LE DERNIER ATLAS Tome 1 de Vehlmann, De Bonneval, Tanquerelle et Blanchard.


Tome 1/3
Ismaël Tayeb est lieutenant dans un gang criminel. Son grand patron lui donne un ordre qu’il ne peut refuser : trouver une pile nucléaire… Pour cela il va devoir remettre en marche et voler le dernier Atlas, un de ces immenses robots français qui géraient des constructions titanesques jusqu’au milieu des années 70, mais qui, suite à un grave incident à Batna durant la guerre d’Algérie, ont tous été démantelés… à l’exception du George Sand.
Au même moment, Françoise Halfort, ex- reporter de guerre, se retrouve confrontée dans le parc de Tassili à un phénomène écologique et sismique sans précédent qui va bouleverser l’équilibre du monde… Un récit-fleuve, intensément feuilletonnant, à lire d’urgence !

 

 
Un premier tome totalement génial, accaparant, subjuguant et hallucinant.
Vous ne le savez pas, mais il y a 20 ans en arrière (oui je suis vieille), les bandes-dessinées étaient mon dada. J’en lisais à la pelle et avait ma préférence pour Lanfeust de Troy et XIII. Au fils du temps, cette passion s’est estompée et reportée sur les romans.

 

J’étais loin de me douter du plaisir que j’ai pris en lisant ce premier tome. LE DERNIER ATLAS est une uchronie se reposant sur des faits réels. L’Algérie, colonie française, qui réclame son indépendance, une ville au sud-Est d’Alger, Batna, théâtre de nombreux événements. Si ce point temporel est le point de départ de l’intrigue, le fil de l’histoire appartient à la fiction.

 

Le gouvernement français décide de construire des Atlas. D’énormes robots capables de soulever des charges phénoménales et ainsi de construire des immeubles impressionnant à l’architecture unique. Ces robots malheureusement suite à des accidents notables doivent être démantelés. Ismaël Tayeb a eu la chance d’en avoir vu un au cours de son enfance, même si cela relève d’un mauvais souvenir. Il n’en retient que la majesté de ces machines. Tayeb n’a rien d’un ange. Lieutenant au sein d’une grande organisation, il vit de larcin en tout genre et de commerce illicite. Il se dénote par son intelligence et par sa capacité à garder un calme olympien dans toutes les situations. Quand « Dieu le père », un russe exilé, décide de l’embarquer dans une nouvelle affaire en lien avec les djihadistes, Tayeb se trouve confronter à « quelque chose de plus grand ». Suivre son pressentiment devient une obsession qui le portera en Indes. Un défi pour sauver l’humanité ? Qui le suivra dans cette quête improbable ?

 

En parallèle Françoise Halfort, ancienne journaliste, se trouve sur les terres de Batna dans le désert afin d’étudier d’étranges curiosités. Des oiseaux agglutinés au même endroit, des insectes difformes avec une marque aux formes étranges, des tremblements de terre. Et les surprises sont loin de s’arrêter là !

 

Ce premier tome introduit avec habileté les personnages, l’environnement et une intrigue qui promet monts et merveilles par la suite. Bien évidemment les scénaristes, Vehlmann et De Bonenval,  cultivent parfaitement l’ambiguïté et la curiosité qui poussent le lecteur à aller de l’avant. Un scénario sombre qui plonge le lecteur dans une atmosphère noire et glauque où le mal règne sans partage et concession. Le scénario ne doit l’intensité qu’aux dessins de Tanquerelle et Blanchard qui saisissent sur le papier avec une étonnante et effroyable facilité les émotions des personnages. Des traits parfois plus grossiers et caricaturaux quand cela s’y prêtent et d’autre part des traits plus fins et harmonieux et angéliques.

 

En bref, je suis vraiment enchantée par ce premier tome. Un histoire rocambolesque et des personnages intrigants qui n’ont pas encore révélé toutes leurs facéties. Le tome 2 sortira début avril et surtout n’ayez crainte de vous le procurer en version numérique, le rendu est top !

 

Une chronique de #Esméralda

LA MORT DES GAULES de Patrizio Fiorilli.

