Chère mamie de Virginie Grimaldi

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Littérature française – livre sorti le 31 octobre 2018

Le livre de poche/Éditions Fayard

Lecture personnelle

Ma note : 5/5 mention « coup de coeur »

 

Résumé : Chère mamie,

J’espère que tu vas bien, et surtout que tu es assise. Il y a plus d’un an, j’ai commencé à t’écrire des petites cartes sur les réseaux sociaux. Des chroniques du quotidien décalées, rédigées en gloussant. Je ne m’attendais pas à ce que mes aventures deviennent un vrai rendez-vous… Alors une idée a germé : et si ces rires partagés devenaient utiles ? J’ai immédiatement pensé à l’association CéKeDuBonheur, dont j’aime la philosophie et l’engagement.

Dans ce livre, tu trouveras plein d’inédits. Des photos pour illustrer. Des grands bonheurs, des petits malheurs, de la vie. Tu m’as donné l’amour des mots, j’ai hâte que tu découvres ceux qui te sont destinés.
Gros bisous à toi et à papy, Ginie

 

Mon avis : Vous le savez, j’adore la plume de Virginie Grimaldi. Mais ce que j’aime encore plus, c’est la personne qu’elle est. En effet, j’ai eu l’occasion de la rencontrer à deux reprises sur des salons et je dois dire qu’elle est généreuse, spontanée et tellement attentionnée pour ses lecteurs. Lorsque j’ai entendu parler de ce livre, j’étais un peu mitigée, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Néanmoins, les choses de la vie ont fait que j’ai eu envie d’en savoir plus et je ne regrette pas du tout ma lecture !

L’autrice nous livre ici un recueil de lettres qu’elle avait posté sur son blog à destination de sa mamie. Ces clichés du quotidien sont souvent drôles, parfois émouvants mais toujours sincères. Ce que j’ai apprécié, c’est que cette lecture peut se faire en plusieurs temps, n’est pas forcément suivie et apporte immédiatement le sourire. Virginie raconte ses anecdotes avec un tel naturel, sans aucun filtre, qu’on ne peut qu’être emportée par cette lecture et se sentir proche d’elle.

Ce livre est un bel objet non seulement grâce au contenu des lettres mais aussi par leur présentation. En effet, au côté de chaque lettre, un polaroïd illustre ce qui est raconté et nous permet de nous représenter d’autant mieux certains lieux ou certains moments de vie.

La relation entretenue entre Virginie Grimaldi et sa grand-mère est intime, proche, bref une relation pleine d’amour et d’humour. Ce livre nous permet également de penser, le temps de notre lecture, à nos chères mamies et de réaliser qu’il ne faut jamais arrêter de leur confier nos petits secrets car elles sont souvent de bons conseils et elles ne sont, malheureusement, pas éternelles.

Vous l’aurez compris, « chère mamie » est une lecture coup de cœur qui m’a fait du bien au cœur et au moral. Venez découvrir les lettres rédigées par Virginie Grimaldi et rire, sourire à chacune de ses anecdotes. De plus, les bénéfices du livre sont reversés à l’association « CéKeDuBonheur » qui aide les services pédiatriques à améliorer les conditions de vie des enfants séjournant à l’hôpital, alors faites un geste pour les enfants et pour votre moral !

Souvenirs du salon de Brive 2018 où j’ai eu la chance de croiser Virginie Grimaldi et sa chère mamie.

 

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Retrouvez ici « chère mamie » sur le site du livre de poche
Retrouvez ici toutes les informations sur l’association « CéKeDuBonheur »
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Les yeux couleur de pluie/Entre mes doigts coule le sable de Sophie Tal Men

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Littérature française – Édition sortie le 15 juillet 2018

France Loisirs

Lecture personnelle

Ma note : 5/5 mention « incontournable » et « coup de cœur »

 

Résumé : Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la colocation, aux collègues… Surtout, c’est l’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?

 

Mon avis : Sophie Tal Men fait partie de cette « nouvelle » génération d’auteurs qui nous transportent dans des histoires qui peuvent trouver un écho en chacun de nous et qui nous embarquent en quelques pages dans leur univers. Séduite par cette édition France Loisirs « 2 en 1 » des premiers romans de l’autrice, j’ai eu beaucoup de mal à poser mon livre avant de l’avoir terminé.

