ROUGE DE SOI de Babouillec.

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[LITTÉRATURE FRANÇAISE – Nouveauté 2018 
Éditions Rivages
Préface Julie Bertucelli
Format numérique (142 pages) : 11.99€
Broché : 15.00€

 

 

Le résumé :
Je m’appelle Eloïse Othello. Je cours contre l’idée de la perte de l’identité individuelle au bénéfice de l’identité collective. En clair, être soi-même et non une identité manufacturée dans la chaîne de l’identité sociale.

 


 

Mon avis :

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Eloïse est allongée les pieds en éventail sur le sofa mauve et le souvenir de Moshé brouille un instant sa joie. Elle se ressaisit en apercevant l’image de Tonio, le monde de Tonio. Elle laisse échapper un soupir, Bordel, c’est compliqué la vie.
Les belles illusions de la Belle au bois dormant s’endorment. Tout devient comme le guet-apens de la Belle endormie aux abois. Je vous raconte une vie sans histoire, sortie des fables sans fontaines pour éponger la soif des assoiffés d’histoires des comptes affables.
L’histoire de Miss Othello.
Eloïse nous raconte l’histoire interdite des êtres communicants, enfermés dans l’œuvre du monde écrite par les hommes méritants selon l’œuvre du mérite. Cultiver l’alternatif permet d’apercevoir les racines oubliées, laissées pour compte. Le nombril en expédition, fabriqué made in culture géométrie de l’intérieur fermé. L’origami certifié conforme.On
On libère des joies mystérieuses nécrosées dans le voyage apocalyptique de l’évidence.

 

Comment parler d’un livre qui est inqualifiable ? Comment mettre ses propres mots sur « Rouge de soi » ? Exercice compliqué tant les mots me manquent et dont je ne maîtrise pas. Comment rendre à sa juste valeur, un roman qui bouleverse, transcende ?

 

 

Ma première rencontre avec « Rouge de soi » s’est faite sur les réseaux sociaux (béni les dieux (pour une fois) qui ont su insufflés aux hommes la création des réseaux sociaux). Cette vidéo qui a attiré mon regard et là j’ai vu et j’ai regardé. Babouillec en pleine création ! Cette joie de vivre en communiquant avec ces lettres. Ce regard, loin d’être éteint mais au contraire plein de malice. La fascination m’a de suite frappée. Et j’ai voulu absolument connaître l’immensité de Babouillec. Celle contenue dans cette bulle qui ne demande qu’à être explorée.
Et puis j’ai voulu ouvrir ce roman par ce que je suis maman d’un petit garçon (qui sera un adulte un jour) qui présente des troubles du spectre autistique. Un combat de tous les jours sans relâche.

 

 

« Rouge de soi » c’est l’histoire de nous, de vous, d’eux, d’elle et de Miss Othello. C’est l’histoire dans l’histoire ! Une place dans la place de la société. C’est l’identité individuelle dans l’identité collective. Un monde, une bulle dans l’anarchie organisée de notre société. C’est tout un tas de questions, de remises en questions, de vagabondages dans les multitudes, des prises de consciences, des insouciances, des rêveries, des réalités, des créations. C’est ultime, renversant. C’est une bulle d’où tu explores chaque recoin qui n’existe pas mais qui fait parti d’une réalité tragique incompréhensible. C’est l’acceptation de la différence mais qui n’est pas en même temps une différence. C’est comprendre cette différence. Miss Othello t’ouvre son monde, sa bulle, sans en être vraiment une. T’enfiles avec elle, ta tenue de scaphandrier et tu plonges dans le tumultueux de l’océan. Tu découvres des trésors enfouis et quand tu lèves la tête de cette profondeur, tu rencontres l’immensité noire des étoiles, de la vie. C’est cosmique ! C’est le bing bang !

 

Babouillec ne gribouille pas. Elle narre, elle philosophie, elle raconte son immensité, elle ouvre les esprits étriqués. Elle joue avec les mots parfois avec beaucoup d’humour, elle s’amuse. Elle te parle.

 

 

Je termine mon petit billet modeste par les mots de Julie Bertucelli :

 

« Plus je lis Babouillec, plus je suis émue et pense profondément qu’elle est l’une des plus grandes poétesses-écrivaines-autrices du XXIème siècle avec sa fulgurante écriture, ses questions intarissables surgissant des profondeurs, sa soif d’élucidation enthousiasmante, ses paroles inouïes, ses histoires uniques et de plus en plus concrètes, toujours différentes, ses dialogues ciselés, son humour renversant et sa pensée qui voyage et nous transporte si loin. Elle nous ouvre la vie en grandissime, en multidimensionnel, en ultrasensible, en surpassionnant, en infiniméthaphysique, en extrapoétique… Je ne la remercierai jamais assez d’être ce qu’elle est et d’être venue sur terre pour nous rencontrer ! »

 

 

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En aparté :

Hélène Nicolas, dite « Babouillec autiste sans paroles », est une jeune femme de trente ans, autiste diagnostiquée très déficitaire.

