IL EST ENCORE TEMPS ! de Jean-Philippe Blondel.


Pourquoi rester assise à étudier dans une classe alors que dehors le monde court à sa perte ? À quoi bon parler d’écologie et de développement durable si l’on ne fait rien ? Cette prise de conscience du péril climatique plonge Lou dans une grande anxiété, un désespoir qui lui ôte le goût de vivre.
Heureusement un déclic va se produire : la lycéenne découvre l’activisme de la militante suédoise Greta Thunberg. On peut agir ! Avec deux camarades, Lou se lance un défi : alerter les esprits autour d’elle, mobiliser les jeunes comme les plus vieux, et organiser dans sa ville une grande manifestation pour le climat. Un récit engagé, mordant, rempli d’optimisme et de foi dans la jeunesse. Le portrait touchant d’une pasionaria du quotidien.

Un roman, sans aucun doute dans l’ère du temps. Révélateur de la conscience collective face à un enjeu majeur. La préservation de la planète, de la vie dans toute sa diversité, Jean-Philippe Blondel pose cartes sur table à vous de vous en saisir pleinement. Loin du discours moralisateur, J-P Blondel au travers de son héroïne déclare avec ardeur l’urgence.
Lou est une lycéenne lambda. Loin d’être populaire et looseuse, elle vivote tant bien que mal parmi la foule de jeunes adultes. Son mal a débuté lors de sa dernière année au collège. Là, foudroyant, paralysant, angoissant.  La fenêtre ouverte sur une réalité omnisciente et pressante, l’avenir. Malaise catatonique d’un mal-être puissant et destructeur. Un parcours du combattant pour se raccrocher à une évidence feinte et illusoire. Que deviendra notre génération ? Les mots bloqués, les mots-épées qui épinglent un avenir apocalyptique. Pourtant Lou ne s’avoue pas vaincue, cherche, se questionne, s’intéresse. C’est lors d’une rencontre hasardeuse que l’éclaircie s’opère. Une vidéo de Greta Thunberg, jeune femme activiste, fondatrice d’un mouvement auquel la jeunesse s’accroche. Une révélation pour Lou, un apaisement, elle n’est pas seule. Point de départ d’une aventure hasardeuse et pourfendeuse de nouvelles amitiés. Un projet à la hauteur de son espérance de voir enfin le peuple scandé la triste réalité et de réunir.

 

Le nouveau roman de Jean-Philippe Blondel est sans contexte une bombe ! J’invite tout le monde à le découvrir et à se questionner sur nous, sur nos gestes au quotidien, sur l’avenir des générations suivantes. Au travers de son héroïne attachante, cette quête de la vérité, la découverte de soi au travers du prisme indéformable de la société, il pointe du doigt les aberrations d’une société qui va droit au casse-pipe. Cette jeunesse envieuse d’un monde meilleur se détache des valeurs transmissent par les générations de parents issus de l’ère consommatrice de l’après-guerre. Sans être alarmiste mais avec une honnêteté piquante, IL EST ENCORE TEMPS ! est un roman sensationnel à mettre dans toutes les mains.

 

-Je mate une vidéo sur la gamine, là.
La phrase reste en suspens quelques secondes entre nous et pendant ce court laps de temps, j’imagine le pire – une vidéo d’une gamine victime de harcèlement, d’une gamine battue par ses parents, d’une gamine ridiculisée par ses vieux qui lui font croire qu’ils vont lui offrir un cadeau alors que non, d’une gamine qui se défenestre, d’une gamine atteinte d’une maladie incurable qui nous fixe avec ses grands yeux creux et murmure : « Pourquoi ? » YouTube et les réseaux sociaux nus ont habitués à tout ça. Devant les images, nous nous effarons, nous crions, nous pleurnichons, nous sourions, nous lançons de grands éclats de rire, bref, nous réagissons, mais superficiellement, parce que deux minutes après, nous passons à autre chose. Notre existence est de venue un grand zapping de milliers d’instants que nous dirigeons vers la corbeille de la mémoire en un clic de souris.

 

Une chronique de #Esméralda

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MON ÉTOILE DANS LA NUIT de Agneta G.


