A FLEUR DE PEAU de James Barnaby.

 

[THRILLER PSYCHOLOGIQUE – 2018]
Éditions DE BORÉE – Collection Marge Noire
443 pages
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Brillante étudiante de 19 ans à l’université du Wisconsin à Madison, Jane souffre de  » fugues temporelles  » depuis l’enlèvement dont elle a été victime huit ans plus tôt, dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées et dont elle ne garde aucun souvenir. En vacances comme chaque été dans le chalet familial au bord du lac Mendota, elle est seule avec son beau-père, sa mère ayant dû repartir précipitamment à Chicago pour son travail. Dans la nuit, la jeune fille se réveille avec les mains ensanglantées, un couteau à ses pieds. Richard gît à ses côtés, égorgé… Jane le sait, elle a tout de la coupable idéale. Pour le procureur du comté et la police de Madison, l’affaire est claire : l’étudiante a commis cet acte odieux dans une crise de folie. Ce n’est pourtant pas l’avis de Joseph Sleuth, l’agent local du FBI, qui penche pour un assassinat politique maquillé en crime familial. Leader du parti écologiste, Richard briguait le poste de sénateur et comptait de nombreux ennemis à la Bourse des valeurs agricoles de Chicago, le puissant et influent lobby des céréaliers. Libérée sous caution dans l’attente de son procès, Jane est prise en charge par un spécialiste de l’hypnose. Au fil des séances elle retrouve peu à peu la mémoire. La réalité se dessine, effroyable…

 

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Il n’y a rien à faire, car tout le monde est fou, ici… Il lui semblait avoir déjà entendu ça quelque part, mais où ? Quand ? Elle ne savait plus. De toute manière, elle se méfiait de ses souvenirs, tout comme elle redoutait ses pertes de mémoires. Si elle était vraiment aussi atteinte que ce qu’on le disait, elle ne pourrait jamais être sûre que ce qu’elle voyait était bien la réalité. Elle délirait peut-être, imaginait des choses qui n’existaient nulle part ailleurs que dans son cerveau dérangé. En ce moment même, cet homme qui se tenait devant elle n’avait sans doute pas plus de consistance qu’une ombre. Jane se dit qu’il était le fruit d’une hallucination. Au fond, rien de ce qu’elle voyait et croyait réel n’avait de sens. Elle errait telle une âme en peine dans un univers de fantasmagories. Elle était plongée dans un rêve aux allures de cauchemar dont elle était incapable de s’éveiller.
C’est alors que l’homme leva doucement son visage, très doucement. Son regard glissa sur le sol avec une infinie lenteur avant de remonter le long du corps de Jane. Les pieds, les jambes, le ventre, le buste, jusqu’aux yeux qu’il se mit à fixer intensément de l’éclat bleu de ses iris, tandis qu’un magnifique sourire illuminait son visage.
Instantanément, Jane bascula dans l’inconscience.
 
Jane vient juste de fêter ses dix-neuf ans. Etudiante, intelligente, solitaire, angoissée, elle tente de survivre dans un monde où réside à ses yeux des dangers constants. Jane est une jeune femme atypique ayant développée un syndrome autistique et touchante dans sa désolation. Jane pratique ce qu’elle appelle « la fuite temporelle ». Etrange exercice. Un instant là des heures plus tard ailleurs. Et son dernier saut dans le temps l’inquiète vraiment. Un morceau de baudruche dans son jogging, seul témoin d’une escapade dont elle est incapable de se souvenir. Ses plus vielles angoisses se réveillent, serait-ce à cause de ce terrible anniversaire de son enlèvement huit ans plus tôt ?

 

Ainsi débute cet incroyable thriller ! Angoisse, peur, suspense, fait inexplicable et sang (quelques pages plus tard) sont les clés de ce roman qui ne m’a laissé aucun répit et aucune chance de m’en sortir.

 

Qu’on lui coupe la tête !

 

Alice aux pays des merveilles, Blanche-Neige, La Belle aux bois dormants, Le livre de la jungle, Walt Disney…. Mais que viennent faire ces dessins animés ici ? Quels liens entretiennent-il avec l’intrigante Jane ? Ont-ils un rapport avec son enlèvement huit ans plutôt ?

 

Qu’on lui coupe la tête !

 

Clap de fin de scène. Comme un signal ou un mantra sinistre, Jane se sent aspirée dans un tourbillon glauque : images rapides, sons, odeurs, sensations, images rapides, sons, odeurs, sensations…. Une ritournelle qui n’a plus rien à voir avec les souvenirs de ses dessins animés. Auraient-ils un pouvoir extraordinaire ?

