LE POIDS DU MONDE de David Joy.

 

[ LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – ROMAN NOIR – Rentrée littéraire 2018]

Éditions SONATINE

Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Fabrice Pointeau

Titre original : The weight of this world, 2017

 

Format numérique (320 pages) : 14.99€

Broché : 21.00€

Ma note : 4/5

 

 

 


 

Le résumé :

 

 » Un roman parfait, qui va rester dans toutes les mémoires.  » Donald Ray Pollock
Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?
Après Là où les lumières se perdent (Sonatine Éditions, 2016), unanimement salué par la critique, David Joy nous livre un nouveau portrait saisissant et désenchanté de la région des Appalaches, d’un réalisme glaçant. Un pays bien loin du rêve américain, où il est devenu presque impossible d’échapper à son passé ou à son destin. Plus encore qu’un magnifique  » rural noir « , c’est une véritable tragédie moderne, signée par l’un des plus grands écrivains de sa génération.

 


 

Mon avis :

 

 

Du roman noir, bien serré, bien corsé, y a qu’à demander David Joy. Alors je ne connais pas cet auteur, mais son roman à de quoi remuer les tripes dans tous le sens. Une première rencontre qui ne m’a pas entièrement convaincue et pourtant je l’ai dévoré !

 

Personnages désœuvrés !

 

David Joy attaque très fort dès les premières lignes, uns scène avec de la cervelle en bouilli sur le mur et un petit garçon traumatisé à vie par cette image inqualifiable. Aiden est tout jeune et n’a pas d’autre famille, s’ensuit pour lui l’expérience de l’orphelinat qui ne trouve pas grâce à ses yeux. Une fuite plus tard, errant dans les montagnes des Appalaches, une nouvelle rencontre qui déterminera le restant de sa vie, Thad. Ce dernier vit dans un mobil-home au fond de son jardin. Il n’a que 7-8 ans et déjà mis à la porte par son père adoptif et une mère résignée qui a perdu toute volonté de se rebiffer. Thad est un petit farfelu, il se dit fils d’indien, se roule dans la boue et fume. Petits délinquants à venir, ce duo forme une famille. Plus que les liens du sang, cette amitié c’est pour la vie et la mort, même devant les portes de l’enfer. Un lien puissant, indéfectible, intemporel. Ils grandissent deviennent des hommes, des délinquants. Thad part pour la guerre durant deux années et Aiden devient un ouvrier du bâtiment méritant. Tout semble aller pour le mieux pour nos deux héros, mais c’est si peu dire. LA réalité est souvent si sournoise, imprévisible et malsaine.

 

Poids de l’héritage ?

 

Il ne va s’en dire qu’Aiden et Thad ont grandi dans un environnement familial qui n’a rien à voir avec la famille Higalls. Alcool, violence, manipulation sont leur quotidien. Se libérer de ses chaines destructrices aussi jeune est certainement infaisable et impensable. Cette violence est une seconde peau qui s’infiltre laissant les âmes dépérir à petit feu. La drogue devient alors la seule solution pour masquer cette désillusion. Thad veut oublier la guerre, Aiden veut oublier les montagnes sinistres et le fait qu’il ne mérite aucune famille. La drogue est dans ces moments là liée à l’argent et avec les conséquences néfastes qui en découlent. Toujours dans leur mobil-home, ancre irréelle dans un monde qui ne veut pas d’eux, qui ne leur laisse aucune chance. Ces montagnes oppressantes deviennent destructrices de rêves. Même si April, la maman de Thad, veille sur son petit protégé (Aiden) depuis la maison en haut de la colline. Cette figure maternelle, cougar, n’a rien d’une lumière qui transperce l’obscurité. La famille, les secrets, les non-dits et les souvenirs emprisonnent nos deux héros dans un drame continuel et perpétuel.

 

Une nature hostile.

 

Si le nom d’Appalaches évoque les grands espaces subjuguant et merveilleusement éblouissant. Ici il n’a rien de féérique. La terre devient cercueil. La pluie ne lave plus les pêchers. Les rochers sont aussi aiguisés que des lames. Little Canada n’a rien de paradisiaque. L’atmosphère semble terne, dépourvue de couleurs. Les mobil-home sont tels des verrues surgissant dans un paysage désertique de toutes âmes. L’air semble nauséabond. Le ciel n’évoque que le gris. Et c’est montagne des geôliers. Cette nature contribue à forger des personnages s’enfonçant davantage dans les limbes.

