparait son mariage, à tous ces gens qui s’étaient aimés très fort et qui brusquement n’avaient plus rien eu à se dire, à tous ces gens qui allaient vieillir sans se faire un petit signe, et mourir comme ça loin les uns des autres. Comme des cons.
 
Solweig s’interroge, doute, rêve de rien, juste du moment présent. Cet étrange professeur d’histoire et à son amoureux. Valentin, artiste torturé, garçon en peine qui souffre de ne pas savoir, de voir son seul parent se détruire et le laisser seul affronter la vie.

 

Rentrée précipitée dans un monde qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’arrivent pas à apprivoiser. Courir pour ne plus être un enfant et marcher à reculons pour ne pas devenir un adulte.

 

Il faisait beau, le printemps était un peu en avance, notre jeunesse commençait à peine et parfois j’avais l’impression que le temps n’existait pas.
 
Pascal Ruter dépeint avec précision ces tourments universels, cette métamorphose, cette mue, révélant le beau comme le sombre avec une étrange subtilité. Il y a ce quelque chose de tragique, de fort et de percutant, voleur d’instantanés où chacun peut en puiser ses souvenirs. On se rend très vite compte que l’espace temps n’est qu’une illusion. L’auteur nous offre une fresque inspirante sur le doux balancement d’une balade qui tend à la cavalcade, se terminant sur une mélodie sereine.

 

Je les ai vus disparaître dans l’étroit escalier en colimaçon et je me suis dit qu’il ne faut jamais laisser passer une occasion de retrouver le passé avant de vieillir tout à fait.
 
Une chronique de #Esméralda

FALLING DOWN de Fleur Hana.


« Une nuit, une seule, où tout est possible… sauf tomber amoureux. » Vanessa, On se dit des mots
Morgan
Je ne devrais pas reluquer ce mec. La règle est claire. C’est genre une de celles qui devraient être notées dans le guide « être gay pour les nuls » s’il existait. On ne fantasme pas sur un hétéro. Non seulement c’est du masochisme, mais en plus, s’il s’en aperçoit et qu’il est homophobe, le risque que ça dégénère est trop grand. Mais bon, là, il est devant moi, c’est pas comme si j’allais regarder le plafond.
Adrien
Je me surprends à vouloir passer du temps avec lui. Peut-être que je pourrais l’embarquer avec moi pour terminer le graph, je ne sais pas, mais là, j’ai envie. Juste envie.
Falling Down est une novella gay (MM) où on suit deux adolescents le temps d’une nuit. Ce n’est pas une romance.
25 000 mots (plus long qu’une nouvelle, plus court qu’un roman ^^)

Scotchant est le premier qui me vient à l’esprit en débutant cette chronique.
Hallucinant, merveilleux, terriblement beau.
Fleur Hana met de nouveau la barre très haute pour le plus grand des plaisirs de ses lectrices.

Ceci n’est pas une romance M/M. Ceci est l’histoire de deux jeunes hommes, de deux vies qui vont se télescoper le temps d’une nuit.

 

Un arrêt sur image où émotions, sentiments se confrontent dans leurs mondes. Le temps se suspend le temps de cette rencontre hors du temps. A deux ils cheminent sur leurs chemins qui se rejoignent ici et là comme un cadeau surprise qu’on ait hâte de découvrir. Un effeuillage des sentiments où chaque mot et chaque geste ont une importance cruciale.

 

Morgan n’a rien d’un séducteur. Introverti, timide il vit sa vie comme il l’entend ne se préoccupant pas des autres. Un peu bizarre mais tellement attachant. Morgan ne veut rien précipiter surtout en amour qu’il n’a jamais connu.

 

Cette rencontre sur le toit de l’Univers va tout changer. Adrien est un mystère pour lui pourtant il se laisse embarquer dans son monde. Cette aventure a le goût de la quête initiatique, de la quête des sens qui vont s’épanouir au contact d’Adrien. Une escapade nocturne où peu à peu les garçons se dévoilent au travers de leurs doutes et de leurs questions.

