TEXTO de Dmitry Glukhovsky

 
[ ROMAN NOIR – Nouveauté 2019]
Traduit du russe par Denis E. Savine
Titre original : Tekcm, 2017
Éditions L’ATALANTE – Collections NOIR ET POLICIER
395 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
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Le résumé :
Il est des gens qui laissent une trace derrière eux, et il y a ceux dont il ne reste rien. Le smartphone sait tout de nous : notre quotidien, nos vices, nos amours, nos espoirs, nos secrets inavouables. Mon smartphone est moi. Si quelqu’un s’en empare, il devient moi aux yeux de tous. Le temps que l’imposture soit découverte, il est trop tard. Pour tout le monde. Haletant, sombre, émouvant et engagé, le nouveau roman d’un des prodiges de la nouvelle génération d’écrivains russes.
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Direction Moscou le clinquant et sa banlieue des oubliés. Corruption, manipulation, complot, sexe, drogue, argent, un monde où les non initiés ne peuvent guère survivre, un monde où la tolérance 0 n’existe pas, un monde impitoyable, cruel où l’être humain semble s’y être perdu. Le grand méchant loup est prêt à dévorer et à faire un sacré carnage.

Ilya avait la jeunesse, la vie devant lui. Ilya rêvait des filles, de son avenir, de l’argent et des soirées trop arrosées. Ilya n’avait que vingt ans quand sa vie a basculé. Sa liberté lui a été retirée alors qu’il a été piégé par un flic véreux en quête de sensation, de pouvoir et de promotion. Ilya a du partir, embarqué de force dans ce train qui le mène à des milliers de kilomètres de sa mère. Ilya ne peut rien faire contre le système alors il va devoir s’adapter. Il apprend à survivre en prison au milieu de types hyper dangereux. La discipline, le respect, le contrôle de soi, la prison fait de lui un autre homme mais il n’a pas oublié celui qui l’a envoyé ici et la rancœur s’épanouit librement pendant sept longues années.

Le retour aurait du être un moment joyeux. Il attendait avec impatience les retrouvailles avec sa mère dont il imaginait dans sa cuisine, cœur vaillant à l’ouvrage, lui préparant des petits plats. La dure réalité le rattrape bien trop vite. Un pied de nez sadique qui lui ouvre les portes de l’enfer. Tristesse, mélancolie, colère, haine, un ultime shoot qui lui fait perdre pied et le pousse à perpétrer un geste désespéré. Son ultime échappatoire, le temps de prévoir une issue de secours, faire croire que le propriétaire de ce téléphone maudit est toujours vivant. Ilya s’accapare une vie, la décortique à tout va, via ce smartphone, une ouverture propice, un prolongement d’un homme qui gît six pied sous terre. Ilya est pris dans une frénésie utopique où la rédemption est salutaire. La réalité n’hésite pas à toquer à sa porte : sa mère et son avenir l’attendent patiemment. Seulement entre l’immoralité et le respect, le choix n’a rien d’une sinécure.

TEXTO est le genre de roman que j’adore découvrir. Un monde à deux vitesses où le riche complote tandis que le pauvre essaye tant bien que mal de survivre. D.G. a cette plume subversive qui ne fait pas cas de la brutalité des situations, des contextes et des personnages. D.G. adore interpeller, choquer et remuer les tripes. Car oui TEXTO est un de ces romans qui vous accapare dès le départ pour ne plus vous lâcher jusqu’au point final. Il dépeint sans contexte un monde « brouillon » où l’égocentrisme et le profit ont pris le pouvoir sur les valeurs moraux. L’objet que détient Ilya est le témoin de tous ces déboires. La vie d’un homme dans une machine, un instrument puissant qui détient touts ses secrets. Quelle ironie ! Une superbe découverte que j’ai pris le temps de savourer. Entre actions et réflexions plus longues, cette  aventure a une saveur amère et acide qui parfois s’adoucit. C’est un voyage effroyable et éreintant au son des bips des notifications qu’ils décomptent jusqu’à l’heure fatidique. Je ne m’étais jamais intéressée à la littérature russe par peur d’une certaine rudesse qui aurait pu m’effrayer. Voilà que j’ai révisé mon point de vue, ma pile à lire va être contente.

TEXTO est brutal et sanglant mais qui dépeint avec une réalité surprenante un monde en noir et blanc.

#Esméralda

 
Je remercie les éditions L’Atalante pour leur confiance et patience.

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… la biographie de Dimitry Glukhovsky.

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LA PLACE DU MORT de Jordan Harper.

 

[ ROMAN NOIR – Nouveauté 2019]
Éditions ACTES SUD – Collection Actes Noires
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude
Titre original : She Rides Shotgun
272 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
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Le résumé :
Polly McClusky a onze ans le jour où son père Nate, fraîchement sorti de prison, vient la récupérer à la sortie du collège. Elle ne sait pas encore que sa mère a été assassinée, ni que sa tête et celle de son paternel ont été mises à prix. C’est le début d’une cavale violente et sanglante à travers la Californie. Et la naissance d’une complicité, affective et criminelle. Un premier roman sombre, nerveux et plein d’humanité sur la famille, le sacrifice et la rédemption.
 

