LE MILLIEME PIN de Florie Darcieux.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019 ]
Éditions BETA PUBLISHER
324 pages
Ma note : 3/5
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Le résumé :
L’an passé Eddie a vu son quotidien d’adolescente totalement bouleversé. Son père, chauffeur routier, s’est trouvé impliqué dans un accident qui a coûté la vie à la mère de Martial, lycéen populaire et unique héritier d’une famille influente de leur village. Depuis ce drame, Eddie et son père ont peu à peu été mis à l’écart, condamnés au silence. Plutôt que d’attendre la comparution de son père devant le tribunal, Eddie se lance dans une quête effrénée pour la justice, prête à tout pour prouver l’innocence de son père et retrouver sa vie d’avant. Mais la vérité a plusieurs visages…
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Eddie s’est toujours contentée de son quotidien en présence de son papa adoré et de sa grande tante pipelette que j’ai adorée. Dans ses Landes natales, elle y est heureuse et y grandit avec courage et détermination. Lorsque la vie lycéenne s’offre à elle, elle découvre une mini société impitoyable et malheureusement elle en fait les frais lorsque son père est au cœur d’un scandale sanglant. Devenue la paria dont on se moque et dont on montre du doigt, Eddie se trouve confrontée avec dureté à la vie et voit sombrer peu à peu son père. Mélancolique et en très en colère, Eddie veut se battre contre toutes les ignominies dont fait l’objet son père. Seule contre le monde entier, ce n’est pas l’idéal, mais sa persévérance obtuse va la mener sur un chemin chaotique où toutes les vérités seront malheureusement à double tranchant. Tambour battant et haut les cœurs, en avant marche pour une aventure épique et phénoménale où certaines rencontres vont bouleverser les espoirs les plus fous pour que le vœu du « millième pin » se réalise.

 

Amitié et famille sont au cœur d’un roman jeunesse totalement bouleversant. J’avoue ne pas avoir été en adéquation avec le personnage d’Eddie que j’ai trouvé désespérant et exaspérant (son tempérament de feu m’a fait grincer les dents maintes fois) , mais si je n’y prête pas cas, l’histoire est magnifique. Portée par Eddie et d’autres compagnons de route, elle vous plonge dans les méandres sinueuses d’une vie où les questions cherchent des réponses et qu’importe la teneur de ces dernières. Où l’espoir s’invite malicieusement dans ce chaos pour pousser les montagnes et accéder à la vérité. Souvent les apparences sont trompeuses et Florie Darcieux joue habillement avec cette citation.

 

Je ne m’attendais absolument pas à la teneur de cette histoire. Florie Darcieux traite des thèmes importants et cruciaux à l’âge où les bases pour devenir un jeune adulte bien dans sa peau sont primordiaux. Sans être une quête initiatique, Florie Darcieux explore avec finesse et honnêteté l’identité et tout ses reflets. Le passé se confronte au présent pour un futur encore flou. L’amitié est le moteur essentiel à cette histoire et surtout elle prend un drôle tournant. Une note de suspense vient embellir le roman et une autre d’amour le parfume agréablement bien.

 

La plume de Florie Darcieux est agréable et offre une balade tourmentée où les émotions se percutent sans distinction.

 

Une roman jeunesse qui peut se lire dès 15 ans sans problème.

 

Une loi universelle estime la vitesse de réalisation des devoirs de vacances comme inversement proportionnelle au nombre et à la qualité des occupations extrascolaires de ladite période de congés. Conformément  à celle-ci, en quatre jours de liberté j’ai déjà souscrit à toutes mes obligations. Un record absolu.

 

A bien y regarder, ces premières journées de vacances n’ont pas été que désespérément longues. Si on considère le nombre de fois où j’ai vu mon père depuis sa comparution devant le tribunal, on peut même dire qu’elles sin t passées en un éclair. Impossible de faire mieux que de le croiser entre deux portes. Jusqu’à vendredi, je n’avais jamais eu à me demander s’il cherchait à m’éloigner, même dans les moments les plus difficiles. Mais à présent, c’est tout autre chose. J’en viens même à penser qu’il préférerait que je ne l’accompagne pas ce matin pour la reddition du jugement.
(page 90)
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Beta Publisher.

