LA SUBSTITUTION de Roger Raynal.


Pendant une croisière, un professeur de physique se réveille à côté d’une femme qui n’est pas la sienne. Il découvre qu’il est marié depuis des années avec cet ancien amour de jeunesse, et qu’il partage avec elle une vie commune dans un monde dont il ignore tout.
Alors qu’il possède les connaissances et les souvenirs d’une vie monotone, il doit parvenir à se substituer de façon crédible à celui qu’il remplace, un financier aux nombreuses maitresses et à la situation familiale tumultueuse. Comment va-t’il s’adapter à cette nouvelle vie ? Quelle est l’origine de la substitution d’identité qu’il doit assumer ? Une quête qui le conduira à mettre en cause tout ce qu’il pensait savoir sur lui et sur l’univers.

 
Une autre vie dans un autre monde, LA SUBSTITUTION est un voyage au goût de road trip où sentiments et compréhension tiennent le rôle principal.
Tout commence sur ce paquebot de luxe, dans une chambre ordinaire, un lit plus que confortable et une silhouette et une voix inconnues. Plongé dans une semi conscience, un rêve bien trop séduisant, il découvre une réalité tout autre. Sa femme n’est plus sa femme, la belle rousse n’est autre que son premier amour. Désabusé et désappointé, il explore toutes les théories : avc, dédoublement psychique, hallucination, contamination. Bref rien ne va plus dans son monde. Pour faire bonne figure et surtout ne pas paraître dingue, il rentre dans son nouveau rôle. Fin observateur et quelque peu malin, il découvre la vie de son alter ego auprès de la belle Christelle. Il se rend très vite compte que sa vie est faite de nombreux mensonges : son alter ego est un homme volage et à femmes et semble vivre une double vie bien remplie. Sa vie de famille n’a rien d’idyllique. Bon an mal an, cette vie là ne lui correspond absolument pas. La finance, le jeux, l’alcool, la tromperie, les mensonges et les escroqueries, tout est à l’opposé de sa façon de vivre, de ses principes et de ses convictions. Peu à peu, cet homme s’impose dans cette nouvelle vie d’une manière incongrue et efficace. Un homme attentif et à l’écoute. Un homme qui va construire la vie telle qu’il l’attend à la grande surprise de sa femme et de ses filles.
Ce road trip peu conventionnel révèle un homme qui s’autorise une certaine liberté. Cette substitution est telle une seconde chance.

 

Ce roman est loin de rentrer dans les codes tels que nous les connaissons. Si la science-fiction reste le fil conducteur de ce récit émouvant, le tout le rend sensationnel. Une intrigue surprenante sous fond d’astrophysique où les hypothèses foisonnent et tendent vers une métaphysique très suggestive et si réelle. Un monde de possibles et des impossibles. Un monde dans un monde et des réponses au delà des esprits validistes.

 

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère qui se dégage de cette lecture. Le personnage principal évolue dans un monde scientifique dense où les conjectures peuvent effrayer plus d’un. J’aime la manière dont Roger Raynal expose son intrigue, la met en place et la manière dont elle évolue. J’aime ces notes d’émotions qui parsèment ce parcours chaotique. J’aime beaucoup les risques que l’auteur prend. Sa plume fluide et soutenue est un vrai délice et peu en déstabiliser certain. Une très belle découverte que je vous recommande.

 

Une chronique de #Esméralda.

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE de M.T. Edvardsson


 
Faites connaissance avec la famille Sandell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s’apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est.
C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sandell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s’agir que d’une erreur judiciaire.
Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. C’est d’abord Adam qui s’exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s’échappe. La seule évidence qui s’impose très vite, c’est qu’il n’existe aucune famille  » normale « .
Plus qu’un thriller, une découverte exceptionnelle.

Thriller aussi énigmatique qu’accaparant, UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est au cœur d’une intrigue loin d’être évidente et qui délivre tour à tour une parcelle de vérité. Et encore, nous sommes loin des surprises. Seul le pont final délivrera le lecteur.
Effectivement il faut faudra attendra le point final pour que la lumière se fasse sur cet imbroglio d’énigmes. M.T. Edvarsson sait tenir en haleine son lectorat. Quelle idée magnifique de nous faire découvrir l’envers du décor en donnant la voix à ses personnages principaux. Trois parties de l’intrigue, trois points de vue et trois meilleures manières de titiller ma curiosité.