 

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Lorsque Polly revint du magasin d’un pas calme et lent, comme la conduite de son père, les sacs en plastique rebondissaient sur ses jambes. Elle leva les yeux vers la nuit pleine d’étoiles. La plupart du temps, dans l’Inland Empire, les étoiles étaient cachées. Ils étaient suffisamment loin de tout pour en voir des centaines. Polly savait qu’elles se trouvaient à des millions de kilomètres, si lointaines, qu’elles étaient peut-être déjà mortes et que la lumière n’étaient sue le passé rattrapant la Terre. Elle se demanda s’il y avait vraiment d’autres planètes là-haut, des planètes où tout était pareil qu’ici, mais un peu différent. Elle se demanda s’il existait un monde, un seul, où elle aurait l’air normale.

 

Polly, qui vient de Vénus (elle en est sûre), voit sa vie basculer, lorsque son père, cet homme racé, tatoué aux yeux d’un bleu indescriptible, l’attend nonchalamment à la sortie de l’école. Polly ne l’a plus vu depuis de nombreuses années. La prison les a séparés et puis il faut dire qu’il n’a jamais été un père attentif, protecteur et attentionné. Malgré tout c’est son père qu’elle a devant elle. Ses yeux croient à un mirage. Doit-elle le suivre ? Doit-elle s’enfuir en courant ?

 

Polly est une jeune fille de 11 ans. Entre deux âges ; c’est une grande et encore une petite fille innocente. Polly est très intelligente et elle a une façon d’appréhender le monde unique aussi pure que candide tout en percevant cette réalité dure et impitoyable des adultes. Polly a « des yeux de tueuses, comme son père ». Tel un funeste présage, la vie qui se profile à l’horizon va lui donner raison.

 

Polly petite fille dans le corps d’une grande fille. Accompagnée de son fidèle compagnon, nounours, elle part main dans la main avec un père qui sera prêt à tout pour déjouer la mort. Cette mort qui ne le lâche pas d’une semelle, ancrée dans la peau comme sur ce fichu papier signant l’arrêt de mort. La Force aryenne a les crocs et seul le sang peut soulager cette douleur tenace. Les chiens sont lâchés. La course peut commencer !

 

Polly et Nate duo incroyable et improbable, un Bonnie et Clyde, sans foi ni loi. Polly n’a plus le choix, elle doit apprendre à survivre. Nounours devient spectateur d’une métamorphose qui se fait dans la douleur, les cris et les coups. Mais Polly a des yeux d’une tueuse comme son père, et pour lui, pour elle, elle est prête à tout endurer. Elle devient une petite pro, écoute, apprend, anticipe, prévoit comme les grands. Alors Nate découvre au travers sa fille un aspect qu’il ne pensait jamais pouvoir effleurer du doigt : l’amour. L’amour qui porte se couple atypique, l’amour qui les lie aux plus forts des situations périlleuses. L’amour qui les transporte au delà de la mort. L’amour a transformé Nate. La mort transforme Polly.

 

Jordan Harper signe un premier roman d’une rare et puissante beauté. Immersif, percutant, poignant, destructeur et douloureux sont les termes que j’emploie pour décrire ce roman. La violence est omniprésente. Elle est là tapie dans l’ombre, prête à mordre au moindre faux pas. Elle respire, dirige, meurtrit ceux qui s’y frottent de trop près. Serpent mortel qui attend juste son heure. Si Nate est à la place du mort, cela n’induit pas qu’il se laissera faire.

 

Jordan Harper m’a littéralement scotchée. J’ai dévoré ce roman noir inouï. Une plume nerveuse qui sait parfaitement mettre en valeur les sentiments de ses protagonistes, les émotions ambivalentes qui se dégagent des différentes situations. Il dépeint avec hargne un univers violent et intransigeant aux codes intraitables. En contre partie, il y a cet amour aussi violent que tendre qui explose tout.

 

LA PLACE DU MORT est un roman noir nerveux, ambivalent, tendre, violent. Un meltingpot de sensations et d’émotions qui m’ont assaillie et bouleversée.

 

Un incontournable 2019 ! A découvrir sans hésitation !

 

Quand vous entrez dans un débit de boissons, un pistolet à la main et le visage masqué, vous arrachez le couvercle du monde. Le temps fait vraiment des trucs à la Einstein. Il s’étire ; il se rétracte.
Une seconde après avoir franchi le seuil, et avant même que les premiers oh merde oh merde oh merde aient effleuré l’esprit du vendeur, Nate eut le temps de se rappeler le soir où Polly était née. Il avait reçu un coup de fil d’Avis, la voix apeurée. Elle lui avait dit qu’elle était en travail. Le bébé allait sortir. Est-ce que Nate serait là ? Est-ce qu’il allait la retrouver à l’hôpital ?
Nate avait dit qu’il serait là. Il avait raccroché. Regardé Nick, sur le siège conducteur. Nick tenait le pistolet dans sa main, son masque de ski sur les cuisses. Il avait son sourire diabolique.
« Tout va bien ? » avait demandé Nick. Nate avait simplement hoché la tête et enfilé son propre masque.

