A FLEUR DE PEAU de James Barnaby.

 

[THRILLER PSYCHOLOGIQUE – 2018]
Éditions DE BORÉE – Collection Marge Noire
443 pages
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Brillante étudiante de 19 ans à l’université du Wisconsin à Madison, Jane souffre de  » fugues temporelles  » depuis l’enlèvement dont elle a été victime huit ans plus tôt, dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées et dont elle ne garde aucun souvenir. En vacances comme chaque été dans le chalet familial au bord du lac Mendota, elle est seule avec son beau-père, sa mère ayant dû repartir précipitamment à Chicago pour son travail. Dans la nuit, la jeune fille se réveille avec les mains ensanglantées, un couteau à ses pieds. Richard gît à ses côtés, égorgé… Jane le sait, elle a tout de la coupable idéale. Pour le procureur du comté et la police de Madison, l’affaire est claire : l’étudiante a commis cet acte odieux dans une crise de folie. Ce n’est pourtant pas l’avis de Joseph Sleuth, l’agent local du FBI, qui penche pour un assassinat politique maquillé en crime familial. Leader du parti écologiste, Richard briguait le poste de sénateur et comptait de nombreux ennemis à la Bourse des valeurs agricoles de Chicago, le puissant et influent lobby des céréaliers. Libérée sous caution dans l’attente de son procès, Jane est prise en charge par un spécialiste de l’hypnose. Au fil des séances elle retrouve peu à peu la mémoire. La réalité se dessine, effroyable…

 

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Il n’y a rien à faire, car tout le monde est fou, ici… Il lui semblait avoir déjà entendu ça quelque part, mais où ? Quand ? Elle ne savait plus. De toute manière, elle se méfiait de ses souvenirs, tout comme elle redoutait ses pertes de mémoires. Si elle était vraiment aussi atteinte que ce qu’on le disait, elle ne pourrait jamais être sûre que ce qu’elle voyait était bien la réalité. Elle délirait peut-être, imaginait des choses qui n’existaient nulle part ailleurs que dans son cerveau dérangé. En ce moment même, cet homme qui se tenait devant elle n’avait sans doute pas plus de consistance qu’une ombre. Jane se dit qu’il était le fruit d’une hallucination. Au fond, rien de ce qu’elle voyait et croyait réel n’avait de sens. Elle errait telle une âme en peine dans un univers de fantasmagories. Elle était plongée dans un rêve aux allures de cauchemar dont elle était incapable de s’éveiller.
C’est alors que l’homme leva doucement son visage, très doucement. Son regard glissa sur le sol avec une infinie lenteur avant de remonter le long du corps de Jane. Les pieds, les jambes, le ventre, le buste, jusqu’aux yeux qu’il se mit à fixer intensément de l’éclat bleu de ses iris, tandis qu’un magnifique sourire illuminait son visage.
Instantanément, Jane bascula dans l’inconscience.
 
Jane vient juste de fêter ses dix-neuf ans. Etudiante, intelligente, solitaire, angoissée, elle tente de survivre dans un monde où réside à ses yeux des dangers constants. Jane est une jeune femme atypique ayant développée un syndrome autistique et touchante dans sa désolation. Jane pratique ce qu’elle appelle « la fuite temporelle ». Etrange exercice. Un instant là des heures plus tard ailleurs. Et son dernier saut dans le temps l’inquiète vraiment. Un morceau de baudruche dans son jogging, seul témoin d’une escapade dont elle est incapable de se souvenir. Ses plus vielles angoisses se réveillent, serait-ce à cause de ce terrible anniversaire de son enlèvement huit ans plus tôt ?

 

Ainsi débute cet incroyable thriller ! Angoisse, peur, suspense, fait inexplicable et sang (quelques pages plus tard) sont les clés de ce roman qui ne m’a laissé aucun répit et aucune chance de m’en sortir.

 

Qu’on lui coupe la tête !

