LE MARS CLUB de Rachel Kushner.

 
[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE ÉTRANGÈRE – 2018 ]
Editions STOCK – Collection La Cosmopolite
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sylvie Schneiter
480 pages
Ma note : 4/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :

 

Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne stripteaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. Dans son malheur, elle se raccroche à une certitude : son fils de 7 ans, Jackson, est en sécurité avec sa mère. Jusqu’au jour où l’administration pénitentiaire lui remet un courrier qui fait tout basculer.
Oscillant entre le quotidien de ces détenues, redoutables et attachantes, et la jeunesse de Romy dans le San Francisco de années 1980, Le Mars Club dresse le portrait féroce d’une société en marge de l’Amérique contemporaine.
 
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Je suis sortie de ma zone de confort avec cette dernière lecture. Je n’ai pas été de suite à l’aise avec l’univers, les codes, la plume de Kushner et la trame. Comme je ne me laisse jamais abattre par les difficultés. J’ai pris le temps de savourer les pages quitte à revenir sur certain passage, attendant religieusement que la magie opère. Ma patience  a été récompensée par ce fameux déclic et enfin j’ai pu apprécier ce roman qui mérite largement toute votre attention.

 

Kushner dépeint à travers une héroïne non conventionnelle cette société mise à part et méjugée. Celle qui court la nuit et survit le jour. Celle qui se détruit à feu lent. Celle qui fait du bruit. Celle qui se retrouve derrière les barreaux par inadvertance ou par justice. Romy Hall a 29 ans mais a déjà vécu mille et une vie. Elle aurait pu avoir un autre avenir, si la rue ne coulait pas à flot dans ses veines. Depuis l’âge de ses 11-12 ans elle est livrée à elle même. Une mère dépressive et inexistante. La rue est sa famille et tous les vices ses compagnons de route. Comme une destinée prédite, comme si tout les petits cailloux parcheminant son chemin l’avait conduite dans cette sinistre demeure. Privée de liberté, Jackson (son fils) dernière et seule attache d’un monde qu’il la condamne pour avoir voulu se protéger de son harceleur, d’un détraqué.

 

Rachel Kushner dépeint avec honnêteté et sans entrave le quotidien, la vie, les événements décisifs qui ont marqué son héroïne. Il y a une certaine cruauté, un sentiment de malaise, une profonde gêne à s’immiscer dans cette vie. Mais il y a aussi cette terrible vérité foudroyante qui immerge telle une lumière rédemptrice. Et puis il y a les autres, ces hommes, ces femmes qui racontent un morceau d’eux.

 

La plume implacable de Kushner délivre une véritable force. Ce voyage insouciant et inconscient dans un univers glauque, méritant et intransigeant. Un voyage où il est difficile de s’en sortir indemne. Il vous broie. Il vous détruit. L’humanité est une chose abstraite remaniée mais unique solution salvatrice et libératrice.

 

LE MARS CLUB est une claque monumentale. Celle qui déstabilise, celle qui m’a noyée dans un tourbillon infini où la beauté à un autre visage.

 

#Esméralda

 

Je remercie les éditions Stock et la plateforme NetGalley pour leur confiance.

 

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… le site des éditions Stock.

 

Une lecture approuvée par les membres du PICABO RIVER BOOK CLUB

 

 

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Sa majesté des fèves d’Eve Borelli

sa majesté des fèves

Chick-lit – livre sorti le 16 janvier 2019

Editions Mazarine

Service presse

Ma note : 3,5/5

 

Je remercie les éditions Mazarine qui, via la plateforme NetGalley, m’ont fait confiance et m’ont permis de découvrir ce roman en service presse.