AURORE de Jérémie Kisling.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Couverture Zep
Éditions SLALOM
160 pages
Ma note : 5/5 mention « coup de cœur »
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Le résumé :
Dans cet ouvrage singulier, entre fable, roman et journal intime, Jérémie Kisling nous fait entendre la voix d’Aurore, une adolescente sur le fil, pleine de contradictions, entre rires et déceptions. Elle partage avec le lecteur ses émotions, ses peurs, ses joies aussi… et la découverte qui va bouleverser sa vie.
Lorsqu’Aurore, une adolescente de 15 ans, comprend qu’elle a été adoptée, ses certitudes volent en éclat, ses repères s’écroulent. C’est la fin du monde, la fin de son monde. La rencontre avec un être encore plus déraciné qu’elle va lui ouvrir les yeux et lui permettre de se découvrir. La nouvelle Aurore se révélera encore plus espiègle et déterminée que l’ancienne, désormais habitée d’une passion et forte de liens plus solides que jamais.
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Aurore a 15 ans. Age délicat où l’enfance c’est vraiment trop ringard et adulte trop chiant. En même temps être une ado « style brindille », pas spécialement populaire au bahut et encore moins adulée pas une bande de potes, c’est la loose. Aurore, c’est Aurore : flemmarde et intelligente, elle se laisse porter par sa vie d’ado pas encore tout à fait rebelle. Elle subit sans trop subir les questions existentielles, les remettant au lendemain.

Voilà Aurore c’est ça :

Bref. Habituellement, après le brossage de dents, je me mets quelques doigts dans l’œil en enfilant mes lentilles, puis je retourne dans ma chambre en clignant des yeux et je trébuche sur la chaise camouflée en panier à linge sale, me déglinguant au passage entre un et trois orteils, ça dépend de ma forme.
  Après, j’enfile une chaussette, pas trop sale, entre blanc foncé et noir clair, je réponds à deux ou trois textos, même quand personne ne m’a posé de questions … – surtout si personne ne m’a posé de questions d’ailleurs – et j’enfile une autre chaussette, plus ou moins du même niveau de salubrité que la première. Je regarde mes pieds : une, deux chaussettes, le compte est bon.
Allez, maintenant, une culotte un peu bateau, un T-shirt et là je suis pas difficile : juste deux trous pour les bras. ( Et un pour la tête, oui vous avez raison, c’est mieux). Une paire de jeans déchirés mais pas trop. Comme ça, ça fait genre la fille qui fait pas genre de faire genre. Sion, ça fait genre la fille qui fait genre de ne pas faire genre, et je déteste cette attitude.
Puis je sors de ma chambre et dévale les escaliers en visant tous les endroits qui grincent pour agacer mes parents.
 
Comment ne pas avoir le smille en lisant cet extrait !
Tout va pour le « mieux » dans la vie trépidante d’Aurore, jusqu’au jour où certains mots ne ses parents (qu’elle n’aurait pas du entendre) lui parviennent. Et là, catastrophe ! Apocalypse ! Fin du monde ! Aurore part en vrille. Et en bonne adolescente qu’elle est, décide de fuir. Affronter ce déchaînement d’incertitudes, de secrets, de non-dits et de mensonges, est d’une telle violence. Un uppercut qui lui laisse des marques. Et elle fuit, court, crie, hurle et pleure. Elle en veut en la terre entière, à ses parents, à sa petite sœur. A tous. Et sur son chemin de solitude, elle rencontre Sliman.

Sliman c’est l’innocence même qui a traversé de nombreuses épreuves. C’est la maturité d’un adulte dans un corps d’un enfant. C’est la naïveté qu’il porte à chaque élément de son entourage. C’est la volonté de comprendre un monde qui lui est étrange. C’est la gentillesse incarnée. Pourtant tout différencie Sliman d’Aurore.

J’aimais vraiment beaucoup parler avec Sliman. Tout était nouveau et troublant dans ce qu’il apportait doucement à ma vie. Comme un vent de désert, qui réchauffe et déroute en même temps. Un vent qui, à chaque rafale, change un peu le paysage autour.
-Sliman, c’est comment, le vent, dans ton pays ?
-Le vent ? C’est comme un ami très cher et qui vient de très loin. Quand il nous rend visite, on dit qu’il est fatigué et plein de sable dans les cheveux. Mais il ramène plein d’histoires avec lui. Alors, on s’assied, on ferme les yeux et on l’écoute raconter : les déserts qu’il a balayés, les villes qu’il a traversées, les vieillards qu’il a décoiffés, les oiseaux qu’il a portés sur ses épaules, et toutes les étoiles qu’il a chatouillées. Quand il a fini de parler, quand on a pu s’évader un peu avec lui, le vent s’arrête. Alors, on peut commencer à lui raconter nos soucis, et déjà, ils nous semblent moins importants. Quand le vent repart, il les emporte avec lui.
Il a dit tout ça avec son accent si joli, et ses mots étaient tellement beaux et paraissaient si simples que je n’avais pas envie de parles, juste m’évader un moment en écoutant ses paroles.
-Et la pluie, c’est comment, la pluie ?
-La pluie, c’est mouillé, c’est nul !
On a rigolé. C’était un peu comme avec Xu : il venait de si loin et pourtant, tout paraissait naturel entre nous.
 
