L’OMBRE DE LA MENACE de Rachel Caine.


L’un des thrillers les plus commentés sur les réseaux sociaux américains La vie sans histoire de Gina vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial. Le mari de Gina est condamné à mort. Elle est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était complice de son mari, du moins qu’elle couvrait sa folie meurtrière.
Victime de harcèlement, elle décide de fuir avec ses enfants. Mais, où qu’elle aille, quelqu’un dans l’ombre l’épie, l’obligeant sans cesse à changer d’identité et de vie. Quatre ans ont passé. Gina vit à Stillhouse Lake, où elle commence enfin à baisser la garde. Jusqu’à ce qu’un cadavre de femme soit repêché du lac…
Traduit dans seize pays, n°1 sur la liste des meilleures ventes de USA Today, ce thriller a été finaliste du Goodreads Choice Award et de l’International Thriller Writers Award.
Traduit de l’américain part Sebastian Danchin.

Gina avait la vie qu’elle eut rêvé : deux enfants, un mari attentionné, une belle maison dont elle s’occupait tous les jours. Ni travail, ni stress, une vie idyllique. Gina était le genre de femme à se contenter de ce qu’elle avait et surtout à ne pas faire trop de vague. La famille américaine dans toute sa splendeur.
Mais quand le verni bien appliqué se désagrégea d’un seul coup, la vie idyllique s’évapora.
Un après midi normal vire au cauchemar en un claquement de doigt. Une voiture vient de percuter le garage, antre du mari, et dévoile un corps de femme pendu.

 

Les portes de l’enfer s’ouvrent engloutissant tout. Débute ainsi un combat acharné que devra mener à bout de bras la pauvre Gina dont on l’accuse de tous les maux. Sa vie détruite, ses enfants traumatisés, la fuite devient la seule évidence suite à son acquittement. La foule se déchaîne, leurs mots sont des couteaux acérés, la préservation et la survie devient son unique préoccupation. Survivaliste malgré elle, elle déborde d’imagination pour les préserver de cette malveillance : changement d’identité, multiple déménagement, suivi de courrier, alarme, interdiction d’aller sur les réseaux sociaux. Obnubilée par tous ces aspects pour leur bien, elle est tout le temps sur le qui-vive.

 

Leur dernière fuite les a portés aux abords de ce lac paisible, une petite ville perdue où elle commence à prendre ses aises. Ses enfants malgré leur parcours chaotique s’y sentent bien. Gina fait quelques rencontres mais sa prudence est toujours de mise. Ce nouveau départ semblait durer mais le corps d’une femme retrouvée dans le lac remet tout en cause. La police s’en mêle, les soupçons fleurissent et le passé la rattrape. 

 

Une course effrénée commence pour découvrir la vérité et cette dernière se révélera cruelle.

 

Je découvre pour la première fois cette auteure américaine et ce fut un réel plaisir. La plume de Rachel Caine est rythmée et les rebondissements s’enchaînent rapidement. Un thriller psychologique qui prend le temps de s’installer avant de s’emballer. Une lecture haletante, prenante et folle. Le cyber harcèlement est au cœur de cette histoire dramatique qui bafoue les libertés individuelles. Un acharnement glauque qui prend à la gorge et qui s’intensifie au fil des pages. Rachel Caine sait faire durer le suspense jusqu’au point final où, frustrée, j’espère qu’il y aurait une suite à se dénouement particulier. Un thriller psychologique intense comme je les aime sans aucun temps mort. A découvrir.

 

La lettre pote la marque d’El Dorado, la prison où Mel attend son exécution. Il se trouve depuis longtemps dans le couloir de la mort, les avocats m’ont expliqué qu’il en avait pour dix ans au moins avant d’avoir épuisé tous ses recours. Le Kansas n’a pas exécuté un seul condamné depuis deux bonnes décennies, alors qui sait quand la sentence sera appliquée ? En attendant, il passe ses journées assis et il réfléchit. Essentiellement à moi.
Et il m’écrit. Comme il obéit à un rituel que j’ai fini par décoder, je suis incapable de toucher cette lettre pour le moment.
Je reste hypnotisée par l’enveloppe un bon moment, et sursaute lorsque s’ouvre la porte d’entrée et que l’alarme émet un bip. J’entends les doigts de Lanny voler sur le clavier.
Je n’esquisse pas un geste, comme si l’enveloppe était capable de me mordre si je la lâchais des yeux.
 
Une chronique de #Esméralda

LE CHANT DE CORBEAU de Lee Maracle.


L’épidémie de grippe asiatique des années 1950 atteint la Colombie-Britannique et ravage la communauté. Les Autochtones sont livrés à eux-mêmes et les médecins blancs négligent de les soigner. La jeune Stacey, sa mère et les autres femmes du clan de Loup se serrent les coudes, enterrent leurs morts, à l’ombre de la prophétie de Corbeau : « Les grandes tempêtes façonnent la terre, font éclore la vie, débarrassent le monde de tout ce qui est vieux pour faire place au neuf. Les humains appellent ça des catastrophes.
Ce sont juste des naissances. »
Traduit de l’anglais par Joanie Demers

Un roman immersif et terriblement captivant. Un voyage inouï au confins d’une communauté stigmatisée, décharnée, abandonnée, parquée, déshumanisée. Bien plus qu’un combat Lee Maracle raconte la vie absolue au travers des yeux d’une jeune femme tiraillée entre l’avenir, du blanc, et le passé, des siens.
Stacey vit de l’autre côté du pont. Frontière, malgré lui, de deux mondes, celui des blancs et du clan des Loups. Stacey le franchit tous les jours pour se rendre à l’école des blancs où elle tente de se fondre dans la masse et surtout comprendre leur monde, leurs lois, leurs coutumes. Au grès des années qui défilent, des discussions avec son amie, des repas pris à ses côtés, Stacey s’interroge toujours autant. Elle admire leur confort, leur technologie et leur médecine. Alors quand l’épidémie éclate au sein de sa communauté, sa confiance envers eux est malmenée. Personne n’a passé le pont pour leur en venir en aide.