Résumé : « Tu as toujours eu peur de vivre, Lucien. »
Il soutint son regard.
« Et toi, Cristalline, tu as toujours eu peur de te montrer prudente et raisonnable. »
Lucien, dernier fabricant de fèves de France, désespère : l’âge d’or des féviers est révolu, il vient de mettre la clef sous la porte et pour couronner le tout, sa petite amie plie bagage.
Heureusement, sa sœur Cristalline ne l’entend pas de cette oreille. Pour une lanceuse de disque de son niveau, la défaite n’est pas une option. Elle met donc au point un plan follement insensé pour sauver son frère : destination Londres pour rencontrer la reine Élisabeth, grande adepte de galettes des rois et devenir son févier officiel !
Commence alors un périple rocambolesque en compagnie de Roméo, le fils de Cristalline, qui traîne un vague à l’âme inexplicable, mais aussi de son infâme caniche Micheline Ostermeyer, sans compter la rencontre d’un ex-détenu au cœur d’artichaut et d’une danseuse boiteuse à la beauté renversante. Drôle d’équipe, aussi tendre que dépareillée ! Mais ces êtres cabossés par la vie ont une revanche à prendre…

 

Mon avis : Depuis un moment, j’entendais beaucoup parler d’Eve Borelli mais par manque de temps, je n’avais jamais eu l’occasion de la lire. Ce manquement étant réparé, je vais vous faire part du bilan de cette lecture.

Nous faisons ici connaissance avec Lucien, dernier févier de France qui a de plus en plus de mal à vivre de son métier. En effet, qui n’a jamais regretté les belles fèves de notre enfance qui sont peu à peu remplacées par des fèves en plastique…. Également malheureux en amour, il n’a pas le moral. Sa sœur Cristaline, accompagnée de son fils Roméo, décide alors de lui proposer un plan fou : partir à Londres pour rencontrer la reine, grande amatrice de frangipane, afin de devenir son févier royal. Sur la route, ils embarquent dans leur périple Maguelone, une danseuse à un croisement de sa vie, et Twix, un grand gaillard pas si sûr de lui. En avant pour un road-trip qui s’annonce haut en couleurs !!

J’ai du mal à faire ressortir un des personnages car au final, en fonction des chapitres, ils sont tous mis en avant et on les découvre ainsi au fil des pages. Néanmoins, celui qui m’a le plus marqué est le petit Roméo, fils de Cristallne, qui est mélancolique depuis quelques semaines, au grand dam de sa maman. Au côté de Twix, il va se révéler et essayer de surmonter la peine qu’il ressent.

Ce qui est intéressant ici, c’est que tous les protagonistes sont à un carrefour de leurs vies et qu’ils vont tous vivre de manière intense ce voyage à Londres. Sous couvert d’une lecture légère, Eve Borelli met en lumière des thèmes profonds : la solitude des personnes âgées, la difficulté de devoir se réorienter professionnellement et donner un second souffle à sa vie, la complexité des rapports amoureux et la banalisation du sexe, l’opportunité de prendre sa vie en main  mais aussi la disparition de nombreux métiers artisanaux. On ne peut s’empêcher, au cours de la lecture, de s’interrompre pour se questionner et j’ai trouvé cela très malin.

Je dois avouer que je ressors de ma lecture un peu frustrée. En effet, je trouve que tout va trop vite, que ce soit dans l’évolution des rapports entre les personnages ou de l’intrigue. Du coup, je suis un peu frustrée car cette lecture m’a apportée beaucoup de bonheur et de bonne humeur mais j’aurais aimé que certains passages, notamment la fin, soient plus développés, et ainsi passer plus de temps avec ces personnages si attachants !! En tout cas, la plume de l’autrice est efficace, dynamique. Les chapitres sont relativement court et en mettant à chaque fois un personnage à l’honneur, on ne ressent aucune lassitude.

Pour conclure, j’ai passé un excellent moment avec « sa majesté des fèves » et je suis ravie d’avoir enfin pu lire un roman d’Eve Borelli. C’est une lecture fraîche, légère, qui vous fera sans nul doute oublier le quotidien mais qui, mine de rien, vous obligera à vous poser plein de questions…

 

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Retrouvez tout l’univers d’Eve Borelli sur sa page Facebook

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Mazarine

Retrouvez également ce roman sur Amazon

 

 

HÉRITIERS DES LARMES, tome 3 : Le serment brisé de Penny Watson-Webb.

