L'AVENIR DE LA PLANÈTE COMMENCE DANS NOTRE ASSIETTE de Jonathan Safran Foer.

[ DOCUMENT – 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville
Éditions de L’Olivier
304 pages
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Le résumé :
 » Des millions de gens vont mourir à cause du réchauffement climatique. Des centaines de millions de gens vont devenir des réfugiés climatiques. Ces chiffres comptent, parce que ce ne sont pas seulement des chiffres – il s’agit d’individus, avec chacun une famille, des habitudes, des phobies, des allergies, des aliments préférés, des rêves récurrents, une chanson qui lui est restée dans la tête, des empreintes uniques et un rire particulier. […] Il est difficile de prendre en charge des millions de vies. Mais il est impossible de ne pas prendre soin d’une seule. Cependant, peut-être n’avons-nous pas besoin de nous soucier de ces millions de gens. Il nous suffit de les sauver. « 
Après l’immense succès de Faut-il manger les animaux ?, Jonathan Safran Foer revient à la charge : l’élevage intensif des animaux est responsable du dérèglement climatique. L’extinction de la planète aura lieu parce que nous mangeons trop de viande. Avec empathie, avec humour, l’auteur analyse les défis auxquels nous devons faire face. Parce qu’il n’est pas trop tard pour inverser la tendance. Et que l’avenir de la planète commence maintenant, dans notre assiette.
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Peut-être aurais-je du sortir mes assiettes en porcelaine, l’argenterie et les verres en cristal pour vous parler de ce livre. Faire tinter la cuillère sur la coupe de champagne, se lever pour faire un discours. Oui cela aurait été la meilleure façon pour introduire le dernier document de Jonathan Safran Foer. Faire dans le grandiose pour parler d’un sujet davantage grandiose.

 

Avec humilité et tacticité emprunte d’une humour masqué, Jonathan Safran Foer parle de nous tous, de lui et de l’avenir, eux, nos enfants. Parle avec un enthousiasme énergique d’un thème auquel nous faisons (la plupart d’entre nous) la sourde oreille. Le dérèglement climatique. Nous avons tous notre point de vue : un que nous nous sommes fabriqués, un que nous avons déduit en regardant moult reportagse et un qu’on nous a inculqué à force de coups de marteaux en non confirmant que tout allait bien. Alors quel part des chose devons-nous faire ? Et si seulement nous ouvrons notre âme et notre bon sens et écoutons et regardons les signes avant coureur. Il n’est plus l’heure d’être aveugle et de se dire que cela de nous concerne pas et que nous avons le temps. Justement le temps est l’inconnue dans cette prise de conscience majeure. Le temps nous ne l’avons plus et il est maintenant notre pire ennemi. Que faire ? Que faire pour nos enfants ? Que faire pour les futures générations ? Les gouvernements quels qui soient n’ont guerre la main dans les affaires gérées par les lobbys. L’argent appelle l’argent au détriment du bon sens. Que faire, nous citoyens, du monde pour tenter de sauver ce vaste monde qui nous accueille ? Et si nos actes individuels servaient une cause communautaire ?

 

Jonathan Safran Foer sous le couvert d’une jugement omniscient et de son jugement personnel parle, discute, argumente et explore le monde de l’impossible. Conscient que les engagements personnels (même les siens) sont une cruelle bataille. Conscient que les choix radicaux et les changements de vie sont un acte barbare et qu’il est bien plus confortable de vivre dans un quotidien cotonneux. Conscient que le prix à payer est bien trop conséquent face aux choix à prendre. Conscient qu’il ne faut rien à attendre en retour, pas de médailles, pas de félicitations et pas de haies d’honneur. Au sein d’une société individualiste, l’individu a pourtant des atouts bénéfiques pour faire changer la donne.

