ANTIQAM de Luc Serrano.

 
[ POLICIER – 2016]
Éditions BOD
336 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Quand certains actes condamnables, liés au conflit franco-algérien, refont surface au bout de plusieurs dizaines d’années, c’est tout un petit village du sud de Toulouse qui va être le théâtre d’une suite d’événements mystérieux qui iront jusqu’à mettre en péril la vie de certains de ses habitants.
En découvrant par hasard des vieux ossements dans le bois du château, le pauvre Zaius ne s’attend pas à provoquer un tel cataclysme dont il sera la première victime.
Alphonse Placard, venu à l’aide de son ami le Baron Louis Clément du Martinet du Bois de la Pierre aura beaucoup de mal à faire la preuve de ses intuitions.

 
Mon avis :
 
J’ai été vraiment séduite par ce polar, une intrigue palpitante et surtout j’ai adoré que les scènes se situent non loin de chez moi. Je trouve ce dernier aspect très intéressant.

 

Petit village au sud de Toulouse, Saint-Ettifal devient le théâtre de nombreux événements bien curieux. Petit village tranquille où agriculteurs, majoritairement, se côtoient dans une ambiance bon enfant. Bien évidemment cancans et ragots sont le pain béni de ces habitants et certains en font d’ailleurs les frais plus que d’autres.

 

Zaius est le vilain petit canard du village. La solitude est son unique compagne qu’il tente de combler par des balades et les livres empruntés à la médiathèque où la jolie bibliothécaire l’a pris sous son aile. Lors d’une de ses balades, Zaius fait une terrible découverte : des ossements humains. Seulement dans l’ombre, une menace guette telle une arme fatale.

 

Le Baron Louis Clément du Martinet du Bois de la Pierre est un vieux garçon (pas si vieux que ça) qui vit au château du village. Issu de la noblesse, son quotidien s’apparente à de longues journées mornes entrecoupées par la présence bienveillante de sa gouvernante. Il ne fréquente guère les gens du village pour sa plus grande peine mais c’est ainsi. Il vit au son du passé, se rappelant le vaste dans lequel s’épanouissait les habitants du château et les convives. Louis Clément est un homme attentionné. Aucune once de méchanceté n’y transparait. Lorsque sa gouvernante découvre dans les souterrains du château des traces de pas et entend des bruits inquiétants, Louis Clément n’hésite pas à faire à appel à un vieux ami qui a fait ses armes au sein de la gendarmerie et qui depuis vit de sa profession de détective.

 

Alphonse Placard est un brave gars avec un net penchant pour les bonnes choses. Son activité de détective bas de l’aile. Les affaires sur les tromperies de l’époux ou de l’épouse sont son pain quotidien. Pourtant il rêve de l’affaire ardue à laquelle il pourra afin mettre à l’œuvre ses talents. Lorsque Louis Clément l’appelle pour une affaire bien curieuse, il n’hésite pas une seconde. Le voici donc quittant Toulouse à bord de sa vielle automobile, loin de se douter de l’aventure qu’il va vivre. De biens étranges évènements vont faire vivre la terreur dans ce petit village qui n’aspire qu’à la tranquillité.

 

Luc Serrano narre avec talent une intrigue policière passionnante. Dés le départ j’ai été happée par cette lecture qui s’ouvre sur une scène douloureuse de séparation et de déracinement. Les péripéties que rencontrent les habitants de se village semblent liées au passé et tout au long des chapitres la lumière se fait. La vengeance apparaît alors être le moteur. Le suspense se délie jusqu’au point final. Les personnages aux traits de caractères bien différents mènent un enquête d’une envergure qu’il n’aurait pu soupçonner. A cela se rajoute « l’aspect territoire » que je connais bien puisqu’en effet l’histoire se déroule non loin de chez moi. Il est plaisant de redécouvrir les paysages connus dans un livre. J’ai souri face à quelques recommandations gourmandes de l’auteur qui avec enthousiasme cite quelques restaurants de la région où il fait bon de s’arrêter (comme « Chez Jeanne » à Riolas, restaurant incontournable).

 

ANTIQAM est une très belle découverte que je recommande chaudement à ceux et à celles qui veulent passer un agréable moment de lecture en compagnie d’hommes et de femmes prêts en découdre pour savoir la vérité.
 

 
Je remercie Luc Serrano pour sa confiance et sa patience.
 