 

[ ROMANCE HISTORIQUE – 2018]
Éditions HARELQUIN – Collection Victoria
Tome 3/4
288 pages
Ma note : 4/5
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Le résumé :

 

« Il te faudra du temps pour l’accepter… mais Wandrille a disparu. »
À ces mots, Aelig manque de s’effondrer. Trois ans plus tôt, alors qu’il s’apprêtait à partir en guerre en Italie, Wandrille lui avait juré de revenir et de l’épouser. C’était cette promesse, simple et évidente, qui avait permis à Aelig de tenir durant ces longs mois d’attente et de solitude. Et elle n’avait jusqu’alors jamais douté, et aujourd’hui encore elle refuse de croire à sa disparition. Si Wandrille était mort, elle le saurait. Hélas, cette certitude ne suffit pas à convaincre son demi-frère, Conan de Ker Glenn, qui souhaite pousser Aelig à faire une union qui servirait ses intérêts. Si elle veut échapper à ce cruel destin, Aelig doit donc retrouver Wandrille… au plus vite.

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Cette saga n’a pas finit de me surprendre. Aelig, découverte dans le tome précédent au côté de Azilig, est l’héroïne d’une aventure aussi doucereuse qu’épique.

 

Aelig n’est qu’une jeune fille lorsqu’elle apprend qu’elle est la demi-sœur « bâtarde » de Conan de Ker Glenn, l’un des démons de Dol. Cette condition ne lui faut aucun prestige. Réduite au silence par un frère qui ne veut pas d’elle, elle mène une vie austère au sein des murs du château. Malgré son jeune âge, Aelig est déterminée, ambitieuse et courageuse. Une tête brulée qui exprime tout haut ses rêves et son ambition. Wandrille, le jeune frère de Brune (la femme de Conan), fait parti de ce qui lui tient le plus à cœur. Un coup de foudre réciproque, un amour pur et sincère de ceux qui illuminent deux êtres. Seulement leur amour n’est pas désiré, il n’a aucun avenir. Acculé, le jeune Wandrille porte le serment de ne jamais toucher la jeune fille et de mettre son épée au service du roi, avant de rejoindre les rangs de l’armée royale qui s’apprête à récupérer les terres de Milan.

 

Bon an mal an, chacun entame sa vie l’un sans l’autre. Wandrille découvre la rudesse de la guerre, de l’avarice et des manipulations sournoises. D’un jeune homme fougueux, cette amère expérience le fait grandir, mûrir. C’est un homme changé, hargneux qui fait fasse à Aelig. Cette dernière intègre le couvent où elle apprend à lire, écrire et être une dame. En parallèle, elle approfondit ses connaissance sur son don de guérisseuse. L’échéance arrive bien trop vite, son année au Mont Saint-Michel s’écourte lorsqu’elle reçoit l’ordre de retourner vivre au château et que son mariage est en discussion.

 

Trois années se sont écoulées, mais elle ne l’a jamais oublié. Trois années à attendre patiemment son retour. Trois années à espérer malgré les mauvaises nouvelles. Trois années à craindre pour son avenir. Un amour aussi immense soit-il, parviendra t-il à mettre à mal ces alliances d’un autre temps ?

 

Penny Watson Webb signe un nouveau roman détonnant et incroyablement subjuguant. Son histoire est incroyablement douce a contrario des romans précédents. L’autrice dépeint avec passion ces sentiments humains dans un monde où ils semblent réduits au silence. Bien évidemment cela n’empêche pas quelques rebondissements où les hommes jouent de leur épées. Ils aiment se confronter pour les jolis yeux de la belle demoiselle. J’aime beaucoup également tout le côté historique, ces paysages d’une autre époque, ces mœurs qui nous semblent barbares mais qui étaient d’usages dans ces temps là. Penny Watson Webb aime beaucoup mettre en scène les complots machiavéliques. J’avoue qu’elle n’est pas en reste sur ce point-ci. Elle aime confronter les mondes, les personnages, les sentiments. Il est impossible de s’ennuyer pendant cette lecture. De nouveaux personnages apparaissent alors que j’ai pu continuer à suivre l’évolution des personnages précédents.

