LA CITE SANS NOM, tome 1 : Menace sur l’Empire Dao de Faith Erin Hicks.


Chaque nation qui s’empare de la Cité la renomme. Siècle après siècle, des envahisseurs arrivent, s’installent et la Cité change de nom. Mais ses habitants ne laissent pas prendre dans ces luttes incessantes : leur ville est la Cité sans nom, et toute personne qui cherche à la renommer est étrangère.
Kaidu est l’un de ces nouveaux arrivants, né d’une famille Dao, le dernier peuple avoir pris le contrôle de la région. Rat, elle, est originaire de la Cité sans nom, et déteste Dao pour tout ce qu’il représente. La passion de Dao pour sa nouvelle ville, où il fait ses classes de soldat de la Citadelle, est la seule chose qui pourra peut-être les rapprocher. Espérons-le, car tandis que des complots se montent, le sort de la Cité sans nom repose entre leurs mains. BD Jeunesse

Citée stratégique enviée par tous les peuples. Maintes fois envahies, maintes fois prises en étau, la cité est à l’image de toutes les cultures qu’elle a su accueillir. De nombreux peuples se côtoient sous des regards tendus de reproches et parfois de haine.
Le peuple de Dao gouverne la citée depuis quelques années de cela. Pour faire respecter l’ordre, les jeunes hommes qui vivent à l’extérieure de la citée peuvent s’y rendre. Ils apprennent l’art de se battre et de protéger la citée. Kaidu a fait ce choix pour retrouver son père, un grand général. Il n’a pas l’âme d’un guerrier. Il aime les livres et ne différencie pas les gens en fonction de leur appartenance à tel peuple. Il aime s’évader dans les rues pittoresques de la citée. Dans des circonstances rocambolesques, il fait la connaissance de Rate, une jeune fille, une sans-nommée qui va lui mener la vie dure.

 

Kaidu et Rate vont lier une étrange amitié tout en courant sur les toits de la citée à leur risque et péril et vont être confrontés à un machiavélique complot.

 

Ce premier tome plante les personnages dans un décor féerique où mille et une couleurs se côtoient. Les jeunes héros sont trépidants et avides de découvertes. Entêtés, ils campent ferment sur leurs positions jusqu’au moment où elles apparaissent futiles. Ce premier tome pose les bases d’une belle aventure où l’amitié et l’honneur semblent au cœur de l’action. Un scénario simple et efficace auquel on se prend vite au jeu. Les cases sont magnifiées par de très beaux dessins avec de nombreux détails. Les émotions des personnages sont magnifiquement représentées. Cette lecture a été partagée avec mon fils de 10 ans qui a tout simplement adoré. Il a apprécié les actions et les personnages. L’intrigue n’est qu’à ces prémices mais elle laisse présager encore de nombreux rebondissements. Pour moi elle a été l’occasion de renouer peu à peu avec ce genre de lecture que j’ai délaissée depuis quelques années. Je me suis laissée happer par cette superbe histoire et j’ai plus qu’apprécié les dessins.

 

A découvrir sans hésitation que l’on soit des petits-grands ou des grands-petits 😉

 

Une chronique de #Esméralda

LE BAL DE L'ENGAGEMENT : La génération Z de Aurora.


En 2107, les temps ont bien changé, pourtant le royaume de Scalia affectionne particulièrement le bal de l’engagement, vestiges d’un ordre que la monarchie tente de retrouver.
Entre apparences et faux-semblant, le sort va réunir Amaya et Kewan qui devront prendre en main leur destin malgré les codes de l’Élite.

 
Cette nouvelle de fiction vous charmera peut-être pour son cadre. Un royaume, une monarchie et une étrange coutume organisée lors d’un bal. Bal que l’on pourrait comparer à ces bals de débutants organisés à la belle époque et bien avant.
Ils sont douze, six filles et six garçons, et leurs destins vont se décider ce soir. Un repas mondain, une valse et le choix final. Tirés au sort, les jeunes hommes vont devoir choisir la jeune fille qui partagera sa vie. Sous couvert d’alliance, les familles les plus riches s’unissent. Le tour de Kewan est annoncé. Alors que tout le monde attend de sa part de prononcer le prénom de sa promise comme convenu, c’en est un tout autre qui résonne dans la grande salle consternée par ce choix. Amaya était la première étonnée et ne s’attendit pas vraiment à cela. Plus que ravie de cette nouvelle situation, son installation se passe dans de bonnes conditions. Elle rencontre sa belle-sœur avec qui le courant passe de suite. Mais Amaya n’a pas oublié son projet et Kewan doit suivre la ligne de conduite de sa famille. Les dangers rodent et les malheurs se multiplient, réussiront-ils à braver les règles qui régissent le royaume ?

