OLYA de Michel Louyot.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019]
ATELIERS HENRY DOUGIER – Collection Littérature
221 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
Une quête entre Orient et Occident
 » À elle seule, elle est la revenante, l’initiatrice, le rêve, le cauchemar, la trame de l’histoire, l’Eurasie, Éros et Agapé réconciliés. « 
Yoshi san est en révolte contre son père, un haut dignitaire japonais. Alors qu’il sombre dans la marginalité, il se perd dans les quartiers de plaisir d’une grande ville du sud-ouest du Japon où il rencontre une hôtesse de bar, Olya. D’origine russe, cette jeune femme à la fois sensuelle et énigmatique va bouleverser sa vie et l’entraîner dans une quête haletante des origines entre la Corée, la Chine, la Russie et la France.
Un roman initiatique, une méditation politique sur les rapports passionnels entre l’Orient et l’Occident
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Blanches les chevilles, je ne vois qu’elles, souples, déliées, quand elle danse seule et quasi nue dans le bar, deux ailes de papillon qui flottent et volent devant moi comme pour me guider, m’entraîner vers la chambre.

 

Marqué au fer rouge, par un père indifférent et une mère partie bien trop tôt, Yoshi san grandit dans un monde où sa présence est manifestement qu’une erreur. Un père bien trop stricte qui l’oblige à suivre une ligne de conduite toute autant rigoureuse et une grand-mère qui lui apprend à s’écouter à travers le monde qu’il l’entoure. Yoshi san rêve et est attiré par un monde aux antipodes de son éducation. La Russie et le communisme, deux mots à bannir de ses ambitions. Yoshi san, homme dénaturé, voguant sur les affres d’un mal-être grandissant et accaparant cette volonté qui fait marcher tout un peuple à la baguette. Sombrant davantage dans un monde décrépi, fade, où ses chimères l’emprisonnent et l’empoissonnent. Vie hachée et désordonnée, Yoshi san se cherche, se trouve et se perd. Pourtant, un soir, un mystérieux papillon se prénommant Olya va le prendre sous son aile.

 

Sublime voyage désordonné, Yoshi san m’a transportée dans cette vie qui se joue sur de nombreux tableaux : le Japon, la Corée, la Russie et Paris. Cette quête toute aussi initiatique que révélatrice pousse les confins d’un homme perdu. Mirages, chimères ou rêves, ternis par de sombres pensées. Esclave des non-dits et des secrets et emmuré dans ce silence morbide, Yoshi san se révèle aux côtés de cette beauté énigmatique.

 

Si j’ai été impressionnée par la force que dégage la plume de Michel Louyot, j’ai cependant été perturbée par les premiers chapitres. En effet, les changements de lieux et de temps sont nombreux et nécessite une concentration que je n’avais malheureusement pas. Je suis passée à côté de nombreux points cruciaux et je n’ai pas réussi à m’imprégner de l’atmosphère que dégage le roman dans sa première partie. Pourtant la littérature blanche est un genre que j’affectionne particulièrement pour les envolées lyriques, métaphores et bien autres effets de style.

 

OLYA est une ode puissante et ténébreuse où les femmes ont un rôle mystique. Un homme fragile qui suit les pas d’un passé révolu mais ouvert sur son futur dont il aura la force de s’octroyer.

 

Une chronique de #Esméralda

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NIQUE TA MÈRE LA MORT de Marion Lecoq.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019]
ATELIERS HENRY DOUGIER – Collection Littérature
148 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Un homme, deux femmes, qui veulent être heureux ici et surtout maintenant. Alors nique ta mère le malheur et passe ton chemin…
Un homme, sauvage et solitaire, écorché par la vie.
La première fois dans sa jeunesse avec le rire perdu d’un frère.
La seconde fois par son métier, militaire.
Et une obsession, ce bruit incessant des hélicoptères.
Dans son monde rude et éprouvant, deux femmes surgissent, s’interposent.
Il y a Annette, la nouvelle voisine. Elle a un trou dans la gorge et une voix de robot, mais elle ne lâche rien et profite de chaque heure que la vie lui offre encore.
Et puis Nadège, la soeur de son pote FX, que la vie a chassée de son foyer et qui cherche un nouveau départ.
Une urgence les relie, peut-être la même, être heureux ici et surtout maintenant. Alors nique ta mère le malheur et passe ton chemin.

