DU SEL DANS LES OREILLES – Journal de bord, un récit de Lia Capman.


Idylliques, les voiliers qui se dessinent à l’horizon comme autant de symboles de liberté? « Lever l’ancre » et « mettre les voiles », qui n’en a jamais rêvé? D’une plume malicieuse et piquante, trempée dans la Manche, la femme du capitaine malmène le journal de bord. En levant le voile sur les dessous de la plaisance, elle nous fait succomber à l’envoûtement des mers et des îles. Ce carnet de voyage d’un humour rafraîchissant a le vent en poupe et se lit d’un seul trait.

Les voiliers, c’est bien jolis mais de loin et tant qu’à faire depuis la terre ferme. Ma seule expérience s’est résumée à un sacré mal de mer pendant laquelle j’ai tant bien que mal dormi dans une espace cabine, pendant que maman faisait une crise d’angoisse et ma sœur et mon père cassaient la croûte. Je ne suis bien que sur le plancher des vaches !
Prendre la mer avec Lia Capmann et son capitaine relève d’une grande aventure. Bien arrimée à mon canapé (oufff !) j’ai apprécié de ne pas souffrir des mêmes maux que la femme du capitaine. Hissez haut matelot ! Et hauts les cœurs moussaillon ! Lia Capman nous délivre dans son journal de bord minutieusement tenu les déboires d’une aventure mais aussi les merveilleuses rencontres.

 

D’un humour bienveillant et parfois moqueur, la femme du capitaine égrène au fil des jours tous les petits détails qui ne vendent pas forcément du rêve. La liberté a un coût et elle se mérite. Traverser la Manche le long des côtes françaises est un périlleux voyage qui se gagne à force d’huile de coude, de peur et de sueur.

 

Pas de piraterie, quelques camaraderies mais le souvenir grandiose lorsque le point de chute apparaît salvateur et générateur de bonheur.

 

Filant au grès du vent favorable ou du moteur capricieux, l’horizon est un paradis. Les désagréments se désagrègent au fil des flots vaincus et des orages grogneurs.

 

Déconcertant, ce journal de bord offre du rêve dans une réalité parfois cauchemardesque. Balade oxygénante au grès des paysages merveilleux, bucoliques, romantiques, la femme et le capitaine vivent une expérience qui alimentera les soirées au coin du feu bien des années plus tard.

 

DU SEL DANS LES OREILLES est en quelque sorte un natur writing dédié à la mer. On s’y sent seul, en osmose avec les éléments, confiant, apeuré, paniqué, mais l’élan de liberté est bien là, au plus profond des tripes qui inlassablement fait battre le cœur.

 

Voyage exquis à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

MAIRIN D’IRLANDE de Catherine Andries.


La montagne était devenue son seul « chez elle ». Un puits sacré entouré de vieux murs, sa seule maison.Un jour, Maírín y découvre un intrus : un jeune homme gravement blessé. La voici directement confrontée à la guerre d’indépendance de l’Irlande. Va-t-elle pouvoir s’affranchir, elle aussi?

Mairin d’Irlande est sans contexte un de ces romans qui vous transperce le cœur. Une histoire intemporelle. Une histoire d’amour qui défie les éléments. Une histoire qui puisse sa force dans la mélodie des mots qui avant de s’envoler frappent, fondent, émerveillent pour disparaître dans un ensemble symphonique douloureux et tendre.

 

Mairin est l’aînée d’une famille nombreuse. Dévouée, elle fait ses tâches et élèvent ses frères et sœurs auprès d’une mère détruite et d’un père dépassé et anéanti. A la mort de sa mère, elle est priée de partir du foyer. Elle trouve une place chez les bonnes sœurs où elle effectue toutes tâches. Le dimanche elle s’évade dans les montagnes arides du Connemara où la tourbe et les moutons sont les seuls témoins de ses escapades. Elle respire. Elle vit. Elle rêve. Et puis un jour, il est là, blessé, Aydan, le rebelle des mots. Elle fuit avec lui, vers un ailleurs, un ailleurs où la guerre sème le chaos, l’horreur.

 

Leur histoire s’écrit au rythme de leurs pas, de leurs rencontres et de leurs mésaventures au cœur de paysages pittoresques, arides, grandioses. Portés par le même élan, ils s’aiment sur les routes, il s’aiment sous les étoiles, il s’aiment au son des vagues. Il s’aiment sous les balles, sous les dangers, sous les secrets. Au fil de la plume poétique et lyrique de Catherine Andries, leur vie vibre, se cajole, s’émerveille, s’amplifie, se percute, se déchire.