« Avait-il essayé de me dire quelque chose, ou bien était-ce juste une phrase parmi d’autres ?
Je m’étais fait une raison, nous ne serions jamais rien l’un pour l’autre, simplement car il ne le voulait pas, et j’avais accepté cet état de fait. Du moins je le croyais. Mais le fait d’apprendre qu’il quittait le lycée me plongeait dans un profond désarroi. Trop de questions se bousculaient dans ma tête. Il me fallait des réponses.
Je ne pouvais pas le laisser partir sans lui dire au moins au revoir. L’angoisse était maintenant là, pesante, impérieuse, me poussant à marcher de plus en plus vite, puis à bifurquer et enfin à courir vers la maison d’Ethan. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Je savais que c’était sans doute trop tard, qu’il était sûrement parti, mais je ne me contrôlais plus. L’urgence, voilà ce que je ressentais sans avoir su la nommer quelques instants plus tôt. L’urgence de le voir une dernière fois, l’urgence de savoir, de comprendre peut-être. L’urgence de lui dire ce que je ressentais pour lui. Il m’avait plusieurs fois montré qu’il tenait à moi, mais j’avais fait semblant de ne rien comprendre. »

Annabelle est une jeune fille qui a déjà connu le pire dans sa vie, perdre sa maman à cause de la maladie. De longues années ont été nécessaires afin de surmonter ce deuil et encore aujourd’hui cela est souvent difficile de vivre avec.
Habituée à la vie fabuleuse qu’offre San Francisco, Annabelle est fort démunie face à Fairbanks. Ce déménagement fait suite à la mutation de son père, mais si elle aurait pu choisir, elle ne serait pas ici. Cette ville lui semble morose, son quartier et triste voire sinistre. Elle ne se sent pas à sa place. Annabelle est timide et souvent angoissée. Cette nouvelle rentrée lui apparaît comme un moment délicat. Il y a très peu de jeunes de son âge et surtout qui lui semblent accessible. Ils sont tous grandis ensemble et être la petite nouvelle n’est vraiment pas l’idéal. Son seul contact, ce garçon muet qui l’a aidée à porter ses cartons de déménagement.

 

Ne se laissant pas abattre et prête à tenter le tout pour le tout, Annabelle s’arme de tout son courage pour ce premier jour de rentrée. Elle sympathise rapidement avec deux filles qui vont lui faire découvrir les coulisses du lycée. Les jours passent mais rapidement elle est prise à parti par une autre fille de sa classe. Le harcèlement prend forme et s’envenime. En parallèle Annabelle rencontre Ethan, le fameux qui l’a aidée pour ses cartons. Peu bavard, il se confie rarement. La seule chose qui lui répète est de ne pas s’attacher à lui. Mais Annabelle se sent attirer par lui pour des raisons encore inconnues. Alors quand elle sait qu’il ne reviendra plus au lycée, elle court le rejoindre. Acceptera-t-elle d’entendre la cruelle vérité.

 

Agneta G met au cœur de son roman le harcèlement scolaire, l’amitié, la maladie et les prémices de l’amour. Pas tout à fait adulte et plus tout à fait adolescent, cette période charnière est celle où les questions fleurissent au grès des événements du quotidien. L’auteure les met en évidence avec subtilité et fait vivre à ses personnages de plein fouet ce chemin chaotique. Un condensé d’émotions. Je ne suis pas totalement convaincue par cette histoire tout simplement car je pense que l’auteure a le potentiel d’offrir à ses lecteurs quelque chose de meilleur. Certains passages sont redondants comme les états d’âmes des personnages alors que d’autres méritent davantage de développement. C’est une histoire qui a beaucoup de potentiel et où j’ai pris plaisir à la découvrir. Il y ce quelque chose de fort et de percutant voire même de douloureux à suivre cette aventure. Mais il y a aussi ce quelque chose de tendre qui demande à s’épanouir.

 

Un roman young adult qui pourra vous charmer. Pour ma part il m’a manqué ce plus.

 

Une chronique de #Esméralda

A TIRE D’ELLE – 1973 de Pascal Ruter.


Septembre 1973. Solweig fait sa rentrée en seconde. La vie reprend son cours, même si cette année s’annonce différente des précédentes : son petit ami Valentin n’est pas dans son lycée mais apprenti mécanicien, ses parents ont divorcé, et sa meilleure amie Julie est obsédée par le sexe. Solweig, elle, ne se sent pas encore prête. Entre les répétitions du groupe de rock de Valentin, les boums, les visites chez un discret professeur d’histoire, une virée en Angleterre, Solweig s’éveille avec lucidité aux réalités du monde et cherche sa voie. Chronique touchante d’une époque – celle des vinyles, des VHS et des cabines téléphoniques – mais l’adolescence est éternelle…

On dit qu’à seize ou dix-sept ans, c’est le moment où les choses commencent mais en fait c’est totalement faux. C’est simplement la période où plein de choses se terminent.
 