 

Les HÉRITIERS DES LARMES est une saga familiale passionnante dans un décor qui me fait rêver. Les petits détails sont remarquables parmi les plus importants. C’est avant tout des histoires de femmes dans un monde exclusivement masculin. Ces femmes qui se battent pour leur avenir, leur position, contre les préjugés et leur sentiment.

 

Cette romance historique est aussi épique que passionnante. Une histoire remarquable par son contexte, les messages véhiculés et ses personnages.

 

J’adore tout simplement cette saga. Le dernier tome vient de paraître, idéal pour se lancer dans la lecture sans se soucier de devoir attendre la suite.

 

#Esméralda

 

 

Je remercie les éditions Harlequin pour leur confiance.

 

 

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… Mon avis sur le tome 1 : « L’épouse ennemie ».

… Mon avis sur le tome 2 : « La belle des Salines ».

… le site des éditions Harlequin.

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Between Breaths, Tome 2 : Before you break de Christina Lee

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New Romance – livre sorti le 7 février 2018

Editions BMR

Service Presse

Ma note : 4/5

 

Je remercie les éditions BMR qui, via la plateforme NetGalley, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : Elle : Profondément marquée par le décès de son frère et incapable de se libérer de l’emprise de son petit ami volage, Ella noie sa souffrance dans ses études de psychologie. Bénévole pour une hotline  de soutien psychologique sous le nom de Gabriella, elle se met à recevoir des appels réguliers d’un certain Daniel rongé par des idées suicidaires.

Lui : Quinn, bad boy sexy au cœur tendre, a un lourd secret à cacher et cherche à expier ses fautes. Sous le pseudonyme de Daniel, c’est lui qui appelle souvent Gabriella, en qui il trouve une oreille attentive et une voix rassurante pour remonter la pente.

Eux : Au fil de leurs échanges, une complicité plus qu’amicale se développe entre Gabriella et Daniel, alors même qu’ils ne se reconnaissent pas quand ils se rencontrent «  en vrai  »…

 

Mon avis : Deuxième tome de la série, c’est le troisième que je lis et je crois que c’est, pour le moment, celui que j’ai préféré !

Quinn et Ella sont deux personnages marqués par la vie. Ella a perdu son frère qui s’est suicidé quelques années auparavant. Bien décidée à remonter la pente, elle a pris sa vie en main et compte également sur le soutien d’Avery, sa meilleure amie, pour profiter de sa jeunesse. En couple avec Joël depuis de nombreuses années, elle ne se sent plus en phase avec lui. Lorsqu’elle rencontre Quinn, une alchimie évidente semble les relier mais osera-t-elle quitter Joël ? Quand à Quinn, tourmenté par son passé, il semble penser qu’Ella n’est pas digne de lui. Osera-t-il se confier à elle pour avancer enfin dans sa vie ?

Ella a été marquée par le suicide de son frère et a, pendant longtemps, ressenti une grande culpabilité. Pour essayer d’aider d’autres personnes mais aussi pour se sentir utile, Ella travaille, quelques soirs par semaine, dans une hotline de soutien psychologique, en utilisant son prénom complet Gabriella, où elle essaie d’aider, du mieux qu’elle peut, tous ceux qui appellent. Ella est une jeune femme forte, sous son aspect fragile, car elle a réussi à remonter la pente et prend peu à peu confiance en elle afin de la mener là où elle en a envie. Pendant son travail, elle reçoit plusieurs fois des appels d’un certain Daniel qui la touchent et dont le témoignage lui va droit au cœur. De son côté, Daniel se prend d’affection pour cette Gabriella qui l’écoute et le conseille si bien. Sauf que Daniel n’est autre que Quinn, car il utilise lui son premier prénom pour appeler. Il est donc très touchant, mais aussi très étonnant, de voir Quinn se rapprocher d’Ella et Daniel se prendre d’affection pour Gabriella… même si c’est très surprenant, car aucun des deux ne fait le rapprochement, cela rajoute une petite pointe de piquant à l’intrigue. Quinn est un jeune homme qui culpabilise beaucoup par rapport à la mort de son meilleur ami quelques années auparavant, étouffé par une famille qui veut donner l’image de la famille parfaite, alors que lui veut juste se passionner pour la mécanique. Avec Ella, ils forment un couple un peu torturé mais surtout touchant et passionné.