AURORE est porté par une plume d’une simplicité désarmante. On est joyeux ou triste, on rit ou on pleure, on lève les yeux au ciel ou on sourit, c’est l’effet Aurore. Adorable, attachante, on vit son aventure comme si c’était la notre. Jérémie Kisling traite avec humour et franchise les tourments de cette adolescente en pleine crise existentielle. J’ai tout simplement adoré. Des thèmes comme l’amitié, la confiance, le pardon, la quête identitaire, la différence et l’acceptation, sont magnifiquement explorés. C’est tendre à l’intérieur et croustillant à l’intérieur sans oublier l’effet kiss-cool !

Une chronique de #Esméralda

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Découvrez la chanson d’Aurore !

UN CAILLOU AU FOND DE LA POCHE de Florence Cochet.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Dès 9 ans
ACTES SUD Junior
126 pages
Ma note : 4/5 mention « petit coup de cœur »
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Le résumé :
Au collège, les autres élèves surnomment Henri « la calculette » ou le « taré ». Sans la présence de Daisy, sa meilleure amie, il aurait déjà craqué. Heureusement, elle est toujours là avec son optimisme communicatif… jusqu’à ce qu’un virus la force à rester à la maison. Pour la première fois, Henri est seul, et une bande de petits raquetteurs compte bien en profiter. Le mystérieux caillou que lui a confié son excentrique enseignante de français suffira-t-il à le protéger des sales coups ? Un regard sensible sur la différence où l’on suit pas à pas le jeune héros dans le labyrinthe de ses pensées, l’auteur sachant nous le rendre extraordinairement proche et émouvant.
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Henri est différent. Une différence qui ne se voit guère et pourtant elle fait l’objet de nombreuses moqueries. Petits mots saugrenus et petits regards en coin qui veulent tout dire, sont son quotidien depuis toujours. Heureusement que dans sa vie, il y a la trépidante Daisy. Elle rit, elle se moque de tout et son enthousiasme est si communicatif qu’il ne peut plus s’en passer. Et surtout, elle lui apprend à comprendre le monde qui l’entoure. Car Henri ne le perçoit pas tout à fait de la même manière que le commun des mortels et surtout il ne comprend pas le principe de sociabilité qui régit les gens. Je vais te dire un secret (un secret qui ne devrait pas en être un), Arthur est autiste, autiste Asperger. Alors quand sa seule constance, Daisy, est clouée au lit, Henri perd pied. Il ne sait plus quoi faire, quoi dire, où aller, il est tout simplement perdu. Surtout qu’une bande de petites frappes vient jouer les caïds, semant la peur sur leur passage. Henri est déboussolé, pris dans ses tourments et ses questions qui tournent inlassablement dans sa tête. Alors que sa professeure de français lui confie un drôle de caillou et lui narre un conte dont il ne saisit pas complétement le sens, Henri va découvrir qu’il peut être capable du meilleur et surmonter ses peurs.

 

Florence Cochet narre avec emphase un conte moderne. Un conte différent, un conte qui ouvre les yeux et les remplit de lumière. Pas à pas, je découvre les douleurs et les craintes de ce formidable Henri. Pas à pas, je découvre un jeune homme qui se pose d’innombrables questions. Je découvre cette amie dévouée et sa famille qui ont accepté Henri tel qu’il est et sans préjugé. S’adaptant à sa différence, cette famille atypique et un peu dingue adopte ce blanc-bec comme s’il est un des leurs. Une amitié farouche et essentielle. Une amitié qui pousse les frontières de la peur et de l’incompréhension. Alors que la différence devrait être un fardeau, Florence Cochet la magnifie et en fait une force. Une force qui anéanti ces mots et préjugés malsains.
C’est un thème cher à mon cœur et que j’aime beaucoup découvrir dans mes lectures surtout quand celui est exploité d’une manière sensible et intelligente sans tomber dans la caricature extrême (que je retrouve malheureusement un peu trop souvent dans mes lectures). Une lecture portée par une plume enjouée et intense qui n’hésite pas à bouleverser.