Pascal Ruter avec cette honnêteté intransigeante, parle d’un temps révolu qui résonne comme une chanson éternelle celle qui fut écoutée ou qui le sera bientôt.
Il n’y pas d’année qui tienne. Ce ressenti existentiel, cette période charnière où les rêves s’évaporent et les réalités se concrétisent, est la même pour tout en chacun avec des réflexions propres en son temps. Seul le contexte, les lieux, la société évoluent en mieux ou pas.

 

Solweig fait partie de cette génération où les mots cachent la triste réalité et où les secrets, la vie ne doivent pas être révéler. Solweig fait partie de cette génération où la famille n’a presque plus de sens et n’a pas encore eu le temps d’évoluer. Le vélo, la mob, les centres commerciaux qui sortent de terre où la surconsommation s’installe dans le foyers, et où le paraître semble tellement plus cool. Solweig ne trouve aucune beauté dans la ville où elle vit. Elle marche tête baissée pour fuir tout ce qui l’entoure. Sa meilleure amie qui dérape, son oncle qui ne reviendra plus, sa mère et son silence, sa future belle-mère qui n’est pas ce qu’elle dit être et un père qui tente à tout prix de retrouver sa jeunesse perdue. Solweig déteste cet individualisme, cette solitude forcée.

 

J’ai pensé à maman qui n’allait sûrement pas tarder à rentrer, à papa qui préparait son mariage, à tous ces gens qui s’étaient aimés très fort et qui brusquement n’avaient plus rien eu à se dire, à tous ces gens qui allaient vieillir sans se faire un petit signe, et mourir comme ça loin les uns des autres. Comme des cons.
 
Solweig s’interroge, doute, rêve de rien, juste du moment présent. Cet étrange professeur d’histoire et à son amoureux. Valentin, artiste torturé, garçon en peine qui souffre de ne pas savoir, de voir son seul parent se détruire et le laisser seul affronter la vie.

 

Rentrée précipitée dans un monde qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’arrivent pas à apprivoiser. Courir pour ne plus être un enfant et marcher à reculons pour ne pas devenir un adulte.

 

Il faisait beau, le printemps était un peu en avance, notre jeunesse commençait à peine et parfois j’avais l’impression que le temps n’existait pas.
 
Pascal Ruter dépeint avec précision ces tourments universels, cette métamorphose, cette mue, révélant le beau comme le sombre avec une étrange subtilité. Il y a ce quelque chose de tragique, de fort et de percutant, voleur d’instantanés où chacun peut en puiser ses souvenirs. On se rend très vite compte que l’espace temps n’est qu’une illusion. L’auteur nous offre une fresque inspirante sur le doux balancement d’une balade qui tend à la cavalcade, se terminant sur une mélodie sereine.

 

Je les ai vus disparaître dans l’étroit escalier en colimaçon et je me suis dit qu’il ne faut jamais laisser passer une occasion de retrouver le passé avant de vieillir tout à fait.
 
Une chronique de #Esméralda

FALLING DOWN de Fleur Hana.


« Une nuit, une seule, où tout est possible… sauf tomber amoureux. » Vanessa, On se dit des mots
Morgan
Je ne devrais pas reluquer ce mec. La règle est claire. C’est genre une de celles qui devraient être notées dans le guide « être gay pour les nuls » s’il existait. On ne fantasme pas sur un hétéro. Non seulement c’est du masochisme, mais en plus, s’il s’en aperçoit et qu’il est homophobe, le risque que ça dégénère est trop grand. Mais bon, là, il est devant moi, c’est pas comme si j’allais regarder le plafond.
Adrien
Je me surprends à vouloir passer du temps avec lui. Peut-être que je pourrais l’embarquer avec moi pour terminer le graph, je ne sais pas, mais là, j’ai envie. Juste envie.
Falling Down est une novella gay (MM) où on suit deux adolescents le temps d’une nuit. Ce n’est pas une romance.
25 000 mots (plus long qu’une nouvelle, plus court qu’un roman ^^)

Scotchant est le premier qui me vient à l’esprit en débutant cette chronique.
Hallucinant, merveilleux, terriblement beau.
Fleur Hana met de nouveau la barre très haute pour le plus grand des plaisirs de ses lectrices.

Ceci n’est pas une romance M/M. Ceci est l’histoire de deux jeunes hommes, de deux vies qui vont se télescoper le temps d’une nuit.

 

Un arrêt sur image où émotions, sentiments se confrontent dans leurs mondes. Le temps se suspend le temps de cette rencontre hors du temps. A deux ils cheminent sur leurs chemins qui se rejoignent ici et là comme un cadeau surprise qu’on ait hâte de découvrir. Un effeuillage des sentiments où chaque mot et chaque geste ont une importance cruciale.

