LA PLACE DU MORT de Jordan Harper.

 

[ ROMAN NOIR – Nouveauté 2019]
Éditions ACTES SUD – Collection Actes Noires
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude
Titre original : She Rides Shotgun
272 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
Polly McClusky a onze ans le jour où son père Nate, fraîchement sorti de prison, vient la récupérer à la sortie du collège. Elle ne sait pas encore que sa mère a été assassinée, ni que sa tête et celle de son paternel ont été mises à prix. C’est le début d’une cavale violente et sanglante à travers la Californie. Et la naissance d’une complicité, affective et criminelle. Un premier roman sombre, nerveux et plein d’humanité sur la famille, le sacrifice et la rédemption.
 

 

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Lorsque Polly revint du magasin d’un pas calme et lent, comme la conduite de son père, les sacs en plastique rebondissaient sur ses jambes. Elle leva les yeux vers la nuit pleine d’étoiles. La plupart du temps, dans l’Inland Empire, les étoiles étaient cachées. Ils étaient suffisamment loin de tout pour en voir des centaines. Polly savait qu’elles se trouvaient à des millions de kilomètres, si lointaines, qu’elles étaient peut-être déjà mortes et que la lumière n’étaient sue le passé rattrapant la Terre. Elle se demanda s’il y avait vraiment d’autres planètes là-haut, des planètes où tout était pareil qu’ici, mais un peu différent. Elle se demanda s’il existait un monde, un seul, où elle aurait l’air normale.

 

Polly, qui vient de Vénus (elle en est sûre), voit sa vie basculer, lorsque son père, cet homme racé, tatoué aux yeux d’un bleu indescriptible, l’attend nonchalamment à la sortie de l’école. Polly ne l’a plus vu depuis de nombreuses années. La prison les a séparés et puis il faut dire qu’il n’a jamais été un père attentif, protecteur et attentionné. Malgré tout c’est son père qu’elle a devant elle. Ses yeux croient à un mirage. Doit-elle le suivre ? Doit-elle s’enfuir en courant ?

 

Polly est une jeune fille de 11 ans. Entre deux âges ; c’est une grande et encore une petite fille innocente. Polly est très intelligente et elle a une façon d’appréhender le monde unique aussi pure que candide tout en percevant cette réalité dure et impitoyable des adultes. Polly a « des yeux de tueuses, comme son père ». Tel un funeste présage, la vie qui se profile à l’horizon va lui donner raison.

 

Polly petite fille dans le corps d’une grande fille. Accompagnée de son fidèle compagnon, nounours, elle part main dans la main avec un père qui sera prêt à tout pour déjouer la mort. Cette mort qui ne le lâche pas d’une semelle, ancrée dans la peau comme sur ce fichu papier signant l’arrêt de mort. La Force aryenne a les crocs et seul le sang peut soulager cette douleur tenace. Les chiens sont lâchés. La course peut commencer !

 

Polly et Nate duo incroyable et improbable, un Bonnie et Clyde, sans foi ni loi. Polly n’a plus le choix, elle doit apprendre à survivre. Nounours devient spectateur d’une métamorphose qui se fait dans la douleur, les cris et les coups. Mais Polly a des yeux d’une tueuse comme son père, et pour lui, pour elle, elle est prête à tout endurer. Elle devient une petite pro, écoute, apprend, anticipe, prévoit comme les grands. Alors Nate découvre au travers sa fille un aspect qu’il ne pensait jamais pouvoir effleurer du doigt : l’amour. L’amour qui porte se couple atypique, l’amour qui les lie aux plus forts des situations périlleuses. L’amour qui les transporte au delà de la mort. L’amour a transformé Nate. La mort transforme Polly.

 

Jordan Harper signe un premier roman d’une rare et puissante beauté. Immersif, percutant, poignant, destructeur et douloureux sont les termes que j’emploie pour décrire ce roman. La violence est omniprésente. Elle est là tapie dans l’ombre, prête à mordre au moindre faux pas. Elle respire, dirige, meurtrit ceux qui s’y frottent de trop près. Serpent mortel qui attend juste son heure. Si Nate est à la place du mort, cela n’induit pas qu’il se laissera faire.

 

Jordan Harper m’a littéralement scotchée. J’ai dévoré ce roman noir inouï. Une plume nerveuse qui sait parfaitement mettre en valeur les sentiments de ses protagonistes, les émotions ambivalentes qui se dégagent des différentes situations. Il dépeint avec hargne un univers violent et intransigeant aux codes intraitables. En contre partie, il y a cet amour aussi violent que tendre qui explose tout.