 

Un petit coup de cœur que je vous recommande fortement. Une lecture qui ouvrira certaine porte afin de comprendre la vie silencieuse de ces petits héros et petites héroïnes !

 

La dernière phrase l’amuse. Malgré sa gastro, Daisy n’a pas perdu son sens de l’humour. Il ne fait la bise à personne et ne comprend d’ailleurs pas qu’on puisse en avoir envie. Quelle idée de vouloir coller ses lèvres sur des joues couvertes de bactéries et d’acariens ! Sans parler des « vrais » baisers. Impossible de concevoir plus répugnant que deux langues qui se touchent : en moyenne, 750 millions de bactéries dansent la java dans 1 millilitre de salive ! La seule chose à laquelle Henri consente, c’est échanger une rapide poignée de main. Après quoi, il se frotte méthodiquement paumes et doigts avec une giclée de son fidèle désinfectant. Avec Daisy, il a daigné réduire son utilisation. Il ne le sort plus qu’avant le repas. Tout cela pour dire que sa phobie des bises provoque parfois quelques étincelles entre eux.
 
Une chronique de #Esméralda.

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J’AI TUE UN HOMME de Charlotte Erlih.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Dès 14 ans
ACTES SUD Junior – Collection Roman Ado
123 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Surmenage scolaire, pic de stress, ou trouble plus grave ? Arthur est hospitalisé pour cause d’épisode délirant. Le collégien passionné d’histoire se prend depuis peu pour Germaine Berton, une militante anarchiste, meurtrière d’un leader de l’Action française en 1923… Qu’arrive-t-il à Arthur, qui ne reconnaît plus les siens ni le monde qui l’entoure ? Parents, professeurs, camarades de classe, médecins, tous s’interrogent. Avec leur sensibilité, et aussi leurs peurs.
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Méli mélo de voix portées tour à tour par des personnages troublants et désespérés. Voix portées par le courage, l’indifférence et la crainte de ne pas être entendues. Voix silencieuses d’un monde méjugé et dont il est interdit de parler.

Arthur, jeune ado, accro aux cours, flanche. Délires ou surmenage, les questions fleurissent autour de lui jusqu’au moment où le diagnostique tombe. Dans ce monde à part dans lequel il s’est enfermé, il revit les heures de gloire et de déchéance de Germaine Berton, ouvrière métallurgiste, militante syndicaliste et anarchiste française.

De longs jours à craindre le pire. De longs jours à chercher des signes précurseurs. De longs jours où la mère d’Arthur se morigène. De longs jours où l’attente devient une torture. De longs jours où l’insupportable s’insinue malicieusement dans le moindre espoir. Des jours vains, des jours cauchemardesques, des jours cruels, où tout s’embrouille dans ce marasme sans fin. Et puis la lumière jaillit, apportant avec elle son lot de joie. Mais qu’en est-il d’Arthur ? Que ressent-il ? Qu’est-il devenu ? car il le sait, il sait dans ses tripes, tout a changé et tout ne se sera plus pareil. Attendront-ils son désespoir ?

Arthur.
Je suis Arthur. Bonnet.
Je suis né il y a quatorze ans.
Je suis en troisième.
Je suis un …
Je suis un garçon.
Le père de Germaine Berton aurait préféré qu’elle soit un garçon. Son caractère aurait peut-être paru moins déplacé.
Je suis allongé sur un lit blanc.
Je suis entouré de murs blancs.
Je suis dans une chambre anonyme.
Je suis dans une chambre d’hôpital.
Je suis… malade.
Je suis calme.
Je suis fatigué.
Je suis creux.
Je suis une coquille vide.
 
Un roman percutant et sensible qui traite avec volupté et sans filtre des affres de la maladie. Une verbe portée par une plume qui, non sans faute, nous n’épargne rien. Mettre des mots sur ces maux et ces états interdits  relève de l’exploit. Ouvrir ces portes permet de combattre l’ignorance et surtout de dompter une peur non fondée. Charlotte Erlih confie et partage cette douleur avec sublimité.