« Les yeux couleur de pluie » : Nous faisons ici connaissance avec Marie-Lou, jeune interne en neurochirurgie qui quitte Grenoble et ses montagnes pour rejoindre Brest et son océan. Pour la jeune fille, le dépaysement est total surtout qu’elle va rencontrer des personnages hauts en couleur ! Entre Matthieu, l’interne en ORL, sexy et mystérieux, Anna, la colocataire secrète et en même temps un peu excentrique, Farah, la collègue bienveillante et le professeur Daguain, le chef de service exigeant, Marie-Lou sera bien entourée mais surtout, elle ne sera pas au bout de ses surprises ! C’est une jeune fille ambitieuse, qui sait ce qu’elle veut et qui fait ce qu’il faut pour y arriver. J’ai beaucoup aimé ce personnage, sa sensibilité, sa volonté de bien faire et son sérieux. Je me suis un peu retrouvée en elle et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ses aventures.

En commençant le roman, j’avais peur que l’histoire tourne un peu en rond ou nous donne un air de « Grey’s Anatomy » ou de « Chicago Med ». Mais pas du tout ! Adeptes des séries sur l’univers hospitalier, vous pourrez en apprendre encore beaucoup en lisant ce roman car Sophie Tal Men, neurologue de profession, nous immerge complètement dans l’univers des internes et nous montre l’envers du décor. Néanmoins, elle ne laisse pas de côté la vie personnelle des protagonistes et le dosage vie professionnelle/personnelle est parfait. On s’attache rapidement à toute cette petite bande et on rit, on tremble et on est ému avec eux. Concernant la plume de l’autrice, elle est fluide et addictive. Comme je l’ai déjà dit, impossible de poser le livre avant de savoir ce qui attendait Marie-Lou.

« Entre mes doigts coule le sable » : Quelle joie de poursuivre les aventures de Marie-Lou et ses amis ! On retrouve notre héroïne qui part faire un semestre en psychiatrie tandis que Matthieu débarque en neurochirurgie. Entre eux, la relation n’est pas un long fleuve tranquille surtout quand la mère de ce dernier ou Josic, l’ami du « Gobe-Mouche », s’en mêlent….

Marie-Lou n’a rien perdu de son optimisme et de son perfectionnisme. Elle essaie toujours d’aider tout le monde et de faire de son mieux. On découvre un peu plus Matthieu dans ce roman grâce à la double narration. On peut se rendre compte qu’il est très tourmenté, qu’il se pose beaucoup de questions et surtout qu’il n’est pas tout à fait au clair dans sa tête. J’ai aimé en savoir plus sur lui même si ses décisions sont loin d’être toutes, pour moi, rationnelles. C’est un jeune homme sensible, qui souffre de l’abandon de son père, de la maladie de sa mère et qui ne sait donc pas trop comment se situer par rapport à Marie-Lou.

Ce deuxième roman est pourtant un peu plus sombre que le premier et aborde des thèmes compliqués tels que l’abandon familial, l’alcool ou les maladies psychiatriques. En effet, en envoyant l’héroïne dans un hôpital psychiatrique, Sophie Tal-Men en profite pour nous faire découvrir ce service méconnu et la large palette de pathologies qui peuvent être rencontrées. Elle nous sensibilise aussi aux ravages de l’alcool, fléau de notre société actuelle, mais sans jamais en faire trop. Encore une fois, sa plume est fluide et agréable à lire et le choix d’alterner la narration entre Marie-Lou et Matthieu nous permet d’éviter la lassitude et d’en apprendre un peu plus sur ce loup solitaire.

Pour conclure, vous l’aurez compris, ces deux romans sont des coups de cœur pour moi. Bretonne d’origine, j’ai adoré ce voyage à Brest, cette immersion en Bretagne mais aussi dans les hôpitaux, où j’ai découvert l’envers du décor. Je me suis beaucoup attachée aux protagonistes et il me tarde de les retrouver dans « de battre la chamade », l’ultime tome des aventures de Marie-Lou et Matthieu. Si vous aimez les romans qui font du bien au moral et les jolies histoires pleines de bons sentiments, n’hésitez plus et venez découvrir la plume de Sophie Tal Men !!