 

Accrochez-vous bien !

 

Je découvre pour la toute première fois la plume de James Barnaby et la magie a opéré militari. Une plume vibrante et angoissante qui sait parfaitement maitriser les attraits psychologiques de son héroïne dans une atmosphère aussi glauque que solaire. L’auteur décide d’alterner les différents poids de vue des protagonistes et entre le présent et le passé. L’intrigue virevolte au grès des pages vers un final explosif et inattendu. J’aime beaucoup les références au monde de Walt Disney. Ils confèrent un côté angélique à une trame diabolique. Cette immersion forcée dans l’enfance, comme un pont fragile reliant la réalité et l’irréalité. C’est étrange, sensationnel, ingénieux et subversif.

 

A FLEUR DE PEAU est un sacré page turner ! Impossible de le lâcher. Chaque page apporte sa pièce à l’édifice. Et à chaque chapitre j’ai voulu en savoir davantage. Une intrigue sur fond d’amnésie, de complot, de manipulation où une jeune fille de onze ans a le rôle principal.

 

Alors, envie de le lire ?

 

#Esméralda

 

 
Je remercie les éditions De Borée pour leur confiance et leur patience.

 

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… le site des éditions De Borée.

 

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LES AMANTS D’AUSTERLITZ de Alain Léonard.

 
[ ROMAN HISTORIQUE – 2018]
Éditions DE BOREE – Collection Vents d’Histoire
237 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :

 

Comme tous les jeune gens de son âge, Jules Desailly rêve de quitter le cocon familial. Bercé par les aventures de ses parents, héros de la Révolution française et de la Bastille, il décide, contre l’avis de son père, de quitter le Limousin pour découvrir Paris. Il élit domicile chez la Santel, sa marraine, une lavandière, et sa fille Annette. Débrouillard, apprécié de tous les commerçants du quartier, il côtoie à l’occasion les militaires dans les tavernes. Mais la guerre est aux portes du pays. Napoléon, qui a renoncé à envahir l’Angleterre, se tourne vers l’Est où les Autrichiens et les Russes menacent le pays. L’occasion est grande pour Jules de vivre ses propres aventures. Engagé comme tambour au 14e Régiment de Ligne, il connaît la fraternité des soldats, le froid des bivouacs et la fureur des combats. Il rencontre Alexandrine, une jeune cantinière attachée à son régiment. De profonds sentiments vont naître entre les deux jeunes gens. Renoncera-t-il pour elle à poursuivre sa quête d’aventures ? A travers cet ouvrage où se côtoient l’Histoire et le roman, l’auteur nous fait d’abord voyager dans le Paris du début du XIXe siècle, puis dans l’intimité des troupes napoléoniennes.

 

 

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Changement d’horizon avec ce roman, direction la France de Napoléon, début du XIXe siècle, petit village du Limousin où la famille Desailly s’est installée après les événements et les péripéties de La Bastille. Jules et son petit frère ont grandi dans une famille aimante, au son des histoires où bravoure et courage prennent tout leur sens. Jules rêve d’aventures, de découvertes et de voyages. A 13 ans, prenant son courage à deux mains, il décide de convaincre ses parents, de le laisser rejoindre sa tante et sa cousine vivant à Paris. Sa grande maturité finit par obtenir gain de cause. Quelques vêtements et souvenirs d’enfance, il part le cœur léger rejoindre cette famille. Paris, symbole de liberté, de grandes aventures, de grandes choses. Le brave Jules, découvre la rudesse du travail et du temps, les joies infimes et la chaleur d’un autre foyer aimant. Jules grandit, devient un petit homme toujours en quête de l’insolite. De petits boulots et en petits boulots, il s’épanouit et apprend. Mais la vie à Paris connaît aussi sa rudesse : la pauvreté, la maladie … Jules côtoie la tristesse, la mort, la peine, la solitude. Il décide alors de faire l’impensable : rejoindre les rangs de l’armée napoléonienne. Grimé de son uniforme, il part au front. Une longue marche où la peur, la faim, le froid, l’inquiétude, la mort s’insinuent peu à peu dans ce quotidien morne. Des petits moments simples revigorent les âmes. Et notamment cette rencontre avec Alexandrine aussi belle qu’une nuit étoilée. La belle Alexandrine, cantinière de son état, sur le dos de son cheval mal en point, ravive le cœur endolori de Jules alors que les tambours rythment l’une des plus grandes des batailles.

