LE GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE – Acte VI.

Bonjour tout le monde,

Aujourd’hui je vous fais un récapitulatif. Février était mon mois de jury. J’ai donc du lire trois romans, deux policiers et deux documents. Une sélection riche et variée et où les avis étaient très divergents. Pour ma part, j’ai fait de très belles découvertes. Chaque lecture a retenu mon attention mais il fallait choisir. Les trois livres sélectionnés par l’ensemble du jury ont tous eu ma préférence.
Je vous laisse maintenant fureter selon vos envies et si vous êtes intéressés par mon avis il vous suffit de cliquer sur la photo et hop vous êtes directement redirigés.

Belle découverte !

#Esméralda

Dans la catégorie ROMAN :

Dans la catégorie DOCUMENT :

Dans la catégorie POLICIER :

Et les trois finalistes de cette sélection sont :

A bientôt pour l’acte VII.

PLS de Joanne Richoux.


Soirée déguisée. Sacha navigue chez lui entre sa sœur jumelle, la fille dont il est amoureux et ses amis. De pièce en pièce, il traîne sa mélancolie et noie ses démons dans les volutes et les vapeurs d’alcool. Jeux de regards, frottements des corps, plaisirs furtifs, assauts repoussés…
Les heures s’égrènent à vouloir tuer le temps. Bad trip ? Et si une lumière brillait quand même au bout de la nuit ? Un roman noir, au verbe vif et cru, qui se lit d’une traite. Une œuvre ancrée dans son époque, qui sonde les affres des solitudes adolescentes, les fêlures de chacun, mais fait aussi entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé. 

 
PLS vous plonge dans la douleur d’un adolescent qui tente de vivre avec. Percutant, PLS ouvre cette fenêtre où les déambulations de Sacha témoignent de son mal-être, de son isolement, de ses dérives, de sa fuite psychique.
Lors d’une soirée où le déguisement, Halloween oblige, est de rigueur, Sacha déambule parmi ses invités, camarades de classe, tantôt aimés, adulés, adorés ou détestés. De déguisements en déguisements, de verres en verres, de mots en mots, de pas en pas, Sacha oublie son mal, oublie ce manque, ce trou béant. Sacha dérive sur des rives noires et chaotiques. Sacha croque sa vie empoissonnée avec déraison et lucidité. Sacha vole dans son monde où la société serait bienveillante et lui crache dessus quand il a les pieds sur terre. L’ange noir empli de colère et de haine est pourtant attiré par une seule lumière, Elle. Belle, magnifique, attirante, le péché mignon qui connaît ce mal envoûtant et captivant. Elle, rayonne tout simplement. Elle vie dans la lumière et sa main tendue le sauverait, certainement, peut-être, peut-être pas.

 

PLS captive par l’urgence des mots, par la brutalité des pensées, par le choc des actes. Le temps s’écoule comme si il était compté, comme si sa malléabilité probable était une solution. Une plume impitoyable pour un thème percutant. L’adolescence et sa multitude de questions, l’âge charnière où devenir adulte effraye et rester enfant n’est plus cool. L’âge où les questions métaphysiques se bousculent : le sexe, la vie, la mort. Un méli-mélo sombre où les pensées s’autodétruisent et naissent en un claquement de doigt. Joanne Richoux signe un roman jeunesse d’une beauté aussi cruelle que magnifique. Un roman qui ne laisse pas le temps de respirer.

 

PLS est sauvage, brutal mais si sensible. Une sensibilité à fleur de peau, celle qui pousse dans les retranchements les bons comme les mauvais. Celle qui crie quand rien ne va plus. Celle qui pleure quand tout devient noir. Celle qui embrasse quand il est urgent de se faire aimer. Celle qui parle quand le cœur déborde.

 

Un roman à découvrir absolument et cela dès 15 ans.

 

Mais surtout, la vie était plus réelle. Je sais pas, immédiate. Et puis en couleurs. Il se passe un truc sale quand on grandit. Un voile de poussières qui ternit et complique les choses.