[ UCHRONIE – Nouveauté 2019]
Éditions ACADEMIA – Collection Littératures
154 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2019 »
Lien Kindle
 
Le résumé :
Je suis Artévorus de la tribu des Termes, fils du chef Artévos et de la princesse Alya, je possède deux chevaux et j’ai vu mourir la Gaule. Il ne reste plus grand-chose de notre tribu : la plupart des hommes sont morts à la guerre, la plupart des femmes et des enfants ont péri après Alésia. Il ne reste plus que nous, une dizaine d’hommes en armes et deux chevaux affamés, fuyant toujours plus profondément dans les forêts d’Irlande. Ce qui suit constitue le récit d’un rêve. Le rêve d’une Gaule unie et libre, le rêve de mon Père et de ce qui constituait tout un peuple : les Gaulois. Ce rêve a eu un début et une fin. Comme à tous les rêves, lui a succédé le réveil. Le plus douloureux des réveils. Et pourtant, il s’en est fallu de peu qu’il se réalise. De très peu. Il s’en est fallu d’un homme. Vercingétorix.
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Patrizio Fiorilli réinvente avec ingéniosité et brio l’Histoire de la France. Cette Histoire qui sans équivoque, n’est pas remise en question mais qui offre une vaste possibilité de scenarii cohérents dans ce flou artistique laissant l’imagination prendre possession d’un passé oublié.

 

Alésia, Vercingétorix et César … Trois noms pour une bataille épique qui signe la fin de tout un peuple. Trois noms inscrits dans la pierre mettant l’honneur et la bravoure sur un piédestal. L’hégémonie débutante d’une figure qui perdurera dans les temps immémoriaux.

 

54 avant Jésus Christ, la Gaule est attaquée et pillée de toutes parts. Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Artévos réunit tout autant qu’elle divise. Porté par un courage exemplaire et l’idée d’une Gaule libre, il parcourt avec son fils et des combattants sa terre. Réunir une Gaule déchirée par les clans est une tâche ardue, pourtant lorsque sonne le début des hostilités, la Gaule hurle d’un même cri. Ralliée sous les ordres du premier Rix, sa prestance illumine les troupes. Pourtant dans l’ombre se joue des complots et des manipulations. Bienvenue dans ce monde insoupçonné, un monde où la pitié n’existe pas mais où le respect se mérite à coup d’armes.

 

Cette lecture m’a complètement subjuguée. En règle général, j’adore tout ce qui a attrait à l’Histoire de France (et du bassin méditerranéen), riche et en perpétuelle mouvance, elle m’a toujours fascinée. Patrizio Fiorilli met les deux pieds dedans avec une certaine énergie débordante de détails tout aussi minutieux que précieux. Il narre avec conviction une histoire prenante et bouleversante. Politique, ingénierie militaire et coalition vont tambour battant, rythmant les pas de centaines de milliers d’hommes prêts à vaincre.  J’ai été captivée par cette espoir communicatif. Séduite par la manière dont l’auteur aborde cette fiction avec tact et humanité. Le point de vue du narrateur est judicieux. Observateur silencieux, il prend part malgré lui aux rencontres et coulisses de cette guerre. Il n’hésite pas à partager ses remarques configurant ainsi au texte une multitude d’émotions. Nous sommes loin du texte rigide et froid qui retranscrit pas à pas tous les événements.

 

Captivant et subjuguant, Patrizio Fiorilli signe un premier roman de grande qualité. Une fiction au cœur de la Grande Histoire de France que je recommande vivement. Amateur ou novice, cette épopée vous fera vivre de l’intérieur une des plus grandes aventures du monde.

 

Êtes-vous prêts ?

 

-Artévorus, tu dors ?
Il faisait nuit noire dans la pièce qui nous servait de chambre quelques heures à peine après le couronnement de Vercingétorix, mon Père avait le visage penché sur moi.
-Non, pourquoi ?
-C’est amusant, non ? Au triumvirat de Rome, nous opposons maintenant le triumvirat de Bibracte : un prince arverne sans cervelle, un druide sans scrupules et un chef de tribu sans pouvoirs… Si notre but est de tuer César, nous sommes sur la bonne voie : il doit mourir de rire en ce moment.
(page 62)
 
Une chronique de #Esméralda.

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… le sites des éditions ACADEMIA.

FRANKENSTEIN 1918 de Johan Heliot.

