La PAL « vacances en Croatie » de #Lilie

20190717_094801Contrairement à #Esméralda, je ne vous présenterai pas ma PAL de l’été en vidéo. Comme je me sens plus à l’aise derrière mon clavier, je viens donc vous présenter, dans cet article, ma sélection de livres pour mes 11 jours de séjour en Croatie. Certains penseront que je suis optimiste de prendre tout ça…. J’ai envie de vous dire, quand je pars en vacances, j’aime avoir le choix dans mes lectures et en plus, j’ai tendance à avaler les livres, que ce soit sur la plage ou sur un transat après une journée de visite ! De plus, je n’aime pas prendre ma liseuse car j’ai toujours peur de l’abimer ou de l’oublier quelques part…. donc je remplis mon sac à dos de livres de poche qui m’ont fait de l’œil pendant toute l’année 🙂

 

Voici donc ma sélection :

Les romances :

après toi« Après toi » de Jojo Moyes, éditions Milady. Pendant longtemps, j’ai refusé de lire ce roman car « Avant toi » m’avait tellement bouleversé que je ne voulais pas connaître l’après. Finalement, ma curiosité a fini par reprendre le dessus lors d’un revisionnage du film, il y a quelques semaines. Voici le résumé : Un an et demi après avoir exaucé le vœu de Will, qui souhaitait bénéficier du suicide assisté, Lou quitte sa ville natale où elle est la cible de critiques. Elle commence une nouvelle vie à Londres, mais elle a du mal à se conformer aux dernières volontés de Will qui lui recommandait de profiter de la vie.

 

l'honneur de Preston« L’honneur de Preston » de Mia Sheridan, éditions Hugo Poche. Mia fait partie des autrices que j’aime lire l’été. Ses romances sont souvent magnifiques, bouleversantes et assez addictives. Je continue donc ma découverte de son univers avec celui-ci, qui s’annonce très prenant ! Résumé : Peut-on jamais guérir des blessures du passé ?

Annalia Del Valle rentre chez elle, elle semble torturée sans qu’on en connaisse encore la raison. Elle arrive en ville remplie d’appréhension et se retrouve en face de Preston Sawyer, un des deux jumeaux qu’elle a aimé pendant son adolescence.
Preston est le frère responsable qui se fait un point d’honneur de respecter la promesse qu’il a faite à son frère jumeau : celle d’oublier le profond amour qu’il ressent pour Annalia. Mais une nuit, le cours de leur vie est bouleversé.Leur sera-t-il possible de revenir en arrière ?
 » Ils étaient deux frères – jumeaux – je les aimais tous les deux, mais mon âme n’appartenait qu’à l’un d’entre eux. « 

 

7 bonnes raisons de rester célib« 7 bonnes raisons de rester célibataire (ou pas) » de Cécile Chomin, éditions J’ai lu, collection « j’ai lu pour elle ». La nouvelle comédie romantique de cette autrice est parfaite comme lecture d’été car je suis quasi-sûre de passer, une nouvelle fois, un moment rafraichissant avec ce livre. J’ai eu l’occasion de lui acheter lors du salon du livre de Limoges, il me tarde de pouvoir enfin lui donner mon avis !! Résumé : Elles sont sept, sept filles qui se connaissent depuis la fac et qui partent en Italie pour enterrer la vie de jeune fille de l’une d entre elles, Juliette. Après quelques couacs dans l’organisation du voyage, elles posent enfin leurs valises dans un hôtel au bord du lac de Côme. Alors que le séjour débute sous les meilleurs auspices, Juliette disparaît. Coup de tête, coup de foudre ? Elles ne seront pas trop de six pour élucider le mystère ! Entre road movie déjanté et roman initiatique, Cécile Chomin nous offre une comédie jubilatoire, un hymne à l’amitié plein de finesse et de bienveillance.

 

rencontre ds l'upper east side« Rencontre dans l’Upper East-Side » de Sarah Morgan, éditions Harlequin, collection &H. Sarah Morgan fait partie également de ces autrices avec qui on sait qu’on va passer un bon moment ! Ce tome 1 de la saga « From New-York with love » s’annonce savoureux ! Résumé : Voici Molly. Rédactrice au courrier du cœur à New York, elle se considère comme une experte en relations amoureuses. Enfin, seulement celles des autres. Car pour elle, le grand amour de sa vie, c’est son dalmatien.
Et voici Daniel. Avocat spécialiste des divorces, il est bien placé pour savoir que les relations amoureuses sont à éviter à tout prix. Pourtant, un beau matin, il se retrouve à faire des pieds et des mains pour emprunter un chien… tout ça dans le but de provoquer une rencontre avec la mystérieuse joggeuse qu’il croise quotidiennement à Central Park avec son dalmatien…
Molly et Daniel ont un avis bien arrêté sur les relations amoureuses. Leur rencontre risque de tout bouleverser…

 

