Cinquante nuances de bleu de Camille Lacourt

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Autobiographie – livre sorti le 28 février 2019

Editions Michel Lafon

Service presse

Ma note : 4/5

 

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Michel Lafon et Babelio pour m’avoir permis de découvrir cette autobiographie grâce à l’opération Masse Critique.

Résumé :  » Je n’ai jamais parlé de cette étrange déception à personne. La mélancolie du vainqueur. Un phénomène de descente, de décompression, peut-être, comme lorsque tu remontes trop vite des profondeurs. « 

Des efforts surhumains, des compétitions à suspense, du cérémonial, de la déconne et de la grandeur : ce livre nous entraîne dans les coulisses du sport de haut niveau. Mais il y a aussi l’argent, les sponsors, la jeunesse, les filles, la femme… et la gloire. Avec une liberté totale, Camille Lacourt raconte cette incroyable épopée mais également ses côtés sombres : rivalités, coups bas et amour impossible. Un regard lucide et sans concession sur une incroyable aventure intime et collective.

 

Mon avis : Adepte des biographies de sportifs, j’étais entre appréhension et excitation avant de commencer celle-ci. Camille Lacourt est un champion de natation français, rendu célèbre suite à ses titres de champion d’Europe en 2010 mais également grâce, ou à cause, de sa « belle gueule » et de son mariage avec l’ex miss France Valérie Bègue.

Camille Lacourt a fait le choix de nous parler longuement de son enfance puis de son parcours qui l’a emmené au Cercle des Nageurs de Marseille. On le sent attaché à ses racines et que toutes ses décisions ont toujours été prises en adéquation avec les valeurs que ses parents lui ont inculqué. Il nous décrit longuement ses questionnements, tout le processus de préparation et comment il est devenu une « star » en 2010 après ses titres à Budapest.

Il fait une large place également à l’après, quand il est devenu un personnage médiatique, mais aussi à son début d’histoire avec Valérie Bègue. Mon regret est qu’après l’ascension de 2010, l’aspect sportif est un peu mis de côté au profit du côté people et l’intervalle 2010-2017 est plié en quelques chapitres. Amoureuse de sport, je regrette un peu ce choix même si je peux comprendre le parti-pris.

Le point fort de ce livre est le fait que Camille Lacourt nous ouvre son intimité et nous parle sans tabou de ses (rares) travers (conquêtes féminines, soirées avec les copains un peu arrosées). En effet, tous ses entraineurs sont mis en lumière et il n’hésite pas à mentionner tous ceux qui l’ont marqué dans son parcours. Il en profite également pour « dénoncer » le star-system et les dérives qu’il peut entrainer. J’ai trouvé cela très intéressant mais aussi assez hallucinant !!

Au niveau de l’écriture, c’est un livre qui se lit bien même si j’ai regretté, à certains moments, les familiarités de langage. Néanmoins, on ne peut douter que le sportif se soit longuement impliqué dans cette autobiographie vu le nombre d’anecdotes ou expressions personnelles qui sont disséminées au fil des pages.

En bref, pour tous les amoureux de sport, n’hésitez pas à vous lancer dans la biographie de Camille Lacourt. Vous en saurez plus sur l’ascension de ce champion à qui il n’a manqué qu’une chose, réussir des olympiades pour avoir un palmarès parfait. En revanche, si vous n’aimez pas la natation, ne vous plongez pas dans ce livre car, malgré tout, ce sport est longuement mis en avant. En tout cas, moi, je me suis régalée !

 

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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE de Norman Maclean.