 

Le format nouvelle me dérange souvent, notamment dans le fait que les développements sont trop succincts à mon goût. Certaines nouvelles arrivent à attirer mon attention, mais avec celle-ci j’ai eu beaucoup plus de mal. L’histoire en elle-même est très intéressante mais le final bien trop confus. Les thèmes qui concernent la différence des castes sociales et le pouvoir familial sur les générations suivantes sont à mes yeux pas assez mis en avant. L’auteure a beaucoup de choses à dire et à partager, mais pour le coup le format ne s’y applique pas. Je ne sais pas si c’est la première nouvelle de l’auteure mais j’en retiens des points positifs. Notamment l’évolution des personnages et de leurs perceptions, les lieux qui semblent somptueux. Il m’a manqué le côté rebelle qui pourrait se dégager de la situation. Une belle petite histoire qui cache de belles choses qui malheureusement, ne sont pas exploités à leur hauteur.

 

Une chronique de #Esméralda

ESPERLUETTE de Anne Vantal.


Cette lettre à Jordan, elle a brusquement éprouvé le besoin de l’écrire, après être retournée par hasard sur le « lieu du crime ». Une lettre pour parler d’elle, de lui, de leur passé. Il lui aura fallu des années pour trouver les mots de leur histoire, celle de gamins inséparables complices des mauvais coups, devenus lui petit escroc pervers et elle lâche aventurière. Jusqu’au funeste épilogue… Comment se pardonner, se racheter ?

 
Un symbole et une éternité de remords. Comme un point final, cette lettre livre des mots de joie, des mots d’amitiés, des mots de toujours où tel un serment terrifiant, ils rappellent sans cesse cette chute dans le néant.
Des mots tus, des mots silencieux, des mots épouvantés, des mots d’admiration, des mots paralysés, des mots paralysants. Exercice éprouvant tel un exorcisme pour ne pas effacer le passé mais l’accepter étant une partie entière d’elle.

 

Des mots plus grands que les yeux et le ventre, des mots éternels, des mots suppliants refaisant le monde « et si… »

 

Anne Vantal explore le temps de l’insouciance où les jeunes adultes deviennent les roi du monde. Un monde où la débrouillardise est synonyme de larcin.

 

Un récit court mais fort émouvant. Un récit percutant. Un récit qui sonne comme une vérité implacable. Un récit exutoire où les mots s’écoulent tels des larmes salvatrices. Une lettre puissante reliant le passé & et le présent pour un avenir meilleur où le bonheur aurait sa place.

 

Une lecture que j’ai beaucoup apprécié malgré son format assez court. Une lecture qui enserre vivement le cœur. Une plume fluide où les mots judicieux choisis insuffle peu à peu la peur qui se dévoile grâce à un coup de point magistral.

 

Tu m’as serrée dans tes bras, tu étais tout content de me voir accepter. Je n’ai pas songé à demander pourquoi  tu n’entraînais pas Greg dans cette histoire. Peut-être préférais-tu une fille pour une opération de ce genre, ou bien tu avais peur que Greg ne se moque de toi, après, parce que tu avais fréquenté un homo, je ne sais pas, je n’ai jamais su, je n’ai jamais plus eu l’occasion de te poser de questions.
 
Une chronique de #Esméralda

PLS de Joanne Richoux.


Soirée déguisée. Sacha navigue chez lui entre sa sœur jumelle, la fille dont il est amoureux et ses amis. De pièce en pièce, il traîne sa mélancolie et noie ses démons dans les volutes et les vapeurs d’alcool. Jeux de regards, frottements des corps, plaisirs furtifs, assauts repoussés…
Les heures s’égrènent à vouloir tuer le temps. Bad trip ? Et si une lumière brillait quand même au bout de la nuit ? Un roman noir, au verbe vif et cru, qui se lit d’une traite. Une œuvre ancrée dans son époque, qui sonde les affres des solitudes adolescentes, les fêlures de chacun, mais fait aussi entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé. 

