MON TERRITOIRE de Tess Sharpe.

[ THRILLER – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié
Éditions SONATINE
566 pages
 
 
Le résumé :
 » Une ballade époustouflante par une voix que vous n’oublierez jamais.  » David Joy
À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Mais le jour où Harley est en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, elle décide de faire les choses à sa manière, même si cela signifie quitter le chemin tracé par son père.
Depuis Winter’s Bone, on n’avait pas croisé d’héroïne aussi fascinante, émouvante, inoubliable qu’Harley McKenna. Ce roman magnifique signe la naissance d’une auteure au talent fou.
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Bienvenue en territoire inconnu où le moindre faux pas peut vous coûter cher, où le moindre regard ou mot malvenu peuvent vous trouer la peau. Bienvenue sur le Territoire des McKenna.

 

Duke, le chef, le roi suprême, dirige cet empire depuis aussi longtemps qu’il le peut. Commerce d’armes, de meth et d’autres … Duke, le business, il le contrôle d’une main de fer. Duke est aussi père. Sa fille Harley est la prunelle de ses yeux. Seuls au monde depuis le tragique accident qui leur a enlevè une maman et une épouse, ils se battent contre le monde entier, enfin le monde entier se résume à la famille Springfield, éternel rival. Harley a grandi aux doux sons des balles qui explosent le crâne, avec la peur grandissante comme amie de jeu, avec le sang comme décoration et avec le sentiment d’être une fille unique façonnée dans le marbre pour endurer les plus terribles des épreuves. L’enfance et ses lots de déconvenues et de bonheur sont maintenant loin derrière elle. La jeune femme qu’elle est devenue force tout autant le respect que le sourire moqueur. Une McKenna se doit de tenir tête à tous. Il est temps pour elle de prendre les choses en main et notamment l’avenir de l’entreprise familiale. Mais ce que vous ne savez pas c’est qu’Harley n’est ni son père ni sa mère, ni la femme docile ni la femme sensible, ni celle qui vous laissera lui toucher une mèche de cheveux si elle ne vous donne pas son autorisation. Harley est une rebelle ténébreuse qui sait cacher son jeu, élevée dans la pure tradition des dur à cuire qui sévissent dans le Colorado.

 

C’est que je n’ai besoin de personne pour me sauver. Je suis qui je suis. Je suis ce que Duke a fait de moi. Il n’y a pas à s’en échapper. La seule option, c’est d’y faire face.
 
Il est rare quand je fais des comparaison avec d’autres romans, mais là je ne peux m’empêcher de penser à MY ABSOLUTE DARLING, BULL MOUNTAIN et LA PLACE DU MORT. Tu shakes tout ça et cela donne MON TERRITOIRE. Un premier thriller qui ne dépote pas tant que ça niveau action et le tralala mais qui met en scène une héroïne totalement subjuguante. Une héroïne mi-ange mi-démon qui joue avec un grand naturel une certaine ambiguïté. Une force phénoménale qui va tout de même te couper le souffle. Tess Sharpe a su créer une femme-enfant en qui les émotions, les remords, les espoirs et son héritage se manifestent d’une manière magistrale et humaine (surtout). Une personnalité de feu et de fer dans laquelle se cache une femme simple avec ses désirs. Loin d’être niaise, elle t’étonnera par ses stratégies. Son entêtement te charmera. Sa fougue te donneras des sueurs. Sa tristesse t’émouvras. Sa colère te feras paniquer. Son amour te transcenderas. Son air machiavélique te feras sourire. Tu iras de surprises en surprises.

 

Le scénario se veut simple et a contrario, l’héroïne est la pièce maitresse et centrale de ce thriller (que tu dois découvrir quand même). Tess Sharpe met en avant ce bout de femme étonnant et ses traits psychologiques. Pour le coup cela crée certaines redondances sur ce dernier aspect. Je pense que le lecteur, au bout de quelques chapitres, sait se saisir des détails psychologiques. De ce fait la lecture est parfois longue. Tess Sharpe a judicieusement choisi d’alterner entre passé et présent. Un effet de forme qui fait son bout de chemin et son effet. Je regrette une seule chose c’est la quasi transparence sur les sujets des femmes violentées et des gangs aryens. Tess Sharpe a choisi de les exploiter sans vraiment les développer et les laisse donc, en arrière plan.

