DESTINS INTERDITS de Nathalie Thomas-Verney.


Julian a seize ans. Jeune délinquant et ancien toxicomane, il habite un vieux mobil-home vétuste avec sa mère et sa petite sœur. Très vite déscolarisé, il gagne cependant beaucoup d’argent en faisant des combats de boxe, la nuit dans les sous-sols des immeubles des cités. Julian n’a qu’une passion : le muy thai, ou boxe thaïlandaise, où il excelle, mais il n’a pas de rêves, pas de projets, pas d’avenir. Kentin a seize ans.
Adolescent brillant, dont la beauté n’a d’égale que l’intelligence, il est le fils unique d’Alexandre Dumont de Givry, dix-neuvième comte de Givry, et habite le château de ses illustres ancêtres. Kentin a un rêve secret : devenir créateur de parfums, ce qui n’est pas du goût de son père. Julian et Kentin vivent à quelques centaines de mètres l’un de l’autre, mais ils ignorent totalement leurs existences. Une relation ambigüe qui commence par un viol, et un pardon qui mènera le jeune Julian aux portes de l’enfer. Deux existences qui n’auraient jamais dû se croiser ; deux mondes qui n’auraient jamais dû se rencontrer ; une passion qui n’aurait jamais dû voir le jour ; deux destins qui n’auraient jamais dû s’unir : deux destins interdits.

Nathalie Thomas-Verney nous livre un roman bouleversant et déchirant. Elle nous plonge au cœur de deux mondes parallèles qui vont se réunir au cours d’un moment abominable. L’auteure narre les émotions avec une grâce touchante et désarmante. Un roman à découvrir absolument !
Julian est un petit caïd. Il a toujours vécut dans un mobil-home qui se délite depuis de nombreuses années à l’image de sa vie. Il a connu la violence dès son plus jeune âge. Un père arrêté et la descente en enfer s’opère. Brisé depuis ce jour là, il vit dans l’auto destruction. Drogues, petites trafics, sexe, Julian se perd dans les vices où il y trouve une échappatoire. Sa mère et sa sœur sont une pseudo famille dans laquelle il n’y trouve aucun sens. Indépendant très tôt, le collège est un lieu de désaccord alors que les cours de muai thaï est un pur exécutoire. Il aime l’adrénaline qui retrouve lors des matchs clandestins et dans les bras d’une femme qui a l’âge de sa mère. Julian est un tigre déchaîné dont ses sentiments l’entraînent vers les abysses.

 

Kentin Dumont de Givry est l’unique héritier des comtes de Givry. De lourdes responsabilités pèsent sur ses épaules frêles. Un destin tout tracé dont il voudrait se défaire. Poussé à l’excellence, Kentin ne connaît guère de plaisirs. Pas de camarades, pas de loisirs. Justes deux passions qu’il pratique au sein du château : le piano et la parfumerie. On ne peut guère lui envier sa vie privée de libertés. Cage dorée, Kentin sait qu’il doit faire preuve d’exemplarité. Kentin est un gentil garçon. Aucune once de méchanceté ne transparaît dans ses faits et gestes. D’une beauté rare, Kentin charme, séduit hommes et femmes. Sa prestance, sa mesure, sa personnalité subjuguent. Un ange le décrit-on. Par un malheureux concours de circonstance, Kentin doit prendre les transports en commun pendant quelque temps. Un élan de liberté le saisit pour son plus grand des plaisirs. Kentin ignore que le monde extérieur dont il est protégé est rempli de requins. Et c’est par un soir d’automne qu’il le rencontrera en la personne de Julian et de sa bande. Un rencontre douloureuse et dévastatrice. Une rencontre chaotique dont il en naîtra une amitié inconcevable.

 

Depuis le viol, Julian émet de nombreux remords. Poussé par ses sentiments ambivalents, Julian est prêt à tout pour pouvoir discuter avec Kentin. D’errance en errance, il finit par le rencontrer dans les bois qui jouxtent le château. Peu à peu Julian apprivoise Kentin et inversement, naît ainsi une amitié incroyablement intense.