 

LA PLACE DU MORT est un roman noir nerveux, ambivalent, tendre, violent. Un meltingpot de sensations et d’émotions qui m’ont assaillie et bouleversée.

 

Un incontournable 2019 ! A découvrir sans hésitation !

 

Quand vous entrez dans un débit de boissons, un pistolet à la main et le visage masqué, vous arrachez le couvercle du monde. Le temps fait vraiment des trucs à la Einstein. Il s’étire ; il se rétracte.
Une seconde après avoir franchi le seuil, et avant même que les premiers oh merde oh merde oh merde aient effleuré l’esprit du vendeur, Nate eut le temps de se rappeler le soir où Polly était née. Il avait reçu un coup de fil d’Avis, la voix apeurée. Elle lui avait dit qu’elle était en travail. Le bébé allait sortir. Est-ce que Nate serait là ? Est-ce qu’il allait la retrouver à l’hôpital ?
Nate avait dit qu’il serait là. Il avait raccroché. Regardé Nick, sur le siège conducteur. Nick tenait le pistolet dans sa main, son masque de ski sur les cuisses. Il avait son sourire diabolique.
« Tout va bien ? » avait demandé Nick. Nate avait simplement hoché la tête et enfilé son propre masque.

 

#Esméralda

 


 

Une lecture en partenariat avec le PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions Actes Sud. Je vous en remercie infiniment.

 

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… le site des éditions Actes Sud.

… l’avis Les Jolis Moustachus

 

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L’ENVOL DU MOINEAU de Amy Belding Brown.

 

[ LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE – ROMAN HISTORIQUE – Nouveauté 2019 ]
CHERCHE MIDI Éditeur – Collection Ailleurs
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cindy COLIN KAPEN
Titre original : Flight of the sparrow
464 pages
Ma note : 5/5 mentions « incontournable 2019 »
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Le résumé :

 

D’après des faits réels, le superbe portrait d’une femme découvrant la liberté au milieu des Indiens.
Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces  » sauvages  » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour  » à la normale « , dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable ?
Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la  » civilisation  » s’est efforcée d’anéantir.
 » Dès la première page, Amy Belding Brown propulse le lecteur directement au cœur sombre de l’Amérique puritaine du xviie siècle et ne le lâche plus jusqu’à la fin. Ce livre, basé sur un travail de recherche monumental, est une chronique passionnante des premiers antagonismes entre le monde des Indiens et celui des Blancs. Inspiré d’une histoire vraie, c’est un superbe roman à la fois violent, tragique, courageux et édifiant. Notre cœur bat au rythme de celui de l’héroïne, cette femme extraordinaire qui, en dépit de tout, non seulement survit, mais triomphe de son destin.  » Jim Fergus

 

 

 

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Êtes-vous déjà tombés amoureux d’un livre ? Juste comme ça en apercevant  la couverture ? Que les frissons vous parcourent la moindre parcelle de peau partant du plus petit cheveu jusqu’au petit doigt d’orteil ? Et bien pour moi c’est ce qui s’est réellement passé. Un coup de foudre, littéralement, sans savoir pourquoi ni comment. Comment si l’alchimie avait déjà opéré un tour de force. J’ai eu peur d’ouvrir ce roman et d’affronter ses mots. Peur de me prendre un râteau. Inquiète de découvrir une histoire qui pourrait me bouleverser.
 
L’ENVOL DU MOINEAU est à mes yeux un roman d’une rare beauté, celle qui vous tatoue à jamais, celle qui s’infiltre, vous happe et vous emmène vers un ailleurs.
 
Direction la Nouvelle-Angleterre, 1675. Boston n’est alors qu’un gros village entouré de murailles en bois. Les colonies se répandent peu à peu aux alentours, prônant les voix impénétrables du Seigneur. Des colonies dirigeaient par des pasteurs intransigeants. La vie des colons est réglée aux millimètres près. Pas de faux pas sinon c’est le pilori. Le Seigneur veille, dicte les règles. Ses paroles sont d’or, bienveillantes, généreuses, autoritaires. Bienvenue au cœur de la société puritaine où les femmes au coiffe blanche sont sous l’autorité de leurs maris ; où les bons sentiments envers les enfants sont blasphématoires ; où tout geste de miséricorde, de bienveillance et de bonté envers des esclaves ou inféodés sont punis ; où la rigueur, les prières, le travail sont le cœur d’une vie aussi riche que démunie.
 