 

De l’espoir contre du noir.

 

Je ne suis pas une adepte du roman noir. Si j’ai bonne mémoire, je pense que c’est le second que je lis. Je ne maîtrise pas les codes dans sa globalité. Du roman noir intransigeant et dur, rien de mieux pour sortir de mes lectures habituelles. Les personnages désœuvrés face à une réalité médiocre. Les souvenirs de la guerre en fond sonore. De la violence, du sang, des cris, des plaintes, des pleurs, des comportements influencés par la drogue. Rien n’est beau. Le sordide dans toute sa splendeur. Le macabre dégouline le long des mots, ensevelit le lecteur. Le néant devient maître d’un monde fou, en perte d’haleine. Oppressant. Déstabilisant. Effrayant. Sans nom. Un monde confiné, sans échappatoire.

 

Le final… quel final !

 

En y regardant de plus près, le final est à la fois génial et décevant. Ce dernier a fait pencher la balance. D’une part, il y a ce final grandiose. Cette église impératrice d’une foi destructrice, témoin d’un fin et d’un début. Un boucle bouclée. Scène violentée par la cruauté humaine d’où en viendra le salut. Pour moi, il y a ce quelque chose de majestueux dans cette presque dernière image. Et puis d’autre part, il y a cet autre final qui m’a laissée sur ma faim. Il est vrai que je privilégie souvent les fins neutres, mais ici c’est le couteau sous la gorge. Je maudis Joy pour de nombreuses raisons. Que faire de ça ???? Je devais avoir l’air d’une folle furieuse arrivant au point final cherchant frénétiquement si il n’y avait pas un autre chapitre. (Nom d’une pipe, c’est terrible … terrible !).

 

 

En bref.

 

Une lecture qui m’a mi-convaincue à cause de cette fin … (je ne reviens pas dessus). L’auteur a eu l’intelligence d’une narration à deux voix, incluant même sur la fin celle d’April (qui fait figure de porte de sortie). Une plume efficace et terriblement honnête. L’auteur n’épargne en rien son lecteur. De la cruauté volontaire, il fait naître une angoisse permanente. Tout devient stressant et insupportable. Le lecteur broie du noir, c’est le cas de le dire. Il va s’en dire que l’ai dévoré et j’ai été impressionnée par ce tableau cruel où la noirceur règne telle une impératrice.

 

 

 

David JOY

Crédit photo: ©Ashley Evans

 

 

David Joy est un jeune auteur américain né en 1983 à Charlotte en Caroline du Nord. Titulaire d’une licence d’anglais obtenue avec mention à la Western Carolina University, il y poursuit naturellement ses études avec un master spécialisé dans les métiers de l’écrit. Il a pour professeur Ron Rash qui l’accompagnera et l’encouragera dans son parcours d’écrivain. Après quelques années d’enseignement, David Joy reçoit une bourse d’artiste du conseil des Arts de la Caroline du Nord. Il se met à écrire pour le Crossroads Chronicle et pour lui-même. Son premier roman, Là où les lumières se perdent, remporte un franc succès et est finaliste du prix Edgar du meilleur premier roman en 2016.
David Joy est également l’auteur d’essais. Growing Gills: A Fly Fisherman’s Journey a été finaliste de deux prix littéraires : le Reed Environmental ainsi que le Ragan Old North State for Creative Non Fiction. Il vit aujourd’hui à Webster en Caroline du Nord au beau milieu des Blue Ridge Mountains et partage son temps entre l’écriture, la chasse, la pêche et des travaux manuels. (Source Lisez.com)

 

 


 

Je remercie les éditions Sonatine pour leur confiance via la plateforme Netgalley.
Une lecture approuvée par le PICABO RIVER BOOK CLUB.

 

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DANS LA CAGE de Kevin Hardcastle.

