UN MARIAGE AMÉRICAIN de Tayari Jones.

[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE NORD AMÉRICAINE – Nouveauté 2019]
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère
Éditions PLON – Collection Feux Croisés
432 pages
Ma note : 18/20
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Le résumé :
Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain… à ceci près qu’ils sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner.
Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de la vie qu’on lui a dérobée…
Avec ce portrait de la classe moyenne noire du sud des États-Unis, Tayari Jones radiographie le couple et signe une histoire d’amour tragique et contemporaine qui explore les thèmes de la famille, de la loyauté, du racisme. Caustique et rigoureuse observatrice de son temps, cette auteure reconnue outre-Atlantique s’attaque en femme de lettres aux maux qui rongent la société américaine, et parvient à donner à ce texte fulgurant et âpre tous les atours d’un grand roman.
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Être noir dans un pays de blanc, c’est tout un challenge. A l’heure où les champs de coton ne sont plus d’actualité et ou l’émancipation de la communauté noire reste un enjeu crucial, Celestial et Roy ont grandi avec un certain héritage.

 

Celestial a vu le jour dans une famille aisée. Fille unique et enfant chérie, elle devient une jeune femme déterminée, farouche et surtout elle respire la liberté. Une liberté animée par la créativité. Une liberté qu’elle retrouve dans la simplicité du quotidien. Une liberté qu’elle cultive et surtout aime. Celestial n’a rien d’une bourgeoise endimanchée. Elle est elle même juge de ce qui est bénéfique ou non pour sa propre vie.

 

Celestial et Roy, c’est l’improbable. C’est un conte, un rêve de gosse à l’image de La Princesse et la grenouille.

 

Roy a grandit dans une famille qui s’est battu pour lui offrir un avenir meilleur. Chaque centime était économisé.Chaque sacrifice était sacralisé. Roy est devenu un de ces play boy qui se la racontent. Séducteur mais avec des principes, il devient un homme éperdument amoureux lorsqu’il croise Celestial. Un coup de foudre (pas sur Nothing Hill), mais une rencontre fracassante une de celle qui reste gravée à tout jamais dans chaque cellule.

 

Celestial et Roy ont tout pour s’aimer : de l’ambition, des projets, de l’argent, du soutien et de l’inventivité. Seule ombre au tableau parfait : ils sont noirs et Dieu seul sait qu’en une seconde leur vie peut basculer en enfer. Roy victime de l’injustice et du temps, voit sa vie partir en lambeaux auxquels il se raccroche désespérément. Des années défilent et l’espoir perdure comme une étoile scintillant au dessus de cette cellule grivoise, témoin d’une longue et douloureuse agonie.

 

Portrait intimiste d’un couple bravant d’éprouvants aléas, UN MARIAGE AMÉRICAIN m’a séduite. Entre passé, présent et futur, Tayari Jones met sa plume au service d’une cause judicieuse et nécessaire. Racisme et injustice se confrontent à l’amour, la passion et au temps. Ce temps qui s’effiloche emportant ces graines semées le jour de la cérémonie de mariage. Ce temps qui s’inscrit dans chaque ride, témoin de cette décrépitude. Le respect et la famille sont au cœur d’un déchirement profond.

 

Pamphlet d’une histoire mélodramatique ravageant les liens puissants d’une famille, d’amis et d’une femme. Ce sentiment d’impuissance et d’inutilité face aux mépris, à l’abandon et la à résignation. Ce sentiment éprouvant que les mots frappent, endurent, crient toute la rage, le désespoir et l’espoir dans un souffle brûlant. 

 

Si les branches de cet arbre (sur la couverture) représentent une multitude d’avenir, le tronc, lui, le mariage, les racines, eux, le passé et la coupure le présent. (Comment résister à cette symbolique ?).