 

Alice aux pays des merveilles, Blanche-Neige, La Belle aux bois dormants, Le livre de la jungle, Walt Disney…. Mais que viennent faire ces dessins animés ici ? Quels liens entretiennent-il avec l’intrigante Jane ? Ont-ils un rapport avec son enlèvement huit ans plutôt ?

 

Qu’on lui coupe la tête !

 

Clap de fin de scène. Comme un signal ou un mantra sinistre, Jane se sent aspirée dans un tourbillon glauque : images rapides, sons, odeurs, sensations, images rapides, sons, odeurs, sensations…. Une ritournelle qui n’a plus rien à voir avec les souvenirs de ses dessins animés. Auraient-ils un pouvoir extraordinaire ?

 

Accrochez-vous bien !

 

Je découvre pour la toute première fois la plume de James Barnaby et la magie a opéré militari. Une plume vibrante et angoissante qui sait parfaitement maitriser les attraits psychologiques de son héroïne dans une atmosphère aussi glauque que solaire. L’auteur décide d’alterner les différents poids de vue des protagonistes et entre le présent et le passé. L’intrigue virevolte au grès des pages vers un final explosif et inattendu. J’aime beaucoup les références au monde de Walt Disney. Ils confèrent un côté angélique à une trame diabolique. Cette immersion forcée dans l’enfance, comme un pont fragile reliant la réalité et l’irréalité. C’est étrange, sensationnel, ingénieux et subversif.

 

A FLEUR DE PEAU est un sacré page turner ! Impossible de le lâcher. Chaque page apporte sa pièce à l’édifice. Et à chaque chapitre j’ai voulu en savoir davantage. Une intrigue sur fond d’amnésie, de complot, de manipulation où une jeune fille de onze ans a le rôle principal.

 

Alors, envie de le lire ?

 

#Esméralda

 

 
Je remercie les éditions De Borée pour leur confiance et leur patience.

 

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… le site des éditions De Borée.

 

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LES OMBRES DE GLOZEL de Robert de Rosa.

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[ POLICIER – Nouveauté 2018]
Editions de Borée – Collection Marge Noire
Format numérique (286 pages ) : 9.99€
Broché : 19.99€
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 


 

Le résumé :

 

Eté 1989, les deux inspecteurs Grégory Des Cartes et Robert Spinoza sont chargés par leur patron, le commissaire Marcel Broust, de suppléer leurs collègues de Vichy. En pleine Montagne Bourbonnaise, dans le petit musée de Glozel, trois objets dont une tablette à écriture ont été dérobés. Rien d’important… Le déplacement aurait pu ressembler à une promenade touristique, d’autant qu’Emile Fradin, propriétaire et « inventeur » du site, est très volubile sur l’histoire de ses découvertes. Sauf que l’on retrouve dans les ruines du château de Montgilbert, tout proche, le cadavre nu d’une jeune fille, accompagné d’un des objets volés. L’enquête change de nature et amène les deux inspecteurs à côtoyer un étrange milieu paysan. Il leur faudra beaucoup de perspicacité pour relier les indices qui les conduiront tantôt vers des pratiques cérémonielles secrètes conduites par des personnages inquiétants, tantôt vers des intérêts économiques et stratégiques dissimulés. Derrière ce roman, apparaît en toile de fond le mystère du site archéologique de Glozel. Sa permanence à travers plusieurs siècles pourrait laisser penser que les sorciers de Glozel n’ont pas complètement disparu…

 


 

Mon avis :

 

Voici un polar que je pourrais recommander à tous les amoureux et amoureuses de récit planté dans un décor bien réel et où les millénaires, d’hommes et de femmes, ont laissé leur empreintes. Robert de Rosa nous offre une enquête sur fond d’ésotérisme, d’archéologie et de complots.