 

Cela peut paraître aberrant et totalement fantasque, mais j’adhère aux raisonnements de Jonathan Safran Foer. Pourquoi manger moins de viandes ? Son schéma explicatif est essentiellement tourné vers les Etats-Unis mais il peut largement s’appliquer ici. Aux Etats-Unis et selon deux études (plus ou moins sérieux selon les points de vues et égo), l’élevage industriel (surtout de vaches) seraient responsables de 18% à 51% d’émissions (mondiales) de gaz à effet de serres. Abattage de forêts, productions de céréales pour nourrir ces mêmes bêtes ( production qui pourrait contribuer – voire la faire disparaître –  à la diminution de la famine dans le monde), transformations, exportations et les bêtes (elles-mêmes) seraient responsables d’une grande partie de nos malheurs et nous, individus, pouvons, par nos actes et nos décisions, intervenir sur ce phénomène. Ce n’est pas la solution radicale mais cela contribuerait à ralentir le processus du dérèglement climatique. D’autres données appuient son argumentation et j’ai été terrifiée.

 

Jonathan Safran Foer s’interroge et nous interroge. Il veut lever le voile sur l’urgence de maintenant, c’est ici et maintenant. Il veut lever le voile sur notre non-conscience d’un problème qui ne peut pas être uniquement régler par les hautes instances de tous les pays. Il veut lever le voile sur un avenir sinistre et irréversible que nous allons voir et vivre et que nous enfants devront affronter. L’anthropocène est en marche depuis de nombreuses années et à terme l’humanité sera la sixième et dernière extinction de masses. Un mot barbare, un mot cruel pour définir notre plus grande perte, notre planète.

 

Et vous, qu’êtes-vous prêts à faire ?

 

Ce n’est pas seulement avec le recul qu’une histoire devient bonne. Les bonnes histoires font l’Histoire avec un grand H. Pour ce qui concerne le sort de notre planète – qui est aussi celui de notre espèce -, il y a là un problème sérieux. Comme l’a exprimè le spécialiste de biologie marine et réalisateur Randy Olson : « Le climat est sans doute le sujet le plus ennuyeux que le monde scientifique ait jamais eu à présenter au public. » La majorité des tentatives pour faire de cette crise un récit sont soit de la science-fiction, soit déconsidérées comme telle. Il y a très peu de versions de l’histoire du dérèglement climatique que les enfants d’une école maternelle pourraient recréer, et il n’en est aucune qui puisse émouvoir leurs parents jusqu’aux larmes. Il semble fondamentalement impossible de faire pénétrer la catastrophe telle que nous la voyons se profiler à distance dans l’ici et le maintenant du ressenti. Comme l’écrivain Amitav Ghosh l’a exprimé dans son livre The Great Derangement : « La crise du climat est aussi une crise culturelle, et donc de l’imagination. » Je dirais pour ma part que c’est une crise de croyance.

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions de L’Olivier.

LES FAIRE TAIRE de Ronan Farrow.

[ DOCUMENT  – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Perrine Chambon et Elsa Maggion.
Editions CALMANN-LEVY
446 pages
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Le résumé :
En 2017, une simple enquête pour la chaîne de télévision NBC mène Ronan Farrow à une histoire dont on n’ose parler qu’à voix basse : un des producteurs les plus puissants de Hollywood serait un prédateur sexuel, protégé car il règne par la terreur et l’argent. Ainsi démarre l’affaire Harvey Weinstein.
Alors que Ronan Farrow se rapproche de la vérité, des hommes de l’ombre issus de prestigieux cabinets d’avocats et de cellules d’espions montent une campagne d’intimidation, menacent sa carrière, le traquent sans relâche et instrumentalisent son passé familial. Au même moment, il est confronté au sein de sa chaîne à un degré de résistance incroyable, mais il a enclenché le mouvement : partout dans le monde des femmes se lèvent pour témoigner.
Les faire taire c’est la voix de ces femmes qui ont tout risqué pour dire la vérité. Impressionnant travail d’investigation se lisant comme un thriller, Les faire taire nous invite dans les coulisses d’une enquête qui secoue notre époque.
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Octobre 2017 , Ronan Farrow révèle aux Etats-Unis une des plus grandes histoires qui marquent nos temps modernes. Des témoignages de femmes actrices ou professionnelles du cinéma, livrent leurs émois lors d’interviews. Leurs vécus, leurs calvaires, leurs humiliations, leurs blessures, leurs perditions ne sont dus qu’à une seule personne Harvey Weinstein. Mais pas que ! Ronan Farrow lève le voile sur une machination dépassant l’entendement et le bon sens. Une machination macabre où les femmes, victimes, sont au cœur d’un réseau aussi puissant et destructeur qui met tout en œuvre pour étouffer quelconque élucubration mettant à mal ce pouvoir. 

