L’APPARITION DE L’OUBLI de Alexis Sukrieh.

[ LITTERATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019 ]
Editions L’ASTRE BLEU – Collection Hélium
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
À peine quelques heures après sa mort, une nouvelle perspective se dévoile. L’homme qui a été mon père devient autre que mon père, une distance s’intercale entre lui et moi, subtile, mais bien présente. Je me débarrasse d’un prisme et je regarde Raïf comme je ne l’ai encore jamais vu.
Arthur a perdu son père il y a deux ans.
Il replonge dans le film de ses dernières heures, les frontières temporelles s’effacent et les souvenirs s’enchaînent depuis sa plus tendre enfance. Son père dans le potager, son père coupant du bois pour la cheminée, son père à ses côtés dans les moments importants de sa propre vie. Les lectures partagées, sa philosophie qu’il inculquait à ses fils.
Et les vacances en Syrie où il découvre un « autre » père, attaché à ses origines.
Arthur a-t-il accordé suffisamment de place dans sa vie à cette part de son histoire personnelle ?
C’est maintenant, par son silence absolu, que Raïf lui dit tout.
« L’apparition de l’oubli » nous interroge et explore ce que la traversée du deuil change en chacun de nous.
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La mort, le deuil, la séparation irréversible, l’abandon, la douleur silencieuse et puis les souvenirs qui fluctuent comme la fameuse « madeleine » de Proust.

 

La présence de son père, bien qu’elle soit éloignée, a toujours été une chose importante aux yeux d’Arthur. Il le savait, ici et là-bas, dans son jardin, dans sa maison, en compagnie de son épouse, de ses amis, de son frère ou de ses enfants. Les kilomètres n’effaçaient en rien les liens qui unissaient Arthur et son père Raïf.

 

Et puis un jour, plus rien, ni préavis ni conciliabule, la mort est là, souveraine et dans son droit. La vie s’achève, Raïf n’est plus, juste un nom qu’on peine timidement à murmurer. Le temps passe, les blessures se pansent et, eux, ils restent.

 

Les mois s’écoulent et les souvenirs surgissent, comme un clown dans sa boîte, bourlinguant les affres du cœur. Arthur se rappelle les bons et les mauvais souvenirs, les anecdotes, ces phrases mystiques dites lors de conversations, ces moments de complicités et insolites, la lueur qu’illuminait parfois ses yeux, les vacances, un autre monde, la peine, la douleur, la colère, les cris silencieux, les larmes, le lendemain sans lui, sa vie sans lui et tous ces mots qui n’ont pas été dits. Puis jaillissent les questions sans réponses, les questions sur sa vie, les questions sur ce qu’il était, est et sera, les questions oubliées, les questions sans intérêt, les questions affectives …

 

Alexis Sukrieh dépeint avec grâce le kaléidoscope émotionnel d’un homme emprisonné dans les dédales du deuil et des souvenirs. Des mots puissants pour une histoire loin d’être banale. Une plume efficace pour une histoire touchante. Une histoire qui porte sur la famille et ses liens, sur les racines familiales et sur l’amour indéfectible. Une histoire de courage et d’humilité. Une histoire qui ne m’a pas laissé insensible. Une histoire sans chronologie particulière, juste portée par le flots des souvenirs qui s’ajoutent au fils des pensées. Un histoire en tout point émouvante.

 

Doit-on oublier pour se souvenir ?

 

Une chronique de #Esméralda

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… l’univers de Alexis Sukrieh.

LE GHETTO INTÉRIEUR de Santiago H. Amigorena.

[ LITTÉRATURE BLANCHE – Nouveauté 2019 ]
Éditions P.O.L. – Collection FICTION
192 pages
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Le résumé :
« Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq ans plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire. Ce roman raconte l’histoire de ce silence – qui est devenu le mien ».
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Il est bien difficile de faire la différence entre la réalité et la fiction. Une histoire si bouleversante et si vivante dans ce confinement de l’âme humaine.