 

Morgan n’a rien d’un séducteur. Introverti, timide il vit sa vie comme il l’entend ne se préoccupant pas des autres. Un peu bizarre mais tellement attachant. Morgan ne veut rien précipiter surtout en amour qu’il n’a jamais connu.

 

Cette rencontre sur le toit de l’Univers va tout changer. Adrien est un mystère pour lui pourtant il se laisse embarquer dans son monde. Cette aventure a le goût de la quête initiatique, de la quête des sens qui vont s’épanouir au contact d’Adrien. Une escapade nocturne où peu à peu les garçons se dévoilent au travers de leurs doutes et de leurs questions.

 

A eux deux ils écrivent une ode à la liberté, à la vie et à l’amour quel qu’il soit mettant leurs cœurs à nu.

 

Fleur Hana signe avec grâce et beauté cette novella sublime. Ce young adult m’a charmée dès le départ et m’a scotchée au point final. Il y a dans les mots de Fleur Hana quelque chose de tellement sincère qui m’a touché en plein cœur. Ébahie, obnubilée et fascinée telles ont été mes réactions à la fin de ma lecture.

 

Je ne peux que vous dire de foncer, je crois sincèrement que vous percevrez la beauté comme telle que je l’ai vue.

 

Une chronique de #Esméralda

… le site de Fleur Hana.

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OLIVE, tome 1 : Une lune bleue dans la tête de Cazot Vero et de Mazel Lucy.


Tome 1/4
Olive, c’est l’histoire d’une fille de 17 ans, très timide et renfermée mais à l’imagination débordante. Un jour dans le monde onirique qu’elle s’est créée au fil des années débarque Lenny, un spationaute blessé et malade. Que fait donc cet homme dans son espace réservé où personne n’est jamais invité ?

 
Olive est une fille à part. Elle n’aime pas faire les choses de son âge. Elle n’aime pas traîner avec ces copines qu’elle n’a pas. Elle n’aime pas sa psychologue qui ne comprend rien à rien. Olive est atypique. Une solitaire recluse dans son monde imaginaire.
Un monde tout aussi exubérant qu’elle est introvertie. Une monde de couleurs, de magies, de merveilles. Un monde cocon où elle règne en maître. Un monde qui lui correspond, un monde à son image. Un monde loin de l’agitation mais qui bouillonne en silence. Olive est différente des filles de son âge. Ses immersions sont nombreuses faisant d’elle un fantôme amorphe dans le réel. Les blagues de mauvais de goût, les murmures dans son dos sont les conséquences directes de cette différence. Alors quand son monde est accaparé par un homme étrange et que sa chambre de l’internat devient le nouveau terrain de jeu d’une nouvelle arrivante, Olive ne sait plus quoi penser à part que beaucoup de choses vont changer.

 

Une belle histoire qui introduit avec force et sensibilité l’univers d’Olive. Courte, certes, mais d’une belle intensité qui m’a ravie. La différence d’Olive est subtilement magnifiée par les illustrations de Mazel Lucy. Des dessins à la fois doux, chaleureux où transpirent les émotions aux prises avec elle. Un scénario addictif qui met en place une intrigue qui ne se révélera que dans les prochains tomes. En 56 pages il ne faut pas s’attendre à des développements plus conséquents. Je qualifierais ce premier tome d’une très belle mise en bouche. En attendant le final est digne d’un cliffhanger !!!

 

Une chronique de #Esméralda
Source Dupuis.com

LES PORTES DU SOLEIL, tome 1 : Entre l’orage et la mer de Jacinthe Canet.


Ce roman est une ode à l’insouciance, à l’innocence.
Sam vit toute l’année pour les deux mois d’été… lorsque la pension de ses parents est complète et danse au rythme du piano, que les orages menacent et surtout quand la famille Rivera pose enfin ses valises.
Cet été-là, malheureusement, tout ne va pas se passer comme elle l’espérait avec les cousins Rivera : Jules ne jure que par sa copine laissée à Paris… Mattéo voue une obsession pour Anna, une pensionnaire qui ne semble pas le voir… Et Enzo, celui dont elle est amoureuse depuis toujours se comporte étrangement.
Entre les disputes, les fous rires, les discussions avec Louise et Aurélien et les bains de minuits, l’été de ses 16 ans risque d’être riche en émotions.