 

#Esméralda

 


 

Une lecture en partenariat avec le PICABO RIVER BOOK CLUB et les éditions Actes Sud. Je vous en remercie infiniment.

 

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… le site des éditions Actes Sud.

… l’avis Les Jolis Moustachus

 

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BULL MOUNTAIN de Brian Panowich

 
[ ROMAN NOIR – réédition poche 2019]
ACTES SUD – Collection Actes Noirs
Traduit par Laure Manceau
336 pages
Ma note : 5/5 mention « à dévorer »
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Lecture commune de janvier avec le PICABO RIVER BOOK CLUB

 
Le résumé :
Chez les Burroughs, on est hors-la-loi de père en fils. Depuis des générations, le clan est perché sur les hauteurs de Bull Mountain, en Géorgie du Nord, d’où il écoule alcool de contrebande, cannabis et méthamphétamine jusque dans six Etats, sans jamais avoir été inquiété par les autorités. Clayton, le dernier de la lignée, a tourné le dos à sa fratrie en devenant shérif du comté. A défaut de faire régner la loi, il maintient un semblant de paix. Jusqu’au jour où débarque Holly, un agent fédéral décidé à démanteler le trafic des montagnards. Clayton se résout alors à remonter là-haut pour proposer un marché à son frère. Il sait qu’il a une chance sur deux de ne pas en redescendre. Ce qu’il ignore, c’est que Holly en a fait une affaire personnelle, et que l’heure des pourparlers est déjà passée. Roman noir rural et déchirant salué par bon nombre d’auteurs fameux, à commencer par James Ellroy, Bull Mountain se lit comme l’histoire de Cain et Abel dans un Sud plus poisseux que jamais.

 
L’avis d’#Esméralda :
L’histoire aurait pu commencer par « il était une fois, une jolie montagne où vivait une gentille famille » et se terminer par « ils eurent beaucoup d’enfant ». Cela aurait pu se passer de cette manière, si la montagne n’était pas Bull mountain et si la gentille famille n’était pas celle des Burroughs. En ce qui concerne les enfants, et bien ma foi, c’est la stricte vérité.
Bull Mountain, no man’s land, de l’état de l’Oregon a vu grandir des générations de Burroughs. Famille patriarcale, pure et dure, les fils sont élevés aux coups de feu et au sang qui coule. Pas de pitié et pas de manière, la famille Burroughs sont des durs à cuire aux quels il vaut mieux ne pas se frotter. Famille paria et crainte, elle règne sans concession sur sa montagne. Si tu arrives à avoir un pass-droit, tu verras que cette montagne ne cache pas le paradis mais l’enfer. Elle devient le terrain de jeux favoris pour l’alcool de contrebande, la culture du cannabis et laboratoire de méthamphétamine. L’honneur et le respect prévalent sur toutes formes d’amitiés, si tu prêtes allégeance à la famille Burroughs c’est pour des générations.
Sacrée famille Burroughs ! Personnages aussi effroyables qu’extravagants liés par les liens du sang et un honneur à toute épreuve. Perpétuer la « tradition » et le business est l’unique but des hommes Burroughs. Pas de quartier et pas de sommation, le moindre écart et la gâchette déraille accidentellement.  
La dernière génération des Burroughs ne fait pas dans la dentelle. Alors que le frère cadet, Clayton, décide pour les beaux yeux de sa femme, Kate, de se présenter au poste du shérif du comté qui réussit à obtenir haut la main et par un heureux hasard, les deux grands frères, Halford et Buckley, font prospérés l’affaire familiale. Mais ce qui devait arriver, arriva :
Si Clayton était le bon, et Halford la brute, alors Buckley était le truand. Ca ne l’avait pas surprise – ça n’avait surpris personne – d’apprendre qu’il avait été tué par balles au cours d’échanges de coups de feu avec la police. Il était du genre à tirer sans réfléchir, et probablement qu’il méritait tout ce qui lui était arrivé, mais il n’en demeurait pas moins le frère de Clayton. Il faisait partie de la famille, et Clayton avait le droit de lui rendre hommage, malgré ce que Halford et sa clique en pensaient.
 
Les années s’écoulent patiemment sans heurts insurmontables. La vie suis son court sur la montagne et dans la vallée. Tranquillement et sans précipitations. Jusqu’au moment où un hurluberlu attifé d’un costard nickel vient jouer les cadors avec sa proposition aussi alléchante qu’inquiétante.
Les choses sérieuses débutent maintenant ! Qui y laissera des plumes ?
Voilà un roman noir efficace à 200% ! Pas de quartier et pas de sentiments, Brian Panowich décrit à merveille ce que la famille a de plus sombre à exiger. Ces liens intrinsèques et puissants qui condamnent ces hommes à une prédestinée malsaine et sans concession et contestation. Une famille qui se détruit peu à peu, s’étiole et se braque. Une famille qui s’embourbe mais qui tend à survivre dans un dernier souffle. Brian Panowich ne laisse aucun répit à son lecteur et l’immerge immédiatement dans une spirale infernale où les éléments se déchainent. Le passé se confronte au présent pour un futur des plus sombres. Les points de vue et les narrateurs s’enchainent pour une histoire qui sans relâche ne présage rien de bon. La tension monte crescendo pour un final à couper le souffle. Un final où l’enfer se défoule dans un ballet chaotique. Ce roman noir rural est hypnotique et addictif. Les chapitres défilent au point crucial où je me suis exclamée : »oh bordel! ».
Ce roman est à dévorer littéralement ! La suite paraitra dans quelques semaines.
 
