Les patriotes de Sara Krasikov

Littérature Nord-Américaine – livre sorti le 21 aout 2019

Editions Albin Michel – Collection Terres d’Amérique

Service presse

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

Je remercie les éditions Albin Michel et Léa, du Picabo River Book Club, pour m’avoir permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire en avant-première et pour me l’avoir confié en service presse.

 

Résumé : Alors que les États-Unis sont frappés par la Grande Dépression, Florence Fein, à seulement 24 ans, quitte Brooklyn pour une ville industrielle de l’Oural, dans la toute jeune URSS. Elle n’y trouvera pas ce qu’elle espérait : un idéal d’indépendance et de liberté. Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis. Des années plus tard, en apprenant l’ouverture des archives du KGB, il revient en Russie et découvre les zones d’ombre de la vie de sa mère.
Entremêlant époques et lieux, ce premier roman magistral de Sana Krasikov nous plonge au cœur de l’affrontement Est-Ouest en explorant, à travers le destin de trois générations d’une famille juive, l’histoire méconnue de milliers d’Américains abandonnés par leur pays en pleine terreur stalinienne, et les conséquences de nos choix individuels sur la vie de nos enfants. 

 

Mon avis : D’habitude, je me laisse peu tentée par les titres de la rentrée littéraire. Pourtant, ce titre a attiré mon attention par l’originalité de l’intrigue. Suivre une saga familiale entre URSS et USA, au fil du XXème et du XXIème siècle, voilà un thème qui entre pleinement dans mes centres d’intérêt… et je n’ai pas été déçue !

Dans ce roman, nous suivons donc Florence, Julian et Lenny, trois générations d’Américains, d’origines russes, qui vivent avec un pied entre deux continents, deux cultures, deux manières d’envisager la vie. A chaque fois, leur cœur balance car les deux Etats, qui sont les meilleurs ennemis, offrent chacun leur lot d’espérance et de désillusions. Florence décide de quitter les Etats-Unis pour aller sur la trace de ses ancêtres, pour voir le socialisme en action et aussi pour y retrouver un homme. Arrivée là-bas, rien ne se passera comme elle l’espérait et elle va découvrir une société russe pauvre, méfiante et inquiète. Même si elle va tenter de s’intégrer, la vie de Florence ne sera peut-être pas à la hauteur de ce qu’elle attendait. Julian, pour sa part, décide de quitter la Russie dès qu’il en a la possibilité pour vivre son rêve américain. Néanmoins, il reste attaché à ses racines et va tout faire pour essayer d’apporter un éclairage sur les zones d’ombre du passé de sa mère. Enfin, Lenny a quitté les USA pour s’installer en Russie. Même si sa vie n’est pas parfaite, il semble nécessaire, pour lui, de vivre sur la terre de ses ancêtres. Entre chaque génération, un balancier entre les deux pays, des parallèle s’établissent et à chaque fois, des problématiques d’identité à régler pour chacun d’eux.

Je dois avouer que j’ai eu beaucoup de mal à entrer de ce roman. Tout d’abord, c’est un pavé, de près de 600 pages, avec une mise en page très dense et des chapitres parfois très brefs, parfois très longs. A chaque fois, nous avons un va et vient entre les époques et les personnages et au départ, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. Néanmoins, on trouve assez rapidement son rythme de croisière et cette alternance est finalement plaisante car elle donne du rythme et est enthousiasmante pour le lecteur. La question des origines est, ici, centrale et l’autrice nous montre à quel point, d’une génération à l’autre, les priorités et les représentations sont différentes selon les individus.

Pour conclure, pour un premier roman, Sara Krasikov frappe très fort en nous proposant un roman dense, une fresque familiale passionnante, intrigante et intense car elle entraine les protagonistes des Etats-Unis à l’URSS (puis la Russie) et, à chaque génération, se repose les mêmes questionnements et les mêmes interrogations. Plongez-vous sans attendre dans cette histoire palpitante et incroyable.

Retrouvez ce roman sur le site des Editions Albin Michel
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Le cœur battant du monde de Sébastien Spitzer

Littérature française – livre sorti le 21 aout 2019

Editions Albin Michel

Service presse

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

Je remercie les éditions Albin Michel et le Cultura Balma pour m’avoir permis de lire ce roman en avant-première.