 
Tellement adorable, tellement à croquer, tellement vrai … ces amours de nos 16 ans ceux auxquels on voue l’éternité et tout son cœur. Une magnifique histoire où les tourments d’adolescents deviennent effervescence et magie !
Sam habite le paradis sur Terre. Un paradis où bienveillance, amour, amitié débordent dans leur plus simple appareil. Sam passe son temps à courir. A courir pour aller en cours. A courir pour donner un coup de mains à sa maman. A courir pour entendre les conseils de Louise et Aurélien. A courir après la vie qui défile. A courir après l’amour, celui qu’elle porte en elle depuis ses 10 ans. Sam est une grande maladroite, la tête ailleurs. A 16 ans, elle rêve d’amour avec le grand A. Elle rêve d’évasion, elle rêve de grandeur que l’on peut espérer à cet âge. Sa gentillesse, sa prévenance, sa manière d’être, sa manière de concevoir le monde, sa manière de prendre soin de ceux qu’elle aime, sa manière de mettre les mots sur des choses parfois naïves, un tout totalement charmant. A son âge, elle se pose énormément de questions sur les sentiments qu’elle ressent, ses émotions à la fois névrotiques, frustrantes et fulgurantes. Sam peut compter sur ses amis pour faire le tri dans tout ce fouillis quand eux ne sont pas aussi paralysés par leurs craintes.

 

Jules a du se séparer de sa copine pour les deux mois à venir. Un vrai crève-cœur pour cet amoureux transi. Sa belle lui en fait voir de toutes les couleurs et la distance n’aide pas à relativiser. Jules en perd son latin et sa tête. Il ne s’autorise pas à respirer pour la plus grande peine de son entourage.

 

Mattéo est le plus cool de la bande. Il se laisse porter au grès de la vague. Véritable pilier pour Sam il l’écoute sans jugement tout en lui disant de prendre gare. Mattéo a jeté son dévolu sur l’insaisissable Anna.

 

Enzo se la joue rebelle depuis ses dix huit ans. Cet été n’a rien avoir les précédents. Le monde des adultes semble lui peser. Arrogant, désinvolte et égoïste, il est loin le petit gars qui ne se prenait jamais au sérieux. Enzo le ténébreux, celui qui n’ose pas aimer, celui qui n’ose pas la regarder, celui qui se ment.

 

Entre l’orage et la mer, cet intermède où l’impossible prend son envol quitte à brûler ses ailes.

 

Il est vrai que je ne suis pas une grande fan de romance young adult mais parfois j’aime prendre des risques notamment avec des auteures que j’apprécie. Et je vous rassure j’ai bien fait de le prendre. Je me suis laissée porter par ces 4 jeunes qui tour à tour affrontent ce passage presque obligé que l’amour impose avec ce flot de questions existentielles. Jacinthe Canet explore cette période difficile d’entre deux avec sensibilité, humour et passion. Même si l’orage gronde au loin, l’espoir gonfle. Une plume aussi ensorcelante qu’addictive, Jacinthe Canet nous porte dans son histoire difficile et doucereuse. Au rythme de la mer et des éléments elle transmet ce quelque chose qui vient frapper votre cœur. Rires, larmes, cris se combinent à la malice, l’amitié et à la découverte des sentiments. Un pur délice à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda.

 

 

 

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PLS de Joanne Richoux.


Soirée déguisée. Sacha navigue chez lui entre sa sœur jumelle, la fille dont il est amoureux et ses amis. De pièce en pièce, il traîne sa mélancolie et noie ses démons dans les volutes et les vapeurs d’alcool. Jeux de regards, frottements des corps, plaisirs furtifs, assauts repoussés…
Les heures s’égrènent à vouloir tuer le temps. Bad trip ? Et si une lumière brillait quand même au bout de la nuit ? Un roman noir, au verbe vif et cru, qui se lit d’une traite. Une œuvre ancrée dans son époque, qui sonde les affres des solitudes adolescentes, les fêlures de chacun, mais fait aussi entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé. 

 
PLS vous plonge dans la douleur d’un adolescent qui tente de vivre avec. Percutant, PLS ouvre cette fenêtre où les déambulations de Sacha témoignent de son mal-être, de son isolement, de ses dérives, de sa fuite psychique.
Lors d’une soirée où le déguisement, Halloween oblige, est de rigueur, Sacha déambule parmi ses invités, camarades de classe, tantôt aimés, adulés, adorés ou détestés. De déguisements en déguisements, de verres en verres, de mots en mots, de pas en pas, Sacha oublie son mal, oublie ce manque, ce trou béant. Sacha dérive sur des rives noires et chaotiques. Sacha croque sa vie empoissonnée avec déraison et lucidité. Sacha vole dans son monde où la société serait bienveillante et lui crache dessus quand il a les pieds sur terre. L’ange noir empli de colère et de haine est pourtant attiré par une seule lumière, Elle. Belle, magnifique, attirante, le péché mignon qui connaît ce mal envoûtant et captivant. Elle, rayonne tout simplement. Elle vie dans la lumière et sa main tendue le sauverait, certainement, peut-être, peut-être pas.