Une chronique de #Esméralda.

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PREMIER ARRÊT AVANT L’AVENIR de Jo Witek.

 
[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Dès 14 ans
Éditions ACTES SUD Junior – Collection Roman Ado
221 pages
Ma note : 5/5 mention « coup de cœur » et « incontournable 2019 »
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Le résumé :
« Il dit oui. Oui à cette chance d’aller boire un café avec une fille comme elle, oui à la vie qui se déploie enfin, oui à sa nouvelle liberté de gérer son temps, son argent, ses envies comme il l’entend. Il dit oui et la suit, le sac sur l’épaule, remontant une à une les autres voitures, traversant les allées du train comme une star sur tapis rouge, fier de marcher derrière elle, fier d’être découvert avec une fille comme elle. « Un truc de mytho » , dirait Enzo. Pourtant, il ne ment pas, il ne rêve pas, c’est à lui que la chance sourit. » Pierre, brillant bachelier, quitte son lycée rural et un milieu modeste pour rejoindre Paris et une prépa d’excellence. La voie royale pour un pur outsider ! Mais, dans le train, il rencontre Olympe. La jeune fille porte des dreadlocks, voyage sans billet, lit les penseurs anarchistes et doit partir pour une mission humanitaire en voilier. Voilà Pierre bouleversé qui doute, hésite, vacille. Pour la première fois, il peut décider seul : va-t-il bifurquer ?

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Pierre a toujours suivi qu’un seul chemin, celui qui a été tracé par son institutrice, sa mère et autres acteurs. Un chemin longiligne sans grande difficulté qui le porte directement à obtenir deux titres du concours général des lycéens. Qu’on se le dise Pierre est un petit génie. Les mathématiques, c’est son dada. Il pense, il rêve, il imagine, chiffres en tout genre dans un ballet étrange que lui seul peut comprendre. Son avenir (tout tracé lui aussi), le porte à Paris et une classe préparatoire prestigieuse. Pierre n’a jamais rien connu : son village, son collège, son lycée, son école, les vignes, les champs et Loïc, son plus fidèle ami. Pierre a tout juste 18 ans ignore tout du monde extérieur. Nullement effrayé par ce voyage, Pierre, serein, est prêt à affronter l’exigence de cette prépa. Mais ce n’est sans compter sur l’extravagante jeune femme assise en face de lui, penchée sur un roman de Proudhon, cachée par des dreadlocks. Les quelques mots qui lui adressent font l’effet d’un électrochoc, titille sa curiosité, le pousse dans ses retranchements, et si ces yeux verts étaient porteur d’une autre vérité. Et si pour une fois il disait « oui » et si pour une fois il se jouer des statistiques ? Olympe, la belle sauvage, lui ouvre alors les portes de son monde, de celui qu’elle rêve, de celui qu’elle idéalise.

 

Mais quel roman ? J’en suis encore estomaquée. C’est un roman qui résonne en moi d’une manière si intense et libératrice. Ce Pierre, ce jeunot, est enfermé dans une coquille bien trop rigide qui ne laisse pas la place à l’inconnu et à l’improbable. Ce road-trip est à l’image d’une quête initiatique. J’ai vu la transformation de Pierre. Cette émancipation envers sa famille, de l’esprit, de l’amour, de lui est un spectacle émouvant. Pierre s’interroge, doute, apprend, s’ouvre à un monde qu’il n’a jamais côtoyé Il en tire des leçons et des bénéfices. Ce jeune homme peu sûr de lui, introverti et maladroit devient un homme qui s’assume et qui respire enfin sans entrave et libre de tout jugement. L’amour est le moteur essentiel à cette métamorphose. Une rencontre éphémère qui magnifie la libre pensée et la pensée unique.

 

C’est une lecture qui m’a beaucoup touchée notamment par les idées et les thèmes qui y sont développés. Je me suis sentie en adéquation avec ce personnage émouvant. La singularité de ce parcours rappelle que tout en chacun réside cette liberté de vouloir et pouvoir changer le monde, qu’un moule ne dois pas nous définir et qu’il y a une multitude de possibilités. Cette période charnière entre jeune adulte et adulte, où les espérances résonnent de mille feux et où les croyances fourmillent, où les esprits vifs réinventent une utopie en laquelle il y difficile de ne pas y croire.

 

Un livre émouvant, transportant vers un certain idéalisme. Nouveau incontournable pour cette année 2019.