 

Adam Sandell, le papa et pasteur, se transforme en enquêteur de terrain afin de disculper sa fille Stella. Porte-parole de sa famille, il tente le tout pour le tout. Adam a toujours été un papa attentionné et un mari aux petits oignons. Tout au long de sa pseudo enquête, il se remémore son passé. Son adolescence, sa révélation pour Dieu, sa rencontre avec sa future femme Ulrika, ses doutes, ses craintes, son optimiste, sa paternité, son rôle de papa. Cette rétrospective a pour but d’établir le profil de ce papa qui peu à peu devient intransigeant, surtout envers sa fille. Un homme maladroit qui ne la comprend plus et qui malgré ses efforts se trouve face un mur. Souvent abattu face à la perte de contrôle sur l’avenir de sa fille à la forte personnalité, Adam se voit attribuer le rôle du méchant parent. Il ne trouve plus ce lien qui autrefois rendait leur relation magnifique.
Au fil de ses pérégrinations, Adam doute de plus en plus. Ses questions n’ont pas de réponses. Un flou artistique qui ne prend sens qu’à la fin.

 

Stella fille unique a toujours était la petite princesse à son papa. Elle l’admirait avec force. Elle a eu une enfance dorée et douce. Pourtant en grandissant, Stella ne se sent pas à sa place. Elle s’interroge sur son identité au sein de la société et elle s’aperçoit rapidement qu’elle ne rentre dans aucun modèle. La perception de la vie en générale et de sa vie en particulier ne tournent pas selon un axe préétabli. Stella est un électron libre. Émotive, elle gère très mal son impulsivité. Elle aime contrôler sa vie au risque de se mettre dans des situations compliquées. Stella n’a pas de limite et assume complétement.

 

Ulrika la maman est une femme prise par ses remords. Très peu présente dans la vie de sa fille depuis toute petite à cause de son travail d’avocate, Ulrika s’interroge beaucoup sur l’évolution de sa fille et son rôle dans celui-ci. Pourtant dans les dernières péripéties, elle fait preuve de repenti.

 

UN FAMILLE PRESQUE NORMALE est un thriller assez surprenant notamment sur la construction du récit. Les trois voix apportent chacune leurs pierres à l’édifice pour un résultat sensationnel. D’un côté l’intrigue principale qui est à savoir « est ce que Stella est coupable » et de l’autre l’auteur qui dissèque la famille et ses secrets. Ces deux parties sont complémentaires car elles permettent d’établir la personnalité de chacun des protagonistes. Il est bon de savoir que l’auteur n’use pas de redondance. Sans l’une et l’autre partie, ce thriller n’aurait aucun intérêt et serait grandement ennuyeux. Là aussi, l’alternance entre le passé et le présent qui est parfaitement maîtrisé, met à jour leurs secrets.

 

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est un excellent thriller. J’ai pris du plaisir à le lire mais il m’a manqué indéniablement de l’originalité et cette petite chose qui me scotche et qui me laisse sans voix. Ce thriller est le premier traduit en France de cet auteur et je me laisserai volontiers séduire par son prochain roman.

 

Une chronique de #Esméralda.

GIRL de Edna O'Brien.