 

Bouleversant, émouvant, ce roman m’a envoûtée. C’est le genre de balade que j’aime parcourir et dont je prend plaisir à faire durer. C’est avant tout l’histoire d’un homme et d’une femme qui se rencontrent grâce au hasard et qui ensemble vont s’épanouir malgré le contexte.

 

Un de mes incontournables, dorénavant, je vous invite fortement à le découvrir !

 

« Je suis toute vide, mo chroi. Je voudrais que tu viennes à l’intérieur de moi, tout doucement … Je veux la vie. Laisser la mort derrière moi. Je comprends maintenant, tu sais … »
« Mairin, veux-tu être ma femme ? »
« Je veux. »

 

Les yeux dans les yeux.
L’un tout autour de l’autre dans les mains qui ruissellent.
Tout au fond de l’autre, l’un dans l’autre.
Tout entier l’un dans l’autre.

 

Le voile qui se déchire.
Le ressac des corps assortis.
Et des galaxies qui explosent dans un jet de lumière, les emportant tous deux bien au-delà d’eux-mêmes.
 
Une chronique de #Esméralda

TED de Yves Terrancle.


Ohio, 1905. Ce bougre de journaliste était venu voir le plus ancien détenu des États-Unis pour relater sa vie. Il aura finalement écrit celle de William, Humana… et obtenu ma libération. La liberté, si chère à mon regretté William… Aujourd’hui, après une vie entière à attendre que l’administration pénitentiaire se décide à m’exécuter, il ne me reste de cette chimère que l’indicible peur de l’affronter.

« Je m’appelle Ted Forman, j’étais un citoyen des Etats-Unis d’Amérique, et je mourrai libre de vous avoir trouvé … »
Yves Terrancle frappe à nouveau fort et bien. Un récit prenant et incontestablement bouleversant qui ne peut laisser indifférent.

 

TED est l’histoire d’une quête, d’hommes et de combats.
Ted a passé une grande partie de sa vie en prison pour un crime dont sa seule valeur a été de défendre l’honneur d’un homme. Ted a grandi loin de sa terre natale, le Cameroun. Il a connu ce temps qu’il est préférable de taire enfin d’éviter le démon de sortir de sa boîte. Son chemin est parsemé de nombreus croisements qu’il le porteront tour à tour vers de nouveaux horizons sombres ou bienveillants. William (voir Humana), Monsieur de Rochefort, la bonté incarnée, Louis qui a connu le pire de ce l’homme peut faire endurer, Elsa, l’incarnation de l’innocence et de la pureté bafouée. Sans oublier Harold Burton, journaliste, qui incarne l’esprit de la justice. Ted n’a jamais été un héros. Seules ses propres motivations le font avancer. Un homme humble et juste avec un regard tantôt acéré tantôt naïf sur cette société où la bienveillance est chère.

 

Si la vie lui a offert une chance inestimable à la veille d’une mort certaine, il mettra à profit son temps pour une quête honorable. Ceci sans penser que la cruauté se rappellerait à son bon souvenir.

 

Yves Terrancle nous offre un roman d’une beauté sans égale. 40 ans après l’abolition de l’esclavage, les Etats-Unis restent le terrain favorable à tout débordement racial. L’histoire évolue au cœur d’une atmosphère tendue qui s’intensifie au fil des pages. Le côté historique est peu exploité (en comparaison avec Humana). L’auteur a pris le parti d’un récit rythmé par de nombreux rebondissements lui conférant ainsi des allures de western. D’un côté le groupe des gentils, de l’autre celui des méchants et au milieu l’argent. Une très belle surprise pour ma part car cet aspect inattendu confère au roman un certain grain de folie l’ancrant davantage dans une réalité palpable. Au delà de cette frénésie de tirs croisés, de sangs et de cris, Yves Terrancle apporte à ses personnages une aura immuable, un charisme lumineux où les valeurs essentielles et primordiales rayonnent au creux des ténèbres. La liberté est ainsi magnifiée par la plume sensible d’un auteur que je vous invite à découvrir vivement !

 

William m’a dit un jour que la liberté est de se trouver là où l’on souhaite. Il avait raison.
J’ajouterai qu’elle est aussi celle de transmettre sans voile, sans ménagement ni retenue, afin que chacun se serve des horreurs du passé pour forger un avenir meilleur.
 
Une chronique de #Esméralda

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… Mon avis sur HUMANA (clique sur l’image pour le lire).

