FRANKENSTEIN 1918 de Johan Heliot.

Frankenstein1918

 

[ UCHRONIE / FANTASTIQUE – Nouveauté 2018]
Éditions L’Atalante – Collection La Dentelle du Cygne
256 pages

 

Ma note : 5/5 mention « à découvrir » et « pépite »
Lien : Kindle

 


 

Le résumé :

 

Grande Guerre, 1914. Après un premier engagement désastreux, les Anglais décident l’opération Frankenstein : plutôt que de construire des chars, on créera de la chair à canon. A partir des archives du fameux docteur et grâce à la production d’électricité à présent industrialisée, des unités de soldats pouvant être sacrifiés sans remords seront fabriquées les champs de bataille du nord de la France fourniront la « matière première ». Winston Churchill est nommé responsable de l’unité de recherche sur la régénération. Les « frankies » vont faire leurs preuves sur le terrain, mais la société se partage entre pro et anti. L’opération finalement interrompue, l’un d’eux, Victor, échappe au massacre puis est secouru par Marie Curie qui le rend à la vie consciente grâce aux radiations. Réfugié dans les décombres de Londres, qui a été détruite et rendue inhabitable par un bombardement à l’arme chimique, Victor retrouve le laboratoire où il est né, y recueille Churchill et engage un combat pour l’émancipation des siens. C’est là qu’un jeune couple, elle, résistante à l’occupation, lui, historien, finit par le retrouver en 1958, dans l’espoir de lever le voile sur ce versant secret de l’Histoire que la censure en vigueur ne suffit pas à expliquer.

 


Mon avis :

 

 

Après ces jours de commémoration du centenaire de l’armistice de 1918, je ne pouvais que te parler de ce roman.

 

Un roman épatant ! Un roman singulier !

 

Quand l’Histoire rencontre l’imagination sans limite, je ne peux qu’alors être subjuguée.

 

Je ne sais pas par quel bout commencer. Ce roman est présenté sous la forme d’un journal posthume. Le narrateur, Edmond Laroche-Voisin, relate l’histoire de Victor, premier des non-nés, les mémoires secrets de Winston Leonard Spencer-Churchill et sa propre expérience. Si la période de référence du roman est la période de la Première Guerre Mondiale, cette dernière n’est véritablement pas celle connue, ni celle racontée dans las manuels scolaires. L’auteur a su créer avec magnificence une autre histoire. Bien évidemment tout le principe d’une uchronie.

 

Avec des si, on peut refaire le monde, c’est bien connu. Et si, avec des si, on décrivait la pire part de l’humanité. Si, avec des si, l’improbable surgissait des limbes. Si, avec des si, la mort n’avait plus le même visage.

 

Touts autant de points cruciaux développés au travers d’une trame qui invite le lecteur dans une espèce de brouillard d’illusion machiavélique. Un brouillard glacial où les secrets tentent de se faire oublier. Un brouillard où la vie n’a plus de prix. Victor a été arraché à ce brouillard, ni homme, ni dieu, homme simplement immortel issu de la folie d’un homme. Procédé inhumain approvisionné par les charniers de la guerre. Victor, non-né, assemblé de membres, d’os, de chairs, de muscles, de nerfs d’autres. Seule son ancienne conscience fragilisée, son « moi », lui permet d’intercepter les prémices d’une nouvelle guerre.

 

 

 

J’ai eu le privilège et le malheur de vivre, mourir et puis renaître dans les premières décennies d’un siècle fou, autant créateur que dévastateur. Longtemps, j’ai hésité à témoigner. Ajouter ma voix à la cacophonie du monde me semblait vain. Mais je nourris aujourd’hui l’espoir de donner aux hommes d’après-demain une leçon profitable, si toutefois il advient suffisamment de nouvelles générations pour habiter l’avenir.

 

Manuscrit de Victor, premier des non-nés.

 

 

Ce roman est poignant par la force qu’il dégage. Renversant par ces péripéties qui conditionnent la vie des personnages. Cruel de par la folie des Hommes, par le pouvoir vénéneux d’être le détenteur d’un contrôle absolu sur ces terres vaincues et également sur le contrôle de la vie. Ce mythe vieux comme le Temps, de devenir immortel et invincible plane sur le récit. Sur ce dernier point, l’auteur à une audace sans nom d’emprunter et de magnifier selon son envie, un personnage que vous connaissez tous : Frankenstein. Personnage incontournable de l’auteur Mary Shelley. Un hommage percutant qui donne à son roman une dimension grandiose.

 

Johan Heliot inclut dans son ouvrage des personnages de la Grande Histoire : Churchill, Marie Curie, Hemingway, Göring et bien d’autres… Une fois de plus cette donne dénote avec l’influence de l’imagination de l’auteur.

 

FRANKENSTEIN 1918 a tout du grand roman. Outre le partage du souvenir, les mises en garde contre la folie humaine, ses croyances, la cruauté sont de rigueur. Tout n’est pas sombre, Heliot insuffle une dose d’optimisme et de bienveillance. L’amour est là tapi dans l’ombre prêt à reprendre ses droits et le final en est le parfait exemple.

 

Je te recommande vivement cette lecture. Pas besoin d’être adepte de l’uchronie pour savourer chaque page.

 

 


 

 

Je remercie les éditions L’Atalante et Nadia pour leur confiance.

 

 

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Vers le site des éditions L’Atalante, pour tout savoir.

Bibliographie de Johan Heliot.

 

 

 

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