Désolée, je suis attendue d’Agnès Martin-Lugand

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Littérature française – livre sorti en poche le 6 avril 2017

Editions Pocket

Lecture personnelle

 

Résumé : Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son seul moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu importe les reproches, elle a simplement fait un choix, animée d’une farouche volonté de réussir.
Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé…

 

Mon avis : Amoureuse de la plume d’Agnès Martin-Lugand, ce roman dormait dans ma PAL depuis un peu plus d’un an. En panne d’inspiration ces derniers temps, je me suis tournée vers une « valeur sûre » et je dois vous dire qu’encore une fois, je n’ai pas été déçue par cette lecture !!

Le roman tourne principalement autour du personnage de Yaël. On la découvre étudiante qui n’aime pas se prendre la tête puis dix ans plus tard en tant que working girl. En dix ans, tout a changé et elle ne vit plus que par et pour son boulot. Mais le jour où Marc ressurgit puis qu’elle perd pied au cours d’une mission de traduction, tout change pour elle et sa vie, qu’elle pensait toute tracée, ne va peut-être pas suivre le chemin prévu.

Yaël est une jeune femme surprenante. Quand on la découvre stagiaire dans une agence de traducteur, elle est nonchalante et espère profiter de la vie après son stage. Quand on lui propose un travail au sein de l’agence, elle hésite…. Pourtant, le départ de Marc et le sens persuasif de son patron vont la transformer en une femme froide, professionnelle et téméraire. Elle ne passe plus de temps avec ses proches, que ce soit ses amis ou sa famille. On comprend au fil des pages que Yaël est une femme qui a verrouillé ses sentiments suite à des déceptions et qu’elle s’est engagé corps et âmes dans son boulot pour donner du sens à sa vie. Je l’ai trouvée parfois excessive mais j’ai trouvé intéressant qu’elle évolue au fil du roman, notamment pendant ses vacances ou ensuite auprès de ses collaborateurs. Têtue, elle saura prendre en considération les remarques qu’on va lui faire et le roman est tourné sur son évolution.

Vous l’aurez compris, une nouvelle fois la plume d’Agnès Martin-Lugand a fait mouche et a su me toucher. Comme souvent, on passe du rire aux larmes en l’espace de quelques lignes et on ne peut s’empêcher de vouloir poursuivre notre lecture. C’est un roman criant de vérité, qui fait penser, à de nombreux moments, à des situations que l’on a vécu ou auxquelles on a été confrontés. L’autrice est une magicienne des mots qui, grâce à leur utilisation, nous met du baume au cœur et au moral ! J’ai également apprécié le clin d’œil à un de ses précédents romans, « entre mes doigts le bonheur se faufile ». Pour ne pas spoiler ceux qui ne l’auraient pas encore lus, sachez que Yaël va travailler avec un des protagonistes de ce roman et devenir copine avec Iris. Enfin, le titre est parfait puisque c’est la formule préférée de la protagoniste à chaque fois qu’elle veut fuir une situation…. Donc très représentatif de son état d’esprit pendant une partie de l’histoire.

Pour conclure, ce roman est un coup de cœur, dans la lignée des autres écrits par l’autrice. Comme toujours, ces pages de vie donnent l’occasion de déconnecter de notre quotidien tout en nous incitant à nous questionner sur nos pratiques et sur nos agissements. Malgré son caractère bien trempé, Yaël est une héroïne attachante car on comprend qu’elle a construit sa carapace sur des fêlures qui l’ont également aidée à évoluer et avancer dans la vie. Amateurs de romans évoquant des pages de vie, ce livre est fait pour vous et il se savoure sans aucune retenue avec plaisir et émotion.

 

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Retrouvez tout l’univers de l’autrice ici

Retrouvez ici ma chronique d' »Entre mes mains le bonheur se faufile » dont on retrouve les protagonistes ici

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J’ai toujours cette musique dans la tête d’Agnès Martin-Lugand

Livre petite musique

Littérature française – Livre paru le 16 mars 2017

Edition Michel Lafon

Lecture personnelle

 

Résumé : Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin.
Mais la vie qui semblait devenir un rêve éveillé va soudain prendre une tournure plus sombre. Yanis saura-t-il échapper à une spirale infernale sans emporter Véra ? Son couple résistera-t-il aux ambitions de leur entourage ?