Girl est un roman sidérant, qui se lit d’un souffle et laisse pantois. Écrivant à la première personne, Edna O’Brien se met littéralement dans la peau d’une adolescente enlevée par Boko Haram. Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle son rapt, en compagnie de ses camarades de classe ; la traversée de la jungle en camion, sans autre échappatoire que la mort pour qui veut tenter de sauter à terre ; l’arrivée dans le camp, avec obligation de revêtir uniforme et hijab.
La faim, la terreur, le désarroi et la perte des repères sont le lot quotidien de ces très jeunes filles qui, face aux imprécations de leurs ravisseurs, finissent par oublier jusqu’au son de leurs propres prières. Mais le plus difficile commence quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eu d’un de ses bourreaux. Après des jours de marche, un parcours administratif harassant lors de son arrivée en ville, celle qui a enfin pu rejoindre son village et les siens se retrouve en butte à leur suspicion ¿ et à l’hostilité de sa propre mère. Victime, elle est devenue coupable d’avoir introduit dans leur descendance un être au sang souillé par celui de l’ennemi. Écrit dans l’urgence et la fièvre, Girl bouleverse par son rythme et sa fureur à dire, une fois encore, le destin des femmes bafouées. Dans son obstination à survivre et son inaltérable confiance en la possible rédemption du cœur humain, l’héroïne de ce très grand roman s’inscrit dans la lignée des figures féminines nourries par l’expérience de la jeune Edna O’Brien, mise au ban de son pays alors qu’elle avait à peine trente ans. Devenue un des plus grands écrivains de ce siècle, elle nous offre un livre d’une sombre splendeur avec, malgré tout, au bout du tunnel, la tendresse et la beauté pour viatiques.

 
Percutant, destructeur, d’un réalisme époustouflant, où terreur et espoir se partagent une histoire hors norme, Girl nous plonge dans le chaos insoutenable d’une vie détruite au nom de la barbarie.
J’avais beaucoup entendu parler de ce roman à sa sortie. Je ne m’étais pas plongé dans la lecture des nombreuses chroniques qui fleurissaient sur la blogosphère. Girl avait retenu mon attention et j’ai été très enthousiaste de pouvoir le lire.

 

Edna O’Brien dépeint dans cette fiction une histoire foudroyante. Cela n’est pas sans me rappeler ce terrible événement en avril 2014 au Nigeria, l’enlèvement de plus de deux cent lycéennes par Boko Haram. Edna O’Brien prend le partie d’écrire son histoire à la première personne donnant cette immersion déplaisante dans le sens où les émotions de l’héroïne sont davantage percutantes. De cette façon, Edna O’Brien frappe fort et marque les esprits. Une immersion glaçante, suffocante, sanglante, insoutenable, pétrifiante où il se dégage, tout de même, au fil des pages une once d’espoir. L’état d’esprit de la captive se dégrade, mêlant le conscient et l’inconscient dans ce ballet morbide où la survie devient une nécessité. Réalité et irréalité se confrontent également perdant le lecteur dans les abysses de l’insaisissable.

 

Le parcours de cette femme est un véritable enfer du début à la fin. Sur fond de religion et de superstition, pas à pas la fureur s’invite dans ce silence imposant où le cœur de la victime ne cesse de hurler son désarroi. Le mutisme et l’absolution cohabitent malgré le déchaînement de ses pensées, de sa folie équivoque. Alors que ses pas la portent vers une certaine liberté, des rencontres vont bouleverser ce quotidien morne. Des rencontres libératrices et révélatrices qui la mènent vers une terre où le simple bonheur semble se laisser conquérir.

 

Une lecture bouleversante portée par une verbe acérée, Edna O’Brien ne laisse aucun répit. Dramatique est le seul mot pour vous décrire ce que j’ai ressenti. Un mot pourtant si faible et si loin de décrire l’ensemble du roman. Une œuvre qui me semble intemporelle et inévitable temps que des régions du monde seront aux prises de la folie. Une œuvre pour ne pas oublier leurs souffrances et leurs cris aux prises d’une société à deux vitesses. Une œuvre marquée par la splendeur glaçante de l’abominable.

 

Un incontournable pour cette année 2020 que je vous invite à découvrir.

 

Chacune cherchait un coin où s’isoler, car même si on était des salopes pour eux, et qu’on se trouvait répugnantes, on s’accrochait aux derniers lambeaux de dignité. Chaque fille cherchait un coin à soi, puis une flaque ou un ruisseau pour se laver. Et chacune de nous priait que les prochaines règles viennent. Des filles mangeaient des racines ou de feuilles pour une pas être enceintes. L’éclat cramoisi du sang sur ces grands brins d’herbe était notre unique délivrance. Je regardais le mien et rendais grâce. Je pensais à ma mère, si j’étais à la maison, comment elle serait aux petits soins pour moi, avec de l’eau chaude et une serviette m’expliquant que c’était le cours de la nature.