 

J’ai succombé à la plume de Tayari Jones. Toute à la fois délicate et éprouvante, elle m’a touchée en plein cœur. J’ai dévoré chaque mot, chaque ligne, chaque paragraphe, chaque chapitre. Un livre où il est difficile d’être insensible. Un thème puissant porté par cette volonté de magnifier le bouleversant en lumineux.

 

Il y a trop de mystères qui nécessitent des explications. c’est en substance ce qui me dit Big Roy en me coupant les cheveux, ce lundi après-midi. N’ayant pas de tondeuse, il employait la méthode traditionnelle : peigne et ciseaux. Le claquement des lames résonnait dans mes oreilles, me rappelait le temps où j’ignorais qu’un garçon pouvait avoir plus d’un père. Un temps où les noms sur la page de garde de notre bible racontaient toute l’histoire, un temps où  nous formions une famille de trois personnes
Roy (page 254)

 

 

J’avais trouvé un moyen pour ne pas sentir la douleur : je pensais à Celestial et moi. Nous nous étions crus capables de surmonter cette calamité. Nous avions cru pouvoir nous en sortir par la discussion, par le raisonnement. Mais, de même que Roy avait payé pour ce qui était arrivé à cette femme, quelqu’un allait devoir payer pour ce qui était arrivé à Roy. Il y a toujours quelqu’un qui passe à la caisse. On dit qu’une balle ne porte pas de nom de sa victime. Eh bien, je pense qu’on peut en dire autant de la vengeance. Et peut-être de l’amour. C’est une tornade mortelle qui frappe au hasard.
Andre (page 377).
 
Une chronique de #Esméralda
 

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UN CAILLOU AU FOND DE LA POCHE de Florence Cochet.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2019]
Dès 9 ans
ACTES SUD Junior
126 pages
Ma note : 4/5 mention « petit coup de cœur »
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Le résumé :
Au collège, les autres élèves surnomment Henri « la calculette » ou le « taré ». Sans la présence de Daisy, sa meilleure amie, il aurait déjà craqué. Heureusement, elle est toujours là avec son optimisme communicatif… jusqu’à ce qu’un virus la force à rester à la maison. Pour la première fois, Henri est seul, et une bande de petits raquetteurs compte bien en profiter. Le mystérieux caillou que lui a confié son excentrique enseignante de français suffira-t-il à le protéger des sales coups ? Un regard sensible sur la différence où l’on suit pas à pas le jeune héros dans le labyrinthe de ses pensées, l’auteur sachant nous le rendre extraordinairement proche et émouvant.
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Henri est différent. Une différence qui ne se voit guère et pourtant elle fait l’objet de nombreuses moqueries. Petits mots saugrenus et petits regards en coin qui veulent tout dire, sont son quotidien depuis toujours. Heureusement que dans sa vie, il y a la trépidante Daisy. Elle rit, elle se moque de tout et son enthousiasme est si communicatif qu’il ne peut plus s’en passer. Et surtout, elle lui apprend à comprendre le monde qui l’entoure. Car Henri ne le perçoit pas tout à fait de la même manière que le commun des mortels et surtout il ne comprend pas le principe de sociabilité qui régit les gens. Je vais te dire un secret (un secret qui ne devrait pas en être un), Arthur est autiste, autiste Asperger. Alors quand sa seule constance, Daisy, est clouée au lit, Henri perd pied. Il ne sait plus quoi faire, quoi dire, où aller, il est tout simplement perdu. Surtout qu’une bande de petites frappes vient jouer les caïds, semant la peur sur leur passage. Henri est déboussolé, pris dans ses tourments et ses questions qui tournent inlassablement dans sa tête. Alors que sa professeure de français lui confie un drôle de caillou et lui narre un conte dont il ne saisit pas complétement le sens, Henri va découvrir qu’il peut être capable du meilleur et surmonter ses peurs.