Mary Rowlandson est un de ces femmes parmi tant d’autres. Bonne épouse, bonne mère, elle donne l’image parfaite que l’on souhaite d’elle. Si Mary écoute avec passion les mots du Seigneur telle que l’on lui a toujours apprise, elle ne peut s’empêcher de les braver. Aider à mettre au monde le bébé d’une jeune fille inféodée amoureuse d’un esclave noir est tout sauf recommander par Lui. Mary a cette flamme en elle, celle qui la pousse à voir le monde d’une manière différente de son mari. Un monde qui serait à l’image de ce moineau offert par le père de la jeune fille en guise de remerciement, un monde magique, merveilleux, coloré et libre. Mary à ce quelque chose d’incontestable et de lumineux : découvrir et apprendre.
 
Sa vie bascule lorsque le village attaqué par les Indiens, elle est faite prisonnière avec ses enfants et tant d’autre gens de la communauté. Mary courageusement va défendre bec et ongle la vie de sa fille Sarah, mourante. Elle crie de douleur, d’incompréhension, d’effroi. Sa captivité est un terrible et long chemin sinueux qui lui meurtrisse l’âme. Une épreuve qui pourtant va lui permettre de connaître un certain apaisement. Pendant des semaines, elle est l’esclave d’un sachem aussi bienveillant que méchant. Ses pas, son regard découvrent une vie difficile où l’amour, le partage, la communion avec la nature, les pleurs, les rires, les repas frugaux, les enfants, les sourires, la confiance ont une toute autre signification. Elle contemple, elle respire, elle foule cette liberté. Une communion, une osmose parfaite et idéale. Ce peuple la fascine autant qu’elle le répudie. Une confrontation nécessaire à cet épanouissement libératoire. Les jours défilent, le temps s’apprivoise, le froid tue, Mary malgré la disette, les maladies, la mort, rayonne, respire. Elle rencontre cet indien converti James qui lui confère ce sentiment inexplicable de bien-être. Comme si le tout, la nature s’accordait avec les yeux et les bras chaleureux de ce puissant guerrier.

 

Cette épopée tel un rêve bien trop éphémère se dissolve dans cette réalité sournoise. Le retour à cette vie « normale » est une nouvelle épreuve. Les griffes acérées, les mots blessants, les regards noirs déstabilisent une femme qui alors ne sait plus à quel monde elle appartient.

 

Amy Belding Brown signe ici un ouvrage fascinant, incroyablement fascinant ! J’ai été happée par cette histoire d’un autre monde, celui où les chevaux étaient contraints à la guerre, où un peuple se devait d’être de véritable sauvage pour survivre sur leurs terres, terres volées par ces colons porteurs d’une vie sans liberté, sans accord avec la nature, dépourvue de tout sentiment. Mary, femme emblématique, tiraillée par ce que l’on attend d’elle et ce qu’elle apprit sur elle. Amy Belding Brown m’a transportée dans un monde intransigeant, violent mais où l’amour, la fraternité ont un poids considérable. D’actions en actions, de questions en questions, mon cœur a fini par chavirer.

 

Je pourrai écrire encore de nombreuses lignes pour vous prouver de A à Z que ce roman est juste incroyable. Incroyable ! Envoutant ! Terrible ! Poignant ! Fascinant ! Percutant ! Humain ! Un diaporama bouleversant et éreintant de la folie humaine. Un tableau grandiose d’un peuple anéanti, déraciné et meurtrit.

 

#Esméralda
 

 


 
Une lecture en partenariat avec le PICABO RIVER BOOK CLUB et CHERCHE MIDI Éditeur. Je vous en remercie infiniment.

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… le site Lisez.com, pour tout savoir.

… l’avis d’une souris et des livres.

… l’avis du blog Une vie toute simple.

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Toute la ville en parle de Fannie Flagg

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Littérature Nord-Américaine/feel-good – livre sorti le 7 février 2019

Editions le Cherche-Midi

Service Presse

Ma note : 3,5/5 mention « à découvrir »

 

Je remercie le Picabo River Book-Club ainsi que les éditions du Cherche-Midi qui m’ont permis de découvrir ce roman en service presse.

Résumé : Plus qu’un roman : un appel au bonheur !

L’auteur de Beignets de tomates vertes nous conte, dans ce roman choral, l’histoire d’un petit village du Missouri, Elmwood Springs, depuis sa fondation en 1889 jusqu’à nos jours. Les années passent, les bonheurs et les drames se succèdent, la société et le monde se transforment, mais les humains, avec leurs plaisirs, leurs peurs, leurs croyances, leurs amours, ne changent guère. Et c’est la même chose au cimetière puisque, loin de jouir d’un repos éternel, les défunts y continuent leurs existences, sous une forme particulière. Au fil des décès, ils voient ainsi arriver avec plaisir leurs proches et leurs descendants, qui leur donnent des nouvelles fraîches du village. Tout irait ainsi pour le mieux dans ce monde, et dans l’autre, si d’inexplicables disparitions ne venaient bouleverser la vie, et la mort, de cette paisible petite communauté.