 

Une chronique de #Esméralda.

JOUIR. En quête de l'orgasme féminin de Sarah Barmak.


Libérée, la sexualité des femmes d’aujourd’hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d’entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d’un manque de désir ou de difficultés à atteindre l’orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu’elles n’ont rien d’anormal et que ce n’est pas à la pharmacie qu’il faut aller chercher la solution.
Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l’orgasme féminin. On y apprend ainsi qu’une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu’au festival Burning Man, où l’orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d’une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l’aide de massages sensuels.

 
Sujet hautement dérangeant mais terriblement essentiel. Oui Mesdames, jouir n’est pas aussi simple que cela. Une complexité que décomplexe Sarah Barmack.
Avoir ce document entre les mains est un grand moment de gêne. Le titre est sans équivoque. Ouvrir ce livre dans une salle d’attente ou dans les transports en commun est inenvisageable. Calfeutrée dans sa chambre sous la couette est le meilleur endroit sans subir des remarques loquaces et surtout déplacées.

 

Avoir ce document dans ses mains c’est un de mes plus grands moments de solitude. Autant perplexe que mal à l’aise, abordée cette lecture est un grand saut dans le vide.
1.2.3 Allez-vous sauter avec moi ?!

 

Premiers paragraphes et Sarah Barmak sait attiser la curiosité du lecteur ou plutôt de la lectrice. D’ailleurs est ce que ces messieurs seraient séduits par ce genre de lecture ? Sarah Barmak développe son argumentaire autour de cinq axes.
Le premier : l’aperçu généralisé du sexe dans notre société occidentale consommatrice effrénée de sexe. Tout au long de ce développement elle met en évidence la culture du silence sur le plaisir féminin. De nombreuses femmes ne jouissent pas pour de nombreuses raisons et tout aussi variées. Le plaisir n’est pas aussi synonyme de jouissance. La finalité prévaut largement sur la qualité. Quelles femmes n’ont jamais entendu la question fataliste « t’as joui combien de fois ». Quelles femmes ne se sont jamais senties blasées et de devoir répondre quelques chose qui ne reflète pas la vérité pour être tranquille. Dans cette première partie, l’auteure pointe du doigt cet effet de résultat primordial et nécessaire qui au bout du compte n’a rien de sexy.
Dans la seconde partie Sarah Barmak explore la genèse du plaisir féminin. Pour cela elle s’appuie sur des documents anciens qui présentent l’orgasme féminin comme étant un acte essentiel à tout équilibre. Une partie très intéressante qui fait ressortir au final la dégradation du féminin au fil des siècles. Elle s’attaque à l’anatomie de l’organe du plaisir féminin. Le clitoris est l’iceberg d’un système complexe qui à l’heure d’aujourd’hui n’est pas entièrement décodé. Expérience, conférence, le sujet passionne tout autant qu’il divise. Mais le fait est là, le plaisir féminin dépend d’une multitude d’éléments qui bout à bout déclenchent ce phénomène extraordinaire.
Dans la troisième partie, l’auteure tente de donner une définition exacte de l’orgasme féminin.
Dans la quatrième partie, l’auteure explore les différentes manières d’atteindre ce point d’orgue. Le tantrisme, la méditation orgasmique (One taste), les expériences individuelles ou à l’aide de coach sexuel. Tout un univers aussi fantastique que décalé auxquelles de nombreuses femmes y trouvent des réponses.
Une cinquième partie dédiée à l’importance que chacune d’entre nous accordons au plaisir féminin et à ce qu’il nous renvoie au sens propre comme au sens figuré.

 

Dans l’ensemble cet essai  une bombe atomique. Le seul point négatif à mes yeux est qu’il est orienté uniquement sur notre société occidentale. Un essai complet qui survole tous les points attraits au sujet. Les développements et arguments sont sérieux et très pertinents. J’aime beaucoup le ton de Sarah Barmak qui tout en étant sérieux et simple se fait comprendre avec aisance. Nous sommes loin de l’essai universitaire et donc en cela très accessible à un lectorat large et varié. Sarah Barmak abat les barrières forgées par notre société patriarcale avec malice et convoitise. Elle désacralise le masculin et réinvente le plaisir féminin. Après tout, nous aussi nous avons droit à notre foutu orgasme.