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[ UCHRONIE / FANTASTIQUE – Nouveauté 2018]
Éditions L’Atalante – Collection La Dentelle du Cygne
256 pages

 

Ma note : 5/5 mention « à découvrir » et « pépite »
Lien : Kindle

 


 

Le résumé :

 

Grande Guerre, 1914. Après un premier engagement désastreux, les Anglais décident l’opération Frankenstein : plutôt que de construire des chars, on créera de la chair à canon. A partir des archives du fameux docteur et grâce à la production d’électricité à présent industrialisée, des unités de soldats pouvant être sacrifiés sans remords seront fabriquées les champs de bataille du nord de la France fourniront la « matière première ». Winston Churchill est nommé responsable de l’unité de recherche sur la régénération. Les « frankies » vont faire leurs preuves sur le terrain, mais la société se partage entre pro et anti. L’opération finalement interrompue, l’un d’eux, Victor, échappe au massacre puis est secouru par Marie Curie qui le rend à la vie consciente grâce aux radiations. Réfugié dans les décombres de Londres, qui a été détruite et rendue inhabitable par un bombardement à l’arme chimique, Victor retrouve le laboratoire où il est né, y recueille Churchill et engage un combat pour l’émancipation des siens. C’est là qu’un jeune couple, elle, résistante à l’occupation, lui, historien, finit par le retrouver en 1958, dans l’espoir de lever le voile sur ce versant secret de l’Histoire que la censure en vigueur ne suffit pas à expliquer.

 


Mon avis :

 

 

Après ces jours de commémoration du centenaire de l’armistice de 1918, je ne pouvais que te parler de ce roman.

 

Un roman épatant ! Un roman singulier !

 

Quand l’Histoire rencontre l’imagination sans limite, je ne peux qu’alors être subjuguée.

 

Je ne sais pas par quel bout commencer. Ce roman est présenté sous la forme d’un journal posthume. Le narrateur, Edmond Laroche-Voisin, relate l’histoire de Victor, premier des non-nés, les mémoires secrets de Winston Leonard Spencer-Churchill et sa propre expérience. Si la période de référence du roman est la période de la Première Guerre Mondiale, cette dernière n’est véritablement pas celle connue, ni celle racontée dans las manuels scolaires. L’auteur a su créer avec magnificence une autre histoire. Bien évidemment tout le principe d’une uchronie.

 

Avec des si, on peut refaire le monde, c’est bien connu. Et si, avec des si, on décrivait la pire part de l’humanité. Si, avec des si, l’improbable surgissait des limbes. Si, avec des si, la mort n’avait plus le même visage.

 

Touts autant de points cruciaux développés au travers d’une trame qui invite le lecteur dans une espèce de brouillard d’illusion machiavélique. Un brouillard glacial où les secrets tentent de se faire oublier. Un brouillard où la vie n’a plus de prix. Victor a été arraché à ce brouillard, ni homme, ni dieu, homme simplement immortel issu de la folie d’un homme. Procédé inhumain approvisionné par les charniers de la guerre. Victor, non-né, assemblé de membres, d’os, de chairs, de muscles, de nerfs d’autres. Seule son ancienne conscience fragilisée, son « moi », lui permet d’intercepter les prémices d’une nouvelle guerre.

 

 

 

J’ai eu le privilège et le malheur de vivre, mourir et puis renaître dans les premières décennies d’un siècle fou, autant créateur que dévastateur. Longtemps, j’ai hésité à témoigner. Ajouter ma voix à la cacophonie du monde me semblait vain. Mais je nourris aujourd’hui l’espoir de donner aux hommes d’après-demain une leçon profitable, si toutefois il advient suffisamment de nouvelles générations pour habiter l’avenir.

 

Manuscrit de Victor, premier des non-nés.

 

 

Ce roman est poignant par la force qu’il dégage. Renversant par ces péripéties qui conditionnent la vie des personnages. Cruel de par la folie des Hommes, par le pouvoir vénéneux d’être le détenteur d’un contrôle absolu sur ces terres vaincues et également sur le contrôle de la vie. Ce mythe vieux comme le Temps, de devenir immortel et invincible plane sur le récit. Sur ce dernier point, l’auteur à une audace sans nom d’emprunter et de magnifier selon son envie, un personnage que vous connaissez tous : Frankenstein. Personnage incontournable de l’auteur Mary Shelley. Un hommage percutant qui donne à son roman une dimension grandiose.

 

Johan Heliot inclut dans son ouvrage des personnages de la Grande Histoire : Churchill, Marie Curie, Hemingway, Göring et bien d’autres… Une fois de plus cette donne dénote avec l’influence de l’imagination de l’auteur.

 

FRANKENSTEIN 1918 a tout du grand roman. Outre le partage du souvenir, les mises en garde contre la folie humaine, ses croyances, la cruauté sont de rigueur. Tout n’est pas sombre, Heliot insuffle une dose d’optimisme et de bienveillance. L’amour est là tapi dans l’ombre prêt à reprendre ses droits et le final en est le parfait exemple.

 

Je te recommande vivement cette lecture. Pas besoin d’être adepte de l’uchronie pour savourer chaque page.