 

Une chronique de #Esméralda

GIRL de Edna O'Brien.


Girl est un roman sidérant, qui se lit d’un souffle et laisse pantois. Écrivant à la première personne, Edna O’Brien se met littéralement dans la peau d’une adolescente enlevée par Boko Haram. Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle son rapt, en compagnie de ses camarades de classe ; la traversée de la jungle en camion, sans autre échappatoire que la mort pour qui veut tenter de sauter à terre ; l’arrivée dans le camp, avec obligation de revêtir uniforme et hijab.
La faim, la terreur, le désarroi et la perte des repères sont le lot quotidien de ces très jeunes filles qui, face aux imprécations de leurs ravisseurs, finissent par oublier jusqu’au son de leurs propres prières. Mais le plus difficile commence quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eu d’un de ses bourreaux. Après des jours de marche, un parcours administratif harassant lors de son arrivée en ville, celle qui a enfin pu rejoindre son village et les siens se retrouve en butte à leur suspicion ¿ et à l’hostilité de sa propre mère. Victime, elle est devenue coupable d’avoir introduit dans leur descendance un être au sang souillé par celui de l’ennemi. Écrit dans l’urgence et la fièvre, Girl bouleverse par son rythme et sa fureur à dire, une fois encore, le destin des femmes bafouées. Dans son obstination à survivre et son inaltérable confiance en la possible rédemption du cœur humain, l’héroïne de ce très grand roman s’inscrit dans la lignée des figures féminines nourries par l’expérience de la jeune Edna O’Brien, mise au ban de son pays alors qu’elle avait à peine trente ans. Devenue un des plus grands écrivains de ce siècle, elle nous offre un livre d’une sombre splendeur avec, malgré tout, au bout du tunnel, la tendresse et la beauté pour viatiques.

 
Percutant, destructeur, d’un réalisme époustouflant, où terreur et espoir se partagent une histoire hors norme, Girl nous plonge dans le chaos insoutenable d’une vie détruite au nom de la barbarie.
J’avais beaucoup entendu parler de ce roman à sa sortie. Je ne m’étais pas plongé dans la lecture des nombreuses chroniques qui fleurissaient sur la blogosphère. Girl avait retenu mon attention et j’ai été très enthousiaste de pouvoir le lire.

 

Edna O’Brien dépeint dans cette fiction une histoire foudroyante. Cela n’est pas sans me rappeler ce terrible événement en avril 2014 au Nigeria, l’enlèvement de plus de deux cent lycéennes par Boko Haram. Edna O’Brien prend le partie d’écrire son histoire à la première personne donnant cette immersion déplaisante dans le sens où les émotions de l’héroïne sont davantage percutantes. De cette façon, Edna O’Brien frappe fort et marque les esprits. Une immersion glaçante, suffocante, sanglante, insoutenable, pétrifiante où il se dégage, tout de même, au fil des pages une once d’espoir. L’état d’esprit de la captive se dégrade, mêlant le conscient et l’inconscient dans ce ballet morbide où la survie devient une nécessité. Réalité et irréalité se confrontent également perdant le lecteur dans les abysses de l’insaisissable.

 

Le parcours de cette femme est un véritable enfer du début à la fin. Sur fond de religion et de superstition, pas à pas la fureur s’invite dans ce silence imposant où le cœur de la victime ne cesse de hurler son désarroi. Le mutisme et l’absolution cohabitent malgré le déchaînement de ses pensées, de sa folie équivoque. Alors que ses pas la portent vers une certaine liberté, des rencontres vont bouleverser ce quotidien morne. Des rencontres libératrices et révélatrices qui la mènent vers une terre où le simple bonheur semble se laisser conquérir.