 

Alain Léonard retrace la vie de cet enfant courageux avec enthousiasme, entrain et énergie. Il m’a fait vivre une aventure aussi incroyable qu’impitoyable. Les petits détails comme les grands font de ce roman un moment de lecture magique et inoubliable. La grande Histoire dans la petite est impressionnante et réaliste. Ces tableaux de vie marqueront ceux qui sont sensibles et curieux à cet autre temps, celui qui fait le passé commun d’une nation.

 

Même si j’en lis rarement les romans historiques ont une place importante dans ma bibliothèque car un jour mes enfants, mes petits enfants pourront les lire, les découvrir et comprendre ce qui s’oublie peu à peu. En eux, sont renfermés ces souvenirs, ces détails qui ont tant d’importance.

 

LES AMANTS D’AUSTERLITZ est une magnifique histoire, celle d’hommes et de femmes braves, celle de l’amour, de l’amitié, de la famille, des grands Hommes, des oubliés. Un roman puissant.

 

#Esméralda

 
Je remercie chaleureusement Alain Léonard pour sa confiance et sa patience.

L’ÉTOFFE DES JOURS de Mireille Pluchard.

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[LITTÉRATURE RÉGIONALE – Réédition poche 2018]
Éditions De Borée – Collection Terre de Poche

 

Format numérique (684 pages) : 4.99€
Poche : 9.50€
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 


 

Le résumé :

 

Fils de riches commerçants en tissu, Paul-Marie n’a d’yeux que pour la belle et audacieuse Amandine. Le coup de foudre est réciproque mais les parents n’ont-ils pas d’autres projets pour leurs enfants ? Et la France ne va-t-elle pas se réveiller un matin d’août 1914, au son de la mobilisation générale ? Les élégances, toutes les élégances, celles qui s’exposent et parachèvent la femme et celles silencieuses et bouleversantes du coeur, se révéleront dans la générosité, l’amitié, l’amour et dans la souffrance quand arriveront les sinistres télégrammes du front. Mais Amandine est riche d’idées novatrices et souhaite créer un rayon de prêt-à-porter au sein de la boutique familiale.

 


 

Mon avis :

 

Ce roman est une véritable pépite. Il ouvre une fenêtre très intéressante et témoigne sur le passé, une période douloureuse : la première guerre mondiale.

 

Fort généreuse de sa plume Mireille Pluchard décrit la vie des petits gens, des aristocrates et des artisans avant, pendant et après la guerre. Les nombreuses descriptions sont très précieuses et plongent le lecteur, finalement, dans une époque oubliée et dont on ne comprend plus forcément les us et coutumes.

 

L’auteur m’a immergée dans le quotidien de la ville d’Alais, connu actuellement sous le nom d’Alès (nom réattribué en 1926 suite aux nombreuses contestations). Non loin de Montpellier et de Marseille, ce village des Cévennes est à l’image de la diversité des mondes : riches commerçants et artisans, bourgeoisies, petits gens aux mains d’or et monde paysan se côtoient en toute simplicité sans vraiment interagir socialement. Il faut dire qu’à l’époque, les « castes » ne se mélangent guère. Les mariages de raisons sont de rigueur. La bru (belle fille) doit avoir une jolie dot et savoir gérer un foyer de bout en bout. D’ailleurs le baccalauréat que passaient les jeunes filles issues de familles aisées se portaient sur la gestion domestique et travaux d’aiguilles et autres. La place de la femme de bon rang est à la maison à élever les enfants. Bref, tout ce qui a plus de révoltant à l’heure actuel !

 

Amandine est issue d’une grande famille de vignerons. Amandine est la petite dernière d’une famille de trois très grands garçons. Ses parents long eu sur le tard, elle a apporté cette fraîcheur de vivre, cette insouciance, la gaîté qui manquaient aux Granges-Brunes. Amandine, en grandissant devient une jeune femme exemplaire. Ses idées bien arrêtées, elle va peu à peu imposer ses choix. Tout d’abord son mari, un mariage d’amour avec Paul-Marie, fils d’un vendeur de tissu. Ils ne sont pas du même monde, mais malgré cela, les parents accepteront leur mariage. Amandine est une jeune femme innovatrice et impose sa présence dans le magasin de son beau père. Elle insuffle une nouvelle dynamique au commerce qui connaît un nouveau souffle. Amandine a l’art et la manière de s’imposer sans aucune force. Elle argumente, elle dirige, elle expérimente, elle de nombreuses idées dans la tête. Une femme moderne à l’époque où elles ne sont pas écoutées. Son expérience s’enrichit de mois en mois et le magasin devient incontournable dans la grande ville d’Alais. Paul-Marie et Amandine sont un couple exemplaire qui s’aiment d’un amour pur et véritable.