 

 


 

 

Je remercie les éditions L’Atalante et Nadia pour leur confiance.

 

 

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Vers le site des éditions L’Atalante, pour tout savoir.

Bibliographie de Johan Heliot.

 

 

 

ALMA de Cizia Zykë.

 

[LITTÉRATURE – Nouveauté 2018]

Éditions Taurnada – Collection Littérature

Préface et participation de Thierry Poncet

 

 

Format numérique (210 pages) : 5.99€

Poche : 9.99€

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »

 

 

 

 

 


 

Le résumé :

 

Une petite fille aux étranges pouvoirs vient au monde. Autour d’elle, c’est l’Espagne du Moyen Age, aussi barbare que raffinée, à la fois religieuse et brutale, où la reine Isabelle la Catholique s’apprête à chasser tous les Juifs du royaume. La petite Alma, celle qui parle avec Dieu, deviendra-t-elle le guide dont son peuple a besoin, ou bien sera-t-elle comme tant d’autres balayée par le vent mauvais de l’Histoire ? L’épouvante se mêle au comique, les destins s’enchevêtrent, aussi grandioses que pitoyables, dans un récit haletant, à la force d’une légende.

 


 

Mon avis :

 

Cizia Zykë peut être que ce nom ne t’est pas inconnu : une auteur terrible dans le paysage littéraire français et une sacrée bibliographie.

 

Pour ma part, je découvre cet auteur, son univers et son atypique franc parler qui m’a séduite. ALMA est édité à titre posthume. Son dernier roman dans le tiroir avant sa disparition, qui n’a pu voir le jour qu’avec la présence de son acolyte de toujours Thierry Poncet. Sa préface retrace un parcours hors norme, anecdote et complicité qui liait ces deux compagnons de lettres.

 

ALMA fait figure, à mon sens, d’un ovni. Ni roman historique, ni uchronie, ce récit inqualifiable m’a transporté dans une Espagne du XVe siècle partie à la chasse d’une communauté pourtant installée depuis des siècles : les juifs. Alma est une jolie petite fille, blonde aux yeux bleus et juive. Sa vie n’a rien à envier aux contes de fées. Recueillie par le bourreau de ses parents, ballottée, elle se retrouve très jeune chez sa tante à Séville. ALMA est unique, il se dégage d’elle une aura impressionnante, majestueuse, elle transperce de ces yeux clairs et insuffle une magnificence irréelle. ALMA a toute d’une sainte, d’une martyre, d’un ange salvateur. Son secret : elle parle avec Dieu. Mais grandir dans le contexte actuel de l’Espagne est se mettre la corde au cou. Les familles juives, doivent fuir ou se convertir, les résistants sont torturés et achevés sur la place public. Les pires maux leurs sont dus : la peste et compagnie … ALMA, cette petite fille au cœur pur, prouve que l’innocence surmonte la terreur et l’ignominie.

 

Cizia Zykë a le talent incroyable de conter les histoires. Un conteur troubadour, qui s’amuse avec délicatesse et souvent de façon plus rustre avec les mots, les personnages et son public, les lecteurs. Il insuffle à ses personnages de l’amour, de la passion, et parallèlement de la haine, de la colère conférant à certains personnages des masques diaboliques. Zykë joue avec les caricatures grotesques avec beaucoup d’humour. Les personnages forment un tableau à la fois passionnant, merveilleux et à contrario cruel, violent, noir. Deux forces qui s’affrontent immuablement et indéniablement. Zykë joue avec son lecteur :  l’interpelant souvent, le titillant, le maugréant et j’ai l’impression qui l’adore ce jeu. La plume de Zykë est incroyable : une écriture innée, fluide, rustre puis douce. Une alchimie de paradoxes qui confère à son récit une unicité farouche.

 

Grâce à ce dernier roman, j’ai découvert un auteur qui n’a pas peur du quand dira t-on et qui aime choqué par ses mots forts, percutants et sans filtre. Dans ALMA, son récit peut aisément se transposer à nos jours : une vérité cruelle sur la haine raciale qui ne trouve sa source que dans ce mystérieux héritage qui perdure depuis l’aube des temps et où les raisons n’ont pas lieu d’exister.

 

Cette lecture m’a donné envie d’en découvrir davantage sur cet auteur, et dès que j’ai un peu plus de temps, je foncerai dans une bouquinerie pour me procurer un de ses titres.

 

 


 

Je remercie Joël des éditions Taurnada pour sa confiance et sa patience.

 

 

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Vers le site des éditions Taurnada, pour tout savoir !

Pour tout savoir sur Cizia Zykë !