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Découvre l’univers de Luc Serrano sur son site.

Vers le site des éditions BoD pour tu savoir.

 

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L’ÉTOFFE DES JOURS de Mireille Pluchard.

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[LITTÉRATURE RÉGIONALE – Réédition poche 2018]
Éditions De Borée – Collection Terre de Poche

 

Format numérique (684 pages) : 4.99€
Poche : 9.50€
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 


 

Le résumé :

 

Fils de riches commerçants en tissu, Paul-Marie n’a d’yeux que pour la belle et audacieuse Amandine. Le coup de foudre est réciproque mais les parents n’ont-ils pas d’autres projets pour leurs enfants ? Et la France ne va-t-elle pas se réveiller un matin d’août 1914, au son de la mobilisation générale ? Les élégances, toutes les élégances, celles qui s’exposent et parachèvent la femme et celles silencieuses et bouleversantes du coeur, se révéleront dans la générosité, l’amitié, l’amour et dans la souffrance quand arriveront les sinistres télégrammes du front. Mais Amandine est riche d’idées novatrices et souhaite créer un rayon de prêt-à-porter au sein de la boutique familiale.

 


 

Mon avis :

 

Ce roman est une véritable pépite. Il ouvre une fenêtre très intéressante et témoigne sur le passé, une période douloureuse : la première guerre mondiale.

 

Fort généreuse de sa plume Mireille Pluchard décrit la vie des petits gens, des aristocrates et des artisans avant, pendant et après la guerre. Les nombreuses descriptions sont très précieuses et plongent le lecteur, finalement, dans une époque oubliée et dont on ne comprend plus forcément les us et coutumes.

 

L’auteur m’a immergée dans le quotidien de la ville d’Alais, connu actuellement sous le nom d’Alès (nom réattribué en 1926 suite aux nombreuses contestations). Non loin de Montpellier et de Marseille, ce village des Cévennes est à l’image de la diversité des mondes : riches commerçants et artisans, bourgeoisies, petits gens aux mains d’or et monde paysan se côtoient en toute simplicité sans vraiment interagir socialement. Il faut dire qu’à l’époque, les « castes » ne se mélangent guère. Les mariages de raisons sont de rigueur. La bru (belle fille) doit avoir une jolie dot et savoir gérer un foyer de bout en bout. D’ailleurs le baccalauréat que passaient les jeunes filles issues de familles aisées se portaient sur la gestion domestique et travaux d’aiguilles et autres. La place de la femme de bon rang est à la maison à élever les enfants. Bref, tout ce qui a plus de révoltant à l’heure actuel !

 

Amandine est issue d’une grande famille de vignerons. Amandine est la petite dernière d’une famille de trois très grands garçons. Ses parents long eu sur le tard, elle a apporté cette fraîcheur de vivre, cette insouciance, la gaîté qui manquaient aux Granges-Brunes. Amandine, en grandissant devient une jeune femme exemplaire. Ses idées bien arrêtées, elle va peu à peu imposer ses choix. Tout d’abord son mari, un mariage d’amour avec Paul-Marie, fils d’un vendeur de tissu. Ils ne sont pas du même monde, mais malgré cela, les parents accepteront leur mariage. Amandine est une jeune femme innovatrice et impose sa présence dans le magasin de son beau père. Elle insuffle une nouvelle dynamique au commerce qui connaît un nouveau souffle. Amandine a l’art et la manière de s’imposer sans aucune force. Elle argumente, elle dirige, elle expérimente, elle de nombreuses idées dans la tête. Une femme moderne à l’époque où elles ne sont pas écoutées. Son expérience s’enrichit de mois en mois et le magasin devient incontournable dans la grande ville d’Alais. Paul-Marie et Amandine sont un couple exemplaire qui s’aiment d’un amour pur et véritable.

 

La guerre va les séparer et de nombreuses familles tombent dans le néant. Les femmes prennent la place de leurs hommes aux champs, dans les ateliers et dans les commerces. Leurs poilus sur le front, la société se transforme.

