DÉBUTANTS de Catherine Blondeau.


Juillet 2004. L’inauguration du musée national de Préhistoire réunit en Dordogne Nelson Ndlovu, archéologue sud-africain invité aux cérémonies, Peter Lloyd, traducteur anglais installé là depuis quinze ans, et Magda Kowalska, jeune femme polonaise qui tient une maison d’hôtes dans le village.
L’été voit naître entre eux un grand rêve d’amour et d’amitié. La gaité de Magda, les silences de Peter et la flamboyance de Nelson recèlent pourtant bien des secrets. Lutte anti-apartheid et migrations forcées, violence des héritages et désirs de liberté, peur de l’enfantement et poids des attachements. Les récits s’entrecroisent et les vies se répondent dans cette fresque haletante où l’Histoire n’épargne personne.
Catherine Blondeau vit à Nantes où elle dirige un théâtre. Débutants est son premier roman.
 

 
Roman choral, intimiste, sur ces vies qui se sont construites sur des mensonges et faux-semblants. Roman terriblement intimidant et profondément humain.

DÉBUTANTS n’est pas un roman qu’il faut lire à la va vite. C’est une lecture qui demande beaucoup d’attention. Un roman vibrant où la vie de ces hommes et de cette femme se croise et se décroise, laissant un parfum parfois d’amertume, d’espièglerie, d’amour fraternel, d’amour charnel.

Voyages dans le temps, vagabondages émotionnels de ce temps qui marque l’esprit et l’âme à jamais façonnant des êtres sensibles à la quête de leurs vérités.

Peter, homosexuel, anglais, éperdument fou des mots et de musique, narre sa vie et ses tourments, son amour pour un homme libre et sa peine lorsque ce dernier rend son dernier souffle. Il conte ses rêves, sa liberté, son amour fidèle, ses craintes et ses désillusions.

Nelson a connu l’Apartheid grâce aux mots de sa mère, fervente militante. Il raconte cette période horrible de son peuple comme si il y avait vécu. Exilé à Paris alors qu’il n’était qu’un petit garçon, il se prend d’affection pour ce mouvement militant. Articles, lectures croisées, tout est bon pour se documenter. Étudiant il veut absolument renouer avec ses racines. De retour à Johannesburg, il se passionne pour l’histoire de son pays et ses dérives. Et puis ce point d’interrogation crucial et vital : ce père inconnu et impliqué dans les combats. Une quête sur cette vérité à la recherche de cette partie inexistante d’un homme aux abois.

Magda est polonaise. Elle est née dans cet état où le prolétariat régné. Son enfance, elle en garde un souvenir lumineux : ces heures à jouer dans la rue, ces heures à écouter sa grand-mère parler de la France, ces heures à cuisiner, ces heures à biner et désherber le jardin. Magda est devenue une jeune femme solaire, avide de liberté. Elle narre son « tour du monde des hommes », ses secrets, ses rencontrer et sa peine. Celle d’avoir été abandonnée. Ce trou béant qui lui a enlevé une partie de son être.

Nelson, Peter et Magda forment ce trio où les liens intrinsèques sont une évidence.

Catherine Blondeau nous offre un premier roman remarquable. Des histoires portées par cette volonté inépuisable de défaire les non-dits et de révéler le meilleur comme le pire de l’humanité. La mort, la vérité, les mensonges, l’avidité d’autres choses, l’amour, l’amitié se déchaînent dans un ballet formidable. Elle met en évidence les fêlures de ses personnages et les dépeint avec frénésie.

Un roman à dévorer avec passion et lenteur pour se laisser porter par la beauté parfois cruelle de ces vies.

Oui, le peuple noir avait livré un noble combat pour se soustraire à l’oppression d’un pouvoir blanc inique. Mais chaque témoin, chaque récit, chaque douleur finissait par égratigner une histoire qu’on aurait rêvé plus belle, par fragiliser la grande fresque é^pique de la libération qu’on aurait voulu pouvoir se raconter sans arrière-pensée. La mythologie héroïque de la lutte menaçait chaque jour un peu plus de se dissoudre dans le grand chaudron de la confession.
 
Une chronique de #Esméralda

ET TOUJOURS LES FORETS de Sandrine Colette.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – A paraître le 2 janvier 2020 ]
Éditions JC LATTES – Collection Littérature Française
368 pages
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Le résumé :
Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.
À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.
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Apocalyptique !!
 
