LE CHOIX DE REVIVRE de Clare Mackintosh.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ETRANGERE – Nouveauté 2020 ]
Traduit de l’anglais (Angleterre) par Françoise Smith
Éditions MARABOUT – Collection La Belle étoile
464 pages
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2020 »
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Le résumé :
Max et Pip forment un couple on ne peut plus solide. Cependant, ils doivent faire face à la décision la plus lourde et importante de leur vie et ils ne parviennent pas à trouver un accord. Les conséquences de ce choix impossible menacent de dévaster leur couple et rien ne sera jamais plus comme avant. Clare Mackintosh change de registre avec ce roman émouvant et captivant que vous ne pourrez lâcher avant la fin.
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Une vie familiale épanouie, Pip et Max sont les heureux parents de Dylan, petit garçon qui croque sa vie avec enthousiasme et envie. Petit bout de chou qui ri, court, saute semant sur son passage le bonheur simple. Irradiant la vie de son innocence, Dylan est un rayon de soleil. Pip pourtant s’interroge sur sa maladresse et tout un tas d’observations. Son instinct de maman lui pense à croire que quelque chose ne va pas. Et il ne sait pas tromper. Le couperet tombe, Dylan est malade, gravement malade : un médulloblastome. Examens, opération, chimiothérapies et puis une pneumonie qui le plonge dans l’inconscience sous respiration artificielle.

 

Pip et Max descendent en enfer avec cette ultime conviction que cette étape sera la dernière à endurer et qu’après tout ira pour le mieux. Leur petit garçon rentrera à la maison, il jouera, sautera, criera. Il sera enfin là, touts les trois à se tenir la main, à se chatouiller, à se câliner et à s’aimer tendrement. Si seulement …

 

Deux choix : la vie et la mort ou la mort et la vie. Choix anéantissant tous les rêves. Choix barbares, choix tendres. Choix du cœur, choix des cris emprisonnés par l’âme. Pip et Max ne sont pas d’accord. La vie et la mort, main dans la main, faux camarade qui rit à la barbe de l’autre. Y a t-il vraiment un choix à prendre quand la finalité n’est pas connue ?

 

Clare Mackintosh explore avec une sincérité détonante les méandres du choix, de la douleur et du couple. Deux parties distinctes : la première qui relate la vie de Dylan intrinsèquement liée à ses parents. La douleur, la chute, l’espoir, la désillusion, le doute et l’anéantissement. La seconde, celle hypothétique d’un avenir possible d’après le choix validé. Si la première partie est douloureuse, la seconde partie est inconfortable. Clare Mackintosh soulève de nombreuses questions de moralités au cœur de l’amour inconditionnel des parents déchirés et anéantis. Quel choix prendre lorsqu’on ignore l’avenir ? Y a t-il un meilleur que l’autre ? Quel chemin prendre ? Que restera d’eux ? Comment survivre à la perte de son enfant ? Quel sens donner à la vie ? A la mort ? Est-on égoïste de vouloir le meilleur ? Est-on lâche de vouloir le pire ? Tout un tas de questions tumultueuses que l’autrice explore avec une honnêteté effarante et effrayante.

 

Un roman incroyable, d’une intensité foudroyante. Une livre étonnant et angoissant. Un livre éclatant. Un thème douloureux et triste. Une histoire sur la vie et la mort, sur l’avant et l’après. Une histoire où il y a ni bon choix ni mauvais choix, il n’y que des vies qui suivent une multitude de chemins qui mènent vers le bonheur et l’acceptation.

 

J’ai pleuré, j’ai été émue, j’ai ri, j’ai été angoissée, car quand on est maman, on y pense forcément et on espère, juste, qu’on n’affrontera ni la maladie ni la perte de nos enfants. J’ai fini cette lecture complètement bouleversée et à genoux. Cœur battant et déchiré, il n’y rien de plus beau que l’amour inconditionnel voué à nos cœurs perdus.

 

Clare Mackintosh signe un roman sublime ni pro-life ni pro-euthanasie, elle parle uniquement d’amour.

 

Comment mon fils peut-il être à un cheveu de la mort alors que je suis entourée de preuves qu’il vit ? Alors que je le sens dans mon cœur aussi sûrement que lorsque je le portais dans mon ventre ? Je me retourne, pose la joue contre l’appui-tête et regarde les immeubles céder la place aux haies. J’ai effectué ce trajet cent quarante-deux fois. Combien d’autres m’entendent ? Combien de fois avant de quitter le service de réanimation pédiatrique sans dire à demain ? Sans embrasser notre enfant avant qu’il ne s’endorme ?
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Marabout.

… le site de Clare Mackintosh.

JE REFUSE D’Y PENSER de Lotta Elstad.