 

Entre légendes, prophéties, visions, Lee Maracle nous entraîne dans une fiction dont le réel ne peut que nous surprendre. Minutieusement, elle nous imprègne de ce monde inconnu, de cette simplicité auto suffisante à vivre l’instant présent, de ses douleurs fulgurantes où cris et larmes fusent et de ses bonheurs infinis. Stacey croit infiniment que le monde des blancs peut apporter quelque chose à leur communauté, notamment l’enseignement dont elle prend le parti. Et à contrario que ce monde là est bien loin de ses valeurs et préceptes, de sa nature. Ce duel perdure tout au long du roman menant vers cette finalité loin des rêves.

 

Si les premières pages m’ont apeurée, les suivantes m’ont captivée. Un magnétisme puissant se dégage des mots de Lee Maracle mettant au centre de son histoire cette dualité cruelle. Si je me suis accrochée à tous ces moments de bonheur, la tristesse est, malgré tout, le sentiment qui m’a accompagnée en fermant LE CHANT DE CORBEAU. Une histoire poignante où les petites détails en font une grande, où l’Homme devient son pire ennemi.

 

Un roman à découvrir sans aucun doute, les adeptes de la Littérature des Premières Nations, je pense, seront conquis. De mon côté, je continue mon exploration de ce monde hypnotique.

 

Une chronique de #Esméralda.

Ce qui nous tue de Tom McAllister

Littérature Nord-Américaine – Livre sorti le 6 février 2020

Editions Le Cherche-Midi

Service Presse

Ma note : 2,5/5

 

Avant de commencer, je tiens à remercier le Picabo River Book Club et les Editions du Cherche-Midi pour l’organisation de ce partenariat et pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

Résumé : L’Amérique est-elle condamnée à la bêtise, au machisme, à la paranoïa et au mensonge ?

Te rappelles-tu quand tout était simple ?
 
Anna Crawford, professeure d’anglais au lycée de Seldom Falls, Pennsylvanie, est virée pour insubordination. Mauvais timing. Dans la foulée, un étudiant pénètre dans les locaux et se livre à une tuerie de masse : 19 morts, 45 blessés. Un temps suspectée par le FBI, Anna est rapidement innocentée. Mais le mal est fait : elle a été montrée du doigt, sa vie, jetée en pâture aux foules, ne sera plus jamais la même.
Autour d’elle, elle voit un monde devenir fou, qui pour seules réponses à ce drame atroce propose davantage de médias et de caméras, toujours plus de hashtags, d’armes, de virilité triomphante et de lois absurdes.
 
L’Amérique est-elle condamnée à la bêtise, au machisme, à la paranoïa et au mensonge ? Avec cet anti-thriller, où l’humour noir se mêle à la colère, Tom McAllister nous offre un plaidoyer au vitriol pour la raison, à une époque où tout le monde semble devenir cinglé, sans que cela ne choque plus personne.

 

L’avis de Lilie : J’avoue que quand j’ai lu le quatrième de couverture de ce roman, j’ai été emballée. Je m’attendais à un « manifeste » condamnant la violence quotidienne, le port des armes aux USA, bref, j’espérais lire un livre qui m’embarque et me ferais réfléchir à ces thématiques. Malheureusement, mon enthousiasme est vite retombé et je crois que je suis un peu passée à côté de cette histoire.

Tout commence en faisant la connaissance d’un jeune homme qui s’apprête à déclencher une fusillade dans un lycée. Nous basculons ensuite sur Anna Crawford, une ancienne professeure de ce lycée, récemment mise à pied et accusée, injustement, d’être l’instigatrice de cette tuerie. A partir de là, plus rien ne sera pareil pour elle et elle va vivre entre crainte d’une nouvelle tuerie et analyse du monde actuel.

Anna est une jeune femme paumée. Depuis qu’elle a été mise à pied, elle tourne en rond et n’a plus goût à grand chose. On va alors la suivre pendant l’année qui suit la tuerie. On se rend vite compte qu’elle ne sait pas quoi faire de sa vie et qu’elle se laisse complètement débordée par le quotidien. Pendant un temps, elle vit avec Robbie, dont on apprend peu de choses, et on sait aussi qu’elle a un frère, Calvin, qu’elle aime mais avec qui elle n’aime pas passer du temps. 

Comme je l’ai déjà dit précédemment, je suis passée à côté de cette histoire. Prometteuse, elle n’a pas répondu à mes attentes. En effet, je n’ai pas aimé l’héroïne. Au départ, j’ai eu un peu pitié d’elle mais rapidement, j’ai été agacée par ses errements et son immobilisme. Même si elle constate la violence, qui envahit notre quotidien, par des actes de plus en plus meurtriers et destructeurs, elle ne les analyse pas et ne cherche pas vraiment de solutions pour agir à son niveau. Peut-être que cette perception m’est propre mais au final, je referme ce roman avec lassitude et soulagement de l’avoir terminé. J’ai trouvé le style de l’auteur un peu brouillon car, par moment, il fait des digressions qui n’apportent rien à  l’intrigue. Le langage utilisé est souvent familier et cela m’a également gêné. Le point positif concerne la vivacité de l’écriture et le fait que la plume de l’auteur est très visuelle. En effet, on est en totale immersion dans l’histoire et on angoisse, souvent, au côté d’Anna.

Pour conclure, je le regrette mais je suis passée à côté de ce roman sur lequel j’avais fondé beaucoup d’espoir. Cette lecture m’a permis, de mon côté, de réfléchir sur le poids des médias et leur impact dans notre quotidien. Néanmoins, je n’ai adhéré ni avec le cynisme de la narratrice, ni avec son caractère. Dommage !