 

Un premier thriller qui ne dépote pas vraiment mais qui se laisse découvrir ! En tout cas je vous invite à vous faire votre propre idée. Je suis certaine que vous succomberez à cette plume nerveuse et délicate. Tess Sharpe est une autrice à suivre et à ne pas perdre des yeux.

 

Il y a des jours où j’ai le sentiment d’être un poison, un poison qui tue lentement.
 
Une chronique de #Esméralda

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… sur le site de Lisez.com.

LE GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE 2020 – Acte II.

 
Bonjour tout le monde !
Aujourd’hui je vous présente, pour cet acte II, les livres sélectionnés par la rédaction de ELLE pour les lectrices du jury d’octobre.
De nouveau 3 romans, 2 documents et 2 polars.
N’hésitez pas à cliquer sur la couverture du livre pour avoir de plus amples informations (résumé et autre …).

Dans la catégorie ROMAN :

Dans la catégorie DOCUMENT :

Dans la catégorie POLICIER :


 

Et les trois finalistes de cette seconde sélection sont :

Vous pourrez lire d’ici peu mes avis sur ces trois livres. Connaissez vous certains auteurs ? Lequel parmi ces trois vous tente ?
A bientôt pour l’acte III.
#Esméralda

LA MORT SELON TURNER de Tim Willocks.

 
[ POLAR – 2018]
Editions SONATINE
Traduit de l’anglais par Benjamin Legrand
PRIX LE POINT DU POLAR EUROPEEN 2019
378 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
Lien Kindle

 
Le résumé :

Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.
Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir :  » Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. « 

 

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Il y a de ces polars qui vous fout les chocotte rien qu’en apercevant la couverture. Résultat : aussi interloquée et curieuse que craintive. Et puis il y a eu cette occasion à ma médiathèque, il était là, bien en vue sur son rayon à m’attendre. Vous comprenez, il m’est impossible de résister à ces signes là.  Et j’ai bien fait de succomber !

 

 

Tim Willocks, auteur anglais, inconnu au bataillon (oh quelle honte !), une plume atypique de chez atypique et qui surtout ne fait pas dans la dentelle. Vous voulez du polar bien sombre, bien corsé qui dégomme tout : ce polar est fait pour vous.

 

 

Direction l’Afrique du Sud, au Cap et sa région au nord (Cap-Nord). Turner est flic par conviction et honneur. Les rues sans dessus dessous, cache-misère, il les connaît. Il côtoie ce monde à part, le respire, le vit. Ce pays bouffé par la corruption et la discrimination, il le combat d’une manière aussi radicale que douce. Cette jeune femme allongée les tripes à l’air est comme une promesse silencieuse. Celle qu’il signifie que la pauvreté ne doit pas flancher devant la richesse et les blancs. Que la justice ne peut pas être un combat vaincu d’avance. Turner, anti héros d’un monde moderne déchu, lunette visée sur le nez, panoplie du parfait guerrier, part mener sa guerre, celle qui honore et qu’il respecte. Terres arides, paysage de désolation, soleil meurtrier, îlots de survie, mirage sans foi ni loi qui ne fait qu’une bouchée de celui qui ose braver. En ces terres reculées, les lois tangibles et malléables gouvernent un monde qui dicte la peur.

 

 

Une confrontation sans pareil, ni foi ni loi, la mort ne recule devant rien, la justice est assoiffé de sang.

 

 

-Son affaire est trop avancée maintenant. Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais il a déjà tué. Littéralement. Je doute que vous compreniez ce que ça signifie. Disons juste que cela en fait une affaire personnelle, plus que personnelle, pour n’importe quel flic. Et il n’est pas n’importe quel flic. C’est le flic de vos cauchemars.