 

Silence éprouvant, silence, accaparant, silence destructeur, une vie de silence, de mots oubliés dans ces pensées sombres, des non-dits avalés, des silences de mots, des mots de silence, une communion de maux. Pas à pas, Vicente s’enlise, s’enfonce et disparaît dans cette douleur, cette colère, cet abandon. Quel homme est il devenu ? La vie a t’elle fait de lui un homme lâche, sans identité ? Un homme sans mère, sans famille ? Un homme faible ? Un homme sans valeur, sans repaire ? Un homme témoin silencieux d’un drame sans nom ? Un homme déraciné ?

 

Des questions. Tant de questions pour Vicente. Trop de questions et trop réponses qui le portent vers cet abandon lancinant et vers la profusion du silence. L’abominable est innommable. Un prison de mort. Sa prison. Sa vie depuis ce jour fatidique.

 

Porté par une plume mordante, UN GHETTO INTÉRIEUR percute douloureusement. Un personnage bouleversant qui du jour au lendemain s’interroge. Son identité personnelle, son identité communautaire et sur sa vision du monde. Sa mémoire, la mémoire collective, l’héritage familiale forment un ballet pernicieux et malicieux. Un graine (mauvaise ?) qui s’installe et germe dans un esprit de plus en plus tourmenté. Des états d’âmes, la lâcheté, mouvance d’un corps qui refuse inacceptable, qui refuse d’accorder la moindre parcelle de vérité face à l’inévitable.
 
Si les mots ne se sont pas prononcés, les silences valent souvent tout l’or du monde. Le silence repousse le mal. Le silence brave l’impensable. Le silence construit  des barrières protectrices. Le silence n’est pas le néant . Le silence est trop de choses à la fois. Le silence parle de mille manières. Vicente l’a adopté, l’a magnifié dans ce qu’il a de plus sombre.

 

Je découvre pour la première fois l’univers de Santiago H Amigorena et j’en sors totalement abasourdie. C’est un roman où il faut prendre son temps, où il faut laisser les mots s’infiltrer dans chaque parcelle de son esprit où il faut leur laisser le temps de se graver pour à tout jamais. Un sujet délicat, la Shoah, un sujet essentiel, un sujet qui nous permet de ne pas oublier. J’ai beaucoup apprécié la manière dont l’auteur prend en main son personnage pour le modeler, le façonnant, finalement, à l’image de ces hommes et femmes photographiés, aux yeux vides et sans vie. C’est quelque chose de bouleversant et qui vous enserre le cœur en une poignée de secondes.

 

Comment a-t-on pu vivre ensemble toutes ces années comme si le passé n’existait pas ? Comme si seuls le présent et l’avenir étaient importants ? Et maintenant, maintenant qu’il faudrait lui dire, maintenant que je devrais crier ma haine et ma peur, maintenant que je sais ce qui se passe là-bas, maintenant que je sais que jamais sans doute je ne réussirai à ce que ma mère et mon frère viennent à Buenos Aires, maintenant que je sais que jamais je ne sauverai personne, maintenant que tout me semble vide et inutile, maintenant qu’il n’y a rien d’autre qu’un vide immense qui s’étend devant moi, maintenant … est-ce que j’ai le droit de leur dire ? Est-ce que j’ai le droit de leur demande de partager ma peine ? Maintenant que je sais qu’il est mortel, est-ce que j’ai le droit de leur demander de boire une partie de ce venin qu’est ma douleur pour me soulager ?

 

Une très belle rencontre !

 

Une chronique de #Esméralda.

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REFRAIN de Mathilde Roux.

[ LITTÉRATURE BLANCHE – Nouveauté 2019 ]
Éditions EDISTART
188 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
A la mort de son grand-père, Camille retourne vivre dans le château familial, cerné par les forêts épineuses de la montagne Noire. Avec sa mère, Roxane, et son petit garçon, Jack. Un bien curieux trio que cette famille-là. Conteuse un peu lunaire, la jeune femme se sent comme une princesse inutile dans un monde trop cohérent. Elle décide pourtant d’affronter les démons de son enfance. Pour s’inventer une nouvelle vie. Nouvelle vie ou nouvelle mort ? Récit aux notes allégoriques, Refrain questionne l’amour maternel, la quête d’émancipation et la parentalité. Il oscille entre humour et gravité, servi par une nouvelle plume, nerveuse et mordante. Le roman d’un amour obsessionnel, comme la trame d’un conte, le souffle du vent, le refrain d’une chanson.