 
L’avis de #Lilie :
Ce livre est très loin de ma zone de confort de lecture. Désigné comme « lecture commune » du Picabo River Book Club ce mois-ci, j’ai longuement hésité…… avant de me lancer. Laissez-moi vous dire que ce roman m’a mis une claque monumentale et m’a procuré un plaisir à lire incroyable !
Dans ce roman, nous faisons connaissance avec une partie de la famille Burroughs : Clayton, le shérif, et ses frères Halford et Buckley, leur père Gareth, leur grand-père Cooper et leur grand-oncle Riley. Chez les Burroughs, la Montagne est leur domaine et personne n’ose venir mettre son nez dans leurs affaires. Clayton, qui a choisi de devenir shérif, laisse ses frères vivre de leur trafic mais il ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour eux. Lorsque Holly, un agent fédéral, débarque dans son commissariat pour tenter de mettre fin à ces pratiques, le shérif sera pris en tenaille entre esprit de famille et l’accomplissement de son devoir. De nombreux personnages sont présentés au fil des chapitres et permettent d’en apprendre davantage sur la lignée des hommes de Bull Mountain. Par ailleurs, l’auteur a fait le choix de mettre en lumière à chaque chapitre un protagoniste différent, ne vivant pas forcément à la même époque. Au départ, j’ai été déstabilisée de changer de période et de personnage aussi souvent. Pourtant, au fil des pages, cette gymnastique devient addictive et très enrichissante dans la mesure où cela nous permet de suivre l’évolution de la famille Burroughs, de leurs affaires et aussi de mettre en lumière des choix qu’ils ont pu faire au cours de leur vie.
Brian Panowich livre ici un roman noir, plein de rebondissements et qui ne laisse aucun répit au lecteur. En effet, son écriture est addictive et l’intrigue tellement bien ficelée qu’on ne peut s’empêcher de vouloir en apprendre davantage. On se demande surtout jusqu’où il va nous amener et je dois avouer que j’ai, à de nombreuses reprises, hurler de stupeur et été prise à contrepied car je ne m’attendais pas à de tels rebondissements. Sous couvert d’une histoire de famille, l’auteur met également en lumière les trafics qui peuvent exister dans les contrées reculées  des Etats-Unis et l’impact du poids de l’histoire familiale dans ces régions. 
Pour conclure, ce roman est une très belle découverte. Roman noir, roman familial, « Bull Mountain » est un livre addictif, surprenant qui ne vous laissera ni répit ni indemne en arrivant à la fin. Je viens d’apprendre que la suite devait paraître sous peu, j’ai hâte de m’y plonger !

 

 


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LE POIDS DU MONDE de David Joy.

 

[ LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – ROMAN NOIR – Rentrée littéraire 2018]

Éditions SONATINE

Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Fabrice Pointeau

Titre original : The weight of this world, 2017

 

Format numérique (320 pages) : 14.99€

Broché : 21.00€

Ma note : 4/5

 

 

 


 

Le résumé :

 

 » Un roman parfait, qui va rester dans toutes les mémoires.  » Donald Ray Pollock
Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?
Après Là où les lumières se perdent (Sonatine Éditions, 2016), unanimement salué par la critique, David Joy nous livre un nouveau portrait saisissant et désenchanté de la région des Appalaches, d’un réalisme glaçant. Un pays bien loin du rêve américain, où il est devenu presque impossible d’échapper à son passé ou à son destin. Plus encore qu’un magnifique  » rural noir « , c’est une véritable tragédie moderne, signée par l’un des plus grands écrivains de sa génération.

 


 

Mon avis :

 

 

Du roman noir, bien serré, bien corsé, y a qu’à demander David Joy. Alors je ne connais pas cet auteur, mais son roman à de quoi remuer les tripes dans tous le sens. Une première rencontre qui ne m’a pas entièrement convaincue et pourtant je l’ai dévoré !

 

Personnages désœuvrés !