 La sélection « Nord-Américaine » grâce au Picabo River Book Club :

mon désir le plus ardent« Mon désir le plus ardent » de Pete Fromm, traduit par Juliane Nivelt. Le Picabo River Book Club est un groupe sur Facebook d’amoureux de la littérature nord américaine et tous les mois, Léa nous propose des livres du mois en partenariat avec des éditeurs. Comme je suis dépassée par toutes mes lectures, je lis donc maintenant un des romans proposés pour les poches du mois de mai. Résumé : Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Et puis elle rencontre Dalt, et plus rien ne compte. A vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour absolue et explosive. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, ils vivent leur passion à cent à l’heure et partent créer leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Très vite, ils décident de fonder une famille. Mais l’enfant qu’ils désirent de tout leur coeur tarde à venir. Un jour, alors que Dalt est en expédition en Mongolie, Maddy apprend une nouvelle qui bouleverse son existence.

 

nous irons tous au paradis« Nous irons tous au paradis » de Fannie Flagg, traduit par Jean-Luc Piningre, éditions Pocket. J’ai enfin pu découvrir cette autrice grâce à un partenariat organisé par le Picabo River Book Club. Je poursuis donc ma découverte avec ce roman qui s’annonce très sympa. Résumé : Elmwood Springs, Missouri. Elner Shimfissle, pétillante octogénaire, dérange un essaim de guêpes en cueillant des figues dans son arbre, se fait piquer et tombe de l’échelle. À l’hôpital, elle est déclarée morte. La nouvelle se propage vite dans la communauté. Tous ou presque évoquent cette femme d’un incroyable optimisme, toujours prête à rendre service. Son décès brutal pousse également ses proches à s’interroger sur le sens de la vie en général, et de la leur en particulier. C’est peut-être Elner elle-même qui, contre toute attente, détient les réponses à leurs questions. Revenue inopinément d’entre les morts, à la grande surprise des médecins et de sa famille, elle rapporte en effet des souvenirs de son bref passage dans l’au-delà. Ceux-ci vont bouleverser l’existence de cette petite ville jusqu’ici bien tranquille.

 

Lectures d’été, qui donnent envie de voyager :

il est grand temps de rallumer les étoiles pox« Il est grand temps de rallumer les étoiles » de Virginie Grimaldi, éditions le livre de Poche. Virginie Grimaldi est une autrice dont j’ai découvert la plume l’été dernier et depuis, j’ai eu la chance de la rencontrer à deux reprises. Ses romans sont savoureux, positifs, donc parfaits pour m’accompagner dans mon road-trip Croate. Résumé : Anna, trente-sept ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À dix-sept ans, Chloé a renoncé à ses rêves pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Lily, du haut de ses douze ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

 

cartes postales de Grèce« Cartes postales de Grèce » de Victoria Hislop, éditions le livre de Poche. J’ai connu Victoria Hislop il y a quelques années, avec son premier roman « l’île des oubliés« , qui se passait sur l’île de Spinalonga. Ses romans ont toujours à la fois un cadre historique réel et passé et au niveau géographique, un cadre méditerranéen. J’ai beaucoup aimé ses trois premiers romans mais n’ai pas réussi à entrer dans son quatrième… Je retente ma chance avec ce roman se déroulant en Grèce, comme ses premiers, en espérant qu’il m’embarque dans une folle histoire. Résumé : Dans sa boîte aux lettres, Ellie trouve, semaine après semaine, des cartes postales signées d’une simple initiale : A. Pourquoi lui parviennent-elles ? Qui est l’expéditeur ? Portant l’éclat du ciel grec et l’eau cristalline de la mer, ces cartes sortent la jeune femme de sa morosité quotidienne. Un jour, les envois cessent cependant. Ellie se sent délaissée, privée de cette bouffée d’oxygène qui la faisait voyager. Elle prend alors une décision : découvrir la Grèce par elle-même. Le matin de son départ, elle reçoit un carnet par la poste. Le parcours du fameux A. y est raconté. Celui-ci observe avec tendresse et générosité les Grecs, ce qui fait le sel de leur quotidien. Derrière ses observations et ses anecdotes se dessine le portrait d’un homme blessé.

 

Alors, en avez-vous déjà lu certains d’entre eux ? Comment êtes-vous quand vous partez en vacances ? Plutôt liseuse ou livre papier ? Grosse PAL ou pas le temps de lire pendant vos séjours? Je veux tout savoir et je vous donne rendez-vous à mon retour pour vous rendre compte de mes lectures !

Publicités

LE MARS CLUB de Rachel Kushner.

 
[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ÉTRANGÈRE – 2018 ]
Editions STOCK – Collection La Cosmopolite
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sylvie Schneiter
480 pages
Ma note : 4/5 mention « incontournable 2019 »
Lien Kindle
 

 

 

Le résumé :

 

Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne stripteaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. Dans son malheur, elle se raccroche à une certitude : son fils de 7 ans, Jackson, est en sécurité avec sa mère. Jusqu’au jour où l’administration pénitentiaire lui remet un courrier qui fait tout basculer.
Oscillant entre le quotidien de ces détenues, redoutables et attachantes, et la jeunesse de Romy dans le San Francisco de années 1980, Le Mars Club dresse le portrait féroce d’une société en marge de l’Amérique contemporaine.
 
Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"
 
Je suis sortie de ma zone de confort avec cette dernière lecture. Je n’ai pas été de suite à l’aise avec l’univers, les codes, la plume de Kushner et la trame. Comme je ne me laisse jamais abattre par les difficultés. J’ai pris le temps de savourer les pages quitte à revenir sur certain passage, attendant religieusement que la magie opère. Ma patience  a été récompensée par ce fameux déclic et enfin j’ai pu apprécier ce roman qui mérite largement toute votre attention.

 

Kushner dépeint à travers une héroïne non conventionnelle cette société mise à part et méjugée. Celle qui court la nuit et survit le jour. Celle qui se détruit à feu lent. Celle qui fait du bruit. Celle qui se retrouve derrière les barreaux par inadvertance ou par justice. Romy Hall a 29 ans mais a déjà vécu mille et une vie. Elle aurait pu avoir un autre avenir, si la rue ne coulait pas à flot dans ses veines. Depuis l’âge de ses 11-12 ans elle est livrée à elle même. Une mère dépressive et inexistante. La rue est sa famille et tous les vices ses compagnons de route. Comme une destinée prédite, comme si tout les petits cailloux parcheminant son chemin l’avait conduite dans cette sinistre demeure. Privée de liberté, Jackson (son fils) dernière et seule attache d’un monde qu’il la condamne pour avoir voulu se protéger de son harceleur, d’un détraqué.

 

Rachel Kushner dépeint avec honnêteté et sans entrave le quotidien, la vie, les événements décisifs qui ont marqué son héroïne. Il y a une certaine cruauté, un sentiment de malaise, une profonde gêne à s’immiscer dans cette vie. Mais il y a aussi cette terrible vérité foudroyante qui immerge telle une lumière rédemptrice. Et puis il y a les autres, ces hommes, ces femmes qui racontent un morceau d’eux.

 

La plume implacable de Kushner délivre une véritable force. Ce voyage insouciant et inconscient dans un univers glauque, méritant et intransigeant. Un voyage où il est difficile de s’en sortir indemne. Il vous broie. Il vous détruit. L’humanité est une chose abstraite remaniée mais unique solution salvatrice et libératrice.

 

LE MARS CLUB est une claque monumentale. Celle qui déstabilise, celle qui m’a noyée dans un tourbillon infini où la beauté à un autre visage.

 

#Esméralda

 

Je remercie les éditions Stock et la plateforme NetGalley pour leur confiance.

 

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

 

… le site des éditions Stock.

 

Une lecture approuvée par les membres du PICABO RIVER BOOK CLUB

 

 

received_257092058249322

 

 

Screenshot_2018-09-04 Personnalisez LE TEMPS D_UNE ILE de Thierry Clech

LAIT ET MIEL de Rupi Kaur.

[ POÉSIE – 2017 ]
LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE – illustrations
Éditions Pocket – Éditions Charleston
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sabine Rolland
208 pages
Ma note : 5/5 mention ‘incontournable 2019″
Lien Kindle
 

 

Le résumé :
voici le voyage d’une
survie grâce à la poésie
voici mes larmes, ma sueur et mon sang
de vingt et un ans
voici mon cœur
dans tes mains
voici la blessure
l’amour
la rupture
la guérison

 

– rupi kaur –
 » lait et miel est un recueil poétique que toutes les femmes devraient avoir sur leur table de nuit ou la table basse de leur salon. Accompagnés de ses propres dessins, ses poèmes, d’une honnêteté et d’une authenticité rares, se lisent comme les expériences collectives et quotidiennes d’une femme du XXIe siècle.  » Erin Spencer –​ Huffington Post
 

Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"

 

 

A mes yeux, en lecture, il n’y a pas d’occasion ratée, il n’y a que ces moments intimistes entre les mots et moi. Ce recueil me faisait de l’œil depuis sa sortie, 2 ans auparavant. Il était là gravé dans un coin perdu de mon cerveau et ce qu’il y a de génial c’est que les libraires sont là pour vous rappeler pendant votre balade (où vous faite en sorte de pas ruiner votre compte en banque et mettre en rogne votre mari), que ce livre vous fait de l’œil depuis belle lurette et qu’il est temps de le lire.

 

Je ne suis pas une grande fan de poésie. Je trouve cela difficile de saisir le sens caché et surtout la poésie reste celle que j’ai été obligée d’apprendre par cœur à l’école et à laquelle je ne pigeais que dalle ( oui j’ai été traumatisée par la poésie !).

 

Bref après cet aparté d’aucune utilité, LAIT ET MIEL de rupi kaur a quelque chose de magique, de majestueux et de splendide.