 

A eux deux ils écrivent une ode à la liberté, à la vie et à l’amour quel qu’il soit mettant leurs cœurs à nu.

 

Fleur Hana signe avec grâce et beauté cette novella sublime. Ce young adult m’a charmée dès le départ et m’a scotchée au point final. Il y a dans les mots de Fleur Hana quelque chose de tellement sincère qui m’a touché en plein cœur. Ébahie, obnubilée et fascinée telles ont été mes réactions à la fin de ma lecture.

 

Je ne peux que vous dire de foncer, je crois sincèrement que vous percevrez la beauté comme telle que je l’ai vue.

 

Une chronique de #Esméralda

… le site de Fleur Hana.

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OLIVE, tome 1 : Une lune bleue dans la tête de Cazot Vero et de Mazel Lucy.


Tome 1/4
Olive, c’est l’histoire d’une fille de 17 ans, très timide et renfermée mais à l’imagination débordante. Un jour dans le monde onirique qu’elle s’est créée au fil des années débarque Lenny, un spationaute blessé et malade. Que fait donc cet homme dans son espace réservé où personne n’est jamais invité ?

 
Olive est une fille à part. Elle n’aime pas faire les choses de son âge. Elle n’aime pas traîner avec ces copines qu’elle n’a pas. Elle n’aime pas sa psychologue qui ne comprend rien à rien. Olive est atypique. Une solitaire recluse dans son monde imaginaire.
Un monde tout aussi exubérant qu’elle est introvertie. Une monde de couleurs, de magies, de merveilles. Un monde cocon où elle règne en maître. Un monde qui lui correspond, un monde à son image. Un monde loin de l’agitation mais qui bouillonne en silence. Olive est différente des filles de son âge. Ses immersions sont nombreuses faisant d’elle un fantôme amorphe dans le réel. Les blagues de mauvais de goût, les murmures dans son dos sont les conséquences directes de cette différence. Alors quand son monde est accaparé par un homme étrange et que sa chambre de l’internat devient le nouveau terrain de jeu d’une nouvelle arrivante, Olive ne sait plus quoi penser à part que beaucoup de choses vont changer.

 

Une belle histoire qui introduit avec force et sensibilité l’univers d’Olive. Courte, certes, mais d’une belle intensité qui m’a ravie. La différence d’Olive est subtilement magnifiée par les illustrations de Mazel Lucy. Des dessins à la fois doux, chaleureux où transpirent les émotions aux prises avec elle. Un scénario addictif qui met en place une intrigue qui ne se révélera que dans les prochains tomes. En 56 pages il ne faut pas s’attendre à des développements plus conséquents. Je qualifierais ce premier tome d’une très belle mise en bouche. En attendant le final est digne d’un cliffhanger !!!

 

Une chronique de #Esméralda
Source Dupuis.com

LES PORTES DU SOLEIL, tome 1 : Entre l’orage et la mer de Jacinthe Canet.


Ce roman est une ode à l’insouciance, à l’innocence.
Sam vit toute l’année pour les deux mois d’été… lorsque la pension de ses parents est complète et danse au rythme du piano, que les orages menacent et surtout quand la famille Rivera pose enfin ses valises.
Cet été-là, malheureusement, tout ne va pas se passer comme elle l’espérait avec les cousins Rivera : Jules ne jure que par sa copine laissée à Paris… Mattéo voue une obsession pour Anna, une pensionnaire qui ne semble pas le voir… Et Enzo, celui dont elle est amoureuse depuis toujours se comporte étrangement.
Entre les disputes, les fous rires, les discussions avec Louise et Aurélien et les bains de minuits, l’été de ses 16 ans risque d’être riche en émotions.

