URBEX SED LEX de Christian Guillerme.


Contre une belle somme d’argent, quatre jeunes passionnés d’urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté.
Ils vont relever le challenge, mais, une fois sur place, ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans cet immense endroit abandonné…
Et très vite comprendre qu’ils n’auraient jamais dû accepter cette proposition.
JAMAIS !

Un dernier coup avant une éventuelle retraite, tels sont les pensées de Fabrice, Carine, Chloé et Théo. Passionnés d’urbex, discipline qui consiste à explorer les bâtiments abandonnés et souvent délabrés, ce passe-temps demeure dangereux. Tels des pros, ils préparent avec rigueur chaque expédition.
Contacter par mail, on leur propose un défi bien alléchant contre de l’argent. Si Fabrice est contre dans un premier temps, il se laisse convaincre par ses amis. Un lieu inédit où mille rumeurs circulent sur les forums. Rien d’alarmant pour ces experts mais l’appréhension quête rapidement le groupe. Plan préparé, sac à dos sur le dos, les voici armés pour cette exploration. Le sanatorium se dresse majestueux devant eux dans une nuit noire où recèle de nombreux dangers. Arriveront-ils à les surmonter ?

 

Fabrice est la tête pensante, Carine la fan de cinéma et toiturophile, tout comme sa copine Chloé, et Théo est le bout entrain de la bande. Quatre caractères différents qui aiment se chahuter et offrent une ambiance bon enfant tout en étant portés par leur passion commune.

 

Christian Guillerme m’a plongée dans un monde méconnu pour ma part. L’urbex est une discipline qui demande beaucoup de rigueur et de concentration. Ce n’est pas une balade commune. Elle demande beaucoup de préparation.

 

Christian Guillerme offre un thriller totalement prenant. L’atmosphère s’alourdit au fil des pages. Très vite les couloirs deviennent un champ de mines prêt à anéantir quelconque vie. Pris au piège dans un jeu infernal, la fuite devient leur ultime but. La peur s’accroit, les larmes coulent, les cris fusent, le sanatorium devient le théâtre de la folie humaine celle où les plus bas instincts sont façonnés par la sauvagerie et la brutalité. Course poursuite meurtrière, elle n’a rien de salvatrice et de libératrice. Course haletante, chaque pas est une réussite vaine. Le désespoir ruisselle. La peur soulève le cœur et les tripes. Respirer, marcher, courir deviennent une notion embuée par l’instinct de survie. Porté par une plume 100% efficace, ce thriller emporte le lecteur dans l’horreur la plus pure. Rythme endiablé, scénario machiavélique, chaque ligne nous pousse davantage vers l’innommable. « La dure loi de l’urbex »  est fascinant pour tous ces nombreux points.

 

Faites attention aux ombres !

 

Une chronique de #Esméralda

LE MAITRE DES LIMBES de Olivier Bal.


Le Maître des Limbes : vos rêves lui appartiennent.
Un roman vertigineux, entre le récit d’espionnage, le thriller et le fantastique,
Que se passe-t-il réellement lorsque vous vous endormez ? Quand vous plongez au cœur de vos rêves, êtes-vous certain de ne pas être manipulé ?
Il existe, aux quatre coins du monde, certains individus dotés d’une incroyable aptitude : ils peuvent contrôler les rêves des autres.
En tentant de percer le secret de nos songes, plusieurs personnages vont faire une découverte qui pourrait changer à jamais le cours de l’histoire.
Lee, une journaliste, enquête sur le virus du Marchand de sable, une étrange épidémie qui ne touche que des enfants.
Gabriel, un adolescent narcoleptique isolé des autres, a la sensation qu’il peut visiter et modifier les rêves d’inconnus.
James, à la tête de l’empire pharmaceutique ONIR, poursuit en secret des expériences débutées trente ans auparavant…
Tandis que la CIA et la NSA se mènent une guerre secrète pour obtenir le contrôle des Limbes, au plus profond de leur sommeil, nos héros devront choisir leur camp. Une bataille se prépare, car qui contrôlera les rêves, contrôlera le monde.

 
Olivier Bal m’a entraînée dans un thriller fantastique stupéfiant. Addictif et immersif, LE MAITRE DES LIMBES est sans aucun doute une lecture que je vous recommande fortement.
Gabriel est devenu narcoleptique suite à la perte de sa maman dans un accident tragique. Cette maladie l’handicape. Sa vie sociale est devenue inexistante. Un jeune homme frêle qui passe inaperçu. Sa maladie le plonge souvent dans son sommeil. Mais depuis quelque temps, quelque chose n’est plus pareil. Ses rêves sont étranges et presque réels. Il découvre une grotte énigmatique. Et si ses rêves avaient une emprise sur la réalité ? Et si il pouvait intervenir sur les rêves des autres ? Gabriel se sent puissant et enfin il peut maîtriser sa vie et les rêves des autres. Jusqu’à cette nuit fatidique où tout dérape.