 

Nathalie Thomas-Verney parle de ces vies, de ces destins, qui se confrontent, s’entrechoquent, s’attirent et s’apprivoisent. Deux mondes opposés, deux adolescents entravés dans leurs peurs, leurs doutes et leurs faiblesses. Ensemble ils osent autre chose se libérant peu à peu de leurs carcans. Violente, passionnante, déchirante, mélancolique, cette histoire m’a transportée, m’a émue. Il y a cette cruelle vérité, néfaste, destructrice, la jalousie, la convoitise, l’envie et l’avarice qui conduisent à des rebondissements éprouvants. Dure et merveilleuse, doucereuse et violente, tragique et révélatrice, la plume de l’auteure est un pur délice. Quelque peu frustrée par le final, je retiens de cette lecture un bel exemple d’abnégation et de résilience. Le courage de s’affranchir des chaînes que nous imposent la vie, une magnifique lecture qui n’a d’égal que l’intensité d’émouvoir.

 

Son regard fut attiré par une grosse pierre. Il se revit, assis là, la capuche de son sweat-shirt couvrant ses yeux et le haut de son visage, son blouson de cuir râpé, son jean déchiré. Il entendit les rires de ceux de sa bande, les cris et les pleurs de l’adolescent qu’il avaient choisi pour victime. Tous ces fantômes du passé lui apparurent, flous et brumeux, pour disparaître dans la nuit de ce mois de novembre.
Enfin, il s’avança jusqu’à un endroit bien précis et y déposa une rose rouge.
-Pardonne-moi, murmura-t-il au néant, pardonne-moi de t’avoir menti.

 

Une chronique de #Esméralda

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… à découvrir mon avis sur un autre roman de Nathalie Thomas-Verney.

DANS LES YEUX DE LYA Tome 1 et Tome 2 de Cunha et de Carbone.


TOME 1 – EN QUÊTE DE VERITE
À la veille de ses 17 ans, Lya se fait renverser par un chauffard qui prend la fuite, la laissant pour morte. Elle survivra mais devra rester en fauteuil roulant toute sa vie. Quatre années plus tard, elle termine son DUT Carrières juridiques et décroche un stage dans le cabinet d’avocats le plus prestigieux de la ville, celui du célèbre et médiatique maître Martin de Villegan.
Son stage n’a pas été choisi par hasard, bien au contraire. C’est ce même cabinet qui a réglé son cas des années auparavant. Ses parents ne lui en ont rien dit mais elle a découvert qu’ils avaient été achetés pour éviter des poursuites juridiques. Bien décidée à retrouver celui qui l’a renversée et à lui faire payer, elle va se mettre en quête du dossier. Un jeu dangereux commence alors et sa soif de vengeance ne sera pas sans conséquences…

Lya rêve de cette vengeance depuis qu’elle a découvert ces papiers dans les affaires de ses parents. Mûrie depuis de nombreuses années et amplifiée par ce sentiment d’injustice et de haine qu’elle ressent depuis son réveil à l’hôpital. Sa vie a littéralement changé et se trouver sur un fauteuil roulant paralysée ne faisait pas partie de ses plans d’avenir.
Portée par ce manque de vérité, elle a décidé depuis quelques temps de jouer à  l’espion et de démasquer le responsable de son état. Ses trouvailles l’ont portée à ce cabinet d’avocats réputés. Elle l’intègre en étant stagiaire et en fin limier qu’elle est tente à tout pris de trouver les réponses à ses questions. Aidée par son meilleur ami, Antoine, leur plan devrait se dérouler à la perfection. Sauf qu’une certaine secrétaire se met au travers de leur projet. Ennemie ou amie ? Tout est possible !

 

Ce premier tome pose les bases d’une extraordinaire aventure qui tend à révéler de lourds secrets. Il est axé sur les personnages et leurs caractères, en somme des présentations approfondies. Lya est une jeune femme marquée par cet événement tragique, l’accident. Sous cette colère se cache de nombreuses blessures qu’elle tente de panser. Elle ne manque pas d’idées pour mettre son plan à exécution. Elle est déterminée, entêtée, obstinée mais le résultat en vaut la chandelle, alors autant foncé ! Antoine est un jeune homme introverti. Il n’a d’yeux que pour son amie de toujours et se laisse mener par la baguette. Il est prêt à tout pour elle.

 

Le scénario de Cunha est très addictif. Je me suis laissée porter par cette superbe aventure dont l’héroïne sort des sentiers battus. Le sujet douloureux est contrebalancé par cette héroïne des temps modernes. Les dessins de Carbone sont captivants et arrivent à transmettre tout un panel d’émotions intéressantes. Cette première mise en bouche est sans aucun doute appétissante. ET le second tome vous captivera tout autant !


