LA BOITE A OUTILS de Gérard Besnier.

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE FRANÇAISE – Nouveauté 2019 ]

Éditions FRANÇOIS BOURIN – Collection Littérature

352 pages

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

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Le résumé :
Lorsque Nicolas Dédacin Amoraus quitte précocement les bancs de l’école, son père le félicite : le voilà digne d’hériter de la noble boîte à outils familiale ! Et le jeune héros d’emporter fièrement ce berceau, ce « cercueil » comme disent les ouvriers, dans la campagne normande des années 1970, où fleurissent des utopies de travail « alternatif »… Nicolas s’apprête donc à soigner son apprentissage auprès de bons gars biberonnés au travail vrai ! À moins que ces autoproclamés professionnels de génie ne soient que de doux dingues, plus enclins à refaire le monde par les mots que par les actes ? Jugez vous-même : un mécano donneur de leçons, un « menuisier » roublard, un ouvrier agricole au patois incompréhensible, un séminariste illuminé… Sans parler de ces jeunes femmes au féminisme intransigeant ! De rencontres hasardeuses en catastrophes, les tribulations de Nicolas dessinent un étonnant parcours initiatique, déjanté et émouvant. Et pour tracer sa propre route, peut-être devra-t-il se détourner du testament qu il avait accepté.
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Quelle est bien singulière cette boîte à outils ! Symbole transgénérationnel de la passation d’un savoir-faire qu’il ne faut pas prendre à la légère, cette boite à outils alourdit par le poids des mots et des gestes est bien vide dans les mains de Nicolas Dédacin Amoraus. Pourtant il en mesure la beauté, la délicatesse, l’assemblage des pièces de bois et la décoration. Il en est bien fier de sa boîte à outils. L’avoir à bout de bras, se trimballer dans les rues avec, il en ressort un certain prestige et des œillades convenues. Cette fichue boîte à outils est le ticket gagnant pour afin mettre un pieds dans la vie active des adultes. Sans manuel, cette boîte semble encombrante. Dans un premier temps,  elle trône au fin fond du casier d’un garage de bus où Dédacin est laveur de cars la nuit. Elle attend patiemment son heure de gloire alors que Dédacin se décarcasse à faire rutiler ces cars d’école et de tourisme. Il s’épanouit, grandit et découvre l’amour au milieu de ces cars. Jusqu’au jour où les catastrophes rattrapent le valeureux et d’un coup de pichenette se retrouve sans rien. Débute alors un étonnant chemin de croix où rencontres hasardeuses et épineuses font parfaire un homme en quête de reconnaissance qu’elle soit liée au travail ou à sa personne. Et toujours accompagné de sa bienheureuse boîte à outils.

 

Gérard Besnier a l’art et la manière de la prose. Une plume singulière qui aime jouer avec les mots et surtout les mettre en valeur d’une exquise manière. Son premier roman met en scène un personnage qui ne peut que devenir attachant au fil des pages. Certes, niais, sa volonté farouche à devenir quelqu’un est un puissant moteur qui facilite cette quête initiatique dans un monde où les crocodiles mordent en premier. Encombré de cette boîte à outils, héritage empoissonné auquel le personnage de Dédacin est lié sans équivoque, se pourfend dans une vie résolument pas faite pour lui. Chaque étape est un questionnement intense, chaque rencontre ouvre de nouvelles portes, chaque catastrophe est un poids de plus à supporter, jusqu’à l’ultime rencontre, jusqu’à l’ultime catastrophe. Évoluant dans les années 70, où les restaurants bars faisaient l’animation du village, où le garagiste du coin était encore le seul allier, où les associations d’un nouveau genre apparaissaient et étaient regardé d’un œil suspicieux et où les femmes pouvaient se targuer d’être féministe car elles maniaient les outils comme les hommes. Un décor d’un autre temps mais qui peut parfaitement faire écho à celui de maintenant.

 

Une nouvelle fois je sors de ma zone de confort avec cette dernière lecture. Une sacrée découverte où j’ai pu apprécier la manière narrative loufoque et intéressante qui titille le lecteur à se poser de nombreuses questions, le personnage et son évolution, un décor et des personnages secondaires où caricatures et clin d’œil bon enfant sont un pur ravissement. Les longues descriptions et introspectives m’ont peu dérangée car la dynamique présente ne m’enlisait pas.