 

David Joy attaque très fort dès les premières lignes, uns scène avec de la cervelle en bouilli sur le mur et un petit garçon traumatisé à vie par cette image inqualifiable. Aiden est tout jeune et n’a pas d’autre famille, s’ensuit pour lui l’expérience de l’orphelinat qui ne trouve pas grâce à ses yeux. Une fuite plus tard, errant dans les montagnes des Appalaches, une nouvelle rencontre qui déterminera le restant de sa vie, Thad. Ce dernier vit dans un mobil-home au fond de son jardin. Il n’a que 7-8 ans et déjà mis à la porte par son père adoptif et une mère résignée qui a perdu toute volonté de se rebiffer. Thad est un petit farfelu, il se dit fils d’indien, se roule dans la boue et fume. Petits délinquants à venir, ce duo forme une famille. Plus que les liens du sang, cette amitié c’est pour la vie et la mort, même devant les portes de l’enfer. Un lien puissant, indéfectible, intemporel. Ils grandissent deviennent des hommes, des délinquants. Thad part pour la guerre durant deux années et Aiden devient un ouvrier du bâtiment méritant. Tout semble aller pour le mieux pour nos deux héros, mais c’est si peu dire. LA réalité est souvent si sournoise, imprévisible et malsaine.

 

Poids de l’héritage ?

 

Il ne va s’en dire qu’Aiden et Thad ont grandi dans un environnement familial qui n’a rien à voir avec la famille Higalls. Alcool, violence, manipulation sont leur quotidien. Se libérer de ses chaines destructrices aussi jeune est certainement infaisable et impensable. Cette violence est une seconde peau qui s’infiltre laissant les âmes dépérir à petit feu. La drogue devient alors la seule solution pour masquer cette désillusion. Thad veut oublier la guerre, Aiden veut oublier les montagnes sinistres et le fait qu’il ne mérite aucune famille. La drogue est dans ces moments là liée à l’argent et avec les conséquences néfastes qui en découlent. Toujours dans leur mobil-home, ancre irréelle dans un monde qui ne veut pas d’eux, qui ne leur laisse aucune chance. Ces montagnes oppressantes deviennent destructrices de rêves. Même si April, la maman de Thad, veille sur son petit protégé (Aiden) depuis la maison en haut de la colline. Cette figure maternelle, cougar, n’a rien d’une lumière qui transperce l’obscurité. La famille, les secrets, les non-dits et les souvenirs emprisonnent nos deux héros dans un drame continuel et perpétuel.

 

Une nature hostile.

 

Si le nom d’Appalaches évoque les grands espaces subjuguant et merveilleusement éblouissant. Ici il n’a rien de féérique. La terre devient cercueil. La pluie ne lave plus les pêchers. Les rochers sont aussi aiguisés que des lames. Little Canada n’a rien de paradisiaque. L’atmosphère semble terne, dépourvue de couleurs. Les mobil-home sont tels des verrues surgissant dans un paysage désertique de toutes âmes. L’air semble nauséabond. Le ciel n’évoque que le gris. Et c’est montagne des geôliers. Cette nature contribue à forger des personnages s’enfonçant davantage dans les limbes.

 

De l’espoir contre du noir.

 

Je ne suis pas une adepte du roman noir. Si j’ai bonne mémoire, je pense que c’est le second que je lis. Je ne maîtrise pas les codes dans sa globalité. Du roman noir intransigeant et dur, rien de mieux pour sortir de mes lectures habituelles. Les personnages désœuvrés face à une réalité médiocre. Les souvenirs de la guerre en fond sonore. De la violence, du sang, des cris, des plaintes, des pleurs, des comportements influencés par la drogue. Rien n’est beau. Le sordide dans toute sa splendeur. Le macabre dégouline le long des mots, ensevelit le lecteur. Le néant devient maître d’un monde fou, en perte d’haleine. Oppressant. Déstabilisant. Effrayant. Sans nom. Un monde confiné, sans échappatoire.

 

Le final… quel final !

 

En y regardant de plus près, le final est à la fois génial et décevant. Ce dernier a fait pencher la balance. D’une part, il y a ce final grandiose. Cette église impératrice d’une foi destructrice, témoin d’un fin et d’un début. Un boucle bouclée. Scène violentée par la cruauté humaine d’où en viendra le salut. Pour moi, il y a ce quelque chose de majestueux dans cette presque dernière image. Et puis d’autre part, il y a cet autre final qui m’a laissée sur ma faim. Il est vrai que je privilégie souvent les fins neutres, mais ici c’est le couteau sous la gorge. Je maudis Joy pour de nombreuses raisons. Que faire de ça ???? Je devais avoir l’air d’une folle furieuse arrivant au point final cherchant frénétiquement si il n’y avait pas un autre chapitre. (Nom d’une pipe, c’est terrible … terrible !).

 

 

En bref.

 

Une lecture qui m’a mi-convaincue à cause de cette fin … (je ne reviens pas dessus). L’auteur a eu l’intelligence d’une narration à deux voix, incluant même sur la fin celle d’April (qui fait figure de porte de sortie). Une plume efficace et terriblement honnête. L’auteur n’épargne en rien son lecteur. De la cruauté volontaire, il fait naître une angoisse permanente. Tout devient stressant et insupportable. Le lecteur broie du noir, c’est le cas de le dire. Il va s’en dire que l’ai dévoré et j’ai été impressionnée par ce tableau cruel où la noirceur règne telle une impératrice.