TOME 2 – SUR LES TRACES DU COUPABLE
Lya va peut-être enfin connaître l’identité du chauffard qui l’a renversée la veille de ses 17 ans. Elle tient dans ses mains le dossier subtilisé dans le bureau de maître Martin de Villegan. C’est pour ce dossier qu’elle s’est faite embaucher comme stagiaire dans ce cabinet d’avocats. Tout ça pour ça. Mais Lya peut compter sur ses deux alliés fidèles, Adèle sa collègue dévouée et Antoine son meilleur ami. Sur le terrain, l’enquête pour la vérité vire à la série noire.

Ce second tome est tout autre. Place à l’action où les découvertes toutes aussi importantes viennent étouffer de nombreuses suspicions. Rejoint par une nouvelle alliée de taille, Antoine et Lya, récoltent peu à peu de nouveaux indices.
La traque se déroule sur le terrain et les dangers fleurissent de plus en plus sur leur chemin. Vont-ils enfin découvrir la terrible vérité ?

 

Ce second tome se poursuit sur un rythme beaucoup plus énergique. L’action et la réflexion ont entièrement leur place. Le suspense s’installe progressivement rendant peu à peu l’atmosphère inquiétante. La découverte de ce secret devient périlleuse, pourtant les protagonistes foncent tête baissée. J’ai adoré leur manière un peu orthodoxe et naïve de jouer aux espions. Leur amateurisme fait sourire. Le plus important reste, cependant, cette histoire de quêtejustifiée. Que fera t-elle lorsqu’elle aura la vérité sous les yeux ?

 

Un second tome trépidant et frénétique. Une très très belle suite !

 

Une chronique de #Esméralda

A TIRE D’ELLE – 1973 de Pascal Ruter.


Septembre 1973. Solweig fait sa rentrée en seconde. La vie reprend son cours, même si cette année s’annonce différente des précédentes : son petit ami Valentin n’est pas dans son lycée mais apprenti mécanicien, ses parents ont divorcé, et sa meilleure amie Julie est obsédée par le sexe. Solweig, elle, ne se sent pas encore prête. Entre les répétitions du groupe de rock de Valentin, les boums, les visites chez un discret professeur d’histoire, une virée en Angleterre, Solweig s’éveille avec lucidité aux réalités du monde et cherche sa voie. Chronique touchante d’une époque – celle des vinyles, des VHS et des cabines téléphoniques – mais l’adolescence est éternelle…

On dit qu’à seize ou dix-sept ans, c’est le moment où les choses commencent mais en fait c’est totalement faux. C’est simplement la période où plein de choses se terminent.
 
Pascal Ruter avec cette honnêteté intransigeante, parle d’un temps révolu qui résonne comme une chanson éternelle celle qui fut écoutée ou qui le sera bientôt.
Il n’y pas d’année qui tienne. Ce ressenti existentiel, cette période charnière où les rêves s’évaporent et les réalités se concrétisent, est la même pour tout en chacun avec des réflexions propres en son temps. Seul le contexte, les lieux, la société évoluent en mieux ou pas.

 

Solweig fait partie de cette génération où les mots cachent la triste réalité et où les secrets, la vie ne doivent pas être révéler. Solweig fait partie de cette génération où la famille n’a presque plus de sens et n’a pas encore eu le temps d’évoluer. Le vélo, la mob, les centres commerciaux qui sortent de terre où la surconsommation s’installe dans le foyers, et où le paraître semble tellement plus cool. Solweig ne trouve aucune beauté dans la ville où elle vit. Elle marche tête baissée pour fuir tout ce qui l’entoure. Sa meilleure amie qui dérape, son oncle qui ne reviendra plus, sa mère et son silence, sa future belle-mère qui n’est pas ce qu’elle dit être et un père qui tente à tout prix de retrouver sa jeunesse perdue. Solweig déteste cet individualisme, cette solitude forcée.

 

J’ai pensé à maman qui n’allait sûrement pas tarder à rentrer, à papa qui préparait son mariage, à tous ces gens qui s’étaient aimés très fort et qui brusquement n’avaient plus rien eu à se dire, à tous ces gens qui allaient vieillir sans se faire un petit signe, et mourir comme ça loin les uns des autres. Comme des cons.
 
Solweig s’interroge, doute, rêve de rien, juste du moment présent. Cet étrange professeur d’histoire et à son amoureux. Valentin, artiste torturé, garçon en peine qui souffre de ne pas savoir, de voir son seul parent se détruire et le laisser seul affronter la vie.

 

Rentrée précipitée dans un monde qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’arrivent pas à apprivoiser. Courir pour ne plus être un enfant et marcher à reculons pour ne pas devenir un adulte.