 

Ce recueil de poésie est axé sur quatre émotions, quatre états d’âme et est illustré merveilleusement bien. Ces émotions transpirent d’honnêteté : celle qui pique, celle qui passionne, celle qui déchire et celle qui réconcilie. A travers le style propre de rupi kaur et ses illustrations, j’ai voyagé d’un état à l’autre me laissant portée par ce flot musical unique et où ricoche tant de chose au travers de ces mots percutants. Chaque femme trouvera un écho à sa propre expérience et existence et c’est en cela qu’il est majestueux : il réunit.

 

Cette expérience de lecture est magique et grandiose à mes yeux. Ces mots m’ont scotché, tétanisé, ému, transcendé, apaisé. LAIT ET MIEL fait parti maintenant de ces livres que je lirai encore et encore et encore.

 

Voici à présent quelques extraits :

 

SOUFFRIR (page 15)
on
t’as appris
que tes suisses
sont un arrêt au stand
pour les hommes qui ont
besoin d’un lieu où se reposer
un corps vacant assez vide
pour accueillir des hôtes
mais où personne
ne souhaite
demeurer

 

AIMER (page 63)
je mentirais si je disais
que tu me laisses sans voix
en vérité tu rends ma
langue si défaillante qu’elle oublie
dans quelle langue parler

 

ROMPRE (page 134)
la nuit après ton départ
je me suis réveillée si brisée
le seul endroit où mettre les morceaux
était les poches sous mes yeux
 
GUERIR (page 202)
tu dois
vouloir passer
le reste de ta vie
avec toi-même
d’abord

 

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous envie de lire ce recueil ?
 
#Esméralda

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

… le site de Rupi Kaur.

LA PLACE DU MORT de Jordan Harper.

 

[ ROMAN NOIR – Nouveauté 2019]
Éditions ACTES SUD – Collection Actes Noires
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude
Titre original : She Rides Shotgun
272 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
Lien Kindle

 

Le résumé :
Polly McClusky a onze ans le jour où son père Nate, fraîchement sorti de prison, vient la récupérer à la sortie du collège. Elle ne sait pas encore que sa mère a été assassinée, ni que sa tête et celle de son paternel ont été mises à prix. C’est le début d’une cavale violente et sanglante à travers la Californie. Et la naissance d’une complicité, affective et criminelle. Un premier roman sombre, nerveux et plein d’humanité sur la famille, le sacrifice et la rédemption.
 

 

Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"

 

Lorsque Polly revint du magasin d’un pas calme et lent, comme la conduite de son père, les sacs en plastique rebondissaient sur ses jambes. Elle leva les yeux vers la nuit pleine d’étoiles. La plupart du temps, dans l’Inland Empire, les étoiles étaient cachées. Ils étaient suffisamment loin de tout pour en voir des centaines. Polly savait qu’elles se trouvaient à des millions de kilomètres, si lointaines, qu’elles étaient peut-être déjà mortes et que la lumière n’étaient sue le passé rattrapant la Terre. Elle se demanda s’il y avait vraiment d’autres planètes là-haut, des planètes où tout était pareil qu’ici, mais un peu différent. Elle se demanda s’il existait un monde, un seul, où elle aurait l’air normale.

 

Polly, qui vient de Vénus (elle en est sûre), voit sa vie basculer, lorsque son père, cet homme racé, tatoué aux yeux d’un bleu indescriptible, l’attend nonchalamment à la sortie de l’école. Polly ne l’a plus vu depuis de nombreuses années. La prison les a séparés et puis il faut dire qu’il n’a jamais été un père attentif, protecteur et attentionné. Malgré tout c’est son père qu’elle a devant elle. Ses yeux croient à un mirage. Doit-elle le suivre ? Doit-elle s’enfuir en courant ?

 

Polly est une jeune fille de 11 ans. Entre deux âges ; c’est une grande et encore une petite fille innocente. Polly est très intelligente et elle a une façon d’appréhender le monde unique aussi pure que candide tout en percevant cette réalité dure et impitoyable des adultes. Polly a « des yeux de tueuses, comme son père ». Tel un funeste présage, la vie qui se profile à l’horizon va lui donner raison.

 

Polly petite fille dans le corps d’une grande fille. Accompagnée de son fidèle compagnon, nounours, elle part main dans la main avec un père qui sera prêt à tout pour déjouer la mort. Cette mort qui ne le lâche pas d’une semelle, ancrée dans la peau comme sur ce fichu papier signant l’arrêt de mort. La Force aryenne a les crocs et seul le sang peut soulager cette douleur tenace. Les chiens sont lâchés. La course peut commencer !

 

Polly et Nate duo incroyable et improbable, un Bonnie et Clyde, sans foi ni loi. Polly n’a plus le choix, elle doit apprendre à survivre. Nounours devient spectateur d’une métamorphose qui se fait dans la douleur, les cris et les coups. Mais Polly a des yeux d’une tueuse comme son père, et pour lui, pour elle, elle est prête à tout endurer. Elle devient une petite pro, écoute, apprend, anticipe, prévoit comme les grands. Alors Nate découvre au travers sa fille un aspect qu’il ne pensait jamais pouvoir effleurer du doigt : l’amour. L’amour qui porte se couple atypique, l’amour qui les lie aux plus forts des situations périlleuses. L’amour qui les transporte au delà de la mort. L’amour a transformé Nate. La mort transforme Polly.