 

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Retrouvez les dernières parutions de Sophie Tal Men sur le site des éditions Albin Michel
Retrouvez également ses trois premiers romans aux éditions « Le livre de poche »
Retrouvez cette magnifique édition sur le site des éditions France Loisirs

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Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

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Littérature française – livre sorti le 1er avril 2016

Editions Gallimard – Editions Folio

Lecture personnelle

Ma note : 3,5/5

 

Résumé : En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination?
Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

 

Mon avis : J’avais beaucoup entendu parler de ce livre à sa sortie et je me suis finalement décidée à le lire puisque son adaptation vient de sortir au cinéma. Coutumière de la plume de David Foenkinos, on retrouve dans ce roman tout ce qui fait sa force : une écriture fluide, une histoire prenante, des chapitres courts et rythmés.

Dans ce roman, nous faisons la connaissance avec Delphine, une jeune éditrice travaillant aux éditions Grasset. Tombée amoureuse d’un écrivain qui n’a pas trouvé son public, elle est en quête du livre qui fera décoller sa carrière. Au cours d’un séjour chez ses parents, elle découvre, dans la « bibliothèque des refusés » le manuscrit d’un roman incroyable écrit par Henri Pick, ancien pizzaïolo de la ville. Après avoir convaincu la veuve d’Henri, elle publie ce roman qui a, tout de suite, beaucoup de succès. Pourtant, les critiques s’interrogent : comment un pizzaïolo qui n’a jamais rien lu ni jamais rien écrit a-t-il pu écrire un tel chef d’œuvre ? Le journaliste Jean-Michel Rouche part à la découverte de la Bretagne et du quotidien d’Henri Pick afin d’essayer de lever ce mystère.

Ce roman présente de nombreux personnages qui ont tous leur importance dans le déroulé de l’intrigue : il y a Delphine, l’éditrice ambitieuse, Frédéric, l’écrivain en plein doute, Madeleine, la veuve déboussolée, Joséphine, la fille d’Henri Pick, blessée par la vie, Jean-Michel Rouche, le critique littéraire en mal de reconnaissance, Jean-Pierre Gourvec, le bibliothécaire passionné ou Magali, la nouvelle bibliothécaire blasée par la vie. Tous ces personnages ont des défauts, comme tout le monde, et surtout, ils n’ont pas été épargnés par la vie. Certains trouveront ça facile, moi j’ai trouvé cela réconfortant.

Cette lecture m’a beaucoup plu. En effet, j’ai aimé passer du temps avec ces personnages simples mais authentiques, avec chacun leurs histoires, leurs failles. Au fil des chapitres, on fait plus ample connaissance avec les uns, puis les autres.  Cette lecture est facile, rapide car l’écriture de l’auteur est simple et efficace, sans fioriture. En revanche, j’ai été un peu déçue par la fin. En effet, je me suis dit « tout ça pour ça… » Mais, ceci est mon ressenti et honnêtement, je ne regrette pas du tout cette lecture car le mystère Henri Pick est bien plus complexe qu’il ne semble l’être de premier abord.

Pour conclure, je recommande la lecture de ce roman à tous les amoureux de littérature française qui cherchent un roman plaisant et une histoire authentique avec des personnages tels qu’on peut en rencontrer tous les jours. Alors n’hésitez plus et venez percer « le mystère Henri Pick ».

 

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Pour acheter ce roman, rendez-vous sur le site des éditions Folio
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Mille femmes blanches de Jim Fergus

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Littérature américaine – roman paru le 5 mai 2011

Editions Pocket

Lecture personnelle

Ma note : 5/5 mention « incontournable » et « coup de cœur »

 

Résumé : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…
« Un roman splendide, puissant et engagé. » Jim Harrison

Cet ouvrage a reçu le prix du Premier roman étranger

 

Mon avis : J’ai reçu ce livre, il y a quelques années maintenant, en cadeaux. Comme souvent, on empile les livres, on attend le bon moment….qui ne semble jamais arriver. Alors, j’ai pris comme bonne résolution cette année de faire descendre ma PAL qui ne cessait de grossir depuis 4 ans et le premier livre sorti est celui-ci. Et le moins que je puisse dire, c’est qu’il me tarde d’en sortir un nouveau si j’éprouve le même plaisir à le lire !!