 

Il faisait beau, le printemps était un peu en avance, notre jeunesse commençait à peine et parfois j’avais l’impression que le temps n’existait pas.
 
Pascal Ruter dépeint avec précision ces tourments universels, cette métamorphose, cette mue, révélant le beau comme le sombre avec une étrange subtilité. Il y a ce quelque chose de tragique, de fort et de percutant, voleur d’instantanés où chacun peut en puiser ses souvenirs. On se rend très vite compte que l’espace temps n’est qu’une illusion. L’auteur nous offre une fresque inspirante sur le doux balancement d’une balade qui tend à la cavalcade, se terminant sur une mélodie sereine.

 

Je les ai vus disparaître dans l’étroit escalier en colimaçon et je me suis dit qu’il ne faut jamais laisser passer une occasion de retrouver le passé avant de vieillir tout à fait.
 
Une chronique de #Esméralda

OLIVE, tome 1 : Une lune bleue dans la tête de Cazot Vero et de Mazel Lucy.


Tome 1/4
Olive, c’est l’histoire d’une fille de 17 ans, très timide et renfermée mais à l’imagination débordante. Un jour dans le monde onirique qu’elle s’est créée au fil des années débarque Lenny, un spationaute blessé et malade. Que fait donc cet homme dans son espace réservé où personne n’est jamais invité ?

 
Olive est une fille à part. Elle n’aime pas faire les choses de son âge. Elle n’aime pas traîner avec ces copines qu’elle n’a pas. Elle n’aime pas sa psychologue qui ne comprend rien à rien. Olive est atypique. Une solitaire recluse dans son monde imaginaire.
Un monde tout aussi exubérant qu’elle est introvertie. Une monde de couleurs, de magies, de merveilles. Un monde cocon où elle règne en maître. Un monde qui lui correspond, un monde à son image. Un monde loin de l’agitation mais qui bouillonne en silence. Olive est différente des filles de son âge. Ses immersions sont nombreuses faisant d’elle un fantôme amorphe dans le réel. Les blagues de mauvais de goût, les murmures dans son dos sont les conséquences directes de cette différence. Alors quand son monde est accaparé par un homme étrange et que sa chambre de l’internat devient le nouveau terrain de jeu d’une nouvelle arrivante, Olive ne sait plus quoi penser à part que beaucoup de choses vont changer.

 

Une belle histoire qui introduit avec force et sensibilité l’univers d’Olive. Courte, certes, mais d’une belle intensité qui m’a ravie. La différence d’Olive est subtilement magnifiée par les illustrations de Mazel Lucy. Des dessins à la fois doux, chaleureux où transpirent les émotions aux prises avec elle. Un scénario addictif qui met en place une intrigue qui ne se révélera que dans les prochains tomes. En 56 pages il ne faut pas s’attendre à des développements plus conséquents. Je qualifierais ce premier tome d’une très belle mise en bouche. En attendant le final est digne d’un cliffhanger !!!

 

Une chronique de #Esméralda
Source Dupuis.com

LA CITE SANS NOM, tome 1 : Menace sur l’Empire Dao de Faith Erin Hicks.


Chaque nation qui s’empare de la Cité la renomme. Siècle après siècle, des envahisseurs arrivent, s’installent et la Cité change de nom. Mais ses habitants ne laissent pas prendre dans ces luttes incessantes : leur ville est la Cité sans nom, et toute personne qui cherche à la renommer est étrangère.
Kaidu est l’un de ces nouveaux arrivants, né d’une famille Dao, le dernier peuple avoir pris le contrôle de la région. Rat, elle, est originaire de la Cité sans nom, et déteste Dao pour tout ce qu’il représente. La passion de Dao pour sa nouvelle ville, où il fait ses classes de soldat de la Citadelle, est la seule chose qui pourra peut-être les rapprocher. Espérons-le, car tandis que des complots se montent, le sort de la Cité sans nom repose entre leurs mains. BD Jeunesse

Citée stratégique enviée par tous les peuples. Maintes fois envahies, maintes fois prises en étau, la cité est à l’image de toutes les cultures qu’elle a su accueillir. De nombreux peuples se côtoient sous des regards tendus de reproches et parfois de haine.
Le peuple de Dao gouverne la citée depuis quelques années de cela. Pour faire respecter l’ordre, les jeunes hommes qui vivent à l’extérieure de la citée peuvent s’y rendre. Ils apprennent l’art de se battre et de protéger la citée. Kaidu a fait ce choix pour retrouver son père, un grand général. Il n’a pas l’âme d’un guerrier. Il aime les livres et ne différencie pas les gens en fonction de leur appartenance à tel peuple. Il aime s’évader dans les rues pittoresques de la citée. Dans des circonstances rocambolesques, il fait la connaissance de Rate, une jeune fille, une sans-nommée qui va lui mener la vie dure.