On retrouve dans ce roman revigorant en diable, peuplé de personnages plus attachants les uns que les autres, toute la tendresse, le charme fou et la philosophie heureuse de Fannie Flagg.

 

Mon avis : Je dois l’avouer, même si j’en avais beaucoup entendu parler, je n’avais encore jamais lu de roman de Fannie Flagg…. Honte à moi, me direz-vous !! Cette erreur est maintenant réparée et je dois dire que cette découverte fut très enthousiasmante !!

Nous suivons ici, au fil des ans, le développement et la vie dans la ville Elmwood Springs, petite bourgade du Missouri. Fondée par des migrants suédois, la ville va grandir et évoluer au fil des avancées technologiques et des évènements qui ont marqué le 20ème siècle.

Au départ, la communauté est restreinte et il est donc facile de s’attacher aux protagonistes. Le plus important est celui qui a fondé la ville, Lord Nodstrom. Célibataire endurci par les tâches qu’il a dû accomplir, il décide un jour, sous l’impulsion de la communauté, de passer une petite annonce afin de se trouver une épouse. Une jeune migrante vivant à Chicago, Katrina Olsen, décide de lui répondre afin de fuir cette vie en ville qu’elle déteste tant. Entre eux, une tendre complicité va naitre et ils resteront des personnages importants de la ville. Leurs descendants feront tout pour faire vivre leur esprit et leur mode de vie.

J’ai trouvé la vie au sein de cette communauté très sympathique à lire, que ce soit dans la ville ou au cimetière. Je n’ai pas vu défiler les 500 pages du roman et j’ai aimé voir l’impact de l’évolution du monde sur cette petite bourgade. J’ai également apprécié les valeurs mises en avant qui sont celles du respect, de la solidarité et de l’amitié sincère. La plume de l’autrice est très vive et, grâce à ses personnages hauts en couleur, on passe un très bon moment de lecture. Néanmoins, la multiplication des personnages au fil des ans m’a parfois déstabilisée et perdue dans les liens qu’il pouvait exister entre eux…

Pour conclure, j’ai passé un excellent moment de lecture grâce à ce roman. La vie au sein d’Elmwood Springs offre au lecteur une bouffée d’oxygène, un moment un peu hors du temps où les valeurs traditionnelles sont encore au cœur de tout. La plume de Fannie Flagg m’a conquise et je n’hésiterai pas à me plonger prochainement dans un de ses romans, sûrement « beignets de tomates vertes », le roman qui l’a fait connaitre du grand public.

 

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Retrouvez ce roman sur le site des éditions du Cherche-Midi
Retrouvez également ce roman sur Amazon

BULL MOUNTAIN de Brian Panowich

 
[ ROMAN NOIR – réédition poche 2019]
ACTES SUD – Collection Actes Noirs
Traduit par Laure Manceau
336 pages
Ma note : 5/5 mention « à dévorer »
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Lecture commune de janvier avec le PICABO RIVER BOOK CLUB

 
Le résumé :
Chez les Burroughs, on est hors-la-loi de père en fils. Depuis des générations, le clan est perché sur les hauteurs de Bull Mountain, en Géorgie du Nord, d’où il écoule alcool de contrebande, cannabis et méthamphétamine jusque dans six Etats, sans jamais avoir été inquiété par les autorités. Clayton, le dernier de la lignée, a tourné le dos à sa fratrie en devenant shérif du comté. A défaut de faire régner la loi, il maintient un semblant de paix. Jusqu’au jour où débarque Holly, un agent fédéral décidé à démanteler le trafic des montagnards. Clayton se résout alors à remonter là-haut pour proposer un marché à son frère. Il sait qu’il a une chance sur deux de ne pas en redescendre. Ce qu’il ignore, c’est que Holly en a fait une affaire personnelle, et que l’heure des pourparlers est déjà passée. Roman noir rural et déchirant salué par bon nombre d’auteurs fameux, à commencer par James Ellroy, Bull Mountain se lit comme l’histoire de Cain et Abel dans un Sud plus poisseux que jamais.