 

Une lecture bouleversante portée par une verbe acérée, Edna O’Brien ne laisse aucun répit. Dramatique est le seul mot pour vous décrire ce que j’ai ressenti. Un mot pourtant si faible et si loin de décrire l’ensemble du roman. Une œuvre qui me semble intemporelle et inévitable temps que des régions du monde seront aux prises de la folie. Une œuvre pour ne pas oublier leurs souffrances et leurs cris aux prises d’une société à deux vitesses. Une œuvre marquée par la splendeur glaçante de l’abominable.

 

Un incontournable pour cette année 2020 que je vous invite à découvrir.

 

Chacune cherchait un coin où s’isoler, car même si on était des salopes pour eux, et qu’on se trouvait répugnantes, on s’accrochait aux derniers lambeaux de dignité. Chaque fille cherchait un coin à soi, puis une flaque ou un ruisseau pour se laver. Et chacune de nous priait que les prochaines règles viennent. Des filles mangeaient des racines ou de feuilles pour une pas être enceintes. L’éclat cramoisi du sang sur ces grands brins d’herbe était notre unique délivrance. Je regardais le mien et rendais grâce. Je pensais à ma mère, si j’étais à la maison, comment elle serait aux petits soins pour moi, avec de l’eau chaude et une serviette m’expliquant que c’était le cours de la nature.

 

Une chronique de #Esméralda.

DÉBUTANTS de Catherine Blondeau.


Juillet 2004. L’inauguration du musée national de Préhistoire réunit en Dordogne Nelson Ndlovu, archéologue sud-africain invité aux cérémonies, Peter Lloyd, traducteur anglais installé là depuis quinze ans, et Magda Kowalska, jeune femme polonaise qui tient une maison d’hôtes dans le village.
L’été voit naître entre eux un grand rêve d’amour et d’amitié. La gaité de Magda, les silences de Peter et la flamboyance de Nelson recèlent pourtant bien des secrets. Lutte anti-apartheid et migrations forcées, violence des héritages et désirs de liberté, peur de l’enfantement et poids des attachements. Les récits s’entrecroisent et les vies se répondent dans cette fresque haletante où l’Histoire n’épargne personne.
Catherine Blondeau vit à Nantes où elle dirige un théâtre. Débutants est son premier roman.
 

 
Roman choral, intimiste, sur ces vies qui se sont construites sur des mensonges et faux-semblants. Roman terriblement intimidant et profondément humain.

DÉBUTANTS n’est pas un roman qu’il faut lire à la va vite. C’est une lecture qui demande beaucoup d’attention. Un roman vibrant où la vie de ces hommes et de cette femme se croise et se décroise, laissant un parfum parfois d’amertume, d’espièglerie, d’amour fraternel, d’amour charnel.

Voyages dans le temps, vagabondages émotionnels de ce temps qui marque l’esprit et l’âme à jamais façonnant des êtres sensibles à la quête de leurs vérités.

Peter, homosexuel, anglais, éperdument fou des mots et de musique, narre sa vie et ses tourments, son amour pour un homme libre et sa peine lorsque ce dernier rend son dernier souffle. Il conte ses rêves, sa liberté, son amour fidèle, ses craintes et ses désillusions.

Nelson a connu l’Apartheid grâce aux mots de sa mère, fervente militante. Il raconte cette période horrible de son peuple comme si il y avait vécu. Exilé à Paris alors qu’il n’était qu’un petit garçon, il se prend d’affection pour ce mouvement militant. Articles, lectures croisées, tout est bon pour se documenter. Étudiant il veut absolument renouer avec ses racines. De retour à Johannesburg, il se passionne pour l’histoire de son pays et ses dérives. Et puis ce point d’interrogation crucial et vital : ce père inconnu et impliqué dans les combats. Une quête sur cette vérité à la recherche de cette partie inexistante d’un homme aux abois.