Dans ce roman, nous suivons May Dodd. Avec d’autres femmes, elles vont être données aux Cheyennes, afin de les « civiliser » et échangées contre des chevaux. Milles femmes blanches contre milles chevaux. Réticent au départ, le gouvernement américain finit par accepter ce marché et part donc à la recherche de femmes voulant changer de vies. May Dodd, internée depuis quelques temps pour « débauche sexuelle », voit là une porte de sortie lui permettant d’échapper à l’asile. Au fil de ses carnets, nous suivons ses aventures, du voyage jusqu’à son installation et sa vie chez les Cheyennes.

May Dodd est tombée amoureuse de la mauvaise personne, un contremaître qui travaillait sur l’exploitation familiale. Tombée rapidement enceinte, elle quitte sa famille pour vivre, hors mariage, avec Harry et son enfant. Quelques années après, un deuxième enfant arrive et le couple bat de l’aile. Un soir, May est piégée par sa famille, internée de force et aucune issue ne semble possible. Quand les émissaires du gouvernement lui proposent d’aller vivre parmi les Cheyennes, elle accepte et se fait rapidement des amies parmi les autres volontaires en se positionnant en quelques sortes en leader. Mais cette nouvelle vie ne sera pas un long fleuve tranquille pour elle et ses camarades. En effet, les us et coutumes ainsi que les mœurs indiennes diffèrent de celles qu’elles ont toujours connues et les conditions de vie sont un peu draconiennes. Néanmoins, elles vont trouver là-bas une famille, avec des valeurs de solidarité et la mise en avant de la valeur travail. Rapidement, elles vont aussi se rendre compte que les « blancs » ne tiennent pas toujours paroles et que l’avenir de leur nouveau peuple est loin d’être serein.

Ce roman m’a bouleversée. En effet, on en découvre un peu plus sur les habitudes des Cheyennes, leur mode de vie si particulier mais aussi les persécutions qu’ils ont dû subir. On entend souvent parler des « cow-boys et des indiens », mais après avoir lu ce livre, on se demande qui sont les sauvages et qui sont les hommes civilisés. Lors de ma lecture, je me suis souvent révoltée et j’ai été choquée par le comportement qu’ont pu avoir les Américains vis-à-vis du peuple indien. Certes, c’est un roman mais on ne peut s’empêcher de penser qu’une petite part de ce qui est décrit est proche de la réalité. La rédaction de ce livre, écrit sous forme de lettres, est originale et permet de cibler des moments de vie. L’écriture de l’auteur est plaisante, facile à lire et elle vous fait rentrer facilement dans l’histoire.

Pour conclure, « mille femmes blanches » est un roman incontournable que tout lecteur doit avoir dans sa bibliothèque. C’est une histoire bouleversante et révoltante qui vous fera sûrement changer de regard sur l’histoire américaine et qui donne envie d’en savoir plus. Pour ma part, « la vengeance des mères », la suite de ce roman, m’attend. Aucun doute qu’elle ne trainera pas des années sur mes étagères !!

 

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FRÈRE D’ÂME de David Diop.

 
[ LITTÉRATURE FRANÇAISE – 2018 ]
Éditions LE SEUIL – Collection Cadre Rouge
PRIX GONCOURT DES LYCÉENS 2018
176 pages
Ma note : 4/5 mention « pépite »
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Le résumé :

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau.

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Je suis loin de lire les livres qui ont reçu tel ou tel prix, même si je suis toujours l’actualité littéraire. Donc c’est une grande première et suite aux recommandations de ma bibliothécaire préférée que j’ai ouvert le dernier roman ayant reçu le prix Goncourt des lycéens, 2018.

 

Même si je suis loin d’avoir eu un « coup de cœur », je dois admette que ce roman est une sacrée pépite. Je suis heureuse de m’être laissée embarquer par cette magnifique histoire. C’est un roman court au rythme soutenu par des chapitres courts. La plume de David Diop maîtrise à la perfection son sujet et surtout, elle dégage une certaine nonchalance et légèreté tout en contraste sur un sujet douloureux, difficile et réel.