James attend cet enfant depuis longtemps. Il pense enfin l’avoir découvert. Gabriel apprend vite et sa puissance se décuple rapidement. Sous couvert d’une agence pharmaceutique, ONIR, réputée dans l’étude du sommeil, James est associé à la CIA pour effectuer des missions périlleuses aux quatre coins du monde. James rêve d’un monde sans violence. Et ces enfants, lui sont d’une aide précieuse. Enfants emprisonnés et qui doivent selon le bon vouloir de James, se rendre sur le terrain au travers des rêves des autres.

Lee, journaliste un peu rebelle sur les bords, doit affronter le Marchand de Sable. Son fils est atteint de cette mystérieuse maladie qui ne touche que les enfants. Elle doit à tout prix aider son fils et rien de mieux pour elle de mener l’enquête qui la porte sur un chemin bien mystérieux où les dangers fleurissent sur son passage. Aidée par un homme énigmatique, elle va devoir braver de nombreux secrets dont un qui la concerne.

J’ai suivi les aventures de ces trois personnages avec frénésie. Je ne vous ai pas encore signifié que 20 années séparent Gabriel et James de Lee. Et ce qui est encore plus surprenant c’est la manière dont Olivier Bal va les réunir au cours de son récit. Si vous pensez avoir deviné sachez que vous faites fausse route. Olivier Bal maîtrise avec brio et génie son scénario. Il nous balade au grès de son talent machiavélique d’auteur. C’est sans conteste un des meilleurs thrillers fantastique que j’ai pu lire. Une immersion qui frôle l’envoûtement. Un rythme endiablé. Un histoire à couper le souffle. J’ai été très vite mordue par ce roman. Le monde onirique côtoie le monde réel dans une harmonie chaotique. Une histoire de dingue, de fou, prenez garde à vous rêves !

J’appose mes mains doucement sur son front. Je me projette. Je suis en elle. Dans sa tête, dans son esprit. Ses souvenirs, des milliers d’instantanés me percutent, me traversent, comme des images projetées sur des cascades d’eau.
Une chronique de #Esméralda

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R. J. Ellory

Uchronie/thriller – Livre sorti le 4 juin 2020

Editions Sonatine

Service Presse

Ma note : 4/5

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier les éditions Sonatine qui, via la plateforme Netgalley, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : La vérité est plus forte que tout.
C’est l’une des histoires les plus connues au monde – et l’une des plus obscures. Le 22 novembre 1963, le cortège présidentiel de John F. Kennedy traverse Dealey Plaza. Lui et son épouse Jackie saluent la foule, quand soudain…
Quand soudain, rien : le président ne mourra pas ce jour-là. En revanche, peu après, le photojournaliste Mitch Newman apprend le suicide de son ex-fiancée, dans des circonstances inexpliquées. Le souvenir de cet amour chevillé au corps, Mitch tente de comprendre ce qui s’est passé. Découvrant que Jean enquêtait sur la famille Kennedy, il s’aventure peu à peu dans un monde aussi dangereux que complexe : le cœur sombre de la politique américaine.
Sexe et manipulations, mensonges et assassinats… Dans cette histoire alternative, à mi-chemin entre 22/11/63 de Stephen King et les thrillers paranoïaques des années 1970, JFK semble avoir échappé à son destin. Mais pour combien de temps ?

 

L’avis de #Lilie : J’ai eu la chance de rencontre R.J. Ellory à l’automne dernier. A cette occasion, il avait évoqué son nouveau roman qui venait de sortir en version originale et il avait expliqué aux lecteurs présents qu’il avait voulu parler de Kennedy car, selon lui, les européens ont une image un peu biaisée de lui. Il voulait donc, dans son nouveau roman, apporter un nouvel éclairage sur la personnalité de l’ancien Président et il avait voulu imaginer ce qui aurait pu se passer s’il n’avait pas été assassiné en novembre 1963.

Ce roman est donc une uchronie, c’est à dire une réécriture de l’histoire en modifiant un événement du passé. On découvre que Kennedy est toujours en vie en juillet 1964. Il prépare la convention des démocrates pendant laquelle il espère obtenir la possibilité de briguer un second mandat. Pourtant, cette possibilité n’est pas une évidence. Pourquoi ? Qui est l’homme derrière l’image du Président ? Est-il celui qu’il semble être ?