SOIE ET MÉTAL de Tuyêt-Nga Nguyên.


Sur un apparent coup de tête, une femme quitte sa famille. Clara, sa fille de seize ans ne l’accepte pas et la renie : quand on aime, on ne quitte pas! Huit ans plus tard, un inconnu lui envoie un carnet portant le nom de sa mère et l’exhorte à le lire. Le passé justifie-t-il toujours tout?

 
Huit années se sont écoulées et Clara n’a toujours pas fait le deuil de cette famille qui s’est délitée brusquement, dans la douleur, l’incompréhension et au final dans la haine. A-t-elle seulement écouter les explications ?
Clara a souffert, a touché le fond et avec force et courage et pour son père, elle a repris sa vie en main. Aujourd’hui, étudiante en médecine, elle se consacre à ses études et son amoureux. Mais son cœur a ses blessures qui n’ont jamais cicatrisé. Dans l’euphorie du retour de ses vacances, elle ne prête pas gare à l’enveloppe qu’elle ouvre. Alors que son contenu s’étale sur sa table, le passé surgit comme un vilain clown dans sa boîte. Sentiments ambigus, elle prend part de la lettre. Intrigante mais trop blessante pour qu’elle y accorde toute son attention. Poussée par la rage, elle veut juste renvoyer le colis à son destinataire. Mais le destin s’en mêle, les déconvenues et une petite part de curiosité la poussent dans des souvenirs douloureux.

 

Journal intime, récit romanesque, l’histoire de sa mère se tient dans ce carnet. Son auteur, inconnu, relate la vie de deux hommes et d’une femme et d’un pays en guerre. T-N.N invite son lecteur dans une aventure tortueuse et dangereuse au cœur d’un pays divisé et détruit par la folie humaine et préservé, tant soit peu, par des hommes et des femmes d’honneur. T-N.N explore avec magnanimité l’Histoire du Vietnam. Une immersion dans le passé douloureux où héritage, désespoir, espérance, fuite, abandon, destruction sont détenus dans une boîte de pandore. Un fois ouverte, les émotions et les sentiments contradictoire déferlent tel un tsunami. Une destinée houleuse mais merveilleuse. Une histoire touchante. Un voyage menant à l’amour.

 

Une nouvelle la collection Evasion nous fait découvrir une incroyable histoire. Le mot exotique ne me convient pas pour décrire ce roman. Existe t-il un mot pour décrire l’immensité qui se trouve au sein de ces pages ? SOIE ET MÉTAL, porté par la très belle plume de T-N.N, est sans contexte une très belle découverte alliant avec sensibilité des histoires d’hommes et de femmes portés par l’amour dans toute ses déclinaisons.

 

Une chronique de #Esméralda

LA MORT DES GAULES de Patrizio Fiorilli.

[ UCHRONIE – Nouveauté 2019]
Éditions ACADEMIA – Collection Littératures
154 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
Je suis Artévorus de la tribu des Termes, fils du chef Artévos et de la princesse Alya, je possède deux chevaux et j’ai vu mourir la Gaule. Il ne reste plus grand-chose de notre tribu : la plupart des hommes sont morts à la guerre, la plupart des femmes et des enfants ont péri après Alésia. Il ne reste plus que nous, une dizaine d’hommes en armes et deux chevaux affamés, fuyant toujours plus profondément dans les forêts d’Irlande. Ce qui suit constitue le récit d’un rêve. Le rêve d’une Gaule unie et libre, le rêve de mon Père et de ce qui constituait tout un peuple : les Gaulois. Ce rêve a eu un début et une fin. Comme à tous les rêves, lui a succédé le réveil. Le plus douloureux des réveils. Et pourtant, il s’en est fallu de peu qu’il se réalise. De très peu. Il s’en est fallu d’un homme. Vercingétorix.
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Patrizio Fiorilli réinvente avec ingéniosité et brio l’Histoire de la France. Cette Histoire qui sans équivoque, n’est pas remise en question mais qui offre une vaste possibilité de scenarii cohérents dans ce flou artistique laissant l’imagination prendre possession d’un passé oublié.

 

Alésia, Vercingétorix et César … Trois noms pour une bataille épique qui signe la fin de tout un peuple. Trois noms inscrits dans la pierre mettant l’honneur et la bravoure sur un piédestal. L’hégémonie débutante d’une figure qui perdurera dans les temps immémoriaux.