Résumé : Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l’insurrection et l’opium. Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance.

L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx. Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.

Après Ces rêve qu’on piétine, un premier roman très remarqué et traduit dans plusieurs pays, qui dévoilait l’étonnante histoire de Magda Goebbels, Sébastien Spitzer prend le pouls d’une époque où la toute-puissance de l’argent brise les hommes, l’amitié et l’espoir de jours meilleurs.

L’avis de #Lilie : J’avais entendu parler de Sébastien Spitzer à l’occasion de la sortie de son premier roman mais je n’avais pas pris le temps de le découvrir. Quelle erreur !! J’aurais dû me lancer plus tôt !

Dans ce roman, nous plongeons au cœur du 19ème siècle et au cœur du prolétariat en Angleterre. Nous faisons ainsi connaissance avec Charlotte, une immigrée irlandaise qui a bien du mal à joindre les deux bouts. Le jour où elle perd son enfant, un docteur vient la voir et lui propose de prendre en charge un petit garçon qu’il va falloir cacher. En parallèle, on suit Engels, un patron d’une usine de textiles, d’origine allemande et ami avec le « Maure », Karl Marx. Ensemble, ils vont réfléchir et poser les bases de ce qu’on appellera, dans le futur, le marxisme.

Charlotte est une jeune femme qui a tout perdu : son enfant, son conjoint, son travail… elle est au plus mal quand on lui propose de s’occuper de Freddy. Elle va prendre cette tâche très à cœur et elle fera tout pour lui rendre la vie plus facile. Ce dernier est un enfant puis un jeune homme très dégourdi, enthousiaste, curieux et volontaire. Il aime profondément sa mère et se lance à cœur perdu dans tout ce qu’il entreprend.

De l’autre côté, on a Engels. Ami avec Karl Marx, il n’aura de cesse de défendre les valeurs de l’Internationale, notamment dans son usine et il croit à ce qu’il défend. Il parait beaucoup plus lucide et dans la réalité que son mentor qui lui n’a de cesse de vivre au-dessus de ses moyens et dans son « monde idéal ». J’ai été surprise par la compagne d’Engels, Lydia, d’origine irlandaise, qui n’est pas forcément celle que l’on croit.

J’ai passé un bon moment avec ce roman. J’ai beaucoup aimé les personnages, que j’ai trouvé très travaillés et intéressants. En revanche, le quatrième de couverture m’a un peu induit en erreur dans la mesure où on s’attend à suivre principalement Freddy, le fils caché de Marx, alors que ce roman est l’occasion de mettre en lumière de nombreux personnages avec des destins incroyables. J’ai cependant constaté que cette lecture était exigeante dans la mesure où le narrateur met en lumière, à tour de rôle, des protagonistes différents et fait également des sauts dans le temps. La plume de l’auteur est intéressante mais très pointue et précise ; en effet, ce livre demande de la concentration pour se plonger dedans. Néanmoins, le pari est réussi car il nous entraine au cœur du 19ème siècle en Angleterre, avec la naissance du prolétariat, les difficultés qu’ont connues les Irlandais et cela permet de mettre en lumière une période que l’on connaît un peu vaguement.

Pour conclure, ce roman est une belle découverte et Sébastien Spitzer fait, pour moi, parti des auteurs à suivre. Amoureux de romans historiques, n’hésitez pas à vous tourner vers cette histoire passionnante qui vous emportera de Londres à Manchester, en plein cœur du prolétariat et de la misère du 19ème siècle.

https://lesmots.co/ecrivain/sebastien-spitzer

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/le-coeur-battant-du-monde-9782226441621

ICI N’EST PLUS ICI de Tommy Orange.

[ LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Rentrée littéraire 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Roques
Éditions ALBIN MICHEL – Collection Terres d’Amérique
352 pages
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.
Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, en cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. Ici n’est plus a été consacré « Meilleur roman de l’année » par l’ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award.

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Cela fait depuis quelques temps que je pense à me lancer dans les chroniques vidéos. Et aujourd’hui je saute dans le vide. Je ne le ferrais pas tous les jours, mais je me donne comme objectif une fois par mois (je vais rester raisonnable). Je tenais toutefois à laisser mes doigts courir le clavier et en quelques lignes décrire mon ressenti. Vous pouvez néanmoins regarder la vidéo (support IGTV) à vos risques et périls, je ne suis pas certaine d’être compréhensible et je vous l’accorde je suis loin d’être à l’aise.