En parallèle, le lecteur fait connaissance avec Mitch Newman. Photographe free-lance, il vivote et n’a pas de véritable objectif dans sa vie. Un jour, il apprend que son ex petite-amie, Jean, s’est suicidée. Intrigué, il se rend chez elle et comprend très vite que ce suicide n’en est peut-être pas un. Que va découvrir Mitch ? Quelle était la dernière « enquête » de Jean  ? Qu’est-ce qui pourrait expliquer son geste ?

Mitch a tout du reporter paumé. Pourtant, quand on lui annonce la mort de Jean, il prend les choses en main et replonge, la tête la première, dans le frisson de l’investigation. Il est persévérant, débrouillard, un peu tête brûlée mais aussi un homme sensible, avec des valeurs qui souhaite, plus que tout, que la vérité éclate. Au fil de ses investigations, qui l’entraîneront de Washington à Dallas, il va mettre le doigt sur des choses qui le dépassent mais il ne lâchera rien tant qu’il n’aura pas toutes les réponses à ses questions. L’autre protagoniste majeur du roman, c’est John Fitzgerald Kennedy. On découvre ici un autre aspect du président qui a, il faut bien l’avouer, une image de « Golden boy ».  Derrière son grand sourire, on découvre un homme avec une vie pas si parfaite, ponctuée par ses infidélités et de nombreux problèmes de santé. Il est également fragilisé politiquement car sa réélection est loin d’être acquise et on entraperçoit tous les rouages qui se mettent en marche pour essayer de l’emmener vers la victoire.

C’est la première fois que je lis un roman de RJ Ellory. Ainsi, je ne peux pas comparer celui-ci avec ses romans plus noirs mais je dois dire que j’ai passé un excellent moment de lecture. Tout d’abord, il nous livre ici une uchronie sur fond de thriller politique qui est palpitante. En effet, on en apprend plus sur l’entourage du Président et sur tous les services qui ont pu l’aider dans sa fonction. L’enquête menée par Mitch est intéressante, pleine de rebondissements et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.  Ensuite, j’ai été captivée par la plume de l’auteur. Très documentée, en prenant appui sur des personnes ayant existé, il livre ici une autre réalité et aussi un nouveau regard sur JFK. Les chapitres s’enchaînent, passent de protagonistes en protagonistes et loin de nous perdre, cette technique nous embarque dans une course folle dont la conclusion est surprenante. 

Je recommande donc « le jour où Kennedy n’est pas mort » à tous les amateurs d’uchronie et de thrillers politiques. Ce roman est une belle réussite qui vous tiendra, sans nul doute, en haleine jusqu’à la fin même s’il écorne, sans aucun doute, l’image quasi-parfaite que l’on pouvait avoir de JFK.

 

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Sonatine

 

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WILD DANDY BOY de Daph K. Travis.


Cavannah Rainbow, célèbre top model semblant tout droit issu de la Factory d’Andy Warhol, est victime d’un accident de la route qui le plonge dans un profond coma. À son réveil, son existence vole en éclats, entre les cauchemars récurrents où il se voit tuer et une traque sans pitié menée par son jumeau envieux de son succès.
Tandis que les cadavres s’amoncellent autour de Cavannah, il fait la rencontre de Sharlette, une sans-abri d’à peine dix-sept ans, dont la sensualité le mènera malgré lui au crime le plus sordide…
Au coeur de cet univers de pop stars, de glam-rock et de champagne coulant à flots, où se situe la frontière entre rêve et réalité ?

Ce thriller psychologique est décapant par son style atypique. C’est une histoire à vous hérisser le plus petit poil que vous auriez.
Daph K Travis est sans contexte un auteur hors du commun à la plume irréaliste et envoûtante qui m’ait été permis de lire.
Accrochez bien votre ceinture !

 

AC/DC et autres groupes mythiques de rock, musique en fond sonore, le rythme est donné. Rock attitude pour une star hors du commun. Mannequin, icône, sa différence est son atout. Une vie de paillette où champagne, drogue et femmes circulent sans restriction. Une vie emplie de solitude, aussi. Une vie en noir et blanc, négatif de souvenirs, de mystères, d’illusions.

 

L’histoire de Canvanah intrigue, passionne. Réalité ou irréalité, mince frontière qui aime se jouer des convenances. Actions, rêves ou réalités, un shifumi enivrant et rocambolesque. La subjectivité est la maîtresse incontestée de ce thriller original. Forme atypique d’un roman qui vous prend les tripes. Mille scénarios et aucun plausible. Mille manières de nous semer dans ce décor figé dans lequel évolue cet homme peu ordinaire. Folie ou conscience, démesure ou triste réalité, vérité ou mensonge, ne pas perdre pied est un véritable parcours du combattant.