 

Et vous, quel a été votre premier arrêt avant l’avenir ?

 

Sa belle organisation de prérentrée parisienne vient d’éclater en morceaux. C’est n’importe quoi. Une turbulence de dreadlocks agitées a perturbé son système scolaire. Ce qui était prévu n’a pas eu lieu. Le chaos s’est invité dans sa petite existence et lui fait un bien fou. Il flotte, il se sent léger, en apesanteur. Qui aurait pu imaginer que lui, Pierre Ribeira, aurait à ce point quitté sa trajectoire initiale ? D’un point de vue mathématique, il le sait, il avait fallu que trois variables non linéaires et incompréhensibles s’invitent pour que le chaos surgisse dans le système.
 
Une chronique de #Esméralda

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La première fois que j’ai été deux de Bertrand Jullien-Nogarède

la première fois que j'ai été deux perso

Littérature jeunesse – livre sorti le 6 juin 2018

Flammarion Jeunesse

Service presse

Ma note : 4/5

 

Je remercie Bertrand Jullien-Nogarède pour sa confiance et pour m’avoir confié son roman en service presse.

Résumé : Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissai ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu’à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffi qu’un anglais à cravate surgisse de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam. J’étais vraiment folle amoureuse…

 

Mon avis : A la lecture du quatrième de couverture, on s’attend à lire une jolie histoire d’amour pour adolescentes. Je dois vous avouer que résumer ce livre à cela serait très réducteur car il permet de mettre en lumière de nombreux thèmes liés à l’adolescence, avec tact et simplicité. Dans tous les cas, c’est une lecture passionnante qui ne vous laissera sûrement pas de marbre.

Ce roman raconte l’histoire de Karen, lycéenne en terminale dans la banlieue parisienne, qui a une petite vie bien rangée. Idéaliste de l’amour, même si elle n’y croit pas vraiment, elle se consacre à ses études, à sa passion pour ses livres mais à l’inverse de sa meilleure amie Mélanie, elle ne prend pas la peine de multiplier les conquêtes masculines. Quand Tom, un jeune anglais, arrive dans son lycée, tout est bousculé. Ces deux adolescents, en total décalage avec leur époque, vont vivre un amour de jeunesse, plein d’imprévu, qui les marquera à vie.

Karen est une jeune fille en total décalage avec le monde moderne. Élevée par une mère célibataire qui a trouvé refuge dans les livres et déçue par les hommes, elle n’a pas d’autre modèle masculin que son meilleur ami Jonathan et son oncle qu’elle voit ponctuellement. Sa rencontre avec Tom va être un tsunami pour elle…. Et pour lui aussi, qui vient de perdre son père et qui se retrouve expatrié en France, alors qu’il n’a rien demandé. Peu enthousiaste à cette idée, il va trouver un rayon de soleil nommé Karen, qui va lui redonner un nouvel espoir pour l’avenir. Néanmoins, même si leur histoire est prometteuse, les embuches seront nombreuses et surtout, je pense que vous n’êtes pas prêt de deviner tout ce qui les attend.

Adepte de la littérature jeunesse, j’ai été complètement happée par cette histoire surprenante et pleine de rebondissements. La plume de l’auteur est fluide, addictive et nous entraine dans cette histoire remplie d’émotions fortes. En effet, Bertrand Jullien-Nogarède profite de son livre pour nous parler des problématiques des parents célibataires, du deuil à l’adolescence, des différentes représentations de l’amour chez les jeunes mais aussi pour pointer certaines dérives telles que la drogue ou le mal-être de la jeunesse. Ce roman est un voyage, entre la banlieue parisienne et la capitale anglaise, un voyage pour deux ados qui découvrent le grand amour. J’ai aimé le fait d’être surprise car rien ne va se passer comme on l’attend. Le roman est écrit à la première personne, comme si Karen nous racontait son histoire et ainsi, on ressent avec elle tout ce qui peut lui arriver. Émotionnellement, j’ai souri, j’ai souffert et j’ai eu le souffle coupé lors de ma lecture et je n’ai senti aucun temps mort dans ce roman. Je suis restée sur ma faim car je ne m’attendais pas du tout à ce que cela se termine comme cela et j’aurais voulu en savoir plus… Je n’en dis pas plus pour ne rien révéler mais sachez que je suis très frustrée de la manière dont cela se termine.