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[LITTÉRATURE NORD AMÉRICAINE – Rentrée littéraire 2018]
Roman noir
Éditions Albin Michel
Collection Terres d’Amérique dirigée par Francis Geffard
Traduction (Canada) par Janique Jouin-de Laurens
Titre original : IN THE CAGE
Format numérique (352 pages) : 14.99€
Broché : 22.00€
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »

 

 


 

Le résumé :

 

Ancien champion de boxe et de free fight, Daniel a raccroché les gants après une blessure grave et dire adieu à ses rêves de gloire. Devenu soudeur, il mène aujourd’hui une vie tranquille avec sa femme et sa fille, âgée de douze ans, à Simcoe,  petite ville d’Ontario dont il est originaire. Difficile pourtant, dans une région minée par le chômage, de joindre les deux bouts. Aussi Daniel accepte-t-il de se mettre au service de Clayton, un caïd de seconde zone qu’il a connu dans son enfance, le temps de se renflouer. Mais vite écoeuré par la violence de ce milieu, il décide de s’affranchir et de remonter sur le ring. Sans se douter que, telle l’araignée prise dans sa toile, il ne pourra se libérer de l’influence néfaste de son ami…
Premier roman tout  en tension et en émotion, porté par un magnifique personnage digne d’une tragédie antique, Dans la cage révèle un jeune auteur canadien à suivre, dans la lignée de Donald Ray Pollock et Craig Davidson.
« Un livre nerveux dans lequel s’exprime la toxicité amère de ce que le roman noir offre de plus beau. »
Kirkus Reviews
« Imaginez un poing qui se serre lentement, phalange après phalange, et vous aurez un aperçu de la façon dont ce jeune écrivain construit son récit, avec une précision tout à la fois sombre, hypnotique, bouleversante et humaine. »
The Globe and Mail

 


 

Mon avis :

 

 

∞∞ LES PREMIERS LIGNES ∞∞
La première fois que Daniel avait combattu dans la cage, c’était le jour de son vingt-septième anniversaire. Jusque-là, il avait boxé chez les amateurs et son palmarès était de 22-2, dont vingt victoires par K.-O. Les défaites avaient toujours été sur décision de l’arbitre et il n’avait été blessé qu’à une seule occasion, mais il n’en avait jamais parlé à personne. IL n’aimait pas la boxe, et avant qu’on ne tente de le pousser à passer professionnel, son entraineur avait été envoyé à la prison de Fernbrook à cause de son activité avec le club de bikers du coin. Il n’était jamais revenu. Daniel avait cessé d’aller au gymnase, et en regardant un combat de boxe thaï à la télé, il avait décidé de passer à autre chose ? Au bout d’un an, il avait disputé douze combats de kick-boxing selon les règles nord-américaines et les avait tous gagnés par K.O. Il avait combattu au Québec, en Alberta et sur des réserves indiennes ; certains de ces combats n’avaient jamais été portés à son palmarès et d’autres s’étaient déroulés à la thaïlandaise, avec de pathétiques tapis de ring tachés et retachés par le sang des hommes.

 

 

Kevin Hardcastle signe avec IN THE CAGE son premier roman. Un roman noir si corsé qu’il est bien difficile d’en sortir indemne.

 

Violence, sang, haine, domination, manipulation, acharnement, désespoir, peur… tout autant d’éléments conférant une atmosphère quasi angoissante.

 

Malgré un départ en dent de scie, l’adaptation au milieu dans lequel évolue ce roman a été quelque peu difficile. Le monde de la boxe, du free fight est bien détaillé. Les notions techniques m’ont quelque peu donné le tournis. Heureusement, Monsieur Miss Chocolatine qui maitrise le sujet, c’est fait un plaisir de me faire une démonstration-explication. Je conçois que les novices pourront être déstabilisés par toutes ces données, il est préférable de prendre le temps de jouer au curieux, on en apprécie bien mieux la teneur du récit.

 

Daniel est le fils a son père. Il n’a rien d’un héros, un homme ordinaire. Une enfance heureuse. Daniel suit sa voie, son chemin sur lequel il rencontre Sarah qui devient son pilier, lorsque le glas des combats sonne. De retour dans sa ville natale Ontario, il fait vivre sa famille grâce à des petits boulots sur de gros chantiers de construction.  Survivre devient alors un sacrifice primordial. Il se fait embrigader par Clayton, un copain de toujours, et tient le rôle de négociateur dans les affaires scrupuleuses du pseudo boss. Ne supportant plus son rôle, il décide alors de tout arrêter. Le danger s’insinue alors silencieusement au sein de sa famille. Jusqu’à quel prix ?