 

Daph K. Travis signe un thriller détonnant et étonnant par sa forme. Si la subjectivité est loin d’être mon dada, ce thriller n’est régi par aucunes des règles établies, et rien que pour cela il mérite toute votre attention.

 

Une chronique de #Esméralda

PEPE CARVALHO, tome 2 : La solitude du manager de Migoya Hernan et de Segui Nicolau Bartolomé.


Au cours de cette nouvelle enquête, Pepe Carvalho est rattrapé par l’époque où il était agent de la CIA. Il se remémore cette rencontre, lors d’un voyage aux États-Unis, avec un certain Antonio Jaumà, manager de la branche espagnole d’une multinationale.
Mais voici qu’il se retrouve avec le cadavre de Jaumà, découvert sans slip mais une petite culotte dans la poche. L’affaire semble claire : règlement de comptes autour d’un trafic de filles. Mais l’Espagne émerge à peine de la longue nuit franquiste et abrite encore trop d’individus prêts à tout risquer pour conserver certains privilèges..

Pepe Carvalho, ancien agent de la CIA, s’est établi à Barcelone où il a ouvert une agence de détective privé. Les affaires de mœurs rythment son quotidien alors quand il est appelé pour enquêter sur la mort suspecte d’un manager d’une grande société multinationale, c’est tout son passé qui surgit.
Il a rencontré Jauma sur un vol en direction de Las Vegas. Des souvenirs immuables. Enquêter sur sa mort s’est remué le passé pour comprendre le présent et sa mort.

 

Au cœur d’une Espagne après franquiste où le capitalisme regorge d’ingéniosité pour prendre sa place dans une politique affaiblie, Pepe Carvalho et son incroyable flair vont très vite mettre le doigt sur une cruelle machination.

 

Enquêteur intrépide, Pepe est un homme atypique avec un humour aiguisé.

 

Pour tout vous dire il m’a fallu m’y prendre à deux fois pour débuter la lecture de cette bande dessinée. J’ai eu beaucoup de mal à me faire au rythme du scénario, au changement de temps (passé et présent) et à intégrer les différents protagonistes. J’en suis arrivée à la conclusion que cette bande dessinée n’est pas du tout faite pour moi. L’intrigue policière est très intéressante mais elle n’a pas su m’accrocher. Le côté historique sur l’Espagne franquiste et politique m’étaient en grande parti inconnu. Je n’ai pas su m’imprégner de l’atmosphère latente et des enjeux. Parfois un peu trop subjectif pour moi où je suis passée à côté de l’essentiel.

 

Cette bande dessinée plaira certainement aux fans du duo et aux aficionados du genre.

 

Une chronique de #Esméralda

L’OMBRE DE LA MENACE de Rachel Caine.


L’un des thrillers les plus commentés sur les réseaux sociaux américains La vie sans histoire de Gina vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial. Le mari de Gina est condamné à mort. Elle est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était complice de son mari, du moins qu’elle couvrait sa folie meurtrière.
Victime de harcèlement, elle décide de fuir avec ses enfants. Mais, où qu’elle aille, quelqu’un dans l’ombre l’épie, l’obligeant sans cesse à changer d’identité et de vie. Quatre ans ont passé. Gina vit à Stillhouse Lake, où elle commence enfin à baisser la garde. Jusqu’à ce qu’un cadavre de femme soit repêché du lac…
Traduit dans seize pays, n°1 sur la liste des meilleures ventes de USA Today, ce thriller a été finaliste du Goodreads Choice Award et de l’International Thriller Writers Award.
Traduit de l’américain part Sebastian Danchin.

Gina avait la vie qu’elle eut rêvé : deux enfants, un mari attentionné, une belle maison dont elle s’occupait tous les jours. Ni travail, ni stress, une vie idyllique. Gina était le genre de femme à se contenter de ce qu’elle avait et surtout à ne pas faire trop de vague. La famille américaine dans toute sa splendeur.
Mais quand le verni bien appliqué se désagrégea d’un seul coup, la vie idyllique s’évapora.
Un après midi normal vire au cauchemar en un claquement de doigt. Une voiture vient de percuter le garage, antre du mari, et dévoile un corps de femme pendu.