 

Florence Cochet narre avec emphase un conte moderne. Un conte différent, un conte qui ouvre les yeux et les remplit de lumière. Pas à pas, je découvre les douleurs et les craintes de ce formidable Henri. Pas à pas, je découvre un jeune homme qui se pose d’innombrables questions. Je découvre cette amie dévouée et sa famille qui ont accepté Henri tel qu’il est et sans préjugé. S’adaptant à sa différence, cette famille atypique et un peu dingue adopte ce blanc-bec comme s’il est un des leurs. Une amitié farouche et essentielle. Une amitié qui pousse les frontières de la peur et de l’incompréhension. Alors que la différence devrait être un fardeau, Florence Cochet la magnifie et en fait une force. Une force qui anéanti ces mots et préjugés malsains.
C’est un thème cher à mon cœur et que j’aime beaucoup découvrir dans mes lectures surtout quand celui est exploité d’une manière sensible et intelligente sans tomber dans la caricature extrême (que je retrouve malheureusement un peu trop souvent dans mes lectures). Une lecture portée par une plume enjouée et intense qui n’hésite pas à bouleverser.

 

Un petit coup de cœur que je vous recommande fortement. Une lecture qui ouvrira certaine porte afin de comprendre la vie silencieuse de ces petits héros et petites héroïnes !

 

La dernière phrase l’amuse. Malgré sa gastro, Daisy n’a pas perdu son sens de l’humour. Il ne fait la bise à personne et ne comprend d’ailleurs pas qu’on puisse en avoir envie. Quelle idée de vouloir coller ses lèvres sur des joues couvertes de bactéries et d’acariens ! Sans parler des « vrais » baisers. Impossible de concevoir plus répugnant que deux langues qui se touchent : en moyenne, 750 millions de bactéries dansent la java dans 1 millilitre de salive ! La seule chose à laquelle Henri consente, c’est échanger une rapide poignée de main. Après quoi, il se frotte méthodiquement paumes et doigts avec une giclée de son fidèle désinfectant. Avec Daisy, il a daigné réduire son utilisation. Il ne le sort plus qu’avant le repas. Tout cela pour dire que sa phobie des bises provoque parfois quelques étincelles entre eux.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions ACTES SUD Junior.

LE TEMPS D’UNE ILE de Thierry Clech.

 

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Rentrée littéraire 2018]
Ateliers Henry Dougier
Collection : Littérature

 

Format broché (136 pages) : 14.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

Face à cette île, les années passent, les personnages défilent. Thierry Clech a imaginé des fragments de vies, de l’âge de pierre jusqu’au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l’humanité avec pour seul point commun ce paysage foulé.
 » Je devinais dans la nuit la forme triangulaire d’une île, au centre de la baie, dont la masse obscure se détachait à peine des lueurs astrales du ciel. Cette île m’intriguait… « 
Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l’horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d’un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ?
Des hommes s’y sont entretués et des couples s’y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D’autres ont pu y infléchir leur destin.

 


 

 

∞∞ LES PREMIÈRES LIGNES ∞∞

 

 

Longtemps, enfant, adolescent, puis adulte, je suis venu ici, devant les flots immuables, sous les ciels versatiles, à contempler une île, non loin d’où j’habitais, et à me sentir en la regardant, année après année, à me demander si ceux qui l’avaient vue avant moi s’étaient posé pareilles questions, en des siècles lointains, à propose de leur vie, face à cette baie, la même, que découvriront aussi d’autres hommes, dans dix ans ou dans mille ans, à l’aurore, au couchant, sous un soleil de solstice, d’équinoxe, dans l’air glaçant, la tiédeur, la fournaise, ou par des nuits piquetés d’étoiles que bercera le bruit des vagues.

 

Le ciel change sans cesse mais ses teintes reviennent. Céruléen, safran, cobalt ou ébène. L’eau des océans glisse et reflue sur le sable, jamais  ne disparaît. Chaque jour le soleil s’élève et décline. L’horizon ni ne s’approche ni ne s’éloigne. Les reliefs s’érodent lentement.
Il n’y a pas d’autre ciel, pas d’autre mer, aucune autre terre, un seul soleil.
Où qu’ils soient, partout dans cette lumière, cette ombre, depuis la nuit des temps, des hommes naissent, vivent et meurent, seconde après seconde.