 

 

Le premier coup de feu a retenti, l’heure n’est plus à tricoter. La terre a soif de sang et Turner se fait l’honneur d’être l’ange de la mort, vengeur jusqu’au dernier souffle.

 

 

Crépuscule au paradis. Coucher de soleil en enfer.
Turner resta un moment. Pour savoir qu’il était là. C’était là que sa vie l’avait mené. c’était là qu’il s’était amené lui-même, en quelque sorte. Même s’il avait été conduit jusqu’ici par la force, c’étaient ses propres choix – de nombreux choix – qui étaient à l’origine de tout cela. C’était sa place, maintenant, la sienne seule. Il intégra cette vérité c’était dur, c’était amer, mais s’il ne faisait pas sienne cette dureté, il ne survivrait pas.
Turner pas le sac à dos sur ses épaules, resserra les brides et attacha la ceinture de hanches. Il s’éloigna de tout ça et avança sur la plaque de sel sans un regard en arrière.
 

 

Que vous dire de ce polar : il aussi extraordinaire que sanguinaire, aussi sombre que lumineux, aussi effroyable que honnête, aussi magistrale qu’inclassable. Une sacrée claque qui laisse chaos, pantois, bouleversé, ébahit et interloqué. Une puissante force se dégage de la plume de l’auteur. Elle agrémente les actions et les descriptions. J’ai lu la totalité en apnée. C’est prenant. C’est contrariant. C’est sanguinaire. C’est explosif. C’est intransigeant. C’est magistral.

 

 

Vous voulez découvrir ce qui se cache derrière ces lunettes de soleil, allez-y, foncez-y, mais faites gaffe de ne pas être dans le visueur de Turner, pour sur, vous allez passer un mauvais quart d’heure !

 

 

C’était la seule chose à faire. La décision la plus juste. La meilleure.

 

 

 

#Esméralda

 


 

 

 

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…. Sur Lisezsonatine.com

LE POIDS DU MONDE de David Joy.

 

[ LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – ROMAN NOIR – Rentrée littéraire 2018]

Éditions SONATINE

Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Fabrice Pointeau

Titre original : The weight of this world, 2017

 

Format numérique (320 pages) : 14.99€

Broché : 21.00€

Ma note : 4/5

 

 

 


 

Le résumé :

 

 » Un roman parfait, qui va rester dans toutes les mémoires.  » Donald Ray Pollock
Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?
Après Là où les lumières se perdent (Sonatine Éditions, 2016), unanimement salué par la critique, David Joy nous livre un nouveau portrait saisissant et désenchanté de la région des Appalaches, d’un réalisme glaçant. Un pays bien loin du rêve américain, où il est devenu presque impossible d’échapper à son passé ou à son destin. Plus encore qu’un magnifique  » rural noir « , c’est une véritable tragédie moderne, signée par l’un des plus grands écrivains de sa génération.

 


 

Mon avis :

 

 

Du roman noir, bien serré, bien corsé, y a qu’à demander David Joy. Alors je ne connais pas cet auteur, mais son roman à de quoi remuer les tripes dans tous le sens. Une première rencontre qui ne m’a pas entièrement convaincue et pourtant je l’ai dévoré !

 

Personnages désœuvrés !

 

David Joy attaque très fort dès les premières lignes, uns scène avec de la cervelle en bouilli sur le mur et un petit garçon traumatisé à vie par cette image inqualifiable. Aiden est tout jeune et n’a pas d’autre famille, s’ensuit pour lui l’expérience de l’orphelinat qui ne trouve pas grâce à ses yeux. Une fuite plus tard, errant dans les montagnes des Appalaches, une nouvelle rencontre qui déterminera le restant de sa vie, Thad. Ce dernier vit dans un mobil-home au fond de son jardin. Il n’a que 7-8 ans et déjà mis à la porte par son père adoptif et une mère résignée qui a perdu toute volonté de se rebiffer. Thad est un petit farfelu, il se dit fils d’indien, se roule dans la boue et fume. Petits délinquants à venir, ce duo forme une famille. Plus que les liens du sang, cette amitié c’est pour la vie et la mort, même devant les portes de l’enfer. Un lien puissant, indéfectible, intemporel. Ils grandissent deviennent des hommes, des délinquants. Thad part pour la guerre durant deux années et Aiden devient un ouvrier du bâtiment méritant. Tout semble aller pour le mieux pour nos deux héros, mais c’est si peu dire. LA réalité est souvent si sournoise, imprévisible et malsaine.