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Je marche vite, pour semer derrière moi le bruit des hélicoptères et le sourire de mon frère. Pour semer mes larmes et ma colère. Me purifier dans l’effort, dans le silence habité de la nature, dans la beauté minérale des aiguilles rocheuses.
J’aime le désert de cailloux de la dernière partie de la randonnée, moi qui déteste le désert de sable de mes missions. J’aime l’eau qui ruisselle et les petites fleurs coriaces qui poussent entre les pierres.
 
Déglingué et dézingué par la guerre et la mort, entre deux Opex, il tente de croquer la vie comme il se devrait. Lui c’est peut être ton voisin, ton cousin, ton frère, ton mari, ton père. Lui c’est tout ces hommes là, ce qu’ils représentent, ce qu’ils les unissent.

 

Minimaliste, intègre, soucieux, impulsif, téméraire, il court après une vie qu’il lui a été enlevée. Après cet espoir que tout aurait pu continuer comme avant. Il court après la mort, pour la narguer, lui faire une pichenette, la contrôler. La mort, une compagne bien trop sournoise qu’il tente de déjouer et d’apprivoiser. Le rire, la joie, la sérénité sont partis depuis bien trop longtemps. Désertion ! Se les réapproprier ? Pourquoi ? Dans quel but ? Et si cette réponse se trouvait dans l’inattendue, la solidarité, le respect, l’amitié, la folie que représentent Annette et Nadège.

 

Deux femmes, deux destins pas folichons mais deux envies de se battre pour prendre ce que la vie à de meilleur à offrir.

 

Ce roman court écrit dans un style direct sans froufrou et compagnie, a illuminé ma soirée de lecture. Une plume incisive, une trame dynamique et des émotions à la pelle et pas de demie-mesure. Des chapitre très courts (dans le style script) et une énergie débordante. Un rythme affolant où le temps à son importance. Pas de repos, le tempo assure la lecture. Un homme sombre qui se cherche, se perd dans les bruits d’ailleurs, se pose quelques minutes et tente d’écouter le silence de la vie qui ne vient pas . Une course effrénée contre le tic-tac de la montre où la trotteuse cavalcade comme une folle.

 

Marion Lecocq explore les sentiments humains, les décortique et les reconstruit dans le tumulte de la vie et de la mort. Une plume entrainante, intense et habile.

 

NIQUE TA MÈRE LA MORT délivre un magnifique message d’espoir. Une ode à la vie aussi simple qu’importante, un beau pied de nez à la mort.

 

Je fais faire demi-tour sec à l’Audi et je fonce dans l’autre sens. Le compteur monte, FX se marre, l’adrénaline se décharge dans mes veines. Je savoure. Je me sens vivant, vivant à en crever. Je voudrais continuer toujours tout droit, ne jamais m’arrêter, ne jamais redescendre. Je ferme les yeux.
 
#Esméralda

 

 
Je remercie les Ateliers Henry Dougier pour leur confiance.

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MIREILLE OUVRIÈRE DE LA CHAUSSURE de Philippe Gaboriau.

 
[ RÉCIT – TÉMOIGNAGE – Nouveauté 2019]
Ateliers HENRY DOUGIER – Collection Une Vie, Une Voix
106 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :

 

La vie simple d’une ouvrière à la campagne, une tranche de vie qui fait écho à notre mémoire
 » Elle disait : on est des ouvriers consciencieux… Il faut faire avec ce qu’on a… C’est déjà pas si mal par rapport à ce que c’était… On a eu une petite vie tranquille… On a gagné notre pain honnêtement… « 
Comme une sorte de retour aux sources, Philippe Gaboriau retrace la vie de sa tante, ouvrière de la chaussure dans le Choletais entre les années 1960 et 2000. Il nous invite à entendre la parole authentique de Mireille, avec ses particularismes régionaux et générationnels. À travers les souvenirs de cette femme et les commentaires du narrateur, on voit se dessiner un destin avec ses joies et ses tragédies. Ce récit nous plonge dans les petits gestes du quotidien, les valeurs et les références culturelles d’une génération d’ouvriers nés dans les années 1920-1930.

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MIREILLE, OUVRIERE DE LA CHAUSSURE est un des trois ouvrages paru dans la toute nouvelle collection Une Vie, Une Voix, des Ateliers Henry Dougier. J’affectionne particulièrement leurs parutions qu’elles soient littéraires ou témoignages. Leurs romans et leurs récits, aussi courts soient-ils, sont percutants et enrichissants.