 

Mon avis :
Thierry Clech nous invite au travers de son premier roman à un voyage intime au confins de l’humanité. Diapositive d’un monde sans cesse bouleversé par l’évolution. De la préhistoire au futur envisagé, en passant par les vikings, le moyen âge, la révolution française et la guerre mondiale, Thierry Clech narre l’histoire intergénérationnelle de ces hommes et femmes dans leur quotidien.

 

Impitoyable, invincible, roc solitaire, terre accueillante, cette île fière, telle une pyramide régnant sur son océan, est le témoin silencieux des époques qui se succèdent dans un soupir du temps. La dimension temporelle n’a alors plus aucune notion. Tel un film en accéléré, les pauses n’interviennent qu’en de rares occasions. Synonymes de réflexions métaphasiques ou philosophiques sur la place de l’homme dans un tout. Qui suis je ? Quelle trace vais je laisser dans ce monde où finalement un seul souffle efface le moindre souvenir ? Qui suis je pour bouleverser cet infiniment grand ?

 

Grain de sable éphémère, né de l’eau et du carbone, façonné par les millénaires, transporté par le vent et anéanti par la simple condition de la vie, l’homme, cellule vivante, par sa définition cherche son prolongement dans la transmission de soi via les outils adaptés de son époque. Le souvenir empreint dans la mémoire collective, familiale ou dans la roche, n’est qu’une clef désuète face à l’espace temps. L’île est le gardien de ses souvenirs, de ces hommes, de ces femmes et de leurs idées, questions, tourments, espoirs et secrets. Elle est immuable et éternelle, ce que l’Homme ne pourra jamais être. Elle est à la fois un musée de l’humanité et une source d’inspiration.

 

Je suis tombée amoureuse du roman de Thierry Clech dés les premières phrases. La prose de Clech n’a rien a envié aux plus grands. Un voyage inédit et transgénérationnel. Un roman ouvert sur la réflexion.

 

Les amoureux de la langue française ne pourront qu’apprécier ce roman aux connotations fortes et au dessein de cette mystérieuse île.

 

 

 

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L’auteur s’est inspiré du Val-André et du rocher du Verdelet.

 

 

 

Focus sur Thierry Clech :

 

Journaliste, critique aux Cahiers du cinéma puis scénariste, Thierry Clech est également photographe. Ses images, issues de ses voyages, ont été exposées en France et à l’étranger. Il a publié plusieurs livres, notamment en collaboration avec les romanciers Philippe Jaenada (Déjà vu, éditions Philippe Chauveau) et Bernard Chambaz (Imprimer le Monde, éditions du Tigre). Le temps d’une île est son premier roman.

 

 


 

Je remercie Nadia et les Ateliers Henry Dougier pour leur confiance.

 

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BABY DOLL de Hollie Overton.

 

 

 

[ THRILLER – Nouveauté 2018]

Éditions Mazarine

Traduction : Françoise du Sorbier

 

 

Format numérique (368 pages) : 15.99€

Broché : 21.90€

Ma note : 5/5 mention « à découvrir » et « petit coup de cœur »

 

 

 

 

 


 

 

Le résumé :

 

La nouvelle vie de Lily Riser commence un soir d’hiver glacial. Seulement vêtue d’un pyjama, elle passe la porte. Elle serre sa fille dans ses bras. Et se met à courir. Loin de la cabane dans la forêt, loin du père de Sky, de cet homme qui l’a séquestrée pendant huit ans et qui, pour la première fois, n’a pas fermé la serrure. Lily est libre, mais ce n’est pas pour autant que leur calvaire est fini. L’enlèvement et les sévices qu’elle a subis ne l’ont pas seulement marquée à vie, sa disparition a aussi détruit sa famille – surtout sa soeur jumelle qui ne s’est jamais remise de sa disparition. Tous tentent tant bien que mal de reconstruire un avenir, sans se douter qu’ils vont être à nouveau mis à rude épreuve.
Depuis sa cellule de prison, le ravisseur de Lily compte bien punir sa Baby Doll pour sa désobéissance…