 

Les portes de l’enfer s’ouvrent engloutissant tout. Débute ainsi un combat acharné que devra mener à bout de bras la pauvre Gina dont on l’accuse de tous les maux. Sa vie détruite, ses enfants traumatisés, la fuite devient la seule évidence suite à son acquittement. La foule se déchaîne, leurs mots sont des couteaux acérés, la préservation et la survie devient son unique préoccupation. Survivaliste malgré elle, elle déborde d’imagination pour les préserver de cette malveillance : changement d’identité, multiple déménagement, suivi de courrier, alarme, interdiction d’aller sur les réseaux sociaux. Obnubilée par tous ces aspects pour leur bien, elle est tout le temps sur le qui-vive.

 

Leur dernière fuite les a portés aux abords de ce lac paisible, une petite ville perdue où elle commence à prendre ses aises. Ses enfants malgré leur parcours chaotique s’y sentent bien. Gina fait quelques rencontres mais sa prudence est toujours de mise. Ce nouveau départ semblait durer mais le corps d’une femme retrouvée dans le lac remet tout en cause. La police s’en mêle, les soupçons fleurissent et le passé la rattrape. 

 

Une course effrénée commence pour découvrir la vérité et cette dernière se révélera cruelle.

 

Je découvre pour la première fois cette auteure américaine et ce fut un réel plaisir. La plume de Rachel Caine est rythmée et les rebondissements s’enchaînent rapidement. Un thriller psychologique qui prend le temps de s’installer avant de s’emballer. Une lecture haletante, prenante et folle. Le cyber harcèlement est au cœur de cette histoire dramatique qui bafoue les libertés individuelles. Un acharnement glauque qui prend à la gorge et qui s’intensifie au fil des pages. Rachel Caine sait faire durer le suspense jusqu’au point final où, frustrée, j’espère qu’il y aurait une suite à se dénouement particulier. Un thriller psychologique intense comme je les aime sans aucun temps mort. A découvrir.

 

La lettre pote la marque d’El Dorado, la prison où Mel attend son exécution. Il se trouve depuis longtemps dans le couloir de la mort, les avocats m’ont expliqué qu’il en avait pour dix ans au moins avant d’avoir épuisé tous ses recours. Le Kansas n’a pas exécuté un seul condamné depuis deux bonnes décennies, alors qui sait quand la sentence sera appliquée ? En attendant, il passe ses journées assis et il réfléchit. Essentiellement à moi.
Et il m’écrit. Comme il obéit à un rituel que j’ai fini par décoder, je suis incapable de toucher cette lettre pour le moment.
Je reste hypnotisée par l’enveloppe un bon moment, et sursaute lorsque s’ouvre la porte d’entrée et que l’alarme émet un bip. J’entends les doigts de Lanny voler sur le clavier.
Je n’esquisse pas un geste, comme si l’enveloppe était capable de me mordre si je la lâchais des yeux.
 
Une chronique de #Esméralda

FRISSONS NOIRS de Collectif.


 
Une sélection de 6 nouvelles, 7 auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition. 
Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots…et jusqu’à la chute. 
Éclectique et surprenant, ce recueil renferme six expériences exceptionnelles de lecture.

Ces six nouvelles sont extraites de l’ouvrage Ecouter le noir paru en 2019 aux éditions Belfond.
Six nouvelles noires qui vont vous plonger tour à tour dans les noirceurs de l’âme. Six nouvelles où vos sens sont mis à contributions. Six nouvelles et vous allez adorez frissonner à les lisant !
Barbara Abel et Karine Giebel signent un quatre mains totalement effrayant (Deaf). Un monde sans bruit, des adolescents fuyant, un mère enfermée dans un coffre de voiture. Voilà les éléments qui font de cette nouvelle une histoire impitoyable et dont la fin vous glacera sans aucun doute.

 

R.J. Ellory est un nom qui ne m’est pas inconnu mais je n’ai jamais eu l’occasion de lire un de ses thrillers. Avec Bloodline, sa nouvelle mettra vos nerfs à vif. C’est l’histoire d’une jeune femme infirmière qui met en place un plan totalement machiavélique. Une héroïne que vous ne voudriez jamais croiser.

 

Dans Zone de fracture, Sophie Loubière, parle d’amour. De cet amour qui se découvre dans le tard alors que les anneaux sont déjà passé aux doigts et que la vie de famille est bien établie. Si zone de fracture est un terme que l’on trouve dans le lexique des reporters envoyés sur le terrain en zones de conflits, ici il s’avère tout autre. Entre amour et jalousie qui triomphera ?

 

Dans Échos de Maud Mayeras, c’est l’histoire qu’un petit garçon particulier qui a une ouïe extraordinaire. Alors que son grand frère est victime d’un accident de la route et que sa mère part du foyer familial, Charlie entend des bruits suspects venant de la chambre de son frère décédé. Entre espoir et illusion, Charlie n’est pas au bout de ses surprises.