Sandrine Collette fidèle à elle-même, dépeint avec emphase et réalité ombrageuse la survie d’un homme et d’une femme. Une immersion sans limite dans l’obscurantisme névrotique qui court après une vie anéantie.

 

Une histoire en noir et blanc où l’âme humaine se perd dans les confins de la recherche haletante et obsessionnelle d’une lumière vaine. Une histoire débordante d’énergie où les sentiments deviennent quelque chose de dérisoire. Une histoire où l’image même de l’homme est cloisonnée à celle d’un objet programmé pour effectuer les tâches. Se lever, couper du bois, regarder la désolation du monde, manger, effectuer quelques menus travaux, se réchauffer, regarder la désolation du monde, imaginer, rêver, se souvenir et faire des enfants. Un quotidien robotisé, dénué d’un certain plaisir et confort. Faire avant de disparaître, dompter la mort, dompter le silence, dompter le néant, dompter le rien du tout pour se sentir vivre, pour se sentir survivre et ne pas oublier que quelque part l’espoir puisse exister, pour ne pas oublier que la vie ne doit pas être abstraite. Que peut-il sortir du néant ?

 

Dévastateur !!

 

Ambiance et atmosphère noires. Écriture sans fioriture où le sombre et le mauvais se côtoient dans une splendeur désuète. Personnage livide, personnage angoissé, personnage rêveur, personnage bouleversant. Qui sommes-nous ? Que devenons-nous ? Cris silencieux, colère sourde sur  cette incompréhension, hargne désespérée, sont les moteurs de cette vie fantomatique.

 

Sandrine Collette signe un nouveau roman explosif ! Un roman intransigeant qui met inévitablement le lecteur mal à l’aise. Un roman sombre, noir et nauséabond où le néant règne. Balade cruelle sur les terres noires, tableau machiavélique où chaque respiration rappelle la perte totale. Chaque page avalée fait souffrir. Chaque ligne lue sème un peu d’espoir. Chaque chapitre catapulte dans un autre monde.

 

Une lecture difficile dans le sens où le thème touche tout le monde. Un sujet duquel il est impossible de se défiler. Une histoire fortement impressionnante. Une lecture à la limite de la folie. Une lecture où l’intérêt morbide me pousse à tourner les pages. Sandrine Collette frappe fort et bien !

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions JC Lattès.

… mon avis sur le roman « Il reste la poussière » (clique sur la photo).

LE MONDE N'EXISTE PAS de Fabrice Humbert.

[ LITTERATURE BLANCHE – A paraître  le 3 janvier 2020 ]
Éditions GALLIMARD – Collection Blanche
256 pages
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Le résumé :
« Autrefois, j’avais un ami. Je l’ai rencontré il y a bien longtemps, par un jour d’hiver, sautant de sa voiture et grimpant quatre à quatre les marches du lycée Franklin. C’est le souvenir le plus vivace que j’aie de lui, une impression inégalable d’éclat et de beauté. Figé sur les marches, rempli d’admiration et de honte, j’étais égaré dans ma condition de « nouveau », égaré en moi-même. Il m’a sauvé – des autres, de ma propre jeunesse. Des années plus tard, alors que cet homme était devenu une image détestée, j’ai tenté de le sauver. J’aurais aimé qu’on sache qui il était vraiment ». Lorsque Adam Vollmann, journaliste au New Yorker, voit s’afficher un soir sur les écrans de Times Square le portrait d’un homme recherché de tous, il le reconnaît aussitôt : il s’agit d’Ethan Shaw. Le bel Ethan, qui vingt ans auparavant était la star du lycée et son seul ami, est accusé d’avoir violé et tué une jeune Mexicaine. Refusant de croire à sa culpabilité, Adam retourne à Drysden, où ils se sont connus, pour mener l’enquête. Mais à mesure qu’il se confronte au passé, toutes ses certitudes vacillent… Roman haletant et réflexion virtuose sur la puissance du récit, Le monde n’existe pas interroge jusqu’au vertige une société aveuglée par le mensonge, où réalité et fiction ne font qu’un.
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Plonger dans le passé tout en s’agrippant au présent. Plonger dans la douloureuse tempête des souvenirs, des coups et des mots qui blessent. Puis se rappeler cette lumière qui lui a un tant soit peu sauvé. Une lumière aussi insaisissable et intrigante. Une lumière vive qui camouflait les ombres de l’âme égaré. Ethan Shaw est un Dieu. Celui qui exige, celui qui prend, celui qui jette. Le monde à ses pieds, les filles, les garçons, les femmes et les hommes, il règne par sa froideur et son aura. Adam Vollmann ne l’a jamais oublié. Une présence fantôme, une ancre solide, celle qui relie le passé cauchemardesque à son présent choisi. Adam est devenu journaliste par dépit, première étape avant de devenir un écrivain célèbre dit-il. Une routine banale où morosité et absence d’ enthousiasme se taillent la part du beefsteak. Et puis ce jour fatidique, il apparaît sur tous les écrans. Là, présence figée où les mots volcaniques l’assassinent. Partant à la quête de la vérité, Adam plonge dans le tourbillon de l’apparence. Réalité ou illusion ? Le combat est engagé.
 