 

Mon avis : Grande fan de la plume d’Agnès Martin-Lugand, je ressors un peu mitigée de cette lecture, je vais vous expliquer pourquoi.

Tout d’abord, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Véra est mariée à Yanis qui travaille avec Luc, le frère de Véra. Luc et Yanis ont des caractères diamétralement opposés : autant Yanis est sanguin, créatif et impulsif, autant Luc est pragmatique, méfiant et surtout, il ne s’emballe pas quand un gros client vient les solliciter pour un projet de chantier. Ce client, c’est Tristan. Mystérieux, très riche, il va pousser Yanis à démissionner, se mettre à son compte et prendre son destin en main. Dans le même temps, il va devenir un protecteur également avec sa famille, en les invitant notamment dans sa résidence en Normandie pour les vacances. Dès le début, ce personnage m’a mise mal à l’aise. En effet, qui est-il ? Pourquoi soutient-il Yanis comme cela ? Ne joue-t-il pas un double jeu avec lui et sa famille ? Quand à Véra, elle m’a parfois agacée car elle sent que son mari n’est plus le même….. et pourtant, elle ne cherche pas à en savoir plus ni à savoir pourquoi. Enfin Yanis, on sent rapidement qu’il perd pied et grâce à la double narration. On comprend au fil des pages qu’il ne sait plus comment rattraper le coup mais sa fierté m’a dérangé. Enfin, mes personnages secondaires, Luc et Charlotte, la meilleure amie de Véra, ils sont détestables avec le couple car ils sentent bien que Tristan cache un secret. J’ai trouvé qu’ils étaient beaucoup dans le jugement et mis à part à la fin, où on les retrouve avec joie, je les ai trouvé très critiques et qu’ils soutenaient peu Yanis et Véra dans le nouveau projet de vie qu’ils ont choisi.

Ensuite, cette histoire est un peu plus sombre que les précédentes de l’auteure. En effet, on a l’impression de se retrouver ici dans une spirale infernale et psychologiquement, c’est parfois un peu compliqué. Du coup, j’ai pris un peu moins de plaisir à lire ce roman car je n’ai pas retrouvé la légèreté qui me plaisait tant dans les ouvrages de l’auteure. Néanmoins, je dois lui reconnaitre qu’elle ne perd pas en fluidité et en efficacité. En effet, on vibre, on tremble et on espère au côté de Yanis et Véra, au fil de l’avancée de l’histoire et la double narration est une excellente idée pour mieux comprendre l’état d’esprit de chacun. Comme d’habitude, j’ai eu du mal à poser le roman avant de l’avoir terminé mais je regrette la noirceur et le parfum de « malaise » qui se dégage d’une bonne partie de l’histoire.

Enfin, j’ai presque trouvé cette histoire trop réaliste. Je m’explique : quand Tristan propose à Yanis de l’aider à monter sa boite sans aucune contrepartie ou presque, on se dit tous que quelque chose ne tourne pas rond. Au fil des pages, on voit le piège se refermer sur Yanis, sa famille souffrir et perdre ses repères…. Et moi, ça m’a fait mal de lire ça ! Car oui, j’aime aussi la lecture pour m’évader. Ici, j’ai retrouvé dans l’histoire des éléments qui arrivent malheureusement bien plus qu’on ne le pense à de nombreuses personnes quotidiennement. C’est bien de mettre un coup de projecteur sur les difficultés de l’auto-entrepreneur ou celles de mener de front sa vie de famille et sa vie professionnelle mais ce n’était pas ce que j’avais envie de lire à ce moment-là.

Pour conclure, je dois dire que je suis vraiment mitigée ; d’un côté, j’ai été une nouvelle fois charmée par la plume d’Agnès Martin-Lugand qui nous emmène là où elle veut. D’un autre côté, j’ai été déstabilisée par la noirceur de l’histoire. En effet, même si le quatrième de couverture laisse à penser que nos héros vont se retrouver face à un dilemme et un choix de vie, je ne pensais pas me sentir autant mal à l’aise au cours de ma lecture. J’espérais de la légèreté, je n’en ai pas eu. Je recommande donc ce roman aux lecteurs fans de la plume d’Agnès Martin-Lugand et de romans réalistes. Par contre, à tous ceux qui cherchent de la légèreté, passez votre chemin !

 

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