 

LES OMBRES DE GLOZEL est le deuxième roman de Robert de Rosa. Une suite sans être une suite de L’OEIL DE LA PROVIDENCE (paru aux éditions De Borée), puisqu’il continue avec ses deux personnages fétiches Grégory Des Cartes et Robert Spinoza. Pour ma part je découvre pour la première fois et je n’ai été en aucun cas perdue de lire ce « one shot ».

 

Je reviens sur les personnages fétiches de De Rosa et j’attire ton attention sur les patronymes de nos chers inspecteurs. Je trouve que le clin d’œil aux célèbres mathématicien Descartes et philosophe Spinoza est très bien trouvé. Les traits psychologiques de Robert et Grégory vont quelque peu se calquer sur ces deux personnalités emblématiques.
Robert (dénommé Bob) et Grégory (Greg) partent dans les montagnes bourbonnaises (région de Vichy) afin de résoudre une enquête sur le vol de pièces archéologiques dans un musée. Cette dernière va prendre un tournant radical lorsque deux jeunes filles dénudées sont retrouvées mortes et où trônent fièrement à leur côté ces fameuses pièces volées. Un contre à la montre est enclenché afin de mettre au plus vite sous les verrous ce ou ces tueurs. Les autochtones de la région sont loin d’être coopératifs. La crainte, la suspicion, les doutes font les mettre à mal et Bob et Greg devront s’imposer pour asseoir leur autorité et enfin délier les langues. De rencontres en rencontres, ils découvrent un monde paysan fidèle à leurs traditions et un autre monde ouvert sur la magie et les cultes anciens. Maria, la roumaine, Caïn, son fils, le Canadien, le Chinois, Christèle, la jeune fille rebelle, le père en colère, le Beau Marcel… Tout autant de personnages hauts en couleur et revanchards, prêts à rendre fou nos deux inspecteurs. Cette enquête s’avère être un vrai casse tête pour nos deux inspecteurs.

 

J’ai beaucoup apprécié la carte (dés les premières pages)  illustrant la région où se déroule le récit. J’ai pu visualiser les déplacements des différents protagonistes. Le site de Glozel existe véritablement. Un site archéologique controversé : les polémiques vont bon train sur la datation des objets trouvés et les tablettes où des runes feraient figure de proto-écriture, sur le site ancestral qui serait témoin de pratiques anciennes vouées aux déesses-mère. L’auteur explore cette idée tout en y intégrant des informations toutes fondées. Ce roman est une vraie mine d’or. Tous les points abordés que ce soit l’uranium, la visite du roi de Roumanie Ferdinand Ier (en aout 1926), la présence des Harkis dans la région et bien d’autres sont réels et fondés et tirés d’articles ou livres. Le travail de recherche est vraiment impressionnant et subjuguant.  L’intrigue policière est finalement reléguée au second plan, mais elle permet à l’auteur d’introduire toutes ses éléments cruciaux qui fait de ce livre une véritable pépite. L’archéologie et l’ésotérisme font un très bon ménage et donne une dimension bien plus qu’intéressante.

 

LES OMBRES DE GLOZEL est une très belle découverte. Un auteur passionné et passionnant qui ouvre une fenêtre sur l’histoire d’une région qui s’oublie peu à peu dans les turpitudes de la vie moderne.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Cette enquête avait provoqué des confidences auxquelles ils ne s’étaient jamais livrés. La rencontre avec ce milieu paysan, les croyances surprenantes qu’ils partageaient leur avaient ouvert un pan du comportement humain qu’ils ne soupçonnaient pas. Le féminisme vindicatif de Christèle et celui plus modéré de Maria remettaient en cause une organisation de la société qu’els pensaient immuable dans la répartition des rôles. Ils éprouvaient une dimension de l’intuition qui ne s’appliquait pas seulement aux découvertes scientifiques. Et ces idées que l’on pouvait qualifier « d’innées » plongeaient nos deux enquêteurs dans le mystère du vivant.

 

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