UNPUR de Isabelle Desesquelles.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019 ]
Rentrée littéraire 2019 – Sortie le 22 Août
Éditions BELFOND – Collection Pointillés
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
224 pages
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Le résumé :
Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ?
Garder ce qui disparaît, c’est l’œuvre d’une vie. C’est notre enfance.
Benjaminquejetaime et Julienquejetaime, c’est ainsi que leur mère les appelle. Tous les trois forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Le destin en décide autrement quand un inconnu pose les yeux sur les jumeaux, se demandant lequel il va choisir.
Quarante ans plus tard s’ouvre le procès du ravisseur, il n’est pas sur le banc des accusés, et c’est sa victime que l’on juge.
Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ?
De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán et ses rites maya ancestraux se déploie ici l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’au bout s’il a commis l’impardonnable.
À sa manière frontale et poétique, Isabelle Desesquelles joue avec la frontière mouvante entre la fiction et le réel, et éclaire l’indicible.
Roman de l’inavouable, UnPur bouscule, envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.

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La mer des Caraïbes ne fait de vagues. Le soir tombait, je restais en elle bras écartés, visage renversé vers un ciel sur le point d’être enténébré. Il était mon ciel du Yucatán toutes les routes menant nulle part. Le corail remué au fond évoquait un sablier qui s’écoule, il me berçait. Au procès, Julien, tu as décrit ta collection de bouteilles pleines de sable, elles te bercent, toi aussi ? A Tulum, je découvre les bains de nocturne, je me couche dans la dans la mer, immanquablement les poissons finissaient par me mordiller, drôles de chatouilles. Je guette les étoiles qui s’enfuient, elles ne me déçoivent pas, il y en a toujours une pour griller le ciel. Quand l’haleine du vent me perce, nous sommes pris la mer et moi d’un même frisson, il me souffle « Il est l’heure maintenant ». La quiétude que maman trouvait à s’éloigner dans la mer, je l’éprouve à y rester, mais vient le moment où il faut en sortir.
Bataille de polochons, rires fugaces éternellement éclatant, jalousie passagère, regard malicieux et sourire en coin, chatouilles chatouilleurs, câlins rassurant, bras réconfortant, complicité hors norme, Benjaminquejetaime et Julienquejetaime, deux étoiles suprêmes dans un univers unique. Des rêves de grandeur dans cette vie brisée.

 

Chaos instantané, froid engourdissant, bruit récurrent, odeur démoniaque, ombre sinistre d’un avenir sordide. Un traître de ceinturon, un tapis moelleux engloutissant toute dignité, une chambre satyre et une vie décharnée. Un super héros désillusionné qui ne compte plus rien. L’espoir a fui, le soleil s’est terni, les abysses sont son nouveau terrain de jeu.

 

Le temps s’écoule. L’enfant grandi, objet abjecte d’un néant destructeur, façonné par une main experte, détruisant peu à peu une imparfaite pureté. Les souvenirs vacillent, l’espoir s’est fait la malle laissant la peur bien droite dans ses bottes. Pourtant un jour, la fuite vient toquer à sa porte. Voyages insondables vers une fuite, la rédemption à l’autre bout du monde. Des rencontres, des secrets inavoués et tordus, un homme brisé qui tente encore d’échapper à l’enfant volé et souillé qu’il est devenu.

 

Isabelle Desesquelles, plume fine où la subtilité poétique parachute dans un monde désœuvré, décharné et dépourvu de bonté. Mots cachant l’insoutenable dans un souffle peinant et encombrant de tant de vérités à jamais tus. Mots fous et perturbés dans une illusion qui n’a plus de limite. Mots crachés, venimeux, haranguant la colère contenue. Mots espérés et choyés d’un pardon bien trop irrévocable.

 

Isabelle Desesquelles aime bousculer, aime déranger dans cet étrange ballet où les paradoxes et l’âme humaine mettent sur table leurs plus beaux atouts comme leurs plus redoutables. Amourachée et éberluée devant une histoire qui ne peut que questionner sur un impossible dont il est inenvisageable de penser. Foudroyée par cette osmose aussi magique que destructrice délivrant ce message de douleur, de recueil, de reconstruction, de rédemption et de pardon. Secouée par la vivacité de cette plume intransigeante qui percute sans aucune concession. Abasourdie par ce cycle macabre sonnant le glas de tout espoir.

