ONZE JOURS de Lea Carpenter.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE NORD AMÉRICAINE ]
RENTRÉE LITTÉRAIRE 2018
Éditions Gallmeister – Collection America
Traduit (de l’américain) par Anatole Pons
Titre original : Eleven days, 2013
Format numérique (266 pages) : 14.99€
Broché : 22.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

Pennsylvanie, mai 2011. Sara apprend que son fils unique Jason, parti combattre avec les forces spéciales américaines, est porté disparu en Afghanistan. Femme forte et indépendante, familière des hautes sphères politiques, Sara, qui a élevé seule Jason après le décès de son père, se retrouve pour la première fois de sa vie impuissante face au destin. Confrontée à l’interminable attente, assiégée par les journalistes, elle plonge dans ses souvenirs et relit les lettres envoyées par Jason durant son entraînement, espérant se rapprocher de ce fils disparu et comprendre les raisons de son engagement. Au bout de neuf jours, des nouvelles arrivent.
Le premier roman de Lea Carpenter est le portrait sensible d’une mère et de son fils, dont les choix bouleversent leurs deux vies à tout jamais.

 


Mon avis :

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Ce qui s’est passé ce jour de 2005  dans la province de Kunar est bien connu au sein de la communauté de la NSW ; c’est une nouvelle histoire d’héroïsme, de bataille et de courage, une histoire sur la manière dont on se bat aujourd’hui contre des ennemis qui n’ont pas toujours l’air de menaces, dans des endroits où vous n’auriez pas envie de passer votre lune de miel. Elle est aussi emblématique du fait que les opérateurs ne laissent jamais leurs hommes derrière eux. Cette journée-là fut une tragédie qui comportait un enseignement moral. Parmi les SEAL, les gars discutent et analysent encore l’histoire des chevriers et de leurs chèvres, où les opérateurs – ils n’étaient que quatre – durent décider s’il fallait égorger les chèvres et leurs gardiens, ou bien les laisser partir et prendre le risque qu’ils parlent et trahissent la présence des SEAL auprès des talibans. Le vote alla en faveur de la bonne conscience. Il alla en faveur des chevriers, qui étaient des civils. Vous ne pouvez pas tuer des civils.
Les chevriers ne tinrent pas le secret.

 

 

Décidément ce mois de septembre est riche en découverte. Lea Carpenter signe avec ELEVEN DAYS, son tout premier roman qui divise, vraiment, la blogosphère.

 

Carpenter traite un sujet actuel et intergénérationnel. Un sujet qui apporte son lot de polémiques et qui divise largement les Etats-Unis. La guerre contre le terrorisme est acclamée par les chants patriotiques et drapeaux flottants pavoisant de nombreuses maisons et autant dénigrée par les détracteurs.

 

Au travers de l’histoire de Sara et de son fils Jason, Carpenter décrit avec honnêteté, précision et bienveillance le quotidien de deux êtres qui ont pris le parti de veiller l’un sur l’autre quelque soit le chemin qu’ils prennent. De ne pas juger et surtout porter un regard objectif et respectueux de leurs choix. Sara, mère célibataire mais soutenu par le papa David, est une douce rêveuse, idéaliste dans un monde où les mots virevoltent. Une mère aimante et protectrice. Son fils Jason a grandit au rythme de son imagination débordante. Un père parti trop tôt, avec touts ses secrets. Un silence pesant où est abstenu toute sorte d’histoire héroïque. Le 11 septembre 2011, date charnière d’une nouvelle ère, éclate alors qu’il est un jeune homme en quête de son futur. Comme parmi tant d’autres, il rejoint les rangs de l’armée américaine.

 

Sara vit au jour le jour, quotidien ritualisé, entre son travail de correctrice, de correspondance avec son fils, de ses recherches sur des essais politiques et sur l’armée. La peur de le perdre est là, tapit dans l’ombre. Ingrate, moqueuse, narguant avec force la tranquillité de Sara. Car Jason poursuit son engagement, ses entrainements et rejoint le SEAL ( Sea, Air, Land (mer, air, terre). L’acronyme signifie également « phoque » en anglais ; il désigne la polyvalence des forces spéciales de l’US Navy. Note de l’auteur). L’excellence de l’armée américaine.

 

Carpenter, forte de sa plume authentique délivre dans son récit l’immuabilité qui unit une mère et un fils parti au front. Tout à tour, elle donne la voix à Sara et puis à Jason. Carpenter m’a bouleversée par le discours de Sara qui délivre sa peine, sa joie, ses craintes, ses espoirs, ses attentes. Elle met en exergue cette foule de sentiments en brandissant fièrement la pancarte : « je suis fière de mon fils, mais je n’accepterai pas sa mort éventuelle ». Le paradoxe est saisissant et c’est sur ce point de vue que Carpenter tire la force de son roman. D’un autre côté, dans les pas de Jason, j’ai découvert un univers inaccessible pour le commun des mortels, celui des SEAL. Dans ces moments là, le récit est nettement plus technique. A la fois documentaire et récit d’action, j’ai découvert qui sont ses hommes anonymes qui défendent la liberté de tous. Ces portraits sont tour à tour émouvants et effroyables.

 

ONZE JOURS m’a littéralement chamboulée. Il est difficile de se dire que c’est une pure fiction tant tout  semble réel. Quelque part dans un pays qui m’est inconnu, des mères, des pères, des frères, des sœurs, des familles entières, des soldats sont concernés. J’ai aimé que Carpenter ne prenne pas position dans ce conflit et que son roman est , ici, pour montrer la pure réalité. Elle donne la chance à son lecteur via toutes les informations concrètes de se forger sa propre opinion.