 

J’ai adoré la trame de ce roman. Insidieusement, l’histoire m’a pris aux tripes. Si le rythme est assurément lent la quasi totalité des chapitres, les derniers m’ont donné de vraies sueurs froides. L’atmosphère pesante prend de l’ampleur au fil des pages. La pression est telle que j’ai ressenti cette lame aiguisée s’insinuant dans les plis de la gorge donnant les pires frayeurs. Kevin Hardcastle n’épargne à aucun moment son lecteur. Il insuffle dans les traits psychologiques précis, cette ambiance malsaine, défigurant les valeurs morales de l’Homme. La haine, la désolation, les coups bas s’infiltrent de page en page. Un engrenage perfide de la condition humaine. Kit de survie défaillant ou roue de la malchance, certainement des deux. Les poings tombent, les larmes coulent, la colère gagne. Rien n’est épargné et encore moins le lecteur.

 

Je ne suis pas une habituée du roman noir, et loin de m’en déplaire, j’ai trouvé ce dernier d’une intensité totalement incroyable. L’instrumentalisation des dialogues est assez magnifique. Répliques courtes et acerbes. En apparence, le silence et les non dits en disaient davantage. Malgré le fait que j’ai eu l’impression de tourner en rond dans cette cage tourmentée de la vie de Daniel, je l’ai perçu plutôt comme étant le percuteur prêt à être amorcer à l’instant T et adéquat. Et c’est sur cette attente là que Kevin Hardcastle excelle.

 

Ce premier roman est une très belle découverte. Pas de coup de cœur, mais j’attend avec beaucoup d’impatience son prochain roman. Comme une intuition : cet auteur peut offrir bien davantage. Affaire à suivre, donc !

 

 

 


 

Je remercie Monsieur Geffard pour sa confiance et Carol.

 

 

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LE FAUTEUIL DE CESAR de Laure Lapègue.

Le fauteuil de César

 

 

[SUSPENSE (roman noir) – Nouveauté 2018]

Booknseries

Auto-édition

 

Format numérique (253 pages) : 2.99€

Broché : 11.50€

Ma note : 5/5 mention « à découvrir »

 

 

 

 

 

 


 

Le résumé :

 

Trois mois après un grave accident de voiture, César invite ses meilleurs amis à le rejoindre dans la maison de campagne où il effectue sa convalescence. Isolés pour un long week-end dans une propriété perchée au cœur de la Montagne noire, ces derniers découvrent qu’ils ne sont pas les seuls convives et que leur hôte leur a réservé une surprise aux allures de cadeau empoisonné…
Déterrez les fantômes du passé et plongez au cœur de ce huis clos à suspense qui flirte avec le thriller psychologique.
« César n’est pas mort ! Il te salue et t’invite à fêter dignement la trente-neuvième année d’une vie qui, fort heureusement, n’a pas pris fin prématurément.
Seul le cercle de proches est invité, alors ne prévois rien d’autre que ta bonne humeur !
PS : Au cas où tu hésiterais, je te réserve une surprise d’écrivain… »
C’est l’étrange message que les amis de César ont reçu… Après avoir accepté l’invitation, le petit groupe – reclus et coupé du monde – se verra contraint de remuer le passé et de faire face aux évènements présents pour répondre aux questions posées par leur ami César.
L’amitié peut-elle résister à tout ? À l’amour ? À l’argent ? À l’absence ? À la maladie ? Au temps qui passe ..?

 


 

Mon avis :

 

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, mais j’adore ce genre de découverte. Je ne pensais pas lire ce genre de roman derrière cette couverture. Le résumé m’avait totalement emballée et le déballage a révéler une très grande surprise.

 