Magda est polonaise. Elle est née dans cet état où le prolétariat régné. Son enfance, elle en garde un souvenir lumineux : ces heures à jouer dans la rue, ces heures à écouter sa grand-mère parler de la France, ces heures à cuisiner, ces heures à biner et désherber le jardin. Magda est devenue une jeune femme solaire, avide de liberté. Elle narre son « tour du monde des hommes », ses secrets, ses rencontrer et sa peine. Celle d’avoir été abandonnée. Ce trou béant qui lui a enlevé une partie de son être.

Nelson, Peter et Magda forment ce trio où les liens intrinsèques sont une évidence.

Catherine Blondeau nous offre un premier roman remarquable. Des histoires portées par cette volonté inépuisable de défaire les non-dits et de révéler le meilleur comme le pire de l’humanité. La mort, la vérité, les mensonges, l’avidité d’autres choses, l’amour, l’amitié se déchaînent dans un ballet formidable. Elle met en évidence les fêlures de ses personnages et les dépeint avec frénésie.

Un roman à dévorer avec passion et lenteur pour se laisser porter par la beauté parfois cruelle de ces vies.

Oui, le peuple noir avait livré un noble combat pour se soustraire à l’oppression d’un pouvoir blanc inique. Mais chaque témoin, chaque récit, chaque douleur finissait par égratigner une histoire qu’on aurait rêvé plus belle, par fragiliser la grande fresque é^pique de la libération qu’on aurait voulu pouvoir se raconter sans arrière-pensée. La mythologie héroïque de la lutte menaçait chaque jour un peu plus de se dissoudre dans le grand chaudron de la confession.
 
Une chronique de #Esméralda

MA RÉTROSPECTIVE ET MON TOP 2019.

 
Bonjour tout le monde,

 

J’ai enfin le temps de faire ma rétrospective sur l’année 2019. Je vais vous parler de livres mais aussi de moi.

 

Je suis ravie de cette année passée même si certains projets n’ont pas abouti comme je l’espérais. Mais peu importe. J’ai réalisé tous mes objectifs : lire davantage n’en faisait pas parti, mais grâce à ma participation au Grand Prix des Lectrices Elle j’ai découvert de nouvelles choses. Notamment celle de m’intéresser davantage aux documents et essais. Je me suis rendue compte que j’aimais bien lire les documents qui sortent des sentiers battus comme Catel et sa biographie graphique sur Renée Goscinny ou alors l’essai de Jonathan Safran Foer et encore un document sur Honoré de Balzac rédigé par Titiou Lecoq. J’ai du mal a apprécié les documents de type « universitaire » ou de type « journalistique » où les informations sont trop nombreuses et qui à mon sens sont adressés à un certain type de lectorat dont je ne fais pas partie. Pour cette année 2020, je me donne comme objectif de lire davantage de documents. J’ai déjà ciblé les prochaines parutions des éditions Marchialy que j’aime beaucoup mais je me laisse la chance d’en découvrir d’autres.

 

L’un de mes autres objectifs était de mettre en avant l’auto-édition sur le blog avec un rendez-vous mensuel regroupant mes lectures indépendantes accompagnées par des interviews des auteurs. Malheureusement, j’ai constaté qu’il n’y avait eu aucun engouement de votre part. Pour cette année 2020, je continuerai en lire, mais mes avis seront noyés au milieu des autres lectures et certainement que je me concentrerai davantage sur mes envies et que j’accepterai moins de sollicitations de la part des auteurs indépendants. Cette année sera, je pense, consacrée à mes lectures personnelles et à autre genre de lectures notamment de la littérature blanche.