 
L’avis d’#Esméralda :
L’histoire aurait pu commencer par « il était une fois, une jolie montagne où vivait une gentille famille » et se terminer par « ils eurent beaucoup d’enfant ». Cela aurait pu se passer de cette manière, si la montagne n’était pas Bull mountain et si la gentille famille n’était pas celle des Burroughs. En ce qui concerne les enfants, et bien ma foi, c’est la stricte vérité.
Bull Mountain, no man’s land, de l’état de l’Oregon a vu grandir des générations de Burroughs. Famille patriarcale, pure et dure, les fils sont élevés aux coups de feu et au sang qui coule. Pas de pitié et pas de manière, la famille Burroughs sont des durs à cuire aux quels il vaut mieux ne pas se frotter. Famille paria et crainte, elle règne sans concession sur sa montagne. Si tu arrives à avoir un pass-droit, tu verras que cette montagne ne cache pas le paradis mais l’enfer. Elle devient le terrain de jeux favoris pour l’alcool de contrebande, la culture du cannabis et laboratoire de méthamphétamine. L’honneur et le respect prévalent sur toutes formes d’amitiés, si tu prêtes allégeance à la famille Burroughs c’est pour des générations.
Sacrée famille Burroughs ! Personnages aussi effroyables qu’extravagants liés par les liens du sang et un honneur à toute épreuve. Perpétuer la « tradition » et le business est l’unique but des hommes Burroughs. Pas de quartier et pas de sommation, le moindre écart et la gâchette déraille accidentellement.  
La dernière génération des Burroughs ne fait pas dans la dentelle. Alors que le frère cadet, Clayton, décide pour les beaux yeux de sa femme, Kate, de se présenter au poste du shérif du comté qui réussit à obtenir haut la main et par un heureux hasard, les deux grands frères, Halford et Buckley, font prospérés l’affaire familiale. Mais ce qui devait arriver, arriva :
Si Clayton était le bon, et Halford la brute, alors Buckley était le truand. Ca ne l’avait pas surprise – ça n’avait surpris personne – d’apprendre qu’il avait été tué par balles au cours d’échanges de coups de feu avec la police. Il était du genre à tirer sans réfléchir, et probablement qu’il méritait tout ce qui lui était arrivé, mais il n’en demeurait pas moins le frère de Clayton. Il faisait partie de la famille, et Clayton avait le droit de lui rendre hommage, malgré ce que Halford et sa clique en pensaient.
 
Les années s’écoulent patiemment sans heurts insurmontables. La vie suis son court sur la montagne et dans la vallée. Tranquillement et sans précipitations. Jusqu’au moment où un hurluberlu attifé d’un costard nickel vient jouer les cadors avec sa proposition aussi alléchante qu’inquiétante.
Les choses sérieuses débutent maintenant ! Qui y laissera des plumes ?
Voilà un roman noir efficace à 200% ! Pas de quartier et pas de sentiments, Brian Panowich décrit à merveille ce que la famille a de plus sombre à exiger. Ces liens intrinsèques et puissants qui condamnent ces hommes à une prédestinée malsaine et sans concession et contestation. Une famille qui se détruit peu à peu, s’étiole et se braque. Une famille qui s’embourbe mais qui tend à survivre dans un dernier souffle. Brian Panowich ne laisse aucun répit à son lecteur et l’immerge immédiatement dans une spirale infernale où les éléments se déchainent. Le passé se confronte au présent pour un futur des plus sombres. Les points de vue et les narrateurs s’enchainent pour une histoire qui sans relâche ne présage rien de bon. La tension monte crescendo pour un final à couper le souffle. Un final où l’enfer se défoule dans un ballet chaotique. Ce roman noir rural est hypnotique et addictif. Les chapitres défilent au point crucial où je me suis exclamée : »oh bordel! ».
Ce roman est à dévorer littéralement ! La suite paraitra dans quelques semaines.
 
 
L’avis de #Lilie :
Ce livre est très loin de ma zone de confort de lecture. Désigné comme « lecture commune » du Picabo River Book Club ce mois-ci, j’ai longuement hésité…… avant de me lancer. Laissez-moi vous dire que ce roman m’a mis une claque monumentale et m’a procuré un plaisir à lire incroyable !
Dans ce roman, nous faisons connaissance avec une partie de la famille Burroughs : Clayton, le shérif, et ses frères Halford et Buckley, leur père Gareth, leur grand-père Cooper et leur grand-oncle Riley. Chez les Burroughs, la Montagne est leur domaine et personne n’ose venir mettre son nez dans leurs affaires. Clayton, qui a choisi de devenir shérif, laisse ses frères vivre de leur trafic mais il ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour eux. Lorsque Holly, un agent fédéral, débarque dans son commissariat pour tenter de mettre fin à ces pratiques, le shérif sera pris en tenaille entre esprit de famille et l’accomplissement de son devoir. De nombreux personnages sont présentés au fil des chapitres et permettent d’en apprendre davantage sur la lignée des hommes de Bull Mountain. Par ailleurs, l’auteur a fait le choix de mettre en lumière à chaque chapitre un protagoniste différent, ne vivant pas forcément à la même époque. Au départ, j’ai été déstabilisée de changer de période et de personnage aussi souvent. Pourtant, au fil des pages, cette gymnastique devient addictive et très enrichissante dans la mesure où cela nous permet de suivre l’évolution de la famille Burroughs, de leurs affaires et aussi de mettre en lumière des choix qu’ils ont pu faire au cours de leur vie.
Brian Panowich livre ici un roman noir, plein de rebondissements et qui ne laisse aucun répit au lecteur. En effet, son écriture est addictive et l’intrigue tellement bien ficelée qu’on ne peut s’empêcher de vouloir en apprendre davantage. On se demande surtout jusqu’où il va nous amener et je dois avouer que j’ai, à de nombreuses reprises, hurler de stupeur et été prise à contrepied car je ne m’attendais pas à de tels rebondissements. Sous couvert d’une histoire de famille, l’auteur met également en lumière les trafics qui peuvent exister dans les contrées reculées  des Etats-Unis et l’impact du poids de l’histoire familiale dans ces régions. 
Pour conclure, ce roman est une très belle découverte. Roman noir, roman familial, « Bull Mountain » est un livre addictif, surprenant qui ne vous laissera ni répit ni indemne en arrivant à la fin. Je viens d’apprendre que la suite devait paraître sous peu, j’ai hâte de m’y plonger !