 

Ronan Farrow retrace dans « Les faire taire », son travail d’investigation. Il dépeint avec une justesse cruelle ce monde imaginable où un chef tout puissant a tissé sa toile et dirige ainsi d’une main de maître son royaume et peut placer ses pions à sa guise. C’est hallucinant ! Et j’ai même envie de dire : mais on ne voit que ça dans les films. Et bien non ! La perversité, la prédation, l’humiliation sont monnaie courante dans notre vieille société patriarcale. Ronan Farrow devient alors le porte parole de ses femmes bafouées. Il devient le symbole libérateur de l’oppression masculine au sein de n’importe quelles sphères de notre société. Il est le précurseur du symbolique #MeToo relayé par les femmes du monde entier qui osent enfin crier et hurler leurs blessures. Et c’est apocalyptique !

 

Tout au long de son document, le journaliste d’investigation détaille avec pertinence et loyauté son enquête. Il ne s’arrête pas uniquement aux faits et fait acte de tous les processus qui vont venir contraindre son enquête et par ailleurs ternir son image. Les coulisses sont effrayantes. Les forces de l’ombre sont oppressantes et les dérives bien trop impressionnantes.

 

La lecture en elle même a été très difficile. Tout d’abord le sujet traité est bouleversant et douloureux. Ensuite le nombre de renseignements qui gravitent autours du sujet, notamment les noms, est conséquent. Je n’ai pas pu mettre un visage sur tous les noms évoqués. Cela m’a freiné quelque peu dans la compréhension schématisé des liens entre les différents protagonistes. Certains reviennent fréquemment et il est plus aisé de les situer dans la globalité du document. Pour finir je me suis rendue compte que je ne suis pas du tout à l’aise avec le genre journalistique pur et dur. N’étant pas une adepte de ce dernier, il m’a été difficile de m’imprégner dans la globalité la teneur du travail de Ronan Farrow. J’ai eu l’impression d’avoir survolée et cela m’attriste.

 

Je suis certaine que LES FAIRE TAIRE trouvera son public et donnera un second souffle au mouvement deux ans après ces grandes révélations !

 

Une chronique de #Esméralda

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… sur le site des éditions Calmann-Lévy.

HONORE ET MOI de Titiou Lecoq.

[ BIOGRAPHIE – Nouveauté 2019]
Éditions de L’ICONOCLASTE
304 pages
Sélection du jury de février
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Le résumé :
‘Parce qu’il était fauché, parce qu’il a couru après l’amour et l’argent, parce qu’il finissait toujours par craquer et s’acheter le beau manteau de ses rêves, parce qu’il refusait d’accepter que certains aient une vie facile et pas lui, parce que, avec La Comédie humaine, il a parlé de nous, j’aime passionnément Balzac.’
Tout le monde connaît Balzac, mais bien souvent son nom reste associé aux bancs de l’école. Avec la drôlerie qu’on lui connaît, Titiou Lecoq décape le personnage. Elle en fait un homme d’aujourd’hui, obsédé par l’argent, le succès, l’amour, dans un monde où le paraître l’emporte sur le reste. Sous sa plume, ce géant de la littérature devient plus vivant que jamais.
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Balzac grand nom de la littérature classique. Grand nom d’un temps révolu. Certains d’entre vous l’ont lu et dévoré, d’autres l’ont ignoré, d’autres l’ont dénigré, d’autre non rien compris. Balzac est un condenseur d’avis allégoriques ou négatifs.

 

Mais connais-tu ce Balzac ? Tu as peux être lu tout un tas de biographies, ou carrément pas ? En même temps il faut vouloir le connaître. Pour ma part Balzac est un nom qui me fait peur. D’une part, il me renvoi à mes années collège et lycée, où j’ai peut être lu un extrait de ses œuvres pour études et compagnies. Et si cela s’avère juste, je n’ai absolument aucun souvenir. Non pas par ce que, ce que j’ai certainement lu était mauvais, mais plutôt par ce que j’étais l’élève assise au fond de la classe et qui ne pipait à aucune explication que le vaillant professeur essayait de nous inculquer. Et d’autre part, Balzac est pour moi synonyme de vieillerie surannée qui parle d’un monde que je n’ai pas connu et qui ne m’intéresse pas plus que ça.