 

Jordan Harper signe un premier roman d’une rare et puissante beauté. Immersif, percutant, poignant, destructeur et douloureux sont les termes que j’emploie pour décrire ce roman. La violence est omniprésente. Elle est là tapie dans l’ombre, prête à mordre au moindre faux pas. Elle respire, dirige, meurtrit ceux qui s’y frottent de trop près. Serpent mortel qui attend juste son heure. Si Nate est à la place du mort, cela n’induit pas qu’il se laissera faire.

 

Jordan Harper m’a littéralement scotchée. J’ai dévoré ce roman noir inouï. Une plume nerveuse qui sait parfaitement mettre en valeur les sentiments de ses protagonistes, les émotions ambivalentes qui se dégagent des différentes situations. Il dépeint avec hargne un univers violent et intransigeant aux codes intraitables. En contre partie, il y a cet amour aussi violent que tendre qui explose tout.

 

LA PLACE DU MORT est un roman noir nerveux, ambivalent, tendre, violent. Un meltingpot de sensations et d’émotions qui m’ont assaillie et bouleversée.

 

Un incontournable 2019 ! A découvrir sans hésitation !

 

Quand vous entrez dans un débit de boissons, un pistolet à la main et le visage masqué, vous arrachez le couvercle du monde. Le temps fait vraiment des trucs à la Einstein. Il s’étire ; il se rétracte.
Une seconde après avoir franchi le seuil, et avant même que les premiers oh merde oh merde oh merde aient effleuré l’esprit du vendeur, Nate eut le temps de se rappeler le soir où Polly était née. Il avait reçu un coup de fil d’Avis, la voix apeurée. Elle lui avait dit qu’elle était en travail. Le bébé allait sortir. Est-ce que Nate serait là ? Est-ce qu’il allait la retrouver à l’hôpital ?
Nate avait dit qu’il serait là. Il avait raccroché. Regardé Nick, sur le siège conducteur. Nick tenait le pistolet dans sa main, son masque de ski sur les cuisses. Il avait son sourire diabolique.
« Tout va bien ? » avait demandé Nick. Nate avait simplement hoché la tête et enfilé son propre masque.

 

#Esméralda

 


 

Une lecture en partenariat avec le PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions Actes Sud. Je vous en remercie infiniment.

 

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

 

… le site des éditions Actes Sud.

… l’avis Les Jolis Moustachus

 

received_257092058249322

L’ENVOL DU MOINEAU de Amy Belding Brown.

 

[ LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE – ROMAN HISTORIQUE – Nouveauté 2019 ]
CHERCHE MIDI Éditeur – Collection Ailleurs
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cindy COLIN KAPEN
Titre original : Flight of the sparrow
464 pages
Ma note : 5/5 mentions « incontournable 2019 »
Lien Kindle

 

 

Le résumé :

 

D’après des faits réels, le superbe portrait d’une femme découvrant la liberté au milieu des Indiens.
Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces  » sauvages  » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour  » à la normale « , dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable ?
Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la  » civilisation  » s’est efforcée d’anéantir.
 » Dès la première page, Amy Belding Brown propulse le lecteur directement au cœur sombre de l’Amérique puritaine du xviie siècle et ne le lâche plus jusqu’à la fin. Ce livre, basé sur un travail de recherche monumental, est une chronique passionnante des premiers antagonismes entre le monde des Indiens et celui des Blancs. Inspiré d’une histoire vraie, c’est un superbe roman à la fois violent, tragique, courageux et édifiant. Notre cœur bat au rythme de celui de l’héroïne, cette femme extraordinaire qui, en dépit de tout, non seulement survit, mais triomphe de son destin.  » Jim Fergus

 

 

 

Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"

 

Êtes-vous déjà tombés amoureux d’un livre ? Juste comme ça en apercevant  la couverture ? Que les frissons vous parcourent la moindre parcelle de peau partant du plus petit cheveu jusqu’au petit doigt d’orteil ? Et bien pour moi c’est ce qui s’est réellement passé. Un coup de foudre, littéralement, sans savoir pourquoi ni comment. Comment si l’alchimie avait déjà opéré un tour de force. J’ai eu peur d’ouvrir ce roman et d’affronter ses mots. Peur de me prendre un râteau. Inquiète de découvrir une histoire qui pourrait me bouleverser.
 
L’ENVOL DU MOINEAU est à mes yeux un roman d’une rare beauté, celle qui vous tatoue à jamais, celle qui s’infiltre, vous happe et vous emmène vers un ailleurs.
 