 

Cette année 2020 sera plus cool en termes de publications. Peut-être l’avez-vous remarqué, mais je ne publie plus rien le week-end et en semaine je pense me focaliser entre 3 et 5 publications. Cela voudra dire moins de visiteurs sur le blog et moins de vue, mais après trois années d’existence, j’ai constaté que les visites ne dépendaient pas du nombre et de la fréquence des articles. Les visites dépendent essentiellement du livre chroniqué. Donc cette année sera plus cool et je pense revoir le design du blog et changer quelques petits trucs qui ne plaisent plus trop. Mon objectif aussi pour cette année est de développer mon Bookstagram (Instagram). Un réseau social que j’apprécie beaucoup. Dans l’ensemble je suis satisfaite de l’évolution de mes réseaux sociaux même si de mon côté et socialement, je ne suis pas très présente. Il faut que je vous avoue que même derrière mon ordinateur ou mon téléphone je ne suis pas à l’aise pour engager une discussion et même pour vous faire interagir. C’est mon plus gros problème et je ne sais pas comment le résoudre. Vous pourriez croire que je suis hautaine ou autre, mais au contraire je suis une personne timide et qui n’a pas une grande confiance en soi, en fait même dans cet irréel vous me faites peur. C’est dément je sais.

 

Donc moins d’articles, moins de livres et je voudrais me consacrer à mon autre blog TOI ET MOI, L’AUTISME que j’ai créé il y a bientôt un an et que je n’ai pas eu le temps d’alimenter. J’aurais certainement moins de temps dès septembre et souhaite quand même continuer cette aventure que je me suis lancée en 2016.

 

Que vous dire de plus ? Je vous remercie à vous toutes et vous tous qui lisaient mes billets, qui likaient, qui commentaient, qui partageaient ou qui ne faisaient rien. Sans vous cette aventure serait moins savoureuse.

 

Voilà pour ce petit pavé de mon année 2019.

 

Place maintenant à mon TOP 3 de 2019 (avis disponible en cliquant sur la couverture).

 
Difficile de faire un choix parmi plus de 200 lectures.
 
N’hésitez pas à découvrir mes lectures incontournables de 2019 ICI. Je vous souhaite une merveilleuse année 2020 qu’elle soit riche en découverte livresque !
 
#Esméralda

LA CHUTE, CETTE BELLE ENVOLÉE de Amélie Dieudonné.

[ ROMAN – 2019 ]
Éditions L’HARMATTAN – Collection Rue des écoles / Littérature
132 pages
Ma note : 4,5/5
Lien Kindle

Le résumé :
Elia, vingt-six ans, amoureuse, psychologue, s’épanouit dans une vie agréable. Un jour, brutalement, son quotidien chavire. Le froid s’empare de son corps, son sourire s’éteint. Dans ce roman, Amélie Dieudonné s’aventure sur les traces d’Elia, une jeune femme qui lutte pour survivre, qui lutte pour se défaire d’un job destructeur, d’une relation fanée, du carcan sociétal dans lequel elle étouffe, qui se bat pour rallumer la flamme au creux de son cœur : être soi, explosive, étincelante.
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Elia a la tête pleine de rêves. La liberté, la découverte, l’épanouissement et son diplôme de psychologie qui lui ouvre les portes d’un monde convoité, elle est à l’aube de ce changement. Elle se sent si prête si joyeuse. Être psychologue s’est faire face à de nombreux préjugés. Elle, elle s’efforce d’aider les enfants démunis face à la méchanceté et la cruauté du monde des adultes. Son empathie, sa gentillesse et sa volonté de prendre soin d’eux sont plus forts que tous les petits inconvénients. Des dossiers à la pelle, l’absence de pause, le manque d’équipements et la désinvolture d’un patron tyrannique. Elle met tout son cœur pour ses petits patients. Elia veut y croire. Elle se doit d’être forte. Pourtant au fil des mois, la volonté s’étiole et la pureté  de ses actes se fanent. Elia n’est pas une super héroïne. Elia est une femme qui se perd dans ce qui lui tenait à cœur. Elia est juste humaine. Elia a besoin de se retrouver : ce qu’elle était, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Elia a besoin de souffler et de reprendre contact avec cette liberté qui lui faisait tant envie. Et puis un jour elle sombre. Elle n’en peut plus, ne se lève plus. Les mots ne sortent plus, ils s’agglutinent en elle, la noient. C’est le noir, c’est la chute. Comment arrivera t’elle à se relever ?