Fabrice Humbert explore avec agilité les méandres du paraître. Fake ou pas, le contrôle des médias, le contrôle du psychique, le contrôle de tout, plongent le narrateur sur un territoire où le vrai et le faux s’associent. Un couple diabolique qui ne laisse aucun répit. Il n’y a aucune indulgence. La peur, la colère, la haine, le mensonge, la vérité forment une entité à part entière qui noie sans aucun remord un héros qui perd pied. Fabrice Humbert interroge subtilement sur cette croyance omniprésente, sur les conséquences qu’elle engendre, sur le comportement de tout en chacun. Croyance morale ou immorale, l’Homme la façonne à son image et à son égoïsme. Métaphore sournoise, salie, illusoire, ce kaléidoscope accapare la perte des sens. Rien n’est vrai. Tout est faux. Où est la vérité ?

 

Ce que j’ai apprécié dans cette lecture, c’est la manière dont l’auteur se saisi de son sujet et pousse dans les retranchements un homme qui n’est ni fou ni sage. Un homme qui part à la quête d’une vérité qui le pousse sur un chemin ardu et révélateur. La part noire de l’homme est mise en exergue d’une façon subtile. Elle peut être, tour à tour, dérangeante ou attachante. Francis Humbert aime jouer avec le ressenti du lecteur. Je n’ai pas su sur quel pieds dansé. Il m’a obligée à me remettre en cause. J’ai perdu pied car l’auteur le souhaitait. LE MONDE N’EXISTE PAS est à mes yeux un très bon roman. Un roman qui interpelle. Un roman qui secoue. Un roman où l’illusion fomente une intrigue captivante. Et si le monde n’était qu’un scénario et, nous, les marionnettes ?

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Gallimard.

ET TOUJOURS EN ÉTÉ de Julie Wolkenstein.

[ LITTERATURE BLANCHE – Disponible dés le 3 janvier]
Éditions P.O.L – Collection Fiction
224 pages
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Le résumé :
« Un escape game, c’est comme la vie. Surtout lorsque cette vie (la mienne) est d’abord un lieu, une maison aux multiples pièces, toutes encombrées de souvenirs et peuplées de fantômes. Dans chacune de ces pièces, les traces vous racontent une histoire, les objets vous soumettent des énigmes, les morts vous confient des missions ».
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A la lecture du résumé j’étais loin de me douter de ce que pourrait renfermer ce roman. Un escape game en voilà un curieux projet à concrétiser. Et, ma foi, le résultat, autant déroutant et audacieux qu’il est, est magnifiquement réussi.

 

Souvenez vous, ces moments d’enfance, d’adolescence. Ces moments volés, ces moment euphoriques où le monde était refait de milles manières. Ces moments où la complicité, les regards, les soupirs, les mots voulaient tout dire.

 

En ouvrant ce roman j’ai été convié à suivre une balade au grès d’un jeu de piste particulier où l’observation aiguisée me porte de souvenirs en souvenirs, des vieux ou des plus récents. Un regard intimiste sur une vie, sur des vies. Un maison qui recèle de nombreux petits trésors. Des trésors qui ont marqué ou déchiré, des trésors qui ont façonnés les habitants, des trésors qu’il fait bon d’amasser et de ranger dans un placard et qui au grès des jours, des mois, des années s’oublient et réapparaissent tel un enchantement. Pèlerinage de souvenirs, fil rouge d’histoires parmi d’autres histoires, diaporama du passé, la narratrice m’a charmée.

 

Une lecture-jeu qui peut faire écho à nos propres souvenirs. Si la nostalgie est de mise, la plume de Julie Wolkenstein reste toujours enjouée. Une balade onirique, une balade enchantée, ET TOUJOURS EN ÉTÉ est une fenêtre que j’ai appréciée ouvrir. Un bol d’air frais qui revigore. Souvenirs personnels, souvenirs de toujours, pourtant chaque pièce est le théâtre de tous ce que nous avons voulu laisser en héritage.