 


 

Mon avis :

 

Une lecture qui a fait parler d’elle au sein du Picabo River Book Club (club dédié à la littérature Nord-Américaine) à sa sortie. Des avis aussi enthousiastes que timorés.

 

Je ne te cache pas que le résumé a tout pour intriguer. Je pense avoir imaginée une dizaine de scénario et j’étais loin, très loin du compte.

 

Hollie Overton ne ménage pas son lecteur et fait vivre à ses personnages toutes les misères du monde. Un thriller psychologique étonnamment sombre où les moments de plénitude sont très rares.

 

Il ne me semble jamais avoir lu un thriller traitant sur l’après d’un kidnapping, de séquestration et d’une libération. A contrario j’ai déjà visionné plus d’un film sur le sujet. Mais c’est d’autant plus remuant quand tu lis. N’est ce pas ? Pour ma part je suis plus sensible aux mots.

 

Lily a été captive pendant huit longues années. Enlevée à l’âge de 16 ans, elle a subi de nombreuses tortures, privations, abus sexuels, viols et j’en passe. D’ailleurs l’auteur a eu la gentillesse de ne pas nous décrire toute cette partie, laissant les suggestions faire le travail. Lily, sous ses airs de femme soumise, bafouée, esclave, a toujours nourri des rêves d’évasion et de liberté. Espoir qu’elle partage avec sa petite fille, Sky.

 

Lorsque l’impensable se produit, c’est avec toute sa rage qu’elle prend la fuite. Retrouver les siens, son premier amour, sa jumelle, sa maison, ce sont tous ces éléments qui la tirent vers le haut, pour se surpasser, pour éviter de s’écrouler.

 

Seulement si la liberté est enfin là, palpable, son tortionnaire derrière les barreaux, le gout à la vie, son paradis si chéri s’écroule car le monde, son monde a continué d’avancer sans elle. Elle ne comprend plus ce qui se déroule sous ses yeux, et l’adaptation est aussi une épreuve insurmontable que son enfermement.

 

C’est sur ce point là que Overton excelle. C’est cette manière de mettre en scène une liberté qui n’en est pas forcément une. L’emprise psychologique, la phobie de l’inconnu, la réappropriation d’elle même, l’acceptation de ce nouvel entourage, tout autant de points qui façonnent la trame de l’histoire. C’est sans contexte remuant. L’auteure n’hésite à aucun moment de corser son histoire en y rajoutant ces petits éléments perturbants qui font au final un grand tout subjuguant.

 

La psychologie des personnages est parfaitement maitrisée et saisissante. J’ai suivi toutes les réflexions, les décisions, les doutes et le peurs de chaque protagonistes et le texte à 4 voix facilitent l’imprégnation de ces derniers. J’ai tour à tour, découvert les pensées de Lily, de sa sœur jumelle, de sa mère et de son tortionnaire. De fil en aiguille, les éléments composent un ensemble tonitruant reflétant les profondeurs de l’âme humaine et de ce qu’elle a de plus pervers. Des personnes détruits par ces épreuves qui font face à leur manière qu’elle soit bonne ou mauvaise. Des actes impardonnables, insoupçonnés, inconsidérés et d’amours.

 

Ce thriller est petit coup de cœur. Il me manque un quelque chose au sujet du tortionnaire, et là c’est mon côté machiavélique qui parle. Dommage que l’auteur n’a pas développé son ressenti, notamment au niveau du final. Ca reste en soit un point stratégique pour lui voler la vedette, je pense que j’aurai aimé voir, plutôt lire, sa fureur et son apitoiement.