 

 

 

David JOY

Crédit photo: ©Ashley Evans

 

 

David Joy est un jeune auteur américain né en 1983 à Charlotte en Caroline du Nord. Titulaire d’une licence d’anglais obtenue avec mention à la Western Carolina University, il y poursuit naturellement ses études avec un master spécialisé dans les métiers de l’écrit. Il a pour professeur Ron Rash qui l’accompagnera et l’encouragera dans son parcours d’écrivain. Après quelques années d’enseignement, David Joy reçoit une bourse d’artiste du conseil des Arts de la Caroline du Nord. Il se met à écrire pour le Crossroads Chronicle et pour lui-même. Son premier roman, Là où les lumières se perdent, remporte un franc succès et est finaliste du prix Edgar du meilleur premier roman en 2016.
David Joy est également l’auteur d’essais. Growing Gills: A Fly Fisherman’s Journey a été finaliste de deux prix littéraires : le Reed Environmental ainsi que le Ragan Old North State for Creative Non Fiction. Il vit aujourd’hui à Webster en Caroline du Nord au beau milieu des Blue Ridge Mountains et partage son temps entre l’écriture, la chasse, la pêche et des travaux manuels. (Source Lisez.com)

 

 


 

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance via la plateforme Netgalley.
Une lecture approuvée par le PICABO RIVER BOOK CLUB.

 

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DANS LA CAGE de Kevin Hardcastle.

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[LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Rentrée littéraire 2018]
Roman noir
Éditions Albin Michel
Collection Terres d’Amérique dirigée par Francis Geffard
Traduction (Canada) par Janique Jouin-de Laurens
Titre original : IN THE CAGE
Format numérique (352 pages) : 14.99€
Broché : 22.00€
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 


 

Le résumé :

 

Ancien champion de boxe et de free fight, Daniel a raccroché les gants après une blessure grave et dire adieu à ses rêves de gloire. Devenu soudeur, il mène aujourd’hui une vie tranquille avec sa femme et sa fille, âgée de douze ans, à Simcoe,  petite ville d’Ontario dont il est originaire. Difficile pourtant, dans une région minée par le chômage, de joindre les deux bouts. Aussi Daniel accepte-t-il de se mettre au service de Clayton, un caïd de seconde zone qu’il a connu dans son enfance, le temps de se renflouer. Mais vite écoeuré par la violence de ce milieu, il décide de s’affranchir et de remonter sur le ring. Sans se douter que, telle l’araignée prise dans sa toile, il ne pourra se libérer de l’influence néfaste de son ami…
Premier roman tout  en tension et en émotion, porté par un magnifique personnage digne d’une tragédie antique, Dans la cage révèle un jeune auteur canadien à suivre, dans la lignée de Donald Ray Pollock et Craig Davidson.
« Un livre nerveux dans lequel s’exprime la toxicité amère de ce que le roman noir offre de plus beau. »
Kirkus Reviews
« Imaginez un poing qui se serre lentement, phalange après phalange, et vous aurez un aperçu de la façon dont ce jeune écrivain construit son récit, avec une précision tout à la fois sombre, hypnotique, bouleversante et humaine. »
The Globe and Mail

 


 

Mon avis :

 

 

∞∞ LES PREMIERS LIGNES ∞∞
La première fois que Daniel avait combattu dans la cage, c’était le jour de son vingt-septième anniversaire. Jusque-là, il avait boxé chez les amateurs et son palmarès était de 22-2, dont vingt victoires par K.-O. Les défaites avaient toujours été sur décision de l’arbitre et il n’avait été blessé qu’à une seule occasion, mais il n’en avait jamais parlé à personne. IL n’aimait pas la boxe, et avant qu’on ne tente de le pousser à passer professionnel, son entraineur avait été envoyé à la prison de Fernbrook à cause de son activité avec le club de bikers du coin. Il n’était jamais revenu. Daniel avait cessé d’aller au gymnase, et en regardant un combat de boxe thaï à la télé, il avait décidé de passer à autre chose ? Au bout d’un an, il avait disputé douze combats de kick-boxing selon les règles nord-américaines et les avait tous gagnés par K.O. Il avait combattu au Québec, en Alberta et sur des réserves indiennes ; certains de ces combats n’avaient jamais été portés à son palmarès et d’autres s’étaient déroulés à la thaïlandaise, avec de pathétiques tapis de ring tachés et retachés par le sang des hommes.

 

 

Kevin Hardcastle signe avec IN THE CAGE son premier roman. Un roman noir si corsé qu’il est bien difficile d’en sortir indemne.

 

Violence, sang, haine, domination, manipulation, acharnement, désespoir, peur… tout autant d’éléments conférant une atmosphère quasi angoissante.

 

Malgré un départ en dent de scie, l’adaptation au milieu dans lequel évolue ce roman a été quelque peu difficile. Le monde de la boxe, du free fight est bien détaillé. Les notions techniques m’ont quelque peu donné le tournis. Heureusement, Monsieur Miss Chocolatine qui maitrise le sujet, c’est fait un plaisir de me faire une démonstration-explication. Je conçois que les novices pourront être déstabilisés par toutes ces données, il est préférable de prendre le temps de jouer au curieux, on en apprécie bien mieux la teneur du récit.