 
Retrouvez ce roman sur le site de l’éditeur

 

UN GARCON SUR LE PAS DE LA PORTE de Anne Tyler.


 
Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée – jusqu’au jour où il trouve Brink Adams qui l’attend sur le pas de sa porte.
Car l’adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique… Pour l’homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.

Anne Tyler décrit avec une certaine passion bouleversante, le quotidien de Micah Mortimer. Un quotidien qui vous paraîtrait certainement ennuyeux voire morne. Un quotidien pourtant si réconfortant pour un homme aux exigences bien trop prononcées.
Micah Mortimer fait partie de la classe moyenne américaine. Chef de sa propre entreprise, Micah vivote ici et là dans son appartement au sous-sol. Micah est un pro des planning auxquels il ne déroge jamais : le lundi c’est ça, le mardi autre chose, le mercredi un autre etc. … Son planning est essentiellement composé de tâches ménagères. Le réveil suit un rituel facétieux : footing, douche, petit déjeuner et ménage avant d’attaquer selon les appels reçus les interventions informatiques chez les particuliers. Son appartement au sous-sol est d’une propreté immaculée où le désordre n’a pas sa place. Micah est un homme rigoureux et s’en défend particulièrement bien. Il aime aider ses voisins pour que tout soit en ordre et s’occupe volontiers de sortir les containers. Tout cela dans un ordre prédéfini.

 

Micah paraît étrange. Ses réactions ne sont pas celles auxquelles on pourrait s’attendre. Il est d’un calme effroyable et rien ne semble l’atteindre. Alors quand ce jeune homme sur le pas de sa porte, prétend être son fils. C’est la goutte qui fait déborder le vase. Cette remise en question sera-t-elle le symbole d’un changement majeur ?

 

Je découvre pour la toute première fois la plume de Anne Tyler. Un plume qui aime les petits détails dans les grands et qui n’hésite pas à utiliser de grandes envolées lyriques pour accentuer ces descriptions savoureuses et utiles. Anne Tyler décortique ces hommes et femmes qui se perdent dans la frénésie et l’obsession du tout, et dans le contrôle absolu du temps qui passe. Micah est un personnage attachant et non rébarbatif. Ses réflexions, sa manière d’agir (souvent très maladroite), sa manière de réagir, sa manière de concevoir les relations avec les autres, ses attitudes, sa manière d’être dressent  le tableau de cet homme avec empathie. Il est drôle justement de voir comment l’homme frigide s’adapte face aux éléments perturbateurs.

 

UN GARÇON SUR LE PAS DE LA PORTE est une belle balade aux côtés d’un homme singulier qui s’égare dans ses conceptions particulières de la vie. Anne Tyler dresse le portrait de l’atypique avec humour et détachement.

 

Quand Micah était au volant, il aimait faire comme s’il était examiné par un système de surveillance qui épiait tous ses faits et gestes. Le fieu de la Circulation, l’appelait-il. Au centre de commandement du dieu de la Circulation se trouvait une armada d’hommes en bras de chemise et visière verte sur la tête, qui échangeaient régulièrement des commentaires sur la conduite parfaite de Micah. « Notez comme il met son clignotant même lorsqu’il n’y a personne derrière lui », disaient-ils. Micah mettait toujours, absolument toujours, son clignotant. Même dans son parking. Quand il accélérait, il se figurait qu’il y avait un œuf sous sa pédale, comme on le lui avait appris ; quand il freinait, il le faisait de façon progressive, jusqu’à s’arrêter sans le moindre à-coup ou presque. Et si un autre conducteur estimait au dernier moment qu’il avait besoin de s’insérer dans la file de Micah, on pouvait compter sur celui-ci pour ralentir et faire un signe courtois de la main gauche, paume tournée vers le haut, indiquant qu’il le laissait passer. « Vous avez vu ça ? disaient les agents du dieu de la Circulation. Les manières de ce brave homme sont impeccables. »
 
Une chronique de #Esméralda

LE NOIR ENTRE LES ÉTOILES de Stefan Merrill Block.


« À la fois un garçon et une légende: tu avais dix-sept ans lorsqu’une balle de calibre .22 t’a scindé en deux. Dans un des deux mondes, celui qui gravite autour de ton lit d’hôpital, tu es devenu le Martyr de Bliss, Texas. Tu t’es changé en un spectre qui flotte au-dessus de la population clairsemée de ta ville natale dévastée, porteur tour à tour d’espérance, de désespoir et de consolation. »
Dix ans après une terrible tuerie dans son lycée, Oliver Loving est toujours plongé dans un coma profond. Brisée par le drame, sa famille s’est désunie : son père, Jed, un artiste raté, a trouvé refuge dans l’alcool, et sa mère, Eve, s’obstine à garder espoir, refusant e son fils soit débranché. Quant à Charlie, leur cadet qui se rêve écrivain, il a quitté le Texas pour vivre librement son homosexualité à New York et fuir l’ombre pesante de son grand frère. Mais lorsqu’un nouvel examen révèle chez Oliver les signes d’une activité cérébrale, tous trois se retrouvent à son chevet, dans l’espoir d’avoir enfin une réponse à toutes leurs questions.
Après le succès d’Histoire de l’oubli, Stefan Merrill Block signe un roman bouleversant sur la famille, la fin de vie et la résilience. Alternant subtilement les points de vue, Le noir entre les étoiles interroge de manière intime l’expérience du traumatisme et aborde une question essentielle : qu’est-ce qu’une vie digne d’être vécue ?

 
Immersif, LE NOIR ENTRE LES ETOILES captive par cette étrange intrusion aux cœurs de ces vies détruites. Une à une, leurs voix se délient dans un temps intemporel ou passé et présent ne forment plus qu’un.
Une famille ordinaire avec leurs espoirs et leur travers. Jed, le papa, est un artiste maudit et incompris. Eve, la maman, s’évertue à rendre la vie paisible à tous. Charlie, le petit frère homosexuel, cherche sa voie. Et Oliver rêve d’écriture et d’amour.