 

Mais cela, c’était avant que j’ouvre la dernière biographie de Titiou Lecoq, féministe et essayiste, et accro à Balzac en l’occurrence.

 

Titiou Lecoq n’est pas tombée dans la marmite balzacienne dès son plus jeune âge, enfin, dès le moment où elle découvre les œuvres de ce cher Balzac, l’alchimie opérée ne trépasse pas. Dans un moment de faiblesse, elle part à la découverte du musée de Balzac à Paris et là c’est la révélation divine. Coup de foudre et maniaquerie la propulsent dans le monde gargantuesque de ce cher Honoré.

 

Me voici donc en possession de cette biographie tonitruante que je n’aurais, au grand jamais, ouvert si ma candidature au prix n’avait pas été retenue.

 

Découvrir Balzac, c’est entreprendre une grande traversée du désert, avec comme seul compagnon la solitude et les rêves. Balzac le maudit, Balzac le génie, deux entités réunis dans un corps qui suscite les moqueries. Balzac est un homme né avec une ambition démesurée.
A l’appui des différents témoignages et de sa correspondance personnelle, Titiou Lecoq dépeint l’homme extravagant qu’il fût. Un homme fougueux qui ne mesure son talent qu’à l’argent qu’il dépense. Un homme acharné et travailleur qui tente par tout les moyens de devenir un Homme dont on se souviendra. Un homme peu malin mais qui vit à fond, avec la passion du condamné, sans se soucier des conséquences. Un homme exubérant. Un homme qui vit à mille à l’heure. Un homme qui se cherche dans l’amour et qui contre tout attente écrit ses aspirations dans ses romans tout en décrivant la société hypocrite dans lequel il évolue.

 

Titiou Lecoq de sa plume taquine et malicieuse tire le portrait d’un homme fabuleux avec tous les travers et les défauts en sa possession. Je ne peux pas dire qu’elle le valorise et pourtant je me suis attachée à lui. Ses états d’âmes et sa manière de vivre, un peu je m’en foutiste, font de lui un homme accessible et un homme passionnant.

 

Titiou Lecoq m’a ouvert les yeux sur un homme qui n’a rien d’un Dieu. Un homme simple embrigadé dans les mauvais tours que la vie lui a joué.

 

Maintenant que je connais l’homme public, j’ai envie de découvrir l’homme écrivain qu’il était. Titiou Lecoq a fait un travail formidable et pour me faire changer d’avis je ne peux dire que Merci !

 

∞EXTRAIT∞
Ce n’est pas faire insulte à sa mémoire de raconter ses déboires financiers, comme ce n’est pas faire insulte à la littérature de rapporter sa soif d’argent. C’est au contraire comprendre pourquoi son œuvre est toujours voire de plus en plus actuelle. C’est apprendre sur nous et notre société. Balzac a su évoquer la terrible frustration que produisent le manque d’argent, l’envie que l’on peut éprouver devant la vie des riches et quel compromis moral on est prêt à faire pour y goûter. Comment vivre dans un système où l’argent semble être la condition nécessaire au bonheur ? Balzac fut un génie et un loser magnifique, il aurait pu nous enseigner une manière balzacienne de mener nos vies en nous émancipant. Et pour une société comme la nôtre, obsédée par l’idée de réussite totale, c’est un flamboyant contre-exemple.
 
Une chronique de #Esméralda
 

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… le site des éditions L’Iconoclaste.

… la présentation du document par Titiou Lecoq.

LE ROMAN DES GOSCINNY de Catel.

LA NAISSANCE D’UN GAULOIS
[ BIOGRAPHIE GRAPHIQUE – Nouveauté 2019 ]
Avec la participation d’Anne Goscinny
Éditions GRASSET
344 pages
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Le résumé :
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié.
Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l’appui et l’amitié d’Anne Goscinny, à ce « Roman des Goscinny » – un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au cœur d’une famille juive, exilée de Pologne et d’Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L’enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l’écriture.
Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l’histoire, entre l’Amérique et l’Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le « paresseux contrarié », une partie de la famille meurt dans les camps d’extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d’Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud.
C’est aux portes du « célèbre village gaulois » que s’arrête le premier tome du « Roman des Goscinny » : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de « René » ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie – donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
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En règle général, je ne suis pas une grande fan des biographies et lorsque j’en lis il est toujours difficile de mettre mes mots sur l’ensemble du livre. En ouvrant le dernier album de Catel, j’étais de me douter que j’allais tout simplement adorer.