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Balade nocturne sur une mélodie sans fausse note, REFRAIN dénote par les thèmes abordés. Des thèmes forts et poignants qui interrogent silencieusement sur notre identité face à ce monde cynique et noir. Des thèmes percutants sur l’indésirable, sur le bonheur, sur le malheur et sur la perte qui a de nombreux visages à la fois mélancolique, narcissique et heureux.

 

Roxanne, Camille et Jack : un trio qui danse sur une musique loin d’être accordée. Roxane, un brin autoritaire et protectrice. Camille, bohème et douce rêveuse. Et Jack éternel petit garçon au rôle évocateur et primordial. Trois mondes éclectiques cohabitant pour le mieux.

 

Un château et ses mystères enflent les douces mélopées émanant de la forêt noire. Entre légendes et rumeurs, la vie s’écoule dans un autre espace temporel. Château charismatique pour un grand-père exceptionnel. Des pièces imposantes et des murs silencieux témoins de tant de choses dont l’amour et la folie. Une dernière pièce de théâtre doit s’y jouer et si le final semble jouer d’avance, l’imprévu l’ébranlera.

 

Mathilde Roux signe un premier roman déstabilisant. Un roman emplit de douceur, de bienveillance et de candeur au sein d’une atmosphère malsaine. Ces demi-mots et ces demi-prières frappent cette fatalité apprivoisée mais qui tend à redevenir sauvage. Conte espiègle où l’identité est au cœur d’une libération trop longtemps cherchée.

 

Plume poétique, verbe enjôleuse, un roman auquel il est difficile de résister. Accaparée par ce trio informe, l’histoire se forme et se déforme pour en créer une autre épique et fusionnelle. Si la redondance du passé semble réconfortant, l’avenir est précieux à celui qui va le chercher et brise ainsi ce cercle vicieux.

 

Une lecture formidable que je vous invite à découvrir.

 

Chaque semaine, la même route. Mais qui aujourd’hui ne se ressemblait pas. Le récit était différent. Les maisons jaugeaient es intrus qui passaient sur la route et leur voulaient du mal. Des phares au loin allaient vous croiser, vous éblouir, peut-être vous percuter, peut-être volontairement. On pouvait aussi être seuls dehors. Les arbres alors nous menaceraient, le vent hurlerait. Fouet obsédant. Le jour, c’est la vie des êtres et la nuit, c’est la vie des choses, avait raconté certain conte. C’était un monde qu’il ne fallait donc déranger sous aucun prétexte. Mickaël s’abandonnait ainsi à son imagination. Le petit garçon devait ressentir ses incertitudes. Et c’était flou. Et c’était large comme l’océan.
 
Une chronique de #Esméralda

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… l’univers de Mathilde Roux.

Une coccinelle dans le cœur d’Angie Le Gac

une coccinelle dans le coeur

Littérature blanche – livre sorti le 3 mars 2018

Auto-édition

Service presse – Prix des Auteurs Inconnus

Ma note : 4,5/5

 

Ce roman concourt dans la catégorie « littérature blanche » pour la deuxième édition du Prix des Auteurs Inconnus.

Résumé : Elena est jeune. Elena est belle. Elena est malade. Parfois, elle a envie de mourir… Mais la plupart du temps elle veut vivre haut et fort, de plus en plus vite, comme sur un immense manège de fête foraine.

Entre ses séjours en clinique et sa vie professionnelle, elle essaie de se construire jour après jour et de trouver sa propre voie vers le bonheur.

Aidée de Simon, son homme-talisman, elle tutoie les anges. Mais la vie en a décidé autrement. Il lui faudra énormément de courage pour surmonter les épreuves qui émaillent son parcours et retrouver peut-être le chemin de la félicité.