 

La guerre va les séparer et de nombreuses familles tombent dans le néant. Les femmes prennent la place de leurs hommes aux champs, dans les ateliers et dans les commerces. Leurs poilus sur le front, la société se transforme.

 

J’aime beaucoup ce genre de lecture qui s’inscrit dans le partage des mémoires, des souvenirs. Les éléments relatés sont nombreux : la vie de l’époque, les us, les coutumes, sans oublier la vie au front, Les Poilus, les Gueules Cassées, le travail des femmes et leur place. Une époque où le féminisme se fait doucement attendre, où les mœurs évoluent, et où les femmes osent montrer leurs chevilles, où les femmes osent s’imposer. Ce roman est poignant et touchant : la vie de ses familles endeuillées est bouleversante et terrifiante. Les femmes seules ou avec enfants doivent se battre pou survivre, mettant tout leurs espoirs dans cette nouvelle génération qui relèvera de nouveaux défis, conduiront des automobiles, moderniseront les champs et leurs commerces. La passation des savoirs et des souvenirs est omniprésente aux seins de ces familles unies et c’est en cela que le roman tire sa force. Ce roman se lit avec délice. Malgré son volume non négligeable, j’ai de suite adhéré au style de l’auteure et à l’histoire qu’elle narre avec talent et brio. Les personnages sont attachants et leurs aventure émouvantes. Elle a su toucher une corde sensible. J’ai adoré cette forme de respect et ces mots courtois qui sont de nos jours mises aux oubliettes. J’ai apprécie toutes les informations délivrées au fil des chapitres qui confèrent au roman une dimension « documentaire » très intéressante. Une fiction où se mêle un brin de réalité, donne à la lecture une dimension passionnante.

 

Si comme moi, tu apprécies la littérature régionale relatant des histoires touchantes et vibrantes, alors L’ETOFFE DES JOURS te charmera certainement.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Amandine était tout cela : irritante, prodigieuse et incroyablement finaude.
– Voulez-vous faire quelques pas avec moi, mademoiselle ? Je crois que mon frère et votre amie ont… des choses à se dire.
Coralie regarda Amandine. Les yeux de cette dernière manifestaient son approbation.
Paul-Marie attendit que le jeune couple fût à  bonne distance et vint s’asseoir tout près d’Amandine. Il lui prit la main.
– Je vous ai dit mon nom, jolie demoiselle, mais je ne connais pas le vôtre.
– Amadine. Amandine Malauthier.
– Amandine ! C’est beau comme une friandise, c’est à croquer. Comme vous.
– Je ne me laisse pas croquer par un inconnu, monsieur. Par personne, d’ailleurs !

Je remercie les éditions De Borée pour leur confiance.

 

 

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Focus sur Mireille Pluchard !

 

 

LES OMBRES DE GLOZEL de Robert de Rosa.

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[ POLICIER – Nouveauté 2018]
Editions de Borée – Collection Marge Noire
Format numérique (286 pages ) : 9.99€
Broché : 19.99€
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 


 

Le résumé :

 

Eté 1989, les deux inspecteurs Grégory Des Cartes et Robert Spinoza sont chargés par leur patron, le commissaire Marcel Broust, de suppléer leurs collègues de Vichy. En pleine Montagne Bourbonnaise, dans le petit musée de Glozel, trois objets dont une tablette à écriture ont été dérobés. Rien d’important… Le déplacement aurait pu ressembler à une promenade touristique, d’autant qu’Emile Fradin, propriétaire et « inventeur » du site, est très volubile sur l’histoire de ses découvertes. Sauf que l’on retrouve dans les ruines du château de Montgilbert, tout proche, le cadavre nu d’une jeune fille, accompagné d’un des objets volés. L’enquête change de nature et amène les deux inspecteurs à côtoyer un étrange milieu paysan. Il leur faudra beaucoup de perspicacité pour relier les indices qui les conduiront tantôt vers des pratiques cérémonielles secrètes conduites par des personnages inquiétants, tantôt vers des intérêts économiques et stratégiques dissimulés. Derrière ce roman, apparaît en toile de fond le mystère du site archéologique de Glozel. Sa permanence à travers plusieurs siècles pourrait laisser penser que les sorciers de Glozel n’ont pas complètement disparu…

 


 

Mon avis :

 

Voici un polar que je pourrais recommander à tous les amoureux et amoureuses de récit planté dans un décor bien réel et où les millénaires, d’hommes et de femmes, ont laissé leur empreintes. Robert de Rosa nous offre une enquête sur fond d’ésotérisme, d’archéologie et de complots.