 

Une très belle découverte !

 

Ouvrir successivement les pièces de ma maison, franchir un à un ses seuils et libérer chaque fois un pan de sa mémoire, relier ces fragments d’histoire entre eux, pour moi, c’est un escape game. Sans doute parce que j’écris ce livre pour me sortir d’une autre sorte de cage, de prison où m’enfermait la crainte de ne plus aimer écrire, ni cette maison.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions P.O.L.

Mission Mojito d’Emilie Riger

Littérature française – livre sorti le 21 aout 2019

Editions BMR

Service presse

Ma note : 3,5/5

 

Je remercie les éditions BMR qui, via la plateforme NetGalley, m’ont permis de découvrir ce roman et me l’a confié en service presse.

 

Résumé : On dit souvent que les amitiés du lycée durent toujours. Erica, Mélanie, Megan et Chloé n’échappent pas à la règle, malgré des caractères et des choix de vie radicalement différents.
Alors quand l’une d’elles est sur le point de sombrer, elles n’hésitent pas une seconde et se lancent dans une mission sauvetage.

Et les voilà parties sur la route, pour ce qui pourrait bien être le road trip de leur vie …

 

L’avis de #Lilie : Sensible à la plume d’Emilie Riger, j’ai été ravie qu’elle sorte, cet été, un nouveau roman. Celui-ci m’a beaucoup surpris car je ne m’attendais pas du tout à ce que j’allais découvrir. En effet, je pensais lire un roman « feel-good », très léger, sur un road-trip entre copines. J’étais loin d’imaginer que des sujets très sensibles seraient évoqués et que l’histoire serait, finalement,  si sombre.

Nous faisons connaissance d’Erica, Mélanie, Megan et Chloé, qui sont quatre femmes très différentes les unes des autres. Un jour, Chloé vient se réfugier chez Erica, dans un état mutique. Se laissant complètement aller, ses amies décident de l’entrainer pour un séjour d’une semaine afin de l’aider à remonter la pente. Ce séjour aidera-t-il Chloé ? Quelles conséquences sur leurs vies et sur leur amitié se séjour va-t-il avoir ?

Les quatre jeunes femmes se sont connues au lycée et, malgré leurs choix de vie, elles ont réussi à maintenir un lien entre elles. Erica est perfectionniste, organisée et grâce, ou à cause, de son métier d’avocate, elle a tendance à ne pas se laisser envahir par ses émotions. Megan aime la vie, s’amuser, avait des rêves d’artiste et se retrouve finalement peintre en bâtiment. Mélanie a une vie de famille assez compliquée ; mère de quatre enfants, travaillant à plein temps, elle n’a plus de temps pour elle, d’autant plus que son mari ne s’implique pas dans leur foyer. Enfin Chloé est une belle jeune femme, avec une tête bien faite, mais qui semble avoir rangé ses rêves aux oubliettes pour travailler comme caissière dans un supermarché. Pourtant, le jour où elle va avoir besoin de ses copines, elles vont répondre présent et vont monter un voyage, une opération « mojito » pour l’aider. Leur amitié fait plaisir à voir car c’est une amitié sincère, où les filles n’hésitent pas à se dire les choses.

Comme je le disais en introduction, en lisant le quatrième de couverture, je m’attendais à une lecture légère. Pourtant, dès les premières pages, j’ai ressenti une atmosphère pesante et je me suis dit que j’allais sûrement avoir une lecture exigeante. En effet, l’autrice fait le choix d’aborder dans ce roman des thèmes d’actualité et pourtant si difficiles : la charge mentale des femmes, le regard que les femmes ont sur elles mais aussi le poids du regard de la société sur elles. Ils sont traités tout au long de l’histoire et mettent en lumière une réalité qui est encore, trop souvent, occultée ou ignorée. Ainsi, même si la force de l’amitié est mise en avant, l’autrice en profite pour pointer des clichés ou des préjugés sociétaux et pour, d’une certaine manière, les dénoncer. La plume de l’autrice est très efficace, fluide, et émotionnellement prenante. Au fil de l’histoire, on rit, on pleure, on a le ventre qui se serre et on se prend d’affection pour ces quatre copines qui ressemblent, pour beaucoup, à celles qu’on peut avoir dans notre entourage.

Pour conclure, j’ai été une nouvelle fois séduite par la plume d’Emilie Riger et cette « Mission Mojito » m’a fait ressentir de nombreuses émotions. Loin d’être une lecture légère, ce roman est néanmoins un hymne à l’amitié et un manifeste mettant en lumière des préjugés et des états de fait sur la condition des femmes dans notre société actuelle.