 

Puis ce jour fatidique sonne le glas de ces vies, le 15 novembre, la mort s’invite dans le lycée lors du bal tant attendu. Des morts et un blessé, Oliver a tout jamais perdu dans un monde dont on ignore tant. Il est emmuré dans ce corps qui ne vit que grâce à ces machines infernales. Les années défilent et la famille éclate. Une mère désillusionnée qui s’accroche tant bien que mal à un espoir si ténu et qui ne renoncerait pour rien au monde à son rôle de mère. Jed se perd dans l’alcool, ignorant conscient de ses responsabilités bafouées. Charlie, petit garçon éternel à la recherche de l’approbation parentale, s’ignore et suit cette voie qui lui semble tant judicieuse. Rendre honneur à son frère et devenir lui, lui tient tant à cœur.

 

Dix années à Oliver à espérer dans ce silence teinté de noir, de lumière et de tant d’autres souvenirs. Un méli mélo puissant et destructeur où la vie est une grande farceuse. Question existentielle, question métaphysique, question unique Pourquoi ?

 

Stefan Merrill Block décortique avec sensibilité et frénésie une famille touchée par le drame. Les points de vue alternant entre le avant et le après apportent cette touche intime et profonde où âmes, peines, colères et abandon jouent au chat et à la souris. La perte, le deuil, l’acceptation tout autant d’épreuves à franchir sur le chemin de la résilience. L’attrait psychologique des personnages est impressionnante. Ces petits détails, ces rengaines, ces soupirs donnent au récit cette touche irréelle de l’immersion. Les émotions qui traversent les personnages sont d’une rare force. Elles touchent en plein cœur, elles révoltent, elles attristent, elles peinent. Leur force aussi destructrice soit-elle, à ce quelque chose de rédempteur.

 

LE NOIR ENTRE LES ETOILES est une merveilleuse découverte de ce début d’année. Un livre accaparant et d’une vérité insoutenable. Un livre douloureux et puissant. Une livre où la liberté d’être entendu est une bataille féroce. Un livre salvateur.

 

A découvrir sans aucun doute et pour ma part je rajoute dans ma liste de mes envies Histoire de l’oubli que vous avez peut-être lu.

 

Et justement, c’est à l’instant précis où tu te soulèves au-dessus du sol instable que l’énergie détectée par les appareils du médecin explose violemment à l’intérieur de toi. La lumière arrache la doublure de tes vêtements et la matière de ta peau, faisant voler tous les boutons d’un seul coup. La conflagration est si puissante que ces précieux petits fragments, au lieu de retourner vers le passé comme ils le faisaient jusque-là, prennent les airs comme l’exact contraire des balles d’Hector Espina, des projectiles qui ouvrent une histoire au lieu de la clore. La gerbe des boutons s’éparpille, en route vers un monde neuf où tu seras en même temps partout et nulle part. Et toi, tu commences, déjà à les poursuivre, lancé vers l’avenir.
 
Une chronique de #Esméralda.

Le coeur battant de nos mères de Brit Bennett

Littérature Nord-Américaine – Livre paru le 22 aout 2018

Editions J’ai Lu

Lecture personnelle

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »

 

Même si c’est une lecture personnelle, je tiens à remercier Léa et les membres du Picabo River Book Club qui m’ont permis de découvrir ce roman grâce à leurs critiques et leurs conseils.

 

Résumé : Quand Nadia, 17 ans, perd sa mère et avorte en cachette, sa vie est bouleversée. Elle choisit alors de quitter la communauté noire et religieuse qui l’a vue grandir et laisse derrière elle Luke, son amant aux rêves brisés, et Aubrey, sa meilleure amie. Boursière dans une grande université, Nadia fréquente désormais l’élite.
Durant une décennie marquée des affres de la vie, les trajectoires des trois jeunes gens vont se croiser puis diverger, tendues à l’extrême par le poids du secret.

 

L’avis de #Lilie : Le moins que je puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai découvert en ouvrant ce livre. Entraînant, intriguant, il l’est. Par contre, je ne voyais pas du tout la trame de l’histoire comme cela… loin d’être déçue, j’ai été surprise au cours de cette lecture et je dois avouer que de temps en temps, ça fait du bien de l’être !

A la lecture du quatrième de couverture, je pensais qu’on allait vite entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire suivre Nadia, une jeune femme de 17 ans qui quitte sa petite ville de Californie pour aller faire des études dans une université prestigieuse. Finalement, l’autrice prend le temps d’installer les personnages, de nous les faire découvrir avant de « faire partir » Nadia. En effet, on la suit pendant les semaines qui précèdent son départ, les épreuves auxquelles elle est soumise et qui vont, quelque part, faciliter ce départ. C’est d’ailleurs l’occasion de découvrir Aubrey, qui est la meilleure amie de Nadia, et Luke, son amant. Aubrey est puritaine et elle n’a pas connu un début de vie facile. Quant à Luke, être le fils du pasteur n’est pas forcément un poids facile à porter. Pas forcément gaté par la vie, Luke est un jeune homme qui ne sait plus trop où il en est.

Au fil des années, ces trois personnages vont se croiser, interagir, s’éloigner, se retrouver…. Bref, on suit trois tranches de vie et on prend plaisir à les voir évoluer, douter, changer de trajectoire… Car oui, comme dans la « vraie » vie, ces trois protagonistes sont perfectibles, ils font des choix, qu’ils assument ensuite… ou pas ! Ce que j’ai trouvé admirable, c’est que le narrateur omniscient ne porte pas de jugement sur leurs choix; il nous les expose, tout simplement, et c’est à nous, lecteur d’en tirer, ou pas, les conclusions qui s’imposent. Même si Nadia est un peu plus mise en avant au départ, finalement, on passe autant de temps avec les uns qu’avec les autres. Tous les trois ont un rapport particulier avec leur mère et tous les trois vont se construire grâce, ou à cause, de cela.