 

54 avant Jésus Christ, la Gaule est attaquée et pillée de toutes parts. Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Artévos réunit tout autant qu’elle divise. Porté par un courage exemplaire et l’idée d’une Gaule libre, il parcourt avec son fils et des combattants sa terre. Réunir une Gaule déchirée par les clans est une tâche ardue, pourtant lorsque sonne le début des hostilités, la Gaule hurle d’un même cri. Ralliée sous les ordres du premier Rix, sa prestance illumine les troupes. Pourtant dans l’ombre se joue des complots et des manipulations. Bienvenue dans ce monde insoupçonné, un monde où la pitié n’existe pas mais où le respect se mérite à coup d’armes.

 

Cette lecture m’a complètement subjuguée. En règle général, j’adore tout ce qui a attrait à l’Histoire de France (et du bassin méditerranéen), riche et en perpétuelle mouvance, elle m’a toujours fascinée. Patrizio Fiorilli met les deux pieds dedans avec une certaine énergie débordante de détails tout aussi minutieux que précieux. Il narre avec conviction une histoire prenante et bouleversante. Politique, ingénierie militaire et coalition vont tambour battant, rythmant les pas de centaines de milliers d’hommes prêts à vaincre.  J’ai été captivée par cette espoir communicatif. Séduite par la manière dont l’auteur aborde cette fiction avec tact et humanité. Le point de vue du narrateur est judicieux. Observateur silencieux, il prend part malgré lui aux rencontres et coulisses de cette guerre. Il n’hésite pas à partager ses remarques configurant ainsi au texte une multitude d’émotions. Nous sommes loin du texte rigide et froid qui retranscrit pas à pas tous les événements.

 

Captivant et subjuguant, Patrizio Fiorilli signe un premier roman de grande qualité. Une fiction au cœur de la Grande Histoire de France que je recommande vivement. Amateur ou novice, cette épopée vous fera vivre de l’intérieur une des plus grandes aventures du monde.

 

Êtes-vous prêts ?

 

-Artévorus, tu dors ?
Il faisait nuit noire dans la pièce qui nous servait de chambre quelques heures à peine après le couronnement de Vercingétorix, mon Père avait le visage penché sur moi.
-Non, pourquoi ?
-C’est amusant, non ? Au triumvirat de Rome, nous opposons maintenant le triumvirat de Bibracte : un prince arverne sans cervelle, un druide sans scrupules et un chef de tribu sans pouvoirs… Si notre but est de tuer César, nous sommes sur la bonne voie : il doit mourir de rire en ce moment.
(page 62)
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le sites des éditions ACADEMIA.

LE PISSEUX de Damienne Lecat.

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019 ]

Éditions ACADEMIA – Collection Évasion.

120 pages

Ma note : 5/5 mention « Incontournable 2019 »

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Le résumé :
Belle-doche, salope ! Eric, gamin sensible et intelligent, invective ainsi en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père se voile la face, sa grande soeur Anne essaie de le protéger. Encore une qui va me faire chier ! Cinquante ans plus tard, Eric, misanthrope reclus dans son appartement, ne supporte ni Prune, sa nouvelle voisine qui essaie de s’immiscer dans sa vie, ni sa soeur qui l’entoure toujours de ses attentions. Un même personnage, une alternance de deux époques, un dénouement parallèle pour un drame psychologique caustique, non dénué d’humour et de poésie.

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Encore une qui va me faire chier, se dit Eric en la voyant par la fenêtre débarquer de sa vieille Kangoo garée en double file, les quatre clignotants allumés. Il n’a pas tort. Les seins à l’air, mais le cul presque invisible sous un large pantalon, une bonne femme dépose deux poufs, un narguilé et une plante verte qu obstruent l’entrée de l’immeuble, puis, sa,s la moindre gêne, elle s’en va au volant, sans doute à la recherche d’une place de parking dans le quartier. Elle revient à pied une demie-heure plus tard. Tout ce temps pour un simple créneau ! Le chat tigré qui passait par là a eu le temps d’exercer ses griffes sur le pouf de droite et de marquer son territoire sur celui de gauche, ce qui rend Eric presque guilleret. Elle vase marrer dans le quartier, la gamine !
(Premières lignes)
Eric depuis sa fenêtre côtoie le monde. Un monde qu’il dénigre et qu’il ose affronter à l’occasion de quelques sorties d’une absolue nécessité. Eric n’est pas agoraphobe mais les relations sociales l’horripilent. Il aime passer ses journées selon un rituel bien précis. Il aime vagabonder entre ses quatre murs. Chaque pas, chaque odeur, chaque grincement, chaque jeu de lumières, chaque élément à leur place précise lui rappellent des souvenirs douloureux. Eric n’a jamais su guérir ses blessures qui au fil des années l’ont emmuré dans un cercueil de rancœur, de haine, de colère et d’injustice. Il répudie les femmes, même sa sœur n’a pas droit à un traitement de faveur. Eric est un homme hautain, mal-aimable, détestable et goujat. Le portrait d’un parfait misanthrope. Un homme des cavernes, un ours mal léché, un grinch tout autant de comparaisons qui sont loin d’être à la hauteur de cet homme.