 

PLS captive par l’urgence des mots, par la brutalité des pensées, par le choc des actes. Le temps s’écoule comme si il était compté, comme si sa malléabilité probable était une solution. Une plume impitoyable pour un thème percutant. L’adolescence et sa multitude de questions, l’âge charnière où devenir adulte effraye et rester enfant n’est plus cool. L’âge où les questions métaphysiques se bousculent : le sexe, la vie, la mort. Un méli-mélo sombre où les pensées s’autodétruisent et naissent en un claquement de doigt. Joanne Richoux signe un roman jeunesse d’une beauté aussi cruelle que magnifique. Un roman qui ne laisse pas le temps de respirer.

 

PLS est sauvage, brutal mais si sensible. Une sensibilité à fleur de peau, celle qui pousse dans les retranchements les bons comme les mauvais. Celle qui crie quand rien ne va plus. Celle qui pleure quand tout devient noir. Celle qui embrasse quand il est urgent de se faire aimer. Celle qui parle quand le cœur déborde.

 

Un roman à découvrir absolument et cela dès 15 ans.

 

Mais surtout, la vie était plus réelle. Je sais pas, immédiate. Et puis en couleurs. Il se passe un truc sale quand on grandit. Un voile de poussières qui ternit et complique les choses.

 

Une chronique de #Esméralda

LA MEUTE HARBOR, saison 2,5 : Austin & Salem de Audrey S.G .

[ ROMANCE FANTASTIQUE / YOUNG ADULT – 2019 ]
Saga tome 2,5/?
214 pages
Ma note : 4/5
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Le résumé :
« Pour certains, l’amour rime avec danger et désespoir. »
Depuis le jour de son arrivée au sein de la meute Harbor, Salem est tombée sous le charme du ténébreux et mystérieux Austin. Désireuse de vivre l’amour, le vrai, et de partager sa vie avec son loup, Salem est prête à tout pour lui ouvrir les yeux.
Sous ses airs d’éternel dragueur et d’inlassable farceur, Austin cache un lourd secret lui interdisant d’aimer. Prêt à tout pour préserver les siens d’une nouvelle tragédie, Austin accepte de tout sacrifier. Y compris son amour pour celle qui l’a envoûté dès le premier regard.
Mais voilà, jamais ils n’auraient pu imaginer les conséquences de leurs actes.
Depuis, l’un et l’autre sont brisés et ne sont plus que les ombres d’eux-mêmes.
Traqués et pourchassés par des ennemis invisibles, dont ils ne savent rien, ou presque, Austin et Salem devront affronter leurs peurs les plus profondes pour espérer lever le voile du passé et devenir les maîtres de leur destinée.
Toutefois, en révélant les secrets et les mensonges du passé, Austin et Salem pourraient conduire la meute vers un danger bien plus grand.
Plongez au cœur de l’histoire d’Austin et Salem et partez à la découverte des mythes de la meute.
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Après une saison 2 tonitruante, je suis ravie de poursuivre les aventures de la meute Harbor. D’autant plus que j’en garde un excellent souvenir. Cette nouvelle saison est dans la continuité de la précédente. Elle met à l’honneur deux personnages découverts dans les précédentes saisons, Salem et Austin.

 

Salem est présente depuis la saison 2. Elle est la cousine d’Héléna la sorcière de la meute. Sa mère une Orin et son père, un chaman, Salem excelle dans son domaine, le monde des Songes. Sorcière et jeune femme téméraire, Salem détonne de par son caractère tonitruant. Mais depuis la dernière confrontation avec les démons, Salem n’est plus la même. Les cauchemars la hantent, ressassant les tortures que lui a infligées son tortionnaire. Anéantie, elle sombre peu à peu dans la mélancolie. Elle aimerait tant retrouver sa vie d’avant et surtout retrouver sa complicité avec Austin. Mais lorsque se dernier l’observe, elle ne voit que le dégoût, la colère et le rejet. Salem se sent si seule.

 

Austin, loup-garou de son état, se débat avec ses propres démons. Il ne peut et il ne doit pas s’approcher de la belle Salem. Son cœur pourtant s’accroche à la belle jeune fille alors que sa tête lui ordonne de la rejeter. Austin n’a pas le droit d’être amoureux au risque que son monde s’écroule.