Entre romance et drame, découvrez l’histoire d’Elena.

 

Mon avis : Lors de la présélection des romans, celui-ci avait attiré mon attention. Dernier roman de la sélection de cette année que je lis, je suis ravie de clôturer cette session sur un roman qui m’a remuée.

Nous faisons ici connaissance avec Elena. Elle est mannequin, elle profite de la vie mais un jour tout s’écroule. Elena est hospitalisée, et à sa sortie, elle doit se reconstruire et reprendre sa vie en main. Un jour, elle rencontre Simon, elle espère alors que les ennuis sont derrière elle et que seuls de bons moments l’attendent. Mais quand le destin décide de vous mener la vie dure, il ne vous lâche pas…

Malade, Elena alterne les périodes où tout va bien et où elle broie du noir. Personnage haut en couleur, elle est attachante et on souffre à ses côtés au fil des épreuves qu’elle supporte. Je l’ai par moment, malgré tout, trouvée un peu puérile dans la mesure où elle connaît le mal dont elle souffre et qu’elle décide volontairement de ne plus suivre son traitement. N’étant pas une spécialiste des maladies mentales, peut-être est-ce quelque chose de fréquent chez les personnes atteintes de certaines pathologies. Quand à Simon, c’est un musicien de renom qui a fait le choix d’être hospitalisé pour surmenage. Lors de sa rencontre avec Elena, c’est une évidence pour tous les deux ! Je regrette un peu que tout ce qu’on apprend sur lui, c’est à travers les yeux ou des situations partagées avec l’héroïne. J’aurais aimé avoir son ressenti sur des moments ou les épreuves qu’il traverse, que ce soit seul ou auprès de sa bienaimée. Je trouve cela d’autant plus dommageable que l’autrice a fait le choix d’un narrateur omniscient, qui parle à la troisième personne, mais il ne se focalise que sur Elena et ses épreuves. J’ai néanmoins beaucoup aimé le couple qu’ils forment et cette bulle de bonheur qu’ils vont se construire ensemble.

Si je dois être honnête, je suis passée à deux doigts du coup de cœur avec ce roman. Cette histoire est poignante et vous prend aux tripes. La plume de l’autrice est efficace, rythmée grâce à des phrases et des chapitres courts qui donnent envie de tourner les pages. Elle vous prend aux tripes et à plusieurs moments, j’ai eu le cœur serré pendant ma lecture tellement j’avais l’impression d’être aux côtés d’Elena et de souffrir avec elle. Des thèmes lourds sont abordés ici et j’ai appris pas mal de choses sur les maladies mentales, et leurs effets « pervers », mais aussi sur les services sociaux en Grande-Bretagne, avec leur pragmatisme « so british » et tellement déshumanisé.

Pour conclure, je me suis régalée lors de cette lecture qui n’est pourtant pas facile vu les thèmes abordés. Laissez-vous emporter par l’histoire d’Elena et venez souffrir, rire et espérer à ses côtés. Quant à l’autrice, que je ne connaissais pas du tout, je me note dans un carnet les titres de ses autres romans afin de continuer à la découvrir.

 

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chroniqueur du pai

Alron Gems – Le bal des scorpions de Manuel Bénétreau

le bal des scorpions

Littérature blanche – livre sorti le11 juin 2018

Auto-édition

Service Presse – Prix des Auteurs Inconnus

Ma note : 3,5/5

 

Résumé : Alron Gems est le chasseur de pierres précieuses le plus célèbre, mais aussi le plus… mystérieux de la planète. Il n’en est pas moins un baroudeur prêt à jouer du coup de poing ou à utiliser les armes pour satisfaire ses riches et exigeants clients.