 
Tellement adorable, tellement à croquer, tellement vrai … ces amours de nos 16 ans ceux auxquels on voue l’éternité et tout son cœur. Une magnifique histoire où les tourments d’adolescents deviennent effervescence et magie !
Sam habite le paradis sur Terre. Un paradis où bienveillance, amour, amitié débordent dans leur plus simple appareil. Sam passe son temps à courir. A courir pour aller en cours. A courir pour donner un coup de mains à sa maman. A courir pour entendre les conseils de Louise et Aurélien. A courir après la vie qui défile. A courir après l’amour, celui qu’elle porte en elle depuis ses 10 ans. Sam est une grande maladroite, la tête ailleurs. A 16 ans, elle rêve d’amour avec le grand A. Elle rêve d’évasion, elle rêve de grandeur que l’on peut espérer à cet âge. Sa gentillesse, sa prévenance, sa manière d’être, sa manière de concevoir le monde, sa manière de prendre soin de ceux qu’elle aime, sa manière de mettre les mots sur des choses parfois naïves, un tout totalement charmant. A son âge, elle se pose énormément de questions sur les sentiments qu’elle ressent, ses émotions à la fois névrotiques, frustrantes et fulgurantes. Sam peut compter sur ses amis pour faire le tri dans tout ce fouillis quand eux ne sont pas aussi paralysés par leurs craintes.

 

Jules a du se séparer de sa copine pour les deux mois à venir. Un vrai crève-cœur pour cet amoureux transi. Sa belle lui en fait voir de toutes les couleurs et la distance n’aide pas à relativiser. Jules en perd son latin et sa tête. Il ne s’autorise pas à respirer pour la plus grande peine de son entourage.

 

Mattéo est le plus cool de la bande. Il se laisse porter au grès de la vague. Véritable pilier pour Sam il l’écoute sans jugement tout en lui disant de prendre gare. Mattéo a jeté son dévolu sur l’insaisissable Anna.

 

Enzo se la joue rebelle depuis ses dix huit ans. Cet été n’a rien avoir les précédents. Le monde des adultes semble lui peser. Arrogant, désinvolte et égoïste, il est loin le petit gars qui ne se prenait jamais au sérieux. Enzo le ténébreux, celui qui n’ose pas aimer, celui qui n’ose pas la regarder, celui qui se ment.

 

Entre l’orage et la mer, cet intermède où l’impossible prend son envol quitte à brûler ses ailes.

 

Il est vrai que je ne suis pas une grande fan de romance young adult mais parfois j’aime prendre des risques notamment avec des auteures que j’apprécie. Et je vous rassure j’ai bien fait de le prendre. Je me suis laissée porter par ces 4 jeunes qui tour à tour affrontent ce passage presque obligé que l’amour impose avec ce flot de questions existentielles. Jacinthe Canet explore cette période difficile d’entre deux avec sensibilité, humour et passion. Même si l’orage gronde au loin, l’espoir gonfle. Une plume aussi ensorcelante qu’addictive, Jacinthe Canet nous porte dans son histoire difficile et doucereuse. Au rythme de la mer et des éléments elle transmet ce quelque chose qui vient frapper votre cœur. Rires, larmes, cris se combinent à la malice, l’amitié et à la découverte des sentiments. Un pur délice à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda.

 

 

 

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Ma rencontre avec toi: Tome 1 de Virginie Imbert

Romance Young-Adult – Livre sorti le 26 juin 2019

Librinova

Service presse

Ma note : 3,5/5

 

Avant de commencer, je tiens à remercier Librinova pour leur confiance et pour m’avoir confié ce roman en service presse.

Résumé : C’est la fin de l’été. Cathie, 18 ans, doit affronter une nouvelle année de terminale, et tout recommencer lui paraît impossible. Enfant de parents divorcés, elle passait son temps libre à sortir avec ses amis, mais aujourd’hui, cela lui semble bien loin…
Le jour de la rentrée, elle rencontre Matt, qui vit dans le quartier mal fréquenté où elle doit travailler. Le jeune homme essaye aussitôt de la séduire. Au collège, il était déjà tombé sous son charme et c’est pour lui l’occasion de conquérir son cœur. Débute alors une histoire d’amour où chacun se révèle à l’autre au fil du temps.
Pourtant, tout n’est pas si simple. Entre les études, la famille, les amis, le nouveau couple va être malmené. Tout paraît les mener à la rupture.
Cathie et Matt seront-ils assez forts pour surmonter toutes ces difficultés et réussir à rester ensemble ?