 

ICI N’EST PLUS ICI laisse pantois. Difficile de mettre les mots adéquats sur ce roman choral, le premier de Tommy Orange. Un roman choral particulièrement prenant où les mots fusent telles des balles accaparant le lecteur dans une tornade infernale. ICI N’EST PLUS ICI n’a rien de merveilleux. Portrait d’une communauté désenchantée, engloutie par l’égoïsme et l’arrogance de l’homme blanc. Les désillusions ont pris possession de ces femmes et de ces hommes arrachés à leur croyance, à leur vies et à leurs espérances depuis des décennies. Massacre consensuel et voulu, tout en silence, d’un art de vivre en adéquation avec la nature et les esprits.

 

12 personnages, 12 vies intrinsèques qui portent aux nues le désarroi incommensurable de tout un peuple. Alcool, violence, abandon, dépression, tout autant de maux qui trouvent leurs sources dans cet héritage arraché. Pourtant l’espoir perce dans ces petits trucs de rien du tout : un enfant qui enfile un costume et qui ne cesse de danser, un tambour qui résonne, des chants, un homme et sa caméra qui capturent ses instants dérisoires et le grand pow-wow, rassemblement de souvenirs. Un héritage qui persiste et dure, un héritage nécessaire quand les mots disparaissent d’une génération à l’autre ou quand cet héritage est bien trop lourd à porter.

 

Un roman puissant porter par les mots poétiques et judicieux d’un auteur hors norme.

 

Nous sommes l’ensemble des souvenirs que nous avons oubliés, qui vivent en nous, que nous sentons, qui nous font chanter et danser et prier comme nous le faisons, des sentiments tirés de souvenirs qui se réveillent ou éclosent sans crier gare dans nos vies, comme une tache de sang imbibe la couverture à cause d’une blessure faite par une balle qu’un homme nous tire dans le dos pour récupérer nos cheveux, notre tête, une prime ou simplement pour se débarrasser de nous. […]
Être indien en Amérique n’a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. […]
Mais pour les Autochtones de ce pays, partout aux Amériques, se sont développés sur une terre ancestrale enfouie le verre, le béton, le fer et l’acier, une mémoire ensevelie et irrécupérable. Il n’y a pas de là, là : ici n’est plus ici.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Albin Michel (vidéo et extraits).

… le Picabo River Book Club.

 

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Un grand merci à Léa et au Picabo River Book Club.

LORD OF EGYPT : Le ciel de Nout de Ena Fitzbel.

[ ROMANCE HISTORIQUE ÉROTIQUE – Nouveauté 2019 ]

Éditions ALBIN MICHEL – Collection MA NEXT ROMANCE

306 pages

Ma note : 4/5

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Le résumé :
Ariane Cravendish n’est plus la discrète et flegmatique aristocrate anglaise que Lord Timothy Fentington a connue. Travestie en homme, bravant les interdits que cette fin de XIXe siècle lui impose, elle débarque en Égypte pour rapatrier son frère Adonis, un archéologue très gravement malade. C’est alors qu’elle retrouve Timothy, égyptologue et séducteur toujours aussi peu soucieux des conventions.
Submergée d’émotions contradictoires, la belle rousse de 29 ans découvre tout à la fois les mystères de l’Égypte et les plaisirs sensuels avec celui dont elle fera son amant. Pendant ce temps, Nout, la nymphe de l’ancienne Égypte, et son scarabée bleu défient les lois du temps et envoûtent les hommes ! Adonis est l’une de ses proies. Parviendra-t-il à comprendre ce qu’elle cherche ? Sa survie en dépend.
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Direction l’Égypte, fin du XIXe siècle, où cet ancien pays majestueux révèle peu à peu ses secrets. Pays en ébullition où archéologues de toutes nationalités ne rechignent pas à la tâche de trouver des trésors. Roches, sables et soleil, un cocktail éprouvant où la folie et la convoitise gagnent peu à peu les hommes.