 

Quand vient le silence de Laurent Scalese, est déconcertant quant au final qu’il propose. Une histoire très bien ficelée et surprenante où une touche de fantastique est aussi savoureuse que la crème dans le gâteau. Un histoire captivante et effroyable où le silence devient l’arme vengeresse.

 

Et pour clore en beauté la lecture de ce recueil, je nomme l’extraordinaire Cédric Sire dont je suis une fan absolue. Sa nouvelle Le diable m’a dit …  est tout aussi alambiquée que tortueuse. Un scénario accaparant et tordu comme aime le concevoir l’auteur. Une touche de mélodramatique et d’horreur pour une histoire hallucinante !

 

Vous l’avez compris j’ai totalement adoré cette lecture. J’ai découvert cinq nouveaux auteurs et aussi surprenant que cela puisse paraître j’ai adoré toutes les nouvelles proposées. Un agréable moment de lecture que j’ai savouré au grès de ces sept plumes. Les cinq sens sont mis à l’avant dans chaque nouvelle dont celle de l’ouïe ressort pratiquement dans les nouvelles. J’ai adoré la manière dont chaque auteur s’en sont accaparée pour la sublimer. Bref un moment de lecture intense et bien noir. A découvrir absolument !

 

Une chronique de #Esméralda

LA FILLE SANS PEAU de Mads Peder Nordbo.


Nuuk, Groenland, 2014. Une découverte sensationnelle fait frémir la petite communauté : le corps d’un viking est extrait de la glace, en parfait état de conservation. Mais le lendemain, le cadavre a disparu et on retrouve l’agent de police qui montait la garde nu et éviscéré comme un poisson.
L’épouvantable procédé résonne funestement avec des affaires de meurtres non élucidées vieilles de plus de quarante ans. À l’époque, les victimes étaient toutes des hommes soupçonnés d’abus sexuels sur leurs filles. Le journaliste Matthew Cage et la chasseuse de phoques Tupaarnaq vont s’associer pour tenter de faire la lumière sur ce dont personne n’a envie de parler. Et à Nuuk, les secrets les plus tordus sont les mieux préservés, comme figés dans la glace par un pergélisol impitoyable.
Tome 1/3 – Traduction du danois par Terje Sinding.

 
C’est important d’avoir en tête lorsqu’on commence cette lecture qu’il s’agit du premier tome d’une trilogie. Important, surtout si vous ne voulez pas être frustrés. LA FILLE SANS PEAU est un thriller qui ne peut vous laisser indifférent. En tout cas moi j’ai adoré !
Matthew Cave a tout perdu en un claquement de doigts. Ses amours, son avenir, son espérance, son bonheur. Journaliste il décide de partir au Groenland à la recherche de l’apaisement et du passé. Nuuk est ce que l’on pourrait qualifier de ville charmante tant que soit peu il en existe au Groenland. Barre d’immeubles, Inuits désolés, dégradations, alcool, bref rien d’accueillant. La solitude est salvatrice pour Matthew. Journaliste pour le journal local en liaison avec le Danemark. Outre l’actualité politique débordante le reste du temps s’est calme. Alors que les voix s’élèvent pour un Groenland plus autonome, le passé vieux de plusieurs centaines d’années surgit d’entre les glaces. Un bien curieux viking dont sa découverte va entraîner, malheureusement, des rebondissements sanglants. Une agent de police sauvagement assassiné comme ces quatre hommes il y a plus de quarante ans. Un cold case qui ouvrira les portes d’une vérité cruelle et étouffée par la convoitise. Un chemin effroyable semé de doutes et de question. Un chemin sinueux où la hargne et la violence trouvent encore écho. Matthew poussé par cette volonté farouche de délivrer la vérité et surtout de la rétablir peut compter sur la belle tatouée et tête brûlée à ses heures perdues.

 

Entre passé et présent. Entre ses doutes et sa lecture de ce vieux carnet de notes, Matthew mènera ce combat jusqu’au bout quitte à en déplaire à certain.

 

Ce thriller est un pur ravissement pour moi. La manière dont l’intrigue se construit se basant à la fois sur le présent et le passé. La manière dont ces deux périodes se confondent. Et un personnage qui n’a rien demandé et qui se trouve malgré lui dans cette aventure et poussé par cette adrénaline puissante liée à la vérité. Un thriller puissant et un fil rouge sanglant. Une intrigue poussée qui se répercute peu à peu sur le personnage principal malmenant ses doutes, ses principes et ses convictions. J’aime beaucoup l’atmosphère qui s’en dégage et l’opposition faite entre le passé où l’action se déroule en hiver et le présent en été. Une atmosphère glauque et parfois légère mais toujours dans l’oppression. J’aime beaucoup aussi la dualité entre Matthew et la fille tatouée.