 
PLS vous plonge dans la douleur d’un adolescent qui tente de vivre avec. Percutant, PLS ouvre cette fenêtre où les déambulations de Sacha témoignent de son mal-être, de son isolement, de ses dérives, de sa fuite psychique.
Lors d’une soirée où le déguisement, Halloween oblige, est de rigueur, Sacha déambule parmi ses invités, camarades de classe, tantôt aimés, adulés, adorés ou détestés. De déguisements en déguisements, de verres en verres, de mots en mots, de pas en pas, Sacha oublie son mal, oublie ce manque, ce trou béant. Sacha dérive sur des rives noires et chaotiques. Sacha croque sa vie empoissonnée avec déraison et lucidité. Sacha vole dans son monde où la société serait bienveillante et lui crache dessus quand il a les pieds sur terre. L’ange noir empli de colère et de haine est pourtant attiré par une seule lumière, Elle. Belle, magnifique, attirante, le péché mignon qui connaît ce mal envoûtant et captivant. Elle, rayonne tout simplement. Elle vie dans la lumière et sa main tendue le sauverait, certainement, peut-être, peut-être pas.

 

PLS captive par l’urgence des mots, par la brutalité des pensées, par le choc des actes. Le temps s’écoule comme si il était compté, comme si sa malléabilité probable était une solution. Une plume impitoyable pour un thème percutant. L’adolescence et sa multitude de questions, l’âge charnière où devenir adulte effraye et rester enfant n’est plus cool. L’âge où les questions métaphysiques se bousculent : le sexe, la vie, la mort. Un méli-mélo sombre où les pensées s’autodétruisent et naissent en un claquement de doigt. Joanne Richoux signe un roman jeunesse d’une beauté aussi cruelle que magnifique. Un roman qui ne laisse pas le temps de respirer.

 

PLS est sauvage, brutal mais si sensible. Une sensibilité à fleur de peau, celle qui pousse dans les retranchements les bons comme les mauvais. Celle qui crie quand rien ne va plus. Celle qui pleure quand tout devient noir. Celle qui embrasse quand il est urgent de se faire aimer. Celle qui parle quand le cœur déborde.

 

Un roman à découvrir absolument et cela dès 15 ans.

 

Mais surtout, la vie était plus réelle. Je sais pas, immédiate. Et puis en couleurs. Il se passe un truc sale quand on grandit. Un voile de poussières qui ternit et complique les choses.

 

Une chronique de #Esméralda

MÉTÉORE de Antoine Dole.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2020 ]
ACTES SUD JUNIORS – Collection Une seule voix.
64 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2020 »
Lien Kindle

 

Le résumé :
Née garçon, Sara se sait être fille depuis la prime enfance. Avant même de pouvoir le formuler, de le comprendre. Mais elle a dû grandir emprisonnée dans un corps subi, moulée dans les lois de la masculinité, à ne pas pouvoir supporter son reflet dans un miroir. Une erreur ? Une anomalie ? Il fallait un changement, un réalignement de ce corps, et c’est à seize ans que Sara débute sa transition pour être celle qu’elle est, se sentir enfin vivante. S’autoriser à être un météore que plus rien n’arrête, même pas les coups et les insultes. Un monologue saisissant et maîtrisé sur un sujet trop longtemps tabou. Un plaidoyer pour la tolérance.
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Parfois les mots ont cette portée majestueuse. Ils visent juste et bien. Ils sont invraisemblables et si révélateurs d’un mal être caché, souvent inavoué. Ils rendent une certaine justice, ils élèvent une vérité à ce quelque chose de merveilleux et d’unique.

 

MÉTÉORE n’est pas un simple histoire. C’est l’histoire de ces femmes, de ces hommes, de ces jeunes filles, de ces jeunes garons, de ces petites filles et de ces petits garçons qui ne sont pas en accord avec leurs corps. Être né garçon et se sentir fille. Être née fille et se sentir garçon. Cela fait-il d’eux des monstres ? Méritent-ils d’être salis et de subir et ( et vos) violences physiques ou verbales ? Comment se sentir soi alors que la société et son système les obligent à se sentir et se définir par le genre qui les détermine dès la naissance.