 

Après ce petit aparté de présentation, je reviens donc à ce récit merveilleux. Philippe Gaboriau, neveu de Mireille, retrace la vie de cette femme courage d’un autre temps où d’autres mœurs, d’autres espoirs régnaient dans un quotidien que personne à l’heure d’aujourd’hui ne voudrait vivre. Mireille est née entre deux-guerres dans un petit coin de campagne non loin de Cholet, Sainte-Aubignée. Coin rural de l’Ouest où la main- d’oeuvre campagnarde de qualité alimentait les usines. Très jeune Mireille fut placée dans une famille plutôt riche pour s’occuper des enfants et autres corvées. Quelques années plus tard le mariage et l’usine font devenir sont quotidien. L’usine est alors un endroit assez convivial où femmes, essentiellement, et hommes travaillent au rythme des chants, des commérages. L’usine est sa deuxième maison, et il est important de s’y sentir à l’aise et par la même occasion de fournir de l’excellent travail. Je te rappelle que le droit du travail à l’époque était loin de ce qu’il est à l’heure actuel. Les enfants naissent mais le travail doit continuer, mais cette fois-ci à la maison. La machine à coudre tourne à plein régime, les chaussures s’entassent et les finitions n’en finissent plus. Sa vie d’ouvrière est belle malgré tout. Il manque rarement à manger même si la comptabilité de la famille est réglée aux centimes prêts. Leur vie est belle, joyeuse, faite de choses simples. Elle coule lentement tel un long fleuve tranquille. Mireille voit alors la société changée, évoluée, vers le bon, peut-être pas. Son monde, son usine se transforment peu à peu, détruisant une certaine plénitude. Mireille n’a jamais souffert psychologiquement de son travail. C’est une brave femme qui menait à bien ses obligations sur tous les fronts. Retournée les manches et mettre de l’huile de coude dans ses travaux ne lui ont jamais fait peur. Le corps finit tout de même par lâcher et sonne le glas d’un monde actif.

 

Philippe Gaboriau tire le portrait authentique d’une femme téméraire, courageuse et méritante. Une femme aimante qui porte à bout de bras une famille unie. Philippe Gaboriau met en avant ses petits détails qui m’ont fait sourire tels que les émissions préférées, les musiques préférées, les faits et gestes d’un quotidien simple et tranquille alternant entre le passé et le futur.

 

Elle aimait les auteurs-compositeurs qui écrivaient les textes et les interprètes qui étaient capables de vivre « avec leurs tripes » leurs rengaines. Les Edith Piaf, les Jacques Brel, les Charles Aznavour. Les chanteurs qui s’exprimaient. ceux et celles qui bouleversaient et déchiraient le cœur. Ceux et celles qui, généreux, donnaient tout, sans réserve.
 
Une femme qui a donné tout sans rien attendre en retour, si ce n’est cette retraite tant méritée où elle a pu, enfin, découvrir le monde.

 

Philippe Gaboriau, garant, récepteur et transmetteur de souvenirs, peint un tableau d’un autre monde perdu.

 

Je n’ai pu que transposé ce récit à ma propre expérience et relations avec mes grands-mères. D’ailleurs il est très difficile de leur faire parler de leur passé, peut-être par pudeur, je ne sais pas. Mais j’ai retrouvé un peu de Mireille en elles : il était une époque où une de mes grands-mères rapportait des sacs-à-main chez elle pour finir les assemblages des pièces, ou l’autre qui sur sa mobylette partait au village voisin pour prendre le bus afin de rejoindre la grande ville à environ une heure de trajet, et cela matin et soir, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’elle soit malade.

 

Ces souvenirs s’éteignent peu à peu, de mères en filles et/ou de mères en fils. Ces souvenirs, ces histoires ne sont plus contés aux oreilles des enfants, rendant leur chance d’exister quasi nulle. Ce monde disparaît au détriment du présent et du futur, mais à quel prix ?

 

#Esméralda

 
Je remercie les Ateliers Henry Dougier pour leur confiance.

 

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… sur le site des Ateliers Henry Dougier.

POUR TE VOIR CINQ MINUTES ENCORE de Aurélie Le Floch.