Imagines, une vieille ferme rénovée perdue dans la Montagne Noire. Isolé de tout, César loin de sa vie trépidante parisienne, est venu ici dans le but de se ressourcer. César est un écrivain, ses romances à demi teinte autobiographique lui a valu un très grand succès. César est une personne extrêmement charismatique. Il manie les mots avec  beaucoup de dextérité, charmant son public par sa verbe. Aussi tactile, César a un besoin troublant d’être choyé, apprécié et surtout aimé. Malgré sa notoriété, il est entouré de peu de personnes : ses meilleurs amis, Sam, Lilas (avec il a été mariée pendant près de 15 ans), Sophie (la boulangère), Eddie (le copain de Sam), Perrin (l’avocat du diable), son agent littéraire et très récemment ses voisins les plus proches. César subjugue son entourage : son humour et puis cette manière de parler le rend si attractif. César est un véritable dandy.
Sa vie a brusquement changé lorsque d’un retour de fête bien trop arrosée, il perd le contrôle de son véhicule et provoque un accident dont il en sort malheureusement pas indemne. Les blessures corporelles et surtout psychologiques le clouent sur un fauteuil roulant. Ce dernier devient une prolongation de son mal être. La cohabitation n’est pas si aisée. Cette parenthèse au milieu des bois n’est pas aussi salutaire que bénéfique. Etre seul, face à soi même le démoralise davantage. Une vraie torture psychologique d’où émane de nombreuses questions sur lui même, sur ses amis et sur l’amour. Mais César a l’imagination débordante et met en route un stratagème diabolique dont son apogée n’aura rien d’aussi explosif.
Chaque personnage a sa propre histoire avec César. Des histoires émouvantes, honnêtes et véritables. Des histoires croisées, délitées et recroisées. Des histoire aussi tourmentées que leurs protagonistes.

 

Laure Lapègue a le talent formidable de mettre en scène ses personnages dans un huis clos totalement insubmersible. La pression augmente petit à petit et les amis de César plongent dans un marasme où les doutes et les secrets vont livrer une bataille sans merci. Les passions se déchainent, détruisent et rebâtissent ses liens indéfectibles de l’amitié. Une atmosphère pesante à la Agatha Christie où sensiblerie, manipulation et dévotion viennent accabler toutes ces personnes. L’inquiétude et l’oubli doublé d’affection font chemin commun vers un dénouement aussi épatant que triste.

 

Une lecture merveilleusement prenante qui m’a plongée dans les tourments humains. Le suspense est maitrisé à la perfection troublant le lecteur du début à la fin.

 

Une aventure humaine et profonde à découvrir sans aucun doute ! Tu ne peux qu’être séduit !

 


 

Je remercie Laure Lapègue pour sa confiance et sa patience.

 

 

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VALISES de David Pascaud.

 

 

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 [NOUVELLES – Nouveauté 2018]

Éditions Du Carnet à Spirale

Service presse

 

Broché (100 pages) : 16€90

Ma note : 5/5

 

 

 

 

Je remercie les éditions du Carnet à Spirale pour leur confiance et le service presse

 

 


 

 

Le résumé :

 

On les fait et les défait pendant toute sa vie. On les pose et on les porte parfois même sous les yeux. Valises, de David Pascaud est un recueil de douze nouvelles. Douze tranches de vie, douze moments particuliers, douze quotidiens, douze instants figés : des petits riens qui peuvent tout changer. Valises, c’est avant tout une belle métaphore de la vie. On trouve dans celles de David Pascaud des souvenirs, des objets, des départs, des recommencements, des peurs, des fractures, l’inconnu, mais aussi tout ce que l’on n’y met pas et qu’on laisse derrière soi : la vie tout simplement.  » La vie a un défaut majeur : elle déborde de quotidien  » nous dit l’auteur. Ce sont des bribes d’idées, des photos, des images, des balades, des rencontres qui nourrissent ses écrits. Beaucoup de ses textes s’inspirent de situations vécues qui ont dormi dans ses valises de nombreuses années en attendant le bon moment pour être écrites. Les lieux de La Valise ou de La demoiselle de Noizé par exemple sont bien réels et montrent à quel point ils peuvent jouer sur la mélancolie des personnages. David Pascaud embarque le lecteur pour un voyage aux frontières de son être.

 


 

 

Mon avis :

 

Après un tel synopsis, il est difficile de parler de ce recueil car tout y est dit. Recueil de douze nouvelles, dont voici les titres :
LA VALISE
SANS PAPIER
A 130
LA FENETRE
LA BOUGRIERE
RUPTURE
LE TCHEKHOV N°14
LA DEMOISELLE DE NOIZE
MON MEILLEUR AMI
L’AUTO-STOPPEUR
FILS DE SATURNE
DEPARTS

 

Douze nouvelles aussi différentes les unes des autres. Elles abordent tour à tour la peur, la folie, la solitude, l’inquiétude, la mort avec cette note de noirceur. Des personnages et narrateurs exclusivement masculins, Pascaud nous plonge dans les méandres de l’âme humaine. Déroutantes, frissonnantes, angoissantes, elles sont sublimées par une plume qui sait toucher le lecteur. Son côté suave et diabolique, offre des moments garantis en sueur froide. Des situations désarmantes, rocambolesques, fantastiques menant toujours vers ce sentiment que rien ne peut chambouler la fin. Illuminées par cette lueur machiavélique, elles nous entrainent dans ce cercle vicieux où Pascaud nous incite à nous mettre dans une position de voyeurisme aux vues de circonstances loin d’être délicates.