 

Poids de l’héritage ?

 

Il ne va s’en dire qu’Aiden et Thad ont grandi dans un environnement familial qui n’a rien à voir avec la famille Higalls. Alcool, violence, manipulation sont leur quotidien. Se libérer de ses chaines destructrices aussi jeune est certainement infaisable et impensable. Cette violence est une seconde peau qui s’infiltre laissant les âmes dépérir à petit feu. La drogue devient alors la seule solution pour masquer cette désillusion. Thad veut oublier la guerre, Aiden veut oublier les montagnes sinistres et le fait qu’il ne mérite aucune famille. La drogue est dans ces moments là liée à l’argent et avec les conséquences néfastes qui en découlent. Toujours dans leur mobil-home, ancre irréelle dans un monde qui ne veut pas d’eux, qui ne leur laisse aucune chance. Ces montagnes oppressantes deviennent destructrices de rêves. Même si April, la maman de Thad, veille sur son petit protégé (Aiden) depuis la maison en haut de la colline. Cette figure maternelle, cougar, n’a rien d’une lumière qui transperce l’obscurité. La famille, les secrets, les non-dits et les souvenirs emprisonnent nos deux héros dans un drame continuel et perpétuel.

 

Une nature hostile.

 

Si le nom d’Appalaches évoque les grands espaces subjuguant et merveilleusement éblouissant. Ici il n’a rien de féérique. La terre devient cercueil. La pluie ne lave plus les pêchers. Les rochers sont aussi aiguisés que des lames. Little Canada n’a rien de paradisiaque. L’atmosphère semble terne, dépourvue de couleurs. Les mobil-home sont tels des verrues surgissant dans un paysage désertique de toutes âmes. L’air semble nauséabond. Le ciel n’évoque que le gris. Et c’est montagne des geôliers. Cette nature contribue à forger des personnages s’enfonçant davantage dans les limbes.

 

De l’espoir contre du noir.

 

Je ne suis pas une adepte du roman noir. Si j’ai bonne mémoire, je pense que c’est le second que je lis. Je ne maîtrise pas les codes dans sa globalité. Du roman noir intransigeant et dur, rien de mieux pour sortir de mes lectures habituelles. Les personnages désœuvrés face à une réalité médiocre. Les souvenirs de la guerre en fond sonore. De la violence, du sang, des cris, des plaintes, des pleurs, des comportements influencés par la drogue. Rien n’est beau. Le sordide dans toute sa splendeur. Le macabre dégouline le long des mots, ensevelit le lecteur. Le néant devient maître d’un monde fou, en perte d’haleine. Oppressant. Déstabilisant. Effrayant. Sans nom. Un monde confiné, sans échappatoire.

 

Le final… quel final !

 

En y regardant de plus près, le final est à la fois génial et décevant. Ce dernier a fait pencher la balance. D’une part, il y a ce final grandiose. Cette église impératrice d’une foi destructrice, témoin d’un fin et d’un début. Un boucle bouclée. Scène violentée par la cruauté humaine d’où en viendra le salut. Pour moi, il y a ce quelque chose de majestueux dans cette presque dernière image. Et puis d’autre part, il y a cet autre final qui m’a laissée sur ma faim. Il est vrai que je privilégie souvent les fins neutres, mais ici c’est le couteau sous la gorge. Je maudis Joy pour de nombreuses raisons. Que faire de ça ???? Je devais avoir l’air d’une folle furieuse arrivant au point final cherchant frénétiquement si il n’y avait pas un autre chapitre. (Nom d’une pipe, c’est terrible … terrible !).