 

LES OMBRES DE GLOZEL est le deuxième roman de Robert de Rosa. Une suite sans être une suite de L’OEIL DE LA PROVIDENCE (paru aux éditions De Borée), puisqu’il continue avec ses deux personnages fétiches Grégory Des Cartes et Robert Spinoza. Pour ma part je découvre pour la première fois et je n’ai été en aucun cas perdue de lire ce « one shot ».

 

Je reviens sur les personnages fétiches de De Rosa et j’attire ton attention sur les patronymes de nos chers inspecteurs. Je trouve que le clin d’œil aux célèbres mathématicien Descartes et philosophe Spinoza est très bien trouvé. Les traits psychologiques de Robert et Grégory vont quelque peu se calquer sur ces deux personnalités emblématiques.
Robert (dénommé Bob) et Grégory (Greg) partent dans les montagnes bourbonnaises (région de Vichy) afin de résoudre une enquête sur le vol de pièces archéologiques dans un musée. Cette dernière va prendre un tournant radical lorsque deux jeunes filles dénudées sont retrouvées mortes et où trônent fièrement à leur côté ces fameuses pièces volées. Un contre à la montre est enclenché afin de mettre au plus vite sous les verrous ce ou ces tueurs. Les autochtones de la région sont loin d’être coopératifs. La crainte, la suspicion, les doutes font les mettre à mal et Bob et Greg devront s’imposer pour asseoir leur autorité et enfin délier les langues. De rencontres en rencontres, ils découvrent un monde paysan fidèle à leurs traditions et un autre monde ouvert sur la magie et les cultes anciens. Maria, la roumaine, Caïn, son fils, le Canadien, le Chinois, Christèle, la jeune fille rebelle, le père en colère, le Beau Marcel… Tout autant de personnages hauts en couleur et revanchards, prêts à rendre fou nos deux inspecteurs. Cette enquête s’avère être un vrai casse tête pour nos deux inspecteurs.

 

J’ai beaucoup apprécié la carte (dés les premières pages)  illustrant la région où se déroule le récit. J’ai pu visualiser les déplacements des différents protagonistes. Le site de Glozel existe véritablement. Un site archéologique controversé : les polémiques vont bon train sur la datation des objets trouvés et les tablettes où des runes feraient figure de proto-écriture, sur le site ancestral qui serait témoin de pratiques anciennes vouées aux déesses-mère. L’auteur explore cette idée tout en y intégrant des informations toutes fondées. Ce roman est une vraie mine d’or. Tous les points abordés que ce soit l’uranium, la visite du roi de Roumanie Ferdinand Ier (en aout 1926), la présence des Harkis dans la région et bien d’autres sont réels et fondés et tirés d’articles ou livres. Le travail de recherche est vraiment impressionnant et subjuguant.  L’intrigue policière est finalement reléguée au second plan, mais elle permet à l’auteur d’introduire toutes ses éléments cruciaux qui fait de ce livre une véritable pépite. L’archéologie et l’ésotérisme font un très bon ménage et donne une dimension bien plus qu’intéressante.

 

LES OMBRES DE GLOZEL est une très belle découverte. Un auteur passionné et passionnant qui ouvre une fenêtre sur l’histoire d’une région qui s’oublie peu à peu dans les turpitudes de la vie moderne.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Cette enquête avait provoqué des confidences auxquelles ils ne s’étaient jamais livrés. La rencontre avec ce milieu paysan, les croyances surprenantes qu’ils partageaient leur avaient ouvert un pan du comportement humain qu’ils ne soupçonnaient pas. Le féminisme vindicatif de Christèle et celui plus modéré de Maria remettaient en cause une organisation de la société qu’els pensaient immuable dans la répartition des rôles. Ils éprouvaient une dimension de l’intuition qui ne s’appliquait pas seulement aux découvertes scientifiques. Et ces idées que l’on pouvait qualifier « d’innées » plongeaient nos deux enquêteurs dans le mystère du vivant.

 

Page 197

 

 

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CONCOURS #1 – Un broché à gagner !

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A GAGNER UN BROCHE !!!!

CONCOURS DU 11 mai au 17 mai 2018 inclus.

OUVERT A LA FRANCE uniquement.