 

La dysphorie des genres est un sujet sensible et délicat. Mais pas tabou ! Antoine Dole délivre ici un texte court et explosif. Un coup de poing magistral ! Un KO divin ! Un tsunami d’émotions ! La détresse psychologique, la colère, la passivité, la haine de la différence, la douleur, la compréhension, l’incompréhension, la dualité des choix, vivre, la volonté, l’acceptation, la vie … tout autant de symboles forts qui prennent aux tripes et ne m’a pas lâchée.

 

Antoine Dole livre un roman percutant et essentiel. La haine et l’incompréhension viennent souvent du non savoir et de la peur de cette différence (non logique). En parler, mettre des mots est un acte altruiste. Se délivrer des carcans sociétaux est un acte de générosité.

 

Un livre à offrir aux adolescents et aux adultes. Un livre qui doit circuler dans vos mains. Un livre que l’on se doit de parler. Un livre que j’aimerai voir partout, dans les salles d’attente, dans les transports en communs, partout …. car parfois il suffit des mots justes et judicieux, des mots percutants, des mots qui reflètent la vie et la différence, et, Antoine Dole s’y emploie avec tout son âme et son talent.

 

Merci pour ce magnifique MÉTÉORE.

 

Parce que j’ai survécu à pire que vous.
Pire que votre bêtise.
Pire que votre crainte d’épouser les possibles.
J’ai survécu à une haine plus intime, que j’avais plantée en travers de ma vie.
J’ai survécu au dégoût de moi-même.
A ma colère, à ma détresse.
J’ai survécu à une prison de peau, aux barreaux de mes os. A ces liens de tendons et de cartilage.
A la peur d’être moi.
A la peur d’être libre.
A la peur de me réinventer.
J’ai survécu à l’idée d’être une autre, toute ma vie, différente.
Au refus d’une vie de fuite et de mensonges.
J’ai survécu à des ténèbres enfoncées dans ma chair et qui dévoraient tout.
J’ai survécu à la crainte d’être celle que je suis et à la crainte que le monde me voie. A la promesse d’un avenir qui ne me fait plus peur.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions ACTES SUD JUNIOR

… mes avis sur d’autres titres d’Antoine Dole.

LE MILLIEME PIN de Florie Darcieux.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019 ]
Éditions BETA PUBLISHER
324 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
L’an passé Eddie a vu son quotidien d’adolescente totalement bouleversé. Son père, chauffeur routier, s’est trouvé impliqué dans un accident qui a coûté la vie à la mère de Martial, lycéen populaire et unique héritier d’une famille influente de leur village. Depuis ce drame, Eddie et son père ont peu à peu été mis à l’écart, condamnés au silence. Plutôt que d’attendre la comparution de son père devant le tribunal, Eddie se lance dans une quête effrénée pour la justice, prête à tout pour prouver l’innocence de son père et retrouver sa vie d’avant. Mais la vérité a plusieurs visages…
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Eddie s’est toujours contentée de son quotidien en présence de son papa adoré et de sa grande tante pipelette que j’ai adorée. Dans ses Landes natales, elle y est heureuse et y grandit avec courage et détermination. Lorsque la vie lycéenne s’offre à elle, elle découvre une mini société impitoyable et malheureusement elle en fait les frais lorsque son père est au cœur d’un scandale sanglant. Devenue la paria dont on se moque et dont on montre du doigt, Eddie se trouve confrontée avec dureté à la vie et voit sombrer peu à peu son père. Mélancolique et en très en colère, Eddie veut se battre contre toutes les ignominies dont fait l’objet son père. Seule contre le monde entier, ce n’est pas l’idéal, mais sa persévérance obtuse va la mener sur un chemin chaotique où toutes les vérités seront malheureusement à double tranchant. Tambour battant et haut les cœurs, en avant marche pour une aventure épique et phénoménale où certaines rencontres vont bouleverser les espoirs les plus fous pour que le vœu du « millième pin » se réalise.