 

En bref aussi glaçant que surprenant, un thriller accaparant et envoûtant. Un fil rouge qui se poursuivra sur les autres tomes. Une intrigue menée à la perfection. Je suis juste conquise !

 

Une chronique de #Esméralda

DANS LA GUEULE DE L’OURS de James McLaughlin.


Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie. Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu’il a trahi. Mais la découverte de la carcasse d’un ours abattu vient chambouler son quotidien : s’agit-il d’un acte isolé ou d’un braconnage organisé ?
L’affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts. Alors que la police ouvre une enquête, Rice décide de faire équipe avec Sara Birkeland, une scientifique qui a occupé le poste de garde forestier avant lui. Ensemble, ils mettent au point un plan pour piéger les coupables. Un plan qui risque bien d’exposer le passé de Rice. James McLaughlin signe avec Dans la gueule de l’ours un premier roman époustouflant. Au-delà d’une intrigue qui vous hantera longtemps, l’auteur se confronte à des questions essentielles : comment la nature et l’homme se transforment-ils mutuellement ? Quelle est la part d’animalité en chaque être humain ? Un retour à la vie sauvage est-il possible pour l’homme occidental ?Dans la gueule de l’ours a été classé par le New York Times comme l’un des dix meilleurs «.Crime Fiction.» de l’année 2018 et a reçu le prix Edgar Allan Poe 2019 du premier roman.

 
Un thriller impulsif et immersif, au cœur d’une nature aussi effrayante que subjuguante. Une lecture à demi teinte pour moi car, là, n’est pas ce que j’attends d’un thriller.
Rice Moore n’est pas l’homme que vous croyez. Si il a fricoté avec les cartels mexicains de la drogue, Rice n’est qu’un biologiste passionné par la faune et la flore. Tout souriait au scientifique jusqu’au moment où il se retrouve dans une situation inconfortable et qui le pousse à enfreindre les lois. De livraisons en livraisons, l’étau se resserre et le fait basculer du côté obscure. Emprisonné au Mexique pendant une longue année et pris sous l’aile d’un homme louche, il apprend les ficelles des cartels. Et puis un jour la liberté, la vengeance et la fuite. Une fuite qui le porte en Virginie dans une réserve des Appalaches. Un nouvelle vie, un nouveau job. Être gardien lui procure finalement un sentiment de paix. Éloigné de tout, il se sent reprendre vie. Un paix éphémère car la propriété est le théâtre de braconnage d’ours. Passé ou bandits, Rice Moore se doit de prendre des précautions.

 

DANS LA GUEULE D’UN OURS a tout pour vous surprendre. Son originalité se trouve dans ce duo nature-writing et thriller. De grandes envolées lyriques où la nature et une certaine spiritualité ont une place cruciale au cœur de l’intrigue. De grandes descriptions doucereuses et langoureuses contrecarrent l’esprit du thriller. Elles permettent d’une manière assez efficace de révéler le personnage principal. Cette nature puissante et silencieusement active joue cet intermédiaire dans l’évolution de Rice Moore. Elle prend peu à peu possession de l’homme pour en faire surgir le pire comme le meilleur. La frontière entre le bien et le mal est latente, questionnant sur la nature profonde de l’homme et des ses limites. Ce thriller m’aurait davantage emportée si la part de nature-writing était moins omniprésente. C’est un genre que je lis trop rarement pour pouvoir savourer pleinement touts ces petits détails et m’en imprégner. Un premier thriller qui a pourtant eu le mérite de retenir mon attention. Une audace que j’apprécie. Ce premier thriller de James A. McLaughlin révèle un auteur américain à suivre dans les années à venir.

 

Il s’appuya contre le tronc du pin pour se relever. Quand il tira sur une côte, la colonne vertébrale et la cage thoracique de l’ourse se soulevèrent tout d’une pièce au-dessus des feuilles mortes, étonnamment légères et dégageant un relent de pourriture. Il considéra les autres os grisant sur le sol en pensant qu’il devrait en choisir un pour le rapporter au chalet, l’ajouter à sa collection dans le bureau. Le crâne aurait été l’idéal, mais le braconnier avait emporté la tête de l’animal avec la peau. Il se promena un moment alentour en donnant des coups de pied dans les feuilles te les aiguilles de pin, cherchant un fémur ou quelques gros os jusqu’à ce qu’il sente un malaise l’envahir. Il pensa soudain que le pillage d’os d’ours n’était sans doute pas approprié. Il se demanda pourquoi, ne trouva aucune réponse, mais son malaise persistait. Maintenant qu’il en comprenait l’origine, ce sentiment de culpabilité ne refluait pas, mais lui hérissait les poils des bras. Il regarda les fourrés autour de lui, en s’attendant presque à voir un ours noir le surveiller. Il se dit pour la centième fois qu’il ne devenait pas tant superstitieux que victime d’un brouillage indéniable des contours de la prétendue réalité.
 
