SOIE ET MÉTAL de Tuyêt-Nga Nguyên.


Sur un apparent coup de tête, une femme quitte sa famille. Clara, sa fille de seize ans ne l’accepte pas et la renie : quand on aime, on ne quitte pas! Huit ans plus tard, un inconnu lui envoie un carnet portant le nom de sa mère et l’exhorte à le lire. Le passé justifie-t-il toujours tout?

 
Huit années se sont écoulées et Clara n’a toujours pas fait le deuil de cette famille qui s’est délitée brusquement, dans la douleur, l’incompréhension et au final dans la haine. A-t-elle seulement écouter les explications ?
Clara a souffert, a touché le fond et avec force et courage et pour son père, elle a repris sa vie en main. Aujourd’hui, étudiante en médecine, elle se consacre à ses études et son amoureux. Mais son cœur a ses blessures qui n’ont jamais cicatrisé. Dans l’euphorie du retour de ses vacances, elle ne prête pas gare à l’enveloppe qu’elle ouvre. Alors que son contenu s’étale sur sa table, le passé surgit comme un vilain clown dans sa boîte. Sentiments ambigus, elle prend part de la lettre. Intrigante mais trop blessante pour qu’elle y accorde toute son attention. Poussée par la rage, elle veut juste renvoyer le colis à son destinataire. Mais le destin s’en mêle, les déconvenues et une petite part de curiosité la poussent dans des souvenirs douloureux.

 

Journal intime, récit romanesque, l’histoire de sa mère se tient dans ce carnet. Son auteur, inconnu, relate la vie de deux hommes et d’une femme et d’un pays en guerre. T-N.N invite son lecteur dans une aventure tortueuse et dangereuse au cœur d’un pays divisé et détruit par la folie humaine et préservé, tant soit peu, par des hommes et des femmes d’honneur. T-N.N explore avec magnanimité l’Histoire du Vietnam. Une immersion dans le passé douloureux où héritage, désespoir, espérance, fuite, abandon, destruction sont détenus dans une boîte de pandore. Un fois ouverte, les émotions et les sentiments contradictoire déferlent tel un tsunami. Une destinée houleuse mais merveilleuse. Une histoire touchante. Un voyage menant à l’amour.

 

Une nouvelle la collection Evasion nous fait découvrir une incroyable histoire. Le mot exotique ne me convient pas pour décrire ce roman. Existe t-il un mot pour décrire l’immensité qui se trouve au sein de ces pages ? SOIE ET MÉTAL, porté par la très belle plume de T-N.N, est sans contexte une très belle découverte alliant avec sensibilité des histoires d’hommes et de femmes portés par l’amour dans toute ses déclinaisons.

 

Une chronique de #Esméralda

LE PISSEUX de Damienne Lecat.

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019 ]

Éditions ACADEMIA – Collection Évasion.

120 pages

Ma note : 5/5 mention « Incontournable 2019 »

Lien Kindle

 
Le résumé :
Belle-doche, salope ! Eric, gamin sensible et intelligent, invective ainsi en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père se voile la face, sa grande soeur Anne essaie de le protéger. Encore une qui va me faire chier ! Cinquante ans plus tard, Eric, misanthrope reclus dans son appartement, ne supporte ni Prune, sa nouvelle voisine qui essaie de s’immiscer dans sa vie, ni sa soeur qui l’entoure toujours de ses attentions. Un même personnage, une alternance de deux époques, un dénouement parallèle pour un drame psychologique caustique, non dénué d’humour et de poésie.

Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"

Encore une qui va me faire chier, se dit Eric en la voyant par la fenêtre débarquer de sa vieille Kangoo garée en double file, les quatre clignotants allumés. Il n’a pas tort. Les seins à l’air, mais le cul presque invisible sous un large pantalon, une bonne femme dépose deux poufs, un narguilé et une plante verte qu obstruent l’entrée de l’immeuble, puis, sa,s la moindre gêne, elle s’en va au volant, sans doute à la recherche d’une place de parking dans le quartier. Elle revient à pied une demie-heure plus tard. Tout ce temps pour un simple créneau ! Le chat tigré qui passait par là a eu le temps d’exercer ses griffes sur le pouf de droite et de marquer son territoire sur celui de gauche, ce qui rend Eric presque guilleret. Elle vase marrer dans le quartier, la gamine !
(Premières lignes)
Eric depuis sa fenêtre côtoie le monde. Un monde qu’il dénigre et qu’il ose affronter à l’occasion de quelques sorties d’une absolue nécessité. Eric n’est pas agoraphobe mais les relations sociales l’horripilent. Il aime passer ses journées selon un rituel bien précis. Il aime vagabonder entre ses quatre murs. Chaque pas, chaque odeur, chaque grincement, chaque jeu de lumières, chaque élément à leur place précise lui rappellent des souvenirs douloureux. Eric n’a jamais su guérir ses blessures qui au fil des années l’ont emmuré dans un cercueil de rancœur, de haine, de colère et d’injustice. Il répudie les femmes, même sa sœur n’a pas droit à un traitement de faveur. Eric est un homme hautain, mal-aimable, détestable et goujat. Le portrait d’un parfait misanthrope. Un homme des cavernes, un ours mal léché, un grinch tout autant de comparaisons qui sont loin d’être à la hauteur de cet homme.

L’arrivée de la nouvelle voisine va bouleverser le quotidien bien rangé d’Eric. Un harcèlement bon enfant qui va ouvrir la boite de Pandore. Pour le meilleur, Eric va devoir se confronter à quelques vérités et découvrir une réalité macabre et pour le pire, peut-être, ouvrir son cœur. Le petit pisseux qu’il est n’a qu’à bien se tenir !

Damienne Lecat signe un roman où surprise et déconvenue vont de paire avec horreur et drame. Si dans un premier temps le personnage d’Eric à de quoi rebuter et horripiler, de fil en aiguille, le lecteur découvre les raisons qui ont amené ce petit garçon à devenir l’adulte du présent. Comme la madeleine de Proust, l’environnement proche d’Eric déclenche la résurgence des souvenirs. Entre passé et présent, le lecteur devient le témoin de cette vie insoutenable. J’ai ainsi pu comprendre cet homme, le rendant, pour l’occasion, attachant dans son désœuvrement, dans sa peine, dans cette blessure qui n’a jamais cicatrisée. Sans l’espoir, le grand Eric a perdu la foi dans l’avenir, vivant abattu dans sa coquille d’escargot. Damienne Lecat touche un sujet sensible. Elle l’aborde d’une manière que j’ai beaucoup apprécié : un ton grave et sobre emprunt d’une petite note de légèreté. Petit à petit, les éléments s’emboîtent pour parfaire un tableau où la tristesse prédomine et où les ombres anéantissent le peu de lumière qui reste. Damienne Lecat m’amène alors vers ce final inattendue qui lève le voile sur cette promesse.

J’ai été subjugué par la plume de Damienne Lecat. Une plume délicate qui met en valeur les tourments de l’âme. Une plume franche qui ose des mots crus et insensés. Une plume caustique et efficace. Ce drame psychologique m’a tenue en haleine tout au long des pages. Une lecture que je vous invite vivement à découvrir !

#Esméralda

 
Je remercie les éditions Academia pour leur confiance.

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

… le site des éditions Academia.