 
[ RÉCIT / TÉMOIGNAGE – Nouveauté 2019 ]
Ateliers Henry Dougier – Collection Une vie, Une voix
88 pages
Ma note : 5/5 mention « pépite » et « à découvrir »
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Le résumé :

 

Témoignage d’une enfance confrontée au sida
 » Le 31 janvier 1994, mon père est mort du sida. J’avais quinze ans, lui trente-six. Durant sa courte vie, il a aimé des femmes et des hommes, puis ce mal sournois l’a emporté très vite… « 
À travers ses yeux d’enfant puis d’adolescente, Aurélie Le Floch raconte une jeunesse, sa jeunesse, et cette relation père-fille à la fois sensible et pudique. Elle se remémore tout en flashback la joie des vacances près de la Baule avec  » les amis de la plage « , les séparations douloureuses, les premiers signes de fatigue de son père, l’impossibilité d’en parler.
Elle se souvient surtout de cet homme, un personnage libre et solaire, souvent absent et pourtant si présent.

 
Mon avis :

 

Quand j’entends la première pelletée de terre tomber sur le cercueil, un bruit mat et lourd qui se grave dans mon oreille, je réalise. C’est bien fini pour Papa, cette fois : la mort, ne plus exister, c’est ça. Alors mes larmes arrivent enfin et ne s’arrêtent plus de couler, et très vite mon manteau et même mes cheveux sont mouillés de pleurs (sûr que ce n’est pas la pluie puisque je suis abritée).
Quand tout est terminé, nos sommes terrassés, dévastés, silencieux, et personne ne peut parler, on ne peut même pas aller boire un chocolat chaud tous ensembles pour vérifier qu’on est encore vivants parce que tout le monde se pose la même question : comment un être aussi jeune, aussi beau, a-t-il pu mourir si vite ? (Comme si la mort était moins injuste quand on meurt vieux et laid !)

 

POUR TE VOIR CINQ MINUTES ENCORE est un témoignage si poignant et si touchant. Ce récit  bouleversant retrace la vie de cette enfant ballottée par une mère célibataire instable. Un mère qui a vu son avenir basculé lorsqu’elle découvre une lettre de l’amant de son époux (le papa de l’auteur). L’incompréhension et la fuite paralysent cette femme. Une mère désœuvrée qui court les villes au gré de ses rencontres. Cette petite fille qui perd ses repères et cet amour inconditionnel qu’elle voue à un père atypique, hors-norme. Un père libre, sensationnel et unique. Un père magnifique et resplendissant.

 

La tristesse de cette enfant qui tente de s’épanouir au fil des ans, marque les chapitres. Un tristesse prenante mêlée à la solitude qui s’envole dès qu’elle se trouve auprès de son père. Un père aimant, attentif et protecteur. Et de ses yeux d’enfant innocent, elle découvre un monde loin des préjugés, des propos homophobes. Un monde où l’amour et aussi beau que l’aube.

 

Aurélie Le Floch traite un sujet qui est encore et malheureusement toujours d’actualité : la désapprobation des relations homosexuelles et du sida. Cette maladie qui à l’époque on lui prêtait tous les maux du monde et d’une communauté. Un père courage qui jusqu’au bout s’est battu dans le silence.

 

Ce récit est un hommage vibrant à cet homme unique. Un hommage à une vie merveilleuse et voulue. Un récit percutant, mélodieux et tendre. Une ode, des remerciements silencieux à l’homme qui a marqué pour toujours sa vie. 

 

Aurélie Le Floch de sa jolie plume m’a chamboulée. Loin de dénigrer, elle ouvre sa fenêtre aux souvenirs pour déverser ses sentiments, ses doutes, ses souhaits et ses peurs. Peut-être que ses mots lui ont permis de clore cette partie de sa vie ?

 

POUR TE VOIR CINQ MINUTES ENCORE est un merveilleux au-revoir où l’espoir en un monde plus tolérant ne peut-être que souhaiter.

 

#Esméralda
 

 

Alors j’ai pu commencer à vivre en me souvenant de ce qu’il avait eu le temps de m’apprendre, et en me demandant ce que signifiait pour moi « être libre ».
 

 
Je remercie infiniment Estelle et les Ateliers Henry Dougier pour leur confiance.

 

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Découvre l’avis de Un brin de Syboulette.

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LES CHASSEURS DANS LA NEIGE de Jean-Yves Laurichesse.