 

Et si leurs états étaient les conséquences de leur dernières batailles ? Les secrets et les doutes ne font pas bon ménage lorsque le mal s’entête à vouloir récupérer son dû.

 

Une nouvelle fois je suis conquise par la plume d’Audrey S.G.  Une nouvelle histoire entêtante et addictive. Salem et Austin sont des personnages fascinants. J’apprécie beaucoup le fait que l’accent soit mis sur ce couple extraordinaire. Ils ont ma préférence au sein de ce groupe atypique. J’apprécie également le fait que l’histoire poursuit sa route. Au fil des saisons le fil conducteur s’étoffe. Audrey S.G sait mettre du rythme dans son roman. Elle sait surprendre par les nombreux rebondissements. Un suspens haletant, des secrets, de l’amour, de l’amitié et un univers incroyable où mythologie et fantastique se côtoient avec harmonie. J’aime beaucoup ce que propose Audrey S.G et j’ai hâte d’en savoir davantage dans les prochaines saisons.

 

Une chronique de #Esméralda

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MÉTÉORE de Antoine Dole.

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2020 ]
ACTES SUD JUNIORS – Collection Une seule voix.
64 pages
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2020 »
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Le résumé :
Née garçon, Sara se sait être fille depuis la prime enfance. Avant même de pouvoir le formuler, de le comprendre. Mais elle a dû grandir emprisonnée dans un corps subi, moulée dans les lois de la masculinité, à ne pas pouvoir supporter son reflet dans un miroir. Une erreur ? Une anomalie ? Il fallait un changement, un réalignement de ce corps, et c’est à seize ans que Sara débute sa transition pour être celle qu’elle est, se sentir enfin vivante. S’autoriser à être un météore que plus rien n’arrête, même pas les coups et les insultes. Un monologue saisissant et maîtrisé sur un sujet trop longtemps tabou. Un plaidoyer pour la tolérance.
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Parfois les mots ont cette portée majestueuse. Ils visent juste et bien. Ils sont invraisemblables et si révélateurs d’un mal être caché, souvent inavoué. Ils rendent une certaine justice, ils élèvent une vérité à ce quelque chose de merveilleux et d’unique.

 

MÉTÉORE n’est pas un simple histoire. C’est l’histoire de ces femmes, de ces hommes, de ces jeunes filles, de ces jeunes garons, de ces petites filles et de ces petits garçons qui ne sont pas en accord avec leurs corps. Être né garçon et se sentir fille. Être née fille et se sentir garçon. Cela fait-il d’eux des monstres ? Méritent-ils d’être salis et de subir et ( et vos) violences physiques ou verbales ? Comment se sentir soi alors que la société et son système les obligent à se sentir et se définir par le genre qui les détermine dès la naissance.

 

La dysphorie des genres est un sujet sensible et délicat. Mais pas tabou ! Antoine Dole délivre ici un texte court et explosif. Un coup de poing magistral ! Un KO divin ! Un tsunami d’émotions ! La détresse psychologique, la colère, la passivité, la haine de la différence, la douleur, la compréhension, l’incompréhension, la dualité des choix, vivre, la volonté, l’acceptation, la vie … tout autant de symboles forts qui prennent aux tripes et ne m’a pas lâchée.

 

Antoine Dole livre un roman percutant et essentiel. La haine et l’incompréhension viennent souvent du non savoir et de la peur de cette différence (non logique). En parler, mettre des mots est un acte altruiste. Se délivrer des carcans sociétaux est un acte de générosité.

 

Un livre à offrir aux adolescents et aux adultes. Un livre qui doit circuler dans vos mains. Un livre que l’on se doit de parler. Un livre que j’aimerai voir partout, dans les salles d’attente, dans les transports en communs, partout …. car parfois il suffit des mots justes et judicieux, des mots percutants, des mots qui reflètent la vie et la différence, et, Antoine Dole s’y emploie avec tout son âme et son talent.

 

Merci pour ce magnifique MÉTÉORE.

 

Parce que j’ai survécu à pire que vous.
Pire que votre bêtise.
Pire que votre crainte d’épouser les possibles.
J’ai survécu à une haine plus intime, que j’avais plantée en travers de ma vie.
J’ai survécu au dégoût de moi-même.
A ma colère, à ma détresse.
J’ai survécu à une prison de peau, aux barreaux de mes os. A ces liens de tendons et de cartilage.
A la peur d’être moi.
A la peur d’être libre.
A la peur de me réinventer.
J’ai survécu à l’idée d’être une autre, toute ma vie, différente.
Au refus d’une vie de fuite et de mensonges.
J’ai survécu à des ténèbres enfoncées dans ma chair et qui dévoraient tout.
J’ai survécu à la crainte d’être celle que je suis et à la crainte que le monde me voie. A la promesse d’un avenir qui ne me fait plus peur.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… mes avis sur d’autres titres d’Antoine Dole.