 

Carnet de voyage aux confins de la jouissance – dans tous ses frémissements et toute sa flamboyance -, ce livre envisage la sexualité féminine moins science pure et dure que comme une forme d’artisanat. C’est une plongée dans l’étrange, dans le merveilleux, et dans le farfelu aussi, parfois.

 

Une chronique de #Esméralda.

LE SOUFFLE DE NJÖRD de Anna Lyra.

[ ROMANCE HISTORIQUE – 2019 ]
Saga Le souffle de Vinland – Tome 1/3
Éditions HARLEQUIN – Collection Victoria
374 pages
Ma note : 4,5/5
Lien Kindle
 
Le résumé :
Brattahlid, Groenland, 999
Malgré elle passagère clandestine à bord d’un navire en partance vers les confins de l’ouest, Erika n’a de cesse de se justifier alors que c’est elle, la victime ! Pourquoi Leif ne la croit-il pas ? Pourquoi ne comprend-il pas que quelqu’un, parmi son équipage, veut sa mort et l’échec de son expédition ? Erika se serait bien passée de surprendre ce complot, alors qu’elle s’apprêtait à épouser Thorsteinn, le frère de Leif, comme lui fils du grand Erik le Rouge. Le temps presse. Elle doit agir, car Leif court un grand danger. Un danger bien plus grand que l’alchimie interdite qui semble les rapprocher peu à peu…  A propos de l’auteur :Passionnée d’Histoire et de belles histoires, Anna Lyra vit en Provence avec son mari. L’écriture, elle la pratique depuis qu’elle sait tenir un crayon : elle a remporté son premier prix littéraire à douze ans, a été publiée à dix-sept ans. Sa passion ? Explorer les émotions humaines. Sa plume pétillante nous emporte dans un tourbillon de romance, d’Histoire, d’aventure, avec une petite touche d’humour.
Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"
 
Une nouvelle fois Anna Lyra ne lésine pas à la tâche. Elle m’a entrainée dans une folle aventure où les faits historiques font la part belle à une romance hors du commun. Tous ces petits détails sont extraordinaires et au-delà du plaisir à lire, j’ai une nouvelle fois beaucoup appris. L’organisation hiérarchique, la société viking, les coutumes, la manière de vivre, la croyance sont tout autant d’éléments qui façonnent cette histoire singulière. Les annotations sont précieuses et enrichissantes.

 

Erika est promise au fils cadet d’Erik le Rouge, Thorsteinn. Les fiançailles ont été programmées. Elle est soucieuse de respecter cet engagement et est ravie de se lier avec la famille du yard. Alors qu’elle prête main-forte à la préparation de l’expédition de Leif, Erika est victime d’une agression. A son réveil, il est déjà trop tard, le drakkar vogue sur les eaux. Passagère clandestine, elle doit faire face à la fureur de Leif. Sa présence ne ravie personne. Un prêtre acariâtre, deux esclaves, des vaches, des corbeaux bavards et des guerriers farouches, Erika se fait toute petite. Alors que des fragments resurgissent d’avant son agression, elle doit convaincre Leif qu’il court un très grand danger. Une mission périlleuse au vue de l’enthousiasme de ses compagnons de route. Cette aventure aux confins du monde va changer sa perception en l’encontre de cet homme. Loin de se douter de ce qu’il l’attend, Erika va devoir faire face à de nombreuses épreuves sanglantes.

 

Leif est une force de la nature. Son air austère et inatteignable est nécessaire. Fils ainé et futur héritier d’Erik Le Rouge, il se doit de paraître le plus hostile possible. Non avenant, intimidant, impulsif, ce rôle est fait pour lui. Pourtant derrière cet air sévère, ce cache un homme attentionné et soucieux de ses congénères. Si on lui doit le respect, il est attentif aux paroles des siens et ses décisions sont prises en conséquence. Leif est un optimiste et croit aux signes qui l’entourent. Découvrir de nouvelles terres hospitalières où les richesses sont nombreuses est son ultime but. Erika n’était pas prévue pour son voyage. Une présence qui remet en cause de nombreuses choses. Une présence qui le met mal à l’aise. Une présence qui change tout. Pour le meilleur ou le pire, cela reste à voir !