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[LITTÉRATURE FRANÇAISE – Nouveauté 2018]
Ateliers Henry Dougier – Collection Littérature

 

Format numérique (92 pages) : 6.99€
Broché : 14.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

Quand le tableau de Pieter Bruegel l’Ancien, Les chasseurs dans la neige, prend vie…
On ne sait presque rien de la vie de Pieter Bruegel l’Ancien, dont on célébrera en 2019 le 450e anniversaire de la mort. Son visage même ne nous a été transmis par aucun portrait fiable. Et pourtant certains de ses tableaux sont parmi les plus célèbres au monde. C’est en entrant dans l’un d’eux, Les Chasseurs dans la neige, que l’auteur nous restitue ce qu’a pu être la présence du peintre flamand, sous le regard d’une jeune fille dont le destin a été changé par cette rencontre. D’un village perdu de Campine à Bruxelles la grande ville, l’histoire de Pieter et Maecke, entourés des paysages et des personnages de la Flandre du XVIe siècle, nous fait aussi approcher le mystère toujours fuyant de la création.

 


 

Mon avis :

 

C’est avec beaucoup d’appréhension que j’ai débuté ce roman. Il faut que tu saches que je n’ai jamais été sensibilisée à l’art, à la peinture. Ni initiation, ni exploration de musées, rien. C’est triste et dommage. Je me sens obligée de faire ce petit aparté car je pense que le roman de Laurichesse ne peut pas toucher le lecteur de la même manière en fonction de l’expérience de ce dernier avec l’art.

 

Donc c’est sans idées préconçues, expériences euphoriques ou négatives que j’entame ce court roman. La couverture éveille ma curiosité poussée et assouvie par la recherche internet. Un tableau merveilleux, sombre, fiché dans ses couches de peintures s’ouvre à moi. J’observe, rien de transcendant donc je commence ma lecture.

 

Bruegel l’Ancien, méconnu et pourtant grand géni du XVIe siècle. Laurichesse conquit par cette œuvre (LES CHASSEURS DANS LA NEIGE) s’imprègne du personnage de ce mystérieux peintre et ainsi par sa voix en décrit la genèse de ce tableau. Petit village des Flandres, l’hiver rigoureux, des chasseurs, des chiens dont un te fixe, des corbeaux, un cochon grillé, des sportifs, des enfants, une vieille femme et son fagot de bois, une maison ravagée par les flammes et un ciel envoutant et aussi paisible que la mer. Les moindres petits détails prennent agréablement vie au cours de cette exploration. Les émotions qu’auraient pu ressentir le peintre assaillent le lecteur et le tout devient ainsi une merveilleuse aventure. Une description parfaite et intimiste de ces paysans, paysannes et chasseurs. Une vision sociétale parfait par des scènes minimalistes et d’un réalisme saisissant. Une figure féminine vient troubler le peintre, Maeke, qui part de sa générosité, son charisme, son intelligence et sa beauté l’inspireront.

 

Cette véritable première expérience a été pour moi une aventure merveilleuse. A la fois subjuguée par les mots et par un tableau qui s’est révélé peu à peu à moi. Prise ainsi dans une toile qui me parle enfin et où la vue et l’ouïe prennent un pouvoir mystique. Un envoutement loin de se défaire et qui peut être aura le mérite de m’ouvrir de nouveaux horizons.

 

 

 

 

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LES CHASSEURS DANS LA NEIGE de Pieter Bruegel l’Ancien, réalisé en 1565. C’est un exemple de la Renaissance flamande. L’œuvre est conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne, en Autriche. Le tableau mesure 117 cm sur 162 cm. (source Wikipédia)

 

 


 

 

Je remercie les Ateliers Henry Dougier et Nadia pour leur confiance.

 

 

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LE TEMPS D’UNE ILE de Thierry Clech.

 

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Rentrée littéraire 2018]
Ateliers Henry Dougier
Collection : Littérature

 

Format broché (136 pages) : 14.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

Face à cette île, les années passent, les personnages défilent. Thierry Clech a imaginé des fragments de vies, de l’âge de pierre jusqu’au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l’humanité avec pour seul point commun ce paysage foulé.
 » Je devinais dans la nuit la forme triangulaire d’une île, au centre de la baie, dont la masse obscure se détachait à peine des lueurs astrales du ciel. Cette île m’intriguait… « 
Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l’horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d’un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ?
Des hommes s’y sont entretués et des couples s’y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D’autres ont pu y infléchir leur destin.