 

Isabelle Desesquelles signe un nouveau roman bouleversant et émouvant.

 

Une chronique de #Esméralda

 

L’avis de #Lilie :
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J’ai eu la chance, moi aussi, d’obtenir ce roman en service presse. J’en profite pour remercier les éditions Belfond et l’autrice pour leur confiance et pour m’avoir confié ce roman en avant-première.
 
Ce roman, c’est l’histoire de Benjamin, arraché à sa mère et à son jumeau Julien lors d’un séjour à Venise. Ce roman, ce sont les épreuves qu’il a subit, auxquelles il a survécu, la manière dont il a essayé de se reconstruire. Ce roman, c’est un coup en plein cœur, une écriture qui vous prend aux tripes, une noirceur qui fait frémir et un rythme haletant.
 
On suit Benjamin dans son enfance, son adolescence puis sa vie d’adulte. Tout est dit à demi-mot, suggéré, laissant au lecteur le choix d’imaginer ou de comprendre ce qui a pu lui arriver. Honnêtement, je ne connaissais pas du tout la plume d’Isabelle Desesquelles et je dois dire que j’ai été totalement emportée par sa manière d’écrire et de nous plonger au cœur de cette histoire bouleversante. De Bari au Mexique, on le voit grandir et essayer de surmonter mais pourra-t-il y arriver ? Tout est l’enjeu de ce magnifique roman qui ne passera pas inaperçu. Avant de terminer, je voudrais souligner le jeu de mot autour du titre, « UnPur » en un mot, ce qui laisse, là aussi, la place à l’interprétation de chacun.
 
Pour conclure, ce livre est une belle découverte. Plein de sensibilité et de poésie, cette histoire est d’une noirceur incroyable et elle vous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine. Véritable claque pour moi, je m’ajoute le nom d’Isabelle Desesquelles dans la liste des autrices à suivre.

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… Ils en parlent sur Lisez.com.

… mon avis sur le précédent roman de Isabelle Desesquelles. (Clique sur la photo).

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JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE de Isabelle Desesquelles.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018]
Rentrée littéraire septembre 2018 – Sortie le 16 Aout
Éditions Belfond – Collection Pointillés
Format numérique (200 pages) : 12.99€
Broché : 18.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

 » Tout l’art de conjuguer l’amour et l’absence. Poignant.  » MARCUS MALTE
 » Leur mensonge préféré aux parents, ils viennent le soir vous dire au revoir, on est à moitié endormis et eux vous murmurent « Je serai toujours là, mon délice, mon ange de la joie douce, merveille de l’amour enchanté’, ils caressent votre front, que ça rentre bien dans votre tête. Ce doit être pour cela que ça fait si mal le jour où ce n’est plus vrai, où la main d’un père ou d’une mère ne se posera plus sur le front d’un enfant que l’on n’est plus depuis longtemps. Et si cela arrive vraiment trop tôt, on est fauché net. On peut mourir et vivre longtemps. « 
Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n’a pas la voix d’une petite fille et ses mots sont ceux d’un mystère cruel. Que s’est-il passé pour que l’innocence se borde ainsi de noir ?
Plongée vertigineuse et poétique dans l’univers de l’enfance,
Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre trouble et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches.
Et la redoutable force du souvenir.

 


 

Mon avis :

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Elle me serre comme si j’allais m’envoler mais je n’ai pas d’ailes. Pourtant je voudrais bien aller faire un tour au bout du ciel, et je reviendrais, pleine de merveilleux, je pourrais rester une enfant autant que maman. En attendant, je regarde le noir, les yeux à hauteur des siens, et c’est vrai qu’elle a l’air d’être tout l’univers avec ses hanches mouvantes, son bassin frémissant, ses jambes infatigables qui n’abandonnent rien, elle tend son front à l’obscurité, tant d’ombre nous avale. Je voudrais que la nuit me prenne moi aussi. Et je m’endors dans ses bras qui m’enserrent où je vais grandir jusqu’au matin. Tous les matins de ma vie.