Le gros point positif de ce livre est, pour moi, la plume de l’autrice. Fluide, entraînante, elle nous plonge au cœur de cette communauté et on est en totale immersion. J’ai apprécié que ce roman nous expose la vie de ces personnages sans tomber dans le cliché « les afro-américains vs les blancs ». En effet, Brit Bennett décrit la vie des différents membres d’Oceanside mais je n’ai pas eu l’impression d’être dans un roman qui dénonce. Non, on est juste dans une histoire exposant les destins croisés de trois adolescents devenant adulte, qui font des choix, des erreurs et qui évoluent comme ils peuvent.

Pour conclure, « Le cœur battant de nos mères » est une très belle découverte pour moi. Cette histoire, même si elle ne m’a pas emmenée là où je pensais, m’a beaucoup plu et m’a procuré un large panel d’émotions. L’autrice est clairement à suivre tant son style est percutant et entraînant. 

 

Retrouvez ce roman sur le site des Editions « J’ai lu »

Les Amazones de Jim Fergus

Littérature Nord-Américaine – Livre sorti le 19 septembre 2019

Editions du Cherche-Midi

Service Presse

Ma note : 4,5/5

 

Je remercie les éditions du Cherche-Midi ainsi que le Picabo River Book Club qui m’ont permis de découvrir ce roman en service presse.

 

Résumé : Mille femmes blanches : L’héritage

1875 : Un chef cheyenne propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches, afin de les marier à ses guerriers. Celles-ci, « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays, intègrent peu à peu le mode de vie des Indiens, au moment où commencent les grands massacres des tribus.

1876 : Après la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre cette prétendue « civilisation » qui vole aux Indiens leurs terres, leur mode de vie, leur culture et leur histoire. Cette tribu fantôme de femmes rebelles va bientôt passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération.

Dans cet ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus mêle avec une rare maestria la lutte des femmes et des Indiens face à l’oppression, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Avec un sens toujours aussi fabuleux de l’épopée romanesque, il dresse des portraits de femmes aussi fortes qu’inoubliables.

 

Mon avis : Les deux premiers volets de cette trilogie avaient été éprouvants émotionnellement. Je me demandais si ce dernier roman allait, lui aussi, me transporter au côté des Amérindiens et me faire revivre des émotions fortes… Autant le dire tout de suite, Jim Fergus a réussi son pari et même s’il est un peu différent des précédents, ce dernier tome conclut parfaitement cette saga.

Nous retrouvons ici Molly Mc Gill, que nous avions découvert dans « La vengeance des mères », May Dodd, découverte dans « Mille femmes blanches » et Molly Standing Bear, une indienne vivant à notre époque, découverte également dans « La vengeance des mères ». Au fil des chapitres, les trois narratrices se succèdent, les deux premières pour continuer de nous décrire leurs quotidiens, la troisième pour nous éclairer sur certains points ou nous expliquer comment ces cahiers sont arrivés jusqu’à nous. Ce troisième volet ne peut pas se lire, ni même être pleinement apprécié, si on n’a pas lu les deux premiers volets. En effet, il répond à des questions laissées en suspens et l’immersion au sein de la tribu est beaucoup plus rapide que dans les romans précédents. En plus, cette histoire est d’avantage orientée vers les croyances indiennes et certains phénomènes paranormaux et termine de nous immerger dans cette culture si différente de la nôtre. Pour ma part, j’ai beaucoup appris lors de ces lectures et j’ai un regard nouveau sur les Indiens d’Amérique.

Au niveau de la construction, on est toujours sur la même structure que dans le deuxième ; en effet, on alterne entre les journaux de May et ceux de Molly Mc Gill. La seule différence réside dans l’intervention de Molly Standing Bear qui vient donner des éclaircissements sur les conditions de vie des Amérindiens de nos jours et la difficulté de leur vie aux Etats-Unis, de nos jours. La plume de l’auteur est toujours aussi visuelle, efficace et j’ai de nouveau ressenti de nombreuses émotions lors de cette lecture. J’ai repoussé le moment où j’allais terminer cette trilogie car j’ai ressenti un vrai pincement au cœur à l’idée de laisser ces protagonistes.

Pour conclure, si vous êtes intéressés par la culture amérindienne, n’hésitez pas à vous plonger dans la saga des « Mille femmes blanches ». Cette histoire incroyable est certes une pure fiction mais elle apporte un nouvel éclairage sur la relation Américains/Indiens et elle permet de faire connaitre les difficultés auxquelles les autochtones sont toujours confrontés.

 

Retrouvez ici mon avis sur « Mille femmes blanches »
Retrouvez ici mon avis sur « La vengeance des mères »
Retrouvez ce roman sur le site des édition du Cherche-Midi

 

ICI N’EST PLUS ICI de Tommy Orange.

[ LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Rentrée littéraire 2019 ]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Roques
Éditions ALBIN MICHEL – Collection Terres d’Amérique
352 pages
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.
Débordant de rage et de poésie, ce premier roman, en cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues, impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis. Ici n’est plus a été consacré « Meilleur roman de l’année » par l’ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award.

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Cela fait depuis quelques temps que je pense à me lancer dans les chroniques vidéos. Et aujourd’hui je saute dans le vide. Je ne le ferrais pas tous les jours, mais je me donne comme objectif une fois par mois (je vais rester raisonnable). Je tenais toutefois à laisser mes doigts courir le clavier et en quelques lignes décrire mon ressenti. Vous pouvez néanmoins regarder la vidéo (support IGTV) à vos risques et périls, je ne suis pas certaine d’être compréhensible et je vous l’accorde je suis loin d’être à l’aise.