Alors, quand on lui confie la mission de retrouver le fameux collier du Bal des Scorpions et ses rubis inestimables, de réconcilier deux familles ennemies et de donner un avenir au Rajasthan, une des régions les plus pauvres de l’Inde, son sang ne fait qu’un tour…

Surtout qu’il prend pour nouvelle assistante, une jeune femme aux capacités hors normes, choisie depuis longtemps pour des raisons secrètes, et qui va vivre là une première expérience très mouvementée.
Entourés par une « drôle » d’équipe, ils vont se confronter à des forces politiques, économiques et religieuses prêtes à tout pour les arrêter.

Et nous permettre d’entrer dans les coulisses d’un monde envoûtant mais souvent impitoyable, celui des gemmes et de la joaillerie de luxe !

 

Mon avis : Lors des présélections pour la session 2018/2019 du Prix des Auteurs Inconnus, dans la catégorie « littérature blanche », les premières pages de ce roman m’avaient bousculée. Je me suis donc lancée avec enthousiasme dans ma lecture, qui n’a malheureusement pas répondu à toutes mes attentes.

Au début de ce roman, Carole va passer un entretien d’embauche dans l’entreprise d’Alron Gems, un chasseur de diamant réputé et mystérieux. Dès son embauche, Carole comprend que sa vie ne sera plus jamais la même. En effet, avec son nouveau patron, elle va découvrir un aspect du métier palpitant mais aussi effrayant. De l’Inde à la Turquie, en passant par Londres ou Hong-Kong, la chasse au « collier du bal des scorpions » est lancée !

Pour les besoins de son nouvel emploi, Carole va devenir Lia. Entière, dévouée, compétente et courageuse, Lia est une jeune femme pleine de ressources et qui sait ce qu’elle veut. Sa relation avec Alron va évoluer au fil de l’histoire et des rebondissements qu’ils vont vivre ensemble. Ce dernier est très mystérieux mais on découvre, peu à peu, son histoire et les raisons pour lesquelles il agit comme cela. Passionné par son boulot, il ne laisse rien au hasard et sait s’entourer des meilleurs. Leur duo fonctionne très bien et la confiance mutuelle qu’ils se font est plaisante à voir.

Au niveau du style, je dois avouer que ce roman est très dynamique. La plume de l’auteur est vive et nous laisse peu de répits tant les rebondissements auxquels sont confrontés les protagonistes sont nombreux. Malheureusement, j’ai parfois eu l’impression qu’il leur arrivait trop d’épreuves et je n’ai pas été vraiment embarquée dans le périple qu’ils vivent. J’ai également regretté, par moment, le manque de sensations lors de ma lecture. En effet, autant les scènes d’actions sont prenantes et, parfois, un peu angoissantes, autant les descriptions des lieux visités ou monuments découverts ne m’ont pas transportée et je n’ai pas eu ce parfum de voyages auquel je m’attendais. Néanmoins, je me dois de noter que l’auteur a, très intelligemment, ancré son roman dans la réalité, notamment en permettant  à certains personnages de rencontrer des personnes réelles. J’ai également beaucoup apprécié la mise en lumière d’un projet écologique qui permettrait d’apporter de l’eau dans les régions désertiques. L’idée décrite semble un peu folle… je me suis donc documentée et je me suis rendue compte que ce projet existe vraiment et est en cours d’implantation sur plusieurs continents. Merci à l’auteur de m’avoir permis de le découvrir.

Pour conclure, je regrette de ne pas avoir été plus embarquée dans la quête d’Alron Gems et du collier du bal des scorpions. Cette histoire, sans temps mort, a été une lecture plaisante mais elle m’a, un peu, laissée sur ma faim. Je n’ai néanmoins aucun doute sur le fait que les amateurs d’histoire d’aventure seront conquis et passeront un bon moment lors de cette quête incroyable.

 

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Devine qui est mort ? de Frédérique Hoy

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Littérature blanche – livre paru le 30 avril 2018

Auto-édition

Prix des Auteurs Inconnus 2019

Ma note : 5/5

 

Je remercie les organisateurs du Prix des Auteurs Inconnus pour leur confiance et pour me permettre, pour la deuxième année consécutive, de participer à cette aventure et de découvrir des romans incroyables dans la catégorie littérature blanche.