Direction la Nouvelle-Angleterre, 1675. Boston n’est alors qu’un gros village entouré de murailles en bois. Les colonies se répandent peu à peu aux alentours, prônant les voix impénétrables du Seigneur. Des colonies dirigeaient par des pasteurs intransigeants. La vie des colons est réglée aux millimètres près. Pas de faux pas sinon c’est le pilori. Le Seigneur veille, dicte les règles. Ses paroles sont d’or, bienveillantes, généreuses, autoritaires. Bienvenue au cœur de la société puritaine où les femmes au coiffe blanche sont sous l’autorité de leurs maris ; où les bons sentiments envers les enfants sont blasphématoires ; où tout geste de miséricorde, de bienveillance et de bonté envers des esclaves ou inféodés sont punis ; où la rigueur, les prières, le travail sont le cœur d’une vie aussi riche que démunie.
 
Mary Rowlandson est un de ces femmes parmi tant d’autres. Bonne épouse, bonne mère, elle donne l’image parfaite que l’on souhaite d’elle. Si Mary écoute avec passion les mots du Seigneur telle que l’on lui a toujours apprise, elle ne peut s’empêcher de les braver. Aider à mettre au monde le bébé d’une jeune fille inféodée amoureuse d’un esclave noir est tout sauf recommander par Lui. Mary a cette flamme en elle, celle qui la pousse à voir le monde d’une manière différente de son mari. Un monde qui serait à l’image de ce moineau offert par le père de la jeune fille en guise de remerciement, un monde magique, merveilleux, coloré et libre. Mary à ce quelque chose d’incontestable et de lumineux : découvrir et apprendre.
 
Sa vie bascule lorsque le village attaqué par les Indiens, elle est faite prisonnière avec ses enfants et tant d’autre gens de la communauté. Mary courageusement va défendre bec et ongle la vie de sa fille Sarah, mourante. Elle crie de douleur, d’incompréhension, d’effroi. Sa captivité est un terrible et long chemin sinueux qui lui meurtrisse l’âme. Une épreuve qui pourtant va lui permettre de connaître un certain apaisement. Pendant des semaines, elle est l’esclave d’un sachem aussi bienveillant que méchant. Ses pas, son regard découvrent une vie difficile où l’amour, le partage, la communion avec la nature, les pleurs, les rires, les repas frugaux, les enfants, les sourires, la confiance ont une toute autre signification. Elle contemple, elle respire, elle foule cette liberté. Une communion, une osmose parfaite et idéale. Ce peuple la fascine autant qu’elle le répudie. Une confrontation nécessaire à cet épanouissement libératoire. Les jours défilent, le temps s’apprivoise, le froid tue, Mary malgré la disette, les maladies, la mort, rayonne, respire. Elle rencontre cet indien converti James qui lui confère ce sentiment inexplicable de bien-être. Comme si le tout, la nature s’accordait avec les yeux et les bras chaleureux de ce puissant guerrier.

 

Cette épopée tel un rêve bien trop éphémère se dissolve dans cette réalité sournoise. Le retour à cette vie « normale » est une nouvelle épreuve. Les griffes acérées, les mots blessants, les regards noirs déstabilisent une femme qui alors ne sait plus à quel monde elle appartient.

 

Amy Belding Brown signe ici un ouvrage fascinant, incroyablement fascinant ! J’ai été happée par cette histoire d’un autre monde, celui où les chevaux étaient contraints à la guerre, où un peuple se devait d’être de véritable sauvage pour survivre sur leurs terres, terres volées par ces colons porteurs d’une vie sans liberté, sans accord avec la nature, dépourvue de tout sentiment. Mary, femme emblématique, tiraillée par ce que l’on attend d’elle et ce qu’elle apprit sur elle. Amy Belding Brown m’a transportée dans un monde intransigeant, violent mais où l’amour, la fraternité ont un poids considérable. D’actions en actions, de questions en questions, mon cœur a fini par chavirer.

 

Je pourrai écrire encore de nombreuses lignes pour vous prouver de A à Z que ce roman est juste incroyable. Incroyable ! Envoutant ! Terrible ! Poignant ! Fascinant ! Percutant ! Humain ! Un diaporama bouleversant et éreintant de la folie humaine. Un tableau grandiose d’un peuple anéanti, déraciné et meurtrit.

 

#Esméralda
 

 


 
Une lecture en partenariat avec le PICABO RIVER BOOK CLUB et CHERCHE MIDI Éditeur. Je vous en remercie infiniment.

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

 

… le site Lisez.com, pour tout savoir.

… l’avis d’une souris et des livres.

… l’avis du blog Une vie toute simple.

received_257092058249322

L’ÉTRANGER DANS LA MAISON de Shari Lapena.

 

[ THRILLER DOMESTIQUE – Nouveauté 2019]
Traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec
Titre original : A stranger in the house
Presses de la Cité
304 pages
Ma note : 3,5/5
Lien Kindle

 

 

Le résumé :

 

 » Comment te sens-tu ?  » Elle voudrait répondre  » terrifiée « . À la place, elle dit, avec un faible sourire :  » Heureuse d’être à la maison. « 
Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l’hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d’amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est
décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu’un s’introduit en leur absence dans la maison…

 

Résultat de recherche d'images pour "mon avis image"

 
Direction une banlieue de l’État de New York, quartier cossu et paisible. Maisons alignées, jardins impeccables, sourires de façade polis, mots aimables. La vie parfaite du rêve américain. Le mari bosseur qui rentre tard le soir et la femme soucieuse du bon maintien de son foyer tout en travaillant.Les chaussettes au bon emplacement dans le tiroir, le repas fumant sur la table, le grain de poussière éliminé et balayé, les voitures brillantes devant de la maison.