 

Daniel est le fils a son père. Il n’a rien d’un héros, un homme ordinaire. Une enfance heureuse. Daniel suit sa voie, son chemin sur lequel il rencontre Sarah qui devient son pilier, lorsque le glas des combats sonne. De retour dans sa ville natale Ontario, il fait vivre sa famille grâce à des petits boulots sur de gros chantiers de construction.  Survivre devient alors un sacrifice primordial. Il se fait embrigader par Clayton, un copain de toujours, et tient le rôle de négociateur dans les affaires scrupuleuses du pseudo boss. Ne supportant plus son rôle, il décide alors de tout arrêter. Le danger s’insinue alors silencieusement au sein de sa famille. Jusqu’à quel prix ?

 

J’ai adoré la trame de ce roman. Insidieusement, l’histoire m’a pris aux tripes. Si le rythme est assurément lent la quasi totalité des chapitres, les derniers m’ont donné de vraies sueurs froides. L’atmosphère pesante prend de l’ampleur au fil des pages. La pression est telle que j’ai ressenti cette lame aiguisée s’insinuant dans les plis de la gorge donnant les pires frayeurs. Kevin Hardcastle n’épargne à aucun moment son lecteur. Il insuffle dans les traits psychologiques précis, cette ambiance malsaine, défigurant les valeurs morales de l’Homme. La haine, la désolation, les coups bas s’infiltrent de page en page. Un engrenage perfide de la condition humaine. Kit de survie défaillant ou roue de la malchance, certainement des deux. Les poings tombent, les larmes coulent, la colère gagne. Rien n’est épargné et encore moins le lecteur.

 

Je ne suis pas une habituée du roman noir, et loin de m’en déplaire, j’ai trouvé ce dernier d’une intensité totalement incroyable. L’instrumentalisation des dialogues est assez magnifique. Répliques courtes et acerbes. En apparence, le silence et les non dits en disaient davantage. Malgré le fait que j’ai eu l’impression de tourner en rond dans cette cage tourmentée de la vie de Daniel, je l’ai perçu plutôt comme étant le percuteur prêt à être amorcer à l’instant T et adéquat. Et c’est sur cette attente là que Kevin Hardcastle excelle.

 

Ce premier roman est une très belle découverte. Pas de coup de cœur, mais j’attend avec beaucoup d’impatience son prochain roman. Comme une intuition : cet auteur peut offrir bien davantage. Affaire à suivre, donc !

 

 

 


 

Je remercie Monsieur Geffard pour sa confiance et Carol.

 

 

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Vers le site officiel de Kevin Hardcastle, pour suivre son actualité !

 

 

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LE FAUTEUIL DE CESAR de Laure Lapègue.

Le fauteuil de César

 

 

[SUSPENSE (roman noir) – Nouveauté 2018]

Booknseries

Auto-édition

 

Format numérique (253 pages) : 2.99€

Broché : 11.50€

Ma note : 5/5 mention « à découvrir »

 

 

 

 

 

 


 

Le résumé :

 

Trois mois après un grave accident de voiture, César invite ses meilleurs amis à le rejoindre dans la maison de campagne où il effectue sa convalescence. Isolés pour un long week-end dans une propriété perchée au cœur de la Montagne noire, ces derniers découvrent qu’ils ne sont pas les seuls convives et que leur hôte leur a réservé une surprise aux allures de cadeau empoisonné…
Déterrez les fantômes du passé et plongez au cœur de ce huis clos à suspense qui flirte avec le thriller psychologique.
« César n’est pas mort ! Il te salue et t’invite à fêter dignement la trente-neuvième année d’une vie qui, fort heureusement, n’a pas pris fin prématurément.
Seul le cercle de proches est invité, alors ne prévois rien d’autre que ta bonne humeur !
PS : Au cas où tu hésiterais, je te réserve une surprise d’écrivain… »
C’est l’étrange message que les amis de César ont reçu… Après avoir accepté l’invitation, le petit groupe – reclus et coupé du monde – se verra contraint de remuer le passé et de faire face aux évènements présents pour répondre aux questions posées par leur ami César.
L’amitié peut-elle résister à tout ? À l’amour ? À l’argent ? À l’absence ? À la maladie ? Au temps qui passe ..?

 


 

Mon avis :

 

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, mais j’adore ce genre de découverte. Je ne pensais pas lire ce genre de roman derrière cette couverture. Le résumé m’avait totalement emballée et le déballage a révéler une très grande surprise.