 

C’est un livre idéal à découvrir pendant ses vacances d’été où le temps n’a plus d’importance et pourquoi pas se lancer dans cette histoire d’un autre genre.

 

#Esméralda

Je remercie les éditions François Bourin et Nadia pour leur confiance.

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Gerard Besnier parle de son roman.

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LE PISSEUX de Damienne Lecat.

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019 ]

Éditions ACADEMIA – Collection Évasion.

120 pages

Ma note : 5/5 mention « Incontournable 2019 »

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Le résumé :
Belle-doche, salope ! Eric, gamin sensible et intelligent, invective ainsi en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père se voile la face, sa grande soeur Anne essaie de le protéger. Encore une qui va me faire chier ! Cinquante ans plus tard, Eric, misanthrope reclus dans son appartement, ne supporte ni Prune, sa nouvelle voisine qui essaie de s’immiscer dans sa vie, ni sa soeur qui l’entoure toujours de ses attentions. Un même personnage, une alternance de deux époques, un dénouement parallèle pour un drame psychologique caustique, non dénué d’humour et de poésie.

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Encore une qui va me faire chier, se dit Eric en la voyant par la fenêtre débarquer de sa vieille Kangoo garée en double file, les quatre clignotants allumés. Il n’a pas tort. Les seins à l’air, mais le cul presque invisible sous un large pantalon, une bonne femme dépose deux poufs, un narguilé et une plante verte qu obstruent l’entrée de l’immeuble, puis, sa,s la moindre gêne, elle s’en va au volant, sans doute à la recherche d’une place de parking dans le quartier. Elle revient à pied une demie-heure plus tard. Tout ce temps pour un simple créneau ! Le chat tigré qui passait par là a eu le temps d’exercer ses griffes sur le pouf de droite et de marquer son territoire sur celui de gauche, ce qui rend Eric presque guilleret. Elle vase marrer dans le quartier, la gamine !
(Premières lignes)
Eric depuis sa fenêtre côtoie le monde. Un monde qu’il dénigre et qu’il ose affronter à l’occasion de quelques sorties d’une absolue nécessité. Eric n’est pas agoraphobe mais les relations sociales l’horripilent. Il aime passer ses journées selon un rituel bien précis. Il aime vagabonder entre ses quatre murs. Chaque pas, chaque odeur, chaque grincement, chaque jeu de lumières, chaque élément à leur place précise lui rappellent des souvenirs douloureux. Eric n’a jamais su guérir ses blessures qui au fil des années l’ont emmuré dans un cercueil de rancœur, de haine, de colère et d’injustice. Il répudie les femmes, même sa sœur n’a pas droit à un traitement de faveur. Eric est un homme hautain, mal-aimable, détestable et goujat. Le portrait d’un parfait misanthrope. Un homme des cavernes, un ours mal léché, un grinch tout autant de comparaisons qui sont loin d’être à la hauteur de cet homme.

L’arrivée de la nouvelle voisine va bouleverser le quotidien bien rangé d’Eric. Un harcèlement bon enfant qui va ouvrir la boite de Pandore. Pour le meilleur, Eric va devoir se confronter à quelques vérités et découvrir une réalité macabre et pour le pire, peut-être, ouvrir son cœur. Le petit pisseux qu’il est n’a qu’à bien se tenir !

Damienne Lecat signe un roman où surprise et déconvenue vont de paire avec horreur et drame. Si dans un premier temps le personnage d’Eric à de quoi rebuter et horripiler, de fil en aiguille, le lecteur découvre les raisons qui ont amené ce petit garçon à devenir l’adulte du présent. Comme la madeleine de Proust, l’environnement proche d’Eric déclenche la résurgence des souvenirs. Entre passé et présent, le lecteur devient le témoin de cette vie insoutenable. J’ai ainsi pu comprendre cet homme, le rendant, pour l’occasion, attachant dans son désœuvrement, dans sa peine, dans cette blessure qui n’a jamais cicatrisée. Sans l’espoir, le grand Eric a perdu la foi dans l’avenir, vivant abattu dans sa coquille d’escargot. Damienne Lecat touche un sujet sensible. Elle l’aborde d’une manière que j’ai beaucoup apprécié : un ton grave et sobre emprunt d’une petite note de légèreté. Petit à petit, les éléments s’emboîtent pour parfaire un tableau où la tristesse prédomine et où les ombres anéantissent le peu de lumière qui reste. Damienne Lecat m’amène alors vers ce final inattendue qui lève le voile sur cette promesse.