 

Cette biographie graphique est tout simplement fabuleuse. Le format et la manière dont Catel s’empare de la vie de cet homme quasi mystique est tout aussi humble qu’accaparant. Quand je lisais les bandes dessinées, il y a quelques années en arrière, je ne me suis jamais intéressée à leurs auteurs. Et pour tout vous dire je pensais que R. Goscinny était le dessinateur ( oui c’est bon j’entends vous ohhhhhhh !) en même temps cela aurait pu être le cas. Très jeune René Goscinny dessine. Il est fasciné par les Walt Disney dans un premier temps et ensuite se tourne vers la caricature. Mais son talent ne convainc personne. En parallèle le jeune Goscinny s’adonne à une autre passion faire rire le monde. Il adore manier les mots et interloquer son public et surtout le voir rire aux éclats. C’est tout naturellement qu’il se dirige vers des études de Lettres et devient bien des années plus tard scénariste. Métier grandement boudé à l’époque par les éditeurs et qui rechigne à le valoriser.

 

Catel convaincue par Anne Goscinny, fille de R. Goscinny, rend un hommage vibrant à l’homme. Grâce aux archives familiales (interview, croquis, photos…) et aux souvenirs d’Anne, Catel retrace les grands moments de sa vie. Les meilleurs tout comme les plus désastreux, ces moments capitaux qui ont fait l’homme qu’il est devenu : généreux, souriant, éclatant, courageux, fantastique, un pur génie.

 

Le format d’album limite finalement le développement de certains états de faits, mais rien de m’empêche de partir à la pêche aux infos ailleurs.

 

J’ai été charmée par la manière dont Catel s’approprie le destin de cet homme hors du commun. Quelques traits d’humour fleurissent ici et là. Les dessins sont à la fois tendres et bouleversants.

 

J’ai passé un super moment de lecture. La biographie graphique est un moyen génial d’apprendre sans le côté « lourd » que l’on retrouve dans la biographie traditionnelle !

 

Parfois, j’applique au texte, au film ou au spectacle un filtre qui le contient, lui, tout entier.
Heureuse alors de cette complicité imaginaire mais partagée, je commence un autre livre.
Celui-ci par exemple, et c’est avec lui, je le sais, que je tournerai les pages de cette biographie graphique.
J’ai tout lu de mon père, mais jamais je n’avais lu mon père. Pour la première fois, l’auteur va s’effacer devant le personnage qu’il est devenu.
Grâce au travail de Catel, j’ai réussi à réconcilier mon père et René Goscinny, un constat qui réjouira le psychanalyste inspiré qui m’aide à retrouver l’homme intime derrière l’auteur.
Sous le pinceau élégant et juste de Catel, je l’ai vu babiller, jouer, sourire, dessiner, écrire, espérer. c’est bien sa voix, là. Et c’est son rire aussi.
Qui a jamais eu la chance de voir ainsi naître son propre père ?
Anne Goscinny
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Grasset.

… l’univers de Catel !

DES HOMMES JUSTES. Du patriarcat aux nouvelles masculinités de Ivan Jablonka.

[ ESSAI / Sciences Humaines – Nouveauté 2019 ]
Éditions du Seuil – Collection les Livres du Nouveau Monde

448 pages
Ma note : 15/20
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Le résumé :
Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un  » mec bien  » ? Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes.
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Être féministe, c’est bien ; combattre le patriarcat, c’est mieux. Par là, on s’interdit de dominer les sexes et les genres, notamment les femmes dont la féminité est jugée conforme et les hommes dont la masculinité est jugée non conforme. Fracturé en masculinités, le masculin devient une expérience comme les autres. Qu’est qu’un homme juste ? Quelqu’un qui se solidarise avec les femmes, tout en se désolidarisant du patriarcat. Quelqu’un qui respecte l’égalité entre les femmes et les hommes, mais aussi entre le féminin et le masculin, ainsi qu’entre les différentes masculinités. Un homme qui reconnaît la liberté des autres. Toute la liberté de tous les autres.
 