 

ICI N’EST PLUS ICI laisse pantois. Difficile de mettre les mots adéquats sur ce roman choral, le premier de Tommy Orange. Un roman choral particulièrement prenant où les mots fusent telles des balles accaparant le lecteur dans une tornade infernale. ICI N’EST PLUS ICI n’a rien de merveilleux. Portrait d’une communauté désenchantée, engloutie par l’égoïsme et l’arrogance de l’homme blanc. Les désillusions ont pris possession de ces femmes et de ces hommes arrachés à leur croyance, à leur vies et à leurs espérances depuis des décennies. Massacre consensuel et voulu, tout en silence, d’un art de vivre en adéquation avec la nature et les esprits.

 

12 personnages, 12 vies intrinsèques qui portent aux nues le désarroi incommensurable de tout un peuple. Alcool, violence, abandon, dépression, tout autant de maux qui trouvent leurs sources dans cet héritage arraché. Pourtant l’espoir perce dans ces petits trucs de rien du tout : un enfant qui enfile un costume et qui ne cesse de danser, un tambour qui résonne, des chants, un homme et sa caméra qui capturent ses instants dérisoires et le grand pow-wow, rassemblement de souvenirs. Un héritage qui persiste et dure, un héritage nécessaire quand les mots disparaissent d’une génération à l’autre ou quand cet héritage est bien trop lourd à porter.

 

Un roman puissant porter par les mots poétiques et judicieux d’un auteur hors norme.

 

Nous sommes l’ensemble des souvenirs que nous avons oubliés, qui vivent en nous, que nous sentons, qui nous font chanter et danser et prier comme nous le faisons, des sentiments tirés de souvenirs qui se réveillent ou éclosent sans crier gare dans nos vies, comme une tache de sang imbibe la couverture à cause d’une blessure faite par une balle qu’un homme nous tire dans le dos pour récupérer nos cheveux, notre tête, une prime ou simplement pour se débarrasser de nous. […]
Être indien en Amérique n’a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. […]
Mais pour les Autochtones de ce pays, partout aux Amériques, se sont développés sur une terre ancestrale enfouie le verre, le béton, le fer et l’acier, une mémoire ensevelie et irrécupérable. Il n’y a pas de là, là : ici n’est plus ici.
 
Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Albin Michel (vidéo et extraits).

… le Picabo River Book Club.

 

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Un grand merci à Léa et au Picabo River Book Club.

La PAL « vacances en Croatie » de #Lilie

20190717_094801Contrairement à #Esméralda, je ne vous présenterai pas ma PAL de l’été en vidéo. Comme je me sens plus à l’aise derrière mon clavier, je viens donc vous présenter, dans cet article, ma sélection de livres pour mes 11 jours de séjour en Croatie. Certains penseront que je suis optimiste de prendre tout ça…. J’ai envie de vous dire, quand je pars en vacances, j’aime avoir le choix dans mes lectures et en plus, j’ai tendance à avaler les livres, que ce soit sur la plage ou sur un transat après une journée de visite ! De plus, je n’aime pas prendre ma liseuse car j’ai toujours peur de l’abimer ou de l’oublier quelques part…. donc je remplis mon sac à dos de livres de poche qui m’ont fait de l’œil pendant toute l’année 🙂

 

Voici donc ma sélection :

Les romances :

après toi« Après toi » de Jojo Moyes, éditions Milady. Pendant longtemps, j’ai refusé de lire ce roman car « Avant toi » m’avait tellement bouleversé que je ne voulais pas connaître l’après. Finalement, ma curiosité a fini par reprendre le dessus lors d’un revisionnage du film, il y a quelques semaines. Voici le résumé : Un an et demi après avoir exaucé le vœu de Will, qui souhaitait bénéficier du suicide assisté, Lou quitte sa ville natale où elle est la cible de critiques. Elle commence une nouvelle vie à Londres, mais elle a du mal à se conformer aux dernières volontés de Will qui lui recommandait de profiter de la vie.

 

l'honneur de Preston« L’honneur de Preston » de Mia Sheridan, éditions Hugo Poche. Mia fait partie des autrices que j’aime lire l’été. Ses romances sont souvent magnifiques, bouleversantes et assez addictives. Je continue donc ma découverte de son univers avec celui-ci, qui s’annonce très prenant ! Résumé : Peut-on jamais guérir des blessures du passé ?

Annalia Del Valle rentre chez elle, elle semble torturée sans qu’on en connaisse encore la raison. Elle arrive en ville remplie d’appréhension et se retrouve en face de Preston Sawyer, un des deux jumeaux qu’elle a aimé pendant son adolescence.
Preston est le frère responsable qui se fait un point d’honneur de respecter la promesse qu’il a faite à son frère jumeau : celle d’oublier le profond amour qu’il ressent pour Annalia. Mais une nuit, le cours de leur vie est bouleversé.Leur sera-t-il possible de revenir en arrière ?
 » Ils étaient deux frères – jumeaux – je les aimais tous les deux, mais mon âme n’appartenait qu’à l’un d’entre eux. « 

 

7 bonnes raisons de rester célib« 7 bonnes raisons de rester célibataire (ou pas) » de Cécile Chomin, éditions J’ai lu, collection « j’ai lu pour elle ». La nouvelle comédie romantique de cette autrice est parfaite comme lecture d’été car je suis quasi-sûre de passer, une nouvelle fois, un moment rafraichissant avec ce livre. J’ai eu l’occasion de lui acheter lors du salon du livre de Limoges, il me tarde de pouvoir enfin lui donner mon avis !! Résumé : Elles sont sept, sept filles qui se connaissent depuis la fac et qui partent en Italie pour enterrer la vie de jeune fille de l’une d entre elles, Juliette. Après quelques couacs dans l’organisation du voyage, elles posent enfin leurs valises dans un hôtel au bord du lac de Côme. Alors que le séjour débute sous les meilleurs auspices, Juliette disparaît. Coup de tête, coup de foudre ? Elles ne seront pas trop de six pour élucider le mystère ! Entre road movie déjanté et roman initiatique, Cécile Chomin nous offre une comédie jubilatoire, un hymne à l’amitié plein de finesse et de bienveillance.

