Je viens d’Alep de Joude Jassouma et Laurence de Cambronne

Témoignages – Livre sorti le 23 mars 2017

Allary Editions

Service presse

Ma note : 4/5

 

Résumé : Juin 2015, Alep sombre dans le chaos. Comme des centaines de milliers de civils, Joude Jassouma décide de fuir avec sa femme Aya et leur petite fille Zaine.

Depuis trois ans, la Syrie a basculé dans la guerre civile. Les affrontements entre l’armée de Bachar al-Assad et les forces rebelles emmenées par les djihadistes du Front al-Nosra et de l’État islamique deviennent quotidiens. Joude, jeune professeur de français au lycée, refuse de choisir son camp dans un conflit qui n’est pas le sien. Avec sa famille, il se cache, déménage quatre fois pour éviter les bombardements. Puis se résout à l’exil.

Des rives du Levant aux côtes bretonnes, en passant par Istanbul et les camps de refugiés de l’île de Leros, ce livre raconte l’exode d’un enfant des quartiers pauvres d’Alep, amoureux de Flaubert et d’Éluard. L’odyssée d’un héros anonyme qui, au péril de sa vie, a traversé la mer Égée à bord d’un canot en plastique en quête d’une terre d’asile.

Pour la première fois, la plus importante crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale nous est racontée de l’intérieur, à travers le regard d’un réfugié ordinaire.

 

L’avis de #Lilie : La guerre en Syrie, on en entend beaucoup parler à la télévision et en même temps, on en sait pas grand chose. Seule certitude,ça fait des années que ça dure, de nombreux sites historiques ont été détruits et on ne voit pas vraiment comment cela va se terminer. Comme toujours, au moment d’une guerre, ce sont les civils qui sont les premières victimes et qui se retrouvent dans l’impossibilité de poursuivre sereinement le cours de leurs vies.

Nous découvrons ici le témoignage de Joude Joussouma qui a fuit Alep en juin 2015. Il nous raconte sa vie avant la guerre, une vie assez différente de notre vie occidentale. Etudiant en français, il doit se consacrer à ses études mais aussi participer financièrement à la vie familiale. On suit, avec lui, le début du conflit, les premiers bombardements puis la dégradation des conditions de vie. Jeune papa, il décide, avec son épouse, de partir pour tenter sa chance en Europe. Le trajet ne sera pas de tout repos mais au bout, ils auront, ils l’espèrent, une vie meilleure.

Quand on lit ce récit, on ne peut qu’être sonné par la difficulté logistique et émotionnelle que représente un départ. En effet, la route vers l’Occident n’est pas simple à atteindre et la vie des réfugiés ne tient souvent qu’à un fil. Dans le cas de Joude Joussouma, tout s’est plutôt bien enchaîné et il a rejoint sans encombre la Grèce. Là-bas, il a su faire le bon choix, se montrer patient avant d’être sélectionné pour rejoindre l’hexagone. Arrivé en France, il va découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture mais aussi une nouvelle vie à laquelle il ne s’attendait pas.

Ce qui m’a touché dans ce livre, c’est le style assez direct du témoin. En effet, que ce soit dans la joie ou la difficulté, il nous raconte ce qu’il ressent à ce moment-là, sans faux semblant. On le sent attaché à ses racines mais en même temps incapable retourner dans son pays. Tout est trop difficile, tout est détruit, rien ne sera plus comme avant, jamais. D’un autre côté, il trouve peu à peu sa place dans la société française et rêve de s’intégrer totalement. Son histoire est celle de nombreux réfugiés et pourtant, elle est loin de l’image qu’on a souvent d’eux. Pour lui, rien n’est plus important que de mettre ses compétences au service de son nouveau pays.

Enfin, j’ai apprécié les nombreuses annexes à la fin qui permettent d’en savoir plus sur la guerre en Syrie, sur le pays en lui-même et sur les courants religieux existant là-bas. J’ai été ravie de combler ces lacunes dans ma culture personnelle car même si on lit ou on entend beaucoup de choses, ce ne sont pas des thèmes qui sont souvent approfondis dans les médias ou même lors de nos études.

Pour conclure, « Je viens d’Alep » est un témoignage qui se lit vite mais qui laisse des traces. Impossible de rester insensible face à tant de courage et de ténacité mais aussi face à la bêtise humaine qui a, une nouvelle fois, détruit des millions de vie et des traces du passé au nom d’une guerre qui semble sans issue.

 

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