 

Amitié et famille sont au cœur d’un roman jeunesse totalement bouleversant. J’avoue ne pas avoir été en adéquation avec le personnage d’Eddie que j’ai trouvé désespérant et exaspérant (son tempérament de feu m’a fait grincer les dents maintes fois) , mais si je n’y prête pas cas, l’histoire est magnifique. Portée par Eddie et d’autres compagnons de route, elle vous plonge dans les méandres sinueuses d’une vie où les questions cherchent des réponses et qu’importe la teneur de ces dernières. Où l’espoir s’invite malicieusement dans ce chaos pour pousser les montagnes et accéder à la vérité. Souvent les apparences sont trompeuses et Florie Darcieux joue habillement avec cette citation.

 

Je ne m’attendais absolument pas à la teneur de cette histoire. Florie Darcieux traite des thèmes importants et cruciaux à l’âge où les bases pour devenir un jeune adulte bien dans sa peau sont primordiaux. Sans être une quête initiatique, Florie Darcieux explore avec finesse et honnêteté l’identité et tout ses reflets. Le passé se confronte au présent pour un futur encore flou. L’amitié est le moteur essentiel à cette histoire et surtout elle prend un drôle tournant. Une note de suspense vient embellir le roman et une autre d’amour le parfume agréablement bien.

 

La plume de Florie Darcieux est agréable et offre une balade tourmentée où les émotions se percutent sans distinction.

 

Une roman jeunesse qui peut se lire dès 15 ans sans problème.

 

Une loi universelle estime la vitesse de réalisation des devoirs de vacances comme inversement proportionnelle au nombre et à la qualité des occupations extrascolaires de ladite période de congés. Conformément  à celle-ci, en quatre jours de liberté j’ai déjà souscrit à toutes mes obligations. Un record absolu.

 

A bien y regarder, ces premières journées de vacances n’ont pas été que désespérément longues. Si on considère le nombre de fois où j’ai vu mon père depuis sa comparution devant le tribunal, on peut même dire qu’elles sin t passées en un éclair. Impossible de faire mieux que de le croiser entre deux portes. Jusqu’à vendredi, je n’avais jamais eu à me demander s’il cherchait à m’éloigner, même dans les moments les plus difficiles. Mais à présent, c’est tout autre chose. J’en viens même à penser qu’il préférerait que je ne l’accompagne pas ce matin pour la reddition du jugement.
(page 90)
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Beta Publisher.

AURORE de Jérémie Kisling.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Couverture Zep
Éditions SLALOM
160 pages
Ma note : 5/5 mention « coup de cœur »
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Le résumé :
Dans cet ouvrage singulier, entre fable, roman et journal intime, Jérémie Kisling nous fait entendre la voix d’Aurore, une adolescente sur le fil, pleine de contradictions, entre rires et déceptions. Elle partage avec le lecteur ses émotions, ses peurs, ses joies aussi… et la découverte qui va bouleverser sa vie.
Lorsqu’Aurore, une adolescente de 15 ans, comprend qu’elle a été adoptée, ses certitudes volent en éclat, ses repères s’écroulent. C’est la fin du monde, la fin de son monde. La rencontre avec un être encore plus déraciné qu’elle va lui ouvrir les yeux et lui permettre de se découvrir. La nouvelle Aurore se révélera encore plus espiègle et déterminée que l’ancienne, désormais habitée d’une passion et forte de liens plus solides que jamais.
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Aurore a 15 ans. Age délicat où l’enfance c’est vraiment trop ringard et adulte trop chiant. En même temps être une ado « style brindille », pas spécialement populaire au bahut et encore moins adulée pas une bande de potes, c’est la loose. Aurore, c’est Aurore : flemmarde et intelligente, elle se laisse porter par sa vie d’ado pas encore tout à fait rebelle. Elle subit sans trop subir les questions existentielles, les remettant au lendemain.