 

 

La vie. La mort. La vie dans la mort. La mort dans la vie. Une ritournelle silencieuse et unie. Une harmonie sinistre et émerveillée par la beauté de l’être. Celui qui reste. Celui qui part. Un nom. Un âge. Des rires. Des pleurs. Des exclamations de joie. Des cris euphoriques. Des si et des peut être. Des questions. Des étoiles. Des étoiles pleins les yeux pour un infini indéfinissable. Qui je serai ? Qui suis je ? Qui j’étais. Une multitude de tout et de tout de rien. Un soupir. Un souvenir éternel se mouvant dans l’inextricable. Un souvenir aussi douloureux que savoureux. Un souvenir malléable et tellement beau, pur et simple. Un souvenir aussi tranchant qu’un poignard aiguisé à la pierre.

 

Clémence est tout ça.

 

L’innocence d’une fillette volée qui résiste au temps dans le creux des bras accueillants de ses parents. Elle est cette touche de liberté infantile habillée par l’insouciance. Elle respire, mange et dort du bonheur du simple. Elle est ce souffle du vent qui peu à peu s’épuise. Elle est la pluie douce qui surprend. Elle est le feu de la cheminée qui réchauffe. Elle voyage dans les rêves. Vie une multitudes de vies. Elle est l’amoureuse. Elle est grande finalement Clémence.

 

Clémence détient tous les secrets et tous les mensonges. Elle est le témoin du beau, de l’amour inconditionnel de ses parents. Elle foule de ces petits petons, les marches de l’éternel souvenir. La musique, la lecture, les poèmes, l’air mouillé des fougères, sont une mélodie à laquelle elle est reliée indéfiniment. Tel ce 8, grand et fort de ces 8 ans, symbole de l’infini émouvant.

 

JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE est percutant, douloureux, infiniment touchant. Poétique insatiable d’un souvenir où la vie était belle. Un combat titanesque pour défaire les souvenirs envahissants et meurtrissants afin de laisser libre la mort. Jeux pernicieux du passé, du présent et du futur.

 

Impossible de décrire les émotions vives qui m’ont traversée. Une claque magistrale qui m’a mise à terre dès les premiers chapitres. Une blessure silencieuse et fatale cicatrisant par l’espoir et les souvenirs.

 

C’est juste époustouflant me laissant sans voix, sans mots.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Rien ne nous séparera. Juste avant leur premier baiser il y a eu ce serment muet entre Alexandre et Rosalie Sauvage, ils se le répétaient à voix haute que je l’entende moi aussi, d’où je venais, où on allait, où on irait. Et quand je n’ai plus été là ils se sont accrochés à ce rien de leur serment, qui vaut tant. Il nous a sauvés je crois. Son infaillibilité. Ne pas en faire un mensonge à mesure que l’on vieillit, si loin de soi, de celle ou celui que l’on aurait voulu être ; que l’on a cru.

 

 


 

 

Je remercie Babelio qui lors de sa masse critique m’a permis de découvrir cet étonnant ouvrage.

 

 

 

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Système de Agnès Michaux.

 

[ LITTÉRATURE FRANÇAISE – Nouveauté 2017 ]

Éditions Belfond – Collection Pointillés

Service presse

 

Je remercie les éditions Belfond pour ce service presse via Netgalley

 


 

Résumé :

Pour Marisa et Paul Dumézil, le passé est irrémédiable, le présent difficile, quant au futur… Il se présente à eux le jour où l’homme qui avait été condamné pour le meurtre de leur mère Éva sort de prison.

Tandis que l’ancienne tragédie remonte à la surface, les enfants d’Éva se demandent ce qu’ils sont devenus. Et que vont-ils devenir à présent que l’assassin de leur mère a recouvré la liberté ? Paul semble prêt à passer à l’acte. Marisa préfère basculer dans une douce folie.