 

Le décor parfait pour planter une intrigue à la hauteur d’un thriller domestique qui malgré un début sensationnel n’a finalement pas tenu ses promesses.

 

Le couple, Karen et Tom, vit le parfait amour depuis deux ans. Lui comptable dans une grande boîte et elle assistante comptable au pompes funèbres, couple modèle de la perfection et heureux. Une vie bien rangée, quelques connaissances, une amie, mais pas de chien. Tout aller pour le mieux, jusqu’au jour où Karen explose sa voiture en pleine ville dans un quartier malfamé, non loin d’un corps sans vie et perd la mémoire. Ainsi débute une intrigue qui s’intensifie crescendo.

 

Passé, présent, doutes, investigation, manipulation, chantage tout y passe. Tom se trouve au milieu d’une enquête qui va mettre à mal l’image de sa femme. Elle est au centre de nombreuses questions qui restent une bonne partie du roman sans réponse. Les éléments s’imbriquent doucement de sorte à piéger le lecteur dans un flou indescriptible. L’intrigue s’égrène sereinement au fil des chapitres courts. Ce n’est pas tant les rebondissements ou autres actions à gogo qui vont créer la dynamique de la lecture, mais la psychologie des personnages. Chaque question, chaque crainte, chaque aspect des personnages vont être les éléments déclencheurs d’une autre série de questions et ainsi de suite. Tous les petits détails finissent par s’emboiter pour mener à un épilogue assez surprenant et qui m’a fait tiquer. Je m’attendais tant à un épilogue explosif, je le sentais là au bout des mots, mais il n’arrive pas. C’est peut être remettre en cause tout ce qui fait de ce thriller, mais les personnages secondaires auraient pu être tellement mieux utiliser. La voisine psychopathe et manipulatrice (son mari inexistant), le flic suspicieux mais qui n’effleure que la réponse du bout du doigt, l’avocat avare, le frère trop peu présent, un mort qui parle trop, un Tom trop malléable et une Karen à qui on confesserait le bon Dieu. Je pense avoir imaginer tous les scénario possibles effleurant parfois le dénouement, me doutant de quelque chose. Mais la fin reste pour moi trop banale, sans éclat et qui ne remet rien en cause. Je déteste parfois être aussi exigeante. Par ce que tout est là : une plume hyper entrainante, un scénario explosif, des personnages aux traits psychologiques bien prononcés ; tout est là sauf l’épilogue qui m’a laissé un gout amer. Arfffff !

 

Ce second roman de Shari Lapena n’a pas tenu toutes ces promesses. « Le voisin d’à côté » m’avait beaucoup plus pour son côté atypique, mais pour son second thriller, le charme n’a malheureusement pas opéré. Un thriller trop linéaire à mon goût et où le coup de bluff n’est pas au rendez-vous. Je ne m’arrêterai pas à cette première déception et laisse donc une nouvelle chance à Shari Lapena 😉

 

#Esméralda

 

 

Je remercie Anne des éditions Presses de la Cité pour sa confiance.

 

Résultat de recherche d'images pour "à découvrir"

 

… Mon avis sur un autre roman de Shari Lapena : « Le couple d’à côté ». 

… les informations utiles sur le site Lisez.com.

… le site de Shari Lapena

 

received_257092058249322

 

 

 

Une lecture proposée sur le groupe (FB)

DANS LA VALLÉE de Hannah Kent.

 
[ LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE – 2018]
Éditions LES PRESSES DE LA CITE – Romans étrangers
Traduit de l’anglais (Australie) par Karine Reignier-Guerre
480 pages
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
Lien Kindle
 

 
Le résumé :

 

 » Certains êtres sont différents. Ils sont nés comme ça, sur le bord du monde. Ils savent voir ce que d’autres ne voient pas. Pour eux, les rivières ne coulent pas de la même façon. « 
Le temps semble s’être arrêté dans ce village du sud de l’Irlande égaré dans la vallée et battu par la famine. Nóra Leahy a perdu son mari et sa fille et se retrouve seule avec son petit-fils de quatre ans, infirme. Pourtant, Nóra s’en souvient : quelques années plus tôt, Micheál marchait et commençait déjà à parler. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été changé, remplacé pendant la nuit par les fées qui auraient posé une autre créature dans le berceau ? Est-ce à lui que la vallée doit la malédiction qui la frappe ? Mary, la jeune servante que Nóra vient d’engager, se laisse impressionner par les commérages du village et les rapporte à sa maîtresse. Ensemble, les deux femmes se mettent
en quête de la seule personne en mesure de sauver Micheál : une originale, qui vit seule dans la lande et parle le langage des plantes. Car, même si tout le monde s’en méfie, on sait que la vieille Nance Roche a le don. Qu’elle communique avec le peuple invisible. Et qu’il n’y a qu’elle pour faire revenir ceux qui ont été enlevés…

 
Mon avis :

 

DANS LA VALLEE est une extraordinaire découverte. Une de celle qui marque au plus profond de soi. Après un début très compliqué, je suis sortie de cette lecture abasourdie et ébahie.