 

Ce premier roman est une sacrée claque pour ma part. Emotionnellement intense, l’histoire ne peut pas te laisser insensible. Ca remue les tripes et c’est effroyable. A découvrir si t’aime cette atmosphère.

 

 

 


 

Je remercie les éditions Mazarine pour leur confiance via la plateforme Netgalley.

 

 

 

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Screenshot-2018-2-20 L_Organisation, tome 3 Révoltée de Lindsey T

 

JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE de Isabelle Desesquelles.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018]
Rentrée littéraire septembre 2018 – Sortie le 16 Aout
Éditions Belfond – Collection Pointillés
Format numérique (200 pages) : 12.99€
Broché : 18.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

 » Tout l’art de conjuguer l’amour et l’absence. Poignant.  » MARCUS MALTE
 » Leur mensonge préféré aux parents, ils viennent le soir vous dire au revoir, on est à moitié endormis et eux vous murmurent « Je serai toujours là, mon délice, mon ange de la joie douce, merveille de l’amour enchanté’, ils caressent votre front, que ça rentre bien dans votre tête. Ce doit être pour cela que ça fait si mal le jour où ce n’est plus vrai, où la main d’un père ou d’une mère ne se posera plus sur le front d’un enfant que l’on n’est plus depuis longtemps. Et si cela arrive vraiment trop tôt, on est fauché net. On peut mourir et vivre longtemps. « 
Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n’a pas la voix d’une petite fille et ses mots sont ceux d’un mystère cruel. Que s’est-il passé pour que l’innocence se borde ainsi de noir ?
Plongée vertigineuse et poétique dans l’univers de l’enfance,
Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre trouble et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches.
Et la redoutable force du souvenir.

 


 

Mon avis :

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Elle me serre comme si j’allais m’envoler mais je n’ai pas d’ailes. Pourtant je voudrais bien aller faire un tour au bout du ciel, et je reviendrais, pleine de merveilleux, je pourrais rester une enfant autant que maman. En attendant, je regarde le noir, les yeux à hauteur des siens, et c’est vrai qu’elle a l’air d’être tout l’univers avec ses hanches mouvantes, son bassin frémissant, ses jambes infatigables qui n’abandonnent rien, elle tend son front à l’obscurité, tant d’ombre nous avale. Je voudrais que la nuit me prenne moi aussi. Et je m’endors dans ses bras qui m’enserrent où je vais grandir jusqu’au matin. Tous les matins de ma vie.

 

 

La vie. La mort. La vie dans la mort. La mort dans la vie. Une ritournelle silencieuse et unie. Une harmonie sinistre et émerveillée par la beauté de l’être. Celui qui reste. Celui qui part. Un nom. Un âge. Des rires. Des pleurs. Des exclamations de joie. Des cris euphoriques. Des si et des peut être. Des questions. Des étoiles. Des étoiles pleins les yeux pour un infini indéfinissable. Qui je serai ? Qui suis je ? Qui j’étais. Une multitude de tout et de tout de rien. Un soupir. Un souvenir éternel se mouvant dans l’inextricable. Un souvenir aussi douloureux que savoureux. Un souvenir malléable et tellement beau, pur et simple. Un souvenir aussi tranchant qu’un poignard aiguisé à la pierre.

 

Clémence est tout ça.

 

L’innocence d’une fillette volée qui résiste au temps dans le creux des bras accueillants de ses parents. Elle est cette touche de liberté infantile habillée par l’insouciance. Elle respire, mange et dort du bonheur du simple. Elle est ce souffle du vent qui peu à peu s’épuise. Elle est la pluie douce qui surprend. Elle est le feu de la cheminée qui réchauffe. Elle voyage dans les rêves. Vie une multitudes de vies. Elle est l’amoureuse. Elle est grande finalement Clémence.