 

Kaidu et Rate vont lier une étrange amitié tout en courant sur les toits de la citée à leur risque et péril et vont être confrontés à un machiavélique complot.

 

Ce premier tome plante les personnages dans un décor féerique où mille et une couleurs se côtoient. Les jeunes héros sont trépidants et avides de découvertes. Entêtés, ils campent ferment sur leurs positions jusqu’au moment où elles apparaissent futiles. Ce premier tome pose les bases d’une belle aventure où l’amitié et l’honneur semblent au cœur de l’action. Un scénario simple et efficace auquel on se prend vite au jeu. Les cases sont magnifiées par de très beaux dessins avec de nombreux détails. Les émotions des personnages sont magnifiquement représentées. Cette lecture a été partagée avec mon fils de 10 ans qui a tout simplement adoré. Il a apprécié les actions et les personnages. L’intrigue n’est qu’à ces prémices mais elle laisse présager encore de nombreux rebondissements. Pour moi elle a été l’occasion de renouer peu à peu avec ce genre de lecture que j’ai délaissée depuis quelques années. Je me suis laissée happer par cette superbe histoire et j’ai plus qu’apprécié les dessins.

 

A découvrir sans hésitation que l’on soit des petits-grands ou des grands-petits 😉

 

Une chronique de #Esméralda

LE BAL DE L'ENGAGEMENT : La génération Z de Aurora.


En 2107, les temps ont bien changé, pourtant le royaume de Scalia affectionne particulièrement le bal de l’engagement, vestiges d’un ordre que la monarchie tente de retrouver.
Entre apparences et faux-semblant, le sort va réunir Amaya et Kewan qui devront prendre en main leur destin malgré les codes de l’Élite.

 
Cette nouvelle de fiction vous charmera peut-être pour son cadre. Un royaume, une monarchie et une étrange coutume organisée lors d’un bal. Bal que l’on pourrait comparer à ces bals de débutants organisés à la belle époque et bien avant.
Ils sont douze, six filles et six garçons, et leurs destins vont se décider ce soir. Un repas mondain, une valse et le choix final. Tirés au sort, les jeunes hommes vont devoir choisir la jeune fille qui partagera sa vie. Sous couvert d’alliance, les familles les plus riches s’unissent. Le tour de Kewan est annoncé. Alors que tout le monde attend de sa part de prononcer le prénom de sa promise comme convenu, c’en est un tout autre qui résonne dans la grande salle consternée par ce choix. Amaya était la première étonnée et ne s’attendit pas vraiment à cela. Plus que ravie de cette nouvelle situation, son installation se passe dans de bonnes conditions. Elle rencontre sa belle-sœur avec qui le courant passe de suite. Mais Amaya n’a pas oublié son projet et Kewan doit suivre la ligne de conduite de sa famille. Les dangers rodent et les malheurs se multiplient, réussiront-ils à braver les règles qui régissent le royaume ?

 

Le format nouvelle me dérange souvent, notamment dans le fait que les développements sont trop succincts à mon goût. Certaines nouvelles arrivent à attirer mon attention, mais avec celle-ci j’ai eu beaucoup plus de mal. L’histoire en elle-même est très intéressante mais le final bien trop confus. Les thèmes qui concernent la différence des castes sociales et le pouvoir familial sur les générations suivantes sont à mes yeux pas assez mis en avant. L’auteure a beaucoup de choses à dire et à partager, mais pour le coup le format ne s’y applique pas. Je ne sais pas si c’est la première nouvelle de l’auteure mais j’en retiens des points positifs. Notamment l’évolution des personnages et de leurs perceptions, les lieux qui semblent somptueux. Il m’a manqué le côté rebelle qui pourrait se dégager de la situation. Une belle petite histoire qui cache de belles choses qui malheureusement, ne sont pas exploités à leur hauteur.

 

Une chronique de #Esméralda

ESPERLUETTE de Anne Vantal.