 

Imagines, une vieille ferme rénovée perdue dans la Montagne Noire. Isolé de tout, César loin de sa vie trépidante parisienne, est venu ici dans le but de se ressourcer. César est un écrivain, ses romances à demi teinte autobiographique lui a valu un très grand succès. César est une personne extrêmement charismatique. Il manie les mots avec  beaucoup de dextérité, charmant son public par sa verbe. Aussi tactile, César a un besoin troublant d’être choyé, apprécié et surtout aimé. Malgré sa notoriété, il est entouré de peu de personnes : ses meilleurs amis, Sam, Lilas (avec il a été mariée pendant près de 15 ans), Sophie (la boulangère), Eddie (le copain de Sam), Perrin (l’avocat du diable), son agent littéraire et très récemment ses voisins les plus proches. César subjugue son entourage : son humour et puis cette manière de parler le rend si attractif. César est un véritable dandy.
Sa vie a brusquement changé lorsque d’un retour de fête bien trop arrosée, il perd le contrôle de son véhicule et provoque un accident dont il en sort malheureusement pas indemne. Les blessures corporelles et surtout psychologiques le clouent sur un fauteuil roulant. Ce dernier devient une prolongation de son mal être. La cohabitation n’est pas si aisée. Cette parenthèse au milieu des bois n’est pas aussi salutaire que bénéfique. Etre seul, face à soi même le démoralise davantage. Une vraie torture psychologique d’où émane de nombreuses questions sur lui même, sur ses amis et sur l’amour. Mais César a l’imagination débordante et met en route un stratagème diabolique dont son apogée n’aura rien d’aussi explosif.
Chaque personnage a sa propre histoire avec César. Des histoires émouvantes, honnêtes et véritables. Des histoires croisées, délitées et recroisées. Des histoire aussi tourmentées que leurs protagonistes.

 

Laure Lapègue a le talent formidable de mettre en scène ses personnages dans un huis clos totalement insubmersible. La pression augmente petit à petit et les amis de César plongent dans un marasme où les doutes et les secrets vont livrer une bataille sans merci. Les passions se déchainent, détruisent et rebâtissent ses liens indéfectibles de l’amitié. Une atmosphère pesante à la Agatha Christie où sensiblerie, manipulation et dévotion viennent accabler toutes ces personnes. L’inquiétude et l’oubli doublé d’affection font chemin commun vers un dénouement aussi épatant que triste.

 

Une lecture merveilleusement prenante qui m’a plongée dans les tourments humains. Le suspense est maitrisé à la perfection troublant le lecteur du début à la fin.

 

Une aventure humaine et profonde à découvrir sans aucun doute ! Tu ne peux qu’être séduit !

 


 

Je remercie Laure Lapègue pour sa confiance et sa patience.

 

 

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VALISES de David Pascaud.

 

 

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 [NOUVELLES – Nouveauté 2018]

Éditions Du Carnet à Spirale

Service presse

 

Broché (100 pages) : 16€90

Ma note : 5/5

 

 

 

 

Je remercie les éditions du Carnet à Spirale pour leur confiance et le service presse

 

 


 

 

Le résumé :

 

On les fait et les défait pendant toute sa vie. On les pose et on les porte parfois même sous les yeux. Valises, de David Pascaud est un recueil de douze nouvelles. Douze tranches de vie, douze moments particuliers, douze quotidiens, douze instants figés : des petits riens qui peuvent tout changer. Valises, c’est avant tout une belle métaphore de la vie. On trouve dans celles de David Pascaud des souvenirs, des objets, des départs, des recommencements, des peurs, des fractures, l’inconnu, mais aussi tout ce que l’on n’y met pas et qu’on laisse derrière soi : la vie tout simplement.  » La vie a un défaut majeur : elle déborde de quotidien  » nous dit l’auteur. Ce sont des bribes d’idées, des photos, des images, des balades, des rencontres qui nourrissent ses écrits. Beaucoup de ses textes s’inspirent de situations vécues qui ont dormi dans ses valises de nombreuses années en attendant le bon moment pour être écrites. Les lieux de La Valise ou de La demoiselle de Noizé par exemple sont bien réels et montrent à quel point ils peuvent jouer sur la mélancolie des personnages. David Pascaud embarque le lecteur pour un voyage aux frontières de son être.

 


 

 

Mon avis :

 

Après un tel synopsis, il est difficile de parler de ce recueil car tout y est dit. Recueil de douze nouvelles, dont voici les titres :
LA VALISE
SANS PAPIER
A 130
LA FENETRE
LA BOUGRIERE
RUPTURE
LE TCHEKHOV N°14
LA DEMOISELLE DE NOIZE
MON MEILLEUR AMI
L’AUTO-STOPPEUR
FILS DE SATURNE
DEPARTS

 

Douze nouvelles aussi différentes les unes des autres. Elles abordent tour à tour la peur, la folie, la solitude, l’inquiétude, la mort avec cette note de noirceur. Des personnages et narrateurs exclusivement masculins, Pascaud nous plonge dans les méandres de l’âme humaine. Déroutantes, frissonnantes, angoissantes, elles sont sublimées par une plume qui sait toucher le lecteur. Son côté suave et diabolique, offre des moments garantis en sueur froide. Des situations désarmantes, rocambolesques, fantastiques menant toujours vers ce sentiment que rien ne peut chambouler la fin. Illuminées par cette lueur machiavélique, elles nous entrainent dans ce cercle vicieux où Pascaud nous incite à nous mettre dans une position de voyeurisme aux vues de circonstances loin d’être délicates.

 

Douze nouvelles d’une qualité irréprochable ! Aucune ne s’est démarquée. Je les ai toutes adorées !

 

 

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