 

Mon avis : Voilà longtemps que je ne m’étais pas plongée dans une romance young adult. Suis-je encore la cible pour ce type de lecture ? Vais-je réussir à m’attacher aux personnages ? Telles étaient les questions que je me posais avant d’aborder ce roman.

Nous faisons ici connaissance avec Cathie, qui redouble sa terminale. Fêtarde, pas du tout motivée à l’idée de refaire sa dernière année de lycée, elle tombe rapidement sous le charme de Matt. Ce dernier est attiré depuis quelques années déjà par la jeune fille mais il n’osait pas l’aborder. Quand il constate qu’ils sont dans la même classe, il va prendre son courage à deux mains et tout faire pour la conquérir. Même si l’alchimie est immédiate, les jeunes tourtereaux ne vont pas connaître une histoire de tout repos. L’amour est-il vraiment le plus fort ? Est-on capable de tout accepter par amour ?

Cathie est une jeune fille qui, au premier abord, peut sembler superficielle. Elle aime faire la fête avec ses amis, elle a tendance à boire un peu trop en soirée et elle change régulièrement de petit ami. Pourtant, sa rencontre avec Matt va la transformer et avec lui, elle va explorer des horizons qui lui semblaient, jusque là, inaccessibles. Elle est parfois un peu difficile à suivre, reprochant à Matt des choses ou des actes qu’elle fait de son côté. Je n’ai pas eu plus d’affinités que cela avec elle, même si des éléments de son passé auraient pu la rendre attachante. Concernant Matt, il est beau, gentil, sportif et sérieux. Bref, il a toutes les qualités du gendre parfait et il a de nombreuses filles à ses pieds. Mais lui, il n’a d’yeux que pour Cathie, qui va devenir le centre de son univers. Matt est parfois un peu trop protecteur ou entier mais la pureté de son amour fait plaisir à voir. Entre eux, c’est l’amour fou… Néanmoins, ils vont connaître des hauts et des bas et leur amour va devoir se confronter à l’épreuve du temps, de la jalousie et, parfois, des non-dits.

Ce roman est une jolie découverte mais ce n’est pas un coup de cœur. La plume de l’autrice est efficace, dynamique et elle arrive facilement à nous happer pour nous entraîner dans le quotidien des lycéens. Même si cette lecture a été plaisante, je regrette de ne pas avoir réussi à m’attacher aux protagonistes. Je suis donc restée spectatrice de leurs aventures, sans réussir à m’impliquer émotionnellement dans leur histoire. Néanmoins, n’allez pas croire que c’est une lecture toute en légèreté ! L’autrice prend le parti d’aborder des thèmes lourds comme celui du deuil chez les adolescents et le poids qu’ils supportent, souvent, lors de la séparation de leurs parents. Ils sont abordés en filigrane de l’histoire principale mais ils ont leur importance dans le déroulé de l’intrigue car ils ont un impact sur certaines décisions prises par nos héros.

Pour conclure, j’ai passé un bon moment en compagnie de Cathie et Matt. « Ma rencontre avec toi » est une jolie romance young-adult qui saura séduire les amateurs du genre. Pour ma part, j’attends avec impatience la suite, le roman se terminant de manière surprenante et assez inattendue. Ma curiosité est piquée, et vous  ? Vous laisserez-vous tenter ?

 

Pour retrouver ce roman sur Amazon, c’est par ici !
Retrouvez ce roman sur le site de Librinova

 

LE BAL DE L'ENGAGEMENT : La génération Z de Aurora.