J’ai été subjugué par la plume de Damienne Lecat. Une plume délicate qui met en valeur les tourments de l’âme. Une plume franche qui ose des mots crus et insensés. Une plume caustique et efficace. Ce drame psychologique m’a tenue en haleine tout au long des pages. Une lecture que je vous invite vivement à découvrir !

#Esméralda

 
Je remercie les éditions Academia pour leur confiance.

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NIQUE TA MÈRE LA MORT de Marion Lecoq.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019]
ATELIERS HENRY DOUGIER – Collection Littérature
148 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Un homme, deux femmes, qui veulent être heureux ici et surtout maintenant. Alors nique ta mère le malheur et passe ton chemin…
Un homme, sauvage et solitaire, écorché par la vie.
La première fois dans sa jeunesse avec le rire perdu d’un frère.
La seconde fois par son métier, militaire.
Et une obsession, ce bruit incessant des hélicoptères.
Dans son monde rude et éprouvant, deux femmes surgissent, s’interposent.
Il y a Annette, la nouvelle voisine. Elle a un trou dans la gorge et une voix de robot, mais elle ne lâche rien et profite de chaque heure que la vie lui offre encore.
Et puis Nadège, la soeur de son pote FX, que la vie a chassée de son foyer et qui cherche un nouveau départ.
Une urgence les relie, peut-être la même, être heureux ici et surtout maintenant. Alors nique ta mère le malheur et passe ton chemin.

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Je marche vite, pour semer derrière moi le bruit des hélicoptères et le sourire de mon frère. Pour semer mes larmes et ma colère. Me purifier dans l’effort, dans le silence habité de la nature, dans la beauté minérale des aiguilles rocheuses.
J’aime le désert de cailloux de la dernière partie de la randonnée, moi qui déteste le désert de sable de mes missions. J’aime l’eau qui ruisselle et les petites fleurs coriaces qui poussent entre les pierres.
 
Déglingué et dézingué par la guerre et la mort, entre deux Opex, il tente de croquer la vie comme il se devrait. Lui c’est peut être ton voisin, ton cousin, ton frère, ton mari, ton père. Lui c’est tout ces hommes là, ce qu’ils représentent, ce qu’ils les unissent.

 

Minimaliste, intègre, soucieux, impulsif, téméraire, il court après une vie qu’il lui a été enlevée. Après cet espoir que tout aurait pu continuer comme avant. Il court après la mort, pour la narguer, lui faire une pichenette, la contrôler. La mort, une compagne bien trop sournoise qu’il tente de déjouer et d’apprivoiser. Le rire, la joie, la sérénité sont partis depuis bien trop longtemps. Désertion ! Se les réapproprier ? Pourquoi ? Dans quel but ? Et si cette réponse se trouvait dans l’inattendue, la solidarité, le respect, l’amitié, la folie que représentent Annette et Nadège.

 

Deux femmes, deux destins pas folichons mais deux envies de se battre pour prendre ce que la vie à de meilleur à offrir.

 

Ce roman court écrit dans un style direct sans froufrou et compagnie, a illuminé ma soirée de lecture. Une plume incisive, une trame dynamique et des émotions à la pelle et pas de demie-mesure. Des chapitre très courts (dans le style script) et une énergie débordante. Un rythme affolant où le temps à son importance. Pas de repos, le tempo assure la lecture. Un homme sombre qui se cherche, se perd dans les bruits d’ailleurs, se pose quelques minutes et tente d’écouter le silence de la vie qui ne vient pas . Une course effrénée contre le tic-tac de la montre où la trotteuse cavalcade comme une folle.