 

 

En bref.

 

Une lecture qui m’a mi-convaincue à cause de cette fin … (je ne reviens pas dessus). L’auteur a eu l’intelligence d’une narration à deux voix, incluant même sur la fin celle d’April (qui fait figure de porte de sortie). Une plume efficace et terriblement honnête. L’auteur n’épargne en rien son lecteur. De la cruauté volontaire, il fait naître une angoisse permanente. Tout devient stressant et insupportable. Le lecteur broie du noir, c’est le cas de le dire. Il va s’en dire que l’ai dévoré et j’ai été impressionnée par ce tableau cruel où la noirceur règne telle une impératrice.

 

 

 

David JOY

Crédit photo: ©Ashley Evans

 

 

David Joy est un jeune auteur américain né en 1983 à Charlotte en Caroline du Nord. Titulaire d’une licence d’anglais obtenue avec mention à la Western Carolina University, il y poursuit naturellement ses études avec un master spécialisé dans les métiers de l’écrit. Il a pour professeur Ron Rash qui l’accompagnera et l’encouragera dans son parcours d’écrivain. Après quelques années d’enseignement, David Joy reçoit une bourse d’artiste du conseil des Arts de la Caroline du Nord. Il se met à écrire pour le Crossroads Chronicle et pour lui-même. Son premier roman, Là où les lumières se perdent, remporte un franc succès et est finaliste du prix Edgar du meilleur premier roman en 2016.
David Joy est également l’auteur d’essais. Growing Gills: A Fly Fisherman’s Journey a été finaliste de deux prix littéraires : le Reed Environmental ainsi que le Ragan Old North State for Creative Non Fiction. Il vit aujourd’hui à Webster en Caroline du Nord au beau milieu des Blue Ridge Mountains et partage son temps entre l’écriture, la chasse, la pêche et des travaux manuels. (Source Lisez.com)

 

 


 

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance via la plateforme Netgalley.
Une lecture approuvée par le PICABO RIVER BOOK CLUB.

 

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Vers le site Lisez.com, pour tout savoir !

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EMMA DANS LA NUIT de Wendy Walker.

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[POLICIER / THRILLER – Nouveauté 2018]

Éditions SONATINE

Traduction : Karine Lalechère

Service presse

 

Format numérique (312 pages) : 14.99€

Broché : 21.00€

Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « à découvrir »

 

 

 

Je remercie les éditions Sonatine de m’avoir permis de découvrir ce livre via la plateforme Netgalley.

 

 


Le résumé :
Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?
Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique. Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?

 


 

Mon avis :

 

Une nouvelle idée lecture que je dois, une nouvelle fois, au groupe #PicaboRiverBookClub. Et c’est une super idée lecture ! Un policier avec un soupçon de thriller psychologique. Un mélange qui est loin de laisser de marbre.

 

Cass et Emma (respectivement 15 ans et 17 ans) ont disparu du jour au lendemain. Fuite ou enlèvement ? L’enquête n’aboutit à absolument rien. Deux sœurs sans histoires, sans problèmes. Deux sœurs qui ont tout pour elles : une famille recomposée aimante et bien sous tout rapport. Cette disparition a profondément marquée la population et bien plus encore leur père. La psychologue, Dr Abigail Winter, qui était en charge de dresser les portraits psychologiques de ces deux sœurs, n’a jamais su faire attendre sa voix à sa hiérarchie sur ses soupçons. Des soupçons qui seront validés trois ans après, à la réapparition de Cassandra

 