L’arrivée de la nouvelle voisine va bouleverser le quotidien bien rangé d’Eric. Un harcèlement bon enfant qui va ouvrir la boite de Pandore. Pour le meilleur, Eric va devoir se confronter à quelques vérités et découvrir une réalité macabre et pour le pire, peut-être, ouvrir son cœur. Le petit pisseux qu’il est n’a qu’à bien se tenir !

Damienne Lecat signe un roman où surprise et déconvenue vont de paire avec horreur et drame. Si dans un premier temps le personnage d’Eric à de quoi rebuter et horripiler, de fil en aiguille, le lecteur découvre les raisons qui ont amené ce petit garçon à devenir l’adulte du présent. Comme la madeleine de Proust, l’environnement proche d’Eric déclenche la résurgence des souvenirs. Entre passé et présent, le lecteur devient le témoin de cette vie insoutenable. J’ai ainsi pu comprendre cet homme, le rendant, pour l’occasion, attachant dans son désœuvrement, dans sa peine, dans cette blessure qui n’a jamais cicatrisée. Sans l’espoir, le grand Eric a perdu la foi dans l’avenir, vivant abattu dans sa coquille d’escargot. Damienne Lecat touche un sujet sensible. Elle l’aborde d’une manière que j’ai beaucoup apprécié : un ton grave et sobre emprunt d’une petite note de légèreté. Petit à petit, les éléments s’emboîtent pour parfaire un tableau où la tristesse prédomine et où les ombres anéantissent le peu de lumière qui reste. Damienne Lecat m’amène alors vers ce final inattendue qui lève le voile sur cette promesse.

J’ai été subjugué par la plume de Damienne Lecat. Une plume délicate qui met en valeur les tourments de l’âme. Une plume franche qui ose des mots crus et insensés. Une plume caustique et efficace. Ce drame psychologique m’a tenue en haleine tout au long des pages. Une lecture que je vous invite vivement à découvrir !

#Esméralda

 
Je remercie les éditions Academia pour leur confiance.

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… le site des éditions Academia.

HUMANA, Au nom de la liberté de Yves Terrancle.

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[LITTÉRATURE – Nouveauté 2018]

Éditions ACADEMIA

Service presse

 

Format broché (282 pages) : 21.00€

Ma note : 4.5/5

 

 

 

 

 

 

Je remercie les éditions Academia et Anne pour m’avoir confié ce service presse.

 


 

Le résumé :
1834. Dans une Amérique rongée par les ségrégations et les barrières sociales, une nouvelle vie voit le jour entre des mains tremblantes et couvertes de sang. Un si petit être pour une si grande destinée. . . Notre histoire ne s’est écrite que par les pas de quelques grands hommes. . . L’auteur nous invite à suivre le chemin de William Stendford, que tous sur sa terre d’Afrique appelaient Humana, dans son insatiable combat pour la liberté.

 


 

Mon avis :

 

En ce jour si particulier, je voulais vous parler de ce roman. Une très belle découverte. Un roman choc qui pourtant trouve encore aujourd’hui écho. Un combat qu’à mener Martin Luther King tout au long de sa vie et qui a trouvé la mort en ce jour par la main d’un homme rempli de haine.

 

HUMANA est une magnifique histoire, celle qui poignarde par l’évidence de la cruauté, celle qui vous noue la gorge par l’insensibilité et l’égoïsme de la supériorité blanche, celle qui malgré tout, vous met les étoiles dans les yeux, car l’espoir est là tapi dans les ombres.