En 2107, les temps ont bien changé, pourtant le royaume de Scalia affectionne particulièrement le bal de l’engagement, vestiges d’un ordre que la monarchie tente de retrouver.
Entre apparences et faux-semblant, le sort va réunir Amaya et Kewan qui devront prendre en main leur destin malgré les codes de l’Élite.

 
Cette nouvelle de fiction vous charmera peut-être pour son cadre. Un royaume, une monarchie et une étrange coutume organisée lors d’un bal. Bal que l’on pourrait comparer à ces bals de débutants organisés à la belle époque et bien avant.
Ils sont douze, six filles et six garçons, et leurs destins vont se décider ce soir. Un repas mondain, une valse et le choix final. Tirés au sort, les jeunes hommes vont devoir choisir la jeune fille qui partagera sa vie. Sous couvert d’alliance, les familles les plus riches s’unissent. Le tour de Kewan est annoncé. Alors que tout le monde attend de sa part de prononcer le prénom de sa promise comme convenu, c’en est un tout autre qui résonne dans la grande salle consternée par ce choix. Amaya était la première étonnée et ne s’attendit pas vraiment à cela. Plus que ravie de cette nouvelle situation, son installation se passe dans de bonnes conditions. Elle rencontre sa belle-sœur avec qui le courant passe de suite. Mais Amaya n’a pas oublié son projet et Kewan doit suivre la ligne de conduite de sa famille. Les dangers rodent et les malheurs se multiplient, réussiront-ils à braver les règles qui régissent le royaume ?

 

Le format nouvelle me dérange souvent, notamment dans le fait que les développements sont trop succincts à mon goût. Certaines nouvelles arrivent à attirer mon attention, mais avec celle-ci j’ai eu beaucoup plus de mal. L’histoire en elle-même est très intéressante mais le final bien trop confus. Les thèmes qui concernent la différence des castes sociales et le pouvoir familial sur les générations suivantes sont à mes yeux pas assez mis en avant. L’auteure a beaucoup de choses à dire et à partager, mais pour le coup le format ne s’y applique pas. Je ne sais pas si c’est la première nouvelle de l’auteure mais j’en retiens des points positifs. Notamment l’évolution des personnages et de leurs perceptions, les lieux qui semblent somptueux. Il m’a manqué le côté rebelle qui pourrait se dégager de la situation. Une belle petite histoire qui cache de belles choses qui malheureusement, ne sont pas exploités à leur hauteur.

 

Une chronique de #Esméralda

ESPERLUETTE de Anne Vantal.


Cette lettre à Jordan, elle a brusquement éprouvé le besoin de l’écrire, après être retournée par hasard sur le « lieu du crime ». Une lettre pour parler d’elle, de lui, de leur passé. Il lui aura fallu des années pour trouver les mots de leur histoire, celle de gamins inséparables complices des mauvais coups, devenus lui petit escroc pervers et elle lâche aventurière. Jusqu’au funeste épilogue… Comment se pardonner, se racheter ?

 
Un symbole et une éternité de remords. Comme un point final, cette lettre livre des mots de joie, des mots d’amitiés, des mots de toujours où tel un serment terrifiant, ils rappellent sans cesse cette chute dans le néant.
Des mots tus, des mots silencieux, des mots épouvantés, des mots d’admiration, des mots paralysés, des mots paralysants. Exercice éprouvant tel un exorcisme pour ne pas effacer le passé mais l’accepter étant une partie entière d’elle.

 

Des mots plus grands que les yeux et le ventre, des mots éternels, des mots suppliants refaisant le monde « et si… »

 

Anne Vantal explore le temps de l’insouciance où les jeunes adultes deviennent les roi du monde. Un monde où la débrouillardise est synonyme de larcin.

 

Un récit court mais fort émouvant. Un récit percutant. Un récit qui sonne comme une vérité implacable. Un récit exutoire où les mots s’écoulent tels des larmes salvatrices. Une lettre puissante reliant le passé & et le présent pour un avenir meilleur où le bonheur aurait sa place.