[ LITTERATURE CONTEMPORAINE NORVEGIENNE – Nouveauté 2019]
Traduit du norvégien par Aude Pasquier
EDITIONS MARABOUT – Collection La Belle Etoile
281 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
Alors qu’elle vient de se faire quitter par son petit ami (si l’on peut appeler ainsi le type chez qui elle passe la nuit de temps à autre) et licencier par son employeur (ou, tout au moins, le journal qui lui commande des piges occasionnelles), Hedda Møller, 33 ans, décide de partir en vacances en Grèce. Mais l’avion à bord duquel elle a embarqué est contraint d atterrir en urgence à Sarajevo. Traumatisée par cette expérience, Hedda renonce à son voyage et préfère rentrer à Oslo en bus. Elle traverse ainsi l’Europe en sens inverse, dort dans des hôtels miteux et vit une aventure d’un soir avec Milo, rencontré sur Tinder. De retour chez elle, Hedda apprend qu’elle est enceinte. Mais tandis qu’elle croyait pouvoir facilement mettre un terme à cette grossesse, elle découvre que la législation a changé, rendant la procédure nettement plus compliquée…

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Hedda Moller, journaliste free-lance, a toujours su faire face aux aléas de la vie. Parcourir le monde, interviewer, gratter le papier, même son minuscule appartement (où la douche est accolée à la cuisinette) ont toujours été une satisfaction pour cette femme moderne. Hedda aime découvrir le monde et est toujours ouverte aux autres visions se façonnant une forte personnalité. Son intelligence n’est pas à démontrée. Sa routine quotidienne, sa vie décalée par rapport au commun des mortels et sa meilleure amie ont une place cruciale dans son monde qu’elle s’est bâtie. Hedda aime courir après cette liberté qu’il lui est chère. Et puis un jour tout bascule. Lukas, le sex-friend, met un terme à une relation qui n’avait d’importance qu’aux yeux de Hedda, et le directeur de l’agence de presse à qui elle vendait ses papiers la remercie pour ses services auxquels ils ne feront plus appel pour des raisons budgétaires. Voilà que sa vie paisible coule à pic. La fuite lui semble être l’excellent remède contre ses maux. Direction la Grèce sur un vol lowcost qui se terminera pour Hedda à Sarajevo. Décidée de renoncer à cet intermède, elle prend la décision de rejoindre Oslo par les routes européennes. Alors qu’elle fait escale en Allemagne, elle rencontre le farfelu Milo qui ne se laissera pas oublier aussi facilement.

 

Lotta Elstad signe un roman sociétal très intéressant. Ce focus sur la société norvégienne ouvre des fenêtres sur un monde qu’il nous est impossible d’appréhender. Les enjeux sont très différents d’un pays à l’autre, et les faits étalés ici le démontrent parfaitement bien. Hedda se trouve confrontée au manichéisme de la science où la volonté personnelle est bafouée par des enjeux et des attraits politiques. On observe cette scission entre ceux qui suivent un chemin tout tracé par le parti politique et ceux qui sont mis aux bancs de la société. L’argent à une place capitale dans le récit, un dualisme crucial entre la volonté et la réalité. Cette fuite entreprise par Hedda, la porte aux confins de l’abandon de soi en omettant la réalité. Ni déni ni persécution, mais une omission qui lui permet de mettre en avant ses propres considérations. Son compagnon d’infortune est aussi harassant qu’important, étant le déclencheur d’une foulée de pensées.

 

Lotta Eldtsat offre une histoire singulière où l’avortement est le moteur d’une réflexion intense. Le droit et la liberté à cet acte est remis en cause comme il devient un enjeu pour une vie qui bat de l’aile.

 

Une histoire rythmée par des chapitres courts qui nous porte d’une situation à une autre, alternant le passé et le présent. Il m’a manqué une certaine profondeur dans les propos développés. A mon sens l’autrice reste à la surface des faits et par la même occasion il m’a manqué l’intensité que j’aime ressentir dans mes lectures. Néanmoins j’ai aimé découvrir les aspects de la société norvégienne et ses aspérités, pays, qui à mes yeux est un eldorado. JE REFUSE D’Y PENSER est une très belle découverte. Une autrice qui dépeint les maux de son pays avec frénésie et honnêteté sans pour autant se laisser abattre.

 

Je savais bien que cette reconnexion au monde extérieur serait ma tragédie. Je savais bien qu’aux yeux de Lukas, ce monde extérieur était plus important que ma petite personne, et j’éprouvais le besoin de le punir pour cela, mais en femme respectable que je suis, j’ai résisté à cette envie et ravalé mon dépit en silence.
 
Une chronique de #Esméralda.

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