Trois longues années. Trois longues années à préparer sa fuite. Trois longues années à réécrire son histoire. Trois longues années silencieuses. Cass a eu trois longues années. Sa réapparition bouleverse et inquiète. Où est donc Emma ? Alors Cass va raconter, sa détention, ses faiblesses, sa sœur. Elle va parler de sa sœur, celle qu’elle adule, adore et aime passionément. On découvre Emma à travers des mots fort d’une jeune fille traumatisée et apeurée. D’une jeune fille détruite qui de ses yeux innocents, a vu cette souffrance destructrice happée Emma. Elle a tout vu. Elle a tout ressenti. Ils doivent absolument retrouver sa sœur. Ils doivent la sauver. Ils, c’est le FBI en charge de l’enquête mais plus précisément c’est elle, Abigail Winter, dans laquelle Cass met toute sa confiance et son énergie pour en l’a retrouvée. Les mots de Cass vont la toucher et la mener sur les chemines arpentés trois ans plus tôt. Son intuition se révèle juste et aider de son ami, l’agent en charge de l’enquête, ils partent sur des sentiers sinueux à la quête d’une vérité qui prend rapidement une tournure insoupçonnée. Les éléments, les petits détails, le comportement de Cass, les réactions de son entourage, tout est passé au peigne fin. La vérité aura t-elle son dernier mot ?

 

Wendy Walker te plonge dans les méandres d’une famille dont l’apparence est souvent trompeuse. Une immersion terrible dans un quotidien où la survie, la manipulation et la jalousie cohabitent inlassablement. Une famille mortifiée par des faux semblants. J’ai été de suite désarçonnée par la puissance qu’émane de Cass. Les mots qu’elle utilise sont méticuleusement choisis. L’auteur te projette littéralement dans le chaos de ses pensées. Tu suis, pas à pas, l’évolution de ses idées, de ses peurs, de ses doutes et tu sens que quelque chose cloche sans savoir quoi. Et puis parallèlement tu suis le processus d’enquête et notamment les réflexions de Abigail Winter qui lentement va dénouer les fils pour mettre le doigt sur le point essentiel.
Wendy Walker aborde un sujet très délicat : le trouble de la personnalité narcissique au sein de la famille. Loin d’être dérangeant, ce thème implique la souffrance, l’humiliation et la destruction de l’estime de soi. De plus, ces deux jeunes filles rentrent dans la partition et j’ai vite ressenti cette angoisse qui te paralyse le corps. C’est un véritable huit clos où l’atmosphère pesante t’opprime au fils des chapitres. J’ai eu cette impression que les murs se refermaient sur moi, sans trouver une véritable issue. C’est douloureux, étouffant, mais voilà tu t’accroches pour connaître cette vérité et lorsqu’elle éclate j’ai ressenti toute la colère silencieuse qui s’est accumulée tout au long de ces 300 et quelques pages. J’ai été abasourdie par ce final que finalement tu ne vois pas venir. Pas le moindre soupçon.

 

C’est un des meilleurs thriller que j’ai pu lire jusqu’à présent. Tous ces détails, cette configuration à deux voix (Cass et Abigail) donnent une dimension éprouvante au contexte du roman. Il y a ce quelque chose qui te sidère complétement et fait retenir ton souffle. T’es là, les bras branlants, tu subis et tu te demandes quel va être le fin mot de toute cette histoire. Un roman très prenant et poignant !

 

Un drame familiale totalement déconcertant !

 

 

Wendy WALKER

En aparté !

Ancienne avocate spécialiste en droit de la famille, en droit commercial et banquière d’affaires, Wendy Walker est aujourd’hui romancière et éditrice dans le comté de Fairfield, Connecticut. Elle commence son travail d’écriture pour les éditions St Martin’s Press avec deux romans féminins, puis la série Chicken Soup for the Soul. Tout n’est pas perdu est son premier thriller psychologique. Avant même sa parution, il est très vite repéré par l’équipe de production de Gone Girl de David Fincher et est en cours d’adaptation par la Warner Bros.
Wendy Walker s’intéresse particulièrement à la psychologie et aux avancées de la recherche scientifiques sur la mémoire. L’auteur analyse dans Tout n’est pas perdu les mécanismes du souvenir et du syndrome post-traumatique. Emma dans la nuit est son second roman publié en France, en 2018.

 

 

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