 

Marion Lecocq explore les sentiments humains, les décortique et les reconstruit dans le tumulte de la vie et de la mort. Une plume entrainante, intense et habile.

 

NIQUE TA MÈRE LA MORT délivre un magnifique message d’espoir. Une ode à la vie aussi simple qu’importante, un beau pied de nez à la mort.

 

Je fais faire demi-tour sec à l’Audi et je fonce dans l’autre sens. Le compteur monte, FX se marre, l’adrénaline se décharge dans mes veines. Je savoure. Je me sens vivant, vivant à en crever. Je voudrais continuer toujours tout droit, ne jamais m’arrêter, ne jamais redescendre. Je ferme les yeux.
 
#Esméralda

 

 
Je remercie les Ateliers Henry Dougier pour leur confiance.

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… l’univers de Marion Lecoq.

 

LE CRÉPUSCULE DES RONCES de Michel Philippo.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – 2018]
Éditions Marivole – Collection Marivole Romans
134 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
Deux couples, deux histoires parallèles qui disent les trahisons, les échecs et les fêlures de nos vies ordinaires ; deux récits qui s’imbriquent et se superposent, témoignant par cette architecture de la tragique complexité des rapports humains. Lorsque l’illusion des amours éternelles se fracasse au mur du quotidien, lorsque les ruptures sont consommées sans retour, lorsque la défaite des corps vaincus ne peut plus être ignorée, peut-être reste-t-il alors le socle inébranlable de l’amitié que partagent Fanch et Mike, unis par leur soif de poésie et par le même regard désabusé et lucide porté sur le monde. Du Bruxelles de Tour et Taxi, au Lyon de la Croix Rousse, en passant par l’âpre beauté des Monts d’Arrée et des rivages d’Armor, c’est à la reconquête d’un impossible bonheur qu’ils vont se lancer, en cette ultime tentative d’échapper à l’absurdité de l’existence. La littérature, en dépit de tout, aura le dernier mot.
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Aussi magnifique qu’exigeante, cette découverte a été durement méritée. C’est ce qui arrive lorsqu’on sort de sa zone de confort. Et en toute honnêteté, j’ai été confrontée à des faux départs, dans l’attente que le bon moment se présente enfin.

 

Michel Philippo a l’art et la manière de narrer son histoire. Une plume poétique, honnête qui ne fait pas cas de la difficulté et qui demande de l’attention. Une plume exigeante qui vogue sur les douces mélodies de l’âme humaine. Elle dépeint avec force les sentiments humains, les désillusions, les liens indéfectibles qui s’unissent pour le meilleur et le pire tout au long d’une vie qui sur le papier promettait monts et merveilles et qui dans la réalité est tout autre.

 

Franck et Mike ont roulé leur bosse. Liés par la poésie et l’amour de la littérature, ces deux là ne se sont jamais quittés. A l’aube de ce grand changement qui intervient dans la vie de Mike, Franck ne peut que l’accompagner dans cette quête, non pas initiatique, mais celle qui est dédiée à la vie. Ce voyage providentiel offre un souffle inattendu dans leur vie mal en point. Une vieille camionnette, deux vieux copains qui à chaque souffle, chaque pas, savourent tout et rien, le silence et le vacarme, la mer et le vent, l’air et la pluie.

 

LE CRÉPUSCULE DES RONCES est une découverte époustouflante certes exigeante, mais qui saura ravir les lectrices et lecteurs amateurs de littérature blanche. Un roman poignant, merveilleux. Une ode à la vie, à l’amitié, au bonheur simple et à la magie des mots.

 

#Esméralda

 
Je remercie les éditions Marivole pour leur confiance.

 

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LES FÉES N’AIMENT QU’UNE FOIS de Jeanne Bocquenet-Carle.

 
 
[ ROMANCE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019]
ÉDITIONS LES BAS-BLEUS – Collection Smart & Modern Romance
217 pages
Ma note : 5/5 mention « à dévorer »
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Le résumé :
A la mort de sa mère, Capucine hérite de sa charge de fée et se trouve plongée dans les responsabilités des femmes du XXIe siècle. Il faut dire qu’être une fée ne protège pas des soucis financiers, des services sociaux et des déboires sentimentaux… Surtout qu’un sort pèse sur les fées modernes : elles ne peuvent aimer qu’un seul homme durant leur vie. Comment Capucine fera-t-elle pour protéger son coeur ? A qui le donnera-t-elle ?