 

rencontre ds l'upper east side« Rencontre dans l’Upper East-Side » de Sarah Morgan, éditions Harlequin, collection &H. Sarah Morgan fait partie également de ces autrices avec qui on sait qu’on va passer un bon moment ! Ce tome 1 de la saga « From New-York with love » s’annonce savoureux ! Résumé : Voici Molly. Rédactrice au courrier du cœur à New York, elle se considère comme une experte en relations amoureuses. Enfin, seulement celles des autres. Car pour elle, le grand amour de sa vie, c’est son dalmatien.
Et voici Daniel. Avocat spécialiste des divorces, il est bien placé pour savoir que les relations amoureuses sont à éviter à tout prix. Pourtant, un beau matin, il se retrouve à faire des pieds et des mains pour emprunter un chien… tout ça dans le but de provoquer une rencontre avec la mystérieuse joggeuse qu’il croise quotidiennement à Central Park avec son dalmatien…
Molly et Daniel ont un avis bien arrêté sur les relations amoureuses. Leur rencontre risque de tout bouleverser…

 

 La sélection « Nord-Américaine » grâce au Picabo River Book Club :

mon désir le plus ardent« Mon désir le plus ardent » de Pete Fromm, traduit par Juliane Nivelt. Le Picabo River Book Club est un groupe sur Facebook d’amoureux de la littérature nord américaine et tous les mois, Léa nous propose des livres du mois en partenariat avec des éditeurs. Comme je suis dépassée par toutes mes lectures, je lis donc maintenant un des romans proposés pour les poches du mois de mai. Résumé : Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Et puis elle rencontre Dalt, et plus rien ne compte. A vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour absolue et explosive. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, ils vivent leur passion à cent à l’heure et partent créer leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Très vite, ils décident de fonder une famille. Mais l’enfant qu’ils désirent de tout leur coeur tarde à venir. Un jour, alors que Dalt est en expédition en Mongolie, Maddy apprend une nouvelle qui bouleverse son existence.

 

nous irons tous au paradis« Nous irons tous au paradis » de Fannie Flagg, traduit par Jean-Luc Piningre, éditions Pocket. J’ai enfin pu découvrir cette autrice grâce à un partenariat organisé par le Picabo River Book Club. Je poursuis donc ma découverte avec ce roman qui s’annonce très sympa. Résumé : Elmwood Springs, Missouri. Elner Shimfissle, pétillante octogénaire, dérange un essaim de guêpes en cueillant des figues dans son arbre, se fait piquer et tombe de l’échelle. À l’hôpital, elle est déclarée morte. La nouvelle se propage vite dans la communauté. Tous ou presque évoquent cette femme d’un incroyable optimisme, toujours prête à rendre service. Son décès brutal pousse également ses proches à s’interroger sur le sens de la vie en général, et de la leur en particulier. C’est peut-être Elner elle-même qui, contre toute attente, détient les réponses à leurs questions. Revenue inopinément d’entre les morts, à la grande surprise des médecins et de sa famille, elle rapporte en effet des souvenirs de son bref passage dans l’au-delà. Ceux-ci vont bouleverser l’existence de cette petite ville jusqu’ici bien tranquille.

 

Lectures d’été, qui donnent envie de voyager :

il est grand temps de rallumer les étoiles pox« Il est grand temps de rallumer les étoiles » de Virginie Grimaldi, éditions le livre de Poche. Virginie Grimaldi est une autrice dont j’ai découvert la plume l’été dernier et depuis, j’ai eu la chance de la rencontrer à deux reprises. Ses romans sont savoureux, positifs, donc parfaits pour m’accompagner dans mon road-trip Croate. Résumé : Anna, trente-sept ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À dix-sept ans, Chloé a renoncé à ses rêves pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Lily, du haut de ses douze ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

 

cartes postales de Grèce« Cartes postales de Grèce » de Victoria Hislop, éditions le livre de Poche. J’ai connu Victoria Hislop il y a quelques années, avec son premier roman « l’île des oubliés« , qui se passait sur l’île de Spinalonga. Ses romans ont toujours à la fois un cadre historique réel et passé et au niveau géographique, un cadre méditerranéen. J’ai beaucoup aimé ses trois premiers romans mais n’ai pas réussi à entrer dans son quatrième… Je retente ma chance avec ce roman se déroulant en Grèce, comme ses premiers, en espérant qu’il m’embarque dans une folle histoire. Résumé : Dans sa boîte aux lettres, Ellie trouve, semaine après semaine, des cartes postales signées d’une simple initiale : A. Pourquoi lui parviennent-elles ? Qui est l’expéditeur ? Portant l’éclat du ciel grec et l’eau cristalline de la mer, ces cartes sortent la jeune femme de sa morosité quotidienne. Un jour, les envois cessent cependant. Ellie se sent délaissée, privée de cette bouffée d’oxygène qui la faisait voyager. Elle prend alors une décision : découvrir la Grèce par elle-même. Le matin de son départ, elle reçoit un carnet par la poste. Le parcours du fameux A. y est raconté. Celui-ci observe avec tendresse et générosité les Grecs, ce qui fait le sel de leur quotidien. Derrière ses observations et ses anecdotes se dessine le portrait d’un homme blessé.

 

Alors, en avez-vous déjà lu certains d’entre eux ? Comment êtes-vous quand vous partez en vacances ? Plutôt liseuse ou livre papier ? Grosse PAL ou pas le temps de lire pendant vos séjours? Je veux tout savoir et je vous donne rendez-vous à mon retour pour vous rendre compte de mes lectures !

LA PLACE DU MORT de Jordan Harper.