 

DANS LA VALLEE s’inscrit dans ces romans intemporels. Ceux qui relatent avec passion, réalisme et honnêteté la vie oubliée des contrées lointaines. Hannah Kent plonge le lecteur au cœur d’un village désœuvré d’une Irlande démunie. Un village où survie et bravoure se côtoient impitoyablement. Un village niché dans une vallée battue par les vents où le soleil écrasant alterne avec l’hivers rigoureux, entouré de montagnes. Des champs à perte de vue, des chemins de terres, des chaumières de terres et de joncs, des feux de tourbes, des vaches, des jardins de pommes de terre, un puits, ô lieu de rencontre féminine, un forgeron, une église, une guérisseuse. Tableau loin d’être idyllique d’un monde rural et rude. Les médecins sont quasi inexistants et sont véritablement hors de prix. Lorsque la maladie frappe, les paysans s’en remettent à l’Eglise où alors vont voir en toute discrétion la guérisseuse. Nance Roche vit à l’extérieur du village avec sa chèvre et ses poules. Sa chaumière est à l’image de sa propriétaire : ordonnée, propre et accueillante. Des herbes, fleurs et plantes sèchent et diffusent une agréable odeur. L’herboriste connaît méticuleusement les plantes qui doivent être associer aux maux. Nance Roche, vieille femme aux yeux voilés par les années et la dureté de la vie, possède également le don. Un don aussi étrange que nécessaire : celui de comprendre le monde caché où vivent les Fairies, les Bonnes Gens. Les croyances et les légendes peuplent les rituels, le quotidien et les soirées autour du feu. C’est un monde craint de tous. Les arbres d’aubépines sont leur royaume, les nuits leur monde, les rivières, les arbres leur terrain de jeux et les humains leur pitance. Ils s’en prennent aux mortels en leur jouant de mauvais tours et peuvent également  s’en prendre aux plus petits d’entre eux en les enlevant et en mettant à leur place des êtres curieux et abominables, des changelin.

 

C’est ce que croit dur comme fer Nora Leahy au sujet de son petit fils de quatre ans. Micheal était un petit garçon tout à fait normal lorsque petit à petit il a arrêté de parler et de marcher. Ses jambes se sont peu à peu atrophiés. Ses nuits sont devenus le berceau de cris épouvantables. Un monstre ! Un être abominable ! Un changelin ?! Nora est convaincue que ce n’est plus son petit fils et les Fairies l’ont emporté dans leur royaume laissant à sa place cette chose. Aidée de sa servante Mary qui s’occupe du petit Micheal, Nora décide de faire appel à Nance dans le but de retrouver son enfant. Nance lui assure qu’après plusieurs méthodes, elle le retrouvera tel qu’il était quelques années plus tôt.

 

Entre superstition et réalité, le gouffre est immense. Le danger guette. Les rumeurs circulent. Le curé éructe. Les aléas et la pauvreté malmènent un village qui ne sait plus où donner de la tête. Tous les maux semblent provenir de Nora et sa famille et de Nance Roche. Qu’en sera t’il des conséquences ? Désastreuses ou merveilleuses ?

 

Hanna Kent de sa plume poétique et exigeante transporte le lecteur aux côtés de ces villageois qui mènent une vie loin de tout repos. Elle relate avec audace ses vies aussi extraordinaires qu’éprouvantes et désobligeantes. De descriptions en descriptions, d’événement en déconvenues, des drames à l’espoir, ce roman est une pure merveille. Celle où la réalité joue avec la frontière de l’irréel, celle où l’horreur remplace l’irrationnel, celle où l’espoir donne un but ultime : la normalité. La normalité dans un monde emprunt de rites et de croyances d’un autre âge. Ce monde en confrontation perpétuel avec la modernité qui règne dans les plus grandes villes. Un monde méconnu qui n’est plus. Un monde cruel et effrayant. Un monde inquiétant.

 

DANS LA VALLEE est un livre choc. Ne pas y être insensible est impensable. J’ai vite été embarquée dans un univers aussi étrange que prenant. Cette virée dans ce monde m’a bouleversée.

 

#Esméralda
 

 
Je remercie les éditions Les Presses de la Cité pour leur confiance via la plateforme NetGalley.
 
image-principale-page-liens-utiles

 

Vers le site Lisez.com pour tout savoir.

Vers le site d’Hannah Kent pour découvrir son univers.

 

 

Screenshot_2018-09-04 Personnalisez LE TEMPS D_UNE ILE de Thierry Clech