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Voici une belle et douce romance qui vous portera vers la Bretagne profonde, celle où légendes rythment une vie qui se savoure et qui se mérite. Une vie paisible où bonheur et bonté sont au diapason.
 
Capucine a reçu le don. Celui qui se délivre dès les premiers instants de vie et qui émerveille. Capucine n’aurait jamais cru que sa mère aurait pu partir, s’éteindre à petit feu et quitter ce monde. Il est vrai que les fées donnent leur cœur à l’unique homme de leur vie. Si ce dernier part, elle meurt. Quelle tragédie. Capucine et ces jeunes sœurs jumelles se retrouvent orphelines. Débute ainsi un parcours du combattant : la garde de ses sœurs, des méchantes sorcières en les personnages de l’assistante sociale et de la nounou et un terrible secret à garder aux oreilles d’un médecin pas commun.

 

Capucine, étudiante sage-femme, va devoir faire face à de nombreux problèmes et surtout faire le deuil de sa mère partie si tôt. Elle va devoir porter à bras le corps cette famille attristée et perdue. Et puis, il y a ce don qui bouillonne en elle, qu’elle maitrise certes, mais les débuts sont chaotiques. Et puis l’amour, quand on est si jeune : l’amour, la passion, les papillons dans le ventre, c’est inévitable mais si dangereux pour elle. Capucine aussi courageuse et téméraire qu’elle est, va subir et baisser les bras face aux événements. Mais la magie est toujours autour d’elle et de ses sœurs, alors peut-être reste t-il une chance d’accéder enfin au bonheur ? Et cet homme est-il dangereux pour leur secret ?

 

Jeanne Bocquenet-Carle offre ici une romance d’une douceur infinie, mais aussi impitoyable. Une magnifique balade au cœur de la Bretagne ou résonne mille et une légendes. Cette harmonie est un pur délice. La symbiose entre le réel et l’irréel est somptueux. Les paysages bucoliques fabuleux et envoutants. Je n’ai absolument pas pu résister à ce voyage, à cette histoire d’un autre monde. L’autrice a judicieusement choisi l’alternance de voix entre cet homme qui porte en lui un danger et Capucine, et également d’alterner le présent et le passé. Au cours de ce dernier, il y est dépeint l’histoire  générationnelle des femmes de la famille. Et là également j’ai été clouée sur place ! L’autrice n’hésite pas à traiter de divers sujets comme les services sociaux et aussi à mettre en évidence un métier fabuleux, celui de sage-femme. Et j’avoue que ce roman le met parfaitement en valeur et lui rend justice.

 

La plume de Jeanne Bocquenet-Carle virevolte d’allégresse. Les émotions et les sentiments éprouvés sont poignants et touchants. Sa plume fluide est une agréable friandise que j’ai dévoré avec convoitise.

 

Je suis ravie d’avoir pu découvrir LES FÉES N’AIMENT QU’UNE FOIS. C’est une histoire vraiment bouleversante mais qui laisse place à tous les possibles et les impossibles. Il y a ce petit truc magique qui navigue d’un chapitre à l’autre comme un fil rouge qu’il ne faudrait absolument pas lâcher. Je suis tout simplement conquise, un petit coup de cœur qui donne le sourire et qui m’a fait verser ma petite larme. Une belle bouffée d’air aux senteurs de fleurs 😉

 

A découvrir sans hésitation !

 

#Esméralda

 

 


 

 

Je remercie les éditions Les Bas-Bleus pour leur confiance.

 

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LE MARS CLUB de Rachel Kushner.