 

Douze nouvelles d’une qualité irréprochable ! Aucune ne s’est démarquée. Je les ai toutes adorées !

 

 

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FAUSSES PROMESSES de Linwood Barclay.

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[ROMAN NOIR -Nouveauté 2018]

Éditions Belfond – Collection Belfond Noir

Service presse

 

Format numérique (512 pages ) : 15€99

Broché : 21€90

Audio : gratuit

Ma note : 4/5

 

 

 

 

Je remercie les éditions Belfond pour ce service presse via la plateforme NetGalley.

 

 


 

Le résumé :

 

Plume ciselée, personnages inquiétants et humour jubilatoire : Linwood Barclay, créateur de frissons, revient avec un roman noir grinçant pour conter les petits secrets et les troublants mystères d’une ville de province américaine.

 

Il s’en passe de belles à Promise Falls, charmante bourgade de trente-six mille âmes. Des agressions répétées sur le campus, un nourrisson kidnappé par un  » ange « , une femme sauvagement assassinée dans sa cuisine. Et vingt-trois écureuils retrouvés pendus à la grille du parc. Ce coin paumé des États-Unis serait-il devenu un lieu de rendez-vous incontournable pour les esprits dérangés ?
C’est bien ce qui affole le débonnaire inspecteur Barry Duckworth, dont la pression artérielle ne cesse de grimper : quel genre de psychopathe aurait pris ses quartiers en ville ? Y a-t-il seulement un lien entre tous ces faits divers ?

 

La chasse au crime commence. Aidé de David Harwood, père de famille déprimé et journaliste au chômage, Duckworth se lance dans une déroutante enquête, qui ne tarde pas à virer au cauchemar.
Qui a dit que Promise Falls était une petite ville tranquille ?

 


 

 

Mon avis :

 

Avant toute chose, il faut que vous sachiez que ce roman est le premier de la trilogie. Point très important, cela vous évitera d’être un tantinet frustré au moment de refermer votre roman.

 

Je découvre pour la première fois l’univers de Linwood Barclay. Un univers que j’apprécie particulièrement où thriller emprunt d’un certain humour se mêle avec des personnages aux traits de caractères bien sentis.
Promise Falls est une ville américaine typique. Des écoles, un hôpital, des quartiers rectangulaires, des routes parallèles et perpendiculaires, une université, un parc fantôme et des écureuils, beaucoup d’écureuils ! Jusqu’ici rien d’anormal. C’est la ville où a grandi David, où il est à l’école, a rencontré sa femme, d’où il est parti pour mieux y revenir. Sa vie est rattachée à Promise Falls. Il est journaliste au chômage et pour le coup obligé de vivre, avec son jeune fils, chez ses parents. Rien d’exceptionnel, lot commun à beaucoup de personnes. Bon an, mal an, une vie paisible dans une ville qu’il est loin de l’être.
Si vous êtes un adepte des thriller de Barclay, vous n’êtes pas sans savoir que Promise Falls est au cœur de ses romans, ville où intrigues règnent en maître. L’auteur n’hésite pas à faire des clin d’œils à ses précédentes histoires. Je vous rassure de suite, nous sommes loin d’être perdus.

 

Fausses promesses est un étrange thriller où différentes intrigues débutent sans forcément qu’on en connaisse les résultantes. Une affaire d’assassinat d’écureuils, des mannequins inquiétants dans la grande roue inerte, une affaire de viols à l’université, un meurtre, un bébé… Ne cherchez aucunement à établir un lien. Retenez juste ce chiffre 23 ! Une multitude de questions où malgré tout, une est à mon sens au cœur de tout ça : celle du bébé. Histoire où David et sa famille vont être empêtrer jusqu’au cou. Histoire rocambolesque et sanglante ; et où un vieux mensonge resurgira pour bousculer cette apparente sérénité.

 

Un thriller fascinant mêlant petites intrigues au cœur d’une étrange ville. Des personnages manipulateurs, judicieux, honnêtes, suspicieux. Un dédale sans fin et de course poursuite où la vie est en jeu.