 

Direction 1ere guerre mondiale, les tranchées, la boue, la peur, la désolation rongée par les rats. Les blessés, les estropiés, les morts s’agglutinent dans le ballet macabre et rythmé par les coups de sifflet, véritable ode à la mort. Le soleil qui fuit, la pluie qui s’infiltre annonciatrice du malheur. Et là, parmi tant d’autres uniformes, il y a Mademba Diop et Alfa Ndiaye, tireurs sénégalais. Débute alors, un voyage magnifique sur ces liens fraternels bien plus puissants que ceux de l’amitié. Commence ainsi la grande Histoire dans la grande Histoire. Celle qui pourtant ne prend que deux lignes dans les manuels scolaires associés à cette première publicité de Banania, qui si je me souviens, avait pour but premier d’habituer la population à la présence d’hommes noirs dans les rangs de l’armée. 

 

C’est donc l’histoire bouleversante d’un homme détruit par la guerre, par la perte, par la folie que nous conte avec éloquence et sincérité David Diop. Une histoire aussi fracassante qu’assourdissante. Une histoire où rien n’est laissé au hasard où le passé resurgit pour contrer la noirceur tel un sauveteur incongru. Où le présent amoindrit l’homme à l’état du néant, se débattant avec son esprit, souillant ses mains, s’emparant les cris des morts aux viscères fumantes, dans le but ultime de survivre et de faire renaitre l’âme de son frère.

 

C’est un roman emprunt de tragédie et de tourment. C’est le roman d’un homme et de tant d’autres. D’un souvenir oublié. C’est aussi magnifique que terrible.

 

 
Alors, par la vérité de Dieu, je ne comprends pas. Non, je ne comprends pas pourquoi j’ai un beau jour insinué à Mademba Diop qu’il n’était pas courageux, que ce n’était pas un guerrier. Penser par soi-même ne veut pas dire forcément tout comprendre. par la vérité de Dieu, je ne comprends pas pourquoi un beau jour de bataille sanglante, sans rime ni raison, alors que je ne voulais pas qu’il meure, alors que j’espérais qu’on rentre sains et saufs lui et moi à Gandiol après la guerre, j’ai tué Mademba Diop par mes paroles. Je ne comprends pas du tout.

 

#Esméralda

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…Sur le site des éditions Le Seuil.

… L’interview de David Diop.

BULL MOUNTAIN de Brian Panowich

 
[ ROMAN NOIR – réédition poche 2019]
ACTES SUD – Collection Actes Noirs
Traduit par Laure Manceau
336 pages
Ma note : 5/5 mention « à dévorer »
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Lecture commune de janvier avec le PICABO RIVER BOOK CLUB

 
Le résumé :
Chez les Burroughs, on est hors-la-loi de père en fils. Depuis des générations, le clan est perché sur les hauteurs de Bull Mountain, en Géorgie du Nord, d’où il écoule alcool de contrebande, cannabis et méthamphétamine jusque dans six Etats, sans jamais avoir été inquiété par les autorités. Clayton, le dernier de la lignée, a tourné le dos à sa fratrie en devenant shérif du comté. A défaut de faire régner la loi, il maintient un semblant de paix. Jusqu’au jour où débarque Holly, un agent fédéral décidé à démanteler le trafic des montagnards. Clayton se résout alors à remonter là-haut pour proposer un marché à son frère. Il sait qu’il a une chance sur deux de ne pas en redescendre. Ce qu’il ignore, c’est que Holly en a fait une affaire personnelle, et que l’heure des pourparlers est déjà passée. Roman noir rural et déchirant salué par bon nombre d’auteurs fameux, à commencer par James Ellroy, Bull Mountain se lit comme l’histoire de Cain et Abel dans un Sud plus poisseux que jamais.