 
[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ÉTRANGÈRE – 2018 ]
Editions STOCK – Collection La Cosmopolite
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sylvie Schneiter
480 pages
Ma note : 4/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :

 

Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne stripteaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. Dans son malheur, elle se raccroche à une certitude : son fils de 7 ans, Jackson, est en sécurité avec sa mère. Jusqu’au jour où l’administration pénitentiaire lui remet un courrier qui fait tout basculer.
Oscillant entre le quotidien de ces détenues, redoutables et attachantes, et la jeunesse de Romy dans le San Francisco de années 1980, Le Mars Club dresse le portrait féroce d’une société en marge de l’Amérique contemporaine.
 
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Je suis sortie de ma zone de confort avec cette dernière lecture. Je n’ai pas été de suite à l’aise avec l’univers, les codes, la plume de Kushner et la trame. Comme je ne me laisse jamais abattre par les difficultés. J’ai pris le temps de savourer les pages quitte à revenir sur certain passage, attendant religieusement que la magie opère. Ma patience  a été récompensée par ce fameux déclic et enfin j’ai pu apprécier ce roman qui mérite largement toute votre attention.

 

Kushner dépeint à travers une héroïne non conventionnelle cette société mise à part et méjugée. Celle qui court la nuit et survit le jour. Celle qui se détruit à feu lent. Celle qui fait du bruit. Celle qui se retrouve derrière les barreaux par inadvertance ou par justice. Romy Hall a 29 ans mais a déjà vécu mille et une vie. Elle aurait pu avoir un autre avenir, si la rue ne coulait pas à flot dans ses veines. Depuis l’âge de ses 11-12 ans elle est livrée à elle même. Une mère dépressive et inexistante. La rue est sa famille et tous les vices ses compagnons de route. Comme une destinée prédite, comme si tout les petits cailloux parcheminant son chemin l’avait conduite dans cette sinistre demeure. Privée de liberté, Jackson (son fils) dernière et seule attache d’un monde qu’il la condamne pour avoir voulu se protéger de son harceleur, d’un détraqué.

 

Rachel Kushner dépeint avec honnêteté et sans entrave le quotidien, la vie, les événements décisifs qui ont marqué son héroïne. Il y a une certaine cruauté, un sentiment de malaise, une profonde gêne à s’immiscer dans cette vie. Mais il y a aussi cette terrible vérité foudroyante qui immerge telle une lumière rédemptrice. Et puis il y a les autres, ces hommes, ces femmes qui racontent un morceau d’eux.

 

La plume implacable de Kushner délivre une véritable force. Ce voyage insouciant et inconscient dans un univers glauque, méritant et intransigeant. Un voyage où il est difficile de s’en sortir indemne. Il vous broie. Il vous détruit. L’humanité est une chose abstraite remaniée mais unique solution salvatrice et libératrice.

 

LE MARS CLUB est une claque monumentale. Celle qui déstabilise, celle qui m’a noyée dans un tourbillon infini où la beauté à un autre visage.

 

#Esméralda

 

Je remercie les éditions Stock et la plateforme NetGalley pour leur confiance.

 

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… le site des éditions Stock.

 

Une lecture approuvée par les membres du PICABO RIVER BOOK CLUB

 

 

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Screenshot_2018-09-04 Personnalisez LE TEMPS D_UNE ILE de Thierry Clech

MA CHÉRIE de Laurence Peyrin.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019 ]
Éditions CALMANN-LEVY
322 pages
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
Née dans un village perdu du sud des États-Unis, Gloria était si jolie qu’elle est devenue Miss Floride 1952, et la maîtresse officielle du plus célèbre agent immobilier de Coral Gables, le quartier chic de Miami.
Dans les belles villas et les cocktails, on l’appelle « Ma Chérie ». Mais un matin, son amant est arrêté pour escroquerie. Le monde factice de Gloria s’écroule : rien ne lui appartient, ni la maison, ni les bijoux, ni l’amitié de ces gens qui s’amusaient
avec elle hier encore.
Munie d’une valise et de quelques dollars, elle se résout à rentrer chez ses parents. Dans le car qui l’emmène, il ne reste qu’une place, à côté d’elle. Un homme lui demande la permission de s’y asseoir. Gloria accepte.
Un homme noir à côté d’une femme blanche, dans la Floride conservatrice de 1963…Sans le savoir, Gloria vient de prendre sa première vraie décision et fait ainsi un pas crucial sur le chemin chaotique qui donnera un jour un sens à sa nouvelle vie…