Cette lettre à Jordan, elle a brusquement éprouvé le besoin de l’écrire, après être retournée par hasard sur le « lieu du crime ». Une lettre pour parler d’elle, de lui, de leur passé. Il lui aura fallu des années pour trouver les mots de leur histoire, celle de gamins inséparables complices des mauvais coups, devenus lui petit escroc pervers et elle lâche aventurière. Jusqu’au funeste épilogue… Comment se pardonner, se racheter ?

 
Un symbole et une éternité de remords. Comme un point final, cette lettre livre des mots de joie, des mots d’amitiés, des mots de toujours où tel un serment terrifiant, ils rappellent sans cesse cette chute dans le néant.
Des mots tus, des mots silencieux, des mots épouvantés, des mots d’admiration, des mots paralysés, des mots paralysants. Exercice éprouvant tel un exorcisme pour ne pas effacer le passé mais l’accepter étant une partie entière d’elle.

 

Des mots plus grands que les yeux et le ventre, des mots éternels, des mots suppliants refaisant le monde « et si… »

 

Anne Vantal explore le temps de l’insouciance où les jeunes adultes deviennent les roi du monde. Un monde où la débrouillardise est synonyme de larcin.

 

Un récit court mais fort émouvant. Un récit percutant. Un récit qui sonne comme une vérité implacable. Un récit exutoire où les mots s’écoulent tels des larmes salvatrices. Une lettre puissante reliant le passé & et le présent pour un avenir meilleur où le bonheur aurait sa place.

 

Une lecture que j’ai beaucoup apprécié malgré son format assez court. Une lecture qui enserre vivement le cœur. Une plume fluide où les mots judicieux choisis insuffle peu à peu la peur qui se dévoile grâce à un coup de point magistral.

 

Tu m’as serrée dans tes bras, tu étais tout content de me voir accepter. Je n’ai pas songé à demander pourquoi  tu n’entraînais pas Greg dans cette histoire. Peut-être préférais-tu une fille pour une opération de ce genre, ou bien tu avais peur que Greg ne se moque de toi, après, parce que tu avais fréquenté un homo, je ne sais pas, je n’ai jamais su, je n’ai jamais plus eu l’occasion de te poser de questions.
 
Une chronique de #Esméralda

PLS de Joanne Richoux.


Soirée déguisée. Sacha navigue chez lui entre sa sœur jumelle, la fille dont il est amoureux et ses amis. De pièce en pièce, il traîne sa mélancolie et noie ses démons dans les volutes et les vapeurs d’alcool. Jeux de regards, frottements des corps, plaisirs furtifs, assauts repoussés…
Les heures s’égrènent à vouloir tuer le temps. Bad trip ? Et si une lumière brillait quand même au bout de la nuit ? Un roman noir, au verbe vif et cru, qui se lit d’une traite. Une œuvre ancrée dans son époque, qui sonde les affres des solitudes adolescentes, les fêlures de chacun, mais fait aussi entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé. 

 
PLS vous plonge dans la douleur d’un adolescent qui tente de vivre avec. Percutant, PLS ouvre cette fenêtre où les déambulations de Sacha témoignent de son mal-être, de son isolement, de ses dérives, de sa fuite psychique.
Lors d’une soirée où le déguisement, Halloween oblige, est de rigueur, Sacha déambule parmi ses invités, camarades de classe, tantôt aimés, adulés, adorés ou détestés. De déguisements en déguisements, de verres en verres, de mots en mots, de pas en pas, Sacha oublie son mal, oublie ce manque, ce trou béant. Sacha dérive sur des rives noires et chaotiques. Sacha croque sa vie empoissonnée avec déraison et lucidité. Sacha vole dans son monde où la société serait bienveillante et lui crache dessus quand il a les pieds sur terre. L’ange noir empli de colère et de haine est pourtant attiré par une seule lumière, Elle. Belle, magnifique, attirante, le péché mignon qui connaît ce mal envoûtant et captivant. Elle, rayonne tout simplement. Elle vie dans la lumière et sa main tendue le sauverait, certainement, peut-être, peut-être pas.

 

PLS captive par l’urgence des mots, par la brutalité des pensées, par le choc des actes. Le temps s’écoule comme si il était compté, comme si sa malléabilité probable était une solution. Une plume impitoyable pour un thème percutant. L’adolescence et sa multitude de questions, l’âge charnière où devenir adulte effraye et rester enfant n’est plus cool. L’âge où les questions métaphysiques se bousculent : le sexe, la vie, la mort. Un méli-mélo sombre où les pensées s’autodétruisent et naissent en un claquement de doigt. Joanne Richoux signe un roman jeunesse d’une beauté aussi cruelle que magnifique. Un roman qui ne laisse pas le temps de respirer.

