DÉVORER LE CIEL de Paolo Giordano.

[ LITTERATURE CONTEMPORAINE ITALIENNE – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
Éditions DU SEUIL – Collection Cadre Vert
442 pages
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Le résumé :
Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont  » ceux de la ferme  » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs. Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois  » frères  » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années 90, tiraillée entre le besoin de transgression et le désir d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel.
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« Dévorer le ciel » promesse éloquente d’un avenir espéré et désiré. Promesse criée à la lueur de la lune et aux Dieux d’un monde à deux vitesses. Ceux qui courent et ceux qui marchent en regardant le ciel, en écoutant le vent, la pluie et la nature s’épanouir.

 

« Dévorer le ciel » raconte la vie de ceux qui ont choisi leur combat. Tout débute alors que Teresa espionne depuis la fenêtre de sa chambre, ses trois garçons qui se sont infiltrés sur la propriété de sa grand mère pour profiter de leur piscine. Les étés défilent, les amitiés naissent et se tissent, et l’amour déploie ses ailes. L’adolescence s’enfuit pour laisser place à l’âge adulte. Les initiatives deviennent un combat quotidien prouvant que touts actes sont légitimes et porteurs inattendus de résultats.

 

Sous un air de spiritualité et de doctrine non conventionnelle, Teresa est fascinée et trouve dans tout cela un écho où son bien-être, sa propre vision du monde et ses valeurs sont valorisés. Teresa est envoûtée par son nouveau mode de vie et par Bern qu’elle idolâtre depuis leur première rencontre. Bern est un monde à lui tout seul fait de mystère, de silence et d’envolés lyriques où les mots subjuguent. Bern est devenu son repère et son phare. Il est son tout. Mais dans ce coin des Pouilles en Italie le bonheur s’associe avec le malheur.

 

Paolo Giordano narre avec douceur les inhérences de la vie. Ces aspérités qui souvent conduisent au chaos des sentiments et détruisent les femmes et les hommes. Ces aspérités qui façonnent l’âme humaine l’enjolivant ou l’enlaidissant. Ces tourbillons qui bousculent et détruisent un semblant de paix. Ces trombes d’eaux qui noient le plus fin des nageurs l’emportant dans les flots dangereux ne laissant aucun répit. Paolo Giordano dépeint avec humilité les tempêtes d’une vie, des vies.

 

Il est difficile de te décrire les émotions qui m’ont traversée pendant cette lecture. Stupeur, ébahissement, douleur, espoir, doute, crainte … et certainement bien d’autre que je n’arrive pas à préciser et identifier. Mes craintes de départ ont très vite disparu au profit d’une lecture-balade comme je les aime. Une première découverte qui ne m’a pas totalement subjuguée car, peut-être, j’attendais l’élément époustouflant pour m’éblouir davantage.

 

Je le recommande fortement à tous les amoureuses et amoureux d’envolées littéraires.

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Du Seuil.

TROIS JOURS SANS PORTABLE de Renzo Ardiccioni.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ÉTRANGÈRE – 2018 ]
LES PRESSES DU MIDI
Traduit de l’italien par Murielle Hervé-Morier
Titre original : Tre giornisenza cellulare
123 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
Début du nouveau millénaire, en Italie, pendant les vacances d’été. Les téléphones portables et Internet ont envahi le quotidien, au point que l’existence ne se vit plus que par écrans interposés. Dans cette frénésie, Davide vient d’avoir 50 ans, il travaille dans le marketing et a pris l’habitude d’utiliser trois lignes de téléphone. Pour se sevrer de son addiction, il suit les conseils de son médecin et tente alors de s’en passer. Au moins pendant trois jours… Trois jours sans portable, ça n’est pas la fin du monde ! Davide va donc essayer. Pendant cette période, il retrouve un vieux répertoire téléphonique et ressent alors une certaine nostalgie qui le pousse à appeler Lisa (depuis une bonne vieille cabine téléphonique). Il a connu cette femme trente ans plus tôt et a vécu avec elle une aventure passionnée. Lisa lui promet de le rejoindre en Italie. Mais, sur le quai de la gare, une surprise attend Davide… Ce récit s’apparente à une fable moderne. Ici, les destins s’entrecroisent dans un contexte géopolitique tendu sur fond d’intrusions sonores intempestives. Vous ne regarderez peut-être plus votre portable de la même façon !
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A l’heure où l’ère numérique monopolise nos vies, ce roman court tombe à pic. Trois jours sans portable ? Capable, irréalisable, on se pose tous la question.

 

Davide, homme accompli professionnel parlant, est ainsi dire marié à trois portables, compagnons inséparables, capricieux et exigeants. Le médecin lui annonce qu’il est atteint de la maladie du siècle et sa seule prescription est de mettre à l’arrêt ses portables pendant trois jours. Dépité, il accepte ce traitement et ressort avec mélancolie un vieux répertoire téléphonique de 30 ans et part à la recherche d’un passé qui n’existe plus. Par un heureux hasard, Lisa a toujours le même numéro, après des retrouvailles téléphoniques enjouées, ils se donnent rendez-vous et elle lui promet de le rejoindre en Italie. Mais sur le quai bondée de cette gare, une surprise l’attend, bonne ou mauvaise, il va devoir s’en accommoder et imposer certaines règles.

 

Renzo Ardiccioni narre avec objectivité, honnêteté et malice un monde qui sombre dans un certain individualisme interconnecté. Cette fable moderne et atypique a le mérite de secouer avec humour et détachement, les consciences. L’auteur met en exergue ce que l’homme a perdu au profit de l’inter-connectivité. Pour argumenter, Ardiccioni n’hésite pas à confronter le passé au présent. Certaine note cynique s’immisce gentiment dans le récit sur un ton moralisateur qui m’a fait sourire. Il est vrai que je partage modérément la vision de l’auteur sur cet aspect. Cette consommation frénétique de flux de data, détruit l’essentiel des relations humaines proches, la solitude envahit un quotidien qui devient borne et abject.

 

Ce roman court se lit d’une traite. J’ai beaucoup aimé cette manière particulière attrait à la narration. La plume de Renzo Ardiccioni est sincère, étonnante et détonante. Les personnages et Les Voix de la Raison délivrent un combat et un message convaincant.

 

Si ta curiosité est piquée, alors n’hésite pas à découvrir TROIS JOURS SANS PORTABLE.

 

#Esméralda
 

 

 

Je remercie Renzo Ardiccioni et sa traductrice pour leur confiance et leur patience.

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… le site des Presses du Midi.