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Gloria est née au fin fond de nulle part, entre mer et terre en 1933. Gloria Mercy Hope, de son vrai nom, est une enfant trépidante en quête d’aventure dans une Amérique où chacun se doit d’être à sa place. Les hommes au boulot, les femmes derrière les fourneaux, les noirs avec les noirs et les enfants à l’école. Gloria n’a rien d’une enfant studieuse. Garçon manqué, elle doit faire face aux moqueries et autres malices de gamins. Elle survie à cette période difficile de son enfance et un jour la bonne fée se penche sur son lit et transforme le vilain petit canard en une belle et jeune femme. Gloria est alors embarquée dans cette aventure, un rêve qui se concrétise. Femme fatale, pin-up pulpeuse, Gloria est admirée pour sa beauté, ainsi née Ma Chérie. Une femme enviée, conviée dans les hautes sphères, affichée dans de grands magazines, sublimée par les photographes. Sa vie est un véritable conte de fée. Elle quitte ses terres natales au bras d’un photographe dont elle sera sa muse et puis le coup de foudre tombe, tel un couperet, lors d’une soirée et elle repart aux bras de G.G., le plus grand agent immobilier de Miami devenant ainsi sa maîtresse choyée et cachée. Si elle connaît à présent le grand amour, elle apprivoise la solitude. Ma Chérie reste une merveilleuse icône qu’il faut absolument avoir sur sa liste de connaissances. Les années passent, la jeunesse s’étiole et pourtant l’amour reste, jusqu’au jour fatidique où son rêve, sa vie, ses ambitions cessent. Ma Chérie n’existe plus, la femme qu’elle est devenue est bannie. Valise en main et les larmes comme compagne, le bus la ramène vers ses parents. Alors que son monde s’est effondré elle tend la main à un homme, Marcus, un homme noir. Serait ce le début d’une autre destinée au cœur de cette Amérique discriminatrice ?

Je découvre pour la toute première fois la plume de Laurence Peyrin et son univers et j’ai l’ultime conviction que cette lecture m’a ouverte les portes d’un univers sacré où ces femmes, ses personnages, ont une histoire porteuse de sens et de valeur. Gloria, femme atypique, icône de la femme, va se découvrir auprès d’un homme qui n’était pas supposé la guider. De la femme objet et convoitée, elle se découvre en une femme curieuse, ouverte d’esprit, volontaire et déterminée. De chapitre en chapitre, je n’ai pu que constaté l’évolution de Gloria prise d’abord aux remords, au désarroi, au chagrin , à l’exclusion, elle prend vie aux côtés de sa famille, des amies d’enfance et de Marcus. La joie et l’optimisme redorent son quotidien.

Ce roman est un véritable et pur délice. L’atmosphère de l’époque inscrit l’histoire dans une période conflictuelle et post moderne. Les voix de Kennedy, de Martin Luther King, de Rosa Park, raisonnent de mille feux. Je suis extrêmement sensible aux faits et événements rendant la lecture bien plus appréciable. L’héroïne est une femme attachante et courageuse, n’hésitant pas à braver l’impensable et les interdits.

J’ai succombé à Ma Chérie : une épopée moderne, une héroïne qui transgresse les lois de son temps, un roman qui ne m’a pas du tout laissé indifférente, un message d’espoir.

A découvrir sans hésiter !

Et Ma Chérie se pressait contre lui, défiant les lois ancestrales, défiant l’Amérique, défiant les connasses de la Cité Radieuse, les rednecks dans le bus – se défiant elle-même la somme de tout cela. Il baissa la tête, sa joue caressant la sienne, leurs peaux l’une contre l’autre dans une indicible douceur. Elle sentit son chapeau tomber, effleurant dans un léger courant d’air la main qu’elle avait posée sur sa nuque. Sa bouche qui se rapprochait de la sienne, hésitante, pour finir par s’ajuster, à la commissure l’une de l’autre. Sans aller plus loin.

#Esméralda 

 
Je remercie des éditions Calmann-Lévy pour leur confiance.

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… le site des éditions Calmann-Lévy.