 

Retrouvez ce roman sur le site des éditions BMR
Retrouvez également ce roman sur Amazon

 

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LA BOITE A OUTILS de Gérard Besnier.

 

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE FRANÇAISE – Nouveauté 2019 ]

Éditions FRANÇOIS BOURIN – Collection Littérature

352 pages

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

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Le résumé :
Lorsque Nicolas Dédacin Amoraus quitte précocement les bancs de l’école, son père le félicite : le voilà digne d’hériter de la noble boîte à outils familiale ! Et le jeune héros d’emporter fièrement ce berceau, ce « cercueil » comme disent les ouvriers, dans la campagne normande des années 1970, où fleurissent des utopies de travail « alternatif »… Nicolas s’apprête donc à soigner son apprentissage auprès de bons gars biberonnés au travail vrai ! À moins que ces autoproclamés professionnels de génie ne soient que de doux dingues, plus enclins à refaire le monde par les mots que par les actes ? Jugez vous-même : un mécano donneur de leçons, un « menuisier » roublard, un ouvrier agricole au patois incompréhensible, un séminariste illuminé… Sans parler de ces jeunes femmes au féminisme intransigeant ! De rencontres hasardeuses en catastrophes, les tribulations de Nicolas dessinent un étonnant parcours initiatique, déjanté et émouvant. Et pour tracer sa propre route, peut-être devra-t-il se détourner du testament qu il avait accepté.
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Quelle est bien singulière cette boîte à outils ! Symbole transgénérationnel de la passation d’un savoir-faire qu’il ne faut pas prendre à la légère, cette boite à outils alourdit par le poids des mots et des gestes est bien vide dans les mains de Nicolas Dédacin Amoraus. Pourtant il en mesure la beauté, la délicatesse, l’assemblage des pièces de bois et la décoration. Il en est bien fier de sa boîte à outils. L’avoir à bout de bras, se trimballer dans les rues avec, il en ressort un certain prestige et des œillades convenues. Cette fichue boîte à outils est le ticket gagnant pour afin mettre un pieds dans la vie active des adultes. Sans manuel, cette boîte semble encombrante. Dans un premier temps,  elle trône au fin fond du casier d’un garage de bus où Dédacin est laveur de cars la nuit. Elle attend patiemment son heure de gloire alors que Dédacin se décarcasse à faire rutiler ces cars d’école et de tourisme. Il s’épanouit, grandit et découvre l’amour au milieu de ces cars. Jusqu’au jour où les catastrophes rattrapent le valeureux et d’un coup de pichenette se retrouve sans rien. Débute alors un étonnant chemin de croix où rencontres hasardeuses et épineuses font parfaire un homme en quête de reconnaissance qu’elle soit liée au travail ou à sa personne. Et toujours accompagné de sa bienheureuse boîte à outils.

 

Gérard Besnier a l’art et la manière de la prose. Une plume singulière qui aime jouer avec les mots et surtout les mettre en valeur d’une exquise manière. Son premier roman met en scène un personnage qui ne peut que devenir attachant au fil des pages. Certes, niais, sa volonté farouche à devenir quelqu’un est un puissant moteur qui facilite cette quête initiatique dans un monde où les crocodiles mordent en premier. Encombré de cette boîte à outils, héritage empoissonné auquel le personnage de Dédacin est lié sans équivoque, se pourfend dans une vie résolument pas faite pour lui. Chaque étape est un questionnement intense, chaque rencontre ouvre de nouvelles portes, chaque catastrophe est un poids de plus à supporter, jusqu’à l’ultime rencontre, jusqu’à l’ultime catastrophe. Évoluant dans les années 70, où les restaurants bars faisaient l’animation du village, où le garagiste du coin était encore le seul allier, où les associations d’un nouveau genre apparaissaient et étaient regardé d’un œil suspicieux et où les femmes pouvaient se targuer d’être féministe car elles maniaient les outils comme les hommes. Un décor d’un autre temps mais qui peut parfaitement faire écho à celui de maintenant.

 

Une nouvelle fois je sors de ma zone de confort avec cette dernière lecture. Une sacrée découverte où j’ai pu apprécier la manière narrative loufoque et intéressante qui titille le lecteur à se poser de nombreuses questions, le personnage et son évolution, un décor et des personnages secondaires où caricatures et clin d’œil bon enfant sont un pur ravissement. Les longues descriptions et introspectives m’ont peu dérangée car la dynamique présente ne m’enlisait pas.