 

Résumé : La flûtiste renommée Albane de Morange a tout pour être heureuse : un homme qui l’aime et qui partage sa passion, un appartement chic à Paris, une vie réglée comme du papier à musique. Si elle n’a pas d’enfant, c’est pour une raison bien précise : cette raison même qui fait qu’elle a rompu avec la famille de Morange il y a plusieurs années.

Le jour où, en plein concert, la musicienne frôle la mort, son monde intérieur est bouleversé. Albane éprouve le besoin de renouer les liens, et surtout de régler ses comptes avec les acteurs de ce passé douloureux qu’elle n’a jamais eu le courage d’affronter.

 

Mon avis : Lors de la présélection des titres pour le Prix des Auteurs Inconnus 2019, les dix premières pages de ce roman m’avaient intriguée. Au final, ce livre renferme beaucoup plus de mystères et de secrets qu’il n’y parait et j’ai été très surprise lors de ma lecture.

Ce roman raconte la vie d’Albane de Morange. Suite à un AVC, elle souffre d’amnésie partielle. A cette occasion, elle va renouer avec sa famille avec qui elle avait coupé les ponts des années auparavant. Cette rupture est due à des secrets cachés lors de l’adolescence de la jeune femme et dont elle ne s’est toujours pas remise.

Adolescente, Albane tombe amoureuse du jardinier Akash. Quelques semaines plus tard, elle est obligée de quitter le domicile familial. A son retour chez elle, plus rien ne sera comme avant et peu à peu elle se coupe de sa famille pour se plonger dans le monde de la musique.

Albane « profite » de son AVC pour reprendre sa vie en main. C’est une femme déterminée qui souffre d’avoir subie, pendant trop d’années, le poids des « on-dit » et du « qu’en dira-t-on ». Sa quête déterminée montre sa force de caractère et sa volonté de remettre de l’ordre dans sa vie.

Ce roman est incroyable. La justesse de la plume de l’autrice est remarquable, utilisant un vocabulaire riche et précis. Cette histoire est surprenante jusqu’au bout et on n’a aucun moment de répit. Cette quête menée par Albane m’a tenue en haleine jusqu’à la fin et surtout, à aucun moment je ne me suis doutée de la manière dont elle s’achèverait. Ce livre est aussi l’occasion pour l’autrice de dénoncer des pratiques réelles, qui ont eu lieu entre 1950 et 1980 dans les Flandres. Même si ce roman est une fiction, il met en lumière un scandale qui a pendant trop longtemps été passé sous silence.

Pour conclure, je ne m’attendais pas du tout à autant de rebondissements au cours de cette lecture. L’histoire d’Albane est une quête personnelle qui ne vous laissera sûrement pas de marbre et qui vous entrainera au plein cœur des secrets de famille et des convenances qui avaient cours dans les familles aristocratiques dans les années 1970.

 

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L’utopie des fous d’Anthony Boucard

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Littérature française – livre sorti en juin 2018

IS Editions

Service presse

Ma note : 4/5

 

Je remercie les organisateurs du Prix des Auteurs Inconnus qui m’ont permis de découvrir ce roman sélectionné dans la catégorie « littérature blanche ».

Résumé : « Il faut que je me souvienne encore et encore de ce que nous avons été, de ce jour où tout a basculé et de ce que nous sommes devenus. Il faut que je me rappelle, pour que les belles choses me donnent la force et que les mauvaises me condamnent. »

Si Roméo et Juliette avaient vécu au vingtième siècle, ils se seraient appelés Jules et Jeanne.

Tous deux ont grandi dans un petit village du Sud Touraine durant la Seconde Guerre mondiale. Jeanne est issue d’une famille résistante, Jules vit quant à lui dans la collaboration avec l’ennemi allemand.

Et c’est dans cet univers d’affrontement et de règlement de compte que les deux enfants vont devoir s’aimer. Mais à quel prix ?