 

Clémence détient tous les secrets et tous les mensonges. Elle est le témoin du beau, de l’amour inconditionnel de ses parents. Elle foule de ces petits petons, les marches de l’éternel souvenir. La musique, la lecture, les poèmes, l’air mouillé des fougères, sont une mélodie à laquelle elle est reliée indéfiniment. Tel ce 8, grand et fort de ces 8 ans, symbole de l’infini émouvant.

 

JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE est percutant, douloureux, infiniment touchant. Poétique insatiable d’un souvenir où la vie était belle. Un combat titanesque pour défaire les souvenirs envahissants et meurtrissants afin de laisser libre la mort. Jeux pernicieux du passé, du présent et du futur.

 

Impossible de décrire les émotions vives qui m’ont traversée. Une claque magistrale qui m’a mise à terre dès les premiers chapitres. Une blessure silencieuse et fatale cicatrisant par l’espoir et les souvenirs.

 

C’est juste époustouflant me laissant sans voix, sans mots.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Rien ne nous séparera. Juste avant leur premier baiser il y a eu ce serment muet entre Alexandre et Rosalie Sauvage, ils se le répétaient à voix haute que je l’entende moi aussi, d’où je venais, où on allait, où on irait. Et quand je n’ai plus été là ils se sont accrochés à ce rien de leur serment, qui vaut tant. Il nous a sauvés je crois. Son infaillibilité. Ne pas en faire un mensonge à mesure que l’on vieillit, si loin de soi, de celle ou celui que l’on aurait voulu être ; que l’on a cru.

 

 


 

 

Je remercie Babelio qui lors de sa masse critique m’a permis de découvrir cet étonnant ouvrage.

 

 

 

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La passe-miroir, livre 2 : Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos.

 

[FANTASY / Jeunesse – 2015 ]

GALLIMARD JEUNESSE (dès 12 ans)

Lecture personnelle

 


 

Résumé :

Fraichement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.

 


 

Mon avis :

Du moment qu’on a complétement adoré le premier, je pense qu’il est impensable de ne pas adorer les suivants ! Le premier tome pose les bases de l’histoire. On fait connaissance avec les protagonistes. L’auteur met à place son intrigue et les éléments qui la desserviront. Le second tome est dans la suite logique du premier mais avec toutefois beaucoup plus de rebondissements et d’actions. Et surtout l’apparition de nouveaux personnages comme Farouk qui devient en quelque sorte l’élément central à tous ce qui va en découler. On découvre davantage Thorn, Ophélie, Archibald et tous les autres.

L’atmosphère est à l’image de l’arche du Pôle : froide, suspicieuse, mensongère, désagréable et énigmatique. L’intrigue se développe davantage sans vraiment trop en dévoiler non plus. L’auteure nous dévoile les « origines » du déchirement. On a un aperçu rapide de l’enfance de Farouk. Le récit alterne quelque peu avec ce point de vue et du coup donne une dimension beaucoup plus intéressante. Par ce biais on sent de suite qu’Ophélie et Thorn vont être confronter à quelque chose de beaucoup plus grand ! Une entité malsaine et maligne !

Ce livre 2 est un condensé d’enchainements plus imprévus les uns des autres ! On est dans un fil conducteur qui ne s’arrête jamais !

Ma chronique sera courte au risque de trop vous en raconter !

C’est une saga qu’il faut absolument découvrir surtout si vous adorez la fantasy. L’auteure nous immerge dans un monde hors du commun où la destinée des personnages est hallucinante. C’est juste démentiel. J’ai fini le troisième tome hier soir, et je vous assure que des surprises, l’auteur nous en réserve beaucoup !

Petits et grands, « La Passe-miroir » est sublime par sa singularité et envoutant par son univers !

Foncez !

Si vous l’avez lu, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour en discuter ! J’en serais ravie !

 

 

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Mon avis sur le Livre I : « Les fiancés de l’hiver » !

Pour tout savoir sur l’univers de « la passe-miroir » et sur son auteur : c’est par ICI !