 

[ ROMAN NOIR – Nouveauté 2019]
Éditions ACTES SUD – Collection Actes Noires
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude
Titre original : She Rides Shotgun
272 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
Lien Kindle

 

Le résumé :
Polly McClusky a onze ans le jour où son père Nate, fraîchement sorti de prison, vient la récupérer à la sortie du collège. Elle ne sait pas encore que sa mère a été assassinée, ni que sa tête et celle de son paternel ont été mises à prix. C’est le début d’une cavale violente et sanglante à travers la Californie. Et la naissance d’une complicité, affective et criminelle. Un premier roman sombre, nerveux et plein d’humanité sur la famille, le sacrifice et la rédemption.
 

 

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Lorsque Polly revint du magasin d’un pas calme et lent, comme la conduite de son père, les sacs en plastique rebondissaient sur ses jambes. Elle leva les yeux vers la nuit pleine d’étoiles. La plupart du temps, dans l’Inland Empire, les étoiles étaient cachées. Ils étaient suffisamment loin de tout pour en voir des centaines. Polly savait qu’elles se trouvaient à des millions de kilomètres, si lointaines, qu’elles étaient peut-être déjà mortes et que la lumière n’étaient sue le passé rattrapant la Terre. Elle se demanda s’il y avait vraiment d’autres planètes là-haut, des planètes où tout était pareil qu’ici, mais un peu différent. Elle se demanda s’il existait un monde, un seul, où elle aurait l’air normale.

 

Polly, qui vient de Vénus (elle en est sûre), voit sa vie basculer, lorsque son père, cet homme racé, tatoué aux yeux d’un bleu indescriptible, l’attend nonchalamment à la sortie de l’école. Polly ne l’a plus vu depuis de nombreuses années. La prison les a séparés et puis il faut dire qu’il n’a jamais été un père attentif, protecteur et attentionné. Malgré tout c’est son père qu’elle a devant elle. Ses yeux croient à un mirage. Doit-elle le suivre ? Doit-elle s’enfuir en courant ?

 

Polly est une jeune fille de 11 ans. Entre deux âges ; c’est une grande et encore une petite fille innocente. Polly est très intelligente et elle a une façon d’appréhender le monde unique aussi pure que candide tout en percevant cette réalité dure et impitoyable des adultes. Polly a « des yeux de tueuses, comme son père ». Tel un funeste présage, la vie qui se profile à l’horizon va lui donner raison.

 

Polly petite fille dans le corps d’une grande fille. Accompagnée de son fidèle compagnon, nounours, elle part main dans la main avec un père qui sera prêt à tout pour déjouer la mort. Cette mort qui ne le lâche pas d’une semelle, ancrée dans la peau comme sur ce fichu papier signant l’arrêt de mort. La Force aryenne a les crocs et seul le sang peut soulager cette douleur tenace. Les chiens sont lâchés. La course peut commencer !

 

Polly et Nate duo incroyable et improbable, un Bonnie et Clyde, sans foi ni loi. Polly n’a plus le choix, elle doit apprendre à survivre. Nounours devient spectateur d’une métamorphose qui se fait dans la douleur, les cris et les coups. Mais Polly a des yeux d’une tueuse comme son père, et pour lui, pour elle, elle est prête à tout endurer. Elle devient une petite pro, écoute, apprend, anticipe, prévoit comme les grands. Alors Nate découvre au travers sa fille un aspect qu’il ne pensait jamais pouvoir effleurer du doigt : l’amour. L’amour qui porte se couple atypique, l’amour qui les lie aux plus forts des situations périlleuses. L’amour qui les transporte au delà de la mort. L’amour a transformé Nate. La mort transforme Polly.

 

Jordan Harper signe un premier roman d’une rare et puissante beauté. Immersif, percutant, poignant, destructeur et douloureux sont les termes que j’emploie pour décrire ce roman. La violence est omniprésente. Elle est là tapie dans l’ombre, prête à mordre au moindre faux pas. Elle respire, dirige, meurtrit ceux qui s’y frottent de trop près. Serpent mortel qui attend juste son heure. Si Nate est à la place du mort, cela n’induit pas qu’il se laissera faire.

 

Jordan Harper m’a littéralement scotchée. J’ai dévoré ce roman noir inouï. Une plume nerveuse qui sait parfaitement mettre en valeur les sentiments de ses protagonistes, les émotions ambivalentes qui se dégagent des différentes situations. Il dépeint avec hargne un univers violent et intransigeant aux codes intraitables. En contre partie, il y a cet amour aussi violent que tendre qui explose tout.

 

LA PLACE DU MORT est un roman noir nerveux, ambivalent, tendre, violent. Un meltingpot de sensations et d’émotions qui m’ont assaillie et bouleversée.

 

Un incontournable 2019 ! A découvrir sans hésitation !

 

Quand vous entrez dans un débit de boissons, un pistolet à la main et le visage masqué, vous arrachez le couvercle du monde. Le temps fait vraiment des trucs à la Einstein. Il s’étire ; il se rétracte.
Une seconde après avoir franchi le seuil, et avant même que les premiers oh merde oh merde oh merde aient effleuré l’esprit du vendeur, Nate eut le temps de se rappeler le soir où Polly était née. Il avait reçu un coup de fil d’Avis, la voix apeurée. Elle lui avait dit qu’elle était en travail. Le bébé allait sortir. Est-ce que Nate serait là ? Est-ce qu’il allait la retrouver à l’hôpital ?
Nate avait dit qu’il serait là. Il avait raccroché. Regardé Nick, sur le siège conducteur. Nick tenait le pistolet dans sa main, son masque de ski sur les cuisses. Il avait son sourire diabolique.
« Tout va bien ? » avait demandé Nick. Nate avait simplement hoché la tête et enfilé son propre masque.

 

#Esméralda

 


 

Une lecture en partenariat avec le PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions Actes Sud. Je vous en remercie infiniment.

 

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… le site des éditions Actes Sud.

… l’avis Les Jolis Moustachus

 

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