Voilà Aurore c’est ça :

Bref. Habituellement, après le brossage de dents, je me mets quelques doigts dans l’œil en enfilant mes lentilles, puis je retourne dans ma chambre en clignant des yeux et je trébuche sur la chaise camouflée en panier à linge sale, me déglinguant au passage entre un et trois orteils, ça dépend de ma forme.
  Après, j’enfile une chaussette, pas trop sale, entre blanc foncé et noir clair, je réponds à deux ou trois textos, même quand personne ne m’a posé de questions … – surtout si personne ne m’a posé de questions d’ailleurs – et j’enfile une autre chaussette, plus ou moins du même niveau de salubrité que la première. Je regarde mes pieds : une, deux chaussettes, le compte est bon.
Allez, maintenant, une culotte un peu bateau, un T-shirt et là je suis pas difficile : juste deux trous pour les bras. ( Et un pour la tête, oui vous avez raison, c’est mieux). Une paire de jeans déchirés mais pas trop. Comme ça, ça fait genre la fille qui fait pas genre de faire genre. Sion, ça fait genre la fille qui fait genre de ne pas faire genre, et je déteste cette attitude.
Puis je sors de ma chambre et dévale les escaliers en visant tous les endroits qui grincent pour agacer mes parents.
 
Comment ne pas avoir le smille en lisant cet extrait !
Tout va pour le « mieux » dans la vie trépidante d’Aurore, jusqu’au jour où certains mots ne ses parents (qu’elle n’aurait pas du entendre) lui parviennent. Et là, catastrophe ! Apocalypse ! Fin du monde ! Aurore part en vrille. Et en bonne adolescente qu’elle est, décide de fuir. Affronter ce déchaînement d’incertitudes, de secrets, de non-dits et de mensonges, est d’une telle violence. Un uppercut qui lui laisse des marques. Et elle fuit, court, crie, hurle et pleure. Elle en veut en la terre entière, à ses parents, à sa petite sœur. A tous. Et sur son chemin de solitude, elle rencontre Sliman.

Sliman c’est l’innocence même qui a traversé de nombreuses épreuves. C’est la maturité d’un adulte dans un corps d’un enfant. C’est la naïveté qu’il porte à chaque élément de son entourage. C’est la volonté de comprendre un monde qui lui est étrange. C’est la gentillesse incarnée. Pourtant tout différencie Sliman d’Aurore.

J’aimais vraiment beaucoup parler avec Sliman. Tout était nouveau et troublant dans ce qu’il apportait doucement à ma vie. Comme un vent de désert, qui réchauffe et déroute en même temps. Un vent qui, à chaque rafale, change un peu le paysage autour.
-Sliman, c’est comment, le vent, dans ton pays ?
-Le vent ? C’est comme un ami très cher et qui vient de très loin. Quand il nous rend visite, on dit qu’il est fatigué et plein de sable dans les cheveux. Mais il ramène plein d’histoires avec lui. Alors, on s’assied, on ferme les yeux et on l’écoute raconter : les déserts qu’il a balayés, les villes qu’il a traversées, les vieillards qu’il a décoiffés, les oiseaux qu’il a portés sur ses épaules, et toutes les étoiles qu’il a chatouillées. Quand il a fini de parler, quand on a pu s’évader un peu avec lui, le vent s’arrête. Alors, on peut commencer à lui raconter nos soucis, et déjà, ils nous semblent moins importants. Quand le vent repart, il les emporte avec lui.
Il a dit tout ça avec son accent si joli, et ses mots étaient tellement beaux et paraissaient si simples que je n’avais pas envie de parles, juste m’évader un moment en écoutant ses paroles.
-Et la pluie, c’est comment, la pluie ?
-La pluie, c’est mouillé, c’est nul !
On a rigolé. C’était un peu comme avec Xu : il venait de si loin et pourtant, tout paraissait naturel entre nous.
 
AURORE est porté par une plume d’une simplicité désarmante. On est joyeux ou triste, on rit ou on pleure, on lève les yeux au ciel ou on sourit, c’est l’effet Aurore. Adorable, attachante, on vit son aventure comme si c’était la notre. Jérémie Kisling traite avec humour et franchise les tourments de cette adolescente en pleine crise existentielle. J’ai tout simplement adoré. Des thèmes comme l’amitié, la confiance, le pardon, la quête identitaire, la différence et l’acceptation, sont magnifiquement explorés. C’est tendre à l’intérieur et croustillant à l’intérieur sans oublier l’effet kiss-cool !

Une chronique de #Esméralda

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Découvrez la chanson d’Aurore !