 

 


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Vers le site des éditions ACTES SUD pour tout savoir.

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HANDSOME HARRY : Confessions d’un gangster de James Carlos Blake.

 
[ LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE – Nouveauté 2019]
Éditions Gallmeister – Collection Americana
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Emmanuel Pailler
Postface de François Guérif
315 pages
Ma note : 4,5/5 mention « à dévorer »
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Le résumé :
Dans la bande de John Dillinger, il y a Red, Charley, Russell et moi, « Handsome Harry » Pierpont. S’il y avait eu un chef, ça aurait été moi, même John le dit. Mais John aime avoir sa photo dans les journaux et faire le malin devant les dames, alors on ne se souvient que de lui. Il est le plus cool d’entre nous, je vous le garantis, sur un boulot comme sous les balles. Nous prenons l’argent là où il se trouve : dans les banques. Sans nous vanter, en matière de casse, nous sommes les meilleurs. Un chauffeur, trois ou quatre gars motivés, une voiture de remplacement, et le tour est joué. Les journaux disent que nous sommes dangereux, l’Ennemi public n°1 : n’exagérons rien. On ne veut de mal à personne, on aime juste les belles voitures, les jolies filles et les fêtes entre copains. On sait bien que ça ne va pas durer, que les flics nous attraperont un jour ou l’autre. En attendant, on profite de la vie.

 
Mon avis :
Dans la famille « gangster j’ai peur de rien », je voudrais Handsome Harry Pierpont. Joyeux troubadour et tête pensante d’un gang de braqueur de banques et de commissariat. Mais Harry n’aime pas être au centre de l’attention, non pas par timidité mais plus pour son amour propre. Pourtant Harry est mis sous les projecteurs pendant plus de 300 pages par James Carlos Blake, auteur aventureux et talentueux.
Il est rare que j’accroche dès les premières lignes (vraiment dès les premières lignes) et de me dire wouah ! Il est clair que la magie a opéré instantanément et la suite de ma lecture n’a été que pur bonheur.
Voilà, tout le gang est mort sauf Russel et moi.
Russel, au moins, a encore l’espoir : quand on est enfermé à vie, on peut toujours tenter une nouvelle évasion. Moi, ils vont m’achever demain matin.
Premières lignes
Gangster, légende (et mythe) des années folles, pendant la grande dépression où l’alcool de contrebande coule à flot, petites frappes et gangster en herbe foisonnent ici et là, petits larcins pour débuter et puis il y a le jour où ils se trouvent derrière les barreaux. Métier qui rentre tu me diras, et certes passage plus ou moins obligé, dans ce milieu, pour évoluer. Harry Pierpont fait partie de cette trempe à ses débuts, à la seule différence est qu’il compte de pas rester à ce stade là. De petit coups en petit coups, de rencontres en rencontres et de cellules en cellules, Harry se fait vite un nom qu’il ne vaut mieux pas chatouiller. La dure vie de la prison va ainsi forger un homme prêt à tout pour vivre de sa liberté au détriment des banques.
Ce roman se lit comme un roman d’aventures même si il est clair que les faits divers correspondants sont empruntés à la réalité. James Carlos Blake a su créer une histoire tonitruante autours d’héros pas comme les autres et surtout atypiques. Il va s’en dire que l’image du gangster même est soit auréolée ou soit dénigrée, l’auteur n’impose rien de cet acabit et laisse aux lecteurs le soin de se forger sa propre opinion. Pendant plus de trois cent page, j’ai suivi les aventures rocambolesques d’Harry et sa bande, ses amours, ses craintes, les planifications d’attaques, ses fuites, la relation fusionnelle avec sa mère, les copains de la bande et leurs péripéties, les deals… L’immersion aussi irréelle soit elle, a le mérite de faire vivre le moment présent avec une sacrée intensité. Sans oublier une bonne dose d’humour.
« HANDSOME HARRY, confessions d’un gangster » est un shoot d’adrénaline ! Sans foi ni loi, ce roman retrace la vie d’un homme qui a décidé du sort de son destin, l’a façonné à son image, l’a modelé selon ses principes, l’a brandi à bout de bras et dans un dernier souffle a accepté toutes les conséquences inéluctables, la tête haute.