 

 

∞∞ Conditions de participation  ∞∞

 

 

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Screenshot-2018-5-11 Femme de robe de Michèle Dassas

 

Tu veux savoir de quoi parle ce roman, je t’invite à lire mon billet ICI !

 

Bonne chance tout le monde 🙂

 

** le tirage au sort sera effectué le vendredi 18 mai dans la journée. Si les conditions de participations ne sont pas respectés, vous ne pouvez pas prétendre à faire parti du tirage au sort. Le gagnant aura 72 heures pour se manifester via le blog ou les réseaux sociaux. Le broché sera envoyé sous pli avec un numéro de suivi via La Poste. Les Miss Chocolatine Bouquinent et De Borée éditions ne seront tenus responsables des dégâts subis lors du transport.**

 

SOEURS DE LAIT de Frédérique-Sophie Braize.

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[LITTERATURE REGIONALE – Nouveauté 2018]
Editions de Borée
Service presse
Format numérique ( 288 pages) : 9.90€ 
Broché : 19.90€
Ma note : 4.5/5 mention « à découvrir »

 

 

Je remercie les éditions de Borée pour leur confiance.

 

 


 

Le résumé :
Nées de mères différentes, les soeurs Baud ne partagent pas un lien fraternel profond. L’aînée, Ferdinande, veuve de guerre, est entrée en condition à Paris. Zoé et Anthelmette, si dissemblables et malgré tout jumelles, accompagnent leurs époux qui innovent pour participer à la grande aventure de l’or blanc. Coqueline, la cadette, est fascinée par la haute société venue en villégiature dans la station, mais elle ne veut pas la servir, elle veut en être. Séduite par Côme, un jeune voyageur qui vante les vertus médicales du radium, elle fonce dans les écueils de l’existence avant de découvrir que des intrigues sournoises sont menées au détriment de son entourage. Les quatre soeurs seront-elles capables de s’unir pour piéger ceux que rien n’arrête ?

 


 

Mon avis :

 

Avec ce roman-ci je sors vraiment de ma zone de confort, mais c’est en même temps une extraordinaire aventure. Je découvre également une auteur au talent exceptionnel d’oratrice. J’avoue avoir eu beaucoup de mal avec la verbe et la plume de l’auteur, tout simplement car je n’ai absolument pas l’habitude avec l’utilisation de mots désuets ou expressions qui ne sont pas courantes mais qui au contraire doivent l’être en Haute-Savoie.

 

Je plante le décor !

 

Début du XXe siècle, 1922, la première guerre mondiale résonne encore dans les têtes et les cœurs des braves gens. Période de grands bouleversements tant sociétales que découvertes en tout genre. Fracture visible entre les grandes villes qui bénéficient des progrès et les villages éloignés et isolés où les sabots battent encore sur les chemins de terre. Un petit village de Savoie niché sur les pentes abruptes des Alpes : une église, des cahutes, des étables, un cheval de trait, des vaches et leurs cloches, des chemins pentus, un curé intransigeant, une soigneuse aux mains de fée, une famille, Baud, qui a déjà vécu mille et une péripéties et qui n’est pas au bout de leur surprise. Une malédiction de bessons (comprendre jumeaux), quatre sœurs de lait ( Anthelmette, Zoé, Coqueline et Ferdinande) des époux atypiques, une mère tyrannique, un père objectif, des enfants, un jeune homme du nouveau monde (Côme), un médecin douteux et un vétérinaire un peu trop soucieux. Une découverte miraculeuse, le radium (Marie Curie) et sa commercialisation sous toute forme plus ou moins farfelue (eau, crème de corps, compresses, laine, bain …) mais aux propriétés exceptionnelles.
Ce petit village et ses habitants vont être les témoins de changements radicaux : les années folles s’invitent dans un décor blanc et où les chants patriotiques résonnent toujours.

 

En bref !

 

Ce roman est une mine d’informations, de souvenirs, d’us et coutumes oubliées. Les descriptions minutieuses te plongent dans un décor surréaliste mais qui fut pourtant bien existant. L’auteur dépeint avec beaucoup de véracité, ces familles isolées où la religion reste souveraine, où les coutumes rythment le fil des ans, où l’honneur reste fière, où les hommes façonnent de leur mains les matériaux nobles, où les femmes élèvent les enfants, tiennent la maison et aident leurs maris. Le sens de la famille est omniprésent dans les bons comme dans les mauvais moments. Cette unité indestructible toutefois ballottée par de nombreuses péripéties. D’un autre côté également, tu découvres un Paris où les plus fortunés s’adonnent à l’excentricité et où les petites mains survivent tant bien que mal. Et puis tu es mis face à l’un des péchés capitaux : l’avarice. Le gain, la manipulation, l’enrichissement, la renommée et les mensonges vont sournoisement s’infiltrer au grès des apparitions de Côme. Le radium y est exposé comme étant l’eau de jouvence et protecteur de maux. Un scandale pharmaceutique de grande ampleur qui sera précurseur quelques années plus tard du principe de précaution et amplifiera les contrôles pharmaceutiques.