Encore une fois, la plume de l’autrice fait des miracles. C’est une lecture facile, rapide et je me suis vraiment régalée. J’ai trouvé ce tome plus abouti que le premier « all of you » car les personnages sont beaucoup plus travaillés tant au niveau psychologique que de leur histoire qui prend le temps de se construire. On aimerait presque que cela aille plus vite entre eux mais c’est aussi plaisant de voir des personnages qui prennent leur temps pour faire les choses bien. Il y a peu de scènes de sexe mais elles font très rapidement monter la température tant l’alchimie entre les protagonistes est évidente !

En bref, je recommande chaudement ce tome 2 de la série « Between Breaths ». C’est une new romance sympathique qui, sous des airs de légèreté, met en lumière la thématique du suicide et de la culpabilité. Venez passer un bon moment avec Quinn et Ella, passionnez-vous pour ce couple tellement attachant ! Pour ma part, il me reste le dernier tome de la série à découvrir et j’appréhende déjà de quitter cette petite bande d’étudiants sympathiques.

 

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Retrouvez ici ma chronique pour le tome 1 « All of you »
Retrouvez ici ma chronique pour le tome 4 « Promise Me This »
Retrouvez ce roman sur le site des éditions BMR

 

TROIS FOIS LA FIN DU MONDE de Sophie Divry.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – 2018]
Éditions Noir Sur Blanc – Collection NOTABILIA
240 pages
Ma note : 4/5 mentions « à découvrir » et « pépite »
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Le résumé :

 

Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine.
Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu’à la folie dans son îlot mental. L’écriture d’une force poétique remarquable, une tension permanente et une justesse psychologique saisissante rendent ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise.
« Au bout d’un temps infini, le greffier dit que c’est bon, tout est en règle, que la fouille est terminée. Il ôte ses gants et les jette avec répugnance dans une corbeille. Je peux enfin cacher ma nudité. Mais je ne rhabille plus le même homme qu’une heure auparavant. »
Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier et vit actuellement à Lyon. Elle a publié cinq romans – La cote 400 ; Journal d’un recommencement ; La Condition pavillonnaire ; Quand le diable sortit de la salle de bain et Trois fois la fin du monde ainsi qu’un essai, Rouvrir le roman.

 

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Comment réagirez-vous à la fin du monde au sens propre comme au sens figuré ? Accepteriez-vous ce que cela implique psychologiquement et physiquement ? 
A quoi seriez-vous prêts ?

 

TROIS FOIS LA FIN DU MONDE est une fiction spectaculaire ! Aussi éprouvante que contraignante, ce roman m’a plongée dans un état aussi sceptique que mystique. Un voyage au bout de soi, au bout du monde, un exil forcé, magique.

 

Joseph Kamal n’a jamais été destiné à être un voyou. Au mauvais moment au mauvais endroit, sa vie bascule dans l’horreur lorsqu’il se trouve menotté et endeuillé par la mort tragique de son frère exécuté froidement, Tonio. C’est un gentil garçon, serviable et brave, vivotant de boulot en boulot et d’intérim en intérim. Il n’a jamais rien demandé à la vie. Il s’en est contenté tout simplement. Tonio était le vilain garçon qu’il l’a embarqué dans ce mauvais tour de passe-passe. Au mauvais endroit au mauvais moment, il échoue dans ce monde inconnu, la prison. Îlot exclusif de privation de libertés. Dégradant, humiliant, il se sent tel ces déchets qui pourrissent dans ce tas d’immondices au milieu de la cour. Il devient un rat, un nuisible. Il s’adapte tant bien que mal à coup de coups de poings et de pieds. Il n’est plus rien, un reflet parmi tant d’autre d’une vie qui s’est échappée en quelques secondes. Il tient bon à coup de pompes et de routine. La fin de sa vie d’homme libre n’aura pas sa peau.