Je n’aurais jamais eu l’idée de découvrir cet essai et encore moins de l’ouvrir. Le féminisme est un sujet qui ne semblait pas me concerner. Je pense que je m’accorde avec ce que je suis. Mais est-ce que dans mon quotidien certains événements ou batailles relèvent du féminisme ? Certainement ! Une cause en mon sens silencieuse et vouée, à l’heure actuelle, à l’échec. Pourquoi ? Car simplement le Monde dans lequel nous évoluons, féminins et/ou masculins et en tout genre sommes pris dans cet étau puissant qui a tendance à se refermer.

 

Ivan Jablonka soulève un sujet essentiel et pertinent. Si dans un premier temps, il étaye les origines et les causes de l’imposition d’une société mondiale patriarcale, dans un second temps, il met en évidence le combat du féminin dans ce mouvement politique féministe qui nait à la fin du XVIIe siècle. Ce diaporama met en évidence ce combat magistral et nécessaire à l’évolution de la condition féminine mondiale de ces deux derniers siècles. Ces prémices ont contribué aux conditions que nous connaissons actuellement. Il pointe du doigt les inhérences et les injustices de ce monde gouverné par le masculin. Si cette opposition des sexes est prépondérante, il souligne également ces hommes minoritaires dans l’ombre qui initient et encouragent le mouvement féministe.
Après cet exposé, s’ouvre alors ce débat utopique sur ces nouvelles masculinités qui engendreraient l’égalité des sexes et des genres.

 

Alors que la France connaît une vague de féminicides et que les appels sur la plateforme 3919 explosent, il est temps de soulever ces nombreuses questions. Le modèle de l’homme contemporain doit-il être remis en cause ? Quel poids la société contemporaine impose t-elle à ces hommes ? Quel rôle la femme doit-elle jouer dans ces prérogatives ? Comment associer le féminin et le masculin pour une harmonie qui tendrait vers le parfait ? Sommes nous conditionnés par cet héritage qui nous suit depuis plus de cinq millénaires ? Une nouvelle définition du masculin, mais laquelle semblerait être la plus juste ?

 

Avec justesse et réalisme, Ivan Jablonka tente de répondre à ces questions et émet un raisonnement judicieux. Cette dernière partie et comme il le souligne dans une interview réalisée sur France 5 dans l’émission LA GRANDE LIBRAIRIE, relève de l’utopie. Utopie ou non, je pense qu’il est nécessaire que ce grand projet soit intimement lié avec trois grands principes : le respect, la tolérance et la liberté. Mais cela est inintelligent si le dialogue entre les deux sexes n’est pas ouvert et entendu.

 

En bref, Ivan Jablonka s’est assis à une table de poker tentant de gagner une partie qui se joue depuis plus de 5 000 ans. Je n’ai pu que remarquer son engouement, sa force et sa motivation tout au long de ces 448 pages. Même si ce récit reste très académique et qui ne touchera certainement pas un grand public, je suis admirative du travail fourni par l’auteur.

 

Fascinant et primordial, DES HOMMES JUSTES, interroge sur notre société. Et il est nécessaire de rappeler que nous sommes TOUS concernés, du moins les personnes qui aspirent à ces changements (et pourquoi pas convaincre les autres ?).

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions du Seuil.

J’AI VENDU MON ÂME EN BITCOINS de Jake Adelstein.

[ ESSAI – Nouveauté 2019]

En collaboration avec Nathalie Stucky

Traduit de l’anglais par Cyril Gay.

Éditions MARCHIALY

250 pages

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »

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Le résumé :
En 2014, Jake Adelstein découvre les monnaies virtuelles en même temps que l’effondrement de Mt. Gox, la plus grande plateforme d’échange de bitcoins au monde, basée à Tokyo. Celle-ci annonce la disparition de 850 000 bitcoins, l’équivalent de 500 millions de dollars. Contre toute attente, c’est son créateur et dirigeant qui est le principal suspect de la police japonaise : Mark Karpelès, un jeune Français qui n’a pas encore 30 ans. Mark devient alors le centre de la plus grande affaire criminelle de l’ère numérique. Tout le monde veut sa peau : la police japonaise, le FBI et les milliers de particuliers qui ont perdu leurs économies. Au cours de son enquête, Jake Adelstein rencontre les pionniers du Bitcoin : idéalistes, geeks, libertariens, profiteurs ou spéculateurs, et tente de répondre à ces deux questions : qui a fait le coup ? Et où sont passés les bitcoins ?
 