 
L’avis d’#Esméralda :
L’histoire aurait pu commencer par « il était une fois, une jolie montagne où vivait une gentille famille » et se terminer par « ils eurent beaucoup d’enfant ». Cela aurait pu se passer de cette manière, si la montagne n’était pas Bull mountain et si la gentille famille n’était pas celle des Burroughs. En ce qui concerne les enfants, et bien ma foi, c’est la stricte vérité.
Bull Mountain, no man’s land, de l’état de l’Oregon a vu grandir des générations de Burroughs. Famille patriarcale, pure et dure, les fils sont élevés aux coups de feu et au sang qui coule. Pas de pitié et pas de manière, la famille Burroughs sont des durs à cuire aux quels il vaut mieux ne pas se frotter. Famille paria et crainte, elle règne sans concession sur sa montagne. Si tu arrives à avoir un pass-droit, tu verras que cette montagne ne cache pas le paradis mais l’enfer. Elle devient le terrain de jeux favoris pour l’alcool de contrebande, la culture du cannabis et laboratoire de méthamphétamine. L’honneur et le respect prévalent sur toutes formes d’amitiés, si tu prêtes allégeance à la famille Burroughs c’est pour des générations.
Sacrée famille Burroughs ! Personnages aussi effroyables qu’extravagants liés par les liens du sang et un honneur à toute épreuve. Perpétuer la « tradition » et le business est l’unique but des hommes Burroughs. Pas de quartier et pas de sommation, le moindre écart et la gâchette déraille accidentellement.  
La dernière génération des Burroughs ne fait pas dans la dentelle. Alors que le frère cadet, Clayton, décide pour les beaux yeux de sa femme, Kate, de se présenter au poste du shérif du comté qui réussit à obtenir haut la main et par un heureux hasard, les deux grands frères, Halford et Buckley, font prospérés l’affaire familiale. Mais ce qui devait arriver, arriva :
Si Clayton était le bon, et Halford la brute, alors Buckley était le truand. Ca ne l’avait pas surprise – ça n’avait surpris personne – d’apprendre qu’il avait été tué par balles au cours d’échanges de coups de feu avec la police. Il était du genre à tirer sans réfléchir, et probablement qu’il méritait tout ce qui lui était arrivé, mais il n’en demeurait pas moins le frère de Clayton. Il faisait partie de la famille, et Clayton avait le droit de lui rendre hommage, malgré ce que Halford et sa clique en pensaient.
 
Les années s’écoulent patiemment sans heurts insurmontables. La vie suis son court sur la montagne et dans la vallée. Tranquillement et sans précipitations. Jusqu’au moment où un hurluberlu attifé d’un costard nickel vient jouer les cadors avec sa proposition aussi alléchante qu’inquiétante.
Les choses sérieuses débutent maintenant ! Qui y laissera des plumes ?
Voilà un roman noir efficace à 200% ! Pas de quartier et pas de sentiments, Brian Panowich décrit à merveille ce que la famille a de plus sombre à exiger. Ces liens intrinsèques et puissants qui condamnent ces hommes à une prédestinée malsaine et sans concession et contestation. Une famille qui se détruit peu à peu, s’étiole et se braque. Une famille qui s’embourbe mais qui tend à survivre dans un dernier souffle. Brian Panowich ne laisse aucun répit à son lecteur et l’immerge immédiatement dans une spirale infernale où les éléments se déchainent. Le passé se confronte au présent pour un futur des plus sombres. Les points de vue et les narrateurs s’enchainent pour une histoire qui sans relâche ne présage rien de bon. La tension monte crescendo pour un final à couper le souffle. Un final où l’enfer se défoule dans un ballet chaotique. Ce roman noir rural est hypnotique et addictif. Les chapitres défilent au point crucial où je me suis exclamée : »oh bordel! ».
Ce roman est à dévorer littéralement ! La suite paraitra dans quelques semaines.
 
 
L’avis de #Lilie :
Ce livre est très loin de ma zone de confort de lecture. Désigné comme « lecture commune » du Picabo River Book Club ce mois-ci, j’ai longuement hésité…… avant de me lancer. Laissez-moi vous dire que ce roman m’a mis une claque monumentale et m’a procuré un plaisir à lire incroyable !
Dans ce roman, nous faisons connaissance avec une partie de la famille Burroughs : Clayton, le shérif, et ses frères Halford et Buckley, leur père Gareth, leur grand-père Cooper et leur grand-oncle Riley. Chez les Burroughs, la Montagne est leur domaine et personne n’ose venir mettre son nez dans leurs affaires. Clayton, qui a choisi de devenir shérif, laisse ses frères vivre de leur trafic mais il ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour eux. Lorsque Holly, un agent fédéral, débarque dans son commissariat pour tenter de mettre fin à ces pratiques, le shérif sera pris en tenaille entre esprit de famille et l’accomplissement de son devoir. De nombreux personnages sont présentés au fil des chapitres et permettent d’en apprendre davantage sur la lignée des hommes de Bull Mountain. Par ailleurs, l’auteur a fait le choix de mettre en lumière à chaque chapitre un protagoniste différent, ne vivant pas forcément à la même époque. Au départ, j’ai été déstabilisée de changer de période et de personnage aussi souvent. Pourtant, au fil des pages, cette gymnastique devient addictive et très enrichissante dans la mesure où cela nous permet de suivre l’évolution de la famille Burroughs, de leurs affaires et aussi de mettre en lumière des choix qu’ils ont pu faire au cours de leur vie.
Brian Panowich livre ici un roman noir, plein de rebondissements et qui ne laisse aucun répit au lecteur. En effet, son écriture est addictive et l’intrigue tellement bien ficelée qu’on ne peut s’empêcher de vouloir en apprendre davantage. On se demande surtout jusqu’où il va nous amener et je dois avouer que j’ai, à de nombreuses reprises, hurler de stupeur et été prise à contrepied car je ne m’attendais pas à de tels rebondissements. Sous couvert d’une histoire de famille, l’auteur met également en lumière les trafics qui peuvent exister dans les contrées reculées  des Etats-Unis et l’impact du poids de l’histoire familiale dans ces régions. 
Pour conclure, ce roman est une très belle découverte. Roman noir, roman familial, « Bull Mountain » est un livre addictif, surprenant qui ne vous laissera ni répit ni indemne en arrivant à la fin. Je viens d’apprendre que la suite devait paraître sous peu, j’ai hâte de m’y plonger !