 
Je remercie le PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions Gallmeister de m’avoir permis de découvrir ce super roman.

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Vers le site des éditions Gallmeister pour tout savoir.

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LES CHANTS DU LARGE de Emma Hooper.


[ LITTERATURE NORD AMERICAINE – Natur writing – Nouveauté 2018]
LES ESCALES Editions – Collection Domaine étranger
Traduit de l’anglais (Canada) par Carole Hanna
Titre original :Our Homesick Songs, 2018
Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « pépite »
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Le résumé :


Une formidable histoire de départs, de traversées et de légendes, le tout porté par l’écriture poétique et mélodieuse d’Emma Hooper.Du haut de ses onze ans, à travers le brouillard, le vent et la pluie, Finn compte les bateaux de pêche, de moins en moins nombreux à Big Running, son village natal situé sur une île du fin fond du Canada. Il n’y a plus de poissons à pêcher, donc plus de travail. Peu à peu, les maisons se vident et les habitants quittent l’île.
Le jour où ses parents se retrouvent obligés de travailler un mois sur deux, chacun leur tour, dans l’Alberta, Finn est inquiet. Sa vie, telle qu’il l’a toujours connue, risque d’être à jamais bouleversée. Alors quand sa soeur elle-même, après avoir repeint toutes les maisons abandonnées de l’île aux couleurs de différents pays, finit par partir, il décide que c’en est trop. Avec les caribous, le lichen et le vent comme seuls compagnons, il échafaude un plan fabuleux pour sauver à la fois sa famille et son île.
Une histoire tendre et fantasque, d’une incroyable beauté, portée par l’écriture poétique d’Emma Hooper.

Mon avis :


Aujourd’hui je te présente mon dernier coup de cœur magistral pour cette année 2018. Une lecture profonde et émotionnellement intense.


Ferme les yeux et imagine. Imagine une île non loin de Terre-Neuve. Imagine quelques maison parsemées sur une terre où la rudesse du temps a fait son œuvre. Imagine le vent fouetté ton visage. Imagine les  embruns de la mer te transporter ici et là. Imagine le brouillard caresser ta peau et le soleil te la réchauffer. Imagine ces rochers aussi accueillants qu’effrayants. Imagine la solitude emplie de musique et de chants. Imagine la solitude qui détruit peu à peu, tout : la conscience, l’humanité et l’imagination.


Emma Hooper m’a transportée sur ces terres emplies d’hommes et de femmes qui ont un temps jadis crée les plus belles histoires épiques. Hommes et femmes, en harmonie avec la nature, vivant essentiellement de la pêche. Une île florissante et accueillante victime au fil des ans de la vanité et de la cupidité des Hommes.


Les poissons sont partis et les Hommes avec. Les instruments de musique et les rires ne rythment plus rien. La désolation et la consternation sont le quotidien. Plus rien à part une famille qui tente le tout pour le tout. Cora et Finn, enfants merveilleux, trépignent dans ce village mort. Les idées fleurissent et s’égarent d’une maison vide à une autre. Chacunes reprenant vie dans un étrange costume. Cora et Finn ont des solutions au drame qui se prépare. L’une ancrée dans la réalité sournoise et l’autre péchée dans l’imagination d’un petit garçon qui y croit dur comme fer.


Emma Hooper  fait valser son lecteur au grès des vagues qui frappent la terre. Une plume à la fois nostalgique et bienveillante invite à un voyage aussi extraordinaire que percutant. Suivant la douce mélodie des espoirs, Emma Hooper décrit avec perfection le désarroi, l’incompréhension et la résignation. A contrario avec énergie et certitude, elle explore le monde de Finn.