 

Puis un jour l’Homme a du déserté ces terres pourris par l’avarice et la convoitise humaine. Boummmm ! Plus rien ! Plus de femmes, d’hommes, d’enfants ! Le chaos instantané ! Joseph est un survivant de cette fin prématurée. Il court loin, s’enfuit. Il se réfugie sur ces terres arides faites de cailloux qui semblent narguer le moindre vivant. Il est là. Il respire. Il vie. Mais il doit tout réapprendre. Un nouveau né dans un monde qui ne voulait plus de lui. Il crapahute. Il visite ces propriétés privées, privaient de vie. Il vie la nuit. Il vit le jour. Construire devient alors sa branche de salut. Il reconstruit une vie simple rythmée de calculs, de musique, du soleil et de la lune. Un mouton, une chatte, des compagnons providentiels témoins de la renaissance d’un homme savourant la solitude et le simplisme.

 

Comme un renouveau barbare, la fin approche. Que reste t-il à Joseph ? Des traits blancs dans le ciel bleu.

 

J’apprécie de plus en plus ce genre de lecture axée sur la création littéraire où les émotions, les personnages atypiques et la profondeur des sens s’unissent et se complaisent dans un texte poétique. C’est aussi envoutant qu’intriguant. La force des mots, des gestes du personnage, de ses pensées, de ses doutes, de ses craintes prennent une dimension spéciale et précise. C’est un drôle de tête à tête, entre moi-même, l’auteur et son personnage. Je me suis interrogée. J’ai également questionné ce personnage étrange et improbable. C’est un voyage extravagant entre l’irréel et le réel. C’est drôle, touchant, mais aussi horrible et poisseux.

 

TROIS FOIS LA FIN DU MONDE est audacieux et pertinent !

 

#Esméralda

 

Je remercie les éditions Noir sur Blanc pour leur confiance via la plateforme NetGalley.

 

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… le site des éditions Noir sur Blanc.

 

Vidéo : Sophie Divry présente son roman Trois fois la fin du monde

 

 

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K.O. de Hector Mathis.

 
[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – 2018]
Éditions BUCHET – CHASTEL
208 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir » et « pépite »
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Le résumé :
Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante… Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone – la grisâtre », le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité… Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d’un sentiment d’urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l’amitié et l’errance. Il s’y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.
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Hector Mathis signe avec K.O un premier roman prometteur. Un roman qui a réussi à m’atteindre. Un roman sombre où résonne la douleur, la violence, l’effondrement, au plus profond des mots. Un roman percutant mais aussi destructeur et envoûtant.
Sitam, jeune banlieusard, éperdu de rêve et est fou amoureux de Capu. Couple bohème, effrayé par la dure réalité de la vie destructrice. Perclus dans ce monde violent où bombes et tirs anéantissent tout bonheur, leur bonheur et leur espoir. Fuite désespérée menée par ce sentiment inébranlable de survie. De rencontres en rencontres, de vagabondages en errements, Sitam et Capu mènent leur barque avec allégresse. Jusqu’au jour où la balade se termine dans un autre pays, dans une autre ville. Débute alors la vie idyllique ?
Routiniers d’une vie banale mais dure faite de ces simples joies qu’offrent parfois, inopinément, l’inattendu et la vie. Mots virevoltant, mots précieux vivent et remplissent les feuilles blanches, mais non loin de là, le malheur guette et attend que la brèche s’ouvre, celle qui lui permettra de catapulter, de nouveau, nos héros dans la froideur du monde.
Je suis toujours impressionnée quand je lis ce genre de roman. La poésie des mots est si forte, si percutante qu’elle arrive toujours à transpercer mon âme, mon émoi. Avec délice et patience, les mots prennent alors cette dimension poétique, grandiose. Hector Mathis narre avec subtilité et force la violence d’un monde méconnaissable, la solitude barbare qui détruit l’homme et l’homme qui se détruit. Tout cela réuni dans un chaos indomptable, un chaos qui règne en maître sur cette vie éphémère. Sitam  revit sa folle aventure et raconte aux oreilles attentives de la mort, espérant exorciser ses maux ou demander la rédemption.
Jeune auteur à suivre absolument !
#Esméralda
Hector Matis parle de son livre mieux que moi dans une interview réalisée par la librairie Mollat.