 

Hommes, héroïsme, bravoure, force, patience, sentiments, amour … animent avec brio une histoire poignante !

 

 


 

photo auteur

 

Focus sur Lea Carpenter

 

 

Lea Carpenter est née en 1972 dans le Delaware. Diplômée de Princeton et de Harvard, elle a été éditrice du magazine de Francis Ford Coppola, Zoetrope. Elle partage son temps d’écriture entre scénarios et œuvre romanesque. Onze jours est son premier roman, qu’elle a commencé à écrire après la mort de son père, espion dans l’Army Intelligence en Chine et en Birmanie pendant la Seconde Guerre mondiale. Lea Carpenter vit à New-York.

 


Je remercie les éditions Gallmeister et Léa du Picabo River Book Club de m’avoir permis de découvrir ce roman.

 

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MY ABSOLUTE DARLING de Gabriel Tallent.

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[LITTERATURE NORD AMERICAINE – Nouveauté 2018]
Editions Gallmeister
Traduction : Laura Derajinski
Service presse en partenariat avec le #PicaboRiverBookClub

 

Format numérique (453 pages) : 16€99
Broché : 24€40
Ma note : 5/5 avec mention pépite !

 

 

Je remercie les éditions Gallmeister et Léa, administratrice du groupe Picabo RiverBook Club pour ce service presse !

 


 

Le résumé :

 

À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie. My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis. Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

 


 

Mon avis :

 

EXTRAIT
Elle pense, Ca n’est jamais allé, chez nous et ça n’ira jamais. Elle pense, Je ne sais même pas à quoi ça ressemble, d’aller bien. Je ne sais pas ce que ça signifie. Quand il est au meilleur de sa forme, on va mieux que bien. Quand il est au meilleur de sa forme, il s’élève largement au-dessus de la masse et il est plus incroyable que tout le reste. Mais il y a quelque chose en lui. Un défaut qui empoissonne tout. Que va-t-il advenir de nous…

 

Pour comprendre ce livre, le plus simple est de le découvrir soi même, se laisser porter par la plume extraordinaire de Tallent et se perdre dans cette verbe si exceptionnelle.
Un monde bouleversant et cruel. Un monde où la moindre faiblesse n’est pas tolérée. MY ABSOLUTE DARLING a cette aura dérangeante. On accroche ou on déteste. Il n’y pas de juste mesure. Soit on se perd dans cet univers et on s’y noie. Soit on décide de le fermer pour toujours. Rien n’est facile dans cette lecture dans la mesure où Tallent parle de sévices. Il parle d’un père qui ne voit le monde qu’au travers de sa fille. Trop protecteur, cruel, intransigeant, fou, possédé, illuminé, désaxé, fourbe. Abuse de sa fille. Pénétrer dans son cerveau relève d’une aventure fantasque. C’est voir l’horreur, la perdition humaine dans ce cercle vicieux d’amour et de désir toxique. C’est essayer de comprendre le pourquoi de la chose. C’est essayer de trouver de bonnes excuses pour son comportement. Héritage familial, peut être ? C’est se poser continuellement des questions. C’est le détester et vouloir l’anéantir.

 

Julia, Croquette, Turtle est cette petite fille, orpheline de sa mère. Elle est à l’image de la jeune fille que son père à confectionner. Craintive, misogyne, solitaire, haineuse et extrêmement douée avec la cachette et les couteaux. Sauvage, elle communie parfaitement avec la nature. Elle a cette simplicité complexe qui rebute plus d’un et au contraire en attire d’autre. Turtle ne connaît que la vie, celle soumise par son père. Scolarisée mais peu impliquée dans ses études, elle ne désire par apprendre ce que la vie est à l’extérieur. Jusqu’au jour où leur quotidien va être bouleverser par des rencontres. Prendra t-elle conscience des ignominies qu’elle subi ?

 

 

Fort de sa plume charismatique, Tallent nous offre un premier roman toute en splendeur. Tallent m’a plongée dans une ritournelle macabre. Usant de répétitions, il crée une atmosphère suffocante : le nettoyage de l’arme de Julia, le petit déjeuner, prendre le car scolaire, les planches qui grincent lorsqu’il monte la rejoindre dans sa chambre… Il crée ce cercle infernal d’un quotidien jugé banal et normal par les protagonistes. Jusqu’au jour où tout par en cacahouète ! La mort de son grand-père, l’abandon de son père, la rencontre de Jacob. Elle découvre une autre vie, celle où la contrainte et la violence ne sont pas synonyme de bonheur. Elle se remet en question, les incertitudes sont peu à peu balayer, pour laisser place à une certaine maturité. Un nouveau quotidien plus sain se met en route où elle se découvre. Le cercle infernal est abolit et voit sa vie avec plus de sérénité. Mais comme Tallent ne fait pas dans la demi-mesure, son père revient accompagné d’une gamine de dix ans, Cayenne. On replonge dans l’enfer, mais avec une Turlte plus combative que jamais et déterminée. Même si elle flanche quelque fois, elle ne s’arrêtera plus.

 

Il est impossible de mettre une étiquette sur MY ABSOLUTE DARLING, car tout simplement aucune ne convient à décrire cet ovni de la littérature. Une lecture intense, forte de symbolisme. Même si la lueur d’espoir est tenue, je m’y suis accrochée jusqu’à la fin exceptionnelle du roman. C’est une lecture à la fois bouleversante et grisante. Une lecture foudroyante !

 

EXTRAIT
Turtle patiente à côté d’elle dans la petite cuisine en séquoia, toutes les deux assises par terre, Anna avec son vin, Turtle avec son bol de quinoa, et aucune ne se lève. Elles attendent simplement, s’observent et prennent la mesure de l’autre.

 

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