 

En ces temps perdus où les femmes issues de la haute société anglaise ne pouvaient pas quitter leur foyer pour une escapade en solitaire, Ariane Cravendish n’a que faire des ragots qui fleurissent ici et là. Femme célibataire (une aberration à cette époque), gère toute seule le domaine anglais appartenant à son père. Suite à de mauvaises nouvelles, elle décide de braver tous les aprioris et de prendre la mer pour rejoindre son frère en Égypte. Pantalon, chemisier, cheveux remontés et cachés par un chapeau, la voici déguisée en homme par obligation. Point de remontrances, de regards outrés et des visages interloqués, ce déguisement lui permet de voyager aisément. Ce long périple, se terminant, elle découvre un lieu intrigant et chargé de mystère : une pyramide au loin, un port où règne une ambiance démesurée et un grand bateau. Ravie enfin de retrouver son grand frère pour lui faire entendre raison, elle rencontre un homme amoindri tenant le lit et le séducteur de ces dames, Timothy Fentington. Vieille connaissance qui ne lui a pas laissé un bon souvenir, elle s’accommode de cet homme impossible.

 

Rien ne prédestiner Ariane à vivre une telle aventure. Mystère, secret, magie, amour et passion seront au rendez-vous, pour un périple qui révélera la femme qui se cache en elle.

 

Ena Fitzbel signe une romance historique et érotique de toute beauté. J’ai beaucoup apprécié la force que dégage Ariane. Une héroïne qui ne fait pas cas de la condition féminine voulue par les hommes. Même si elle craint les qu’en-dira-t-on, elle ose ce que peu n’oserait. Une volonté farouche à détruire cette ignominie et à vivre une aventure hors du commun. Instruite et intelligente, elle aura l’occasion à de nombreuses reprises de montrer son véritable potentiel. Maligne et sournoise, elle sait mener son monde par le nez. Ariane est une héroïne précieuse. Son image casse de nombreux codes établis par une société patriarcale anglaise. D’ailleurs, elle va découvrir que le peuple de l’ancienne Égypte ne portait pas du tout ses valeurs. Timothy est un homme arrogant, séducteur, machiste ; la caricature parfaite du Lord anglais qui ne se refuse rien. La venue d’Ariane va contrarier son quotidien pour le pire et surtout le meilleur.

 

Ena Fitzbel m’a plongée dans une romance pimentée où les découvertes archéologiques côtoient les charnelles. Ce brin de passion apporte un côté romantique à une histoire trépidante.

 

La plume d’Ena Fitzbel est envoûtante, passionnante et addictive. Le choix de narration à trois voix est judicieux où le point de vue de chaque narrateur apporte les éléments cruciaux à ma connaissance. Cette romance est un mélange de ce que j’apprécie lors de mes lectures : une intrigue où l’Histoire se mêle à la magie, des héros qui au départ ne s’apprécient guère, une osmose naissante, de la passion et une héroïne qui a du caractère. J’ai passé un excellent moment en compagnie de cette lecture. Quoi demander de plus !?

 

#Esméralda

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… le site de MA NEXT ROMANCE