 

PLS est sauvage, brutal mais si sensible. Une sensibilité à fleur de peau, celle qui pousse dans les retranchements les bons comme les mauvais. Celle qui crie quand rien ne va plus. Celle qui pleure quand tout devient noir. Celle qui embrasse quand il est urgent de se faire aimer. Celle qui parle quand le cœur déborde.

 

Un roman à découvrir absolument et cela dès 15 ans.

 

Mais surtout, la vie était plus réelle. Je sais pas, immédiate. Et puis en couleurs. Il se passe un truc sale quand on grandit. Un voile de poussières qui ternit et complique les choses.

 

Une chronique de #Esméralda

MÉTÉORE de Antoine Dole.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2020 ]
ACTES SUD JUNIORS – Collection Une seule voix.
64 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2020 »
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Le résumé :
Née garçon, Sara se sait être fille depuis la prime enfance. Avant même de pouvoir le formuler, de le comprendre. Mais elle a dû grandir emprisonnée dans un corps subi, moulée dans les lois de la masculinité, à ne pas pouvoir supporter son reflet dans un miroir. Une erreur ? Une anomalie ? Il fallait un changement, un réalignement de ce corps, et c’est à seize ans que Sara débute sa transition pour être celle qu’elle est, se sentir enfin vivante. S’autoriser à être un météore que plus rien n’arrête, même pas les coups et les insultes. Un monologue saisissant et maîtrisé sur un sujet trop longtemps tabou. Un plaidoyer pour la tolérance.
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Parfois les mots ont cette portée majestueuse. Ils visent juste et bien. Ils sont invraisemblables et si révélateurs d’un mal être caché, souvent inavoué. Ils rendent une certaine justice, ils élèvent une vérité à ce quelque chose de merveilleux et d’unique.

 

MÉTÉORE n’est pas un simple histoire. C’est l’histoire de ces femmes, de ces hommes, de ces jeunes filles, de ces jeunes garons, de ces petites filles et de ces petits garçons qui ne sont pas en accord avec leurs corps. Être né garçon et se sentir fille. Être née fille et se sentir garçon. Cela fait-il d’eux des monstres ? Méritent-ils d’être salis et de subir et ( et vos) violences physiques ou verbales ? Comment se sentir soi alors que la société et son système les obligent à se sentir et se définir par le genre qui les détermine dès la naissance.

 

La dysphorie des genres est un sujet sensible et délicat. Mais pas tabou ! Antoine Dole délivre ici un texte court et explosif. Un coup de poing magistral ! Un KO divin ! Un tsunami d’émotions ! La détresse psychologique, la colère, la passivité, la haine de la différence, la douleur, la compréhension, l’incompréhension, la dualité des choix, vivre, la volonté, l’acceptation, la vie … tout autant de symboles forts qui prennent aux tripes et ne m’a pas lâchée.

 

Antoine Dole livre un roman percutant et essentiel. La haine et l’incompréhension viennent souvent du non savoir et de la peur de cette différence (non logique). En parler, mettre des mots est un acte altruiste. Se délivrer des carcans sociétaux est un acte de générosité.

 

Un livre à offrir aux adolescents et aux adultes. Un livre qui doit circuler dans vos mains. Un livre que l’on se doit de parler. Un livre que j’aimerai voir partout, dans les salles d’attente, dans les transports en communs, partout …. car parfois il suffit des mots justes et judicieux, des mots percutants, des mots qui reflètent la vie et la différence, et, Antoine Dole s’y emploie avec tout son âme et son talent.

 

Merci pour ce magnifique MÉTÉORE.

 

Parce que j’ai survécu à pire que vous.
Pire que votre bêtise.
Pire que votre crainte d’épouser les possibles.
J’ai survécu à une haine plus intime, que j’avais plantée en travers de ma vie.
J’ai survécu au dégoût de moi-même.
A ma colère, à ma détresse.
J’ai survécu à une prison de peau, aux barreaux de mes os. A ces liens de tendons et de cartilage.
A la peur d’être moi.
A la peur d’être libre.
A la peur de me réinventer.
J’ai survécu à l’idée d’être une autre, toute ma vie, différente.
Au refus d’une vie de fuite et de mensonges.
J’ai survécu à des ténèbres enfoncées dans ma chair et qui dévoraient tout.
J’ai survécu à la crainte d’être celle que je suis et à la crainte que le monde me voie. A la promesse d’un avenir qui ne me fait plus peur.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions ACTES SUD JUNIOR

… mes avis sur d’autres titres d’Antoine Dole.