 

J’aime beaucoup ce genre de lecture qui s’inscrit dans le partage des mémoires, des souvenirs. Les éléments relatés sont nombreux : la vie de l’époque, les us, les coutumes, sans oublier la vie au front, Les Poilus, les Gueules Cassées, le travail des femmes et leur place. Une époque où le féminisme se fait doucement attendre, où les mœurs évoluent, et où les femmes osent montrer leurs chevilles, où les femmes osent s’imposer. Ce roman est poignant et touchant : la vie de ses familles endeuillées est bouleversante et terrifiante. Les femmes seules ou avec enfants doivent se battre pou survivre, mettant tout leurs espoirs dans cette nouvelle génération qui relèvera de nouveaux défis, conduiront des automobiles, moderniseront les champs et leurs commerces. La passation des savoirs et des souvenirs est omniprésente aux seins de ces familles unies et c’est en cela que le roman tire sa force. Ce roman se lit avec délice. Malgré son volume non négligeable, j’ai de suite adhéré au style de l’auteure et à l’histoire qu’elle narre avec talent et brio. Les personnages sont attachants et leurs aventure émouvantes. Elle a su toucher une corde sensible. J’ai adoré cette forme de respect et ces mots courtois qui sont de nos jours mises aux oubliettes. J’ai apprécie toutes les informations délivrées au fil des chapitres qui confèrent au roman une dimension « documentaire » très intéressante. Une fiction où se mêle un brin de réalité, donne à la lecture une dimension passionnante.

 

Si comme moi, tu apprécies la littérature régionale relatant des histoires touchantes et vibrantes, alors L’ETOFFE DES JOURS te charmera certainement.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞
Amandine était tout cela : irritante, prodigieuse et incroyablement finaude.
– Voulez-vous faire quelques pas avec moi, mademoiselle ? Je crois que mon frère et votre amie ont… des choses à se dire.
Coralie regarda Amandine. Les yeux de cette dernière manifestaient son approbation.
Paul-Marie attendit que le jeune couple fût à  bonne distance et vint s’asseoir tout près d’Amandine. Il lui prit la main.
– Je vous ai dit mon nom, jolie demoiselle, mais je ne connais pas le vôtre.
– Amadine. Amandine Malauthier.
– Amandine ! C’est beau comme une friandise, c’est à croquer. Comme vous.
– Je ne me laisse pas croquer par un inconnu, monsieur. Par personne, d’ailleurs !

Je remercie les éditions De Borée pour leur confiance.

 

 

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Focus sur Mireille Pluchard !

 

 

SOEURS DE LAIT de Frédérique-Sophie Braize.

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[LITTERATURE REGIONALE – Nouveauté 2018]
Editions de Borée
Service presse
Format numérique ( 288 pages) : 9.90€ 
Broché : 19.90€
Ma note : 4.5/5 mention « à découvrir »

 

 

Je remercie les éditions de Borée pour leur confiance.

 

 


 

Le résumé :
Nées de mères différentes, les soeurs Baud ne partagent pas un lien fraternel profond. L’aînée, Ferdinande, veuve de guerre, est entrée en condition à Paris. Zoé et Anthelmette, si dissemblables et malgré tout jumelles, accompagnent leurs époux qui innovent pour participer à la grande aventure de l’or blanc. Coqueline, la cadette, est fascinée par la haute société venue en villégiature dans la station, mais elle ne veut pas la servir, elle veut en être. Séduite par Côme, un jeune voyageur qui vante les vertus médicales du radium, elle fonce dans les écueils de l’existence avant de découvrir que des intrigues sournoises sont menées au détriment de son entourage. Les quatre soeurs seront-elles capables de s’unir pour piéger ceux que rien n’arrête ?

 


 

Mon avis :

 

Avec ce roman-ci je sors vraiment de ma zone de confort, mais c’est en même temps une extraordinaire aventure. Je découvre également une auteur au talent exceptionnel d’oratrice. J’avoue avoir eu beaucoup de mal avec la verbe et la plume de l’auteur, tout simplement car je n’ai absolument pas l’habitude avec l’utilisation de mots désuets ou expressions qui ne sont pas courantes mais qui au contraire doivent l’être en Haute-Savoie.

 

Je plante le décor !