Vers le site Gallimard Jeunesse !

 

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L’explorateur invisible de Ronan Cognet.

 

[ROMAN AVENTURE – SPIRITUALITÉ – 2016]

AUTO-ÉDITION

Service presse

 

Je remercie chaleureusement Ronan Cognet pour sa confiance et de m’avoir permis de découvrir son livre.

 


 

Résume :

Paris, 1870. Bientôt l’aboutissement pour Émile. Après des années de recherche, une vie presque, il est enfin prêt pour le grand saut vers l’invisible. Bientôt, il abordera l’animal au plus près de son âme. Et ce n’est pas dans l’effervescence scientifique de l’époque qu’il a trouvé les clés de son fantastique projet, mais auprès des chamans de tribus oubliées, là où veillent les esprits. Cependant, aboutir n’est pas chose aisée, la guerre, l’amour, le hasard sont autant de pièges sur le chemin de la réussite et il faudra compter aussi avec d’autres ennemis, invisibles. On ne pénètre pas le monde des esprits impunément.

 


 

Mon avis :

Et bien voilà, une lecture qui ne m’a pas du tout laissée indifférente. Une nouvelle fois je sors de ma zone de confort livresque et j’avoue qu’avec ce roman intrépide, j’ai été bluffée. Ce roman s’inscrit dans plusieurs catégories : aventure, spiritualité, paranormal et historique. Ces nombreux ingrédients rendent ainsi la lecture palpitante, tourmentée, enjouée et merveilleuse.

1870, petit mémo : Chute de Napoléon III, Paris assiégé par les prussiens, l’exposition universelle, premières découvertes médicinales, commerce triangulaire et bien d’autres aspects historiques. J’apprécie particulièrement les livres avec ce contexte historique ancrant le déroulé de l’histoire dans une réalité non équivoque. L’auteur soigne tous ces points de repères sans y oublier les éléments qui les entachent ou les enjolivent.

Le personnage principale, Emile Tassin est un homme avec d’immenses rêves et qui avec toute sa hargne, petit à petit, va pouvoir atteindre son but final. Emile Tassin est certainement le premier globe-trotteur de son temps. Il a parcouru le monde à pied et à bateau enfin d’assouvir sa soif de connaissances. Asie, Afrique, Europe et Amérique. Son pied a foulé tous les continents, enfin presque. Vétérinaire de formation, il s’interroge sur la condition animale et leurs ressentis. Précurseur dans ses pensées, Emile Tassin mène sa quête même s’il doit se faire passer pour un illuminé. Cet homme enjoué, passionné et minutieux va finir par tomber dans les profondeurs de son âme, aux détriments de son poste, de son entourage et son frère qui va tenter par tous les moyens de lui faire reconnaître ses tords et de le sortir de son aveuglement. Cette quête est particulièrement intéressante et surtout moderne pour l’époque. L’invisible est un attrait puissant, aussi puissant que l’addiction aux drogues. J’ai beaucoup apprécié cette fenêtre ouverte sur les différentes cultures, notamment sur les rites célébrant la mort.

L’auteur m’a fait plonger dans un univers paradoxal et puissant, merveilleux et sombre. Sa plume nous offre un voyage aux multiples couleurs. Entre joie et angoisse, le précipice n’est jamais loin pour me filer les frissons. Les rebondissements s’enchainent à une vitesse folle vers un dénouement de toute logique, mais qui a eu la convenance tout de même de me surprendre. Une fin avec des points de suspension, car l’auteur nous laisse le choix d’un final auquel on veut croire.

Cette lecture est une pure découverte ! Un voyage fabuleux à une époque où tout est encore possible à conquérir. Une histoire qui m’a fait vivre une multitude d’actions, de questionnements.

Ronan Cognet insuffle une énergie rafraichissante dans un monde où les questions sont éternelles.

Je vous invite à découvrir cet auteur talentueux, son livre est une pure pépite !

 

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