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[AUTOBIOGRAPHIE – 2017 – Littérature Nord-Américaine ]

Editions Rivages

Traduction : Marie-Claire Pasquier

Préface : Robert Redford

 

Réédition  – Broché (173 pages) : 19€00

  • – Numérique : 12€99

Version poche sous le titre  » La rivière du sixième jour »

 

 

 

 

Le résumé :
« Et au milieu coule une rivière « est plus qu’un roman autobiographique, c’est un récit imprégné d’une lumineuse nostalgie, un livre qui défend une philosophie inspirante. Norman Maclean y raconte son enfance dans les Rocheuses, au sein de paysages magnifiques dont chaque relief influence en profondeur ceux qui y vivent. Comme dans les romans de Pete Fromm, la pêche n’est pas qu’un simple loisir, c’est un art de vivre, une discipline, une chanson de geste qui apprend tout et qui poursuivra Norman dans toutes les étapes importantes de son existence. Préface de Robert Redford, metteur en scène du célèbre film inspiré du récit de Maclean.

 


 

 

Mon avis :

 

Une nouvelle lecture émouvante que je dois de nouveau au groupe Picabo River Book Club spécialement dédié à la littérature Nord-Américaine.

 

Je suis sortie de mes sentier battus pour mon plus grand plaisir. En effet le genre autobiographique est de très loin un de mes favoris. Délaissé depuis le lycée, je n’en ai plus lu depuis.

 

C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai débuté cette lecture. Petit temps d’adaptation, assez rapide toutefois. Me voici plongée dans un décor surréaliste où la nature à tous les pouvoirs. Une nature dure, verdoyante, apaisante. Début du XXe siècle, non loin des rocheuses, une famille presbytérienne voit leur vie s’écoulée aux fils des rituels : la pêche et les prières et prêches. Norman Maclean relate son enfance à l’âge adulte. Ses virées avec son frère, leurs caractères, leurs espoirs, leurs avenirs, leurs désaccords. Le récit est tellement prenant que j’ai vite oublié ce côté présomptueux de l’autobiographie. Il y est relaté les problèmes de la société, l’alcool, les mœurs. « Et au milieu coule une rivière », tel le symbole d’unification, de renouveau et de sérénité. Source de recueil, de retrouvaille, de lâcher prise. Rivière : berceau d’abondance, de pureté, de vie. Elle est à l’image de cette famille tumultueuse : colérique, calme, accueillante.

 

Tandis que les mirages de chaleur dansaient et s’entremêlaient sous mes yeux, je voyais des motifs empruntés à ma propre existence s’unir entre eux. C’est là, en attendant mon frère, que j’ai commencé à me raconter cette histoire. Pourtant, à l’époque, j’ignorais encore que les histoires vécues ressemblent plus souvent à des rivières qu’à des livres. Je savais une chose, c’est qu’une histoire avait commencé, il était une fois, dans la rumeur de l’eau. Et je pressentais qu’en continuant à avancer j’allais rencontrer quelque chose qui résisterait à l’érosion, créant ainsi un coude, des cercles concentriques, des alluvions, et le calme enfin.

 

Un ballet de mots à l’unisson, au son de cette rivière domptée par ces frères et ce père. Un ballet émouvant à l’image de cette ligne d’eau et de ces furtives mouches. Une harmonie parfaite frappée par une tragédie.
Captivée et éblouie sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit pour décrire « et au milieu coule une rivière ».

 

 

Bien sûr, à mon âge, je ne vaux plus grand chose comme pêcheur, et bien sûr, le plus souvent, je pêche seul dans les grandes rivières, malgré mes mais qui trouvent que ce n’est guère raisonnable. Souvent, comme beaucoup de pêcheurs à la mouche de l’ouest du Montana, où les jours d’été sont d’une longueur presque boréale, j’attends la fraîcheur du soir pour commencer à pêcher. Alors, dans le demi-jour boréal du canyon, tout ce qui existe au monde s’estompe, et il n’y a plus que mon âme, mes souvenirs, les voix mêlées de la Blackfoot River, le rythme à quatre temps et l’espoir de voir un poisson venir à la surface.
A la fin, toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu coule une rivière. La rivière a creusé son lit au moment du grand déluge, elle recouvre les rochers d’un élan surgi de l’origine des temps. Sur certains des rochers, il y a la trace laissée par les gouttes d’une pluie immémoriale. Sous les rochers, il y a les paroles, parfois les paroles sont l’émanation des rochers eux-mêmes.
Je suis hanté par les eaux.

 

 

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