Je recommande donc ce roman classé jeunesse à tous les amoureux de belles histoires d’amour. En effet, si vous cherchez un roman frais, non conventionnel et qui vous entraine dans un grand voyage vers l’inconnu, n’hésitez plus et tournez-vous vers « la première fois que j’ai été deux ».

 

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Retrouvez ce roman sur le site des Editions Flammarion Jeunesse
Retrouvez-le également sur Amazon ici

LES ÉTONNANTES AVENTURES DU MERVEILLEUX MINUSCULE BENJAMIN BERLIN de Julien Dufresne-Lamy.

 

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – FANTASTIQUE – Nouveauté 2019 ]
Dès 9 ans
ACTES SUD Junior – Collection Roman Ado
272 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Benjamin Berlin a un don : il est télépathe. Un vrai pouvoir de sorcier mais parfois lourd à porter. Le déménagement de sa famille au Japon le plonge soudain dans un monde indéchiffrable. C’est pourtant là qu’il va apprendre à maîtriser et à développer son don. Dans son nouveau collège à Tokyo, il découvre qu’il n’est pas le seul à faire usage de la magie. Coïncidence ? Rien n’est moins sûr… De grandes aventures l’attendent.
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Benjamin Berlin a un secret. Il est télépathe. Mais chut, personne ne le sait. Son super pouvoir méga cool se déclenche lorsqu’il touche quelqu’un, et là, comme par magie il sait tout. C’est super sympa pour faire rager sa grande sœur qu’il adore autant qu’il la déteste. Benjamin Berlin est un super garçon qui à l’âge de sept ans et à 4h04 précise, voit sa vie basculer. C’est à ne rien y comprendre. Mais peu importe, il s’en accommode même si parfois son secret est lourd à porter et qu’il n’a personne à se confier. Benjamin Berlin continue à grandir dans la joie et dans la bonne humeur auprès de sa famille aimante. Sa famille est nomade. Son père diplomate l’embarque au grès de ses missions : Espagne, Canada et maintenant le Japon. Le Japon a hâte de s’y retrouver ! Il est loin de soupçonner alors que sa vie « presque » banale va prendre un tournant …. magique ! Je Japon et ses règles, le Japon et sa culture, un univers que Benjamin va découvrir yeux grands ouverts et croquer à plein dents. Benjamin ne rêve qu’une chose se plonger dans cette masse grouillante, se fondre dans ce monde. L’apprentissage du japonais, l’immersion dans une classe et voilà que son monde s’ouvre et découvre mille et une facettes. Les mois défilent et les amitiés se tissent, mais Benjamin se sent épier. Il pense rêver quand cet homme à faire peur, l’accoste et lui révèle tout !

 

Je découvre Julien Dufresne-Lamy dans le registre fantastique. Une exploration sensationnelle auprès d’un personnage qui a su me conquérir. Benjamin est ce petit frère que j’aurais aimé avoir, agaçant, incroyable, fougueux, inventif, créatif et fabuleux. J’ai vite été entraînée dans cette folle aventure qui telle une quête initiatique va permettre à Benjamin de grandir, de s’accepter et à apprendre à écouter le monde. Il rencontre quelques épreuves qui font lui faire beaucoup douter. L’amitié et la famille sont au centre de ce roman jeunesse entraîné par une plume qui a su à nouveau me séduire. Même si cette lecture s’adresse essentiellement à un lectorat beaucoup plus jeune que mes 34 balais, c’est agréable de pouvoir s’y plonger et de se rendre compte que quelque soit les épreuves, la solution se trouve en nous. C’est un beau message. Outre cet aspect, Julien Dufresne-Lamy m’a fait découvrir le Japon. Au travers de nombreuses descriptions et utilisations d’expressions japonaises, cette immersion est un pur régal. Très imagé, il est facile de se représenter l’environnement.

 

C’est une lecture à découvrir avec votre enfant (ado ou pas). Mon fils de neuf ans n’est pas encore à l’aise avec les longueurs, le livre attendra donc sagement dans la bibliothèque. C’est une belle balade au grès de ces étonnantes aventures d’un minuscule héros qui vous touchera en plein cœur.

 

Croyez-vous en la magie ? Moi, oui, dommage que je ne suis pas une sorcière, on aurait fait les quatre cent coups avec Benjamin Berlin 😉

 

#Esméralda

Je remercie Julien Dufresne-Lamy et les éditions Actes Sud Junior.

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… mes avis sur d’autres romans de l’auteur.