Jamais scolarisée, elle n’a, selon ses propres mots, « pas appris à lire, à écrire, à parler ». Elle n’a pas accès à la parole; son habilité motrice est insuffisante pour écrire. elle réussit pourtant, après vingt ans de silence, à écrire à l’aide de lettres en carton disposés sur une page blanche, des œuvres d’une grande force poétique.

« Algorithme éponyme et autres textes » recueillent ses principaux ouvrages, dont deux font l’objet de multiples représentations théâtrales, notamment au festival d’Avignon, et bientôt au théâtre de la Ville (février 2017).

 

 

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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE de Norman Maclean.

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[AUTOBIOGRAPHIE – 2017 – Littérature Nord-Américaine ]

Editions Rivages

Traduction : Marie-Claire Pasquier

Préface : Robert Redford

 

Réédition  – Broché (173 pages) : 19€00

  • – Numérique : 12€99

Version poche sous le titre  » La rivière du sixième jour »

 

 

 

 

Le résumé :
« Et au milieu coule une rivière « est plus qu’un roman autobiographique, c’est un récit imprégné d’une lumineuse nostalgie, un livre qui défend une philosophie inspirante. Norman Maclean y raconte son enfance dans les Rocheuses, au sein de paysages magnifiques dont chaque relief influence en profondeur ceux qui y vivent. Comme dans les romans de Pete Fromm, la pêche n’est pas qu’un simple loisir, c’est un art de vivre, une discipline, une chanson de geste qui apprend tout et qui poursuivra Norman dans toutes les étapes importantes de son existence. Préface de Robert Redford, metteur en scène du célèbre film inspiré du récit de Maclean.

 


 

 

Mon avis :

 

Une nouvelle lecture émouvante que je dois de nouveau au groupe Picabo River Book Club spécialement dédié à la littérature Nord-Américaine.

 

Je suis sortie de mes sentier battus pour mon plus grand plaisir. En effet le genre autobiographique est de très loin un de mes favoris. Délaissé depuis le lycée, je n’en ai plus lu depuis.

 

C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai débuté cette lecture. Petit temps d’adaptation, assez rapide toutefois. Me voici plongée dans un décor surréaliste où la nature à tous les pouvoirs. Une nature dure, verdoyante, apaisante. Début du XXe siècle, non loin des rocheuses, une famille presbytérienne voit leur vie s’écoulée aux fils des rituels : la pêche et les prières et prêches. Norman Maclean relate son enfance à l’âge adulte. Ses virées avec son frère, leurs caractères, leurs espoirs, leurs avenirs, leurs désaccords. Le récit est tellement prenant que j’ai vite oublié ce côté présomptueux de l’autobiographie. Il y est relaté les problèmes de la société, l’alcool, les mœurs. « Et au milieu coule une rivière », tel le symbole d’unification, de renouveau et de sérénité. Source de recueil, de retrouvaille, de lâcher prise. Rivière : berceau d’abondance, de pureté, de vie. Elle est à l’image de cette famille tumultueuse : colérique, calme, accueillante.

 

Tandis que les mirages de chaleur dansaient et s’entremêlaient sous mes yeux, je voyais des motifs empruntés à ma propre existence s’unir entre eux. C’est là, en attendant mon frère, que j’ai commencé à me raconter cette histoire. Pourtant, à l’époque, j’ignorais encore que les histoires vécues ressemblent plus souvent à des rivières qu’à des livres. Je savais une chose, c’est qu’une histoire avait commencé, il était une fois, dans la rumeur de l’eau. Et je pressentais qu’en continuant à avancer j’allais rencontrer quelque chose qui résisterait à l’érosion, créant ainsi un coude, des cercles concentriques, des alluvions, et le calme enfin.

 

Un ballet de mots à l’unisson, au son de cette rivière domptée par ces frères et ce père. Un ballet émouvant à l’image de cette ligne d’eau et de ces furtives mouches. Une harmonie parfaite frappée par une tragédie.
Captivée et éblouie sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit pour décrire « et au milieu coule une rivière ».

 

 

Bien sûr, à mon âge, je ne vaux plus grand chose comme pêcheur, et bien sûr, le plus souvent, je pêche seul dans les grandes rivières, malgré mes mais qui trouvent que ce n’est guère raisonnable. Souvent, comme beaucoup de pêcheurs à la mouche de l’ouest du Montana, où les jours d’été sont d’une longueur presque boréale, j’attends la fraîcheur du soir pour commencer à pêcher. Alors, dans le demi-jour boréal du canyon, tout ce qui existe au monde s’estompe, et il n’y a plus que mon âme, mes souvenirs, les voix mêlées de la Blackfoot River, le rythme à quatre temps et l’espoir de voir un poisson venir à la surface.
A la fin, toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu coule une rivière. La rivière a creusé son lit au moment du grand déluge, elle recouvre les rochers d’un élan surgi de l’origine des temps. Sur certains des rochers, il y a la trace laissée par les gouttes d’une pluie immémoriale. Sous les rochers, il y a les paroles, parfois les paroles sont l’émanation des rochers eux-mêmes.
Je suis hanté par les eaux.

 

 

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