 

Début du XXe siècle, 1922, la première guerre mondiale résonne encore dans les têtes et les cœurs des braves gens. Période de grands bouleversements tant sociétales que découvertes en tout genre. Fracture visible entre les grandes villes qui bénéficient des progrès et les villages éloignés et isolés où les sabots battent encore sur les chemins de terre. Un petit village de Savoie niché sur les pentes abruptes des Alpes : une église, des cahutes, des étables, un cheval de trait, des vaches et leurs cloches, des chemins pentus, un curé intransigeant, une soigneuse aux mains de fée, une famille, Baud, qui a déjà vécu mille et une péripéties et qui n’est pas au bout de leur surprise. Une malédiction de bessons (comprendre jumeaux), quatre sœurs de lait ( Anthelmette, Zoé, Coqueline et Ferdinande) des époux atypiques, une mère tyrannique, un père objectif, des enfants, un jeune homme du nouveau monde (Côme), un médecin douteux et un vétérinaire un peu trop soucieux. Une découverte miraculeuse, le radium (Marie Curie) et sa commercialisation sous toute forme plus ou moins farfelue (eau, crème de corps, compresses, laine, bain …) mais aux propriétés exceptionnelles.
Ce petit village et ses habitants vont être les témoins de changements radicaux : les années folles s’invitent dans un décor blanc et où les chants patriotiques résonnent toujours.

 

En bref !

 

Ce roman est une mine d’informations, de souvenirs, d’us et coutumes oubliées. Les descriptions minutieuses te plongent dans un décor surréaliste mais qui fut pourtant bien existant. L’auteur dépeint avec beaucoup de véracité, ces familles isolées où la religion reste souveraine, où les coutumes rythment le fil des ans, où l’honneur reste fière, où les hommes façonnent de leur mains les matériaux nobles, où les femmes élèvent les enfants, tiennent la maison et aident leurs maris. Le sens de la famille est omniprésent dans les bons comme dans les mauvais moments. Cette unité indestructible toutefois ballottée par de nombreuses péripéties. D’un autre côté également, tu découvres un Paris où les plus fortunés s’adonnent à l’excentricité et où les petites mains survivent tant bien que mal. Et puis tu es mis face à l’un des péchés capitaux : l’avarice. Le gain, la manipulation, l’enrichissement, la renommée et les mensonges vont sournoisement s’infiltrer au grès des apparitions de Côme. Le radium y est exposé comme étant l’eau de jouvence et protecteur de maux. Un scandale pharmaceutique de grande ampleur qui sera précurseur quelques années plus tard du principe de précaution et amplifiera les contrôles pharmaceutiques.

 

Ce roman se base sur des faits véritables. Le travail de recherches est minutieux et ne laisse rien outrepasser. C’est cette véracité dans cette histoire qui la rend exceptionnelle. Un voyage insoupçonné mais qui trouve encore écho aujourd’hui dans des affaires toutes aussi sordides les unes des autres.

 

SOEURS DE LAIT est une magnifique découverte, malgré mes petits tracas du départ, ils se sont vite effacés pour laisser place à une histoire bouleversante et prenante dans un monde qui s’est peu à peu oublié.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Coqueline reconnaissait tout ignorer du monde des affaires, tandis que Côme voyait ses œuvres de bienfaisance louangées par beaucoup. Comment ne pas être en admiration devant quelqu’un capable sinon de soigner tous les siens, en tout cas d’améliorer leur quotidien ? Comment ne pas être en extase devant un homme propre ) faire de vous une princesse en un claquement de doigts ? Elle décida que, s’il revenait, elle agirait différemment. Coqueline, plus hardie dans ses pensées que dans la vie, le deviendrait aussi dans ses manières. De cette façon, il ne pourrait plus faire autrement que de s’engager. Ce n’était pas qu’elle attendait le bonheur. Non. Elle n’était pas naïve à ce point. Elle cherchait juste un moyen d’échapper à sa condition de femme captive d’une société ancrée dans le passé.

 

 

 

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 Aparté sur Frédérique-Sophie Braize

 

De son enfance en Haute-Savoie, Frédérique-Sophie Braize a retenu les coutumes et traditions d’une région dont elle connaît tous les reliefs et paysages. Elle y a côtoyé des hommes et de des femmes aux prises avec les malheurs de l’histoire et les tourments du cœur. Ils ont raconté leur quotidien, effrois et bonheurs mêlés, qu’elle restitue sous une forme romanesque. Des récits justes, à l’émotion intacte. Elle est l’auteur de recueils de nouvelles remarqués par la critique, pour lesquels elle a reçu les prix Vedarias 2012 et Gaston Welter 2013. Elle publie ici son troisième roman.

 

 

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