 

 


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Vers le site des éditions ACTES SUD pour tout savoir.

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A CONTRE-COURANT de Julie Tremblay.

 
[ROMANCE CONTEMPORAINE – 2018]
Nouvelle
Éditions JC Lattes – Collection &moi
140 pages
Ma note : 5/5 mention « à croquer »
Lien Kindle
 

 
Le résumé :
Après quatre ans d’absence, Sienna retourne à Tofino, sur l’île de Vancouver, pour passer les fêtes en famille. Suite à une terrible tragédie, elle a préféré tout laisser derrière elle, y compris Finn, avec qui elle devait se marier. Les années ont passé, mais qu’en est-il des blessures et des sentiments ?

 
Mon avis :

 

Direction l’île de Vancouver où les belles histoires d’amour sont aussi éprouvantes qu’une tempête de neige.

 

Sienna et Finn, c’est l’évidence même. Un amour profond et pur mais que la vie à mise à mal. L’éloignement dû à l’intégration de Finn dans l’armée, une tragédie et d’autres complications ont bouleversé la sérénité de Sienna. Sienna est le genre de femme qui croque la vie à pleine dent. Elle adore surfer, se relaxer dans les endroits insolites de l’île, partir à la découverte de la nature sans sa famille qui est son point d’attache. Sa grande sœur est celle qui secoue les puces et qui pousse des hurlantes à qui veux-tu, alors que Sienna est bien plus réservée et introvertie. Vivre sur l’île s’est accepter de vivre au sein d’une même et grande famille qui bien évidemment est au courant de touts tes faits et gestes. La vie de Sienna est partie en cacahouète 4 ans plus tôt. Plus rien n’aller. Loin de prendre la fuite par lâcheté, Sienna a du prendre la plus cruciale de ses décisions, celle de partir. La vie sur le continent n’a rien d’idyllique. Elle patauge dans ces espèces de mares de pétroles dans le but de sauver les oiseaux qui s’y sont empêtrés. Sa vie se résumé : à boulot, dodo et poto. Les années s’épuisent mais les souvenirs ne s’étiolent guère et remettre les pieds sur son île ce n’est pas une mince affaire. Surtout quand ce vilain sort à décider que la première personne qu’elle croiserait serait Finn, son ancien amoureux, se concluant par un sacré plongeon dans l’océan glacé.

 

Sienna et Finn, c’est toute une histoire rocambolesque, magnifique et étrangement cacophonique !  Ces retrouvailles olé olé m’ont tenue en haleine tout au long de l’histoire. La plume sublime de l’auteure m’a fait passé un excellent moment de lecture. Pour une fois je n’ai pas râlé face au format court, mais une chose est sûre j’ai absolument envie de découvrir le roman de l’auteur. Julie Tremblay a cette chose incroyable de refiler les frissons et puis les descriptions des paysages m’ont littéralement envoutée.

 

Cette douce histoire d’amour m’a scotchée. Pourtant je ne raffole pas d’histoires de noël, mais ici c’était juste MAGIQUE !

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