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Bitcoins … connaissez vous ce terme ? Vous l’avez certainement entendu ici où là, il y a quelques années alors que le plus gros scandale planétaire éclatait sur l’île du Soleil Levant. Cet or numérique méconnu du grand public a pourtant fait vibrer la toile pendant des semaines. Journalistes affamés, paparazzis, rumeurs en tout genre ont affolé les plumes. Jake Adelstein et Nathalie Stucky sont partis à la quête de la vérité en retournant dans le passé. Comprendre un monde inaccessible et ses enjeux est une mission à haut risque, car complots et manipulations fleurissent là où on ne les attend pas.

 

Les essais sont un genre qui m’effraient souvent. J’ai toujours peur de ne rien comprendre ou de ne pas accrocher. De piètres excuses me diriez-vous mais j’ai toujours cette appréhension à me lancer. Les thèmes abordés ici par Jake Adelstein m’ont de suite mise à l’aise et en confiance : les bitcoins (sujet que je connais même si je n’ai jamais osé contribué à ce système), le Japon (île qui me subjugue) et une enquête rondement menée. Et je n’ai plus qu’à dire : à l’abordage !

 

Jake Adelstein (en collaboration avec Nathalie Stucky) nous livre une enquête au cœur du plus gros scandale qui a défrayé la chronique. Journaliste américain et grand connaisseur de la société nippone, il ne pouvait que mordre à l’hameçon et partir à la conquête du bitcoin. Avec aisance, curiosité et envie, il retrace depuis les débuts, la naissance du bitcoin, de ses dérives et de sa chute. Tout en laissant au centre de cette investigation un français, Mark Karpeles, petit génie et geek, créateur de la plateforme Mt.Gox et malheureusement protagoniste volontaire ou non, de ce cataclysme.

 

Jake Adelstein fait part de son raisonnement tout en étayant ses objections et suppositions. Un document très bien détaillé et accessible. J’ai navigué entre la France, le Japon et les États-Unis et également plongé dans le deep web. J’ai beaucoup appris et là est l’essentiel sans toutefois émettre un positionnement ferme sur mon avis quant à cette affaire.

 

J’AI VENDU MON ÂME EN BITCOINS se lit comme un thriller et c’est en ce point que c’est sensationnel. Une plume fluide et captivante qui expose les faits, les argumente et les développe tout en ne nuisant à personne. Des hypothèses ici et là germent tout en laissant le libre arbitre au lecteur et sans que cela soit imposé.

 

Une super lecture sur un sujet hors norme. J’ai été juste conquise ! Un incontournable 2019 à découvrir sans aucun doute.

 

Personnellement, à partir du moment où Nathalie et moi avions commencé à travailler sur le mile des bitcoins, j’avais toujours eu le sentiment que nous étions une version inversée de Dana Scully et Fox Mulder, elle la scientifique, lui le rêveur éthéré.
Dans notre cas, c’est Nathalie qui croyait que la vérité était ailleurs, que les bitcoins représentaient une monnaie forte et viable et que Mark était innocent. Moi, j’étais septique, je trouvais que les bitcoins étaient une idée tordue et que la vérité était criante. Mark avait paumé ou fauché les bitcoins. Aucun autre coupable à l’horizon, le seul à qui on pouvait s’en prendre était Mark. (page204)
#Esméralda

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… le site des éditions MARCHIALY.

Jake Adelstein se livre sur son livre à la Librairie Mollat.

Et si je ne vous ai pas convaincu Augustin Trapenard, le fera mieux que moi !

L’HOMME QUI AIMAIT TROP LES LIVRES de Allison Hoover Bartlett.