 

Une lecture que j’ai beaucoup apprécié malgré son format assez court. Une lecture qui enserre vivement le cœur. Une plume fluide où les mots judicieux choisis insuffle peu à peu la peur qui se dévoile grâce à un coup de point magistral.

 

Tu m’as serrée dans tes bras, tu étais tout content de me voir accepter. Je n’ai pas songé à demander pourquoi  tu n’entraînais pas Greg dans cette histoire. Peut-être préférais-tu une fille pour une opération de ce genre, ou bien tu avais peur que Greg ne se moque de toi, après, parce que tu avais fréquenté un homo, je ne sais pas, je n’ai jamais su, je n’ai jamais plus eu l’occasion de te poser de questions.
 
Une chronique de #Esméralda

PLS de Joanne Richoux.


Soirée déguisée. Sacha navigue chez lui entre sa sœur jumelle, la fille dont il est amoureux et ses amis. De pièce en pièce, il traîne sa mélancolie et noie ses démons dans les volutes et les vapeurs d’alcool. Jeux de regards, frottements des corps, plaisirs furtifs, assauts repoussés…
Les heures s’égrènent à vouloir tuer le temps. Bad trip ? Et si une lumière brillait quand même au bout de la nuit ? Un roman noir, au verbe vif et cru, qui se lit d’une traite. Une œuvre ancrée dans son époque, qui sonde les affres des solitudes adolescentes, les fêlures de chacun, mais fait aussi entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé. 

 
PLS vous plonge dans la douleur d’un adolescent qui tente de vivre avec. Percutant, PLS ouvre cette fenêtre où les déambulations de Sacha témoignent de son mal-être, de son isolement, de ses dérives, de sa fuite psychique.
Lors d’une soirée où le déguisement, Halloween oblige, est de rigueur, Sacha déambule parmi ses invités, camarades de classe, tantôt aimés, adulés, adorés ou détestés. De déguisements en déguisements, de verres en verres, de mots en mots, de pas en pas, Sacha oublie son mal, oublie ce manque, ce trou béant. Sacha dérive sur des rives noires et chaotiques. Sacha croque sa vie empoissonnée avec déraison et lucidité. Sacha vole dans son monde où la société serait bienveillante et lui crache dessus quand il a les pieds sur terre. L’ange noir empli de colère et de haine est pourtant attiré par une seule lumière, Elle. Belle, magnifique, attirante, le péché mignon qui connaît ce mal envoûtant et captivant. Elle, rayonne tout simplement. Elle vie dans la lumière et sa main tendue le sauverait, certainement, peut-être, peut-être pas.

 

PLS captive par l’urgence des mots, par la brutalité des pensées, par le choc des actes. Le temps s’écoule comme si il était compté, comme si sa malléabilité probable était une solution. Une plume impitoyable pour un thème percutant. L’adolescence et sa multitude de questions, l’âge charnière où devenir adulte effraye et rester enfant n’est plus cool. L’âge où les questions métaphysiques se bousculent : le sexe, la vie, la mort. Un méli-mélo sombre où les pensées s’autodétruisent et naissent en un claquement de doigt. Joanne Richoux signe un roman jeunesse d’une beauté aussi cruelle que magnifique. Un roman qui ne laisse pas le temps de respirer.

 

PLS est sauvage, brutal mais si sensible. Une sensibilité à fleur de peau, celle qui pousse dans les retranchements les bons comme les mauvais. Celle qui crie quand rien ne va plus. Celle qui pleure quand tout devient noir. Celle qui embrasse quand il est urgent de se faire aimer. Celle qui parle quand le cœur déborde.

 

Un roman à découvrir absolument et cela dès 15 ans.

 

Mais surtout, la vie était plus réelle. Je sais pas, immédiate. Et puis en couleurs. Il se passe un truc sale quand on grandit. Un voile de poussières qui ternit et complique les choses.

 

Une chronique de #Esméralda