 

C’est un livre idéal à découvrir pendant ses vacances d’été où le temps n’a plus d’importance et pourquoi pas se lancer dans cette histoire d’un autre genre.

 

#Esméralda

Je remercie les éditions François Bourin et Nadia pour leur confiance.

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… le site des Editions François Bourin.

Gerard Besnier parle de son roman.

NIQUE TA MÈRE LA MORT de Marion Lecoq.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2019]
ATELIERS HENRY DOUGIER – Collection Littérature
148 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Un homme, deux femmes, qui veulent être heureux ici et surtout maintenant. Alors nique ta mère le malheur et passe ton chemin…
Un homme, sauvage et solitaire, écorché par la vie.
La première fois dans sa jeunesse avec le rire perdu d’un frère.
La seconde fois par son métier, militaire.
Et une obsession, ce bruit incessant des hélicoptères.
Dans son monde rude et éprouvant, deux femmes surgissent, s’interposent.
Il y a Annette, la nouvelle voisine. Elle a un trou dans la gorge et une voix de robot, mais elle ne lâche rien et profite de chaque heure que la vie lui offre encore.
Et puis Nadège, la soeur de son pote FX, que la vie a chassée de son foyer et qui cherche un nouveau départ.
Une urgence les relie, peut-être la même, être heureux ici et surtout maintenant. Alors nique ta mère le malheur et passe ton chemin.

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Je marche vite, pour semer derrière moi le bruit des hélicoptères et le sourire de mon frère. Pour semer mes larmes et ma colère. Me purifier dans l’effort, dans le silence habité de la nature, dans la beauté minérale des aiguilles rocheuses.
J’aime le désert de cailloux de la dernière partie de la randonnée, moi qui déteste le désert de sable de mes missions. J’aime l’eau qui ruisselle et les petites fleurs coriaces qui poussent entre les pierres.
 
Déglingué et dézingué par la guerre et la mort, entre deux Opex, il tente de croquer la vie comme il se devrait. Lui c’est peut être ton voisin, ton cousin, ton frère, ton mari, ton père. Lui c’est tout ces hommes là, ce qu’ils représentent, ce qu’ils les unissent.

 

Minimaliste, intègre, soucieux, impulsif, téméraire, il court après une vie qu’il lui a été enlevée. Après cet espoir que tout aurait pu continuer comme avant. Il court après la mort, pour la narguer, lui faire une pichenette, la contrôler. La mort, une compagne bien trop sournoise qu’il tente de déjouer et d’apprivoiser. Le rire, la joie, la sérénité sont partis depuis bien trop longtemps. Désertion ! Se les réapproprier ? Pourquoi ? Dans quel but ? Et si cette réponse se trouvait dans l’inattendue, la solidarité, le respect, l’amitié, la folie que représentent Annette et Nadège.

 

Deux femmes, deux destins pas folichons mais deux envies de se battre pour prendre ce que la vie à de meilleur à offrir.

 

Ce roman court écrit dans un style direct sans froufrou et compagnie, a illuminé ma soirée de lecture. Une plume incisive, une trame dynamique et des émotions à la pelle et pas de demie-mesure. Des chapitre très courts (dans le style script) et une énergie débordante. Un rythme affolant où le temps à son importance. Pas de repos, le tempo assure la lecture. Un homme sombre qui se cherche, se perd dans les bruits d’ailleurs, se pose quelques minutes et tente d’écouter le silence de la vie qui ne vient pas . Une course effrénée contre le tic-tac de la montre où la trotteuse cavalcade comme une folle.

 

Marion Lecocq explore les sentiments humains, les décortique et les reconstruit dans le tumulte de la vie et de la mort. Une plume entrainante, intense et habile.

 

NIQUE TA MÈRE LA MORT délivre un magnifique message d’espoir. Une ode à la vie aussi simple qu’importante, un beau pied de nez à la mort.

 

Je fais faire demi-tour sec à l’Audi et je fonce dans l’autre sens. Le compteur monte, FX se marre, l’adrénaline se décharge dans mes veines. Je savoure. Je me sens vivant, vivant à en crever. Je voudrais continuer toujours tout droit, ne jamais m’arrêter, ne jamais redescendre. Je ferme les yeux.
 
#Esméralda

 

 
Je remercie les Ateliers Henry Dougier pour leur confiance.

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… le site des Ateliers Henry Dougier.

… l’univers de Marion Lecoq.