 

HUMANA est le surnom qu’on lui a donné sur sa terre natale, le Cameroun. Derrière ce nom atypique mais extrêmement représentatif, se cache, William Stendford. Né sur les terres de son maître, cette condition d’esclave, il a toujours connu. Il en connaît toutes les règles, l’inconfort et l’injustice. Dès sa jeune enfance, la curiosité l’a mené sur des terrains inaccessibles. Les livres ont toujours été pour lui des trésors inestimés, lisant des romans ou  découvrant le monde au travers de cartes d’autres livres. Son horizon s’élargit auprès d’eux et se pose d’innombrables questions. Pourquoi sa couleur de peau serait préjudiciable ? L’incompréhension et la haine prennent peu à peu place dans son cœur épris de liberté. Elle est à son summum lorsque la survie de sa mère est en jeu. Toute sa hargne se rejoint dans un geste de folie menant l’ennemi à la mort. La fuite devient alors sa seule chance de vivre. Une longue errance sur les terres des Etats du Sud des Etats-Unis où maintes rencontres font, tour à tour, lui sauver la vie ou le mettre danger, lui apprendre le combat, l’espoir et à se maitriser. L’apprentissage de sa vie d’homme ne se ferra pas sans accro, mais ce parcours initiatique le portera sur les traces de sa chère liberté tant espérée. Une rencontre lui fera traverser l’océan pour découvrir un monde tout aussi intransigeant que celui qu’il vient de quitter : la traite des noirs n’a pas de frontière. Il posera les pieds sur la terre de ses parents, pour ainsi mieux repartir afin de tenir cette promesse faite à sa mère et ainsi conquérir cette liberté.

 

Si William est l’héros de ce roman, le narrateur est l’homme qui a vu la vie briller dans ses yeux, entendu son premier cri et la vu s’éteindre. Ted Forman témoigne de la gloire de ce jeune homme sans oublier tous ces travers, son entêtement, et ses erreurs. Un homme juste avec des qualités indéniables d’humanité sans faille et un homme avec ses défauts. Ted Forman relate tous ces moments qui ont échelonné cette vie atypique, cette vie bancale et qui joue avec la mort. Une vie exceptionnelle sans aucun doute. Cette fiction est ancrée par des moments historiques importants : l’abolition de l’esclavage le 18 décembre 1865 par le président Abraham Lincoln, l’énonciation du triangle d’or ( commerce au cours du 19e siècle), la guerre de sécession (1861-1865), le chemin de fer clandestin (underground railroad)…

 

Ce roman est sans conteste une merveilleuse découverte, fort de son symbolisme. Un roman qui s’inscrit dans les mémoires. Un roman fort, poignant et déchirant où la liberté à un prix indéfini. Je voudrai terminer sur cet extrait qui ne peut qu’exprimer, en ce jour, ce combat qui perdure, malgré tout, encore de nos jours.

 

EXTRAIT

LIBERTE

Tu es mon plus bel amour et, lorsque pour la première fois je t’ai vue, j’ai compris mon futur.
J’ai su soudain que mon parcours serait celui qui me permettrait de te serres dans mes bras. Timide, insaisissable, tu m’approchais quelquefois et par ce bien-être qui envahissait brutalement  mon cœur, tu me donnais la force d’avancer, d’aller au-delà des obstacles, des barrières, de l’interdit, et même des lois, parfois. Rien ne semblait inaccessible, hormis ta présence permanente à mes côtés. Tu es légère comme le vent qui porte le parfum d’une fleur, belle comme le rouge qui se mêle à la lumière d’un soleil qui échappe, là-bas, aux confins d’un horizon que nul ne peut atteindre, tu es le chant de l’oiseau perché sur la cime d’un chêne et que la folie su monde indiffère, tu brises les chaînes du captif, délies la langue des lâches, permets à l’homme le plus faible de se dresser face aux montagnes. Pour tout cela, vois-tu, je t’aime et je sais qu’en mon cœur épris tu as trouvé un écho, car, maladroite, tu te trouves bien trop souvent au-devant de mes pas. Je me dis que tu me cherches ou bien que tu te plais à m’admirer. Je sais qu’il est prétentieux de le penser, mais l’esprit amoureux gonfle le torse et s’en va dans les rues, certain d’être la perfection pour laquelle son amour n’aura d’yeux.
Alors, lorsque que tu m’arrachais aux bancs austères de l’école pour m’amener en des endroits verdoyants de nature, lorsque tu me faisais prendre des décisions du risque qui façonnaient l’homme que je suis, lorsque je disais non, tout simplement, et que mon cœur se soulageait ainsi, lorsque ma route était celle qui me menait à toi au lieu de me trouver sur des chemins convenus, je me disais sue ton amour était mien.
Je sais que nous sommes faits l’un pour l’autre et, crois-le ou non, mais au delà des difficultés, des jalousies et des incertitudes, un jour nous serons unis, Liberté.

 

 

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