 

Il m’en a fallu de peu pour une lecture coup de cœur. Pour une fois je ne me suis pas emmêlée les pinceaux avec les différents protagonistes. Une lecture sensationnelle et addictive !

 

Un thriller bien plus qu’envoutant !

 

 

 

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Screenshot-2018-2-20 L_Organisation, tome 3 Révoltée de Lindsey T

Chicago Requiem de Carine Foulon

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Suspense – Livre sortie le 1er juillet 2017

Editions Dreamcatcher / collection plume violette-black

Service Presse

 

Je remercie les Editions Dreamcatcher de m’avoir confié ce roman en service presse.

Résumé : À la fin de l’année 1923, un corps est repêché dans le fleuve Chicago. Les années qui suivent, chaque mois, à la même date, un homme arpente les allées du cimetière. Il vient fleurir la tombe de la victime. Comment celle-ci a-t-elle filé sa corde ? L’histoire commence deux ans plus tôt, en 1921. Elle relate les événements qui ont conduit au drame.

 

Mon avis : à la lecture du quatrième de couverture, j’ai été très intriguée par ce roman. Portée par une GH David enthousiaste après sa lecture, je me suis donc lancée ! Et je n’ai pas été déçue !

Ce roman se passe au début des années 1920, à Chicago, à la période où Al Capone et la pègre faisaient la loi dans les rues et dans bon nombre de commerces. Grâce à Carine Foulon, on entre en plein cœur de cette mafia et on découvre les horreurs et les choix difficiles qui découlent du fait de la côtoyer.

Au départ, j’ai été un peu perdue face au nombre de personnages. En effet, l’action se situe au cœur d’une famille bourgeoise de Chicago où il y a bon nombre de membres. Du coup, j’ai trouvé le début du roman un peu lent mais cela s’avérait nécessaire pour que le lecteur se familiarise avec chaque protagoniste, comprenne un peu son passé et son présent et ses interactions avec les autres personnages.

Justement, faisons le point sur les personnages principaux du roman : tout d’abord, nous avons le couple William et Susan. William est un héritier d’une famille riche et il est tombé amoureux de Susan. Ancienne actrice, Susan cache beaucoup de secrets et elle est l’ancienne petite amie d’Edward, le mari de Rose, qui est la cousine de William (vous suivez toujours ?).  William est un personnage très intéressant car il est à la fois une personne intègre mais aussi une personne qui aime sa famille. Du coup, il va être confronté à des choix moraux compliqués qui vont le mener à flirter avec les limites. Au premier abord, Susan est insupportable mais on finit par s’attacher à elle, au fur et à mesure qu’elle laisse tomber sa carapace. Le couple Edward/Rose est très important et ils m’ont beaucoup touchés tous les deux. Enfin, vous ne pouvez pas passer à côté de Mérédith, la sœur de William, qui est complètement folle. Incarcérée suite à un témoignage de son frère, elle n’a plus qu’une idée en tête à sa sortie de prison : se venger et faire payer tous ceux qui se sont mis un jour en travers de son chemin.

En fait, tout le roman tourne autour de l’évolution du couple William/Susan mais ce que j’ai trouvé très intéressant, c’est le fait que l’auteure fasse le choix de nous présenter des évènements du point de vue de plusieurs personnages. En effet, par moment on a le point de vue de William, puis on suit Mérédith, puis Rose et Edward….. bref, cela donne un vrai rythme au roman et permet d’éviter une certaine monotonie.

Une fois qu’on est entré dedans, impossible de lâcher le roman. On est embarqué dans le Chicago des années 20 et on n’a qu’une envie, savoir comment tout ça va se terminer !! Je ne peux pas trop vous en dire pour ne pas vous gâcher le suspense mais j’ai envie de vous dire : préparez-vous, les certitudes n’ont pas leur place dans cette histoire !

Pour conclure, j’ai beaucoup aimé ce roman malgré la difficulté relative de rentrer dedans. Encore une fois, avec du recul, ces premiers chapitres sont nécessaires pour poser le décor et ainsi bien comprendre tous les enjeux qui se joueront ensuite. Une fois la lecture lancée, on ne décroche pas et les chapitres défilent à grande vitesse. Malgré sa noirceur, c’est un livre qui a toute sa place dans vos lectures d’été. Il vous permettra de passer un moment hors du temps, dans une époque un peu méconnue.

 

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