 

Quelle belle romance historique. Les vikings sont à l’honneur et j’adore tout simplement ! Une histoire trépidante où les mœurs viking sont au cœur d’une histoire rocambolesque. Anna Lyra a su captiver mon attention grâce à ses personnages hauts en couleur, aux nombreux rebondissements et à cette aventure épique. Un décor certes glacial mais magnifique. La violence et les scènes sanglantes ne sont pas omniprésentes pour mon plus grand bonheur. Une épopée où peu à peu la romance s’installe.

 

Un magnifique voyage dans le temps. J’ai pris un énorme plaisir à lire ce premier tome. Anna Lyra signe encore une incroyable histoire.

 

Une chronique de #Esméralda

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

… le site des éditions Harlequin.

… mes avis sur d’autres romans d’Anna Lyra (clique sur la photo pour les lire).

LA CHUTE, CETTE BELLE ENVOLÉE de Amélie Dieudonné.

[ ROMAN – 2019 ]
Éditions L’HARMATTAN – Collection Rue des écoles / Littérature
132 pages
Ma note : 4,5/5
Lien Kindle

Le résumé :
Elia, vingt-six ans, amoureuse, psychologue, s’épanouit dans une vie agréable. Un jour, brutalement, son quotidien chavire. Le froid s’empare de son corps, son sourire s’éteint. Dans ce roman, Amélie Dieudonné s’aventure sur les traces d’Elia, une jeune femme qui lutte pour survivre, qui lutte pour se défaire d’un job destructeur, d’une relation fanée, du carcan sociétal dans lequel elle étouffe, qui se bat pour rallumer la flamme au creux de son cœur : être soi, explosive, étincelante.
Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"
 
Elia a la tête pleine de rêves. La liberté, la découverte, l’épanouissement et son diplôme de psychologie qui lui ouvre les portes d’un monde convoité, elle est à l’aube de ce changement. Elle se sent si prête si joyeuse. Être psychologue s’est faire face à de nombreux préjugés. Elle, elle s’efforce d’aider les enfants démunis face à la méchanceté et la cruauté du monde des adultes. Son empathie, sa gentillesse et sa volonté de prendre soin d’eux sont plus forts que tous les petits inconvénients. Des dossiers à la pelle, l’absence de pause, le manque d’équipements et la désinvolture d’un patron tyrannique. Elle met tout son cœur pour ses petits patients. Elia veut y croire. Elle se doit d’être forte. Pourtant au fil des mois, la volonté s’étiole et la pureté  de ses actes se fanent. Elia n’est pas une super héroïne. Elia est une femme qui se perd dans ce qui lui tenait à cœur. Elia est juste humaine. Elia a besoin de se retrouver : ce qu’elle était, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Elia a besoin de souffler et de reprendre contact avec cette liberté qui lui faisait tant envie. Et puis un jour elle sombre. Elle n’en peut plus, ne se lève plus. Les mots ne sortent plus, ils s’agglutinent en elle, la noient. C’est le noir, c’est la chute. Comment arrivera t’elle à se relever ?

 

Amélie Dieudonné signe ici un roman bouleversant. Un roman intense où les émotions de cette femme aux abois prennent aux tripes. Le burn out est un sujet sensible et délicat. Comme une malédiction, il est souvent tu ou mécompris. Avec sensibilité et transparence Amélie Dieudonné retranscrit les étapes. De l’euphorie à l’abattement, de la dépression à l’engouement, les états psychologiques m’ont accaparée. Un cycle infernal qui se solde par l’impuissance.

 

Grâce à un habile jeu entre le passé et le présent, entre le « elle » et le « je », ces dissociations mettent en exergue cette dissonance fourbe. La mélancolie s’invite dans cette histoire où la colère et l’impuissance tissent leur lien et dansent sur un rythme macabre. L’impuissance et le découragement accaparent l’être. Et le froid de la non existence contrôle l’âme.