 


 

 

∞∞ LES PREMIÈRES LIGNES ∞∞

 

 

Longtemps, enfant, adolescent, puis adulte, je suis venu ici, devant les flots immuables, sous les ciels versatiles, à contempler une île, non loin d’où j’habitais, et à me sentir en la regardant, année après année, à me demander si ceux qui l’avaient vue avant moi s’étaient posé pareilles questions, en des siècles lointains, à propose de leur vie, face à cette baie, la même, que découvriront aussi d’autres hommes, dans dix ans ou dans mille ans, à l’aurore, au couchant, sous un soleil de solstice, d’équinoxe, dans l’air glaçant, la tiédeur, la fournaise, ou par des nuits piquetés d’étoiles que bercera le bruit des vagues.

 

Le ciel change sans cesse mais ses teintes reviennent. Céruléen, safran, cobalt ou ébène. L’eau des océans glisse et reflue sur le sable, jamais  ne disparaît. Chaque jour le soleil s’élève et décline. L’horizon ni ne s’approche ni ne s’éloigne. Les reliefs s’érodent lentement.
Il n’y a pas d’autre ciel, pas d’autre mer, aucune autre terre, un seul soleil.
Où qu’ils soient, partout dans cette lumière, cette ombre, depuis la nuit des temps, des hommes naissent, vivent et meurent, seconde après seconde.

 

Mon avis :
Thierry Clech nous invite au travers de son premier roman à un voyage intime au confins de l’humanité. Diapositive d’un monde sans cesse bouleversé par l’évolution. De la préhistoire au futur envisagé, en passant par les vikings, le moyen âge, la révolution française et la guerre mondiale, Thierry Clech narre l’histoire intergénérationnelle de ces hommes et femmes dans leur quotidien.

 

Impitoyable, invincible, roc solitaire, terre accueillante, cette île fière, telle une pyramide régnant sur son océan, est le témoin silencieux des époques qui se succèdent dans un soupir du temps. La dimension temporelle n’a alors plus aucune notion. Tel un film en accéléré, les pauses n’interviennent qu’en de rares occasions. Synonymes de réflexions métaphasiques ou philosophiques sur la place de l’homme dans un tout. Qui suis je ? Quelle trace vais je laisser dans ce monde où finalement un seul souffle efface le moindre souvenir ? Qui suis je pour bouleverser cet infiniment grand ?

 

Grain de sable éphémère, né de l’eau et du carbone, façonné par les millénaires, transporté par le vent et anéanti par la simple condition de la vie, l’homme, cellule vivante, par sa définition cherche son prolongement dans la transmission de soi via les outils adaptés de son époque. Le souvenir empreint dans la mémoire collective, familiale ou dans la roche, n’est qu’une clef désuète face à l’espace temps. L’île est le gardien de ses souvenirs, de ces hommes, de ces femmes et de leurs idées, questions, tourments, espoirs et secrets. Elle est immuable et éternelle, ce que l’Homme ne pourra jamais être. Elle est à la fois un musée de l’humanité et une source d’inspiration.

 

Je suis tombée amoureuse du roman de Thierry Clech dés les premières phrases. La prose de Clech n’a rien a envié aux plus grands. Un voyage inédit et transgénérationnel. Un roman ouvert sur la réflexion.

 

Les amoureux de la langue française ne pourront qu’apprécier ce roman aux connotations fortes et au dessein de cette mystérieuse île.

 

 

 

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L’auteur s’est inspiré du Val-André et du rocher du Verdelet.

 

 

 

Focus sur Thierry Clech :

 

Journaliste, critique aux Cahiers du cinéma puis scénariste, Thierry Clech est également photographe. Ses images, issues de ses voyages, ont été exposées en France et à l’étranger. Il a publié plusieurs livres, notamment en collaboration avec les romanciers Philippe Jaenada (Déjà vu, éditions Philippe Chauveau) et Bernard Chambaz (Imprimer le Monde, éditions du Tigre). Le temps d’une île est son premier roman.

 

 


 

Je remercie Nadia et les Ateliers Henry Dougier pour leur confiance.

 

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RUE BLONDEL de Valéry Sauvage.

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[ LITTERATURE FRANCAISE – Nouveauté 2018]
A paraître le 3 Mai
Ateliers Henry Dougier – Collection Littérature
Service presse

 

Format numérique (128 pages) : 5.99€
Broché : 14.00€
Ma note : 5/5 mention « à découvrir »

 

 

 

Je remercie Valéry Sauvage pour sa confiance et Nadia des ateliers Henry Dougier pour l’envoi.