Le book-trailer

LA DERNIÈRE CHANCE DE ROWAN PETTY de Richard Lange.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ÉTRANGÈRE – Nouveauté 2019 ]
Éditions ALBIN MICHEL – Collections TERRES D’AMERIQUE
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Patricia Barbe-Girault
416 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
Rowan Petty est un escroc à bout de souffle. Quand il n’arnaque pas des veuves esseulées, il triche au poker. Sa femme l’a quitté pour un autre escroc, sa fille ne lui parle plus depuis sept ans, et même sa voiture l’a planté… Jusqu’au jour où une vieille connaissance lui propose une dernière chance : filer à L.A. où des soldats en poste en Afghanistan auraient planqué deux millions dollars détournés. En compagnie de Tinafey, une sublime prostituée lasse de tapiner et avide d’aventures, il file en direction du Sud. Un jeu dangereux commence auquel vont se retrouver mêlés un vétéran blessé, un acteur fini, et la fille de Petty. Pour le gagnant : une fortune. Pour le perdant : une balle dans la tête.
On retrouve l’univers à la fois sombre, jubilatoire et attachant de l’auteur de Dead Boy et Angel Baby. Un hommage au roman noir, aussi efficace que maîtrisé.
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Dans la vie Rowan Petty a toujours joué avec la corde raide et survivre dans un monde où le bien et le mal n’est pas franchement défini et encore tout dépend du point de vue. Rowan a la débrouille dans le sang. Petits coups montés à la sauvette pour se faire quelques billets rapidement, d’autres bien plus élaborés et puis y a le jackpot. Le coup d’une vie qui ne se présente qu’une seule fois. Rowan a le cuir dur, de ceux qui ont roulé leur bosse et qui connaissent toutes les ficelles du métier, car s’en est bien un. Rowan a connu le temps où il était le roi des magouilles en tout genre et les poches remplies d’oseilles. Il a côtoyé la chance qui se fait la malle une fois sur deux, mais ce sont là les risques du métier. Rowan est un gars bien sympathique dont il faut tout de même se méfier, il a la verbe des manipulateurs qui seraient capable de vous vendre un bout de papier en vous confirmant que vous allez devenir riche. Rowan a connu son temps où la malchance lui collait aux baskets et les coups durs, comme le jour où sa femme le quitte pour son meilleur pote se retrouvant ainsi avec leur gamine sur les bras. Sam est son rayon de soleil et il se rappelle tout de cette petite bouille qu’il a du laissé à sa mère. Un choix dur mais œuvré dans le but de protéger son unique trésor. Rowan est ni un looser ni un lâcheur. Quelques soient les défaites ou les déroutes, il trouve toujours un moyen de rebondir. La débrouillardise et la témérité sont des atouts précieux dans un monde de chacals prêts à dévorer les restes. Rowan Petty est au antipode d’une super héros, il mérite pourtant votre attention.

 

Direction la Californie pour le coup du siècle. Motel miteux, banlieue craignos, filature, une petite Sam qui a bien grandi, une prostituée Tinafey extraordinaire, un acteur qui a perdu de son prestige, un vétéran estropié, une ex femme et son nouveau mari et deux millions de dollars. Résultat : une sacrée course contre la montre où les balles fuseront dans un certain chaos.

 

Je découvre pour la première fois la plume énergique de Richard Lange et son univers. Une ambiance glauque où le glamour a très peu de place. Des endroits miteux, des gens dingues et peu fréquentables, de la folie, de la douleur, du sang, de complots, des mensonges, tout autant d’ingrédients qu’aime mettre en valeur Richard Lange. Le underground américain où le rêve s’est fait la malle depuis belle lurette. Cette lecture ne m’a pas subjugué. Pourtant j’ai aimé découvrir ce Rowan Petty auquel j’ai fini par m’attacher. Il n’y a pas de véritables surprises tout au long de la lecture. Certaines longueurs redondantes apparaissent ici et là. La psychologie des personnages est soignée et éclectique et est, à mon sens, la force de ce roman.

 

Ni enflammée ni déçue, LA DERNIÈRE CHANCE DE ROWAN PETTY m’a permis de découvrir un auteur et par l’occasion de rallonger ma pile à lire avec DEAD BOYS (nouvelles) et ANGEL BABY.

 

#Esméralda

 
Je remercie Monsieur Geffard pour sa confiance.

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… le site des éditions Albin Michel

… le site officiel de Richard Lange.

A MÊME LA PEAU de Lisa Gardner.


[ POLICIER – A paraître le 2 janvier 2019]
Éditions ALBIN MICHEL
Traduction : Cécile Deniard
Titre original : Fear nothing, 2014.
512 pages
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :


Deux meurtres spectaculaires sont perpétrés à Boston à six semaines d’intervalle. Dans les deux cas, les victimes sont des femmes seules, atrocement mutilées, à côté desquelles l’assassin a déposé une rose.
L’inspectrice D.D. Warren, chargée de l’enquête, décèle vite une similitude entre ces mises en scène macabres et une longue série de meurtres ayant défrayé la chronique à Boston quarante ans plus tôt et dont l’auteur, Harry Day, s’est suicidé depuis.
Seul recours pour D.D. Warren : se rapprocher des deux filles de Harry Day. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les récents crimes et Shana et Adeline ? Pour le savoir, D.D. Warren va devoir se confronter à cette interrogation : peut-on échapper à son destin lorsqu’il est marqué du sceau de la mort ?
Une plongée stupéfiante au coeur d’un enfer familial : Lisa Gardner s’impose définitivement comme une virtuose du thriller psychologique.