 
Je remercie les éditions Buchet/Chastel pour leur confiance via la plateforme NetGalley.

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… sur le site des éditions BUCHET/CHASTEL.

 

Vidéo Librairie Mollat : Hector Mathis présente son premier roman K.O.

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GEORGES, LE MONDE & MOI de Illana Cantin.

 
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[ LITTÉRATURE JEUNESSE – 2018]
Éditions HACHETTE Romans
320 pages
Ma note : 4/5
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Avant, je me serais décrit comme le mec de base : des notes dans la moyenne, une famille aimante, un petit groupe d’amis.
Avant, j’étais l’archétype du geek qui termine avec la jolie fille à la fin d’un film.
Bref, j’avais une vie banale.
Et puis Georges a débarqué, avec son franc-parler et ses blagues pourries, et tout a changé. Mon monde s’est désaxé.
Clairement, je n’allais pas finir avec la jolie fille.

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Priam est le jeune homme qui passe en général inaperçu. Lycéen, éperdument fou amoureux de la fille qui lui raconte tous ses déboires amoureux, en série scientifique sans trop savoir pourquoi et éternellement la tête dans les nuages. Le lecteur va vivre auprès de Priam et de son groupe d’amis, cette dernière année de lycée. Celle-ci révélera de nombreuses surprises.

 

Priam est un doux rêveur, gentil, attachant. Il est intriguant dans sa manière de décortiquer le monde. A vrai dire, il se pose une tonne de questions sur ses relations amicales, sur son avenir, sur ses parents et sur divers intérêts. Le lecteur sent très vite que ses questions deviennent vitales. Il vaut dire que Priam se situe dans cet entre deux temps : l’adolescence et sa future vie d’adulte. Et pour Priam cette étape est assez ardue.

 

Voici que rentre inopinément dans cette équation délicate, Georges. Ce dernier est un joyeux luron. Sa prestance et son aura sont aussi énigmatiques qu’attirantes. Georges semble si surnaturel. Peut être est-cela qu’attire Priam ? Georges va être cette lumière qui va guider peu à peu Priam. Il va l’aider à découvrir et comprendre le monde qui l’entoure et le plus important est ce qu’il va comprendre sur lui-même.

 

Priam va vivre une extraordinaire aventure. Une quête personnelle intense et magnifique. Il ne pourra que se souvenir de sa dernière année de lycée. De déboire en déboire, de fêtes ratées aux révisions du bac, de vacances salutaires aux amitiés, de trahison à l’espoir, Priam va évoluer, va grandir et se trouvera enfin.

 

Illana Cantin offre à son lecteur une superbe histoire qui avec légèreté et honnêteté aborde la fin de cette terrible adolescence. Elle narre avec philosophie et optimisme tous les bouleversements que va subir Priam. C’est drôle et touchant. Mais c’est aussi douloureux. Toutes ces émotions qui se chamboulent et qui accaparent notre apprenti héros. Puis il y a ces petits moments simples et niais qui rappellent que l’adolescence a du bon.

 

J’ai passé un agréable moment de lecture auprès de cette bande d’ados. Je n’ai pas l’habitude de lire ce genre là, (peut être suis-je trop vieille !) mais j’ai apprécié l’évolution des personnages, les péripéties et le joli final. Illana Cantin souffle au travers de ces jolis mots : peu importe qui tu es, d’où tu viens, tu peux faire absolu tout ce qui te tient à cœur et que tu es le seul décisionnaire de la vie que tu veux mener.

 

A découvrir sans aucun doute, une belle lecture-régal !
 
#Esméralda

 
Je remercie les éditions Hachette pour leur confiance via la plateforme NetGalley.
 

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… le site de Hachette Romans.

l’avis de Muffins and Books.

 

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