 

Ce roman se base sur des faits véritables. Le travail de recherches est minutieux et ne laisse rien outrepasser. C’est cette véracité dans cette histoire qui la rend exceptionnelle. Un voyage insoupçonné mais qui trouve encore écho aujourd’hui dans des affaires toutes aussi sordides les unes des autres.

 

SOEURS DE LAIT est une magnifique découverte, malgré mes petits tracas du départ, ils se sont vite effacés pour laisser place à une histoire bouleversante et prenante dans un monde qui s’est peu à peu oublié.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Coqueline reconnaissait tout ignorer du monde des affaires, tandis que Côme voyait ses œuvres de bienfaisance louangées par beaucoup. Comment ne pas être en admiration devant quelqu’un capable sinon de soigner tous les siens, en tout cas d’améliorer leur quotidien ? Comment ne pas être en extase devant un homme propre ) faire de vous une princesse en un claquement de doigts ? Elle décida que, s’il revenait, elle agirait différemment. Coqueline, plus hardie dans ses pensées que dans la vie, le deviendrait aussi dans ses manières. De cette façon, il ne pourrait plus faire autrement que de s’engager. Ce n’était pas qu’elle attendait le bonheur. Non. Elle n’était pas naïve à ce point. Elle cherchait juste un moyen d’échapper à sa condition de femme captive d’une société ancrée dans le passé.

 

 

 

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 Aparté sur Frédérique-Sophie Braize

 

De son enfance en Haute-Savoie, Frédérique-Sophie Braize a retenu les coutumes et traditions d’une région dont elle connaît tous les reliefs et paysages. Elle y a côtoyé des hommes et de des femmes aux prises avec les malheurs de l’histoire et les tourments du cœur. Ils ont raconté leur quotidien, effrois et bonheurs mêlés, qu’elle restitue sous une forme romanesque. Des récits justes, à l’émotion intacte. Elle est l’auteur de recueils de nouvelles remarqués par la critique, pour lesquels elle a reçu les prix Vedarias 2012 et Gaston Welter 2013. Elle publie ici son troisième roman.

 

 

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L’ENFANT TROUVÉE de Louis Mercadié.

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[LITTÉRATURE FRANÇAISE -Nouveauté 2018]

Éditions De Borée

Service presse

 

Format broché (285 pages) : 18€90

Numérique : 9€99

Ma note : 5/5

 

 

 

Je remercie les éditions De Borée pour ce service presse.

 

 


 

 

Le résumé :

 

Abandonnée sur le parvis d’une église par une nuit glaciale, Noëlle a été recueillie par les soeurs et va grandir à l’orphelinat. Comme tous les enfants sans famille, la petite fille doit participer aux tâches de nettoyage et d’entretien de l’établissement, jusqu’au jour où on estimera qu’elle est en âge de travailler. Exploitée comme tant d’autres dans une filature puis à la mine, l’existence qui l’attend n’a rien de réjouissant. Pourtant, Noëlle ne baisse jamais les bras. Des écuries d’un château aux barricades de la Commune, du froid des nuits sans toit à la chaleur d’un atelier d’artiste, elle est poussée par l’espoir de retrouver un jour celle qui l’a mise au monde.

 


 

 

Mon avis :

 

Je dois avant tout vous signaler que c’est une véritable fiction même si la frontière avec le témoignage est ténue. Une fiction qui se déroule tout au long du 19e siècle sur fond historique. Une fiction bouleversante. Une fiction où l’espoir est omniprésente, celui de retrouver son identité, celui d’affirmer sa place dans une société encore patriarcale. Une fiction aux allures de combats, encore d’actualité, ceux de l’émancipation de la femme. Un combat qui prend tout son sens au cours du 19e siècle, précurseur du mouvement féministe. Une fiction qui m’a touchée au delà des mots, qui rappelle que seules des dizaines d’années nous séparent.