Mon avis :


Je découvre pour la toute première fois la plume extraordinaire de Lisa Gardner. Effectivement, si ce nom  me revenais souvent aux oreilles, je n’ai jamais ouvert un de ses romans. Maintenant que le problème est résolu et bien cette rencontre a été formidable, éprouvante et majestueuse.


Je ne sais pas si son meilleur roman, en tous cas il m’a donné envie de découvrir ses précédentes parutions en les rajoutant dans ma wish-list.


D.D. Warren est ce genre de personnage que j’adore. Déterminée, têtue, courageuse, teigneuse, survoltée, passionnante, intelligente et super flic, D.D. est un sacré bout de femme qui ne se laisse pas déstabiliser et qui fonce droit dans les problèmes. Un personnage aux traits de caractères forts et impressionnants. On est loin de ces personnages fades qui se laissent porter par les flots. Non, D.D. fonce, réfléchit, suppose et questionne. Dit comme cela, on dirait une super héroïne, oui mais D.D. est aussi une femme avec ces faiblesses et ses fragilités, une maman inquiète et protectrice et une épouse qui ne faut pas chatouiller.


J’ai adoré suivre ses péripéties, surtout que l’auteur ne l’épargne rarement et joue avec ces nerfs. Cette nouvelle enquête sur « le tueur de la rose », n’a rien d’évident, surtout quand le passé, une psychiatre insensible à la douleur (Adeline) et une prisonnière (Shana) s’en mêlent. Le point commun : Harry Day, papa de Shana et Adeline et accessoirement tueur en série qui séquestrait des femmes et découpait leur peau. Quand deux meurtres rappellent ceux d’il y a quarante ans, c’est la panique à bord.


Lisa Gardner a le talent incroyable de narrer une histoire totalement sensationnelle avec des personnages qui à travers leurs qualités et leurs nombreux défauts arrivent à subjuguer. Elle parfait un tableau aussi horrifiant que réel, incluant le poids incommensurable d’un héritage sanguinaire. Un thriller mené avec brio et ingéniosité où Lisa Gardner ne cède absolument pas à la facilité. Une intrigue où règne un suspense qui tient en haleine jusqu’aux dernières pages. Les personnages attirent l’attention. J’ai lu ce thriller d’une traite. L’auteur m’a immergée dans son monde avec une certaine facilité. La trame dénote par son intensité et les implications. Les doutes assaillent souvent les personnages et outre le fait de découvrir qui est ce tueur à la rose, D.D., Adeline et Shana devront faire face à ce qu’elles ont de plus personnel : leur identité.


Quel thriller éprouvant ! Dans la lignée de Karine Giebel, Lisa Gardner a le talent et l’audace de faire vivre une lecture « tourbillonesque » !


#ESMERALDA


Je remercie les éditions Albin Michel et Babelio pour la découverte de ce super roman.


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Vers le site des éditions Albin Michel pour tout savoir.

Vers Wikipédia pour découvrir l’univers de Lisa Gardner.

DE LA NATURE DES INTERACTIONS AMOUREUSES de Karl Iagnemma.

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[ RECUEIL DE NOUVELLES – LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Nouveauté 2018]
Éditions Albin Michel – Collection Terres d’Amérique
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marina Boraso
Titre orignal : On the nature of human romantic interaction, 2003
Ma note : 3/5 mention « à découvrir »
  Lien Amazon

 

 


Le résumé :

 

« Mon inventaire de l’amour se résume à peu près à Alexandra, alors que le sien se partage entre moi-même et d’autres ». Face à ce constat amer, Joseph, un jeune scientifique, imagine une série d’équations pour contraindre son amoureuse volage à n’aimer que lui. Mais peut-on soumettre l’alchimie des sentiments aux lois de la science ?
C’est la question, drôle et grave, que pose Karl Iagnemma dans ces nouvelles délicieusement ironiques où mathématiciens, universitaires et chercheurs tentent de rationaliser le domaine des sens, abordant de manière insolite l’adage de Pascal selon lequel  « le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». Quitte à se heurter à d’autres énigmes, bien plus insolubles…
 « Le premier recueil d’un scientifique de haut vol qui sait malgré tout que le coeur humain est aussi important que les mathématiques. Son talent est fulgurant et n’a pas fini de nous étonner. » Kirkus Reviews.