 


 

Le résumé :

 

Tout commença dans les années 50, rue Blondel, à Strasbourg-Saint-Denis. Près de la Porte-Saint-Martin, à Strasbourg-Saint-Denis, il y a la rue Blondel.
Or dans la rue Blondel, y’avait une demoiselle. Elle avait l’uniforme que porte la profession : une jupette ultra courte et puis un boléro ayant peine à cacher un soutif en dentelle deux tailles trop étroit. Elle se postait toujours en haut de ses trois marches, dans le creux d’une porte. On aurait dit un peu comme une pauvre madone dessus son piédestal.
Elle s’appelait Lucienne, mais on disait Lulu. Et puis y’avait Momo, le serrurier et ses mauvaises fréquentations et puis aussi Edmond, qui n’aimait pas son prénom, qui n’aimait pas ses parents, qui ne s’aimait pas trop non plus lui-même et qui partit en Grèce sans vraiment savoir pourquoi.

 


 

Mon avis :

 

Mais quel délicieux roman ! Un roman peignant trois portraits, d’une femme et de deux hommes, qui en toute honnêteté et sans tomber dans le graveleux, te fait voyager dans cette quête et cette reconnaissance que la vie n’offre pas forcément. Le point commun de ces deux hommes est Lulu. Lulu, sa vie a basculé en enfer lorsqu’en défendant sa mère, commet un acte irréparable. Mineure, elle est jugée coupable et sera enfermée de nombreuses années. Lulu est l’incarnation même de la force puisée dans l’abnégation de cette vie vouée à ce « perchoir de la Madone », pas plus haut que trois marches. Elle trône telle une déesse de la chair, sur son piédestal, regardant et attirant les passants dont elle leur procure le plaisir éphémère. Lulu a toujours été condamnée à cette vie, une situation qui se passe de mère en fille telle une malédiction. Lulu a le regard éteint sur cette vie médiocre, son courage et d’autant plus saisissant qu’il ne semble n’y avoir aucun échappatoire. Lulu est là, sans être là, un mirage qui trouvera réalité dans les bras de Momo et d’Edmond.

 

Momo est le petit voyou des bas quartiers. Momo n’a rien d’un gangster mas malheureusement se trouve souvent au mauvais endroit au mauvais moment. Forte de ses expériences ratées, il passe la plupart de sa vie dans une cellule. Son passage dans l’armée n’a pas mis du plomb dans sa tête mais a eu le mérite de révéler son aptitude pour la boxe. Momo est à l’image même de l’insouciance. Son attirance pour les mauvais postures est inéluctable, mais celle qui l’éprouve pour Lulu est profonde et sincère. Celle qui détruit toute logique et fait rêver. Il ne l’a jamais oubliée, elle a toujours eu sa place dans son cœur malgré les nombreuses années qui les ont éloignés. Momo est un gars bien sympathique et aucunement présomptueux.
Edmond est le fils unique d’une famille catholique, bon genre, bon chic. Edmond en a eu marre et s’est enfui pour parcourir les routes du monde. Les routes, synonyme de quête, rite initiatique. Une évasion pour se trouver, donner un sens à sa vie. Pour être tout simplement. Edmond ayant peu confiance en lui, accablé comme si il portait toutes les peines du monde sur ses épaules. Edmond n’est l’ombre que de lui même. Lulu lui a amené tout le confort et l’écoute dont il avait besoin.
La présence de Lulu dans les vies de ces deux hommes ont été une bénédiction. Elle apparaît comme étant la maitresse, la femme, l’amante, la mère, l’amie, la sœur. Elle tient se rôle essentiel et indestructible. Elle a cette place chérie dans le cœur de ses deux hommes et les guide dans les méandres de leurs vies chaotiques. Elle est cette madone de chair et au cœur sensible. Malgré les séparations inexpliquées et les éloignements, elle leur donne à tout jamais un rôle à ses côtés.

 

La plume de Valéry Sauvage est sans aucun doute une très belle découverte. Une plume empreinte d’une honnêteté et d’une verbe à la fois poétique et dure. Elle fait voyager le lecteur tout au long de cette rue Blondel, au grès des souvenirs de Lulu, intégrant les points de vue de Momo et Edmond. Un panorama touchant et prenant. Une peinture parfaite alternant la morosité, la peur, l’inquiétude, le désœuvrement, l’espoir et l’amour régnant du haut de ces trois marches.
Une lecture captivante, envoutante et sincère ! Je suis juste conquise !

 

 

 

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