 

Bouleversant, ce roman intimiste m’a plongée dans les dédales de la souffrance. Amélie Dieudonné insuffle, pourtant, une belle dose d’enthousiasme et de force, car si le chemin vers le bonheur est sinueux et dangereux, la lumière est souvent au bout.

 

Une chronique de #Esméralda.

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

… le site des éditions L’Harmattan.

SOUS LES EAUX NOIRES de Lori Roy.

[ THRILLER – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Bourgeois
Éditions LE MASQUE
320 pages
Lien Kindle

 

Le résumé :
Lorsque, à la fin du lycée, Lane Fielding a fui Waddell, sa ville natale au fin fond de la Floride, pour l’anonymat de New York, elle s’est juré de ne jamais y revenir. Pourtant, vingt ans plus tard, fraîchement divorcée et mère de deux filles, elle se retrouve contrainte de retourner vivre chez ses parents, sur la plantation historique de la famille. Un lieu hanté par le passé et les crimes sinistres de son père, ancien directeur d’une maison de correction.
La disparition de sa fille aînée vient confirmer la malédiction qui pèse sur cette ville. D’autant que dix jours plus tard, une étudiante se volatilise à son tour. Lane, désespérée, entreprend alors de faire tomber les masques autour d’elle pour découvrir si quelqu’un n’a pas enlevé sa fille afin de se venger des crimes de son père.
Sous les eaux noires questionne la solidité des liens familiaux et le danger des sombres rumeurs qui peuvent courir dans une petite ville de province… tout en montrant qu’il n’y a parfois pas de pire endroit que le foyer parental.
Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"
 
Lane Fielding a tout fait pour partir de Wadell. Les souvenirs, son père et cette ville où la moindre rumeur met à mal l’intimité. La chaleur étouffante, les insectes et les regards soupçonneux l’étouffaient. Lane a fui pour son bien. Elle a fui les mensonges et les vérités étouffées, les cris et l’humiliation. Les années passent et la revoici sur ces terres hostiles accompagnée de ces deux filles Annalee et Taley. De retour au domicile familiale, Lane est de nouveau confrontée à son passé. Pourtant, elle n’aurait jamais cru qu’à ce jour qu’elle paye les conséquences de son mensonge.

 

Ce roman choral n’a pas su me séduire. Cinq voix qui tour à tour prennent la parole et qui m’ont plongée dans le passé (court ou long terme) afin d’élucider les derniers rebondissements qui hantent cette vieille ville inhospitalière et enlisée dans la caricature de la ville moyenne d’un état du sud (Floride du nord) où l’intolérance et les vieilles querelles prédominent. Une intrigue familiale qui se dénoue et qui malheureusement ne casse pas des briques. J’ai trouvé que chacun faisait sa route de son côté et que de temps en temps elle se joignait pour former un semblant de quelque chose. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Taley qui en a sous le chapeau et qui du haut de ses 13 ans est arrivée à me captiver. Son intelligence et son raisonnement sont les seuls qui ont eu un certain intérêt. Les personnages d’Annalee (fille aînée), Lane (la maman) et Erma (la grand-mère) ne m’ont pas convaincu. L’aspect psychologique est à mon sens trop survolé alors qu’il y a matière à explorer. Je ne vous parle pas du cinquième personnage car à mon sens il n’est pas exploité à sa juste valeur. J’aurais aimé beaucoup plus de mystère autour de lui. La redondance des détails est fatigante. Chaque chapitre se finit par un mini cliffhanger ce qui donne le côté addictif. Pourtant cela m’a essoufflée. Je me suis enlisée dans ce thriller sans trouver le twist qui allait me donner un second souffle pour avancer.

 

Sous les eaux noires n’a pas tenu ses promesses. Un thriller qui met en scène les femmes d’une famille anéanties par les mensonges du passé et qui tentent des années plus tard de trouver un semblant de justification à leurs actes.

 

Je suis passée totalement à côté de cette lecture. Trop de points m’ont déplu. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

Une chronique de #Esméralda

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

… le site des éditions Le Masque.