Pour continuer de vivre leur amour impossible, les deux jeunes amants ne choisissent ni le couteau, ni le poison, mais la folie pour armure, et l’hôpital psychiatrique comme refuge… Ainsi pourront-ils vivre l’un près de l’autre malgré les lourds secrets qui rongent Jules.

Ce roman raconte leur folle utopie.

 

Mon avis : Lors de la présélection des romans pour la session 2018-2019 du Prix des Auteurs Inconnus, « l’utopie des fous » m’avait intrigué mais n’avait pas fait partie de mon top 5. Finalement sélectionné, je suis contente de l’avoir lu car ce roman est une belle découverte.

Ce roman à plusieurs voix nous permet de suivre Jules/Marius, Jeanne et Angèle. Jules et Jeanne se sont connus enfants, se sont aimés pendant la Seconde Guerre Mondiale puis ont été séparés. Ils se retrouvent des années plus tard dans un hôpital psychiatrique où Jules se fait appeler Marius et se fait passer pour un simplet. Angèle est infirmière dans cet hôpital et elle est étrangement proche du couple. Que cache-t-elle ? Pourquoi Jules et Jeanne ont-ils été séparés à l’issue de la guerre ? Pourquoi Jules a-t-il dû fuir son village ? Pourquoi Jeanne a-t-elle perdue la tête ?

Jules et Jeanne sont des adolescents qui s’aiment. Malheureusement, le père de Jeanne ne veut pas entendre parler de cet amour car il en veut au père de Jules, qu’il pense être un « collabo ». Obstiné, têtu, Jules est fou amoureux de Jeanne et il sera prêt à tout pour vivre son histoire avec elle. Quant à elle, elle est coincée dans un dilemme entre son amour pour Jules et sa loyauté envers sa famille. Internée à l’issue de la guerre alors que Jules a pris la fuite, il la retrouve des années plus tard et se fait interner à son tour sous le nom de Marius. Les raisons de ce changement d’identité sont distillées peu à peu mais on comprend rapidement qu’il est rongé par les remords. Quand à Jeanne, devenue amnésique et atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle va pourtant chaque jour retomber amoureuse de Marius et ils vont ainsi pouvoir vivre côte-à-côte. Quand à Angèle, c’est une infirmière adoptée à la naissance qui vit pour son travail. Mariée à un homme insupportable, elle se donne corps et âmes pour ses patients et elle trouve un confident en Marius. J’avoue avoir rapidement compris pourquoi et découvert son secret assez facilement.

Le roman est écrit de manière originale. En effet, les chapitres alternent entre le passé de Jules et Jeanne au moment de la 2nde Guerre Mondiale, la vie de Jules après la guerre et le point de vue d’Angèle. Cela m’a beaucoup déstabilisée au départ et finalement, au fil des chapitres, cela donne du rythme et donne l’envie de tourner les pages de plus en plus vite. L’écriture de l’auteur est très plaisante et précise ; il utilise un vocabulaire riche et soutenu, ce qui nous permet d’enrichir le nôtre. J’ai trouvé ses descriptions percutantes et je me suis retrouvée en plein cœur de l’action lors de nombreuses scènes. Le seul reproche que je pourrais lui faire est l’utilisation de phrases parfois longues et de chapitres denses. Néanmoins, j’ai pris beaucoup de plaisir lors de cette lecture et n’hésiterai pas à replonger dans un de ses romans.

Ce livre aborde le thème de la France durant la 2nde Guerre Mondiale et du dilemme entre collaboration et résistance. Certaines scènes vous glacent le sang mais sont assez représentatives de ce qu’ont pu vivre les populations à cette époque. Les autres thèmes abordés sont ceux de la vieillesse, la vie dans un hôpital psychiatrique et les remords.  Tout cela n’est pas très léger mais est abordé avec émotions et nous amène à réfléchir.

Pour conclure, ce roman est une belle découverte assez inattendue pour moi. Foncez découvrir les vies de Jules, de Jeanne et d’Angèle, qui ont tous les trois un destin assez incroyable. Les thèmes abordés font que la lecture est loin d’être légère mais elle est très prenante et vous laissera sûrement sans voix.

 

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