Une chronique de #Esméralda

LA MACHINE A BROUILLARD de Tito Desforges.


 
Mac Murphy est un soldat d’élite. Mac Murphy est fort. Mac Murphy est dur. Mac Murphy est fou. Mac Murphy trimbale dans sa tête une épouvantable machine à brouillard qui engloutit ses souvenirs, sa raison et l’essentiel de son âme, morceau après morceau.
Quand les habitants de Grosvenore-Mine, ce village perdu dans les profondeurs de l’Australie, se hasardent à enlever la fille de Mac Murphy, ils ne savent pas à quel point c’est une mauvaise idée.
Une époustouflante plongée dans l’amour d’un père pour sa fille et dans les tréfonds de la démence d’un homme. Inlâchable. Attention : cauchemar.

Rocambolesquement fou, LA MACHINE A BROUILLARD joue avec les limites de l’irréel et de la réalité. Perdu dans les méandres de ses souvenirs, le soldat Mac Murphy plonge dans les abysses de ses tourments. Un thriller unique en tout point de vue. Conseil : gardez bien votre tête sur vos épaules !
Mac Murphy est un pur produit de l’armée australienne. Engagé à ses 16 ans, il vadrouille dans le monde pour des missions à hauts risques. Reconnu par sa hiérarchie comme étant un bon élément, il passe sa carrière dans les rangs de l’armée.

 

Prenant du bon temps avec sa fille Louise, ils parcourent les routes désertes de l’Australie et se retrouvent dans une de ces bourgades où le néant semble avoir pris possession de ces maisons inertes et de ces habitants. Halte oblige, ils se dirigent vers le snack miteux et graisseux pour prendre leur repas. Mac Murphy est heureux de partager ces moments avec sa fille. Le sourire s’affiche sur son visage strict. Alors qu’il s’absente un moment, il attend sa fille criée. Elle vient de se faire enlever. Mac Murphy met toute sa hargne pour la récupérer et sème sur son passage un chaos infernal.

 

Tito Desforges a l’art et la manière de mettre en scène l’impensable, le morbide et la réalité floutée pas tout un tas d’éléments sordides et hallucinants. Une plume particulière à laquelle il faut s’habituer qui nous entraîne sur une route où il fait bon de regarder où poser le pied. Un univers surprenant et glauque qui nous oblige sans cesse à tout reconsidérer. Une plongée habile et sans concession dans l’obscurité oppressante d’une âme tourmentée. Un pas après l’autre, l’intrigue se dessine portant vers un final tonitruant.

 

Une lecture explosive au rythme affolant. Un personnage qui en jette et qui file les frissons. Tito Desforges signe un incroyable thriller qui va vous mettre en dessus-dessous. Prenez garde au brouillard 😉 et à Mac Murphy !

 

Quand ma Louise chérie et moi on arriva à Grosvenore-Mine, sur les coups de midi, on ne prêta pas attention au décor, tant il était semblable à celui de tous les « Trouduc-ville » qui s’échelonnaient le long de la Donahue Highway. Un patelin paumé du bush australien dans toute sa triste splendeur. Main Street, la rue principale, une bande d’asphalte noir rendu flasque par le soleil au zénith, cessait de s’appeler Donahue Highway à l’entrée du bled et reprenait son nom cinq cents mètres plus loin. À mi-section, Cross Street, la rue transversale, formait le carrefour habituel où se regroupaient le pub/restaurant/motel, le supermarché / location de DVD, la station essence / magasin de matériel et l’agence postale/bancaire. Tout autour de ces vénérables bâtiments, une centaine de bungalows préfabriqués et de mobilhomes maculés de traînées de sable roussâtre et hérissés de boîtiers de climatiseurs. Des poteaux électriques dont un sur trois penchait comme une tour de cette ville d’Italie (ou d’Espagne ou je ne sais plus) et que personne ne songeait à redresser. Par-ci par-là, des parterres de fleurs aux couleurs étouffées par la poussière, dans de pauvres enceintes de cailloux alignés, tentatives désespérées de ménagères crevant d’ennui et d’insatisfaction sexuelle pour égayer leur paysage.

 

Une chronique de #Esméralda