LE MILLIEME PIN de Florie Darcieux.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019 ]
Éditions BETA PUBLISHER
324 pages
Ma note : 3/5
Lien Kindle
 
Le résumé :
L’an passé Eddie a vu son quotidien d’adolescente totalement bouleversé. Son père, chauffeur routier, s’est trouvé impliqué dans un accident qui a coûté la vie à la mère de Martial, lycéen populaire et unique héritier d’une famille influente de leur village. Depuis ce drame, Eddie et son père ont peu à peu été mis à l’écart, condamnés au silence. Plutôt que d’attendre la comparution de son père devant le tribunal, Eddie se lance dans une quête effrénée pour la justice, prête à tout pour prouver l’innocence de son père et retrouver sa vie d’avant. Mais la vérité a plusieurs visages…
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Eddie s’est toujours contentée de son quotidien en présence de son papa adoré et de sa grande tante pipelette que j’ai adorée. Dans ses Landes natales, elle y est heureuse et y grandit avec courage et détermination. Lorsque la vie lycéenne s’offre à elle, elle découvre une mini société impitoyable et malheureusement elle en fait les frais lorsque son père est au cœur d’un scandale sanglant. Devenue la paria dont on se moque et dont on montre du doigt, Eddie se trouve confrontée avec dureté à la vie et voit sombrer peu à peu son père. Mélancolique et en très en colère, Eddie veut se battre contre toutes les ignominies dont fait l’objet son père. Seule contre le monde entier, ce n’est pas l’idéal, mais sa persévérance obtuse va la mener sur un chemin chaotique où toutes les vérités seront malheureusement à double tranchant. Tambour battant et haut les cœurs, en avant marche pour une aventure épique et phénoménale où certaines rencontres vont bouleverser les espoirs les plus fous pour que le vœu du « millième pin » se réalise.

 

Amitié et famille sont au cœur d’un roman jeunesse totalement bouleversant. J’avoue ne pas avoir été en adéquation avec le personnage d’Eddie que j’ai trouvé désespérant et exaspérant (son tempérament de feu m’a fait grincer les dents maintes fois) , mais si je n’y prête pas cas, l’histoire est magnifique. Portée par Eddie et d’autres compagnons de route, elle vous plonge dans les méandres sinueuses d’une vie où les questions cherchent des réponses et qu’importe la teneur de ces dernières. Où l’espoir s’invite malicieusement dans ce chaos pour pousser les montagnes et accéder à la vérité. Souvent les apparences sont trompeuses et Florie Darcieux joue habillement avec cette citation.

 

Je ne m’attendais absolument pas à la teneur de cette histoire. Florie Darcieux traite des thèmes importants et cruciaux à l’âge où les bases pour devenir un jeune adulte bien dans sa peau sont primordiaux. Sans être une quête initiatique, Florie Darcieux explore avec finesse et honnêteté l’identité et tout ses reflets. Le passé se confronte au présent pour un futur encore flou. L’amitié est le moteur essentiel à cette histoire et surtout elle prend un drôle tournant. Une note de suspense vient embellir le roman et une autre d’amour le parfume agréablement bien.

 

La plume de Florie Darcieux est agréable et offre une balade tourmentée où les émotions se percutent sans distinction.

 

Une roman jeunesse qui peut se lire dès 15 ans sans problème.

 

Une loi universelle estime la vitesse de réalisation des devoirs de vacances comme inversement proportionnelle au nombre et à la qualité des occupations extrascolaires de ladite période de congés. Conformément  à celle-ci, en quatre jours de liberté j’ai déjà souscrit à toutes mes obligations. Un record absolu.

 

A bien y regarder, ces premières journées de vacances n’ont pas été que désespérément longues. Si on considère le nombre de fois où j’ai vu mon père depuis sa comparution devant le tribunal, on peut même dire qu’elles sin t passées en un éclair. Impossible de faire mieux que de le croiser entre deux portes. Jusqu’à vendredi, je n’avais jamais eu à me demander s’il cherchait à m’éloigner, même dans les moments les plus difficiles. Mais à présent, c’est tout autre chose. J’en viens même à penser qu’il préférerait que je ne l’accompagne pas ce matin pour la reddition du jugement.
(page 90)
 
Une chronique de #Esméralda

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