 

 


Mon avis :

 

Mathématiques et amour, il ne m’en valait pas plus pour vouloir découvrir ce recueil de huit nouvelles assez différentes des unes et des autres. Voici les titres de ces nouvelles :

 

De la nature des interactions amoureuses
Le rêve du phrénologue
Le théorème de Zilkowski
L’approche confessionnelle
L’agent des Affaires indiennes
Règne, ordre, espèce
La femme du mineur
Les enfants de la faim

 

Je ne vais pas te parler de chacune de ses nouvelles, mais plus généralement. La plume de Karl Iagnemma est un vrai délice. L’auteur évoque avec beaucoup de malice ce sentiment d’amour extrême dans le milieu scientifique. L’intelligence n’est pas gage d’aisance en matière de sentiments amoureux. Leurs péripéties offrent souvent de belles scènes de désolation, de naïveté mais aussi de déchainements et de passion.

 

Dans chaque nouvelle, le ou la scientifique en est le personnage principal : on retrouve le scientifique à lunette caché chaque nuit derrière son écran, le phrénologue, les mathématiciens universitaires, l’artisan du bois, l’agent des Affaires indiennes, la scientifique arboricole, le mineur et le docteur. Il évoluent à la fois dans un cadre bucolique, intransigeant, glacial au grés des époques. Que ca soit courant du XIXe siècle ou fin du XXe siècle, l’amour est un moteur essentiel dans cette quête. Cette dernière peut se poursuivre dans des équations, dans la recherche du crane parfait de la femme parfaite, dans l’abandon, dans la persévérance, dans la passion, dans les entrailles.

 

Certaines nouvelles m’ont charmée par cette manière farfelue d’aller en la rencontre de l’amour. « Le rêve du phrénologue », profession que je ne connaissais pas qui consiste à étudier la morphologie de la boite crânienne et en déduire grâce à un cryptage compliqué l’avenir de leur propriétaire et de leur trait de caractères. A l’heure actuelle on prendrai cela pour du charlatanisme mais cela était assez convaincant au cours du XIXe siècle. Ensuite, « Les enfants de la faim » dans lequel un médecin étudie sur un sujet vivant le fonctionnement de l’estomac. La passion y est si dévorante que finalement l’amour n’a plus aucun sens.

 

D’autres m’ont touché par leur sensibilité. « Règne, ordre, espèce », où une jeune femme scientifique est totalement fascinée par la nature et son fonctionnement. A tel point quel déclame à ses amoureux successifs son amour, par le biais d’une longue tirade tirée d’un bouquin scientifique sur le sujet, qui est loin de laissé de marbre ces prétendants. Son obsession est de découvrir et rencontrer l’auteur de ce bouquin. « La femme du mineur » est une très belle ode à l’amour celui qui se mérite, celui qui dévore les âmes. Etre mineur n’est pas la panade, mais il est un des rares moyens de subsistance lorsqu’on est émigrant. Ce mineur est un passionnée d’arithmétique et tente de démontrer et créer en cachette la faisabilité que la surface d’un cercle peut être identique à celui d’un carré. Sa femme aimante croit alors qu’il est possédé par un démon quand elle découvre ces feuilles gribouillés de signes inconnus. Mais la persévérance et l’amour vont les mener sur le bon chemin.

 

Ce recueil offre huit nouvelles uniques par leur originalité. Les interactions humaines y sont décrites avec beaucoup d’honnêteté, de subtilité. L’ironie, la désillusion, la passion, la culpabilité viennent parachever ces histoires sublimes. Les personnages y sont dépeints dans toute leur complexité. La nature y est beaucoup présente, si le décor change et que les années défilent, j’ai eu l’impression que ces huit histoires se déroulent dans les mêmes lieux et environnement. Point que j’éclaircirai lors d’une prochaine lecture.

 

J’ai passé un agréable moment de lecture en compagnie du recueil de Karl Iagnemma. C’est un vrai délice de se laisser balader au grès « de la nature des interactions amoureuses ».

 

 


Lecture dans le cadre de la Masse Critique de Babelio en partenariat avec Les éditions Albin Michel, merci beaucoup !

 

 

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Vers le site des éditions Albin Michel, pour tout savoir !

Vers le site de Karl Iagnemma !

 

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Une lecture proposée par le Picabo River Book Club.