 

Amélie Dieudonné signe ici un roman bouleversant. Un roman intense où les émotions de cette femme aux abois prennent aux tripes. Le burn out est un sujet sensible et délicat. Comme une malédiction, il est souvent tu ou mécompris. Avec sensibilité et transparence Amélie Dieudonné retranscrit les étapes. De l’euphorie à l’abattement, de la dépression à l’engouement, les états psychologiques m’ont accaparée. Un cycle infernal qui se solde par l’impuissance.

 

Grâce à un habile jeu entre le passé et le présent, entre le « elle » et le « je », ces dissociations mettent en exergue cette dissonance fourbe. La mélancolie s’invite dans cette histoire où la colère et l’impuissance tissent leur lien et dansent sur un rythme macabre. L’impuissance et le découragement accaparent l’être. Et le froid de la non existence contrôle l’âme.

 

Bouleversant, ce roman intimiste m’a plongée dans les dédales de la souffrance. Amélie Dieudonné insuffle, pourtant, une belle dose d’enthousiasme et de force, car si le chemin vers le bonheur est sinueux et dangereux, la lumière est souvent au bout.

 

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions L’Harmattan.

RIEN N'EST NOIR de Claire Berest.

[ ROMAN – 2019 ]
Éditions STOCK – Collection La Bleue
250 pages
Ma note : « incontournable 2020 »
Lien Kindle

 

 

Le résumé :
« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.»
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Coup de cœur ! Choc ! Ébahie ! Ce roman claque !

 

Claire Berest s’arme de sa palette de couleurs. Couleurs primaires, bleu, rouge, jaune, pour une multitude de nuances. Couleurs primaires pour relater une vie, une femme haute en couleurs. Un panel de couleurs pour décrire les émotions, les turpitudes, la réalité, la solitude, la souffrance, le déchirement, le splendide, le désarroi, la perte, la douleur, l’amour, la passion, la perte dans l’autre, la vie, la mort. Frida Kahlo est l’explosion de tout cela. Frida Kahlo aime jouer, déteste perdre, aime se perdre, aime se retrouver, aime la vérité et déteste la découvrir, aime l’exubérance et déteste les mondanités, aime se peindre et se déteste. Frida Kahlo est tout. Entière, dévouée et passionnée dans une souffrance qui ne s’endort jamais et qui la pousse dans les confins de sa conscience, de son âme.

 

Au fil des pages, les tableaux de la célèbre artiste deviennent le fil conducteur. Claire Berest peint une toile gigantesque et lui donne un sens, un sens fictionnel, mais un sens emprunt d’une profonde humanité. Claire Berest parle de la femme passionnelle qu’elle fut. Au cœur de cet amour toxique et fusionnel, Frida et Diego, deviennent les héros d’une romance contemporaine. Héros nantis, ils s’aiment tout autant qu’ils se haïssent.

 

Roman aussi splendide et aussi troublant, mon cœur bat encore le tempo de cette histoire intemporelle. Roman éprouvant, roman éblouissant rythmé par une plume nerveuse et doucereuse, RIEN N’EST NOIR m’a plongée au cœur du grandiose, de l’incommensurable, du bouleversant, d’une fresque où la fatalité fait rage et où l’impromptu illumine.

 

Il s’aperçoit qu’il ne lui a jamais dit que son amour pour elle était la meilleure partie de sa vie et que, maintenant, c’est trop tard. Et il se souvient qu’elle, Frida Kahlo, disait souvent ce genre de phrases avec cet air inimitable de Frida Kahlo – La mort n’est qu’un processus pour exister panzón, no ? OU encore – Nous mourrons à chaque seconde, mi hijo, alors ça ne vaut pas le coup de quitter ce monde sans être un peu amusé, si ? Et surtout – Si on aime de fol amour, alors il faut le dire très très vite, parce qu’après on meurt, non ?
Et il voit les yeux de Frida.
Ce noir plein de lumière.

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions Stock.