 

Noëlle est une enfant trouvée. Abandonnée par sa mère sur le parvis de l’église de Saint-Geniez-d’Olt en Aveyron, son enfance se déroule au grès des travaux de l’orphelinat. Les tâches deviennent de plus en plus ardues tout en grandissant. Noëlle ne connaît pas l’insouciance de l’enfance, très tôt elle prend conscience que sa condition ne lui autorise aucun faux pas. La survie par le travail. Noëlle est une enfant joyeuse, avenante, combative, curieuse, travailleuse, malicieuse, bienveillante. Elle ne rechigne jamais à la tâche. Son sourire illumine son visage trahissant la dureté de sa vie. Cette dernière est un sacré parcours du combattant, l’époque voulait ça. Mais sa bonne étoile l’a merveilleusement bien guidée. L’enfance laisse place à l’âge à adulte. La rencontre de Mathieu, jeune compagnon, lui permet de quitter l’orphelinat. Elle le suit au grès des travaux, traversant petits villages, ils vont arriver à Nîmes où il s’établissent pour plusieurs mois et le quittent à tout hâte lorsqu’une épidémie de choléra frappe la ville. Leur errance est faite de rencontres charitables, merveilleuses. Noëlle apprend à écrire et à lire auprès d’une perceptrice. De travails en travails éreintants, elle est toujours aussi curieuse. Elle apprend à faire naitre les agneaux. Leur errance va les mener à Lyon où Matthieu est attendu pour un grand chantier à l’église Saint-Martin, de l’antique abbaye d’Ainay. L’idée de retrouver ses parents taraude de plus en plus Noëlle, sur les préconisations du baron Charles de Saint-Amédée, elle va rejoindre un groupe de bohémiens vivant non loin de Lyon. Cette communauté va l’accueillir chaleureusement et l’aider à obtenir les réponses. Malheureusement, le sort va frapper sa vie et la mort apporter son cher Mathieu. Elle rejoint définitivement la communauté de bohémiens où elle approfondit ses connaissance en matière de médicamentation et d’accouchement. Bien des années plus tard, elle décide de monter à Paris afin de chercher sa mère qui aurait été aperçu non loin de Notre Dame de Paris. Elle y découvre le Paris pauvre, les nuits froides, la mendicité, le rejet, les petits boulots, la prostitution, les hospices ; et puis une nouvelle rencontre, Théodore Chassériau, qui lui fait découvrir le Paris luxurieux, artistique. Bien d’autres rencontres mouvementeront sa vie, la menant aux barricades de la Commune, la faisant vivre l’enfer du siège des Prusses, la plongeant davantage dans le Paris des indigents, la menant à des combats d’une envergure qui ne seront entendus que des années plus tard.

 

« L’enfant trouvée » est une histoire tellement magnifique. Une histoire qui résonne comme une vérité oubliée. Une histoire engageante. Des aventures plus ou moins heureuses. Une quête intense, époustouflante au fil d’années torturées. Le diaporama d’une femme précurseur d’idées, combative et engagée. Une histoire simplement merveilleuse.

 

La plume de Mercadié n’a rien à envier aux plus talentueux. J’ai apprécié le fait que la fiction soit vraiment ancrée dans les faits historiques du 19e siècle. Qu’elle soit ponctuée de rencontres de véritables hommes et femmes qui ont façonné ce siècle.

 

Il y a très longtemps que je ne m’étais pas plongé dans ce genre de roman. J’y ai retrouvé tout ce qui peut me transporter : une héroïne haute en couleur, une atmosphère fidèle à l’époque et un message sublime.

 

Ce roman est juste sensationnel ! A découvrir !

 

 

EXTRAIT
Et la jeune femme, qui s’appelait Julie, raconta son calvaire. Depuis longtemps, elle subissait son époux, un homme violent qui plusieurs fois la laissa dans un état grave. Et pourtant, elle l’avait tellement aimé ! Ses parents l’avaient mise en garde sans succès. Elle avait fui l’autorité paternelle en se mariant, trop jeune, avec cet ami d’enfance qui ne tarda pas à l’étouffer par ses crises de jalousie répétitives.
-Presque chaque jour, je suis punie, humiliée, séquestrée…et le soir, dans la pénombre de la chambre, mon mari me prend comme s’il chevauchait une jument rétive. Sa jalousie, il la vit tellement qu’à chaque fois qu’un homme se retourne sur moi il me bat. Combien de fois j’ai pleuré de n’être pas née laide ou sotte… Je suis une femme enchainée par les liens soi-disant sacrés du mariage, condamnée à subir jusqu’à la mort ses violences.

 

 

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