LES NOCTURNES, tome 2 : L’ascension de Anthony Lucchini.

[ FANTASTIQUE / YOUNG ADULT – Nouveauté 2019]
Tome 2/3
Éditions BETA PUBLISHER
412 pages
Ma note : 5/5 mention « à découvrir »
Lien Kindle
 
Le résumé :
Alors que certains rêvent leur vie, Rémi et ses amis ont su faire de leurs rêves, une réalité… à leur risques et périls. Les cauchemars attendent patiemment leur heure, s’insinuant lentement au plus profond de leurs âmes, semant le doute et le chaos en leur cœur. Lorsque le rêve investit la réalité, lequel doivent-ils choisir de sauver ?
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Bienvenue dans le monde des rêves !

 

Rémi est un super héros ! Enfin ! Oui, comme tout super héros, il doit faire face à des supers méchants ! Et des méchants, il y en a deux qui remplissent leur rôle avec une certaine cruauté.

 

Dans la continuité du premier tome, Rémi et sa bande de copains (Vaness, Eva et Erwan) doivent se confronter à des bulles de rêves où la noirceur règne. Des nouveaux mondes, des nouvelles lois, des nouveaux pouvoirs, chaque aventure devient une épopée à part entière. Rémi devient incontestablement le chef des opérations même si les autres ont leur mot à dire, il orchestre les batailles avec brio. Cependant, on sent l’atmosphère s’appesantir. Le lien entre les copains est friable. Les non-dits pèsent et les rancoeurs instillent un climat tendu.  Quelque chose se trame et il bien difficile d’en déterminer les raisons et les futures conséquences.

 

De nouveaux paysages aux nouveaux enjeux, cette quête mystique et initiatique prend une nouvelle tournure.

 

Anthony Lucchini a bien caché son jeu. Un nouveau élément apparaît et là c’est l’exclamation : nom d’une sacrée patate bachi-bouzouk et mille millions de mille sabords, mais d’où ça sort !

 

Surprise et ébahissement sont au rendez-vous. Un univers tout aussi mystérieux qu’enchanteur. Un monde où l’irréel rattrape la réalité et quand les deux s’entremêlent, alors là c’est l’apothéose !

 

Un second opus qui concentre davantage d’actions et où chaque personnage a un rôle capital. Je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt, temps que j’avais des souvenirs du premier tome. J’ai eu du mal à me remettre dans l’aventure, à savoir qui est qui etc … C’est absolument de ma faute et non d’Anthony Lucchini qui signe un second tome de tonnerre. Actions, fantastique, surprises, machinations, révélations … un super combo porté par l’imagination inarrêtable d’un auteur qui confirme ainsi son talent. Une immersion captivante où il est difficile de s’arrêter ! Je n’ai qu’un mot : foncez !

 

Quand l’onirisme prend le contrôle, cela donne : Les nocturnes ! Oseriez-vous les découvrir ?

 

∞ EXTRAIT ∞
Eva
Je crois que c’était la première fois que je me sentais aussi peu rassurée en allant dans un rêve. J’imaginais des centaines de dragons horribles autour de nous, et moi, toute minuscule.
Plus les choses avançaient et plus je trouvais qu’elles prenaient une tournure dangereuse. L’insouciance des débuts s’éloignait. Sans la présence de mes amis, je n’aurais jamais fais le dixième de ce que nous avions vécu. Je n’aurais peut-être pas que que j’étais capable de tout ça…
La végétation autour de nous était différente de toutes celles que nous avions pu voir jusqu’à présent. Les plantes étaient, d’une part, beaucoup plus grandes, proportionnées j’imagine aux dragons qui vivaient ici, et devenaient, d’autre part, phosphorescentes lorque quelque chose les touchaient. Ça rendait moins désagréable les nuages de moucherons qui voletaient partout.
Il n’y avait pas de terre à proprement parler sur le sol, juste des graviers multicolores. De gros dolmen gris, d’au moins huit mètres de haut, étaient érigés un peu partout autour du phare. Je ne savais pas s’il fallait chercher une explication à leur implantation qui me paraissait plutôt aléatoire.
Le ciel m’apparaissait encore plus impressionnant de ce côté de la cascade. Une véritable rivière d’étoiles.
 
Une chronique de #Esméralda.

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… Mon avis sur le premier tome et le book-trailer.