Dans cette histoire, il y a un frère et une sœur, de l’amour, des fantômes, un détective privé, la France, l’Indochine, l’Éthiopie, la chaleur et la pluie, le Nil, Djibouti, l’aventure. Et dans cette aventure, où le crime et la vengeance forment un couple éternel, il y a les enfants d’Éva et nous tous, qui voulons mener notre vie, malgré le  » système  » et ses défaillances.

 


 

Mon avis :

La semaine dernière ma lecture s’est portée sur ce roman qui m’a obligé à sortir de ma zone de confort et également de découvrir une auteure au talent immense. Agnès Michaux n’est pas à son premier essai et a écrit une dizaine de romans (voir lien ci-dessous).

Il est très difficile de parlé de « Système ». De par son originalité et sa singularité, il explore ce qu’on a en nous et fait écho à nos péripéties offertes par la vie.

« Système » est percutant, mystérieux et poétique. Ode à la liberté, à la découverte des sens, humanités enfouies, perdues et déshumanisées. C’est un mélange inextricable de tout et de rien ; où les étoiles et la terre se rejoignent pour révéler la véritable nature, où l’Homme démêle et emmêle les liens de la société.

Système dans le système, ce roman sonne sur le ton du témoignage (qui n’est en pas un), les personnages nous racontent leurs péripéties agrémentées par des références et des lieux de poids.

Une histoire dans l’Histoire, narrant une histoire déstabilisante, sensorielle et euphorique. Tristesse et saisissante, la renaissance est douloureuse. Quand l’Homme cherche ses pas dans un système qui ne laisse aucune chance.

Ce roman narre la descente en enfer et la renaissance de Marisa et Paul Dumézil. Leur mère a été assassinée dix ans plus tôt par leur voisin. Un coup de bêche et plus rien. Un enfant, une adolescente détruits, anéantis pour des siècles et des siècles. Dans un premier temps, l’auteur nous enferme dans un huis clos sensoriel où ces enfants désormais adultes doivent affronter leurs mal-êtres, leurs perditions. La maison de leur enfance est l’unique lien les reliant à la mère, Eva. Lien perdu, oublié, maquillé, transfiguré, lien éternel en souffrance, ritournelle macabre, chanson envoutante : qui suis-je sans toi, qui es tu ? Huis clos essentiel et étouffant amenant la vengeance sur un plateau d’argent. Action déshonorante et apaisante et libératrice ! Le temps n’efface rien, les années sont amères et l’unique action salvatrice. Mais à quel prix ? Fuite, retour aux sources, sur la terre mère, la terre des hommes des Hommes. Ethiopie, Lucy enfouie, terre de promesses et de pardons. Dans un second temps, Marisa et Paul partent à la découverte de l’humanité. Voyage intrépide et rencontre chevaleresque. Rimbaud en sourdine, le soleil écrasant comme horizon. Terre révélatrice, soulage les maux et enivre les sens. Voyage mystique sous les étoiles des Hommes assoiffés de sang. Voyage intergénérationnel tel une leçon de vie. Voyage de pénitence. Que le chemin est long pour enfin vivre.

Personnages sensationnels, frère et sœur ! Ambiguïté , amour, caresses et murmures, leur relation est forte et unique.

« Système » est un roman juste EXTRAORDINAIRE. Une merveilleuse découverte !

« Système » est un carnet de voyage atypique !

 

La fin de l’été, la fin du roman. Le début d’une nouvelle histoire où, dans la pièce d’à côté, respirerait quelqu’un qu’on aime. Il n’y avait qu’avec quelqu’un qu’on aime que le grand système du monde pouvait avoir un sens.

[…]

Nous marcherons ainsi, ne laissant que notre ombre

Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ;

Nous nous parlerons d’eux à l’heure où tout est sombre,

Où tu te plais à suivre un chemin effacé,

A rêver, appuyée aux branches incertaines,

Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines,

Ton amour taciturne et toujours menacé

Alfred de Vigny, H. Fournier et Cie, 1844

 

liens-utiles

 

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