[ ESSAI – Nouveautés 2018]
Editions Marchialy
Traduction : Cyril Gay
Titre original : The Man Who Loved Books Too Much, 2010
331 pages
Ma note : 3/5 mention « à découvrir »
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Le résume :


Jusqu’où iriez-vous pour mettre la main sur le livre de vos rêves ? Mieux encore, jusqu’où iriez-vous pour avoir une pleine bibliothèque remplie de vos livres préférés ?
John Gilkey a dérobé pour plus de 100 000 dollars de livres anciens. Son but : réunir une collection de livres rares à son image. Dès lors, comment attraper un voleur qui ne subtilise des livres que pour compléter sa bibliothèque personnelle ?
C’était sans compter sur la ténacité de Ken Sanders, libraire de livres ancien irascible, qui se surnomme lui-même biblioflic. S’ensuit une traque de plusieurs années entre un voleur obsessionnel et un libraire obstiné prêt à bondir au moindre faux-pas.
Le récit d’une traque qui nous plonge dans l’univers trop peu connu du livres anciens.
Allison Hoover Bartlett est une journaliste américaine. Elle découvre le monde secret du livre ancien le jour où un ami lui confie un exemplaire d’un herbier du XVIIème siècle. Intriguée, elle choisit de se frayer un chemin dans ce milieu mystérieux et très masculin.
Elle écrit entre autres pour le New York Times, le Washington Post, le San Francisco Chronicle Magazine. L’article à l’origine de ce livre a été repris dans l’anthologie The Best American Crime Reporting 2007.


Mon avis :


La quatrième de couverture a tout pour titiller la curiosité des lecteurs. L’attention est attirée directement sur cette enquête qui se présente comme un polar. Et bien que nenni ! C’est une véritable histoire, tirée donc de faits réels. Cet essai a eu le mérite de me surprendre. La journaliste Allison Hoover Bartlett a eu l’audace de narrer un récit qui plonge le lecteur entre la frontière de la fiction et de la non-fiction.


Pas évidemment de démêler tout ça, d’ailleurs je me suis posée la question jusqu’au point final et c’est après des recherches internet que je me suis exclamée « oh nooooooonnnnn ».


Du coup donner mon avis est compliqué. Je n’est pas assez d’expérience avec ce genre littéraire (mon second « essai » de l’année) pour pouvoir le juger. Je n’apprécie pas trop ce terme mais c’est le plus adéquat (quand on parle de roman tous les jours ?). Me voilà donc dans la mouise. Je vais commencer par une question que je te pose :
Te considères-tu comme un collectionneur (de livre par exemple) ? Cette passion est-elle frénétique ? As tu un intérêt quelconque a empilé les livres ?


Bon cela fait trois questions (je m’excuse). Lorsqu’Allison Hoover Bartlett a dans les mains la première édition original d’un herbier, elle découvre alors un monde qu’il lui est totalement inconnu. Etant journaliste, voici un sujet qui l’intéressa. Commença une enquête hors norme dans un milieu mystique : les livres de collection. Ces derniers revêtent un pouvoir non substantiel dans un milieu qui se livre la guerre à celui qui détiendra la première édition avec bonus. Les libraires dont Ken Sanders (super flic-libraire) fait parti, dénicheurs et fournisseurs de collectionneurs en mal de reconnaissance, forment une communauté un peu à part et sont la cible de voleurs. Son enquête la porte à rencontrer un voleur bien singulier : John Gilkey (qui existe véritablement). Elle rencontre un personnage atypique que l’on peut considérer comme illuminé. Allison Hoover Bartlelt décrit alors un homme tourmenté sans tomber dans la caricature morbide du délinquant. Elle décrit ses aspirations et ses convictions qui ont le mérité d’effrayer et d’interroger. Elle amène certaines réponses quant à la motivation de Gilkey de voler ces livres de grandes valeurs.


Cet essai est mené avec ingéniosité et intelligence. La journaliste donne la forme de polar à son récit. Ainsi donc le lecteur est vite interpelé et adhère.


Le travail d’investigation a du être titanesque et mérite amplement que le lecteur se plonge dans la lecture.


L’HOMME QUI AIMAIT TROP LES LIVRES est un essai atypique sur un sujet plus qu’intéressant.
#Esméralda


Je remercie les éditions Marchialy et Nadia pour leur confiance et patience. Lecture proposée au sein du groupe le PICABO RIVER BOOCK CLUB.

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Vers le site des Editions Marhcialy pour tout savoir.