LES CHANTS DU LARGE est résolument une belle découverte. Celle qui trouve une place particulière auprès de mon cœur. Emma Hooper a su parfaitement me touchée : un décor féérique, des personnages déracinés et contraints, un espoir fou au travers de deux enfants en perte de repères. Une écriture à la fois mélodieuse et poétique m’a fait découvrir un roman où tout se percute : les émotions, le passé, le présent et le futur, les femmes et les hommes, et la réalité et l’espoir. Un conte des temps modernes.


LES CHANTS DU LARGE est un sacré voyage qui m’a tenu en haleine pendant ces jours de fêtes. A découvrir absolument pour celles et ceux qui aiment les grandes étendues où tout est possible !

#Esméralda 


Je remercie Les Escales éditions et Nadia pour leur confiance et leur patience. Lecture proposée au sein du groupe le PICABO RIVER BOOK CLUB.


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Vers le site Lisez.com pour tout savoir.

Vers le site d’Emma Hooper pour les plus curieux d’entre vous.


 » Comme l’hirondelle » chanson folkorique canadienne

PAR LE VENT PLEURE de Ron Rash

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE NORD-AMÉRICAINE – Édition 2018 pour la présente édition]
Éditions Points pour le format poche
Éditions Seuil, 2017
Traduction : Isabelle Reinharez
Titre original : The Risen, 2016
240 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
Lien Kindle

 

 


 

Le résumé :
Et si les ossements découverts près de la rivière appartenaient à celle qui a bouleversé leur vie ? Quand Ligeia a débarqué de Floride, avide de liberté, véritable sirène enjôleuse, elle a séduit Bill et Eugene. Pour lui plaire, les deux frères ont bravé les interdits. Le temps d’un été, la jeune nymphe les a entraînés dans un tourbillon de tentations, avant de disparaître brutalement.

 


 

Mon avis :

 

Ce mois ci je participe à la lecture commune du PICABO RIVER BOOK CLUB. Par ailleurs je découvre l’univers de Ron Rash dont je n’ai entendu que du bien.

 

PAR LE VENT PLEURE est une très belle découverte. Le coup de cœur n’était pas au rendez-vous, mais je suis sortie de cette lecture charmée. J’envisage même de découvrir ses précédents romans, et je suis sûre que les amis du Picabo River Book Club me conseilleront correctement.

 

Bill et Eugene, deux frères, orphelin de leur père vivent avec leur mère et le grand père paternel non loin des Appalaches. Grandissant dans une ville ennuyeuse et pieuse, les deux frères voguent à leur occupation morne. Bill et Eugene adeptes de la pêche ont pour habitude tous les dimanches  après midi de rejoindre dans la montagne, un petit coin de paradis loin de tous soucis.

 

Un été, ils y rencontrent Ligeia, une fille de la ville qui a été parachutée ici pour mauvaise conduite. Les mœurs légères de cette jeune fille vont ensorceler les deux frères et leur laisser des souvenirs indélébiles.

 

Ron Rash fait vogué son lecteur entre le présent et le passé. Il décrit avec une nette précision les déboires des jeunes adultes qui vont se consumer dans une relation non avenante et destructrice. Ligeia joue à merveille la manipulatrice sournoise qui tire à profit de son double jeu. La relation entre les deux frères n’est pas celle que laisse prétendre cette entente cordiale. Le brillant grand frère, Bill, est mis sur un piédestal inatteignable pour Eugene. Même si les conflits n’éclatent que rarement, ils s’entassent silencieusement. Eugene n’a pas eu du tout de place pour s’émanciper. Tel qu’il était jeune on le retrouve quarante an après. Son image est restée sur pause dès le moment où Ligeia a disparu. Il ne se réveillera qu’à l’annonce de la découverte du squelette de Ligeia qui va littéralement le bouleverser. C’est avec de nombreuses questions qu’il part à la conquête d’une vérité. Une vérité qui va tout bouleverser.

 

Ron rash a un talent extraordinaire pour narrer une histoire fracassante. Les plus petits détails, les descriptions, les personnages charismatiques illuminent cette histoire sombre et dramatique. Le final est un sacré tour de passe-passe et a le mérite de laisser le lecteur pantois. Un histoire profondément humaine qui décortique les relations fraternelles, familiales et amicales. La touche suspense renforce le récit tonitruant.

 

Quelle belle découverte : une plume sensationnelle, une trame enivrante, des personnages profonds et un suspense haletant, il ne m’en fallait pas davantage pour dévoré PAR LE VENT PLEURE où l’esprit de liberté et d’émancipation ont tout d’un rêve.

 

 

 

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Vers le site des éditions Points pour tout savoir !

Vers Wikipédia pour découvrir l’auteur, Ron Rash.

Article : Rentrée littéraire – « Par le vent pleuré » : 5 questions à Ron Rash par Laurence Houot, 2017.

 

 

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